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Discours / meetingRassemblement National (sur YouTube)· 9 mars 2014 9 minAutoproduitFond programmatiqueInstitutions & électionsÉducation & rechercheÉconomie & entreprisesNumérique

Marine Le Pen au lancement du Collectif Marianne

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 70 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:49PrésentateurFait
    « Une Silicon Valley à la française, c'est possible, claironne-t-elle dans le Huffington Post. »
  • 2:07PrésentateurFait
    « « A l'origine même du développement de la Silicon Valley se trouvent les universités américaines. Partout dans le monde, on retrouve ce modèle d'innovation fondé sur des grands campus. » »
  • 4:16PrésentateurFait
    « « répondre aux défis de la compétition globale pour l'enseignement, la recherche et l'innovation ». »

Temps de parole

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Présentateur

Je tiens tout d'abord à remercier les étudiants assis autour de cette table, tant pour la verbe de leur discours que pour la sincérité manifeste de leur engagement patriote. C'est cet engagement, je crois, qui fera demain se lever, comme vous tous, les dizaines, des centaines, des milliers d'autres étudiants de France autour d'un même projet, celui du redressement national. Le collectif Marianne entend apporter sa pierre à l'édifice immense qui s'annonce et il ne sera pas de trop. Toutes les forces vives de la nation doivent concourir à cette tâche.

C'est pourquoi je remercie également le collectif Racine, le collectif des enseignants patriotes, représenté ici par Alain Abelot et Yannick Jaffray, que j'ai vu dans la salle, d'être le parrain de l'initiative de cette nouvelle jeunesse française. Notre pays est en train d'engendrer, malgré l'uniformisation, malgré les intimidations, malgré le spectre du défaitisme, une génération patriote qui entend se battre pied à pied pour recouvrir sa souveraineté perdue. Elle ne cédera pas aux sirènes des professionnels du dénigrement, ceux qui, il y a peu, ont joué dans les colonnes de libération, les jeunes Français à s'y parer.

Assurons que leur salut était ailleurs, dans un ailleurs fantasmé, aussi idéal qu'irréel. On aime l'autre bout du monde pour être dispensé d'aimer ses propres voisins. Le dénigrement de la France est plus insidieux encore. Il s'introduit au sein même du gouvernement. Notre ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche ne tarie pas d'éloge pour tout ce qui dépasse le cadre étroit de nos vieilles frontières hexagonales. Je n'ai besoin que d'un exemple. Une Silicon Valley à la française, c'est possible, claironne-t-elle dans le Huffington Post. Grand bien de farce, mais encore, madame Piorazot.

Pourquoi vouloir à tout prix chercher, à l'autre bout du monde, l'inspiration qui vous manque ici ? Je cite, « A l'origine même du développement de la Silicon Valley se trouvent les universités américaines. Partout dans le monde, on retrouve ce modèle d'innovation fondé sur des grands campus. » Fin de citation. Elle a vu, madame, anglo-saxonne. On vient même nous demander d'enseigner en anglais. Bref, partout dans le monde, on fait comme tout le monde. Mais madame Piorazot, je vous le demande, pourquoi diable imiter servilement ce qui existe partout dans le monde ? Surtout quand le modèle choisi est un pays où l'ultralibéralisme règne en maître, même à l'université.

Grenouille de bénitier de cet ultralibéralisme, madame Piorazot ne jure que par la culture du risque. On souhaiterait l'avoir aussi fronte à ce souci des risques qui planent sur la culture. On a l'impression que la France a un passé glorieux en matière d'enseignement supérieur et de recherche. Elle a son modèle bien à elle, qu'elle a partiellement construit au fil des siècles. La sanglone, cette grande dame à laquelle on doit tous les égards, lui a son âge, nous a donné d'innombrables grands professeurs, certains génies aussi, et des générations entières d'étudiants formés à la rigueur scientifique, à l'exactitude historique, à l'interprétation littéraire.

Les recherchés en France, il n'y avait pas donc partout dans le monde. Les légérences ainsi que les classes préparatoires, c'est ce patrimoine qui est aujourd'hui menacé. Et les jeunes générations sont les premières à être visées. Le projet de l'université Paris-Saclay, dont bien entendu la presse ne dit absolument rien, associe 20 établissements, 2 universités, 11 grandes écoles et 7 organismes de recherche pour, je cite encore, « répondre aux défis de la compétition globale pour l'enseignement, la recherche et l'innovation ». Compétition globale pour l'enseignement. Vous rendez-vous compte de la violence que recouvre cette expression sous son vernis de modernité ?

Elle institue la loi de la jungle dans le savoir. Dans l'esprit de la Ve République, les grandes écoles formaient des serviteurs de l'État. On veut qu'elles servent dorénavant des intérêts privés. Vous voyez à quel point l'initiative du collectif Marianne est nécessaire ? Elle est même vitale. Le collectif Marianne est une vigie. Il doit informer les concitoyens, informer les étudiants et plus généralement les jeunes des grandes transformations qui sont à l'oeuvre et dont les enjeux sont le plus souvent dissimulés derrière le paravent du progrès.

Il doit analyser, décortiquer, exposer les questions brûlantes de l'actualité étudiante pour que la vision patriote que nous défendons, elle voit au chapitre. C'est une plateforme de réflexion et de proposition pour la jeunesse dont nous avons besoin. Le collectif Marianne doit aussi faire la généalogie de cette libéralisation pardon sauvage que vous évoquiez, une généalogie qui elle aussi cache bien son jeu. Car où vient cette intrusion de la logique du profit sans règles dans le monde étudiant ? Où viennent ces accusations d'archaïsme, de repli sur soi, de peur du progrès lancées au visage de nos vieilles institutions d'enseignement ?

Des mêmes qui aujourd'hui font mine de se désoler de la baisse généralisée de la valeur des diplômes et de la disparition de la curiosité des intéressés des jeunes face au savoir. Cette génération, mai 68, qui voulait la peau des réactionnaires de la Sorbonne et qui a pavé la haute des spéculateurs. Ils déplorent les effets, donc ils chérissent les causes, comme disait Vossuet. Et bien la jeunesse qui s'élève aujourd'hui doit s'affirmer et se démarquer des caricatures que l'on a faites d'elle. Non, vous n'êtes plus contraints à être les héritiers de mai 68. Non, vous n'avez pas à vous plier à l'idéologie d'accord de l'étudiant Cohn-Bendit d'un île rouge pour finir la jeunesse.

Je ne le crois pas. J'estime qu'elle vaut mieux que cela. Il nous faut un nouveau paradigme. Et dans cette mesure, le choix du collectif marial est judicieux. Marianne est le symbole d'une méritocratie à rebâtir après des décennies de décrétitude. Elle est le symbole d'une république qui fait passer l'intérêt général avant les intérêts privés tout en sauvegardant la liberté de chacun. Liberté dans la recherche, liberté dans l'enseignement, liberté dans le choix de tout étudiant de tracer sa route, mais liberté qui, pour ne pas être un vain mot, doit s'accompagner de rigueur, de détermination et de constance. Marianne n'est qu'une allégorie, mais c'est là aussi toute sa force.

C'est à vous de lui insuffler un sens nouveau. À vous d'arriver à fédérer la jeunesse sous sa bannière. Prenez part au débat public. Montrez au peuple français les ressources dont recèdent les jeunes générations. L'urgence de notre situation aux citoyens dans le projet d'une restauration républicaine. Je souhaite au collectif Marianne, qui mérite pour oeuvrer en ce sens, alors vive le collectif Marianne, vive la République et vive la France.