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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 7 septembre 2023 7 minComplaisantFond programmatiqueÉconomie & entreprises

Consommation : "Il y a peut-être un comportement de sobriété qui s'instaure" face à l'inflation, selon Jean-Luc Tavernier, directeur général de l'Insee

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:31OuverteRéponse directe

    Les prix devraient continuer à augmenter un petit peu, mais l'inflation s'est recalculée sur 12 mois, ça devrait continuer à baisser ?

  • 0:53FerméeRéponse directe

    Au mois décembre sur un an ?

  • 0:55FerméeRéponse directe

    Avec une inflation moyenne sur 2023 qui s'établira à ?

  • 1:04OuverteRéponse directe

    2023 exactement, si on décortique cette inflation, quel rôle joue l'inflation alimentaire ?

  • 1:46OuverteRéponse directe

    Donc on a une inflation alimentaire qui ralentit et pour les prix de l'énergie là ?

  • 2:23OuverteRéponse directe

    Et quelles autres composantes de l'inflation ? Les services, les produits manufacturés ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:17Invité politiqueChiffre
    « Vous vous tablez sur une croissance de 0,9% en 2023, révisée à la hausse »
  • 0:49PrésentateurChiffre
    « Et à la fin de l'année on serait un peu plus de 4% d'inflation »
  • 0:58PrésentateurChiffre
    « Ah 5%, attendez que je vous dise ça, je ne me rappelle plus exactement, mais je crois que c'est 5% »
  • 1:37PrésentateurChiffre
    « On avait atteint des chiffres supérieurs à 10% d'inflation des prix des produits alimentaires »
  • 2:33PrésentateurChiffre
    « Les services c'est 50% de l'indice »
  • 3:15PrésentateurChiffre
    « Donc c'est une inflation dans les services qui est autour de 3% »
  • 4:40PrésentateurChiffre
    « Et là, depuis, il a monté fortement. Et il reste élevé. Il est autour de 19%, un peu en dessous »
  • 4:57PrésentateurChiffre
    « Sur l'année 2023, ça sera à peu près 0% »
  • 6:22Invité politiqueChiffre
    « Vous revoyez donc vos prévisions de croissance pour 2023 à 0,9% »
  • 6:27Invité politiqueChiffre
    « Il y a eu le deuxième trimestre qui est passé par là. 0,5% de croissance »
  • 6:52PrésentateurChiffre
    « Nous avions dit 0,5% trimestriel. C'est 2% annuel »
  • 6:57PrésentateurChiffre
    « C'est 0,1% pour le troisième trimestre »
  • 6:58PrésentateurChiffre
    « 0,2% pour le quatrième trimestre »

Temps de parole

  • Présentateur74 %
  • Invité politique26 %

2,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Info

0:02
Invité politique

Bonsoir à toutes et à tous, nous parlons conjoncture avec notre invité Quelle perspective pour notre économie, bonsoir Jean-Luc Tavernier Directeur général de l'INSEE, l'institut national de la statistique Publie ce soir ses prévisions pour le reste de l'année Vous vous tablez sur une croissance de 0,9% en 2023, révisée à la hausse On va détailler ça ensemble, mais d'abord parlons de notre porte-monnaie Quelle courbe l'inflation va-t-elle suivre ? Les prix vont continuer à augmenter, mais moins vite ?

0:31
Présentateur

Oui bien sûr, les prix devraient continuer à augmenter un petit peu Mais l'inflation s'est recalculée sur 12 mois, ça devrait continuer à baisser Le pic c'était il n'y a pas si longtemps, c'était il y a 6 mois qu'on a eu le pic d'inflation Ça a commencé à baisser assez fortement parce que notamment les prix d'énergie sont stabilisés Notre prévision c'est que ça continue à refluer graduellement Et à la fin de l'année on serait un peu plus de 4% d'inflation

0:53
Invité politique

Au mois décembre sur un an ?

0:54
Présentateur

C'est ça

0:55
Invité politique

Avec une inflation moyenne sur 2023 qui s'établira à ?

0:58
Présentateur

Ah 5%, attendez que je vous dise ça, je ne me rappelle plus exactement, mais je crois que c'est 5%

1:04
Invité politique

5% exactement, si on décortique cette inflation, quel rôle joue l'inflation alimentaire ? On en a beaucoup parlé, elle a atteint les deux chiffres, à un moment ce n'est plus le cas maintenant

1:13
Présentateur

Alors historiquement on a donc eu la hausse des prix d'énergie et puis la hausse des prix alimentaires qui a été la plus forte en début d'année Ça reflue graduellement, ça ne veut pas dire que les prix baissent encore Notre prévision c'est qu'ils sont stabilisés ou qu'ils augmentent très faiblement dans les mois d'automne Peut-être qu'ils baisseront ultérieurement en 2024 à l'occasion des renégociations de prix etc Mais sur 12 mois ça signifie quand même que l'inflation va continuer de ralentir On avait atteint des chiffres supérieurs à 10% d'inflation des prix des produits alimentaires Ça se rapprocherait graduellement, ça se réduirait graduellement dans les mois qui viennent

1:46
Invité politique

Donc on a une inflation alimentaire là aussi qui ralentit et pour les prix de l'énergie là ?

1:51
Présentateur

Alors les prix de l'énergie c'est une autre affaire, c'est-à-dire qu'ils ont augmenté très fortement au cours de l'année précédente Ils sont stabilisés, on a eu une surprise un peu à la hausse, enfin une recrudescence des prix de l'énergie au mois d'août Parce qu'il y a l'augmentation des tarifs de l'électricité et une remontée des prix du pétrole Si les prix du pétrole on sait qu'il y a de la volatilité, de la révisibilité Si malgré tout ça n'a pas un nouveau choc, les prix de l'énergie devraient contribuer positivement Mais ne pas faire obstacle au fait que l'inflation globale se réduise

2:23
Invité politique

Et quelles autres composantes de l'inflation ? Les services, les produits manufacturés ?

2:27
Présentateur

Alors celle qu'on suit beaucoup avec attention, que nous suivons beaucoup à l'INSEA avec attention depuis un petit peu de temps C'est celle des services Les services c'est 50% de l'indice C'est le coiffeur, mais c'est aussi les services de transport, les services financiers C'est 50% de l'indice Et c'est très sensible aux coûts salariaux Parce que dans les services, ce qui importe le plus c'est les salaires Et donc on pouvait craindre, du point de vue de l'inflation, un risque de boucle prix-salaire dans les services Avec des coûts qui augmentent, des prix des services qui augmentent Qui alimentent une hausse des prix globales, qui elle-même alimente le SMIC, qui alimente les salaires, etc.

Les nouvelles du mois d'août, elles n'étaient pas rassurantes sur le front de l'énergie On a dit les prix ont monté, mais du côté des services, elles étaient plutôt rassurantes Les prix des services ralentissent un peu Et on n'a pas de traces de ce risque de boucle qu'on avait là Donc c'est une inflation dans les services qui est autour de 3% Qui concourt aussi à ce ralentissement d'ensemble

3:20
Invité politique

Et tout ça, quelle influence ça sur notre comportement ? Qu'est-ce qu'on peut dire de la consommation des ménages pour la suite de cette année 2023 ? Qu'est-ce qu'on attend ?

3:29
Présentateur

Ce qu'on a vu sur le passé, ce que nous avons marqué, que nous avons commenté pas mal Ce sont les baisses de consommation dans les branches, les secteurs où les prix ont le plus augmenté Alors c'est net dans les prix de l'énergie Ou les hausses des prix de l'énergie, vous vous rappelez, il y a un an A conduit à des comportements de sobriété Et une réaction aussi de baisse de consommation face à la hausse des prix Et ce qu'on observe depuis assez longtemps maintenant Et qui est inédit, c'est une baisse de la consommation De produits alimentaires Liée évidemment à la hausse des prix Cette baisse de consommation des produits alimentaires J'en profite pour le signaler parce qu'il y a toujours de l'ambiguïté Ça ne signifie pas forcément qu'on consomme moins en volume Qu'on consomme moins de kilos de pâtes ou de litres d'eau Ça peut signifier Et nous le commentons, nous essayons de le documenter dans le dernier point de conjoncture En ayant demandé aux ménages qu'on enquête ce qu'il en était Ça peut surtout signifier qu'on change de gamme Qu'on change de magasin Et ce faisant, quand vous prenez un premier prix par rapport à une marque plus chère Le volume de consommation globale baisse On change ses habitudes On change ses habitudes Et est-ce qu'on se réfugie toujours dans l'épargne ?

Et oui, le taux d'épargne était autour de 15% Assez stable Avant la crise Covid Et là, depuis, il a monté fortement Et il reste élevé Il est autour de 19%, un peu en dessous 18,8, quelque chose comme ça Alors même que les conditions qu'on a actuellement économiques Si on regarde le textbook Si on se rappelle nos leçons d'économie Aurait pu conduire à une baisse du taux d'épargne Quand le revenu ralentit Et le revenu, en gros, le pouvoir d'achat des ménages Sur l'année 2023, ça sera à peu près 0% Alors que c'est positif d'habitude Et puis, ça veut dire que pour certains, ça baisse Ça veut dire qu'il faut tirer sur son épargne Donc on en accumule moins En même temps, le taux de chômage et le marché du travail se portent bien Donc il n'y a pas de précaution à avoir Du point de vue des craintes sur le chômage À ce stade, au moins Et pour autant, le taux d'épargne reste élevé Alors il y a ces comportements de réaction Dans certaines branches Produits alimentaires, énergie Qui ne sont pas compensés par un surcroît de consommation ailleurs Il y a peut-être un comportement de sobriété globale Qui s'instaure Et puis, il y a quand même un effet de précaution Qu'on voit bien dans nos enquêtes Les ménages répondent, on veut épargner Plus la hausse des taux d'intérêt

5:34
Invité politique

Et comment vont nos entreprises, Jean-Luc Tavernier ? À quoi doit-on s'entendre pour l'investissement ?

5:40
Présentateur

L'investissement Quand il s'est bien tenu jusqu'à présent Il serait étonnant qu'il ne réagisse pas Un petit peu à la hausse des taux d'intérêt Et donc on s'attend, nous, à un investissement Qui ne sera pas très dynamique À tout le moins Et clairement, une baisse de l'investissement immobilier Au moins dans le neuf Ça, on le voit très clairement dans les enquêtes Auprès des promoteurs immobiliers Enfin, c'est quelque chose qui est très commenté Le climat conjoncturel des entreprises Était resté très élevé au cours des derniers mois Il s'est assombri au cours des derniers mois On est maintenant revenu à un climat conjoncturel Disons, moyen Alors qu'il était très au-dessus Notamment sur l'emploi

6:18
Invité politique

Il nous reste peu de temps pour l'évoquer Mais vous revoyez donc vos prévisions de croissance Pour 2023 à 0,9% C'était plus que vos dernières prévisions Il y a eu le deuxième trimestre qui est passé par là 0,5% de croissance À quoi on doit s'attendre pour le reste de l'année ?

6:33
Présentateur

Exactement, on révise la moyenne annuelle Parce qu'on a eu une bonne surprise Il faut le dire sur le deuxième trimestre On a pu y ça dans l'été 0,5% avec un ensemble de facteurs Par exemple, dans l'automobile Moins de difficultés d'approvisionnement Un retour à la normale À la production dans certains secteurs Des choses comme ça Donc un ensemble de facteurs un peu ponctuels Nous avions dit 0,5% trimestriel C'est 2% annuel C'est pas la nouvelle normalité Attention Et de fait, dans nos prévisions Ce que nous prévoyons C'est 0,1% pour le troisième trimestre 0,2% pour le quatrième trimestre Ça fait 0,9% quasiment 1% sur l'année Ça fait pas beaucoup d'élan pour le d'acquis Dans notre jargon Pour l'année 2024 Et ça, c'est un sujet

7:10
Invité politique

Et ça se rapproche du 1% De prévision de croissance du gouvernement Merci beaucoup Jean-Luc Tavernier Directeur général de l'INSEE Vous êtes ce soir l'invité éco de France Info Merci à mes Tipeurs