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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 31 mai 2024 26 min

"La place de Benyamin Nétanyahou n'est pas devant LCI mais devant la CPI", estime Olivier Faure

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Olivier Faure.

0:04
Invité

Bonjour. Alors que les Etats-Unis étaient opposés, Joe Biden a finalement décidé d'autoriser l'Ukraine à frapper des cibles sur le sol russe à certaines conditions, pour l'instant pour défendre la ville de Kharkiv. Quelques jours plus tôt, c'est Emmanuel Macron qui se disait favorable à de telles frappes pour neutraliser des sites militaires. Le ministre Sébastien Lecornu l'a assumé ce matin sur notre antenne. Est-ce que ce changement de doctrine officiel est une bonne chose selon vous ?

0:29
Olivier Faure

C'est une doctrine qui vise tout simplement à ce que la résistance ukrainienne puisse se défendre. Il faut comprendre que vous avez en fait des tirs sur Kharkiv, sur les villes ukrainiennes, qui partent en réalité du territoire russe. Et donc si vous ne permettez pas les tirs sur ces cibles militaires, vous ne permettez pas tout simplement à la résistance ukrainienne de se défendre.

0:53
Invité

Et c'est avec nos armes à nous, entre guillemets, des armes qu'on fournit à l'Ukraine. Est-ce que ça nous fait rentrer dans le jeu ?

0:57
Olivier Faure

Mais aujourd'hui en fait l'Ukraine se défend avec les armes qui lui sont fournies en réalité par les Etats-Unis et par l'Europe. Donc l'évidence, c'est que les armes qui permettent à l'Ukraine de se défendre sont de provenance européenne et américaine. Et donc oui, je pense que cette décision est une décision qui relève tout simplement du bon sens militaire.

1:16
Invité

Emmanuel Macron veut que la France entre en guerre, a fustigé sur France Info hier Marine Le Pen. Il y a aussi Jean-Luc Mélenchon qui...

1:22
Olivier Faure

Non, ceux qui rentrent en guerre, ce sont les Russes qui sont les agresseurs et qui depuis maintenant deux ans, et en réalité depuis dix ans, puisque c'est dix ans avec l'annexion de la Crimée, eh bien cherchent à revenir sur ce qui avait été adopté en 1994. Sans doute vous vous souvenez-vous qu'à l'époque il y avait eu les mémorandums de Budapest, qui avaient été un accord scellé entre l'Ukraine, la Russie et les Etats-Unis, où l'Ukraine avait remis ses ogives nucléaires à la Russie en échange de son intégrité territoriale. Et c'est la Russie qui a trahi sa parole depuis et qui ne cesse en réalité de vouloir avancer.

Et la menace russe, chacun la connaît, en réalité l'anima de Poutine n'a pas pour intention de s'arrêter où que ce soit. Dès lors que le rapport de force qu'il installe lui permet de continuer, il continuera. Et donc le devoir des Européens, le devoir de la gauche, c'est aujourd'hui de faire en sorte que ces limites soient fixées. Et les limites, c'est aujourd'hui celles de l'Ukraine.

2:20
Invité

Donc vous soutenez aussi l'envoi d'instructeurs français en Ukraine qu'envisage le Président pour former des soldats ukrainiens ?

2:27
Olivier Faure

Oui, moi la limite que je me fixe, c'est celle d'envoyer des troupes françaises en Ukraine pour défendre les Ukrainiens. Et d'ailleurs ils ne le demandent pas. Mais pour le reste, former des gens, des soldats à utiliser les armes qui leur sont envoyées, c'est assez logique. Si vous envoyez des canons mais que personne ne sait les utiliser, autant ne pas les envoyer. Donc il y a une seule limite, c'est on n'envoie pas de troupes, on ne rentre pas nous-mêmes dans la co-belligérance. Mais pour le reste, il faut évidemment soutenir de toutes nos forces la résistance ukrainienne.

2:57
Invité

Jean-Luc Mélenchon vous accuse juste d'être les partisans d'une guerre sans fin en Ukraine au Parti Socialiste. LFI plaide pour l'ouverture de négociations car il n'y a pas d'issue militaire à cette guerre, disent-ils. Ils se trompent ?

3:09
Olivier Faure

Mais sans doute faudra-t-il un jour négocier. Mais sur des bases qui ne sont pas celles de Poutine. Et est-ce que vous pensez sincèrement que Poutine a aujourd'hui l'intention de négocier ? Et sur quelle base le ferait-il ? Et donc nous avons, nous, une obligation, c'est de permettre à l'Ukraine de ne pas perdre la guerre. Et aujourd'hui, on en est là et que chacun se rappelle que l'évade en guerre, ce sont les russes. Et les russes, pas seulement en Ukraine, les russes en Tchétchénie, les russes en Géorgie, les russes en Syrie, les russes dans la bande sahélienne. C'est ça la réalité, la problématique que nous avons aujourd'hui face à nous.

C'est que nous avons un tyran qui est d'ailleurs très explicite sur sa volonté de mettre par terre nos démocraties, de mettre par terre cet Occident qu'il considère comme décadent. Et donc nous avons, nous, aujourd'hui, à nous défendre à travers la défense de l'Ukraine.

4:00
Invité

Olivier Faure, hier le Premier ministre Benyamin Netanyahou, était interrogé sur LCI. Il a tenté de justifier la guerre à Gaza en se posant en rempart contre le terrorisme et la barbarie. Il a dit « notre victoire, c'est votre victoire ». Qu'avez-vous pensé de ces explications ? Est-ce que cet argument est légitime selon vous ?

4:17
Olivier Faure

La première chose que j'ai envie de vous dire, c'est que ce n'est pas devant LCI, mais devant la CPI, que Netanyahou devra rendre des comptes. C'est ça la réalité. Et qu'on a là, aujourd'hui, un exercice d'auto-justification qui ne convainc personne. La réalité, c'est que le droit international, je viens de le dire, doit s'imposer à Odessa et doit s'imposer aussi à Rafa. Et que nous avons, aujourd'hui, une obligation, c'est de peser de tout notre poids pour faire en sorte que ce conflit s'interrompe est que la paix puisse revenir avec une solution politique qui est celle de la reconnaissance d'un État palestinien à côté d'un État israélien dont on garantirait la sécurité.

5:00
Invité

On va parler de ce que doit faire la France, Olivier Faure, juste, mais il y a le fond de cette interview, il y a le principe aussi de cette interview. Est-ce que vous remettez en cause, vous, le fait que LCI ait interrogé Benyamin Netanyahou ? Certains insoumis ont protesté, ils ont appelé à se rassembler devant les locaux de TF1, à boycotter TF1. Est-ce que c'est normal pour vous de s'en prendre à un média parce qu'on n'est pas d'accord avec le profil de l'interviewé ?

5:23
Olivier Faure

Non, si j'étais le patron de TF1, je n'aurais pas interviewé Benyamin Netanyahou en lui donnant une audience telle qu'il l'a fait et en laissant penser que tout ça est tout à fait logique et normal, mais je ne suis pas là pour censurer qui que ce soit et décider de la ligne éditoriale de chaque média.

5:40
Invité

Et quand la socialiste Chloé Riedel, qui figure sur la liste de Raphaël Glucksmann, critique l'irresponsabilité de TF1, elle n'est pas tout à fait sur votre ligne ?

5:47
Olivier Faure

Ben si, je viens de vous dire que si j'avais été le patron de TF1, je ne l'aurais pas fait.

5:52
Invité

Maintenant, de là à dire que c'était responsable ?

5:54
Olivier Faure

De là à dire qu'on en est à vouloir censurer TF1, ma réponse est non.

5:58
Invité

Vous parliez d'une solution à deux états, est-ce que la France, après l'Espagne, l'Irlande et la Norvège, doit reconnaître officiellement un état palestinien ?

6:07
Olivier Faure

Oui.

6:07
Invité

Mais Emmanuel Macron dit que ce n'est pas tabou, mais il explique que ce n'est pas aujourd'hui qu'il faut le faire, que c'est une question de moment, qu'il ne faut pas réagir sous le coup de l'émotion. Est-ce que vous entendez cet argument ?

6:20
Olivier Faure

Non.

6:21
Invité

Vous n'entendez pas cet argument ? Non. Vous n'entendez pas l'argument de ceux aussi qui disent, enfin le principal argument des opposants à cette reconnaissance immédiate, c'est que ce serait une victoire pour le Hamas ? Vous n'êtes pas d'accord non plus avec cet argument-là ?

6:33
Olivier Faure

Non plus. Mais quel est le bon moment ? Le moment, c'est celui où l'opinion publique internationale, les gouvernements, l'Europe, pèsent de tous leurs poids et tentent tout ce qu'il est possible de tenter pour arrêter ce qui est un massacre avec un risque de génocide, selon les mots de la Cour pénale internationale. Et donc nous avons aujourd'hui un impératif, c'est de faire en sorte que tout concourt à la recherche d'une solution politique. Et donc comme préalable à toute négociation, il faut reconnaître l'État palestinien pour obliger l'État d'Israël, dirigé par un gouvernement d'extrême droite, à enfin composer et à arrêter en fait ce qui est littéralement un massacre.

7:16
Invité

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste, député de Seine-et-Marne. On se retrouve dans un instant, juste après le Filinfo. Il est 8h40. Le Filinfo, c'est Mathilde Romagnon.

7:23
Présentateur

Des formations de prévention aux violences sexistes et sexuelles pour tous les professionnels hospitaliers, c'est l'une des mesures du ministre de la Santé face aux témoignages de victimes ces dernières semaines. Formation à partir de cette année et dans un délai de 3 ans. Donald Trump va faire appel de sa condamnation au pénal à New York. L'ancien président américain a été jugé cette nuit coupable des 34 chefs d'accusation qui pesaient contre lui. Sa peine sera prononcée le 11 juillet. Donald Trump était accusé de fraude, entre autres, dans l'affaire Stormy Daniels. L'agence de notation S&P, anciennement standard d'Anne-Porse, doit dévoiler ce soir la note de la France.

Elle est classée double A pour l'instant. Cette note pourrait être revue à la baisse face à la dette française. Le tennis à Roland-Garros. Trois Français qualifiés hier pour le troisième tour. Chloé Paquet, Corentin Mouté et Varvara Grasheva. Gaël Monfils, lui, a été battu hier par l'Italien Lorenzo Mouzetti. France Info. Le 8.30 France Info. Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot.

8:29
Invité

Toujours avec Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste, député de Seine-et-Marne. Il y a deux mois, vous appeliez un embargo sur les armes à destination d'Israël. Quelques jours plus tard, l'État hébreu était attaqué par l'Iran. Est-ce que vous maintenez, malgré tout, votre position ?

8:45
Olivier Faure

Oui, je maintiens le fait que toutes les armes qui servent à Gaza doivent être effectivement soumises à embargo. Et que nous ne devons pas participer, nous ne devons pas nous porter complices de ce massacre. Il y a aujourd'hui suffisamment de témoignages, suffisamment de morts, suffisamment de drames pour que nous devions effectivement interrompre cette tragédie. Alors, la France vend très peu d'armes à Israël.

9:10
Invité

Elle vend des composants.

9:11
Olivier Faure

Elle vend des composants, mais des composants d'ailleurs qui, vous l'aurez compris, ne servent pas du tout à se défendre dans le cadre de ce qui est le dôme de fer.

9:20
Invité

C'est ce que dit le ministère des Armées. C'est des composants qui servent à la constitution des armes du dôme de fer. C'est précisément ce que dit le ministère des Armées.

9:28
Olivier Faure

Eh bien, écoutez, ils n'ont jamais documenté ces éléments. Mais moi, ce que je dis, c'est que rien ne doit participer à une forme de complicité avec le massacre qui est aujourd'hui en cours à Gaza. Et que nous devons chercher de toutes nos forces une solution qui soit une solution négociée, une solution de paix, une solution qui permette à la fois la sécurité d'Israël, de libérer les otages et aux Palestiniens d'avoir enfin un État.

9:53
Invité

Comment avez-vous réagi quand vous avez vu l'insoumis Sébastien de Jogu qui a brandi un drapeau palestinien dans l'Assemblée en début de semaine ? Tout ce tumulte qui s'est passé autour de cet épisode ? Est-ce que c'est une façon de, par exemple, ce qui s'est passé ensuite en coulisses aux quatre colonnes, avec David Guiraud qui a qualifié le député LR meilleur habib de cochon et de porc ? Est-ce que c'est une façon de s'adresser à un député ?

10:21
Olivier Faure

Bon, écoutez, franchement, je ne vais pas compter les points entre meilleur habib et David Guiraud. Pour l'instant, je pense qu'il faut essayer de reprendre un peu de hauteur dans cette histoire. Et je trouve que, malheureusement, Yael Brun-Pivet n'a pas pris beaucoup de hauteur dans cette histoire. C'est la première fois que, depuis que je suis parlementaire, on interrompt une séance de questions d'actualité parce qu'un député brandit une pancarte ou un drapeau.

10:45
Invité

Mais donc c'est de la faute de Yael Brun-Pivet si David Guiraud a qualifié le député ?

10:49
Olivier Faure

Non, je ne dis pas ça. Je vous dis que je ne vais pas commencer à commenter les bruits de couloir et les interjections entre les uns et les autres.

10:56
Invité

C'est pas un bruit de couloir que ça a été filmé, cette altercation entre David Guiraud et Yael Brun-Pivet ?

10:58
Olivier Faure

C'est pas parce que ça a été filmé que c'est pas un bruit de couloir. Et ce que je veux dire, c'est que je ne suis pas là pour commenter les insultes, etc. Yael Brun-Pivet est lui-même un spécialiste du genre. Donc voilà, partout la balle au centre et c'est pas du tout la question. La vraie question c'est, est-ce qu'à un moment ça mérite de faire en fait ce tumulte autour de l'affaire de M. De Logu qui a brandi un drapeau palestinien, c'est contraire au règlement. Est-ce que ça mérite une sanction de cette nature ? La réponse est non, à l'évidence.

En fait, c'est pas la première fois qu'on voit des gens qui prennent des panneaux, qui brandissent des drapeaux et ça n'a jamais été jusqu'ici avec une sanction maximale, comme s'il y avait eu un coup d'état. La vraie indignation qui devrait nous porter aujourd'hui, ça n'est pas de savoir si quelqu'un brandit un drapeau palestinien, c'est de savoir si nous sommes d'accord ou pas avec ce qu'il se passe à Gaza.

11:50
Invité

Mais vous n'en faites pas assez pour les insoumis, Jean-Luc Mélenchon dans une autre blogue.

11:54
Olivier Faure

Mais je ne suis pas là pour répondre aux uns et aux autres et ce que Jean-Luc Mélenchon pense de ce que je fais, mais assez indifférent.

12:01
Invité

Il accuse le PS de Glucksmann d'avoir pris l'option d'une forme d'accompagnement de la propagande de Netanyahou. Il accuse aussi Raphaël Glucksmann de refuser toujours de nommer le génocide par son nom à Gaza. Qu'est-ce que vous répondez à Jean-Luc Mélenchon ?

12:16
Olivier Faure

C'est ridicule. C'est ridicule et que Raphaël Glucksmann, comme moi-même, comme les socialistes de manière générale, nous avons, dès le 8 octobre, appelé à la désescalade, appelé à un cessez-le-feu. J'ai pris la parole, après qu'Albrun Pivet ait appelé à un soutien inconditionnel, en expliquant que nous avions un soutien qui était évidemment indéfectible à Israël, comme à toutes les démocraties, dans la limite du droit international. Et nous avons appelé, et j'ai appelé immédiatement, à ce que nous refusions une punition collective. Précisément parce que le Hamas est un groupe terroriste, vous ne pouvez pas en faire supporter le poids à l'ensemble d'un peuple qui est victime deux fois.

victime du Hamas, victime aujourd'hui des bombes de Tzal. Et donc, vous avez là un équilibre qu'il faut conserver. Et que tous ceux qui expliquent qu'en réalité, ils sont les seuls à défendre telle ou telle position, sont en réalité amenés à conduire à ce que ce soit des positions minoritaires. Ce qu'il faut faire, c'est ce que Pedro Sanchez a fait en Espagne. Qu'a-t-il fait ? Il n'a pas cherché à avoir l'exclusivité du combat pour les Palestiniens. Il a cherché, au contraire, à élargir le cadre. Et à faire en sorte que ce soit une option qui soit une option majoritairement portée par les Espagnols.

Et c'est lui qui, aujourd'hui, est en mesure de dire qu'il va reconnaître un État palestinien. Et pourquoi les Français font ça, selon vous, Olivier ? Je n'en sais rien.

13:37
Invité

Vous ne le savez pas ?

13:38
Olivier Faure

J'ai l'impression qu'il cherche à avoir une exclusivité sur la question.

13:41
Invité

Ce qui est certain, c'est que ça met en lumière, sur Gaza, on parlait de l'Ukraine juste avant, des sujets emblématiques sur lesquels il y a des divisions au sein de votre accord politique. Mais oui, bien sûr. Est-ce que, comme Raphaël Glucksmann, vous dites qu'il n'y aura pas de retour en arrière, à gauche, après les Européennes ?

13:56
Olivier Faure

Mais la question européenne, elle va trancher un certain nombre de questions, et notamment les questions européennes et internationales. Et je vous rappelle que, dans l'accord de l'ANUPES, nous étions, à l'époque, dans un accord qui visait une éventuelle victoire en cohabitation avec le chef de l'État. Que Jean-Luc Mélenchon avait rappelé, y compris publiquement, qu'il ne s'opposerait pas au chef de l'État sur tout ce qui était du domaine partagé. Et que, donc, les questions européennes et internationales ne rentraient pas en ligne de compte. Et que nous avions un programme qui est essentiellement national. Donc, il y avait là une forme de cohérence.

Nous n'avons jamais tranché ces questions. Mais est-ce que la cohérence... Elles seront tranchées par l'élection européenne.

14:33
Invité

Mais là, vous n'avez pas répondu à la question de Jean-Rémi Baudot, pardon. Enfin, vous ne saurez plus sous le joug des Insoumis, après les Européennes. Est-ce que vous dites comme Jérôme Guelch que Jean-Luc Mélenchon est irrécupérable ? Est-ce que vous dites la même chose ?

14:42
Olivier Faure

Agathe Lambret, nous n'avons jamais été sous le joug de personne. Et je ne demande d'ailleurs à personne d'être sous le joug des socialistes. Je dis simplement que quand on veut construire une coalition, une alliance, on respecte ses partenaires. On ne cherche jamais à les faire rentrer dans la boîte sans avoir aucune discussion. Et moi, ce que je mets comme condition à toute forme de coalition, c'est la démocratie. La démocratie avec les Français, la démocratie entre nous. Et que si elle n'existe pas, alors rien n'est possible.

15:11
Invité

Enfin, donc, si on vous écoute bien, de fait, rien n'est possible. Vous en tirez les concours que vous voulez, moi je vous dis... Ça fait 4 minutes que vous êtes en train de nous dire à quel point vous n'êtes pas d'accord sur le fond, comme sur la forme, avec notamment la France insoumise. Mais pas du coup, ce n'est pas ce que je vous dis.

15:27
Olivier Faure

Je vous dis que quand il y a des désaccords, il faut les solder par la discussion et par la démocratie. Et que ça ne peut pas se faire autrement. Et qu'il n'y aura jamais, pour quiconque, d'alignement sur les uns, sur les autres, etc. Et quand moi je parle de coalition, je parle d'une coalition qui fonctionne comme toutes les coalitions en Europe. C'est-à-dire des coalitions où on se met d'accord sur une base qui est une base démocratique. Et la démocratie, elle va parler le 9 juin. Et il y aura à ce moment-là à trancher un certain nombre de questions. Et tout ce qu'on vient d'évoquer sera tranché par les Français eux-mêmes.

16:01
Invité

Le solde de tout compte, donc, le 9 juin, à l'occasion des Européennes, où votre candidat est toujours donné troisième homme, autour de 14% dans les sondages. On est à 10 jours des Européennes. Est-ce que vous, vous le voyez, créer la surprise ? On parle d'inversion éventuelle des courbes. Passer devant la candidate Valérie Ayet à la liste de la majorité ?

16:21
Olivier Faure

Moi, j'aime beaucoup les sondages, surtout quand ils sont bons. Mais en fait, je m'en méfie aussi. Et donc, jusqu'au 9 juin, je fais campagne. Et j'essaye de convaincre que les positions que nous défendons avec Raphaël Glucksmann sont celles qui permettent d'envisager l'avenir de l'Europe et de répondre à tous les grands défis qui sont devant nous. Qui sont des défis aussi bien écologiques qu'industriels, tout simplement démocratiques, de défense et sociaux, bien évidemment. Et donc, ce sont tous ces enjeux-là qui me motivent, qui me mobilisent. Et une campagne, ce n'est pas simplement, est-ce qu'on va être devant, derrière, etc.

C'est aussi le moment où on affirme des positions, le moment où on dit sa conviction. Et moi, ce que je suis venu ce matin vous dire, ce sont mes convictions.

17:04
Invité

Pardon pour revenir sur ce qu'on disait. Les insoumis, ils vous mettent en garde, quel que soit le score de Raphaël Glucksmann. Mais ça me intéresse beaucoup, ce que disait les insoumis. Non, mais parce que je n'ai pas compris votre réponse. Manon Aubry vous dit en substance, attention à ne pas prendre la grosse tête, parce que la gauche ne pourra pas gagner contre l'extrême droite sans la frange populaire qui vote LFI. « Il faudra revenir à la NUPES tôt ou tard », dit-elle. Est-ce que c'est une option, un scénario, de revenir à la NUPES avec les insoumis ?

17:26
Olivier Faure

Mais vous noterez à la fois qu'en fait, elle accuse, mais je vais vous répondre, mais que Manon Aubry et d'autres insoumis accusent en permanence Raphaël Glucksmann d'être de droite, voire même d'extrême droite. Et dans la foulée, nous expliquent qu'il faut revenir à la NUPES. Il y a quelque chose qui ne colle pas. D'ailleurs, s'ils veulent en fait faire une liste de la NUPES, s'il fallait qu'ils se mettent derrière Raphaël Glucksmann, il est le premier. Donc nous, quand on est derrière les insoumis, nous avons fait le choix de nous rallier à la NUPES pour pouvoir essayer de faire en sorte que la gauche ne disparaisse pas de l'élection législative.

Eh bien, en fait, je leur retourne la question. Est-ce qu'ils sont prêts à se mettre derrière Raphaël Glucksmann, derrière les socialistes, sur les questions européennes et sur les questions internationales ? Ce serait à la logique, puisque en bon républicain, il faut toujours écouter ce que nous disent les Françaises et les Français. Et donc, la question vaut dans les deux sens.

18:17
Invité

Et la question sera tranchée notamment par le vote du 9 juin pour les Européennes. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste. On se retrouve dans un instant. Il est 8h51. On est sur France Info. Le fil Info, c'est Mathilde Romagnon.

18:28
Présentateur

En Nouvelle-Calédonie, 400 membres des forces de l'ordre mobilisés à Nouméa pour une opération de police. Selon le ministre de l'Intérieur, le dernier quartier de la ville, contrôlé par les émeutiers, a été repris. Mais sur place, les élus locaux affirment que plusieurs quartiers restent bloqués. Nous avons vu aujourd'hui à New York que nul n'était au-dessus des lois. La réaction du camp de Joe Biden après la condamnation de Donald Trump à son procès au pénal pour fraude dans l'affaire Stormy Daniels. Sa peine, elle, sera prononcée le 11 juillet. L'ancien président américain va faire appel.

Environ 2500 personnes ont manifesté hier soir devant le siège de TF1 près de Paris pour protester contre l'interview du premier ministre israélien sur LCI. Dans cet entretien, Benyamin Netanyahou a continué de justifier l'offensive militaire israélienne à Rafa. L'AS Saint-Etienne a battu hier soir le FC Metz de Buzyn en match allé des barrages de Ligue 1 et de Ligue 2 de football. Les Verts ont donc pris une option pour leur accession parmi l'élite. Le match retour, ce sera dimanche à Metz. France Info Le 830 France Info Agathe Lambret Jean-Rémi Baudot

19:37
Invité

Toujours avec Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste. François Hollande sera en meeting à Limoges le 6 juin pour soutenir votre liste. Parti Socialiste, place public. A trois jours du scrutin, ce soutien de l'ex-président, c'est un atout ou c'est un boulet ?

19:51
Olivier Faure

Il y a déjà un tas de gens qui soutiennent et qui font part de leur intention de voter pour Raphaël Glucksmann. Nous ne contrôlons personne et nous n'avons l'intention de contrôler personne. Donc en fait, toutes celles et ceux qui ce week-end ou la semaine prochaine voudraient se déclarer en faveur de notre liste sont les bienvenus. Et donc qu'ils disent ce qu'ils ont à dire, ça ne fera pas changer la ligne de la campagne de Raphaël.

20:15
Invité

Mais pourquoi Raphaël Glucksmann s'affiche avec Lunel Jospin ? Il va tracter avec l'ancien Premier ministre. Le 7 juin, il sera en meeting à Lille avec la maire de Lille, Martine Aubry. Pourquoi eux ? Mais pourquoi pas François Hollande ?

20:27
Olivier Faure

Écoutez, vous poserez la question à Raphaël Glucksmann, mais pour ce qui me ressemble, je considère qu'il y a la volonté de rappeler que nous sommes une gauche qui est une gauche qui est à la fois réformiste, mais un réformisme radical et qu'elle s'inscrit dans les pas de la grande tradition socialiste qui va de Jaurès à aujourd'hui. Et que nous avons la volonté de faire en sorte de ne jamais être assimilés à qui que ce soit qui aurait aujourd'hui l'intention de revenir dans le jeu politique, aussi simple que ça. Et donc nous ne sommes pas là pour faire...

21:08
Invité

Vous ne voulez pas être assimilés à François Hollande ?

21:09
Olivier Faure

J'ai dit à toute personne qui aurait aujourd'hui envie de profiter de l'élection européenne pour revenir dans le jeu politique...

21:17
Invité

Vous soupçonnez d'avoir envie de reprendre les manettes après l'élection ?

21:19
Olivier Faure

Je ne sais pas, je ne sais pas, mais c'est à lui de dire. Mais pour l'instant, il a toujours été suffisamment flou sur la question pour que le doute existe. Et donc, si c'était pour remettre le pied à l'étrier de qui que ce soit, cette campagne, c'est celle de Raphaël Glucksmann, c'est une campagne européenne et elle n'a pas pour objet de permettre à qui que ce soit ou d'empêcher qui que ce soit de faire quoi que ce soit. Donc, en fait, la réalité, c'est qu'il y a une ligne portée par Raphaël Glucksmann et c'est cette ligne-là qui doit être comprise comme celle qui doit inciter au vote le 9 juin.

21:48
Invité

Olivier Faure, le Rassemblement National va déposer une motion de censure aujourd'hui. La France Insoumise souhaite également en déposer une. Le motif, c'est le fait que l'exécutif n'a pas proposé de projet de loi de finances rectificative. Donc, l'absence de débat à l'Assemblée malgré l'annonce d'économie et d'un dérapage des déficits. Est-ce que vous allez voter l'une ou l'autre de ces motions ?

22:06
Olivier Faure

Nous ne votons jamais les motions de censure présentées par l'extrême droite et nous n'avons rien de commun avec elles. Donc, nous ne voterons pas la motion de censure de l'extrême droite.

22:17
Invité

Coté RN, excusez-moi. Pour celle de LFI ?

22:20
Olivier Faure

Et pour celle de LFI, nous ne l'avons pas signée, mais nous la voterons.

22:24
Invité

L'idée, c'est quoi ? C'est essayer de faire tomber le gouvernement ?

22:27
Olivier Faure

Personne n'y croit. Donc, en fait, c'est un rappel à l'ordre. C'est une façon... C'est la motion de censure. Elle sert aujourd'hui. Elle s'est beaucoup banalisée. Parce qu'il y en a eu beaucoup, parce qu'il y a eu beaucoup de 49.3 et que c'est devenu maintenant la façon de répondre aux déficits démocratiques que nous impose le gouvernement. Et donc, c'est une occasion pour prendre la parole et dire que ça ne va pas et que, normalement, effectivement, il y aurait dû y avoir une loi de finances rectificative. Vous avez un gouvernement qui, aujourd'hui, est dans une forme de déni démocratique absolu. On a le budget qui est voté au 49.3.

Quand il est modifié, quand on prélève sur les Français plusieurs milliards sur leurs services publics, eh bien, rien n'est adopté nulle part. Et on fait comme si tout allait bien.

23:11
Présentateur

Mais il y a une dérive autoritaire ? Ce n'est pas fini.

23:13
Olivier Faure

Il y a une dérive qui est antidémocratique, parce que quand vous avez la réforme de l'assurance chômage, qui va être une réforme extrêmement brutale, dure, à la fois pour les plus jeunes et pour les plus anciens, et que vous allez réduire la durée d'administration de 18 mois à 15 mois, après l'avoir déjà réduite de 24 à 18, vous pouvez vous dire que, quand même, à un moment, il faudrait quand même passer par le Parlement. Il y a une démocratie en France qui se porte mal. Et vous avez des Français qui ne comprennent plus et qui, justement, sont dans la défiance.

Et ce qui les amène, malheureusement, aujourd'hui, pour une part de plus en plus importante, à choisir l'extrême droite, parce que, justement, ils ont le sentiment de ne plus être entendus. Et donc, moi, ce que je veux leur dire, à ces Français-là, c'est qu'il y a d'autres options. Et l'option que je défends, c'est celle que nous défendons avec Raphaël, qui est une option de gauche.

24:00
Invité

Olivier Faure, il faut qu'on avance. Le vote sur la loi fin de vie doit avoir lieu le 11 juin. Que voteront les socialistes ?

24:06
Olivier Faure

Nous voterons... Nous avons toujours été partisans, donc, de cette loi de liberté, qui permet à chacun de choisir sa fin de vie. Et donc, nous voterons ce texte, même si, pour l'instant, il y a des débats importants, intéressants, passionnants, sur les moyens et ce qu'on autorise, ce qu'on n'autorise pas, qui est le périmètre, en fait, de ce suicide assisté ou de cette euthanasie. Et donc, il faut, évidemment, continuer à en débattre. Mais nous voterons, parce que, sur le principe, nous sommes parfaitement favorables à une grande loi de liberté.

24:38
Invité

Mais vous pourrez voter le texte tel qu'il est sorti de commission, c'est-à-dire avec des modifications majeures, par exemple, alors que les patients devaient avoir un pronostic vital engagé à court ou moyen terme pour recourir au suicide assisté. Dans le texte du gouvernement, la commission a modifié cela pour les termes phase avancée ou terminale de la maladie. Est-ce que vous dites, comme l'exécutif, que le texte est déséquilibré désormais ou cela ne vous pose pas de problème ?

25:01
Olivier Faure

Non, je dis qu'il est enfin opérationnel. En fait, personne ne savait définir ce qu'était le court ou le moyen terme. Et les médecins que j'ai rencontrés me disent tous qu'ils sont incapables de produire un pronostic sur le court ou le moyen terme. Le court terme, oui. Le moyen terme, absolument pas. Et donc, moi, je pense qu'il faut partir de la parole du patient, de celui qui souffre. Et c'est à lui d'évaluer sa propre souffrance. Et c'est à lui de dire ce qu'il veut faire de sa propre vie. C'est ça, ce que je veux comme liberté pour chacun d'entre nous.

Et c'est une question qui est très difficile, mais il n'est pas logique ni normal qu'il y ait aujourd'hui, en surplomb, un espèce de surmoi qui serait soit religieux, soit philosophique. Chacun doit avoir la liberté de disposer de son propre corps, de sa propre vie jusqu'à la fin de ses jours.

25:49
Invité

Merci beaucoup Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste, député de Seine-et-Merde. Merci d'avoir été l'invité du B30 France Info.