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DébatC dans l'air (sur YouTube)· 26 avril 2017 64 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileTravail & emploiÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Le Pen défie Macron #cdanslair 26-04-2017

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 28 %Attaque 45 %Défensif 26 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 21:36OuverteRéponse partielle

    Le vote populaire capté par Mélenchon peut-il passer chez Marine Le Pen ?

  • 18:35OuverteRéponse directe

    Cette prise de risque politique est-elle calculée pour Emmanuel Macron ?

  • 9:29OuverteRéponse directe

    Quels sont les enjeux géographiques de cette scène à Amiens ?

  • 16:27OuverteRéponse directe

    Le chômage en hausse de 1,3% en un mois : quel impact sur la campagne ?

  • 34:53OuverteRéponse directe

    Le vote blanc peut-il faire basculer l'élection en faveur de Marine Le Pen ?

  • 36:20OuverteRéponse partielle

    Ce retraité vote Marine Le Pen en disant que ça va se finir dans la rue. Qui hésite ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 16:42Locuteur non identifiéFait
    « Il faut arrêter de dire que l'État est impuissant, c'est pas vrai. »
  • 16:44Locuteur non identifiéPromesse
    « Je l'ai dit clairement, ça ne fermera pas. »
  • 12:05Locuteur non identifiéFait
    « Honnetement, je veux dire, moi, ceux qui, dans cette campagne, viennent expliquer qu'ils s'intéressent à ce qui se passe à Whirlpool, alors qu'ils défendent toutes les mesures économiques qui visent à créer la concurrence internationale déloyale et à laisser les entreprises délocalisées, je trouve que c'est un véritable scandale. »
  • 11:03Invité politiqueFait
    « Non, je n'interdirai pas aux entreprises de fermer des sites. »
  • 11:12Invité politiqueFait
    « Par contre, de manière concrète sur le cas de Whirlpool, ce qui est sûr, c'est que si on peut faire des choses, c'est qu'on ne peut pas continuer à avoir un fournisseur de marques qui vend en France, qui achète, qui a pignon sur rue, qui se comporte comme ça avec le pays. »
  • 33:27Locuteur non identifiéChiffre
    « le Front National ici avait réuni plus de 40% »
  • 35:07InvitéChiffre
    « le rapport de force c'est à peu près 60% pour Emmanuel Macron, 40% pour Marine Le Pen »
  • 35:25InvitéChiffre
    « 10 points sur une présidentielle en France, 10 points c'est 3 millions et demi d'électeurs »
  • 38:37Invité politiqueChiffre
    « 36% des ouvriers ont voté Le Pen »
  • 38:54Invité politiqueChiffre
    « les gens qui gagnent moins de 1250 euros par mois au revenu du foyer ont voté à 32% Le Pen, Macron à 14% »
  • 39:14Invité politiqueChiffre
    « 43% ont voté pour Marine Le Pen, c'est la France des fins de mois difficiles »
  • 42:38PrésentateurChiffre
    « 19 000 communes ont voté Marine Le Pen »
  • 36:47Invité politiqueFait
    « il ne suffit pas de dire Le Pen est un salaud, il faut dire que les électeurs de Le Pen sont des salauds »
  • 45:13Locuteur non identifiéFait
    « il considère que l'islam est incompatible avec la République »
  • 56:21Invité politiqueFait
    « Emmanuel Macron a commis dimanche soir une erreur de communication en ayant l'air de fêter prématurément la victoire »
  • 58:14Invité politiqueFait
    « quand on demande aux électeurs de Marine Le Pen pourquoi est-ce que vous avez voté Marine Le Pen c'est un l'immigration deux terrorisme trois insécurité »
  • 58:34Invité politiqueFait
    « le Parlement européen est saisi du demande de lever l'immunité parlementaire de Marine Le Pen »
  • 1:01:23InvitéChiffre
    « De l'euro on est aux alentours de 20 à 30% selon les moments »
  • 1:00:05InvitéFait
    « l'épargne ne va pas vers l'industrie mais beaucoup plus vers l'immobilier ou vers le financement des dettes de l'État »

Temps de parole

  • Invité36 %
  • Emmanuel Macron18 %
  • Présentateur16 %
  • Marine Le Pen14 %
  • Invité 24 %
  • Locuteur non identifié4 %
  • Locuteur non identifié 24 %
  • Locuteur non identifié 33 %

1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:12
Présentateur

à toutes et à tous. Nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. C'est l'irruption de la France qui souffre dans la campagne. Les deux candidats se sont retrouvés à Amiens à quelques heures d'intervalle pour traiter le cas de l'usine Whirlpool, menacée de délocalisation dans une ville déjà éreintée par le chômage. Marine Le Pen a contraint Emmanuel Macron à changer ses plans, l'obligeant à aller au contact de la colère des salariés et à défendre sa ligne pendant près de deux heures.

Une scène de campagne qui marquera cet entre-deux-tours et peut-être même le prochain quinquennat car elle illustre en réalité l'une des leçons de ce premier tour, le fossé entre la France FN et la France d'Emmanuel Macron, une fracture géographique qui s'est installée scrutin après scrutin. Le Pen défie Macron, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Jérôme Fourquet, vous êtes directeur du département opinion de l'institut de sondage IFOP qui a publié un sondage donnant Marine Le Pen à 39% et Emmanuel Macron à 61% au second tour de la présidentielle. Citons ce soir votre livre La Nouvelle Question Corse aux éditions de l'Aube.

Claude Veil, vous êtes journaliste, éditorialiste politique et chroniqueur à Nice Matin. Béatrice Ouchar, vous êtes journaliste politique au journal L'Opinion. Citons votre blog à front renversé. Le parti et les électeurs de Marine Le Pen à la loupe sur le site de votre journal. Enfin, Gérard-François Dumont, vous êtes géographe, démographe, vous êtes professeur à l'université de Paris 4 Sorbonne. Vous êtes président de la revue Population et Avenir. Rappelons votre dernier ouvrage, Diagnostics et gouvernance des territoires, publié aux éditions Armand-Colin. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct.

Si on remonte un petit peu le fil, on se souvient que dimanche soir, Emmanuel Macron fêtait presque sa victoire. Trois jours après, on a assisté cet après-midi. On verra tout à l'heure dans l'émission les images de ce qui s'est passé devant l'usine Whirlpool d'Amiens où Emmanuel Macron est allé au contact des salariés, contraints, on va le dire comme ça, par Marine Le Pen. On a choisi d'intituler cette émission « Le Pen défi Macron ». Ce n'était pas écrit, mais début de campagne, il est plus étonnant qu'on s'y attendait.

2:16
Invité

Oui, alors en même temps, quand on regarde un peu les chiffres et les cartes, on voit bien qu'il y a deux France qui se sont dessinées et qui se répondent terme à terme. La France qui a voté pour Marine Le Pen et puis la France d'Emmanuel Macron. Et comme vous l'indiquiez, cette France qui souffre, la France de la désindustrialisation, Emmanuel Macron, pour l'instant, n'en a pas eu besoin pour arriver en tête du premier tour. Et il va néanmoins devoir s'adresser à elle. Alors c'est aujourd'hui un petit peu un passage obligé.

Si on reprend les dernières élections présidentielles, on se souvient de François Hollande qui était allé lui aussi voir des salariés d'une usine précisément dans la région d'Amiens. C'était des fabricants de pneus chez Goudière. Il était allé aussi à Florange. Nicolas Sarkozy, avant lui, était allé à Gandrange. On se souvient aussi d'un candidat socialiste, Lionel Jospin, qui s'était fait interpeller par les salariés de l'usine Lue. Donc ce processus de désindustrialisation, ça fait longtemps qu'il hante la France. Et chaque candidat est interpellé.

Celle qui a le beau rôle à chaque fois, c'est Marine Le Pen, qui vient se mettre de plus en plus en défense de ses salariés, en disant qu'elle a les solutions, le protectionnisme, le retour des frontières. Et là, ce qui est très intéressant, c'est que pour la première fois, elle a face à elle un candidat qui, jusqu'à présent, avait assumé pleinement le discours totalement inverse. Donc on est vraiment à front contre front et ça va être tout à fait intéressant.

3:44
Présentateur

Claude Veil, Jérôme Fourquet, image classique de campagne présidentielle, sauf qu'on ne l'avait pas vue jusqu'à présent.

3:50
Emmanuel Macron

Elle était exceptionnelle. Ça restera probablement le moment, en tout cas à l'heure où nous parlons, c'est le moment de cette campagne électorale.

3:56
Présentateur

Et je précise aux gens qui nous regardent qu'on va aller voir ces images.

3:58
Emmanuel Macron

Moi, je les ai regardés en longueur, parce que c'est une scène interminable, puisque Emmanuel Macron, qui arrive sous les Marines présidents, arrive à engager le dialogue. C'est compliqué au début. Il y a beaucoup de cris, beaucoup d'invectives. Il arrive à engager le dialogue, à défendre son point de vue. Je ne dirais pas qu'il a convaincu. En tout cas, il repart en serrant les mains. Et je dirais qu'il est, c'est mon opinion personnelle, sorti par le haut d'un piège infernal, puisqu'il a à la fois face à lui, d'abord le malheur, la souffrance des ouvriers qui craignent pour leur emploi, d'une usine qui risque de fermer, une vraie colère sociale qui n'est pas du tout jouée.

Il a des militants le pénis qui sont venus pour l'occasion pour faire chorus. Et puis, il a des syndicalistes durs, notamment manifestement des partisans de Mélenchon. Et François Ruffin, qui est le candidat mélenchoniste dans cette circonscription d'Amiens, et qui l'avait déjà interpellé, vous vous en souvenez, dans une émission de France d'Emmanuel Macron, qu'il connaît bien, je crois qu'ils ont fréquenté la même école. Donc, il est face à la gauche de la gauche et à la droite de la droite. Et il vient, face à des ouvriers malmenés par la mondialisation, défendre sa vision de la mondialisation.

C'est-à-dire qu'il est exactement sur la ligne de front entre ces deux Frances que vous évoquiez. Et il tient tête, il se bat, je dirais, pied à pied, il ne lâche rien, il ne fait pas de promesses démagogiques, et il fait de la pédagogie. Il arrive, je ne dis pas qu'il convainc, mais il arrive en tout cas à tenir un discours pédagogique, à expliquer pourquoi, de son point de vue, on ne résoudra pas les problèmes de l'industrie française en fermant les portes, on ne résoudra pas en interdisant les licenciements, on ne résoudra pas en prenant des mesures qui dissuaderaient les investisseurs étrangers de venir chez nous.

Il faut, dit-il, plaide-t-il, accepter que la mondialisation, elle n'est ni mal ni bien, elle est, et que si la France veut s'en sortir, elle doit s'adopter et se profiler pour être efficace dans la bataille de la mondialisation.

5:55
Présentateur

Ce qui est intéressant dans ce qui s'est passé cet après-midi, ce n'est pas juste un happening de campagne, Béatrice Houchard, c'est que vraiment ça appuie sur les leviers, sur vraiment cette fracture qu'on a vue à l'issue de ce premier tour. Et Marine Le Pen, elle a décidé d'appuyer là où ça fait mal, de jouer sa partition. C'est-à-dire que depuis lundi matin, elle est allée à un Rungis, elle va voir les ouvriers de Whirlpool, elle joue sa partition.

6:19
Marine Le Pen

Et demain matin, elle ira à la pêche très tôt même, si j'ai bien compris, au gros du roi, pour continuer dans cette séquence. Non, elle est effectivement, son discours depuis dimanche, c'est-à-dire je suis la candidate du peuple, je suis la candidate de la défense de la France, lui est le candidat de la mondialisation sauvage, il ne dit pas le parti de l'étranger, mais son slogan de second tour qui est « choisir la France », avec son affiche de campagne qu'elle a présentée à midi, c'est tout à fait cela.

Alors sur Whirlpool, si j'ai bien compris l'histoire, elle a en fait des militants, y compris des élus de la région Hauts-de-France, qui passent leur journée avec les piquets de grève depuis quelques jours, qui essaient de sentir le terrain, et qui depuis hier ou avant-hier avaient fait passer le message que si elle venait, non seulement il n'y aurait pas de problème, mais que tout le monde était prêt à faire des selfies avec elle, ce qui a été le cas effectivement ce matin, et qu'elle serait plutôt bien accueillie, et à la surprise générale.

Alors est-ce que ça a été préparé plus que ça, je ne saurais pas vous le dire, il y avait ce matin une réunion du conseil stratégique, elle en est partie en cours de route, et la plupart des gens qui étaient là, ils sont 35 ou quelque chose comme ça, se sont doutés qu'elle allait faire ça, mais il fallait garder le secret pour éviter qu'il y ait 50 caméras de télévision.

7:24
Présentateur

On a l'impression qu'elle commence vraiment sa campagne, depuis dimanche soir.

7:27
Marine Le Pen

On a l'impression qu'elle l'est, je me demande si elle n'est pas un peu libérée psychologiquement, alors on ne va pas faire des psychanalyses familiales.

7:34
Présentateur

Essayons, allons-y !

7:35
Marine Le Pen

Elle aussi, elle est au second tour, comme son père en 2002, dans des circonstances différentes, avec un score différent, sans doute sans beaucoup plus d'espoir de l'emporter que son père, mais avec un rapport de force qui ne sera pas du tout le même, on n'aura pas 82%, 18%, mais je pense qu'elle est libérée, et autant elle a fait une campagne pas toujours très enthousiasmante, elle avait du mal à imposer ses thèmes, surtout avant le premier tour, elle était sur les questions économiques dans la première partie, parce que l'actualité le voulait aussi, elle est revenue sur l'immigration, le fonds de commerce du Front National depuis toujours, la dernière semaine, avec un peu plus de succès, je pense qu'ils ont peut-être une grosse peur quand même, le résultat les déçoit, ils voulaient être premiers, ils ne sont pas premiers, donc ça ne permet pas de parler de la fameuse dynamique qui permet de gagner, et surtout sur le score, Alors, les dernières semaines, ils ne parlaient pas de 30 ou 32%, mais il y a 6 mois, au début de la campagne, l'objectif c'était 32-33%, ils en sont loin avec 21,3%.

8:27
Présentateur

Je me tourne vers le géographe, cette scène de campagne, elle se passe dans un territoire très particulier, qui a voté Front National, la Somme, alors que la ville d'Amiens a plutôt voté Emmanuel Macron, elle a aussi choisi un territoire symbolique.

8:44
Invité

Oui, parce qu'en fait, on a deux lectures géographiques de ce résultat électoral du premier tour, la première, c'est celle qui a déjà été évoquée, c'est-à-dire cette France coupée en deux, entre grosso modo la France de l'Est, qui a voté plutôt Macron, et la France de...

Pardon, qui a voté plutôt Marine Le Pen, et la France de l'Ouest, qui a voté plutôt Macron, mais il y a l'autre lecture géographique, qui est la différence entre les villes et la ruralité au sens large, c'est-à-dire y compris les petites villes, qui votent beaucoup plus Le Pen, et ça, c'est en fait le résultat des politiques de toutes ces dernières années, parce que nos gouvernements ont conduit des politiques contre la ruralité au sens large, ont conduit des politiques qui ont entraîné la déindustrialisation.

9:26
Présentateur

Et on va revenir dans le détail, sur cette fracture géographique, mais d'abord revenons sur ce qui s'est passé cet après-midi. Les deux finalistes se sont donc affrontés à distance devant l'usine Whirlpool à Amiens, 295 salariés à cran, après l'annonce de la délocalisation de leur usine en Pologne, dans une ville où le taux de chômage atteint déjà 13%. Emmanuel Macron a été accueilli sur place par des sifflets. Il faut dire, et on l'a bien compris, que quelques heures plus tôt, Marine Le Pen avait fait une visite surprise, obligeant le candidat à changer ses plans et à affronter la colère des ouvriers en face, Clément Voyer et Julien Lonnet.

10:00
Invité

Un chaos. C'est l'image qui reste de la visite d'Emmanuel Macron sur le site de Whirlpool à Amiens. Encerclé par la foule et les journalistes qui filment en direct, ils tentent de hausser la voix. On est là, moi, je suis là ! On fait me dire du plaisir ! Alors, mettez-vous d'un côté ! Attendez, on se met tout à fait ! Le candidat à la présidentielle demande un mégaphone, mais rien n'y fait. Dialogue impossible. 45 minutes après son arrivée, c'est derrière les grilles bleues de l'usine, un peu à l'écart, qu'il cherche à rassurer ses interlocuteurs. Puis, face au réalisateur François Ruffin et sa critique du capitalisme, Emmanuel Macron défend son projet.

On ne peut pas venir leur dire que la mondialisation et que l'européanisation, elle est bonne, alors qu'ici, dans le coin, on s'est pris des coups depuis 30 ans. On se prend les coups dans la tronche, ça a commencé par le textile, c'est la métallurgie. Malheureusement, les gens que vous avez autour de vous, dans leur famille, ils peuvent tous citer plusieurs plans sociaux d'affilés. Non, je n'interdirai pas aux entreprises de fermer des sites.

Par contre, de manière concrète sur le cas de Whirlpool, ce qui est sûr, c'est que si on peut faire des choses, c'est qu'on ne peut pas continuer à avoir un fournisseur de marques qui vend en France, qui achète, qui a pignon sur rue, qui se comporte comme ça avec le pays. Et donc, c'est une vraie politique de dénonciation, et donc, là, je vais leur mettre la pression, mais moi, je ne veux plus... Pourtant, le déplacement dans sa ville d'Amiens avait commencé à l'abri de toute agitation. Rencontre avec l'intersyndicale de Whirlpool à la chambre de commerce. Mais au même moment, Marine Le Pen crée la surprise en surgissant sur le site.

Il est à peine 13 heures Et l'ambiance n'a rien à voir avec celle qui sera réservée un peu plus tard au candidat d'En Marche. Marine Le Pen s'affiche pour démontrer son soutien.

12:02
Locuteur non identifié

Il faut arrêter de dire que l'État est impuissant, c'est pas vrai. Je l'ai dit clairement, ça ne fermera pas. Honnêtement, je veux dire, moi, ceux qui, dans cette campagne, viennent expliquer qu'ils s'intéressent à ce qui se passe à Whirlpool, alors qu'ils défendent toutes les mesures économiques qui visent à créer la concurrence internationale déloyale et à laisser les entreprises délocalisées, je trouve que c'est un véritable scandale. Ça, c'est plus que de l'hypocrisie, c'est de la trahison.

12:34
Invité

Opération de communication réussie, les ouvriers sont séduits. Marine, c'est pas la conviction de notre majorité, enfin, en tout cas, les collègues avec qui je cotoie, mais vu ce qu'elle a fait aujourd'hui, vu ce que les gens ont eu comme élan vers elle... La veille, impossible d'imaginer un tel face-à-face.

13:08
Emmanuel Macron

Ah, je piquais, les gars !

13:11
Invité

Ce n'est pas un champ de bataille présidentiel qui se prépare. Piquet de grève pour la deuxième journée consécutive. L'actionnaire américain l'a décidé, l'entreprise sera délocalisée en Pologne dans 14 mois.

13:26
Emmanuel Macron

Moi, quand il y aura un candidat qui redonnera du couvert d'achat aux gens et qui diront, je vous garantis du travail, des garanties sur les entreprises, les aider, et puis surtout pas délocaliser, ça, il n'y a personne qui le dit. Donc la face, elle est tellement bonne qu'ils la veulent tous. Nous, on n'est pas à l'Elysée en train de manger des cannes au foie gras et puis voir du pétrusse de l'année de leur grand-mère. Nous, tout ça, on ne connaît pas.

13:51
Invité

Ce qu'il y a aujourd'hui, c'est que toutes les usines s'en vont. L'industrie française s'en va.

13:56
Locuteur non identifié

Il est en France. Et en fait, elle croit qu'ils se donnent le mot parce qu'ils se suivent tous.

14:02
Invité

Indirectement, tout le monde se suit. Il y a Goodyear, Whirlpool, comme tu disais tout à l'heure. Dallop, Dallop va suivre ! Voilà, Dallop, ça va suivre aussi tout.

14:09
Locuteur non identifié

Dans 20 ans, nos gosses, ils vont faire quoi ? Unitaire, franchement.

14:14
Invité

Whirlpool, dossier sensible, dans un bassin d'emploi miné par la désindustrialisation. La liste des fermetures d'usines s'allonge après celle de Continental en 2009 et de Goodyear en 2014.

14:27
Présentateur

Et le voilà le sujet. On entendait cet ouvrier de Whirlpool dire que vont faire nos gosses, les usines s'en vont. Ça, ça crée du vote, FN ?

14:35
Invité

Oui, alors ça fait très longtemps. Et c'est un discours qui est plus général. C'est la critique de la mondialisation avec des frontières qui se sont abaissées. Et dans la rhétorique du Front National, c'est les immigrés rentrent et les usines partent. Et ces territoires-là, ce qui compte, qu'il faut bien comprendre, c'est que c'est un processus d'accumulation de chocs sociaux, comme ça a été rappelé dans le reportage. Et Whirlpool, c'est un cas exemplaire parce que les salariés ont fait des efforts à la demande de la direction. C'est-à-dire qu'ils sont revenus sur les 35 heures, ils ont accepté des gels de salaire, ils ont accepté de passer au 2 ou au 3,8, etc.

Mais pour autant, quand vous êtes en compétition ou en balance avec des ouvriers polonais qui sont payés 3, 4, 5 fois moins cher que vous, au bout d'un moment, ça ne tient pas. Et donc, l'attitude, c'est vraiment cet avenir. Et ce qui matche bien avec le discours du Front National, c'est qu'ils se disent, voilà, tout ce processus est enclenché depuis longtemps et il n'y a que Marine Le Pen. Alors, est-ce qu'elle y arrivera ? On ne le sait pas. En tout cas, elle a la volonté de le faire. Mais qui veut restaurer les frontières, qui veut rétablir... Et donc, c'est un discours qui est très, très efficace et qui porte vraiment ses fruits.

Quand on regarde dans les enquêtes, quasiment 40% des ouvriers qui sont allés voter au premier tour ont voté pour Marine Le Pen. Et quand on regarde ce que ça donnerait éventuellement pour le deuxième tour, c'était avant cet épisode, on est à pas loin de 60% des ouvriers parmi ceux qui iraient voter, qui choisiraient de voter pour Marine Le Pen. Et donc, on rappelle que les sondages donnent 60% des Français qui voteraient pour Emmanuel Macron. Et on est complètement en front renversé dans cette classe ouvrière que Marine Le Pen, celle du Nord-Pas-de-Calais, de la Picardie, elle la connaît bien.

Elle a décidé de s'implanter dans le Pas-de-Calais, dans le bassin minier qui est sinistré, où c'est le même type de problématique. Et donc là, elle déroule ses arguments.

16:27
Présentateur

Et un chiffre qui vient de tomber et qui tombe à point nommé, j'ai envie de le dire comme ça, le chômage est en hausse, 1,3% de plus en un mois, 43 700 chômeurs de plus. On entendait Marine Le Pen dans le reportage dire, en gros, l'État peut tout. Moi, je viens vous dire qu'on peut décider qu'on ne ferme pas des usines, qu'on arrête la délocalisation. C'est ça, ce qu'elle dit

16:51
Marine Le Pen

à ses ouvriers. Elle prend même, ils ont sorti un communiqué là ensuite, tout en regardant Emmanuel Macron sur BFM TV, si j'ai bien compris. Elle prend des engagements, je m'engage à sauver ce site, où elle peut la mienne ne fermera pas. Et elle parle même d'une prise de participation de l'État si nécessaire. Promesse très dangereuse, très dangereuse à faire. Ça rappelle des souvenirs, c'est ça. Ça rappelle beaucoup de souvenirs, oui. Vous pouvez nous expliquer

17:14
Présentateur

quels souvenirs ça nous rappellent.

17:15
Marine Le Pen

Alors, Sarkozy avec... C'est Gandrange ? Oui, Sarkozy avec Gandrange. Au contraire de Lionel Jospin qui avait dit l'État, la fameuse phrase l'État ne peut pas tout, qui lui avait fait beaucoup de mal, sans doute électoralement, mais qui était sans doute un peu de vérité aussi.

17:30
Invité

Et Hollande avec Florence.

17:31
Marine Le Pen

Et Hollande avec Florence.

17:32
Invité

Justement, comme Claude Veil le rappelait, Emmanuel Macron, qui était son conseiller économique, dit, moi je ne viendrai pas monter sur une camionnette vous dire que le site ne fermera pas. Et donc, il a un certain courage de ce point de vue parce qu'il va affronter les yeux dans les yeux les ouvriers en leur disant on ne peut pas faire des miracles. Contrairement à mon ancien mentor. Et cette promesse lui a coûté très très cher à François Hollande. Maintenant, ce qu'il y a derrière ça, c'est que Marine Le Pen dit écoutez, voilà, il y a une mondialisation qui en marche et Macron c'est le candidat de ceux qui sont du bon côté de la barrière.

Et donc vous, vous êtes les quantités négligeables et vous allez passer par perte et profit. Et Marine Le Pen a très bien compris. C'est pour ça qu'elle souhaitait ardemment que Macron soit son adversaire. C'est pour ça aussi qu'elle est libérée. C'est-à-dire qu'elle a choisi le champ de bataille. Elle a choisi son terrain de jet. le porte-drapeau, le porte-étendard de toute cette France des gueules cassées.

18:21
Présentateur

Mais elle a face à elle un candidat qui dit je ne viendrai pas vous dire ce que vous avez envie d'entendre. C'est assez nouveau. Qui va au contact des salariés et qui refuse de dire le site ne fermera pas, je m'engage, etc. Qui reste assez prudent, Claude Veil. C'est une prise de risque politique ou pas ? Est-ce que cet électorat-là, il considère que de toute façon il ne le récupérera pas et qu'il joue autre chose ? Comment est-ce que vous l'expliquez ?

18:45
Emmanuel Macron

La politique maximale pour lui aurait été au contraire de céder et de se renier et de changer de discours en fonction de ses interlocuteurs puisque précisément un des reproches qui lui est fait c'est que son discours manque d'aspérité. il est en terrain adversaire. En terrain au football on dirait qu'il joue chez l'adversaire. On voit bien que toute la stratégie de Marine Le Pen ça a été évoqué par Jérôme Fourquet est d'installer au second tour le match France dans bas contre France dans haut. Francis souffre contre France qui va bien. Le vrai peuple contre l'oligarchie.

Ça lui permet de réunir les deux bouts de son électorat et d'essayer de refaire la synthèse de 2005 qui avait vu la droite nationaliste faire sa jonction avec la gauche antilibérale. La synthèse de pénis au fond propose à ce peuple qui va mal une explication globale du monde qui emprunte à la fois la rhétorique classique de l'extrême droite l'identité on est chez nous la conception ethniciste de la nation et à la critique sociale familière au peuple de gauche c'est à dire le grand capital la mondialisation l'ultralibéralisme etc.

Et donc le discours c'est en gros je caricature à peine l'oligarchie les élites la caste l'UMPS tout ça est un peu synonyme vous a livré pieds et poings liés à la mondialisation libérale les responsables de votre malheur c'est eux l'Europe et leur agent et Macron leur fondé de pouvoir ces gens organisent la destruction de nos emplois de notre protection sociale et de notre nation et c'est là qu'elle fait très habilement c'est la synthèse de Philippot la jonction entre les thèmes nationalistes et les thèmes populaires de gauche puisque ce complot diabolique du grand capital il se traduit comment ?

à l'extérieur par les délocalisations alors le poule en Pologne à l'intérieur par l'immigrationnisme qui fait venir en masse des travailleurs du tiers monde pour peser sur les salaires à la baisse et ruiner les travailleurs français

20:44
Présentateur

stratégie absolument redoutable c'est ça

20:45
Emmanuel Macron

pour envoie à l'oeuvre complète de Renaud Camus d'Éric Zemmour etc. c'est cette idéologie-là que Macron a décidé de prendre bille en tête et de dire non c'est faux c'est faux c'est le contraire

20:55
Présentateur

c'est ce qu'il aura dit c'est le contraire

20:56
Emmanuel Macron

quand on est dans l'eau il faut nager il ne faut pas se laisser couler il faut se battre dans la mondialisation et non pas rêver d'un monde sans mondialisation ça ça n'existe pas fermer les frontières c'est la ruine

21:06
Marine Le Pen

ce qui est intéressant aussi dans les mots qu'elle utilise depuis dimanche soir et notamment depuis l'émission qu'elle a faite hier soir c'est l'utilisation de oligarchie on avait eu Jean-Marie Le Pen qui parlait toujours de l'établissement ensuite elle a beaucoup parlé du système Florian Philippot parle beaucoup de la caste alors depuis hier on a oligarchie pourquoi ? parce que oligarchie c'est un mot qu'utilise beaucoup Jean-Luc Mélenchon et elle est dans une stratégie de faire de gros clins d'oeil de gros appels du pied je ne sais pas comment il faut dire pour essayer de récupérer les électeurs de Jean-Luc Mélenchon

21:34
Présentateur

je vous interromps à bon escient Béatrice Auchard il y a une question d'une téléspectatrice ou d'un téléspectateur de C'est dans l'air le vote populaire capté par Jean-Luc Mélenchon peut-il de façon déterminante passer chez Marine Le Pen en tout cas elle le croit c'est ça que vous nous expliquez

21:46
Marine Le Pen

je pense que la progression de Jean-Luc Mélenchon notamment dans des grandes villes je pense à Marseille par exemple ou Saint-Etienne par exemple à nuit c'est peut-être une des explications du score de Marine Le Pen même si sur le faible score enfin le relativement faible score dont on a parlé tout à l'heure par ailleurs elle pulvérise le nombre d'électeurs donc la progression continue mais un certain nombre de Jean-Luc Mélenchon a réussi par son langage sa posture et les thèmes qu'il a utilisés à lui sans doute lui prendre des électeurs après sur le report de voix je pense pas qu'il y ait une majorité d'électeurs de Jean-Luc Mélenchon On va demander à Jean-Luc Mélenchon

22:16
Invité

aujourd'hui on est à peu près à 20% entre 15 et 20% des électeurs qui ont voté Jean-Luc Mélenchon au premier tour qui envisagent de voter pour Marine Le Pen 50% pour Emmanuel Macron et 30% bonnet blanc on ira à la pêche ou on s'y tiendra

22:33
Présentateur

Juste c'est beaucoup c'est pas beaucoup 20% pour un Jean-Luc Mélenchon qui a quand même fait tout son combat contre le Front National lors de la dernière campagne présidentielle

22:41
Invité

c'est déjà pas mal et alors ça peut être aussi l'hommage du vice à la vertu c'est à dire que si vous récupérez un électorat qui était tenté de voter pour le FN au premier tour au deuxième tour il peut revenir Et Jean-Luc Mélenchon ne dit rien Et peut-être parce qu'il sait aussi que c'est tout sauf évident pour son électorat notamment ceux qui tiennent les piquets de grève de voter pour le banquier Macron

23:01
Emmanuel Macron

Et puis il s'était installé aussi il s'est beaucoup installé sur cette thématique du peuple contre les gros et donc d'une certaine façon il n'est pas anormal qu'il ait créé des porosités

23:13
Présentateur

Chère François Dumont

23:13
Invité

Oui, l'un des problèmes quand même il est sémantique c'est-à-dire tout le monde utilise le mot mondialisation alors pour certains elle est heureuse pour d'autres elle est malheureuse mais sans jamais définir le terme En réalité dans la mondialisation il y a trois éléments totalement différents Le premier élément ce sont effectivement des décisions politiques qui consistent à élargir des marchés donc élargir l'Union Européenne entrer dans l'Organisation Mondiale du Commerce là ce sont bien des décisions politiques c'est le référendum qui décide que la France peut entrer dans l'euro D'autre part il y a des décisions liées en fait au progrès technique qui réduisent l'espace-temps entre les territoires qui fait que quand vous achetez une voiture qui a été assemblée au Japon en France et bien le coût lié au déplacement est extrêmement faible compte tenu de la baisse des coûts de transport et ça c'est absolument fondamental c'est à dire qu'en fait il y a des données techniques qui ne changeront pas et que les politiques ne peuvent pas changer et d'ailleurs ils en profitent eux-mêmes simplement ils prennent aussi parfois des décisions qui favorisent certains territoires par rapport à d'autres nous parlons ce soir notamment d'Amiens parce que nous sommes centrés sur Amiens il faut quand même dire que le pouvoir politique a pris la décision de faire une ligne TGV Nord Paris Lille qui passe par ce qu'on appelle ce qu'on appelait une gare des Bétraves c'est à dire la gare Picarde c'est à dire à décider effectivement un cheminement géographique de cette ligne qui écarte totalement Amiens et même avec une absurdité totale c'est à dire qu'on aurait pu penser que cette gare des Bétraves on aurait pu la mettre à une jonction avec la ligne de train entre Amiens et Saint-Quentin non c'est en pleine nature donc Amiens se trouve relativement plus enclavé qu'elle l'était avant les lignes TGV donc la question de la mondialisation et le deuxième élément très important c'est qu'en réalité et vous l'avez évoqué à travers ce dernier chiffre sur l'augmentation du chômage en France plus 1,3% cette augmentation en fait c'est le résultat des mauvaises politiques économiques françaises c'est pas le résultat des mauvaises politiques européennes ou mondiales aujourd'hui l'économie chez nos clients se porte bien le chômage diminue dans les autres pays européens on est le seul à être dans une mauvaise situation c'est le résultat de nos politiques économiques

25:39
Présentateur

et ce qui est étonnant depuis dimanche c'est qu'on a beaucoup vu ces cartes les cartes de la désindustrialisation et les cartes du vote FN et c'est quasiment des cartes qu'on peut calquer l'une sur l'autre Jérôme Fourquet

25:51
Invité

oui oui tout à fait alors derrière tout cela on vous en a amené d'autres des cartes l'IFOP c'est une vieille maison avait travaillé au milieu des années 60 en 63 avait demandé dans différents territoires est-ce qu'à votre avis votre région est plutôt en avance économiquement en retard et on a reposé en 2015 les mêmes questions donc là je ne sais pas si on le verra bien on est sur un phénomène qui est complètement inversé c'est à dire que toute la France du nord-est qui était industrielle se pensait à l'époque comme étant en pointe c'était la pointe avancée il y avait des mines de charbon on ouvrait des usines et à l'inverse toute la façade ouest du sud du massif central jusqu'à Brest qui était beaucoup plus rural et agricole se sentait comme étant relativement en retard en 50 ans les perceptions se sont littéralement renversées et que constate-t-on la France du nord-est vote massivement Front National et la France de la façade Atlantique et Sud vote massivement ou fortement pour Emmanuel Macron et ce qu'il y a derrière tout cela c'est l'optimisme qu'on projette dans l'avenir la France de Marine Le Pen voit l'avenir en noir on l'a vu dans votre reportage que feront nos gamins que feront nos enfants ils ont des raisons

27:00
Présentateur

entre parenthèses parce qu'ils voient les entreprises partir les unes après les autres

27:04
Invité

tout à fait dans toutes nos familles on a ça et ce que montrent nos chiffres en disant en 50 ans on croyait qu'on était les premiers de la classe on est devenu lanterne rouge et inversement on a des territoires comme vous l'indiquiez la façade ouest mais aussi les grandes villes qui se sentent relativement soit épargnées soit gagnantes dans cette nouvelle distribution Amiens est un cas emblématique c'est à dire que Lille va plus se sentir à l'aise avec ses réseaux de communication et toute cette France que Christophe Gullier appelait la France périphérique elle, elle se sent décrochée et Marine Le Pen encore une fois arrive en disant je suis l'héroïne le porte-drapeau l'étendard de cette France qui souffre de cette France qui va mal et encore une fois il ne suffit pas d'être la porte-parole il y a un discours qui va plus loin en disant on va vous expliquer pourquoi on est arrivé là c'est à dire qu'il y avait des gens qui avaient intérêt à ce que ça se passe comme ça et Emmanuel Macron est le représentant de cette oligarchie pour reprendre maintenant le terme consacré Jean-François Dumont cher Jérôme je corrigerai juste un mot ce n'est pas une perception c'est une réalité c'est à dire qu'on a eu un basculement économique la France riche qui ressentit comme ça avant 1975 c'était la France de l'Est et du Nord-Est et c'était même la France qui bénéficiait des meilleurs salaires je dirais d'une rente de situation liée à son histoire industrielle aux sources d'énergie à une période où les entreprises industrielles se localisaient à proximité des sources d'énergie compte tenu des coûts de transport et le basculement économique qui commence en gros dans les années 1970 c'est que cette vieille France industrielle a beaucoup de difficultés à modifier son système économique et son modèle économique et c'est la France donc de l'Ouest qui elle n'avait aucune tradition industrielle et donc par les lourdeurs qui va se développer dans les nouvelles économies et on le voit bien à travers donc cette carte où on voit bien effectivement cette diagonale en gros entre le Havre et Marseille vous voyez donc envers

29:04
Présentateur

je ne sais pas si les gens qui... ah bah ça y est on la voit

29:06
Invité

donc vous voyez envers cette partie cette moitié de la France qui a une belle création d'emplois toutes ces dernières années et puis cette partie de la France qui a un peu de création d'emplois ou dans certaines aires urbaines où le nombre d'emplois même diminue

29:22
Présentateur

et en rouge on vote FN et en vert on vote Emmanuel Macron

29:26
Invité

globalement globalement ce qui est tout à fait marquant aussi c'est que cette même géographie cette même mécanique se retrouve dans toutes les démocraties occidentales le vote Trump c'est aussi les bassins industriels en crise des grands lacs le Brexit c'est toutes les régions minières du nord de l'Angleterre et le vote pour Hillary Clinton ou le maintien dans l'euro dans l'Europe ce sont les grandes métropoles New York Londres

29:47
Présentateur

nous allons poursuivre je vous le promets cette conversation mais il faudrait que vous voyez ce reportage sur Anne Zinn alors je ne sais pas si vous connaissez Anne Zinn c'est dans le Pas-de-Calais il y a 6000 habitants au premier tour sur ces terres Marine Le Pen a fait 38% c'est 10% de plus qu'en 2012 le maire sonné par ses résultats a menacé de démissionner avant de se raviser nous sommes allés à la rencontre de l'équipe municipale et des habitants pour comprendre l'enracinement et la progression du Front National car il y a 5 ans dans cette commune c'est François Hollande qui est arrivé en tête Marie-Laurent et David Lemarchand

30:20
Invité

Voilà le lieu du problème donc c'est bien ici où j'ai prononcé cette phrase

30:32
Locuteur non identifié

Daniel Delomèze a créé le buzz malgré lui à l'issue du dépouillement dimanche dernier ce maire socialiste perd son sang-froid et insulte les électeurs de sa commune qui place Marine Le Pen en tête du premier tour j'ai vu des gens qui avaient voté au scène et puis qui étaient heureux donc ça m'a certainement

30:54
Invité

perturbé et puis ensuite ça a craqué et voilà comment on arrive donc à être un héros malheureux

31:00
Locuteur non identifié

les mots de trop les voici prononcés sur le vif

31:04
Invité

il est possible que je démissionne car je ne veux pas consacrer ma vie à des connards

31:10
Locuteur non identifié

l'élu prêt à remettre son mandat et les réseaux sociaux s'enflamment haine soutien on l'accuse de mépriser ses administrés tout autant qu'on le félicite à la tête d'une petite commune de 6000 habitants Daniel Delomèze a vécu les 38% engrangés par Marine Le Pen comme une trahison vous dites que vous avez été vexé oui par le résultat finalement de ce premier tour

31:35
Invité

bah oui c'est parce que c'est la preuve que je ne connais pas mon public que je ne connais pas ma population

31:42
Locuteur non identifié

alors comment vous l'expliquez vous ce vote

31:45
Invité

pour la personne bah justement on ne se l'explique pas et c'est ce qui est un petit peu dommage sinon on pourrait discuter bah franchement il n'y a pas plus de délinquance qu'ailleurs il n'y a aucun migrant et puis le chômage est à 13% c'est à dire dans la moyenne des communes environnantes

32:04
Locuteur non identifié

encarté au parti socialiste depuis 1981 lui a voté Mélenchon restant fidèle à la tradition de sa ville ouvrière bastion historique de la gauche

32:16
Invité

il correspondait le plus

32:17
Locuteur non identifié

donc à à mes idées et à mes illusions de jeunesse et à votre avis la logique aurait été qu'une partie de la population de sud la logique ce n'est pas moi à définir oui mais j'aurais cru puisque c'était aussi

32:32
Invité

un vote de protestation à la limite donc pourquoi partir vers le FN et pourquoi ne pas partir de l'autre côté

32:39
Locuteur non identifié

mais le FN progresse irrésistiblement à Anne Zin comme partout dans les Hauts-de-France Jean-Claude a voté Mélenchon comme son maire qu'il soutient mais qu'il critique aujourd'hui

32:53
Invité

avec sa position de maire je suis désolé il ne devait pas prendre parti il y a une incompréhension même même je vous dis moi même au deuxième tour j'hésite je ne sais pas franchement je ne sais pas pour qui voter parce que bon bah Macron lui il va il va comment la loi M Khomri il va la multiplier par 10 bon alors qu'est-ce qui va se passer on va se retrouver

33:20
Locuteur non identifié

dans la rue au dernier régional déjà le Front National ici avait réuni plus de 40% alors les insultes du maire ne passent pas il a dit ce qu'il pensait et il a bien fait votre avis je ne veux dire rien de plus on est libre de voter ce qu'on veut donc on regarde tous les attentats qu'il y a même un policier père de famille il y a une femme et tout on lui a ôté la vie et c'est normal on doit voter Macron alors que lui il ne s'occupe pas de les étrangers réunion de crise hier soir pour décider du sort de monsieur le maire après son mot malheureux

33:59
Invité

c'est à l'heure il y a un maire du nord de la France qui voulait m'insulter

34:03
Locuteur non identifié

et bien hier le maire de Corse il était tout à fait d'accord avec la position parce qu'il a vécu la même chose en 2002 tous derrière lui ses adjoints font bloc moi je pense que sur tout ce mot là ne va pas arrêter l'excellent travail que fait notre maire l'excellent travail qui est fait depuis 2008 et personnellement je le dis bravo monsieur le maire on ne peut pas partager c'est pas possible donc c'est tranché vous vous maintenez monsieur le maire

34:25
Invité

il n'y a pas de problème comme vous l'avez entendu donc la motivation est là le travail est là on fonce

34:31
Marine Le Pen

j'en ai eu hier d'une dame qui appelait du milieu de la France qui nous a dit vous avez un maire très humaniste je ne le connais pas mais c'est un maire qui véhicule des idées humanistes et si tous les maires de France avaient été comme lui peut-être qu'elle n'aurait pas eu 500 signatures

34:43
Locuteur non identifié

un maire sans histoire de 69 ans qui a appris à ses dépens ce qu'est un tweet

34:51
Présentateur

et cette question le vote blanc peut-il faire basculer l'élection en faveur de Marine Le Pen on voit qu'il y a des gens qui hésitent dans ce reportage

34:58
Invité

le vote blanc ou l'abstention éventuellement ça peut être une des variables maintenant il faut qu'on ait en tête le fait que le rapport de force c'est à peu près 60% pour Emmanuel Macron 40% pour Marine Le Pen donc attention il reste 10 jours de campagne on le rappellera jamais assez c'est des photographies à un instant donné c'est pas un pronostic de ce qui va se passer mais on est quand même sur des entre guillemets marges de sécurité qui sont quand même colossales 10 points sur une présidentielle en France 10 points c'est 3 millions et demi d'électeurs donc Marine Le Pen déjà qui est crédité de 40% elle fait 21 au premier tour donc c'est déjà un doublement de son score alors peut-être pas forcément de son électorat justement si beaucoup de gens s'abstiennent je pense qu'aujourd'hui parmi les électeurs des candidats éliminés notamment les mélenchonistes et les électeurs de François Fillon il y a très peu d'hésitation entre voter Marine Le Pen ou voter Macron il n'y en a pas en revanche entre voter pour l'un ou l'autre ou l'abstention ou le vote blanc là il y en a beaucoup et donc ça va être tout l'enjeu à la fois des consignes de vote mais aussi de la campagne qui va être menée mais une fois qu'on a dit ça je pense qu'il y a quand même une marche à gravir ou à franchir pour Marine Le Pen qui est énorme son père faisait 18% contre Jacques Chirac si elle elle fait 36% c'est déjà un doublement mais il faudrait tripler le score de son père tripler pour arriver je pense qu'on n'en est pas du tout là

36:20
Présentateur

Béatrice Souchard ce qu'on voyait dans ce reportage c'est ce monsieur qui est retraité dans ce petit village de 6000 habitants et qui vote Marine Le Pen en disant voilà ça va se finir dans la rue etc qui hésite d'ailleurs je ne sais plus pour qui voter en tout cas il hésite un peu mais en tout cas c'est étonnant de voir un territoire comme celui-ci où on se dit on ne voit pas directement les problèmes alors 13% de chômage c'est beaucoup mais où le vote FN arrive à 38%

36:47
Marine Le Pen

je pense qu'il faut je veux dire aussi un truc sur le mot connard parce que ça m'a rappelé Bernard Tapie disant il ne suffit pas de dire Le Pen est un salaud il faut dire que les électeurs de Le Pen sont des salauds je pense que c'est un des nœuds du problème le parti socialiste est en train de s'en apercevoir dans l'état où il est maintenant c'est d'avoir pendant des années considéré les électeurs du Front National et Jean-Marie Le Pen dans un premier temps comme des fachos des nazis après ça a progressé un peu c'était des abrutis des imbéciles des gens qui ne connaissaient rien il n'y a encore pas très longtemps j'ai entendu je pense que ce n'était pas sur ce plateau-là mais sur un autre un plateau de télévision un de mes confrères dire le vote des zones rurales mais au fond ce n'est pas très intéressant parce que ça ne représente pas grand monde parce qu'il y a quand même une vision parisienne imprésemblable et à force de traiter et fausse surtout il y a quand même une part il y a quand même une part je pense de de mépris je pense qu'il faut dire mépris social mais il y a quand même une espèce de petit mépris de classe pour tous ces gens qui votent Front National et ça n'a fait que renforcer le vote Marine Le Pen des gens qu'on va insulter en disant vous êtes des connards bon apparemment il n'était pas content parce qu'il a voté Mélenchon et Marine Le Pen est arrivée devant dans sa commune mais il faut arrêter avec ça alors le PS commence à comprendre que ce n'est pas seulement en disant ce sont des nazis et des fachos qu'il y a d'autres problèmes et des réponses à donner surtout et d'avoir des politiques qui marchent et ça ce serait

38:02
Présentateur

mépris de classe c'est intéressant parce que ça fait partie des autres fractures de ce scrutin Claude Veil avec une France en gros diplômée qui vote Emmanuel Macron je vais vous donner quelques chiffres

38:14
Emmanuel Macron

c'est parlant je crois que c'est ça le véritable enjeu du second tour d'une certaine façon la France qui va bien Macron ça va il ne risque pas grosse chose avec elle son problème c'est de réussir à parler à l'autre France et de se faire entendre et surtout de l'écouter parce que cette autre France elle est malheureuse mais elle a des raisons pour ça c'est pas juste des connards comme dit le maire d'Anzin c'est ça 36% des ouvriers ont voté Le Pen 37 selon les instituts 17% ont voté Macron les gens qui gagnent moins de 1250 euros par mois au revenu du foyer ont voté à 32% Le Pen Macron à 14% les gens qui ont le sentiment d'être dans un secteur économique en déclin ont voté à 30% pour Marine Le Pen et les gens qui ont des fins de mois difficiles c'est très intéressant cette question parce qu'elle lit je dirais un fait objectif avec la perception le vécu des gens 43% ont voté pour Marine Le Pen c'est la France des fins de mois difficiles et c'est la France qui n'y croit plus qui n'a plus d'espoir en rien ça c'est très très important si vous habitez il y a une géographie qui a été bien décrite du vote Le Pen c'est à dire la France désindustrialisée contre la France de Nantes de Bordeaux de Toulouse où il y a une dynamique industrielle une ouverture sur le monde etc.

mais il y a une micro géographie qui est encore plus précise si vous habitez j'habite dans les bouches du Rhône une petite ville j'en connais où dans la rue principale la moitié des magasins sont fermés rideau de fer tiré et personne ne veut reprendre des pas de porte parce que de toute façon tout le monde va faire ses courses à Intermarché la seule administration qui marche bien c'est la NPE ou Pôle emploi les vieux sont au chômage les jeunes sont partis parce qu'il n'y a pas de boulot et en plus Jean Viard a très bien analysé ça les gens sont assignés à résidence par la crise de l'immobilier c'est à dire que leur maison de famille où ils sont nés dans le lit de leurs parents et de leurs grands-parents est à peu près invendable ou si plus exactement s'ils la vendaient s'ils trouvaient un client pour acheter parce que c'est des villes qui démographiquement s'affaissent s'ils trouvaient quelqu'un pour acheter la maison avec ça ils ne pourraient même pas acheter un studio à Aix-en-Provence ou à Nice donc ils sont condamnés à rester là et là il n'y a pas d'usine et tout a fermé et il n'y a plus de boulot si vous n'êtes pas fonctionnaire vous avez une chance sûre de l'être au chômage c'est ça la réalité de ces petites villes et ça c'est le résultat vous avez raison d'une politique urbaine et qui a été je tiens à le dire paradoxalement aggravée par une décentralisation mal faite où tout a été fait au profit des métropoles régionales qui n'ont fait que vampiriser un peu plus le tissu de la France dite profonde

40:49
Invité

cet avantage qu'on donne aux métropoles il est absolument considérable il faut savoir que le maire que nous venons de voir de cette commune du Pas-de-Calais il perçoit par habitant de l'Etat une somme inférieure à 33% par rapport au maire de Paris ou par rapport au maire de toute ville qui compte plus de 200 000 habitants donc il y a une inégalité des dotations de l'Etat selon les territoires qui fait qu'effectivement ces territoires ils se sentent les oubliés de la République alors comme vous l'avez très bien dit tout à l'heure nous avons quelques Parisiens qui considéraient qu'en France il n'y avait plus de ruralité parce que rappelez-nous rafraîchissez-nous la mémoire sur la ruralité parce qu'effectivement le problème c'est que l'INSEE a instauré des instruments de mesure de la ruralité qui donnent l'impression que la ruralité ce serait plus que le cinquième de la France mais vous avez dit vous-même tout à l'heure que la commune de 6 000 habitants vous la considérez comme rural mais pour l'INSEE elle considère que ce sont des urbains à partir de 2 000 habitants ce sont soi-disant des urbains alors que ces gens se considèrent membres de la rue

41:52
Présentateur

et bien c'est qu'il faut

41:54
Invité

complètement revoir le système de l'INSEE parce que ce système donne l'impression que la France est uniquement urbaine alors grâce à un certain nombre de demandes que j'ai effectuées c'est l'Office des statistiques européennes Eurostat qui a modifié le système pour essayer de mesurer le niveau de la ruralité en France et il arrive à plus de 50%

42:18
Présentateur

alors c'est pas juste une querelle d'experts ce que vous êtes en train de nous expliquer c'est que ça a un impact sur l'argent qu'on met dans les territoires et ça a un impact sur ces territoires qui se sont oublier parce qu'en fait

42:29
Invité

nous sommes comme l'a très bien dit Claude Veil dans ce que moi j'ai appelé une idéologie de la métropolisation

42:34
Présentateur

et d'ailleurs j'ajoute un chiffre pardonnez-moi vous m'en voulez pas je vous ai coupé pour donner un chiffre 19 000 communes ont voté Marine Le Pen ça veut dire que les petites communes ont majoritairement voté pour Marine Le Pen avec ce sentiment sans doute que vous évoquez d'être les laissés pour compte

42:49
Invité

et c'était déjà le cas par exemple aux dernières élections sénatoriales je viens de rencontrer un sénateur de la Creuse en Creuse il n'y a que deux élus Front National le jour des sénatoriales le Front National a eu 17 voix ce qui prouve effectivement un sentiment d'abandon de ces territoires Jérôme Fourquet on avait fait des statistiques sur les précédents scrutins en montrant justement dans ces petites communes alors pas des communes de 6000 habitants qui sont des communes un peu importantes mais que la présence ou l'absence de commerce de proximité jouait sur le vote FN parce qu'on avait un sentiment d'abondance d'isolement et notamment cette question de la présence ou de l'absence d'un bureau de poste donc il y a ce sentiment d'abandon et de déclassement et si vous rajoutez le mépris le connard c'est aussi Danny Boone Danny Boone élu originaire de cette région qui leur dit qu'il ne faut pas voter pour Marine Le Pen au dernier régional et il se fait reprendre de voler sur les réseaux sociaux en disant viens nous donner un peu de ton argent ou Hillary Clinton qui avait parlé de déplorable en parlant de l'électorat de Trump donc c'est les mêmes ressorts c'est les mêmes mécaniques oui je vais juste ajouter

43:55
Marine Le Pen

à l'histoire des commerces autre chose les déserts médicaux Marine Le Pen en a beaucoup parlé pendant la campagne et c'est vrai quand il faut attendre 6 mois pour aller chez l'opthalmo à 100 km de chez soi dans les meetings elle disait est-ce que vous trouvez que c'est un progrès évidemment non personne ne pense que c'est un progrès et puis sur les nouvelles technologies le nombre de communes où on ne peut toujours pas téléphoner avec son portable et où comme le wifi n'est pas encore parfaitement opérant par exemple des entreprises ne viennent pas s'installer

44:18
Présentateur

et ça Emmanuel Macron il parle à ces gens-là pour le moment

44:22
Invité

l'État n'a toujours pas pris de décision

44:24
Présentateur

je ne parle pas de pardonnez-moi juste Emmanuel Macron est-ce qu'il parle à ces électeurs

44:28
Invité

pour le moment il faut de la mobilité je n'ai pas vu dans son programme il annonce que soit disant tout le monde aurait le numérique en 2022 c'est beaucoup trop loin c'est une vraie politique d'aménagement alors il a une réponse c'est la priorité il a une réponse cohérente dans son idéologie c'est la mobilité on va aider à passer le permis de conduire et donc c'est un peu mais on n'est pas dans le modèle américain où on met la maison sur le mobil le mobil homme sur le camion on va travailler pour favoriser

44:52
Présentateur

alors on revient au Front National avec le portrait d'un homme il est devenu une pièce centrale du dispositif de la campagne de Marine Le Pen un technocrate de long qui pèse sur le projet présidentiel de la candidate il s'appelle Jean Messia il a un CV assez impressionnant en sciences po et n'a docteur en sciences économiques sur le fond il est ton sur ton avec le Front National adepte de la théorie du grand remplacement il considère que l'islam est incompatible avec la République Elisa Coudray et Maxime Liogier

45:17
Locuteur non identifié

son nom est encore inconnu du grand public Jean Messia 46 ans a pourtant depuis quelques mois un rôle clé au sein de l'équipe de campagne de Marine Le Pen coordinateur du projet présidentiel un programme qui il en est convaincu donnera la victoire à sa candidate comme disait Victor Hugo rien n'est plus fort qu'une idée dont l'heure est venue mariniste plus que frontiste elle est la seule à être dans l'ère du temps dans le devenir du monde actuel qui est progressivement domino après domino en train de tomber dans un retour de l'état nation dans un retour de la protection et donc Marine Le Pen est la seule qui incarne ça et qui donc est en phase avec ce monde nouveau en gestation Jean Messia ou la volonté d'incarner un FN version nouvelle génération son parcours d'abord peu banal fils de diplomate égyptien il s'installe en France à l'âge de 8 ans énarque haut fonctionnaire aujourd'hui Jean Messia se définit comme patriote français de souche par naturalisation dit-il il s'agit d'une boutade bien évidemment parce que c'est juste la position de deux choses un peu contradictoires boutade oui mais qui me définit finalement assez bien c'est à dire que je ne suis pas français de naissance on ne peut pas devenir français de souche par définition mais je dirais que je n'ai pas été que naturalisé français c'est à dire je me suis assimilé à la culture française et je me sens vraiment pleinement français à l'intérieur un profil atypique et une mission précise expliquer crédibiliser le programme de Marine Le Pen ce jour-là direction Grenoble pour parler économie face au monsieur programme du FN des étudiants de différentes sensibilités politiques

47:22
Invité

il y a énormément d'analystes qui aujourd'hui disposent qui analysent le fait que admettons que vous passez au pouvoir les épargnants se retrouveraient ruinés

47:31
Locuteur non identifié

il faut cesser un de croire et encore plus de répéter ces scénarios apocalyptiques il faut comprendre que le taux de change est une grandeur relative c'est pas une grandeur absolue des concepts techniques assénés avec autorité pour convaincre Jean Messia le sait la question de la sortie de l'Union Européenne continue d'inquiéter est-ce que demain quand on va quitter l'Union Européenne lorsqu'on aura plus que le poids de la France tout seul on sera en mesure de pouvoir négocier avec la Chine ou avec d'autres puissances ce que j'entends est assez extraordinaire si je vous comprends bien nous avons attendu l'Union Européenne pour que le monde découvre que la France est un grand pays on nous dit souvent que nous agitons des peurs mais ce que nous constatons aujourd'hui c'est que ceux qui sont dans l'outrance et ceux qui agitent des peurs c'est plutôt nos adversaires pas d'outrance et pourtant sur Twitter Messia l'adepte du grand remplacement n'hésite pas à signer régulièrement des messages sans ambiguïté

48:25
Invité

le terroriste de Nice n'était pas fiché S glaçant quand on sait que 5 millions de musulmans ne le sont pas non plus l'équation à résoudre est la suivante comment assimiler nos concitoyens musulmans alors que l'islam est incompatible avec la République

48:40
Locuteur non identifié

mais l'énarque lui entend incarner la normalisation du FN aujourd'hui il assure être le porte-parole de 150 aux fonctionnaires et cadres supérieurs qui auraient rejoint Marine Le Pen des chiffres impossibles à vérifier la grande différence entre le Front National d'hier et le Front National d'aujourd'hui c'est que le Front National d'aujourd'hui il a à sa tête une présidente qui veut non seulement conquérir le pouvoir mais surtout qui ambitionne de l'exercer et depuis le départ et c'est pour ça forte de cette ambition si vous voulez qu'elle s'est dotée à la fois de l'armature programmatique indispensable à l'exercice du pouvoir donc un projet cohérent et équilibré mais également de l'architecture humaine exercer le pouvoir Jean Messia lui aussi en rêve en juin prochain il sera candidat aux élections législatives dans le département de l'Aisne

49:37
Présentateur

Alors Marine Le Pen s'affiche comme la candidate du peuple elle dénonce l'oligarchie elle a aussi ses technos ce qu'on vient de voir dans ce reportage

49:46
Marine Le Pen

les technos longtemps moqués par Jean-Marie Le Pen alors ça a commencé avec effectivement l'arrivée de Florian Philippot à ses côtés autour de 2009-2010 et puis il y a quelqu'un qui travaille aussi sur le programme économique qui est Bernard Monod qui est un ancien cadre de la Banque de France Jean Messia énarque aux fonctionnaires anciens du ministère de la Défense je crois donc il anime un groupe alors impossible de faire un reportage sur le groupe parce que par définition ces hauts fonctionnaires ils sont en fonction évidemment c'est tout à fait normal ils ne vont pas s'afficher ouvertement devant les journalistes comme aidant le Front National à faire son programme ou à préparer l'éventuelle accession au pouvoir donc on nous dit qu'il y a un conseiller d'Etat des gens de Bercy du ministère des Finances des gens du Quai d'Orsay ce qui est vrai c'est que si on compare le programme de 2012 à celui de 2017 la manière dont le financement a été fait visiblement il y a des mains beaucoup plus professionnelles qui sont passées par là donc oui je pense que je ne suis pas sûr qu'il y ait autant de monde qu'on nous le vend parce qu'on le dit c'est une centaine de personnes impossible à vérifier effectivement mais ça s'est beaucoup professionnalisé ça c'est certain

50:46
Présentateur

et avec un discours très ciblé on entendait Jean Messia dire il faut une version une nouvelle version du Front National qui parle aussi à la jeunesse là pour le coup c'est aussi une fracture dont on n'a pas beaucoup parlé le FN a voté enfin les jeunes ont voté FN les jeunes ont voté Macron comment ça s'est réparti en termes de génération

51:08
Invité

on a sur les jeunes on est à peu près à la moyenne nationale pour le vote Front National alors là aussi ça étonne certains parce que beaucoup ont des horloges qui sont arrêtées dans les années 80 SOS Racisme la jeunesse emmerde le Front National on n'est plus complètement là dedans ça ne veut pas dire que toute la jeunesse loin s'en faut à basculer mais là aussi il y a une fracture tout à fait importante socio-culturelle les jeunes qui font des études supérieures ceux qui sont orientés très tôt vers l'enseignement professionnel ceux qui naissent dans des petites villes ou ceux qui ont la chance de faire Erasmus et qu'ils ont dans les grandes agglomérations et donc on a une image parfois un peu stéréotypée d'une jeunesse qu'on voit dans les médias qu'on voit comme cible des magazines du marketing mais aussi il y a toute cette jeunesse populaire il y a des défis aussi très importants dans cette jeunesse sur le rapport à l'immigration parce que c'est des jeunesses qui ont grandi avec une immigration importante des confrontations parfois et tout ça crée des lignes de fracture et donc il faut se défier donc attention la jeunesse n'a pas basculé du côté du Front National mais elle vote à peu près dans la même façon et le Front National elle a depuis 35 ans et donc ça veut dire que des jeunes de 15, 20, 25 ans sont nés dans des familles qui ont déjà été politisées à l'époque de Jean-Marie Le Pen et qui comme il y avait des traditions de familles gaullistes ou communistes il y a aujourd'hui des familles frontistes avec des jeunes qui de père en fils ou père en fille votent pour le Front National

52:35
Présentateur

Cette question le débat se focalise sur la France qui souffre et que fait-on de la classe moyenne loin d'être privilégiée ?

52:42
Invité

Justement en fait la classe moyenne elle est en train progressivement de disparaître c'est à dire dans le monde d'aujourd'hui soit on a besoin de personnes qualifiées soit on a besoin de personnes qui vont faire des activités de service à la personne et dont la qualification est relativement limitée Prenons un exemple simple autrefois un cadre supérieur avait une secrétaire qui en fait avait bon Bac plus 2 au maximum aujourd'hui un cadre supérieur soit d'abord il n'a pas de collaborateur parce qu'il tape lui même ses courriels et s'il a un collaborateur c'est un assistant qui est au moins Bac plus 5 donc aujourd'hui même quand on parle des ouvriers en réalité le niveau de qualification des ouvriers d'aujourd'hui n'est pas le même que celui d'hier la France a encore une classe moyenne relativement importante parce que sa fonction publique est encore nombreuse et donc la fonction publique ne s'est pas numérisée en quelque sorte donc c'est là où il y a un ralentissement par rapport aux autres pays mais je pense que les hommes politiques ont du mal à parler une classe moyenne parce qu'elle n'existe plus beaucoup parce qu'en plus la classe moyenne c'est aussi celle dont elle pensait que ses enfants allaient entrer dans la classe supérieure

53:54
Présentateur

elle est intéressante cette question parce que depuis dimanche on explique peut-être à tort que ce sont deux France qui se font face une France heureuse ouverte sur le monde ceux qui bénéficient de la mondialisation et une France qui serait la France des oubliés la France qui souffle la France du chômage et la désindustrialisation c'est peut-être moins caricatural que ça ?

54:18
Emmanuel Macron

Je dirais que le sociologue Durkheim me disait en sociologie les opinions sont des faits le sentiment de relégation à mon avis est aussi important que le fait de la relégation c'est-à-dire cette génération-là se sent non désirée dans la société française et c'est pas un hasard si elle va aux extrêmes c'est pas un hasard si elle se traîne pendant 10 ans de CDD en stage plus ou moins rémunérée etc.

c'est la génération des portes fermées comme on l'a appelée et elle est la jeunesse est toujours plus radicale que la vieille c'est comme ça remonte à Homer mais le fait est qu'aujourd'hui la jeunesse est très portée à la radicalité parce que le monde lui paraît hostile et elle n'a pas tort de le ressentir comme ça

55:00
Marine Le Pen

ce qui est très frappant quand on fait des reportages dans les meetings par exemple ou dans les gens qui vont écouter les gens du Front National c'est qu'il y a souvent un double discours sur une double relégation il y a à la fois la relégation personnelle effectivement le chômage le chômage des enfants les difficultés qu'est-ce que feront nos enfants dans 10 ans ou dans 20 ans comme c'était dit tout à l'heure dans le reportage sur Amiens et puis assez vite il y a le discours sur la France on était quand même un grand pays pourquoi on est arrivé là finalement c'est quoi maintenant la France dans ce grand truc qu'on ne comprend pas très bien parce que les hommes politiques ne nous l'ont pas vraiment très bien expliqué à un certain nombre de moments de notre histoire notamment au moment du référendum de 2005 où Jacques Chirac disait voter oui mais personne n'a jamais très bien compris pourquoi il nous demandait de voter oui donc il y a cette double relégation et ce discours sur qu'est-ce que c'est la France aujourd'hui je pense que Marine Le Pen l'a perçu alors elle donne ses propres réponses et effectivement on met des frontières on cultive notre jardin et ça va être formidable mais le discours un peu post-national si je peux me permettre l'expression d'Emmanuel Macron ou quand il dit il n'y a pas de culture française ça ne marche pas dans ces catégories là

56:03
Présentateur

et nous passons maintenant à vos questions non non non vous vouliez prendre la parole et bien je vais vous la donner le Macron bashing ne va-t-il pas faire gagner Le Pen est-ce qu'on est dans le Macron bashing déjà ?

56:16
Emmanuel Macron

non je n'ai pas le sentiment qu'on soit dans le Macron bashing je pense que Emmanuel Macron a commis dimanche soir une erreur de communication en ayant l'air de fêter prématurément la victoire il n'est pas très fréquent qu'une équipe de foot arrose ça à la mi-temps même si elle mène 3-0 donc je pense qu'ils en ont tiré les conséquences et on l'a vu aujourd'hui il a roué les bras de chemise et il est allé

56:39
Présentateur

ne faudra-t-il pas que monsieur Macron soit plus agressif ?

56:43
Invité

agressif par rapport à Marine Le Pen offensif ? offensif peut-être à mon avis c'est par rapport à Marine Le Pen oui sans doute il l'a été quand même dans les débats télé et comme disait Claude Veil aussi vis-à-vis d'un électorat qui ne lui est pas forcément acquis dans un territoire hostile bien qu'il en soit originaire il va quand même il va au contact comme on dit donc il prend des risques

57:08
Marine Le Pen

oui je pense que le débat télévisé du 3 mai ne sera pas tendre entre les deux entre les deux

57:13
Emmanuel Macron

on peut dire un mot du débat la question c'est de savoir si Marine Le Pen va réussir à l'installer sur le thème que nous avons évoqué tout au long des missions riches contre pauvres ou pauvres contre riches ou si parce qu'il y a l'autre volet du lepénisme dont on n'a pas du tout parlé et c'est pour ça que je voulais Jérôme Fourquet disait on n'est plus dans la génération mai 68 dans la génération SOS racisme ça ça me paraît très important la donnée fondamentale du lepénisme c'est la façon dont il articule l'insécurité économique avec l'insécurité identitaire ou l'insécurité ethnique et cela aussi on le retrouve dans les jeunes générations et ça en effet c'est tout à fait nouveau mais lorsqu'on se reporte au sondage y compris les vôtres on est quand même très très frappé que lorsqu'on demande aux gens pourquoi vous avez voté machin machine pourquoi est-ce que vous avez voté Macron au premier tour je crois me souvenir que l'item qui arrive en tête c'est pour le dynamisme économique alors que quand on demande aux électeurs de Marine Le Pen pourquoi est-ce que vous avez voté Marine Le Pen c'est un l'immigration deux terrorisme trois insécurité c'est-à-dire qu'on est quand même sur le patrimoine très très traditionnel du Front National le même que son père

58:25
Présentateur

où en sont les affaires de Marine Le Pen et du FN avec la justice

58:29
Marine Le Pen

je crois que le Parlement le Parlement européen est saisi du demande de lever l'immunité parlementaire de Marine Le Pen dans l'histoire des assistants mais il n'y a pas cette immunité parlementaire ne peut être levée que lors d'une séance session plénière du Parlement européen il n'y en a pas avant le 7 mai donc je ne pense pas que ça puisse aboutir avant le 7 mai

58:51
Présentateur

ça ne pèsera pas sur l'entre-deux-tours c'était sans doute le sens

58:53
Marine Le Pen

Non, c'est très difficile de savoir si il se pose même beaucoup la question est-ce que finalement les affaires n'ont pas joué un peu dans la baisse de son score finalement le dimanche dernier ça n'est pas impossible

59:02
Présentateur

Je ne me reconnais dans aucun des deux finalistes à qui profiterait l'abstention Jean Mfourquet

59:09
Invité

Qui profiterait l'abstention on l'a dit tout à l'heure même il faudrait qu'il y ait une abstention colossale pour que Marine Le Pen espère pouvoir atteindre la barre des 50% Si je peux me permettre l'abstention si l'abstention est élevée ça veut dire quand même que la personne qui est élue a moins de légitimité donc ça a quand même des conséquences politiques significatives Sur la suite

59:33
Présentateur

Comment un candidat peut-il empêcher une entreprise qui plus est étrangère de changer de pays pour faire plus de marge ?

59:41
Invité

Non mais là c'est toute une politique industrielle qu'il faut mettre en place parce que nous avons parlé tout à l'heure de l'idéologie de la métropolisation mais il y a eu l'idéologie selon laquelle la France n'avait plus besoin d'industrie et donc on n'a pas mis en place une politique industrielle et donc on a vu s'effondrer effectivement nos industries et comme parallèlement on a pris un certain nombre de mesures qui font que l'épargne ne va pas vers l'industrie mais beaucoup plus vers l'immobilier ou vers le financement des dettes de l'État et bien on est dans la nasse aujourd'hui et donc c'est c'est au moins enfin il faudrait au moins je dirais que les candidats affichent la volonté et expliquent que la France a un avenir industriel et d'ailleurs que sans industrie la France n'a pas d'avenir économique

1:00:26
Emmanuel Macron

parce que ça fait partie des bases de l'économie juste une incidente pour prolonger l'Espagne avait son Nord-Pas-de-Calais l'industrie traditionnelle la sidérurgie etc c'était le Pays Basque le Pays Basque a réussi sa reconversion industrielle il s'est dirigé vers des économies modernes de dynamique des économies de croissance aujourd'hui c'est la région d'Espagne qui a le plus faible taux de chômage

1:00:46
Présentateur

Lorsque l'on dit pas une voix pour l'EFN sans pour autant appeler à voter Macron ne favorise-t-on pas l'abstention et donc la victoire de Marine Le Pen

1:00:55
Marine Le Pen

D'abord les consignes de vote ne sont pas forcément suivies par les électeurs c'est vrai que j'imagine que la personne qui pose la question pense notamment à ce qui se passe autour de Jean-Luc Mélenchon qui ne s'est pas précipité qui ne dit rien qui ne donne pas de consignes de vote est-ce qu'arithmétiquement ça profite à Marine Le Pen tout dépend de l'ampleur j'imagine

1:01:16
Présentateur

Bon on avance sur une autre question quel est le pourcentage de français favorable à la sortie de la France de l'euro et de l'Europe

1:01:22
Invité

De l'euro on est aux alentours de 20 à 30% selon les moments avec quand il y a des tensions monétaires importantes ou des pics de crise économique la propension des français à vouloir sortir qui se rétracte très fortement donc ça demeure toujours très très minoritaire et c'est un des obstacles majeurs à la progression ou à la victoire éventuelle de Marine Le Pen c'est que cette mesure qui est très identifiée agit comme un repoussoir

1:01:48
Marine Le Pen

Ce sera peut-être un débat interne au Front National si Marine Le Pen ne gagne pas l'élection présidence L'attitude à avoir

1:01:54
Présentateur

vis-à-vis de la sortie de l'euro et de l'Europe Sans faire de promesses Macron ne devrait-il pas expliquer quel levier il utilisera pour aider la France dans le bas Claude Veil

1:02:02
Emmanuel Macron

Il y a eu dans tout son discours c'est vrai que ça n'est pas très concret l'idée qu'il faut à la fois aider les gagnants à gagner et être attentif à assister les autres c'est une idéologie qui est proche de celle du care un peu c'est-à-dire il y a une dimension d'accompagnement notamment il compte beaucoup sur la formation c'est ce qu'il a expliqué cet après-midi aux gens de Whirlpool qui étaient un tout petit peu incrédules mais il a dit on dépense 42 milliards par an si c'est ma belle pour la formation professionnelle l'argent ne va pas au bon endroit au lieu de former les chômeurs etc le système n'est pas efficace je vais le simplifier racconcire les circuits ça ne se fera pas d'ici dimanche prochain mais c'est vrai qu'il y a évidemment là un chantier énorme et en même temps c'est vrai parmi les populations frappées une incrédulité toujours quand on leur parle de se reformer parce qu'ils voient bien qu'autour d'eux il n'y a pas beaucoup de boulot donc nous former

1:03:01
Marine Le Pen

surtout s'ils ont passé 50 ans

1:03:02
Invité

l'autre problème si vous voulez c'est qu'il faut comprendre qu'il ne faut pas prendre que des mesures macroéconomiques il faut aussi permettre au territoire d'innover or les dernières lois qui ont été votées que ce soit par la droite ou par la gauche sont extrêmement négatives en la matière

1:03:17
Présentateur

est-ce bien raisonnable de la part de ces deux candidats de se faire mousser sur le dos de futurs chômeurs est-ce qu'on peut parler d'instrumentalisation ce sera sans doute le sujet dans les jours qui viennent vous voulez intervenir ? non non non alors

1:03:29
Invité

on disait tout à l'heure c'est-à-dire dans toutes les campagnes à la fois on a à la fin des candidats qui vont sur des piquets de grève

1:03:35
Présentateur

il y a toujours le risque

1:03:36
Marine Le Pen

d'être critiqués et en général les usines ferment après et s'ils n'y vont pas on le leur reproche

1:03:40
Présentateur

bon allez c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h25 on se retrouve demain à 17h50 pour un nouveau c'est dans l'air tout de suite c'est à vous belle soirée sur France 5

Le Pen défie Macron #cdanslair 26-04-2017 — Emmanuel Macron · Pourquijevote