Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBACKSEAT· 7 juin 2024 40 min

Quelle place pour le Modem au sein de la Macronie ? avec Richard Ramos

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Tu connais le club Backseat ? Avec un abonnement à 15€ par mois, tu peux intégrer ce club très fermé et bénéficier de plein d'avantages. Parmi eux, ton nom au générique de l'émission, la VOD YouTube en avant-première dès le vendredi matin, les vidéos bonus en avance, l'accès au débrief, mais surtout, la possibilité de venir dans le public gratuitement à la dernière minute, l'invitation à des événements VIP et une magnifique carte de membres ultra collector. Le club Backseat, c'est le plus grand soutien que tu puisses apporter à l'émission, alors je te donne rendez-vous sur KissKissBankBank, le lien est en description sous la vidéo. Tout de suite, ta VOD.

Chers amis, nous allons accueillir notre invité politique. Cette semaine, nous avons le plaisir de recevoir le député du Loiret, député du MoDem, Richard Ramos. Incroyable. Bonsoir, Richard Ramos. Bonsoir. Merci d'avoir accepté notre invitation. C'est un plaisir. Ravi de vous accueillir sur le plateau de Backseat. Richard Ramos, je le disais, vous êtes député MoDem, député du Loiret, mais avant de faire de la politique, vous, on va parler un peu de vous. Votre passion, c'était la cuisine. C'est quoi votre parcours ?

1:02
Richard Ramos

Oh là, c'est compliqué, mais c'était la cuisine et c'était surtout l'alimentation. Moi, je suis un fils d'ouvrier né dans une cité. Mon père est né à Tiaret, en Algérie. Mon grand-père à Oujda, au Maroc. Moi, je suis né en 68 dans la Zub de Blois. Et j'ai eu une chance inouïe, c'est que mon père ouvrier, proche du Parti communiste, mais élu au conseil municipal de Blois. Pourquoi ? Parce qu'à l'époque, il y a beaucoup de jeunes ici. Il y avait quelqu'un qui était maire de Blois qui s'appelait Pierre Sudreau. Pierre Sudreau avait passé quelque temps dans les camps de concentration. Il a été ministre du logement du général de Gaulle.

Et dans les camps de concentration, on ne s'occupait pas de savoir si tu étais un peu à droite ou à gauche entre les communistes et les gaullistes. Dans un camp de concentration, il s'entendait bien.

1:47
Présentateur

C'est le réseau de la résistance, bien sûr.

1:49
Richard Ramos

Et c'est d'ailleurs pour ça qu'après la guerre, on a fait quasiment toutes les réformes qu'on a aujourd'hui après la guerre. Et donc, j'ai eu cette chance-là d'un Pierre Sudreau, maire de Blois, ministre du général de Gaulle ancien, qui venait dans ma HLM, me demander de raconter les fables de La Fontaine, notamment le loup et le chien sur la liberté.

2:08
Présentateur

Ok.

2:09
Richard Ramos

Et un peu l'histoire de France. Et quand je travaillais mal avec mes frères et sœurs, il fallait aller un peu à la mairie réviser. Et la cuisine, ça arrive quand dans cette histoire ? Ah, voilà. Oui, c'était le point de départ de la cuisine. Et donc, dans la cité, moi, mon père est pied noir. En grande partie, quand il parlait des Algériens, il disait les bougnoules. Dans la cité, donc, légèrement raciste, on n'a pas le droit de parler de la guerre d'Algérie, comme une omerta chez les fils de pieds noirs que nous étions. Ramos, d'origine espagnole, donc les espangouins. Dans la cité, il y avait les Ritales, les bougnoules, les machins, tout ça, tout ça a été mélangé.

Et moi, je ne comprenais pas, parce que c'était mes copains, quoi. Et le dimanche, fils de pieds noirs, je mangeais un couscous. Et je voyais bien que mon père était raciste, alors que je mangeais un couscous tous les dimanches. Et tout ça, c'était mes potes. On s'entendait bien. Donc, je ne comprenais pas. Et c'est l'alimentation, c'est ce que je mange qui me détermine et qui me dit qu'il y a un truc. En plus, quand je mange chez moi, on n'avait pas toujours trop de sous, donc on mangeait du lait avec des gâteaux pour chiens et chats. Vous ne connaissiez pas ça ? C'est des grands sacs de gâteaux qu'on trempait dans du lait. Non, je n'ai pas connu ça. C'est dégueulasse.

Et quand j'allais chez les copains, parce qu'ils avaient un peu plus de thunes, je voyais bien que, par exemple, ils mangeaient mieux que moi. Donc, je voyais bien que ce qui me définissait en partie, c'était ce que je mange. Et donc, mon lien à l'alimentation, il est dans cette affaire-là. Ensuite, on est à Blois, la Sologne n'est pas loin. Et donc, moi, j'ai braconné des girolles, des faisans, pour faire mon argent de poche, dans les propriétés privées. Et je revendais ça au restaurateur pour me faire de la thune. D'accord. Et donc, j'ai toujours eu un rapport particulier à l'alimentation. Ah oui.

Et puis après, je voulais être cuisinier, parce que ma grand-mère cuisinait bien, parce que mes deux grands-mères cuisinaient très bien, avec une cuisine très particulière. Une grand-mère issue du Val-de-Loire, donc un civet de lapin, un liéval à Royal, des petites choses simples, mais qui étaient très, très bonnes. Et puis, mon autre grand-mère, auquel je mangeais la tchoutchouka, la chorba, etc. Et donc, j'ai aimé cuisiner, et comme je ne travaillais pas trop mal à l'école, ils n'ont jamais voulu que je fasse cuisiner. D'accord. Donc, je pense que c'est une frustration que je porte en moi régulièrement.

4:24
Présentateur

Et la politique arrive à quel moment ? Parce que vous avez dit que votre père était communiste ? Oui. Moi, j'ai lu qu'il était UDF.

4:29
Richard Ramos

Non. Alors, mon père, mon père, c'est un peu différent, proche du Parti communiste. D'accord. Mais proche de Pierre Sudreau. Et Pierre Sudreau, il était quoi ? Il était gaulliste, mais il était très proche. Il était ouvrier, imprimeur. D'accord. Très proche du Parti communiste. Donc, moi, j'allais avec les communistes à Blois. Il a fait des grèves, etc. Donc, c'était cet alliage-là entre les deux. Et c'est ça qui a été très marquant pour moi, qu'a fait qu'aujourd'hui encore, les gens de droite pensent que je suis un mec de gauche. Je suis Bayrou. Bayrou, il doit penser que quand il est en colère, il est où le gauchiste ?

Et puis, les mecs de gauche, de temps en temps, pensent que je suis de droite. Donc, ça ne m'a pas quitté, mais ce n'est pas bien grave.

5:12
Présentateur

Parce que j'ai lu que vous n'aviez pas voulu aller à l'UDF parce que vous trouviez que c'était trop des bourgeois. Oui. Ah ben, évidemment. Évidemment. Évidemment.

5:20
Richard Ramos

Non, non, mais je comprends, je comprends. C'est quoi, c'était l'expression de Giscard ? Comment ? L'époque Giscard ? L'époque Giscard, les Giscardiens ? Alors, les Giscardiens, c'était... À Blois, on a eu également, qui a été ma prof, Jacqueline Gourault. Ah ! Et donc, qui est de Blois. Et donc, c'est cette génération-là qui était... Et donc, pour moi, c'était quand même trop bourgeois. Et pourtant... Puis de Jacqueline, ça ne devait pas être moins bourgeois non plus, d'ailleurs. Non, j'étais dans la campagne quand on l'a battu.

5:46
Présentateur

C'était quand même contre Jacqueline, à Blois.

5:49
Richard Ramos

Voilà. Et donc, oui, parcours un peu particulier. Un esprit un peu libre, qui fait qu'à la fois... Voilà. Mon histoire fait que j'ai été proche de ce cercle centriste, on va dire là. On va dire ça comme ça. Et puis, une culture qui est une culture un peu plus ouvrière, on va dire. Et donc, communiste.

6:07
Présentateur

Et donc, c'est dans les années 2000 que vous rejoignez un parti qui s'appelle Cap 21. Cap 21, alors qu'il n'existe plus vraiment. Les plus jeunes ne doivent pas connaître. Cap 21 avait été fondé par Corinne Lepage. Et c'était un parti écolo de centre. Oui, c'était exactement ça. C'était un peu particulier.

6:19
Richard Ramos

En fait, à cette époque-là, on est peu nombreux à penser qu'il faut sauver la planète et qu'il faut faire quelque chose. Et moi, même si j'avais fait les campagnes UDF sur la deux chevaux de mon père, j'ai fait les campagnes de Jacqueline Gouraud. Je n'avais jamais pris de carte politique à l'UDF parce que je l'explique trop bourgeois. Et la première carte que je prends en politique, elle est écologique. C'est-à-dire que, et déjà à l'époque, et je veux défendre les circuits courts. Et je fous le bordel aussi quand je suis au lycée pour qu'on mange mieux. Voilà. Je suis aussi leader du mouvement étudiant contre la loi de Vaquet. En 86. Avec 2000 personnes derrière moi.

Et donc, je me rappelle, je crois que c'est Le Monde qui titre le seul mec de droite leader de...

6:57
Présentateur

Vous vous définissiez comme mec de droite à l'époque ?

7:00
Richard Ramos

C'est eux qui me définissaient comme ça. Ah, c'était Le Monde. Moi, je ne me suis jamais défini. Encore à 56 ans, je ne sais toujours pas me définir.

7:06
Présentateur

Intéressant. Je cherche.

7:07
Richard Ramos

Vous laissez les autres le faire pour vous. Non, je cherche moi-même. Peut-être que dans un autre karma, j'y arriverai.

7:11
Présentateur

Bon, vos premiers mandats sont à l'échelon municipal. Et puis, vous devenez membre de la majorité. Vous devenez député. Et vous vous faites connaître du grand public dès 2017 avec des propositions communes avec François Ruffin sur la question de la malbouffe. Alors, on a une photo, je crois, on a une vidéo même d'illustration qu'on va regarder ensemble. Ah, il n'y a pas de son, c'est l'illustration. D'accord, ok, il n'y a pas de son. Avec François Ruffin, on ne vous attendait pas forcément là. Vous, membre du Modem, donc parti de la majorité, vous échangez avec François Ruffin et vous menez des combats communs sur la question de la malbouffe.

Donc, vous apportez la cuisine à l'Assemblée nationale. Enfin, la nutrition peut être plus précis. L'alimentation. L'alimentation, pardon.

7:52
Richard Ramos

Oui, mais moi, je ne m'occupe pas de savoir, je prenais mon petit déjeuner hier matin avec François. Ok, comment il va ? Il va bien, il prépare les présidentielles. Il est concentré. On l'a vu concentré, c'est vrai. Je pense qu'il se demande s'il va pouvoir tordre le bras à Mélenchon pour y aller tout seul, mais on verra. C'est son combat, ce n'est pas le mot. On verra ce qu'ils vont faire. Oui, parce qu'en fait, moi, j'arrive comme député et puis, finalement, on reçoit le fils Bigard, vous savez, c'est Bigard, c'est Chara, les compagnies.

8:27
Locuteur 5

Oui, qu'on a été reçus en commission et je me souviens de cette phase-là, oui.

8:30
Richard Ramos

On le reçoit en commission et je dis au mec, mais vous ne déposez pas les comptes, vous. Et donc, il faudrait peut-être déposer vos comptes, parce que vous dites que vous ne pouvez pas payer les paysans, vous dites qu'aux salariés, etc. Et le mec, il jette le micro et il nous jette le micro. Et là, je lui dis, monsieur, vous allez redresser la tête, vous allez regarder la représentation nationale, quoi. Puis vous allez déposer vos comptes. Et là, François Ruffin, que je ne connais pas, on doit être en 2017, là, on vient d'arriver. Et François Ruffin part avec moi dans les tours et le mec, on ne le lâche plus comme des foxtériers.

9:02
Locuteur 5

Je me souviens de cette séquence. Vous aviez proposé, du coup, une sécurité sociale alimentaire depuis ? Ça, c'est après, ça. Oui, depuis. C'est depuis. Ça consiste en quoi, une sécurité sociale alimentaire ?

9:12
Richard Ramos

Alors, là, je suis vraiment dessus. Mon idée sur la sécurité sociale alimentaire, c'est de mettre à n'importe qui qui a un numéro fiscal, on lui remet une carte de crédit, un peu comme dans les entreprises, le ticket restaurant, mais auquel on peut payer avec la carte, aujourd'hui. On lui remet et on met à tout le monde, c'est universel, 5 euros. Aux étudiants, on fait une surcote, on va jusqu'à 40 euros par mois. Moi. OK ? 5 euros, ce n'est pas lourd. Comment ? 5 euros, le mec qui gagne comme moi 5 000 balles par mois, on ne va pas lui mettre plus quand même.

9:46
Présentateur

Non, mais celui qui ne gagne que 1 000 balles, par contre.

9:48
Richard Ramos

Eh bien, là, on lui met une surcote. Ah, OK, d'accord, d'accord, donc c'est quand même progressif. On est une surcote, on est progressif. Je veux quand même que ça soit universel. Je pourrais m'expliquer pourquoi. Et donc, avec ça, en gros, ça coûte 12 milliards quand même. D'accord ? C'est pas mal, c'est pas mal. Je le pique à Coca-Cola, Nestlé, c'est-à-dire le sucre, le gras, le sel. Vous créez une taxe sur la malbouffe ? Voilà. OK. Et donc, je le pique là, parce que c'est un truc alimentaire. Mais on ne peut pas les dépenser en Coca-Cola ? Alors, si, parce que moi, j'estime qu'un pauvre, il a le droit de bouffer ce qu'il veut. Mais je vais m'expliquer.

Avec cette carte où vous avez 40 euros, si vous faites, par exemple, vous êtes étudiant, vous faites de l'aide aux devoirs. Si vous faites l'aide aux devoirs le mardi, le jeudi, vous êtes crédité des heures d'activité que vous avez faites en plus des 40 euros, sans impôts et sans charge pour la collectivité ou les associations dans le monde de l'insertion qui vous auraient fait travailler.

10:40
Locuteur 5

On a travaillé sans salaire ou plutôt c'est du salaire en nature ?

10:43
Richard Ramos

Non, ce n'est pas un salaire parce qu'on n'est pas dans le secteur privé. Il y a aussi du salaire dans le secteur public. Oui, mais là, je ne suis pas dans le secteur. C'est ça que je veux expliquer. Et donc, derrière, je fais cette carte alimentaire et on peut aller manger n'importe où, sauf qu'on a une surcote quand on achète des produits bio, quand on achète des produits en circuit court ou quand on achète des produits français. Et on va travailler la surcote. Donc, ce que je suis en train de travailler sur cette sécurité sociale alimentaire... Alors attention, il y a des villes comme Montreuil, il y a beaucoup de villes qui ont testé la carte.

J'ai avec, pour vous faire simple, la Confédération Paysanne et les associations, parce qu'il y en a une quarantaine en France qui sont en train de tester ça. Notre point de désaccord, c'est que, d'abord, eux, ils veulent mettre... Pour manger, il faut à peu près 200 euros par mois. Je suis un peu court. Eux, ils voudraient mettre les 200 euros. Mais 200 euros, je pense qu'on y arrive... En tout cas, moi, je pense qu'on n'y arrive pas sans changer tout le système politique. Voilà. Donc là, il faut que... François, c'est un débat qu'on peut avoir.

11:50
Locuteur 5

Donc, on ne va pas faire ça.

11:52
Richard Ramos

Voilà. Exactement. Exactement. Et donc, voilà pour la sécurité sociale alimentaire. Et donc, on est en train de vouloir la tester sur 1000 cartes pour voir comment ça fonctionne et pouvoir le faire. Là où les associations de gauche pensent aussi, c'est qu'elles pensent qu'il faut la flécher que sur les circuits courts. Et c'est là où, moi, je ne suis pas d'accord.

12:13
Présentateur

Vous voulez laisser la liberté à chacun ?

12:14
Richard Ramos

Et voilà. Et moi, j'estime que le pauvre, comme le riche, il a encore le droit de choisir là où il mange.

12:17
Locuteur 5

Après, on peut penser que ce sont des politiques en termes de santé publique. C'est-à-dire, il y a des Nutri-Score maintenant. On pourrait dire, je ne sais pas, pas des trucs trop mal foutus.

12:27
Présentateur

Vous savez, plus on est pauvre, moins on mange de la nourriture de bonne qualité. Oui. Ça a aussi un impact sur la santé.

12:31
Richard Ramos

Ça fait 40 ans que je raconte ça. Oui. Moi, j'ai... Pardon, le Nutri-Score, à l'époque, même l'Ancesse l'avait cogné. En 2001, avec Serge Hatzberg qui a créé le Nutri-Score. J'étais déjà là à la conférence de presse en 2001. Et donc, c'est une bonne chose. Mais je pense qu'il faut quand même laisser la liberté individuelle. Après, comme on redonne des points sur des circuits courts ou des produits bio français, je trouve que c'est ça. Mais dire à quelqu'un, tu dois aller manger là, alors que l'autre, on ne l'oblige pas à aller manger à tel endroit, je pense qu'il faut quelque chose de positif et bonifié plutôt qu'une obligation. Latifa ?

13:06
Locuteur 1

C'est vraiment possible de s'attaquer au lobby de l'agroalimentaire, etc. Dernier exemple en date, quand on voit ne serait-ce que dans des périodes qui sont compliquées économiquement d'inflation, on est incapable de... ou ils réduisent, par exemple, les quantités en augmentant les prix, ou voilà, clairement, ils s'en mettent plein les poches au détriment des citoyens et qu'il n'y a pas eu grand-chose qui a été fait pour contrer ça. Donc, est-ce que c'est vraiment possible ? Et est-ce qu'avec presque la révolution qu'il faut mener, comme disait Jules, est-ce que c'est possible de la mener depuis le centre ?

13:37
Richard Ramos

Je ne sais pas si ce n'est pas possible depuis le centre de voter à gauche, mais chacun fera ce qu'il veut. Ce que vous dites est une question complexe. Les lobbyistes, grosso modo, moi, c'est ce que j'ai le plus retenu à l'Assemblée nationale, il y a deux grands secteurs qui ont confisqué la démocratie, les lobbyistes et les hauts fonctionnaires. On reste sur les lobbyistes. Il y a une méthode chez les lobbyistes qui est toujours la même, et je répondrai à votre question si c'est possible de lutter, qui est toujours la même, c'est la valse à trois temps. Un, je crée du cognitif faux, c'est-à-dire je vais fabriquer de la pensée fausse.

Je vais donner un exemple, je me suis battu contre le nitrite dans la charcuterie. Eh bien, les lobbyistes, notamment la FIC, le syndicat des industriels, a mis deux millions d'euros sur la table pour faire dire à l'INRAE que c'était vachement bien le nitrite, sans le dire à personne. Et l'étude du gouvernement, le plan du gouvernement, il s'appuyait sur l'étude de l'INRAE. Fabriquer du cognitif faux. Il paye un mec qui s'appelle Le Cerf, Institut Pasteur de Lille. Moi, j'ai dit que s'il me faisait des procès en diffamation, je défendrais l'idée que c'est de l'information et pas de la diffamation.

Le mec, Institut Pasteur de Lille, il prend 3000 balles par jour pour aller mettre des trucs sur les produits industriels et dire derrière Institut Pasteur de Lille. Ce qui permet à mettre du cognitif faux un peu estampillé. Et de l'autre côté, on va créer de la connivence. Premier temps, cognitif faux, connivence, discrédit. Deuxième élément, la connivence. Vous avez autour de l'Assemblée des restaurants, comme chez Françoise, auxquels on invite les sénateurs, les députés, etc. Et on crée de la connivence avec des faux clubs de gastronomie qui sont en fait des marques déposées par les lobbyistes auxquelles on invite tout le monde avec une conférence qui paraît d'ailleurs intelligente.

Le conférencier, lui, il ne comprend pas la mécanique. Et on crée chaque mois des connivences avec des gens qui vont manger ensemble. Et donc, quand on va faire une loi, par exemple, sur le nitrite, ces gens qu'on aura fait vivre ensemble sur un truc qu'ils n'auraient pas vu, parce qu'on va dire que ça pourrait paraître normal, ça a le goût de l'honnêteté comme le Canada Drive, mais ça n'en est pas. Et derrière, qu'est-ce qu'on va faire ? On va leur dire, regardez, en plus, le nitrite, c'est bon. Regardez, l'Inrail l'a écrit. Et le dernier truc, c'est le discrédit.

Par exemple, Thierry Coste, qui était le lobbyiste, vous savez, dont on dit qu'il avait chasseur, il s'occupe de la liste chasse. On dit que c'est lui qui avait démissionné Hulot, qui est l'un des plus grands Thierry Coste, lobbyiste français, qui est venu dire, moi, je suis un mercenaire, je prends le pognon là où il est. Mais il l'a dit en audition chez moi. Et lui, après, il fait le discrédit. Il envoie des vidéos que j'ai faites avec François Ruffin. Et il dit aux autres députés, regardez l'Otramos, en fait, ce n'est pas un centriste, c'est un gauchiste. Et donc, il envoie la vidéo. Et on fait cognitif faux, connivence, et de l'autre côté, discrédit.

Donc, c'est compliqué de se battre contre ça. Donc, je vous réponds, oui, c'est compliqué. Mais de temps en temps, on peut gagner des combats. J'en ai gagné quelques-uns. J'ai une question un peu terre-à-terre,

16:39
Locuteur 2

parce que vous ne nous avez parlé de 12 milliards. Donc, même si on peut juger que le projet est souhaitable, faire avaler 12 milliards d'une dépense au gouvernement qui a l'air un peu près de ses sous, ou pas de fonds clins à taxer, est-ce que vous pensez que c'est possible ? Eh oui, c'est possible, parce que là, il ne suffit pas...

16:57
Richard Ramos

De flécher. Il ne suffit pas... La question, vous avez raison. Là, il ne suffit pas de prendre de l'argent supplémentaire au budget de l'État, puisque je fais un transfert de taxes. C'est-à-dire que je vais dire à Coca-Cola qu'il se goinfre suffisamment, je vais te promper du pognon. Je vais aller chercher des produits auxquels on sait qu'il y a trop de sucre, trop de sel, trop de gras, et on va aller chercher 12 milliards.

17:16
Locuteur 5

Mais Bruno Le Maire, elle ne dit pas de nouvelles taxes non plus.

17:19
Richard Ramos

Oui, c'est vrai, mais il raconte des conneries régulièrement. Ça lui arrive, ça lui arrive. Mais la politique, c'est ça. La politique, c'est ça.

17:27
Présentateur

C'est des conneries racontées par Bercy.

17:29
Locuteur 2

Et vous pensez que vous pourriez construire une coalition pour arriver à attendre éventuellement pour de nouvelles taxes ?

17:33
Richard Ramos

Je vais vous donner un exemple très simple. La semaine dernière, il y a ce qu'on appelle le PLOA, sur le projet de loi agricole. Je dépose moi-même, c'est un modem, Marc Fénaud, du Loire-Echer, député à Blois, où je suis né, que je connais depuis 30 ans, qui a été l'assistant parlementaire de Jacqueline Gourault, qui est ministre d'Agriculture. Je ne peux pas faire mieux dans ma relation avec quelqu'un que je connais. Je veux déposer un seul amendement. Je dépose un seul amendement. C'est que quand on achète un produit, notamment industriel, ça soit vraiment marqué quand c'est un vrai produit français. C'est-à-dire que si on achète des raviolis... Pas juste transformé ici.

Pas juste transformé ici, etc. Ou, par exemple, ceux qui nous regardent dans cette bonne émission, ils iront dans un supermarché, regarderont le cordon bleu de chez Père Dodu, il y a le coq français, le logo partout, et les produits agricoles, aucun vient de France. Et donc, on devient d'un go.

18:31
Locuteur 5

Même l'aimant, il n'y a pas de... Je dépose donc la main. L'aimant département, pareil. Je dépose donc la semaine dernière. Je n'ai pas entendu, pardon. L'aimant département, pareil, il ne vient pas de France non plus. Non, c'est vrai. C'est vrai. C'est terrible. Et donc,

18:44
Richard Ramos

je dépose un amendement pour ça qui paraît quand même du bon sens, etc. Marc Fénaud contre moi, la moitié du Modem contre moi, parce que Fénaud avait dit au président de groupe, il faut y aller. D'accord ? Quand même la moitié avec moi. C'est-à-dire qu'il y a la moitié de courageux qui n'obéissent pas au président de groupe du Modem, auquel on leur a demandé de ne pas être avec moi, et quasiment 90% de renaissance. On a quand même gagné dans l'hémicycle.

19:09
Locuteur 5

J'ai une question, c'est qu'on dit souvent que le ministère de l'Agriculture, c'est un ministère de co-gestion avec la FNSEA. Dans quelle mesure c'est vrai ? Et dans quelle mesure c'est un peu faux ?

19:19
Richard Ramos

Non, c'est la FNSEA qui dirige et le ministre co-gère avec eux.

19:24
Locuteur 5

Voilà, donc c'est vrai. C'est vrai.

19:27
Richard Ramos

Mais bien évidemment. Mais bien évidemment. Vous regardez ce qu'on a voté la semaine dernière sur le plan d'orientation agricole. Vous prenez l'alias qu'a envoyé, parce qu'en fait, la FNSEA, elle vous envoie des amendements tout faits. Une base d'amendement. Ceux qui ont été votés, c'est ceux de la FNSEA.

19:46
Présentateur

Voilà, c'est comme ça. Richard Ramos, en 2023, vous avez été le seul de la majorité à voter le blocage des prix proposés par la France Insoumise. Oui. Tout à l'heure, vous l'avez dit comme une boutade votée à gauche, mais qu'est-ce qui fait que vous appartenez à cette majorité ? Vous avez l'air de critiquer vertement le ministre de l'Agriculture, le ministre de l'Économie. Qu'est-ce qui vous retient au modem dans la majorité ?

20:10
Richard Ramos

Moi, je suis un parlementaire d'abord. Tous les gens de gauche, que ce soit François Ruffin, Olivier Faure, Léliott, tout ça, ils disent, viens chez nous. J'imagine. Pourquoi vous ne le dites pas ? Parce que, par exemple, moi, je suis parti très tôt de chez moi également parce qu'à 4 heures du matin, j'avais 18 ans, je ne suis pas revenu pendant 10 ans chez moi. J'ai créé ma petite boîte, j'ai créé un foyer de sans-abri à Blois, j'ai fait 40 ans de maraude. Je pourrais... Je veux dire, c'est l'entreprise aussi qui m'a construit. Voilà. Et donc...

20:42
Locuteur 5

Vous êtes dans une majorité qui crée des sans-abri.

20:45
Richard Ramos

Oui, oui, non mais... Dont acte. Mais ce que je veux dire, c'est que, moi, je crois quand même à la liberté d'entreprise et aux entrepreneurs. Et de temps en temps, sur la partie à gauche, j'ai envie de dire, notamment chez LFI, c'est comme si on n'aimait pas les entrepreneurs. Donc, c'est très compliqué de trouver quelque chose à 100% qui pourrait me ressembler.

21:05
Présentateur

Vous restez libéral. Je reste un libéral. Vous êtes... Je reste foncièrement un libéral. Un libéral, ok. Non, mais ça a du sens. Le centre, historiquement, le libéralisme, l'UDF, etc. On en parlera. Latifa ?

21:14
Locuteur 1

Peut-être un autre point de divergence avec certains. Un gauche élu que vous aviez revendiqué comme un certain pragmatisme avec les députés Rennes et le fait de pouvoir travailler avec eux. Je sais que vous en avez dans votre zone géographique, on va dire. Et je crois que vous avez dit aussi que, par exemple, concernant le projet de loi immigration, il n'y avait pas eu de ligne rouge qui avait été franchie, notamment sur la question de la préférence nationale, etc. Avec tout ce que vous avez raconté au début sur le racisme, voilà, j'y ai repensé. Et là-dessus, sur le fait de dire qu'en fait, un député Rennes, on travaille avec lui complètement normalement comme avec d'autres collègues ?

21:45
Richard Ramos

J'ai oublié, dans ma jeunesse, j'étais objecteur de conscience à SOS Racisme. Ça fait beaucoup, là.

21:51
Locuteur 1

C'était en quelle année ?

21:53
Richard Ramos

Comment ? J'avais 20 ans, donc je suis en 68, voilà. Et qu'aujourd'hui, il y a des migrants qui vivent chez moi, qui vivent chez moi réellement. Ça ne répond pas à la question ? Est-ce que vous pouvez travailler avec des députés Rennes ? Moi, je peux travailler sur des amendements. J'ai dit, je ne voterai jamais une proposition de loi Rennes. Jamais. D'accord ? Mais quand un amendement qui est proposé, un amendement, et qui est bon pour les Français, je suis capable de le voter. Et donc, c'est ça que j'ai voulu dire.

Parce que ce que j'ai voulu dire, et je l'ai combatté, les RNC, je vous passe les détails, j'ai mené aussi, j'ai créé, j'avais 20 ans, un comité régional de vigilance contre le racisme et l'antisémitisme. On est en train d'essayer de monter un truc avec la LICRA à Essaouira au Maroc. Mais, quand on est dans l'hémicycle, quand un amendement, je ne dis pas une proposition de loi, pardon d'être aussi, voilà, eh bien, si je pense qu'à un moment donné, il est utile aux Français, je suis capable de le voter.

22:47
Locuteur 1

Avec le Rassemblement National ?

22:48
Richard Ramos

Avec le Rassemblement National.

22:50
Locuteur 5

Et donc, la loi immigration, pour vous, ne franchissez donc aucune ligne rouge ? Il y avait des lignes rouges,

22:54
Richard Ramos

mais par exemple, je prends la loi immigration. Sur la loi immigration, on avait la possibilité de débattre pour faire un certain nombre d'amendements qui allaient dans le bon sens. D'accord ? Finalement, ce qu'ont fait LFI, les communistes, les écolos, les socialistes, d'empêcher, avec la motion de rejet, le débat, ça a empêché, notamment, un certain nombre d'avancer sur le sujet.

23:22
Locuteur 1

Oui, mais est-ce que ce n'est pas, pardon, excusez-moi, mais est-ce que ce n'est pas le débat éternel de se dire, si on ne débat pas de ces sujets un peu d'extrême droite, ce n'est pas possible ? Est-ce que, vraiment, on veut débattre du sujet de la préférence nationale au sein de l'Assemblée, en fait ? Mais, est-ce qu'on débat de sujets mis sur le plan politique et médiatique par l'extrême droite ? Est-ce qu'à un moment donné, on atteint le stade ultime, comme on dit, de la normalisation de ces sujets-là ? Et voilà, après, c'est une question aussi de stratégie politique, etc., mais en fait, c'est la question,

23:47
Richard Ramos

c'est très légitime, ce que vous dites. Moi, je vais donner des exemples. Quand on est, je ne vais pas rentrer dans le détail de comment c'est compliqué de faire venir un migrant de façon régulière, en France. Mais par exemple, quand vous avez, ici, dans ce quartier-là, on est dans le 20ème, comme partout, des gens qui, avant la loi immigration, avaient travaillé, avaient des fiches de paye, quelques fiches de paye, et voulaient pouvoir récupérer les papiers parce qu'ils n'en avaient pas. C'était à la demande de l'employeur. D'accord ? Ça, c'est avant la loi qui était dans l'hémicycle. OK ? Ça veut dire quoi ?

Vous croyez que l'employeur, quand il paye quelqu'un 300 balles à faire 11 heures par jour, il va, lui, faire la demande pour que le type soit régularisé ou la fille soit régularisée ? La réponse est non. Aujourd'hui, après le texte de loi, la demande de régularisation, ce n'est plus l'employeur qui l'a fait, mais c'est l'employé. Et donc, il y avait des choses dans cette loi, et vous avez raison, qui était notamment la préférence, on sentait ce vent de préférence nationale. On le sentait bien. Oui, mais il y avait plein de choses auxquelles... Il y avait combien d'articles sur cette proposition de loi ?

24:59
Locuteur 1

Je ne sais pas. Il faut la lire.

25:01
Richard Ramos

Non, mais attendez. Je ne suis pas parlementaire. Vous êtes citoyenne, vous me posez des questions. Je ne sais pas. Vous me posez des questions. Oui, mais à partir du moment... Vous me posez des questions avec des postures politiques. Moi, je regarde... Non, pas du tout. Mais je n'ai pas de sujet. Je regarde texte par texte. Moi,

25:16
Locuteur 1

je vois un projet de loi qui prévoit la préférence nationale. Je n'ai pas envie de regarder le reste pour être complètement honnête avec vous.

25:20
Richard Ramos

Voilà. Vous n'êtes-y pas parlé en termes d'opportunité politique, de climat politique ? Là, je peux vous donner raison. Parce que d'un point de vue général politique, ça donnait l'impression que certains, et on peut me mettre dedans, auraient voulu courir sur les idées du Front National.

25:34
Locuteur 1

Voilà,

25:35
Richard Ramos

c'est exactement ça. Ça, c'est vrai. Mais dans... Pardon, moi qui suis... Pardon, je fais beaucoup de dossiers de migrants parce que tout est fait pour qu'on les rejette. Dans ce texte de loi, mes amendements, si vous allez regarder mes amendements, c'était que des amendements qui permettaient à des migrants soit de venir plus vite ici, de venir mieux, notamment des étudiantes, ou à des gens qui étaient ici, de mieux les régulariser.

25:58
Présentateur

Est-ce qu'ils ont été votés, ces amendements ?

25:59
Richard Ramos

Ah ben, on n'a pas pu, puisqu'il y a eu une demande de rejet. On n'a pas pu débattre. Ah oui, c'est vrai. Mais... Excusez,

26:05
Locuteur 2

vous n'avez pas du tout voté la loi, si on n'a pas pu.

26:08
Présentateur

Non, il n'y a pas eu de vote. Lors du dernier remaniement, François Bayrou a fait un coup de sang. A fait un coup de sang et il a fait savoir, publiquement, qu'il était en désaccord avec la droitisation du gouvernement d'Emmanuel Macron, avec sa sarkoïsation. Qu'est-ce que vous pensez qu'a fait François Bayrou ? Est-ce que c'était une erreur pour vous ?

26:25
Richard Ramos

Ah ben non, moi-même, j'ai dit, pardon, chez vos confrères, dans d'autres plateaux télé, que ce gouvernement était devenu à droite. Je l'ai dit publiquement, dans plein de plateaux télé. J'ai dit, moi-même, a fait la proposition qu'on fasse une liste autonome aux européennes. Est-ce que vous voteriez la confiance

26:41
Présentateur

si elle était demandée par Gabriel Attal ?

26:43
Richard Ramos

Oui.

26:44
Locuteur

D'accord.

26:45
Présentateur

C'est difficile de vous suivre, M. Ramos. C'est difficile de vous suivre.

26:49
Richard Ramos

Mais moi-même, moi-même, des fois, je me suis parlé. On est plusieurs dans ma tête, c'est ça ? Moi-même, moi-même. Des fois, je me parle à moi-même et je ne suis pas d'accord.

26:57
Présentateur

D'accord. C'est particulier. C'est intéressant. On sent que vous avez des convictions profondes, on sent que vous savez où vous habitez. mais c'est difficile de vous suivre et de comprendre exactement quelle est la logique et quelle est la cohérence. Expliquez-nous.

27:09
Richard Ramos

C'est là où... Non mais... Vous avez le droit, je pourrais vous faire de la novlangue, etc. Non, évitez, s'il vous plaît. Il y a un certain nombre d'éléments auxquels, moi, par exemple, je pense qu'à l'intérieur de quelque chose, on peut se battre. On va avoir le président de la République qui, a priori, ne peut pas se représenter. J'étais tout à l'heure avec François Bayrou, j'ai l'impression qu'il a envie d'y aller.

27:29
Présentateur

Non, non. Vous le voyez tous les jours. Comment ? Pas tous les jours, mais j'y étais tout à l'heure. Si vous avez le choix entre Ruffin et Bayrou, vous êtes à qui ? Ah, ça, c'est bien. Elle est dure, celle-là.

27:37
Locuteur 2

C'est une bonne question. Est-ce que vous vous faites exclure du groupe ? Comment ? Vous allez avoir des problèmes avec votre groupe, là, parce que... J'en ai régulièrement.

27:44
Présentateur

Est-ce que vous avez des problèmes avec le gouvernement ? Est-ce que vous avez des problèmes avec le groupe ? Vous êtes engueulé souvent ? Ah, bah oui.

27:49
Richard Ramos

Vous êtes l'électron libre, incontrôlable ? Exactement. Moi, on me convoque, on me convoque, on m'engueule, on me dit tu peux pas parler comme ça. Alors, au début, c'était drôle parce qu'on me convoquait des fois à Matignon pour m'engueuler et alors on me disait t'es un garçon quand même à haut potentiel, donc il faudrait quand même que tu polices ton discours. En gros, ça veut dire... Vous êtes HP ? C'est ça ? Voilà. En gros, ça voulait dire ferme ta gueule et peut-être qu'un jour tu seras secrétaire d'État au Choufarsi. En fait, c'est ça que ça veut dire.

28:20
Présentateur

Vous n'avez pas accepté le macaron.

28:22
Richard Ramos

Non mais, tout ça, pardon, mais vraiment, là par contre, je n'ai pas besoin de chercher longtemps, ça ne m'intéresse pas. Ce qui m'intéresse, moi je suis un parlementaire, c'est quand j'ai une loi, quand j'ai un texte, de ne pas trop regarder qui le fait, est-ce que c'est bon pour les Français ou pas ?

28:36
Locuteur 5

Usul ? Est-ce que la montée de l'extrême droite et l'arrivée potentielle, parce que finalement, dire qu'on pourrait travailler avec le RN d'une manière ou d'une autre, c'est peut-être aussi finalement s'adapter à ce qui risque d'arriver, ça vous inquiète ? Gardella d'une Marine Le Pen d'ici 2027. Il y a une membre de votre parti qui a dit une fois que, mine de rien, le wokisme l'inquiétait beaucoup plus que Zemmour. C'était Sarah El Haïry, ça. Sarah El Haïry, du Modem. Est-ce que vous êtes de ceux-là que finalement, l'extrême droite inquiète moins que le wokisme ?

29:10
Richard Ramos

Mais moi, demain, il y a François Ruffin ou Mélenchon face à Le Pen, je vois de Ruffin-Mélenchon.

29:15
Locuteur 5

D'accord.

29:16
Richard Ramos

Je n'ai pas un millième de seconde d'hésitation. C'est mon combat. C'est pour ça que c'est compliqué. Vous avez votre fonction et votre personne. Donc oui, ça me hante tous les jours de penser que ces gens-là peuvent arriver au pouvoir. Ça me hante tous les jours.

29:29
Locuteur 5

Alors comment il faudrait faire pour combattre, repousser cette éventualité ? Il faudrait que Mélenchon

29:36
Richard Ramos

et Ruffin se mettent d'accord. Comme ça, il y aurait au moins 15 candidats à gauche. Je ne suis pas sûr

29:40
Présentateur

qu'ils soient d'accord

29:41
Richard Ramos

sur ce point-là précisément. Non mais vous me posez la question technique. La politique, c'est aussi ça. Mais vous attendez

29:46
Présentateur

que la gauche se démerde et se rassemble

29:48
Richard Ramos

et que vous la rejoindrez ? Non mais moi, je suis pour un... Je suis... Mais moi, je l'ai dit, si c'est au deuxième tour, il y avait ça. Et puis je pense que derrière, il faut mettre des idées qui nous permettent d'être plus efficaces qu'eux. Je veux dire, on va prendre le débat à Tal Gabardella. D'accord ? Vous l'aviez vu sur France 2 ? Oui, j'ai vu bien évidemment. Là, je vais encore me faire des amis. Vous avez Gabriel Attal qui arrive sans fiche. Vous lui donnez un chiffre, il vous le recorrige à la virgule près et il vous explique pendant tout le débat pourquoi vous avez tort d'être malheureux, pourquoi vous devriez être heureux parce qu'on a bien fait.

Je vais même vous le prouver avec les chiffres. Et dans la presse parisienne, les intelligents parisiennes, ils ont dit qu'il a gagné le débat. alors que le peuple français a plutôt dit que c'était Bardella. Pourquoi ? Parce que Bardella, il s'est retourné en gros pour faire simple et il a dit alors vous êtes heureux le peuple français ? Cette fameuse arrogance. Et l'arrogance. Cette arrogance. Et quand je dis sur un autre plateau télé que Véran est la verrue du gouvernement et qu'il confond... Elle n'était pas très fine celle-là. Oui, mais des fois je ne suis pas très fin. On l'avait remarqué.

31:00
Présentateur

On l'avait remarqué.

31:01
Richard Ramos

Je vous le concède parce que il croit que la pédagogie c'est expliquer aux Français je sais, tu ne sais pas tu es un con je vais t'expliquer pourquoi j'ai raison. C'est pour ça que le gouvernement... Un peu plus d'humilité c'est ça ? Oui, et puis à la fois de l'humilité et on ne peut pas faire en forçant les choses aux Français. Il faut faire avec les gens. Voilà. Et donc ça c'est une arrogance

31:26
Locuteur 2

que je n'aime pas. Émilie.

On n'a pas à Bardella et justement dimanche ce sont les européennes et il peut y avoir des gens très différents au modem mais normalement il y a un truc qui rassemble les gens au modem c'est l'Europe et voire même un projet un peu fédéraliste le modem c'était allié à l'UDI je crois en 2014 ils avaient lancé leur propre liste donc peut-être que vous auriez voulu ça et quand on lit le programme de Valérier ou quand on l'écoute bon évidemment c'est pro-Europe mais on se dit qu'en termes d'inspiration de pas nouveau dans l'intégration européenne je ne parle même pas de fédéralisme c'est un peu timide qu'on se dit il n'y a pas une poussée une énergie vers plus d'Europe qui donne envie ou un projet qui donne envie est-ce que vous avez cette impression-là est-ce que vous avez par exemple en matière d'alimentation un sujet européen qui donnerait un peu envie d'Europe oui mais pardon envie d'Europe

32:20
Locuteur 5

je crois que c'est Glucksmann ça

32:21
Locuteur 2

oula je ne veux pas c'est réveiller l'Europe

32:25
Présentateur

c'est réveiller l'Europe non vous inquiétez pas pas de problème

32:28
Richard Ramos

quasiment 70% de ce qui se passe sur l'alimentation c'est les textes européens je veux dire quasiment donc évidemment que j'aimerais qu'il y ait plus d'Europe évidemment que ça m'est arrivé d'aller à Bruxelles j'ai aussi rencontré Glucksmann j'ai échangé donc oui j'aurais aimé cette affaire-là pour vous dire quelque chose auquel on évolue et ça va paraître encore une fois assez particulier plus je vieillis plus moi je suis pour une Europe fédérale plus je me dis il faut une Europe des nations une vraie Europe le vocabulaire est bizarre parce que du coup

33:08
Présentateur

c'est deux idées très différentes entre l'Europe fédérale et l'Europe des nations

33:10
Richard Ramos

là j'étais sur mes secteurs de l'alimentation en fait je vais vous donner un exemple moi je pense qu'il ne faut pas mettre ça va vous paraître loin mais on parlait bien d'alimentation l'Europe veut que tous les fromages aient le même goût et l'Europe a envie par exemple de mettre du lait pasteurisé dans toutes les AOP européennes moi je pense que mon fromage en France et même en France quand je divise les territoires français un lait cru d'alpage n'a pas le même goût qu'un lait qui est en bas et donc quand je dis au sens de la nation et du goût national ou régional

33:48
Présentateur

la diversité dans l'Europe c'est la diversité dans l'Europe

33:51
Locuteur 1

j'ai une question qui est liée à ça alors pourquoi vous n'avez pas tenu cette idée d'avoir une liste centriste aux européennes parce que vous aviez plaidé pour ça et pourquoi vous n'y êtes pas allé finalement

33:59
Richard Ramos

parce que je ne suis pas assez puissant je l'ai dit mais il y a plein

34:03
Locuteur 1

de petits partis qui se lancent qui ont leur liste il y a 38 candidats enfin 38 listes pardon

34:10
Richard Ramos

ouais mais à la fin pardon est-ce qu'à la fin ils impacteront quelque chose est-ce qu'ils seront utiles je ne crois pas non plus je veux dire moi je vous assure plus sué en étant dans la majorité présidentielle et en les faisant perdre aux banques si j'étais sur un parti qui fait 2% c'est pas faux

34:25
Locuteur 5

vous essayez de les faire perdre souvent ah oui ah oui vous avez des amendements

34:29
Richard Ramos

j'y prends un certain plaisir mais comment est-ce que vous ne vous faites pas virer du groupe alors ça ils essaient oui oui ils essaient on m'a dit il n'y a pas longtemps quelqu'un c'est important on m'a dit mais barre-toi si tu n'es pas content ah mais non oui d'accord

34:49
Locuteur 2

je crois barre-toi je suis là oui mais des fois il y a des groupes qui excluent leurs députés tellement ils en ont marre mais

34:54
Richard Ramos

c'est compliqué parce que quand vous défendez des convictions moi je pense qu'on peut me prendre à défaut d'être excessif on peut me prendre à défaut parce que je peux me tromper c'est compliqué de me prendre à défaut d'insincérité c'est vrai et donc on peut même me prendre à défaut dans des contradictions parce que quand on vote quelque chose c'est très intéressant je ne reviens pas sur la loi d'immigration mais c'était compliqué pour moi très compliqué je vous assure que je m'occupe beaucoup de migrants je ne veux pas rentrer dans parce que vous ne verrez pas grand chose sur les réseaux sociaux mais vous n'avez que trois boutons pour voter pour pour être des textes compliqués pour contre ou au milieu j'ai pas de courage que vous appelez abstention c'est peu pour résumer une pensée vous voyez ce que je veux dire et donc il y a des textes il y a des textes où c'est très compliqué parce que moi je voyais des avancées possibles

35:55
Présentateur

il y a les amendements quand même

35:56
Richard Ramos

comment ? oui il y a les amendements

35:57
Présentateur

quand il y a débat quand il y a débat quand il n'y a pas sur la loi d'immigration il n'y a pas eu de bar

36:01
Richard Ramos

des communistes vous demandez à André Chassaigne il paraît que je vais être l'invité d'honneur à la fête de l'UMA d'André Chassaigne

36:07
Présentateur

on va se revoir alors ça fera plaisir j'ai une dernière question pour vous Richard Ramos vous avez proposé à l'Assemblée Nationale la transformation du groupe d'études franco-palestiniens en groupe d'amitié France-Palestine est-ce que vous êtes pour la reconnaissance par la France de l'état palestinien ?

36:22
Richard Ramos

bah oui voilà il y a trois mois à l'unanimité il y a trois mois j'ai été élu président du groupe d'études sur la Palestine pourquoi ?

parce que je suis allé plusieurs fois en Palestine à Laplouse avant les événements j'ai travaillé sur une école de femmes là-bas une école de cuisine je reçois des jeunes là il y a des jeunes qui vont arriver ce week-end des jeunes palestiniens j'ai accompagné des visas pour les palestiniens pour faire des études en France ce qui se passe avec la Palestine aujourd'hui est une honte c'est-à-dire que moi je ne suis pas du tout anti-israélien ce n'est pas le sujet mais on essaie d'invisibiliser ce qui est en train de se passer à Rafa et à Gaza et à l'Assemblée Nationale vous avez des groupes

37:06
Locuteur 5

que vous ne nommez pas comment ? que vous ne nommez pas comment ça ? vous dites ce qui est en train de se passer vous utilisez le terme génocide ou pas c'est tout un débat ouais je c'est pas intéressant

37:15
Richard Ramos

comme débat ? c'est pas le mien moi ce que ce que j'essaie justement là c'est d'amener et Émeric Caron qui a fait son film sur Gaza il a demandé à ce que j'accepte d'y venir j'y suis venu il a demandé à ce que le groupe d'études ça soit la groupe d'études ça paraît symbolique demande la salle ça veut dire que en demandant la salle ça veut dire que le groupe d'études soutenait la projection de ce film j'ai demandé la projection de la salle à l'Assemblée Nationale et ce n'était pas juste

37:45
Présentateur

vous êtes à la tête de ce groupe d'études

37:46
Richard Ramos

et vous voulez que ça devienne un groupe d'amitié parce que pour les groupes d'amitié en fait c'est des amitiés entre les parlements et les parlementaires des pays il y a trois critères pour devenir un groupe d'amitié au parlement avoir une représentation en France c'est le cas pour la Palestine puisque on a une ambassadrice avoir une représentation à l'ONU moi je considère que même s'ils ne sont pas membres ils sont observateurs donc ça se discute et deuxièmement il faut avoir un parlement un parlement mais à Palestine il y a un parlement les députés sont rémunérés le problème c'est qu'il n'est pas actif et il n'est pas actif pourquoi ?

parce que les israéliens bloquent les élections à Jérusalem et à Jérusalem Est et donc moi je pensais qu'il y avait deux critères au moins susceptibles d'être un groupe d'amitié et parce qu'on a également le groupe Québec qui n'a que deux critères et qui est quand même un groupe d'amitié au parlement j'en fais de la demande pourquoi également ?

parce que j'estime que pour pouvoir faire des choses notamment avec le groupe d'amitié éventuellement israélien je dois être au même niveau je ne peux pas être la Palestine ne peut pas être un sous-groupe si vous voulez qu'on dialogue qu'on fasse un colloque ensemble parce qu'on veut tous un territoire à deux états la reconnaissance de la Palestine je ne peux pas être un espèce de sous-truc vis-à-vis du groupe d'amitié israël ce sera décidé quand ? on a perdu deux voix il y a 15 jours on perd de deux voix qui est bloqué ? alors c'est terrible parce que évidemment l'extrême droite la droite et la présidente de l'Assemblée Nationale

39:27
Présentateur

Gaëlle Brunpivet

39:29
Richard Ramos

auquel j'ai dit moi que dans nos métiers qui n'est pas un métier nos fonctions nos fonctions doivent dépasser nos personnes même si nos personnes habitent nos fonctions Gaëlle Brunpivet elle a abandonné sa fonction et elle a fait voter sur sa personne et donc alors que sa mission de présidente de l'Assemblée Nationale c'est que la fonction dépasse la personne

39:52
Présentateur

merci beaucoup Richard Ramos définitivement inclassable merci