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interviewC à vous (sur YouTube)· 27 novembre 2024 52 min

Marine Le Pen : son avenir politique lié à son sort judiciaire - C à vous : l’intégral - 27/11/2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - A.-E.Lemoine: "C à vous", en direct jusqu'à 21h avec toute l'équipe.

Bonsoir à tous les cinq. Emilie, votre actualité? - E.Tran Nguyen: Aurons-nous encore un gouvernement à Noël?

Le président en douterait, malgré le démenti du gouvernement. - A.-E.Lemoine: Mohamed, votre story? - M.Bouhafsi: Après deux mois et demi de guerre ouverte entre le Liban et Israël, un cessez-le-feu est entré en vigueur ce matin.

Les plus grands dirigeants se sont exprimés. - P.Cohen: M.Le Pen sera fixée sur son sort judiciaire dans 4 mois.

Le procès des assistants européens s'est achevé aujourd'hui, après neuf semaines d'audience. - A.-E.Lemoine: Avec la plaidoirie de la défense, représentée ce soir par Maître R.Bosselut.

Merci d'avoir accepté notre invitation au terme de cette journée chargée. La plaidoirie a duré 3 heures 15. - L.Sénéchal: L'Académie française a mis à jour son dictionnaire et il y a des définitions qui sont racistes.

La Ligue des droits de l'homme demande aux Sages de revoir leur copie rapidement. - P.Lescure: Mon oeil va s'ouvrir et s'émerveiller devant la filmographie de R.Zemeckis.

L'institut Lumière lui consacre une rétrospective presque complète. Il a fait "Forrest Gump", ou encore "Qui a peur de Roger Rabbit?" - A.-E.Lemoine: Nous verrons donc tout cela, et nous prendrons le temps qu'il faut.

Nos invités seront L.Fabian, qui nous présente son 16e album. La nouvelle coqueluche Des daronnes épuisées, des femmes au bout du rouleau, représentées par M.Leonardi.

Elle fait rire avec le quotidien difficile d'une mère de famille qui continue à travailler. Et puis, on célèbre les 50 ans de la troupe du Splendid, avec un livre souvenir. "Le Splendid par Le Splendid - Nous nous sommes tant marrés".

Il est bien sûr dédié à M.Blanc. - B.Chameroy: Je vous confirme toutes ces informations.

Il y a également une vue du ciel de la recette de ce soir. Comment allez-vous préparer tout cela, chef? - A.Bondoux: Ce sera pour faire un petit clin d'oeil à notre belle région. - A.-E.Lemoine: A tout à l'heure.

Tout de suite, L'édito de P.Cohen. Le RN est engagé dans 2 batailles. - P.Cohen: Politique et judiciaire.

Leur simultanéité n'est peut-être pas une coïncidence, même si M.Le Pen s'en est défendue à la sortie de l'audience. Chacun a relevé son changement d'attitude à la suite des réquisitions qui menacent son avenir politique.

Contre les juges pour dénoncer un procès politique, et contre le gouvernement Barnier. Faute d'avoir considéré le RN, il mériterait d'être censuré. Et peut-être dès le début de la semaine.

Deux discours et deux événements qui placent M.Le Pen au centre du jeu. Mais son sort judiciaire et son avenir politique sont liés au lundi 31 mars, à 10h. - A.-E.Lemoine: Date à laquelle le tribunal correctionnel de Paris rendra son jugement. - P.Cohen: Il dira s'il suit ou pas, contre M.Le Pen, les réquisitions du parquet: 5 ans de prison, dont 2 aménageables, 300 000 euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité.

Cela s'appliquerait immédiatement, même en cas d'appel. Vous avez longtemps plaidé la relaxe cet après-midi. Je vais rappeler quelques points saillants de l'accusation et de la façon dont les procureurs avaient répondu par avance aux reproches de réquisitions outrancières, politiques, selon les propos de M.Le Pen à la sortie de la salle d'audience. - A.-E.Lemoine: C'est contre M.Le Pen que le parquet a requis les peines les plus lourdes. - P.Cohen: Pour eux, elle est la donneuse d'ordres d'un "système organisé, piloté par la direction du parti dans le but de servir ses intérêts et ceux de ses principaux dirigeants." Il s'agissait de renflouer les caisses.

Cela a été confirmé et amplifié par M.Le Pen lors d'une réunion de ses députés européens lors d'une réunion de ses députés européens le 4 juin 2014. L'un d'eux écrit au trésorier: "Ce que M.Le Pen demande équivaut à des emplois fictifs." W.De Saint-Just juste a répondu: "Marine sait tout cela." L.Aliot a touché 5000 euros par an pendant trois ans, pour un mi-temps.

Mais selon le RN, tous les parlementaires ont bien fait leur travail. Mais la question a déjà été tranchée par plusieurs juridictions, et par le même tribunal de Paris lors d'un précédent procès, celui des assistants du MoDem. Cela figure dans le dossier, mais le RN maintient des détournements pendant 12 ans, de 2004 à 2016.

Le parquet souligne le risque de récidive d'un parti déjà condamné pour détournement dans l'affaire de l'équipe de campagne de 2012. Il justifie ses demandes d'inéligibilité immédiate, au coeur de votre plaidoirie. Pour être efficace et avoir du sens, une peine doit intervenir dans un temps raisonnable.

Or, les faits ont duré 12 ans, selon les mots du parquet. L'enquête a duré 12 ans, à cause des 45 recours intentés par les prévenus pour tenter de torpiller la procédure. "Les prévenus ne sont pas victimes de la décision de justice, mais simplement responsable des faits qu'ils ont commis.

Des errements, des comportements qui ont été les leurs pendant toute cette instance." Nous ne sommes pas dans une instance politique, mais judiciaire, la loi s'applique à tous. - A.-E.Lemoine: Vous êtes d'accord avec cette phrase, Maître? - R.Bosselut: Bien sûr, monsieur Cohen n'était pas présent à ma réquisition, je le regrette.

Il aurait eu une réponse précise à tout ce qui a été avancé comme une vérité. - A.-E.Lemoine: Le droit s'applique à tous, sauf à une potentielle candidate à l'élection présidentielle? - R.Bosselut: La question de l'exécution provisoire pose un sujet.

Je vais au-delà de l'émotion sur un plan politique. Je suis un juriste. Elle n'est pas justifiée.

La période de prévention était la même pour le MoDem, elle est même supérieure. - P.Cohen: La durée a été moindre. - R.Bosselut: Pas du tout!

On a 2004-2017, et pour nous, 2004-2016. Le nombre était prévenu, c'est presque la même chose. Dans le MoDem, il y a eu un choix de ne pas poursuivre, un choix du parquet, les assistants.

Six assistants étaient concernés. Il y aurait eu le même nombre de prévenus. - P.Cohen: Rappelez-moi quel était le préjudice pour le MoDem? - R.Bosselut: 300 000 euros et quelques.

Là, ce n'est pas 4,5 millions. C'est issu d'une extension de la prévention demandée par le parquet en cours de procès. Le préjudice est de 3 millions, c'est une différence objective.

Sur les trois législatives confondues, nous avions 17 élus pour le MoDem. Pour le RN, il y avait 33 ou 34 élus. Il y avait davantage de contrats. - A.-E.Lemoine: Il y a deux poids, deux mesures. - P.Cohen: Si vous comparez avec le MoDem, c'est que vous vous attendez à des condamnations. - R.Bosselut: La poursuite a été faite par le parquet, uniquement contre le RN.

Le MoDem est une victime collatérale de quoi? Pas d'une poursuite du Parlement. Le Parlement n'a pas poursuivi le MoDem.

Il a poursuivi uniquement le FN. Certains députés ont dit: "Ce que nous faisons, tous les partis minoritaires le font." Le Front de gauche et le MoDem, d'ailleurs.

Il y a donc eu une poursuite un peu forcée du MoDem et du Front de gauche. Mais ce qui est reproché au MoDem, ce qui est exactement la même situation que pour le FN, c'est aussi injuste pour les trois. C'est ma conviction. - A.-E.Lemoine: Vous dénoncez ce procès. - R.Bosselut: Je dénonce un procès politique fait au RN, au Front de gauche et au MoDem.

Encore une fois, celui qui était visé, c'était le FN. Pendant des années, il y a eu une façon d'exercer, un usage de l'activité parlementaire qui n'a jamais posé problème. - P.Cohen: Vous vous opposez au règlement du Parlement. - R.Bosselut: Non, il est extrêmement taisant et évolutif. - P.Cohen: Article 62: "Les montants versés en vertu des présentes mesures sont exclusivement réservées au financement des activités liées à l'exercice des députés et ne peuvent couvrir les frais personnels des financiers ou des dons à caractère politique." On ne peut pas être plus clair. - R.Bosselut: Je le connais parfaitement.

Mais cet article n'est pas l'interprétation que vous semblez lui donner. Le fait de payer un assistant parlementaire, qui fait de la politique avec son député européen, élu, sur une liste de parti français en France, consacrerait une subvention? Ce n'est pas le sens d'une subvention.

Consacrer un don? Ca n'a strictement rien à voir. Vous ne pouvez pas, avec l'enveloppe donnée aux députés européens, faire une subvention pour un parti ou faire un don.

Ce n'est pas tout à fait la même chose. - A.-E.Lemoine: Le rappel a été ignoré pendant 12 ans. - R.Bosselut: Je ne sais pas où vous sortez un rappel. - A.-E.Lemoine: C'est dans le dossier. - P.Cohen: Une lettre de septembre 2012. - R.Bosselut: Elle n'a pas été évoquée pendant les débats, mais on va étendre les débats du tribunal.

Ils n'ont jamais parlé de cette lettre. - A.-E.Lemoine: Elle n'était pas dans le dossier? - R.Bosselut: Non, mais vous êtes un super procureur.

Vous avez raté votre vocation. Ce que je veux dire, c'est très simple. Ce n'est ni complotiste ni absolument excessif.

Il y avait une pratique de l'activité parlementaire qui était pratiquée au vu et au su des services du Parlement, qui travaillait avec chacun des groupes, dont le RN. Du jour au lendemain, un certain O.Scholz, président socialiste du Parlement européen, a décidé que ce n'était plus la règle.

Il a donc décidé que ce qui a été pratiqué pendant des années de façon non clandestine et totalement ouverte devait subitement recevoir une dimension frauduleuse. C'est ça, le point de départ du dossier. Le parquet français, saisi de faits identiques, peut difficilement, sauf à apparaître très partial, ne pas poursuivre les autres.

Mais c'est un mauvais procès qui est fait à la politique. Avec des lunettes d'aujourd'hui et une bonne dose de morale, il n'y a rien d'extraordinaire. - A.-E.Lemoine: Vous nous expliquez que la justice française a condamné le MoDem et le Front de gauche pour pouvoir condamner M.Le Pen. - R.Bosselut: Non.

Chronologiquement, c'est le FN qui a été poursuivi pour des raisons de péripéties judiciaires. Le MoDem est passé devant une juridiction avant que le FN y passe. - P.Cohen: A cause des recours qui ont été déposés. - R.Bosselut: Les 45 recours...

Pour ma cliente, j'en ai fait 4, ils ont tous été refusés. Ce n'est pas très glorieux pour moi. Je suis un avocat, je pense exercer la défense.

Si on me dit que défendre et exercer des recours ouverts par la loi est une circonstance aggravante, il faut nous l'expliquer. - P.Cohen: On fait valoir leur droit au silence quand on est juge. - R.Bosselut: Il a mis plus de 19 mois à apprendre son propre réquisitoire.

Tout le monde a sa part de responsabilité. En se défendant, je ne suis pas dilatoire. - A.-E.Lemoine: Vous avez aussi dénoncé et qualifié ces réquisitions "d'armes de destruction massive du jeu démocratique pour M.Le Pen." En quoi la justice doit-elle être comptable des effets dans la vie démocratique?

M.Le Pen les conteste. - R.Bosselut: Quand j'ai dit cela, j'ai dit en plaidant que j'enlevais ma robe et que je faisais état de propos de citoyens.

J'ai remis immédiatement ma robe. L'exécution provisoire réclamée est un scandale sur un plan juridique. - A.-E.Lemoine: Vous ne l'aviez pas envisagée dès le départ? - R.Bosselut: Evidemment qu'on le savait.

J'envisage tout, mais j'attends de connaître les réquisitions du parquet pour y répondre. Je ne vais pas envisager et évoquer une exécution provisoire tant qu'elle n'est pas requise. C'est un scandale, car toutes les autres formes d'exécution provisoire, comme le mandat de dépôt différé...

Je prends l'affaire P.Palmade. Cela permet une mise en oeuvre de détention, mais avant que le fond ne soit évoqué par la cour d'appel, qu'il puisse faire des demandes de liberté, d'aménagement....

Par exemple, un bracelet. Là, nous sommes dans une situation où la peine complémentaire d'inéligibilité fait l'objet d'une exécution provisoire, alors qu'il n'y a aucun recours contre cela, sauf d'attendre l'appel. Mais il est déjà consommé.

C'est un problème d'accès à la justice, à un recours effectif. - P.Cohen: Faudrait-il changer la loi? - R.Bosselut: Il faudrait qu'il soit ouvert. - P.Cohen: Il y a eu au moins deux dizaines d'élus qui ont subi la même chose.

H.Falco à Toulon, et d'autres maires de moindre importance. Quand c'était vos adversaires, vous n'avez jamais réagi. - R.Bosselut: Ce ne sont pas mes adversaires, je suis avocat.

Je ne me réjouis pas qu'un justiciable n'ait pas de recours. - P.Cohen: Maintenant que vos clients sont concernés, considérez-vous qu'il faut changer la loi? - R.Bosselut: Je pose une question au tribunal.

On a une situation, à mon sens, On impose une exécution provisoire contre laquelle il n'y a aucun recours. Ca pose une vraie question. De la même façon, si vous êtes condamné en étant prévenu à des dommages et intérêts ou une peine de publication civile, vous avez un recours contre cette exécution provisoire.

Pourquoi on ne l'a pas pour une peine plus grave, d'interdiction, de "mort politique"? - A.-E.Lemoine: L'avocat que vous êtes trouve-t-il normal que le RN ait lancé une pétition en déclarant que c'était une ingérence manifeste au mépris de la séparation des pouvoirs? - R.Bosselut: Les partis politiques font de la politique.

Moi, je fais du droit. Il y a une situation assez extraordinaire. La peine d'exécution provisoire, on ne la décide pas un jour en se levant et en se disant: "Tiens, pourquoi pas?" Elle est justifiée par le caractère dilatoire.

L'ancienneté des faits, ça ne vaut rien. Ce sont des réquisitions du parquet qui ont poursuivi des faits lancés en 2018, et même jusqu'en 2004. - P.Cohen: C'est une réitération d'attaques précédentes. - R.Bosselut: Dans le dossier Jeanne, il n'y a pas M.Le Pen. - P.Cohen: Non, mais le RN a été condamné.

C'est le même parti. - R.Bosselut: Il y a une personne morale et des personnes physiques.

Il n'y a pas de réitération. La seule qu'on essaie d'empêcher avec cette exécution provisoire, c'est la possibilité pour M.Le Pen de se représenter à la présidentielle.

Ce n'est pas très juridique, pour moi. - E.Tran Nguyen: Le jugement de ce procès sera connu le 31 mars.

Elle s'est dite "de retour à 100 %." Elle a souligné que ce procès n'aurait pour l'instant aucune conséquence politique. - M.Le Pen: Il n'y a aucune conséquence politique au fait d'attendre le résultat d'un jugement.

Si j'ai pu lire de ci de là des analyses indiquant que les choix politiques que j'ai à faire comme cheffe et présidente de groupe à l'Assemblée nationale serait impactés par ce délai, je tiens à vous rassurer tout de suite: c'est totalement faux. Je ferai ce que j'ai à faire dans le cadre de la défense des Français. Ce procès qui intervient n'entre aucunement en considération. - E.Tran Nguyen: Jusqu'au 31 mars, la vie politique de M.Le Pen reprend son cours normal? - R.Bosselut: C'est ce que j'ai compris en l'écoutant, car je n'étais pas là au moment de cette déclaration. - E.Tran Nguyen: Elle pourrait toujours faire appel.

Un procès pourrait se rapprocher de l'échéance de l'élection présidentielle. - R.Bosselut: C'est un risque à prendre.

L'appel est indispensable. - A.-E.Lemoine: Se fait-elle vraiment des illusions sur l'issue de son procès?

Le 5 novembre, elle avait déclaré: "J'ai l'impression qu'à maintes reprises, votre opinion était déjà faite." Le tribunal s'est-il déjà fait une opinion? - R.Bosselut: C'était le but de ma plaidoirie.

Si d'aventure une opinion était en cours dans l'esprit des magistrats, qu'ils puissent changer d'avis. Ce qui est certain, c'est qu'il y a, dans ce dossier, depuis le début, un biais cognitif. On s'est inscrits dans une logique de présenter les faits uniquement sous la lecture du Parlement européen.

On a prouvé aujourd'hui, dans ma plaidoirie et celle de mes autres confrères, qu'il y a plein de mails qui prouvent que tout cela a existé. Il y a une vraie discussion. Les choses ne sont pas manichéennes sur le thème des méchants députés du RN qui pilleraient "la vache à lait de l'Europe." Ca n'a strictement rien à voir.

On est en présence de députés. C'est un peu technique, mais c'est la réalité. Des députés qui étaient dans un groupe de non-inscrits.

Or, quand vous êtes au Parlement européen, vous ne pouvez pas adhérer à un groupe. Vous ne bénéficiez pas d'un staff. Quand vous avez un staff, vous avez pléthore de salariés qui viennent gérer vos intérêts.

Quand vous êtes un petit groupe, même un grand groupe, mais que vous ne pouvez pas être un groupe à vous seul, car il faut 25 députés et 5 nationalités, vous fonctionnez comme un groupe de fait, en ne respectant pas toujours, c'est vrai, les prescriptions formelles imposées. Est-ce que pour autant ça fait de vous quelqu'un qui détourne les fonds européens? Non.

Vous êtes peut-être en délicatesse avec certaines règles, la procédure a été mise en oeuvre. Le Parlement en a usé et abusé, mais ça ne fait pas de vous un délinquant au titre d'un détournement de fonds publics. - A.-E.Lemoine: Merci, maître R.Bosselut. - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'un cessez-le-feu attendu depuis un an.

Les Libanais ne se sont pas réveillés sous les bombardements ce matin. Un accord a été trouvé hier pour un cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël. Un engagement attendu par les présidents Macron et J.Biden depuis plusieurs mois. - M.Bouhafsi: Le Hezbollah doit se retirer de la frontière sud avec Israël et remonter au nord du fleuve.

Israël dispose de 60 jours pour se retirer progressivement du pays. Hier, le Premier ministre libanais semblait poser un ultimatum pour un départ rapide des troupes israéliennes. Malgré les 3823 morts selon les autorités libanaises, et le décès d'H.Nasrallah il y a deux mois, les miliciens semblaient vivre ce cessez-le-feu comme une victoire.

Klaxons. - M.Bouhafsi: Les stigmates des bombardements restent bien présents.

Ces obus n'ont pas explosé à Beyrouth. Ces restes d'explosifs jonchent les rues. L'armée exhorte la population à ne pas s'en approcher.

Des stigmates psychologique, aussi. Depuis le 7 octobre, les hostilités avaient enchaîné avec des déplacements de 1 million de Libanais. Ils étaient à nouveau sur les routes ce matin.

Certains ont pu retrouver leur maison. - L.Sénéchal: En Israël, autre son de cloche.

Malgré le retour de milliers de soldats déployés dans le Sud-Liban, l'état d'esprit des habitants oscille entre soulagement et scepticisme. - M.Bouhafsi: Est-ce que ce cessez-le-feu va durer?

C'est la question qui inquiète les conseillers diplomatiques français et américains. Pour F.Encel, tout est réuni pour que les combats cessent. - Je suis très optimiste sur le cessez-le-feu conclu.

On a un rapport de force écrasant face à Israël. Il n'y a pas de raison pour qu'Israël le transgresse. On imagine mal aujourd'hui le Hezbollah et le Liban transgresser un cessez-le-feu.

Cela vaudrait des représailles d'Israël dont ils savent qu'elles seront d'autant plus lourdes qu'à partir de janvier, le président américain sera D.Trump. - M.Bouhafsi: L'agence rapporte ce soir que 2 journalistes libanais ont été blessés aujourd'hui par des tirs israéliens alors qu'ils couvraient le retour d'habitants dans le sud du pays. "Il était clair que nous étions des journalistes", a déclaré l'un des journalistes blessés.

On a appris aujourd'hui qu'Israël fait appel du mandat d'arrêt de la CPI contre B.Nétanyahou. - A.-E.Lemoine: Merci beaucoup. - P.Lescure: Autre procès, celui des viols de Mazan.

Des peines de 4 à 20 ans de prison ont été requises contre les 51 accusés. S.Babonneau, votre confrère, avocat de G.Pelicot, s'est exprimé. - Ces réquisitions ne sont pas faites au nom des victimes ni pour les victimes, mais au nom de la société tout entière.

Madame Pélicot l'a expliqué au début de ce procès. Elle a souhaité ouvrir les portes de cette audience afin que le procès soit utile à la société et qu'il permette de comprendre les causes qui avaient amené à ce qu'une affaire comme ça puisse exister, mais également à une meilleure compréhension pour éviter que de tels faits se reproduisent. - P.Lescure: Au-delà des réquisitions, G.Pelicot est devenue un véritable symbole au-delà des frontières françaises.

En témoigne cette une du magazine de la version allemande de "Vogue". Avez-vous le sentiment, au-delà du droit, que ce procès peut faire évoluer les consciences? - R.Bosselut: Oui, franchement.

Ce qui m'a le plus frappé, c'est le choix fait Par madame Pelicot de renoncer au huis clos. Je fais un parallèle avec des dossiers que je traite habituellement, qui sont des dossiers de victimes de sectes. Pendant des années, ces victimes de sectes ne voulaient pas être exposées et demandaient le huis clos pour un certain nombre de délits et d'infractions.

C'était la poursuite de l'emprise. Là, je trouve que la force et le courage d'avoir accepté que ce soit public met un terme à cette emprise, qui pouvait perdurer, se poursuivre au travers de l'enceinte judiciaire. Je pense qu'il y a un avant et un après Mazan. - A.-E.Lemoine: La question n'est plus tellement "si", mais "quand"?

A quelle date le gouvernement de M.Barnier pourrait-il tomber? Avant Noël?

Une question faussement innocente du site d'info TF1. "Le gouvernement va tomber plus tôt qu'on le pense", c'est l'Elysée qui l'affirmerait selon"Le Parisien". M.Barnier était dans le 20 heures de TF1 hier soir. - M.Barnier: J'ai envie de parler aux Français et de leur dire que le moment est très grave.

C'est le vote du budget de la nation qui est en cause et qui conditionne toute la vie des communes, de l'Etat, des hôpitaux. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, T.Soulié.

Vous êtes grand reporter au service politique du "Parisien". Vous avez mis le feu à l'Elysée en publiant hier des indiscrétions d'E.Macron.

Des propos qui ont été démentis par l'Elysée, mais que vous maintenez. Le démenti de l'Elysée est assez inhabituel. Ils ont publié une capture d'écran du passage de votre article, qu'ils désapprouvent.

Qu'est-ce que ça veut dire? Ca en dit long sur la fébrilité au sommet de l'Etat? - T.Soulié: C'est la première fois que ce compte Twitter de l'Elysée, suivi par des millions de personnes en France, dément des informations d'un journaliste en France.

Le démenti est assez rapide et ferme. Pour vous raconter les coulisses, c'est le président lui-même qui a demandé à ses équipes de faire un démenti après ses propos. Quand l'information est tombée sur le site du "Parisien", à l'Elysée, parfois, certains n'étaient pas au courant. "Vous êtes sûr de vous?

C'est une bombe, ce que vous dites." J'ai répondu que j'étais sûr de moi. Ils vont voir le président, qui leur dit: "C'est inacceptable.

Je veux un démenti." Son entourage est plutôt frileux à l'idée de faire un démenti à ce moment-là, considérant qu'en France, la liberté de la presse a encore un sens. Le président dit même: "Si vous ne le faites pas, je le fais avec mon compte perso." Je comprends pourquoi il dément. - A.-E.Lemoine: Ca ruine sa stratégie politique. - T.Soulié: Exactement.

Ca veut dire que le président mise sur l'échec de M.Barnier, son Premier ministre, qu'il a nommé en pensant qu'il pouvait rester longtemps. On vient contrecarrer sa stratégie politique. - A.-E.Lemoine: Ces propos auraient été tenus lundi midi avec des convives, lors d'un déjeuner, à l'Elysée.

Le président veut se placer au-dessus de la mêlée et a parlé de politique nationale et de l'avenir qui semble contrarier M.Barnier. A-t-il commencé à chercher un Premier ministre? - T.Soulié: Officiellement, non.

Selon la musique du moment, il n'a pas encore réfléchi à qui il pourrait mettre. Des noms circulent en coulisse, mais seulement depuis quelques jours, avec la prise de parole de M.Le Pen à Matignon qui dit: "En l'état, on censure." - A.-E.Lemoine: M.Le Pen, plus que jamais, a envie d'appuyer sur le bouton de la censure? - T.Soulié: Oui, et ce, pour plusieurs raisons.

Les réquisitions ont été dures. Il y a une volonté de mettre les projecteurs ailleurs que sur son procès. Elle a aussi vu les sondages ce week-end qui disent qu'une majorité de Français veut que le gouvernement Barnier tombe. 2/3 des électeurs RN disent qu'il faut que le gouvernement tombe.

Comment pourrait-elle expliquer, fin décembre, qu'elle a laissé ce gouvernement perdurer alors que ses électeurs n'en veulent pas? - A.-E.Lemoine: Est-ce que cette censure du gouvernement Barnier est inéluctable? - T.Soulié: Il reste encore une possibilité: qu'il renonce aux 3,4 milliards d'euros de la taxe de l'électricité.

Pour l'instant, il ne veut pas. Il pourrait faire une concession, mais il ne veut pas. Est-ce que cela suffira à M.Le Pen pour ne pas appuyer sur le bouton rouge?

Je pense qu'on vit depuis 2 jours une sorte de bascule. Il y a plein de faits qui se regroupent. On voit que M.Barnier appartient quasiment au passé.

M.Le Pen, aujourd'hui, est condamnée à le censurer, car ses électeurs le veulent, et dans les sondages, les Français le veulent a priori également. - P.Cohen: Il est possible que M.Barnier renonce à la surtaxe sur l'électricité, mais ça ne sera pas seulement un cadeau pour le RN.

Tous les groupes politiques le réclament. - A.-E.Lemoine: Elle veut un cadeau qui lui soit destiné, qui lui soit propre. - P.Cohen: L'effet produit ne serait pas un simple cadeau à l'égard du RN. - T.Soulié: Tous les groupes le demandent.

Si c'est prononcé, ce sera un cadeau à M.Le Pen pour obtenir la non-censure après. - A.-E.Lemoine: En cas de censure, il faudrait voter une loi spéciale pour reconduire le budget 2024, mais qui ne tiendra pas compte de l'inflation.

Ce serait donc sans revoir les barèmes sur l'impôt sur le revenu, avec le risque que les impôts augmentent pour tout le monde. Ca peut peut-être retourner l'opinion? Les électeurs du RN ne seront pas d'accord. - T.Soulié: L'argument de M.Barnier, c'est de dire: "Si on reconduit le budget, il est moins favorable aux Français que le futur budget que je vous propose." Il a martelé ça hier soir, à la télévision.

Ce serait moins de pouvoir d'achat pour les Français, des impôts qui augmentent. S.Lecornu dit que si c'est reconduit, "je n'ai pas ces 3 milliards d'euros supplémentaires pour les armées." Ils vont essayer dans les prochains jours de dire: "Vous voulez reconduire le budget.

Il y a ça et ça en moins. A vous de voir." - A.-E.Lemoine: Est-ce que Matignon a commandé des censures pour savoir s'il faut censurer ou pas le gouvernement? - T.Soulié: Pas besoin, car il y aura beaucoup de sondages dans les prochains jours.

On dit M.Barnier beaucoup plus tendu qu'il y a quelques semaines. Il y a quelques semaines, ses proches disaient qu'ils n'allaient jamais censurer. "M.Le Pen veut apparaître comme responsable pour 2027.

Elle ne le fera jamais." Depuis 2 jours, le ton et les mots ont radicalement changé. - P.Cohen: Ceux qui veulent censurer ne savent pas ce qu'ils feront le jour d'après.

C'est un problème. - A.-E.Lemoine: Personne ne sait. - T.Soulié: Si M.Barnier est censuré, il y a plusieurs possibilités.

E.Macron peut le renommer. Au vu du caractère de M.Barnier, un peu orgueilleux, et encore, c'est un euphémisme, il dirait non.

S.Lecornu, F.Bayrou, sont d'autres noms qui circulent.

On voit que personne ne réglerait le problème. - A.-E.Lemoine: J'ai une idée pour E.Macron.

C'est une candidate spontanée au titre de Premier ministre. - S.Royal: Il n'y a aucune raison d'avoir changé d'avis.

On est assez peu nombreux dans le paysage politique à avoir à la fois l'expérience, à n'être rejeté par aucun des groupes politiques qui composent la gauche. Je n'ai jamais insulté LFI. Je suis socialiste et profondément écologiste par rapport à l'action que j'ai faite.

Je suis capable de m'ouvrir sur la droite républicaine et sur le centre. - A.-E.Lemoine: Encore moins probable que le retour de L.Castets dans le game? - T.Soulié: Totalement.

S.Royal est candidate à tout, et ce, depuis des années. A part S.Royal, je ne sens pas une envie dans le pays de S.Royal.

Il n'y a pas de manifestations pour l'appeler à revenir au pouvoir. Plus sérieusement, elle a appelé à voter pour J.-L.Mélenchon.

C'est rédhibitoire. Surtout, au sein du PS, elle n'est pas du tout appréciée et populaire. Personne ne voudrait d'elle.

Elle fait le jeu. On parle d'elle, mais ça s'arrête là. - E.Tran Nguyen: Pour revenir sur la question du budget, ils choisissent de faire des économies.

M.Barnier, que ce soit pour les véhicules de fonction, les chauffeurs particuliers, s'est dit prêt à approuver des efforts déjà demandés à ses prédécesseurs. - M.Barnier: Nous allons faire l'effort que vous dites.

Moins 4 milliards sur le fonctionnement des ministères. Nous allons faire moins 2 milliards sur le fonctionnement des agences de l'Etat. On peut aussi faire des améliorations au niveau du train de vie de l'Etat, être plus sobre et simple.

Je pense par exemple demander un effort aux anciens ministres et Premiers ministres. - E.Tran Nguyen: Le plus dépensier des anciens ministres, c'était B.Cazeneuve.

Le moins dépensier, c'est J.Castex. - T.Soulié: Il a une fonction actuellement, et ne peut donc pas toucher ses indemnités. - E.Tran Nguyen: En 2023, le total des dépenses des anciens Premiers ministres s'élève à 1,42 millions d'euros.

Ce ne sont pas des efforts qui vont résorber le déficit, mais c'est pour le symbole. - T.Soulié: C'est une goutte d'eau dans le vase du budget.

On cherche 68 milliards et on parle en millions d'euros. Cette mesure, personne n'en parlait jusqu'à hier. Elle débarque à la fin pour dire aux Français: "Tout le monde va prendre sa part, même les anciens Premiers ministres." C'est marrant de voir que B.Cazeneuve, qui a failli être Premier ministre, est celui qui reçoit le plus de dotations chaque année.

Ces chiffres choquent les Français. C'est assez populaire de dire qu'on va les supprimer. Mais je vais vous dire que ça ne va pas être supprimé totalement.

Cet argent donné aux anciens Premiers ministres, si on l'enlève, je pense qu'ils vont mal le prendre. - A.-E.Lemoine: Merci beaucoup.

Tout de suite, le 5/5 de L.Sénéchal. La colère des agriculteurs redouble. - L.Sénéchal: Avec des vitres brisées et un incendie sur les marches de la Mutualité sociale agricole, à Nîmes, dans le Gard.

Les agriculteurs se sont brièvement introduits dans le bâtiment ce matin avant d'être chassés à coups de lacrymogènes par les forces de l'ordre. L'agence de services et paiements de Nîmes, qui verse les aides aux agriculteurs, a été dégradée avec des feux de pneus. C'est la FNSEA et Jeunes Agriculteurs qui sont à l'origine de ces événements.

Du lisier a été déversé. La préfecture du Tarn-et-Garonne a été jonchée d'ordures, de débris et de fumier. Les agriculteurs ne veulent pas limiter leur colère traitée avec le Mercosur.

Ils dénoncent aussi "un amoncellement de paperasses". - Nous sommes sur une remorque qui s'est transformée en tribunal du bon sens paysan. Nous voulons juger toutes les administrations qui nous gèrent pour faire avancer toutes nos revendications. - L.Sénéchal: Après les centrales d'achat des grands distributeurs, un site de Danone dans le Gers a été bloqué par la coordination rurale.

Lactalis a été ciblé ces derniers jours. Les agriculteurs ont même emporté des radars automatiques qu'ils ont déposé s un peu plus loin, devant la préfecture d'Evreux. Certains camions étrangers ont été contrôlés.

Leurs produits ont été confisqués par les agriculteurs, qu'ils ont ensuite donnés aux Restos du Coeur, à Nîmes. On sent qu'il y a une volonté de garder l'opinion publique. Les Français soutiennent ce mouvement, malgré les violences, à 88 %.

Les 3/4 des Français s'opposent au traité avec le Mercosur. A l'Assemblée nationale, il y a eu un raz-de-marée contre, hier. - A.-E.Lemoine: Le sort de B.Sansal et le gouvernement. - L.Sénéchal: L'écrivain franco-algérien de 75 ans est en détention provisoire en Algérie sur décision du parquet antiterroriste d'Alger.

Le gouvernement assure être en train de tout faire pour obtenir sa libération. - J.-N.Barrot: Les services de l'Etat sont pleinement mobilisés, à Alger comme à Paris, pour suivre la situation de B.Sansal et lui permettre d'accéder à la protection consulaire prévue par le droit.

Sachez que jusqu'au plus haut de l'Etat, la situation de B.Sansal est suivie avec beaucoup d'attention tant cette inculpation a provoqué de l'émotion. - L.Sénéchal: Il critique le régime algérien et l'islam.

C'est surtout un auteur reconnu, grand prix du roman de l'Académie française il y a 9 ans, avec "2084, la fin du monde". L'académicien J.-M.Rouart annonce demain un vote à l'Académie pour faire de B.Sansal un immortel. - Ca ne s'est jamais fait.

C'est une pratique tout à fait nouvelle. C'est un débat qui aura lieu demain pour savoir si cette mesure pourrait aider B.Sansal et agir sur le gouvernement algérien. - L.Sénéchal: La mobilisation en France, Maître, vous semble-t-elle à la hauteur? - R.Bosselut: Elle me semble importante, mais j'ai l'impression que le sort de B.Sansal est dépassé par des considérations beaucoup plus importantes.

Est-ce qu'il n'y a pas une volonté du gouvernement algérien de vouloir faire payer à la France le soutien au Sahara occidental? Peut-être. C'est une des premières questions qu'on peut se poser.

La 2e question, c'est les prises de position de B.Sansal, qui ont toujours été très courageuses. Visiblement, elles ne vont pas dans l'histoire racontée par le gouvernement algérien depuis bientôt 60 ans. - A.-E.Lemoine: L'Académie est aussi pointée du doigt pour son dictionnaire. - L.Sénéchal: 9e édition du Dictionnaire de l'Académie française sorti en novembre.

La première remonte à 1694. Cette 9e édition est censée être à jour, mais la Ligue des droits de l'homme appelle l'Académie à la rectifier d'urgence. Pourquoi?

A cause de certaines définitions surannées, voire carrément sexistes ou racistes. Par exemple "hétérosexuel". Selon l'Académie française, ça veut dire "qui est relatif à la sexualité naturelle entre personnes de sexes différents", sous-entendu, ce serait contre-nature.

Autre définition qui fait débat: "Femme". "Etre humain défini par ses caractères sexuels qui lui permettent de concevoir et de mettre au monde des enfants." Les femmes sont ramenées à leur seule condition de mère porteuse. "Ethiopique", qui se rapporte à la race noire.

Et enfin, la définition du mot "race": "Chacun des grands groupes où on répartit superficiellement l'espèce humaine d'après des caractères physiques distants." Tout cela fait débat et est dénoncé depuis plusieurs jours. Dans l'univers d'Internet, les académiciens ne connaissent pas les mots "cliquer", "smartphone" ou "web". - Dans un dictionnaire de langue, les mots "cunnilingus" et "fellation" auraient dû être inscrits.

Il y a une course entre les dictionnaires, qui veulent être à la page, mais c'est moins le cas du dictionnaire de l'Académie, qui n'est pas un dictionnaire commercial. Il ne faut pas prendre la mouche pour tout. Je crois que ces insultes font partie de notre paysage.

On ne pourra pas les éradiquer, sinon la langue perdra toute sa saveur. - L.Sénéchal: "Cunnilingus", ce n'est pas français pour l'Académie, c'est du latin. - A.-E.Lemoine: Coca-Cola attaqué pour tromperie sur son bilan écologique pendant les Jeux olympiques. - L.Sénéchal: Coca-Cola, partenaire officiel des Jeux olympiques, avait promis zéro déchet.

Sauf que le géant des boissons gazeuses a choqué en servant à ses clients de manière quasi systématique le contenu de bouteilles plastiques dans des gobelets. - L.Sénéchal: Sur les 10 millions de boissons vendues pendant les Jeux olympiques, plus de 6 millions l'ont été comme ça, dans des gobelets en plastique.

L'ONG France Nature Environnement a déposé une plainte tout à l'heure contre Coca-Cola pour ce qu'on appelle du greenwashing, une forme de tromperie écologique du consommateur. - A.-E.Lemoine: Le plus grand marché de Noël de France ouvre à Strasbourg. - L.Sénéchal: L'an dernier, 3,3 millions de personnes s'y sont rendues.

C'est aussi là qu'il y a le plus grand sapin de Noël de France, qui fait plus de 30 m. Il est plus grand que celui du Rockefeller Center, aux Etats-Unis. Cette tradition remonte au XVIe siècle.

Vous connaissez peut-être cette archive. Un journaliste de France 3 Alsace pestait déjà en 1987 de devoir encore couvrir l'événement. - Un rédacteur en chef de mauvaise humeur nous a empêché de rester bien au chaud. - Ca Fait depuis que ça existe que je suis là. - Depuis combien de temps ça existe? -10 ou 12 ans. - 418. - 418! - L.Sénéchal: Le journaliste qui a fait le reportage a raconté dans l'émission "Inattendu" comment il a été désigné contre son gré par son chef. - C'est ce qu'on appelle un marronnier, dans la profession.

C'est la rentrée scolaire, les soldes, Noël et, à Strasbourg, le marché de Noël. Chaque année, le rédacteur en chef cherche parmi ses journalistes qui il va pouvoir envoyer sur place. Les journalistes regardent de tous les côtés.

Cette année-là, on a été désignés et on s'est dit qu'on allait y aller. - L.Sénéchal: On s'est tous retrouvés dans cette situation.

La France connaît une pénurie de père Noël. Avec des annonces comme celle-ci: Sur France Inter, on a découvert l'existence du Molière de Noël. Il s'appelle Francis et est employé par une grande enseigne parisienne.

En attendant, il se prépare chez lui. - Je l'aborde comme si je devais jouer une pièce de théâtre. Je le fais avec tout le sérieux que je mettrais dans un rôle théâtral.

Je m'applique à être ouvert et disponible pour pouvoir improviser avec les enfants. Dès que je suis habillé, je commence à avoir une stature imposante. J'ai un faux ventre, donc je suis un peu gros.

Ca me donne une façon de marcher. Ce qui m'intéresse, c'est d'être à la hauteur des rêves des enfants. - L.Sénéchal: Qui dit père Noël dit barbe blanche.

Francis fait pousser la sienne depuis cet été. C'est du boulot. - Je mets de l'huile d'amande douce.

Il faut bien faire pénétrer. Ensuite, j'ai une petite brosse à barbe. Là, il faut la brosser.

Une fois le matin et une fois le soir. Ensuite, j'ai même un peigne à barbe. Je peux lui donner un peu de volume.

Ca fait un truc assez sympa. C'est le secret du père Noël. Mais chut! - L.Sénéchal: Il a un petit message pour l'enfant qui sommeille en vous, Babeth. - Babeth, je vais te dire un secret.

On peut apprendre tous les jours et toute sa vie. Reste curieuse, aie envie d'apprendre, découvre et sois prudente. Pratique tout ce que tu apprends. - A.-E.Lemoine: Merci, Francis.

Je vais être prudente. On rappelle que c'est un représentant du père Noël, bien sûr. Ne détruisez pas les rêves et l'enfant qui sommeille en nous.

Merci, T.Soulié. Merci, R.Bosselut.

Dans un instant, L.Fabian, la troupe du Splendid et M.Leonardi.

On vous attend.