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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 14 novembre 2016 8 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleTravail & emploi

François Baroin : "On ne peut pas comparer Trump à qui que ce soit dans la classe politique française"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse directe

    L'élection surprise de Donald Trump, qu'est-ce qu'elle nous dit de la politique d'aujourd'hui ? Et qu'est-ce qu'elle change ? Qu'est-ce qu'elle peut changer éventuellement pour la primaire de la droite ?

  • 1:05OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous vous reconnaissez, vous, dans son orientation, son positionnement ?

  • 2:35RelanceRéponse directe

    C'est simplement l'effet de surprise. C'est cela dont parlait Nicolas Sarkozy.

  • 4:10OuverteRéponse directe

    Vous êtes un cas unique, François Baroin, parce que c'est la première fois sous la Ve République qu'un candidat crédible à l'Elysée annonce aussitôt dans la campagne le nom de son futur chef de gouvernement. Vous, en l'occurrence, c'était le prix à payer pour votre ralliement ?

  • 5:52OuverteRéponse directe

    Il y a aujourd'hui, disiez-vous, à l'époque, en 2013, François Baroin, à la droite de l'UMP, une trop grande porosité avec les positions traditionnelles de l'extrême droite, que ce soit sur le protectionnisme, les sujets de société ou encore l'Europe. Voilà, c'est pour ce type de déclaration, celle que vous avez répétée aussi pendant le quinquennat, Nicolas Sarkozy, où vous dénonciez notamment l'influence de Patrick Buisson, c'est pour ce type de déclaration que ce ralliement est apparu à beaucoup au sein de votre famille politique comme contre-nature.

  • 6:52RelanceRéponse partielle

    Peut-être parce que le ton de sa campagne d'aujourd'hui ressemble furieusement à celle de 2012, notamment ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:31Invité politiqueChiffre
    « Il y a 36 000 communes en France. Il y en a 33 000 au moyen de 2 500 habitants. Ça représente encore 36 % de la population française. »
  • 3:43Invité politiqueChiffre
    « Vous avez la moitié de la population française qui vit dans des communes de moins de 10 000 habitants. »
  • 5:07Invité politiqueFait
    « J'ai vu un homme d'État qui a tenu les rênes et qui a une place historique avec Mme Merkel dans le sauvetage de la zone euro et donc du sauvetage des économies des Français. »
  • 7:21Invité politiqueFait
    « La cantine est un service public facultatif. L'obligation alimentaire relève des familles. »

Temps de parole

  • François Baroin68 %
  • Présentateur30 %

5,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Inter.fr Il est 8h23. Le 7-9 de France Inter. Première matinale de France. À suivre aussi en vidéo sur FranceInter.fr Bonjour François Barouin. Bonjour. L'élection surprise de Donald Trump, qu'est-ce qu'elle nous dit de la politique d'aujourd'hui ? Et qu'est-ce qu'elle change ? Qu'est-ce qu'elle peut changer éventuellement pour la primaire de la droite ?

0:25
François Baroin

Ce qu'elle nous dit d'abord peut-être de la société américaine, je pense que ça a été dit par M. Guetta, la situation quasiment d'empêchement d'Obama sur les deux dernières années crée un système de cohabitation qui fait qu'il y a probablement eu un sentiment d'impuissance. La révolte des classes moyennes, c'est-à-dire des gens qui sont trop riches pour être pauvres et trop pauvres pour être riches, qui sont traditionnellement le moteur de la société américaine, n'en peuvent plus et l'ont manifesté. Sentiment certainement du rejet d'un certain nombre de clans.

Quand on voit Trump qui a quand même dynamité du début de sa campagne jusqu'à la fin, tous les systèmes en place, de Bush jusqu'à Obama en passant par Clinton, ça dit beaucoup de choses, d'une désespérance et d'une volonté d'enverser la table.

1:05
Présentateur

Alors maintenant pour la France, les leçons à tirer pour la France, puisque votre candidat Nicolas Sarkozy, lui, a semblé se réjouir de la victoire de Trump. Est-ce que vous vous reconnaissez, vous, dans son orientation, son positionnement ?

1:18
François Baroin

Je ne pense pas qu'on puisse comparer Trump à qui que ce soit dans le paysage français. On n'a pas de multimilliardaire qui a fait de la télé-réalité à 30 ou 40 millions d'audience. Peut-être dans les années 80, on aurait pu dire tapis, on aurait pu faire ce schéma-là.

1:32
Présentateur

Il y a eu Berlusconi en Italie aussi.

1:33
François Baroin

Berlusconi en Italie. En France, on n'a pas d'éléments comparables. Nicolas Sarkozy a été président de la République, il était chef d'État, il a assuré le leadership européen au moment de la grande crise financière qui a été évoquée à l'instant.

1:43
Présentateur

Oui, mais aujourd'hui, il dit, le choix de Trump exprime le refus d'une pensée unique. Et donc là, manifestement, il pense à lui et à sa propre campagne avant le premier tour de dimanche prochain.

1:53
François Baroin

Je crois que c'est un constat objectif. Vous le faites vous-même ici. J'entendais sur votre antenne tout à l'heure les propos, les interrogations sur le rôle de la responsabilité. Monsieur Guetta, je le cite une nouvelle fois, sur la responsabilité des élites montré du doigt par les uns par les autres. Moi, je ne rentre pas et je ne vais pas sur ce sujet. Ce qui est vrai, c'est que Trump démarre à 3%, qu'il a tous les républiens contre lui. Le parti républicain ne veut pas voter contre lui. Investi, il y va quand même, il gagne, il mène sa campagne et ensuite il explose le système dans les débats et gagne à la grande surprise. C'est ça la leçon. Il n'y a pas d'élément de comparaison.

Et lorsque le président Sarkozy explique que l'on peut tracer une route, même si l'on a le sentiment que les sondages, etc. sont contre vous, c'est une histoire à écrire, mais ça n'a rien de comparable.

2:35
Présentateur

C'est simplement l'effet de surprise. C'est cela dont parlait Nicolas Sarkozy. Moi, j'ai compris autre chose. Quand il se proclame le porte-parole de la majorité silencieuse, il l'a dit à plusieurs reprises dans des meetings, dans des réunions publiques, j'ai compris qu'il voyait une certaine analogie entre la situation américaine et la primaire française.

2:53
François Baroin

Mais vous, qui êtes un observateur de la vie politique, il me semble que le Brexit, personne n'a vu venir. Personne n'a vu venir. Non, personne n'a vu venir. Ce n'est pas vrai. Regardez la bourse à Londres, qui, quelques heures auparavant, était à la hausse, parce qu'on savait qu'en réalité, les Britanniques voulaient rester au sein de l'Union Européenne. Et la majorité silencieuse, je parlais des classes moyennes américaines, c'est la même chose en France. Elles sont accablées, elles sont accablées d'impôts. Il y a un sentiment d'isolement, il y a un sentiment d'abandon. Je discutais tout à l'heure avec une de vos consœurs. Je trouve que je suis président des maires de France.

Tout le monde oublie la sociologie et la géographie de notre pays. Il y a 36 000 communes en France. Il y en a 33 000 au moyen de 2 500 habitants. Ça représente encore 36 % de la population française. Ils n'ont pas tous le numérique. Il n'y a plus de services publics. Il y a des écoles à réinstaller. Il y a des infrastructures à développer. Vous avez la moitié de la population française qui vit dans des communes de moins de 10 000 habitants. Et on donne le sentiment qu'on va tout vers des grandes régions. Et l'essentiel sur 13 métropoles qui vont concentrer comme un trou noir toutes les énergies du pays. C'est ça à rééquilibrer.

Et lorsque Nicolas Sarkozy porte ce message autour de la majorité silencieuse d'une part, mais surtout autour d'un rééquilibrage de notre territoire, on est au cœur de la problématique de l'avenir de notre pays dans son pacte républicain et son équilibre territorial.

4:06
Présentateur

On y reviendra sans doute avec les auditeurs tout à l'heure de France Inter. Alors vous êtes un cas unique, François Barouin, parce que c'est la première fois sous la Ve République qu'un candidat crédible à l'Elysée, important, enfin je mets à part le ticket de faire un Madès France en 1969, annonce aussitôt dans la campagne le nom de son futur chef de gouvernement. Vous, en l'occurrence, c'était le prix à payer pour votre ralliement ?

4:29
François Baroin

Non, ça n'a strictement rien à voir. Nicolas Sarkozy ne m'achète pas avec Matignon. Mon choix est fait depuis très longtemps et ma relation avec lui... Depuis très longtemps ? Presque depuis qu'il est sorti. En réalité, depuis que l'UMP a failli mourir et exploser, laissant le Front National comme seul opposant au pouvoir de Hollande.

4:43
Présentateur

C'est-à-dire au moment de l'affrontement, Copé-Fillon...

4:45
François Baroin

Copé-Fillon, on a failli mourir, on a basculé dans des luttes fratricides.

4:48
Présentateur

Vous aviez pris très nettement position en faveur de François Fillon à ce moment-là et contre la droitisation de Jean-François Copé et sa droite décomplexée.

4:58
François Baroin

Moi, j'ai bien aimé travailler avec François Fillon lorsque j'étais au gouvernement. J'ai été ministre du budget, j'ai été ministre des finances. Ma relation avec Nicolas Sarkozy a changé en profondeur à ce moment-là. J'ai vu un homme d'État qui a tenu les rênes et qui a une place historique avec Mme Merkel dans le sauvetage de la zone euro et donc du sauvetage des économies des Français. Je lui rends hommage dans cette campagne. Je ne fais pas partie des ministres qui ont fait partie de son gouvernement et qui s'excusent d'avoir été en action.

Et j'avais bien aimé travailler avec François Fillon, qui était un homme rigoureux et travailleur avec lequel il était agréable de partager ces événements historiques. Je l'ai accompagné naturellement. Ça n'a pas marché. L'UMP a failli mourir. Nicolas Sarkozy, courageusement, est revenu et je l'accompagne depuis ce moment-là dans sa reconquête d'un projet pour notre pays. J'ajoute que le diagnostic qu'il pose sur la France, son énergie hors du commun, fait pour moi qu'il est aujourd'hui probablement le seul à pouvoir porter des réformes indispensables à notre pays dans les mois qui viennent.

5:52
Présentateur

Il y a aujourd'hui, disiez-vous, à l'époque, en 2013, François Baroin, à la droite de l'UMP, une trop grande porosité avec les positions traditionnelles de l'extrême droite, que ce soit sur le protectionnisme, les sujets de société ou encore l'Europe. Voilà, c'est pour ce type de déclaration, celle que vous avez répétée aussi pendant le quinquennat, Nicolas Sarkozy, où vous dénonciez notamment l'influence de Patrick Buisson, c'est pour ce type de déclaration que ce ralliement est apparu à beaucoup au sein de votre famille politique comme contre-nature.

6:20
François Baroin

Oui, mais c'est une erreur d'analyse. J'ai été probablement l'un des premiers, effectivement, à dénoncer l'influence de Buisson. Je l'ai même écrit dans le livre journal de crise au lendemain de la défaite aux présidentielles, où j'expliquais qu'un mauvais génie venu d'extrême droite avait donné des mauvais conseils. Nicolas Sarkozy a écrit un livre, il y a un an. Il a reconnu, très courageusement, là encore, un certain nombre d'erreurs. Je ne vois pas pourquoi on passe sur ce livre avec les erreurs reconnues pour lui et que l'on accorde une bienveillance ou des circonstances atténuantes pour tous les autres.

6:52
Présentateur

Peut-être parce que le ton de sa campagne d'aujourd'hui ressemble furieusement à celle de 2012, notamment ?

6:57
François Baroin

Je ne partage pas votre sentiment parce que là encore, il y a beaucoup d'exploitation.

7:01
Présentateur

La double portion de frites pour les enfants qui ne mangent pas de porc à l'école, ça correspond à votre approche ?

7:06
François Baroin

Je suis journaliste de formation, des images qui permettent d'expliquer qu'il n'y a pas de menu confessionnel dans un service public par ailleurs facultatif.

7:12
Présentateur

Non, non, non, là, il n'y a pas de menu de substitution, pardon, ce n'est pas pareil. Les menus de substitution, c'est ceux que vous prenez comme président de l'Association des Mères de France, que vous avez prenez comme président de l'Association des Mères de France.

7:21
François Baroin

Je peux vous rappeler, sur ce point, la cantine est un service public facultatif. L'obligation alimentaire relève des familles. Deuxièmement, il n'y a pas de place pour la religion dans l'alimentation, il n'y a pas de menu confessionnel dans ces services publics facultatifs. Oui, mais personne ne propose de menu confessionnel. Et ensuite, l'organisation générale de ce moment de vie auprès de nos jeunes justifie le plus possible une forme d'accompagnement ou de mise en valeur du partage. Voilà, il n'y a pas de place pour la religion. C'est ça que ça veut dire. Alors, les uns et les autres en font des gorges chaudes. Moi, ça ne me choque en aucune façon.

En revanche, quand j'entends, par exemple, M. Valls parler des blancos sur le marché à Évry, je suis choqué.

7:59
Présentateur

Ce n'était pas une déclaration de tribune.

8:01
François Baroin

C'est la différence. Oui, c'est peut-être encore pire parce que c'était une confidence sous le manteau qui a été prise à la sauvette par une caméra. Lorsque M. Macron nous parle des illettrés de garde, voilà, ça, c'est un peu plus insultant et un peu plus choquant. Le reste, c'est une image des propos de tribune et un élément du débat.

8:16
Présentateur

François Barouin, invité de France Inter ce matin. On vous retrouve dans quelques minutes et dans un instant, la revue de presse de Délai. Sous-titrage Société Radio-Canada

8:24
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada