Sébastien Chenu, député RN : "je préfère qu'on fabrique des travailleurs français plutôt qu'on les importe"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9-30.
Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le député Rassemblement National du Nord, vice-président de l'Assemblée Nationale. Question réaction au 01-45-24-7000 et sur l'application de France Inter. Sébastien Chenu, bonjour. Bonjour monsieur, bonjour madame. Bonjour. Et bienvenue à ce micro. On va parler dans un instant de l'examen de la réforme des retraites à l'Assemblée Nationale. Il reste cinq jours de débat, beaucoup d'articles à examiner. Et l'atmosphère a jusqu'à présent été très tendue dans l'hémicycle. Mais un mot d'abord sur la quatrième journée de mobilisation organisée samedi par les syndicats. Elle a été encore très suivie dans toute la France.
Près d'un million de personnes selon le ministère de l'Intérieur, deux millions et demi selon les syndicats. Emmanuel Macron doit-il entendre la rue Sébastien Chenu ou vous dites ce matin en France ce n'est pas la rue qui gouverne ?
Mais ne pas entendre ce que les Français lui disent est une erreur. Je pense qu'on a vu et on voit des mobilisations qu'on n'a pas vues depuis très longtemps aussi importantes. En particulier, on le voit dans des villes moyennes avec des Français qui ne sont pas particulièrement politisés ou qui ne suivent pas forcément des mots d'ordre de partis politiques ou de centrales syndicales mais qui ont décidé parce qu'ils travaillent tôt, parce qu'ils se lèvent le matin, de descendre dans la rue parce qu'ils ont compris l'injustice que représente cette réforme des retraites.
Et qu'ils considèrent que les efforts que les Français ont faits pendant des années pour créer un modèle social qui puisse leur bénéficier, eh bien ces efforts sont remis en cause par la réforme d'Emmanuel Macron et peut-être, est-ce qu'on aura l'occasion d'en parler, considèrent aussi qu'il y a tromperie sur la marchandise. On leur a vendu, le gouvernement leur a vendu une réforme des retraites dont ils ont entendu qu'elle pourrait être de minimum 1 200 euros net pour tous. On s'aperçoit, et l'économiste Michael Zemmour l'a dévoilé, je crois, sur votre antenne lui-même, que cette réforme à 1 200 euros pour tout le monde n'existe pas.
Il y a tromperie sur la marchandise, ça mobilise les Français.
On va y revenir. Une nouvelle journée de mobilisation est prévue ce jeudi 18 février mais les syndicats se concentrent désormais sur la journée du 7 mars, date à laquelle ils veulent mettre le pays à l'arrêt. Ont-ils raison de durcir le mouvement ?
Je crois que les Français ont envie de se faire entendre. Donc à partir du moment où...
Donc vous soutenez le blocage du pays ?
Je ne soutiens pas le blocage, je soutiens le fait que les Français aient envie de se faire entendre. Vous savez, contre le blocage, il y avait une chose qui était simple, c'était le référendum. Nous, on l'a proposé à l'Assemblée nationale. La gauche n'a pas souhaité, parce que, comme c'est le Rassemblement national qu'ils proposent, ils sont tellement sectaires qu'ils ne l'ont pas souhaité. Le groupe de la majorité Renaissance d'Emmanuel Macron ne l'a pas voté parce qu'ils ont peur du résultat. Ils ont peur que les Français disent non à cette réforme de retraite par référendum. Mais le référendum, c'est la façon de ne pas aller au blocage du pays.
Mais il faut bien, aujourd'hui, voir la réalité en face. Le gouvernement ne bouge plus. On n'entend plus personne. Il n'y a pas de négociation d'ouverte. Et c'est, je pense, une véritable difficulté à laquelle se heurte ce gouvernement.
Mais on vous entend ce matin. Pourquoi vous ne manifestez pas ? Vous avez peur de... Ni vous appeler à la manifestation, ni vous n'allez vous-même manifester.
Bon, alors d'abord, on n'a jamais appelé à manifester pour quoi que ce soit. Vous savez, c'est une constante chez nous. On n'est pas une centrale syndicale. On laisse nos adhérents, nos militants, s'ils ont envie de manifester. Moi, ma maman a manifesté.
Et vous, pourquoi vous n'y allez pas ?
Vous avez peur ? Pour deux raisons. La première des choses, vous avez vu que nous subissons des menaces d'un certain nombre de partis politiques et de syndicats qui sont inacceptables. D'ailleurs, si le Rassemblement National menaçait des gens d'aller manifester, moi, j'ai reçu des menaces d'élus à l'FI en disant votre sécurité n'est pas garantie si vous venez. Il faut s'élever contre cela. Et puis, il y a une sorte d'hypocrisie manifestée côte à côte auprès des Martinez et des Laurent Berger qui ont fait élire Emmanuel Macron, qui est le porteur de cette réforme des retraites et qui maintenant, vous savez, c'est le pompier pyromane, en fait.
Ils ont fait élire quelqu'un qui met l'incendie avec la réforme des retraites et ils ne savent plus comment éteindre l'incendie.
Philippe Martinez a fait élire Emmanuel Macron.
Oui, il a fait élire Emmanuel Macron. Il a fait battre Marine Le Pen. Il a donc fait élire Emmanuel Macron et sa réforme des retraites. Ce n'était pas caché, cette réforme des retraites. Donc maintenant, ils essayent d'éteindre un incendie qu'ils ont contribué à allumer, manifesté côte à côte avec des hypocrites pareils. Ça n'a pas beaucoup de sens.
Alors, Sébastien Chenuallon, au Parlement maintenant, la gauche vous objecte qu'elle est la seule à mener le combat contre le gouvernement. Là où vous, au Rassemblement National, vous menez une opposition discrète en chausson pour ne pas dire inexistante. Je cite le député LFI David Guiraud avec trois amendements par député. Vous ne... Vous n'êtes pas fait mal. L'opposition à Emmanuel Macron de l'extrême droite c'est cinq minutes échauffement et étirement compris.
Que lui répondez-vous ? D'abord, je pense que la France Insoumise et la majorité d'Emmanuel Macron, ils ont un objectif commun. c'est que nous n'arrivions jamais à l'article 7. Vous savez, l'article 7, c'est le fameux article qui décale l'âge du départ en retraite à 64 ans. Ils ont cet objectif commun parce que la France Insoumise pense qu'il n'y a peut-être pas de majorité pour s'opposer à cet article et Renaissance pense qu'il y a peut-être une majorité pour s'y opposer. Et nous, nous pensons qu'il faut aller à l'article 7. Alors, on ne joue pas l'obstruction. La France Insoumise a choisi 30 000 amendements ou 25 000 amendements de jouer l'obstruction.
Oui, mais au total, la gauche a fait plus de 20 000 amendements avec des amendements extrêmement répétitifs. C'est-à-dire, on change une virgule, on change un pourcentage, des amendements qui ne sont pas sérieux. Et ce qui leur permet de squatter de façon artificielle le temps de parole puisque chaque député présente son amendement et donc chacun ensuite répond.
Alors certes, peut-être que eux jouent l'obstruction, mais enfin vous, vous n'avez présenté que 212 amendements. C'est moins que la majorité, c'est moins que les LR. C'est à peine 3 amendements par député RN sur un texte qui est quand même capital. Est-ce que ce n'est pas le service minimum ? Est-ce que vous n'assumez pas d'être en retrait sur cette réforme ? Au fond, ça peut être une stratégie de laisser passer les trains, mais ce n'est pas ça que vous jouez.
Non, non. Nous, on ne joue pas, je viens de vous le dire, on ne joue pas l'obstruction. Je rappelle d'ailleurs hier que Laurent Berger lui-même a condamné cette obstruction en disant que c'est totalement inefficace. Nous, on dépose des amendements qui sont sérieux, des amendements de proposition, des amendements, je le rappelle, pour défendre notre projet. Alors, on ne peut pas développer notre projet puisqu'on ne peut pas, dans cette bataille parlementaire, proposer un texte avec des charges supplémentaires, de créer des charges financières supplémentaires, mais nous faisons des choses sérieuses. On a de l'autre côté une obstruction, c'est-à-dire un embouteillage.
Moi, je crois que ce qui est important, c'est qu'on débatte et qu'on vote. Moi, je n'ai pas été élu simplement pour balblater, pour prendre la parole. J'ai été élu pour qu'à la fin, on décide et on vote. Et si on vote, c'est pour empêcher qu'une majorité se construise, notamment avec LR, en faveur de cette réforme des retraites. Le problème, c'est qu'effectivement, beaucoup ne souhaitent pas qu'on aille au vote parce qu'on va voir, effectivement, on va les voir à poil.
Vous pensez que vous n'arriverez pas à l'article 7 ? Il reste 5 jours.
Il reste 15 000 amendements. Je vais vous dire, il y a une chose très simple et je le dis à mes collègues de gauche et d'extrême-gauche, retirez vos amendements. Si vous retirez tous vos amendements qui sont bidons, c'est-à-dire des amendements dans lesquels on parle de la pluie et du beau temps, des feuilles de salade, des pourcentages qui changent selon les amendements, si vous retirez tous vos amendements bidons, nous allons pouvoir aller à l'article 7 qui est fondamental et qui préoccupe les Français. Je pense qu'il faut quand même qu'on soit responsable, qu'on débatte, mais qu'on vote au moins sur cet article 7 et qu'on mette en minorité, d'ailleurs, le gouvernement.
Parce que moi, je crois que c'est le débat qui fait bouger les lignes. On le voit, j'ai parlé tout à l'heure des 1 200 euros, c'est le débat qui fait bouger les lignes et c'est le débat qui empêche... Mais qui est porté jusqu'à maintenant,
qui est porté par les syndicats, par la gauche, par les LR. Les 1 200 euros, ce n'est pas vous qui les mettez. La question des femmes, ce n'est pas vous qui les mettez sur la table.
Les 1 200 euros, c'est une fake news du gouvernement. Ils ont promis, et tous les Français ont entendu, tous les retraités partiront avec une retraite de 1 200 euros net. Ce sera ça pour tout le monde.
C'est brut. Aujourd'hui,
on comprend que ce sera brut, que beaucoup vont passer à travers les mailles du filet, notamment les femmes qui ont des carrières hachées. On le voit bien, elles toucheront une revalorisation de leur retraite qui sera calculée sur leur durée de cotisation. Donc, elles vont être perdantes. Et donc, cette fake news qui a été portée par le gouvernement aujourd'hui arrive dans la lumière. Les gens se rendent compte qu'on leur a menti. Eh bien, moi, je pense que ça, c'est du débat qui doit être voté. Mais sur les carrières longues,
c'est LR qui a obtenu l'évolution du gouvernement.
Non mais, LR, son deal, c'était sur les 1 200 euros. Rappelez-vous, le deal d'Éric Ciotti, c'était, on veut 1 200 euros pour tous les retraités, y compris les retraités actuels. Aujourd'hui, le deal tombe. Et moi, j'ai envie de dire aux députés LR, mais ce deal bidon que vous avez passé avec le gouvernement, ce deal dans lequel ils ont essayé finalement le gouvernement de tromper les Français, eh bien, s'écroule. Et je dis aux députés LR, il faut donc, tromperie sur la marchandise, vous opposer à ce texte.
Vos amendements portent notamment sur la natalité que vous voulez encourager, vous voulez déplafonner les aides, mais pas pour tout le monde, seulement pour les familles dont l'un des parents est français. Vous présentez votre politique nataliste, je vous cite, comme seule alternative à une immigration de peuplement. Vous assumez une politique nataliste
identitaire, de fait ? Pourquoi identitaire ? Moi, je pense que la politique nataliste, d'abord, elle a longtemps été menée en France. On a eu des politiques natalistes. Il y a des pays qui mènent des politiques natalistes avec des résultats, parce qu'on peut parler de la Hongrie qui est passée d'1,3, je crois, à 1,6 en taux de fécondité. Ça ne marche pas ? Si, ça marche. C'est à la marge. Il faut 2,1 par enfant pour renouveler une génération. C'est-à-dire qu'ils ont changé de direction. On est à la marge. Il a pris des mesures ultra incitatives. Non, mais vous avez d'autres pays, par exemple l'Allemagne. Moi, j'ai regardé ça très précisément.
L'Allemagne a créé une politique nataliste, a développé une politique nataliste, notamment avec le développement de crèches gratuites, etc., pour combler, effectivement, un taux de fécondité qui était très faible. L'Italie de Draghi, l'année dernière, en 2021, a mis en place aussi une politique nataliste. Ça veut bien dire qu'effectivement, les objectifs de ces politiques natalistes, elles sont partagées. Certes, mais il y a la... Ce ne sont pas des objectifs idéologiques.
La question, c'est que votre politique nataliste, à vous, elle est spécifiée. Il faut que l'un des deux parents soit français. Et Marine Le Pen l'écrivait dans son programme « Faire le choix de la natalité, c'est s'engager à assurer la perpétuation de notre civilisation ». Au fond, ce n'est pas très différent de ce que proposait Jean-Marie Le Pen en 2007 de petits Français de souche. Le RN n'a pas changé énormément dans l'appellation. Vous ne faites pas une politique nataliste pour tout le monde. Il faut que l'un des parents soit français. Vous voulez renouveler la civilisation. C'est ça,
les termes que vous employez ? Moi, je préfère qu'on fabrique des travailleurs français plutôt qu'on les importe. Et je crois que je ne suis pas le seul à le penser puisque François Bayrou, commissaire au plan, déclarait, j'ai retrouvé sa citation, « Il n'y a pas d'évidence à une politique qui ne soit pas une politique d'immigration, qui soit une politique d'immigration en ce qui concerne la natalité. » Je regardais ce que disait le géographe Laurent Chalard. Il disait « Une politique de la natalité est plus efficace pour combler les besoins en manœuvre qu'une politique de l'immigration.
» Donc oui, nous nous considérons que fabriquer les travailleurs français de demain, il faut aider les familles pour cela. C'est la logique dans laquelle nous souhaitons nous orienter.
Pour assurer la perpétuation de la civilisation ?
Pour assurer la perpétuité de la civilisation et de la population française. Qu'on ait plus de petits Français demain plutôt que d'ouvrir les vades et de voir l'immigration comme un projet de peuplement. Vous savez, moi je pense que ce n'est pas un gros mot la politique nataliste. Faire des enfants, on a l'impression que c'est devenu un gros mot. Alors c'est vrai que Hollande et Macron se sont beaucoup attaqués aux politiques familiales, notamment aux prestations d'accueil du jeune enfant qui aujourd'hui sont par exemple demandées par très très peu de familles. Mais ce n'est pas un gros mot.
En 2021, les Républicains, ils ont déposé une proposition de loi dont la natalité était grande cause nationale. en 2021, donc c'était il y a un an et demi, la natalité grande cause nationale. Oui, nous nous considérons que pour que notre système de retraite soit viable, pour qu'il tienne, eh bien il faut faire des enfants parce qu'à moyen et long terme, c'est une des solutions. Ce n'est pas la seule. Il y a aussi le fait d'avoir une économie qui soit de meilleure qualité, des emplois qui ne soient pas ubérisés. Je veux dire, on peut, il y a plusieurs leviers, mais la politique nataliste est un des leviers pour le système de retraite.
Oscar est au standard. Donnons la parole à nos auditeurs. Bonjour, bienvenue, vous nous appelez de Montreuil.
Oui, bonjour à tous. Voilà ma question. Si le passage de l'âge de la retraite passe à 64 ans, est-ce que pour redonner une perspective d'espoir aux Français qui s'y opposent, Marine Le Pen promet d'abroger cet âge légal si elle arrive au pouvoir en 2027 ?
Merci Oscar pour cette question. Sébastien Chenu vous répond.
Vous avez raison, c'est une bonne question parce qu'on a vu souvent des politiques promettre des choses dans les campagnes électorales et ne pas les tenir. Ce sera même le pivot, je crois, de l'engagement de Marine Le Pen lors de ses prochaines campagnes électorales, revenir à un modèle qui est le nôtre, un modèle qui est...
Mais lequel ? Parce qu'elle a changé, pardon, à 62 ans, aux 60 ans ?
J'entends ça à chaque fois. Oui, mais c'est la réalité. Le modèle est simple, c'est 40 années de cotisation vous partez à 60 ans, jusqu'à 42 années de cotisation vous pouvez partir jusqu'à 62 ans. Pourquoi ce changement ? 600 milliards de dettes de plus créées par Emmanuel Macron et ce n'est pas que le Covid, la Cour des Comptes nous le dit bien, donc il a fallu s'adapter mais avec une logique qui soit celle-ci 40 années de cotisation et 60 ans jusqu'à 42 ans et jusqu'à 62 ans. Grosso modo, plus vous avez commencé tôt, plus vous avez commencé dur bien souvent, plus vous pouvez partir tôt. Et il ne s'agit pas de créer une politique qui...
Parce que cette politique-là de réforme des retraites, c'est une logique néolibérale qu'on suit depuis 30 ans et moi je vous le signe, si elle passe dans quelques années on viendra nous dire « Ah bah écoutez, il faut encore trouver quelques milliards donc on va pousser jusqu'à 65 ans ». C'est une histoire sans fin en réalité parce que c'est une logique qui amène à cela. Moi je crois que au-delà même des avantages considérables pour les travailleurs français que celles-ci représentent, cette réforme des retraites en plus ne ramènera pas les 17 milliards attendus par le gouvernement.
Elle sera même peut-être à fortiori coûteuse si les 1200 euros étaient finalement comblés mais c'est une escroquerie.
Francis, au standard. Francis, vous nous appelez de Denain je crois. Oui, tout à fait. Bonjour, bienvenue.
De chez vous ?
Bah oui, voilà.
C'est chez M. Chenu.
Un habitant de votre circonscription, j'ai 74 ans, je suis retraité entrepreneur et disons notre préoccupation est à l'envers de tout ce qui est préoccupation de retraite qui nous paraît daté de 1945. en fait, notre préoccupation est de trouver du travail pour tous et c'est ce pourquoi que pensez-vous aujourd'hui de l'action datée des Quarts Monde qui essaie de mettre en place des territoires zéro chômage ? Ça vaudrait-il pas mieux qu'on s'attache à aider cette association plutôt que à s'apesantir sur des débats d'arrière-garde ?
Merci Francis. Territoire zéro chômeur, lutte contre le chômage plutôt que réforme des retraites.
Sébastien Chenu, vous répondez. Je vous salue monsieur, j'étais à Denain hier encore. Je crois que d'abord c'est pas des combats d'arrière-garde. C'est vraiment un projet de société. Quel type de retraite on veut demain ? C'est un projet de société. Moi, vous savez, je pense qu'il y a plusieurs leviers. J'ai parlé tout à l'heure du levier de la natalité. On peut parler évidemment du levier de l'emploi des seniors. Là encore, on attaque aujourd'hui l'article sur l'index des seniors. Il n'y a rien en réalité. Il n'y a pas de politique d'emploi des seniors. Pourquoi ? Il faut des sanctions financières sur les entreprises ? Non, pas forcément. Pas uniquement.
Il faut favoriser le cumul emploi-retraite. Il faut regarder peut-être la façon dont sur les ruptures conventionnelles on pénalise ou pas les ruptures conventionnelles fiscalement. Il faut, je crois, regarder tout ça beaucoup plus loin parce que le taux d'emploi des seniors dans notre pays, il n'est pas assez haut. Mais ça, ce n'est pas un combat d'arrière-garde. La montée en gamme de notre économie. Est-ce qu'on souhaite une économie faite de chauffeurs Deliveroo ou de chauffeurs Uber ?
Ce n'est pas dégradant mais c'est une économie faite de petits boulots en réalité qui rapportent peu de cotisations à notre système de retraite ou est-ce qu'on veut une économie basée sur la réindustrialisation du pays et sur un service public aussi de qualité qui ramène beaucoup de cotisations au système de retraite. Vous reconnaissez
que le taux de chômage est au plus bas aujourd'hui
depuis des années. Mais ce sont pour des emplois je vous le disais de petite qualité c'est-à-dire des emplois Uberisés qui ne ramènent pas beaucoup de cotisations. Donc le choix de l'économie de la direction dans laquelle on structure notre économie c'est aussi le choix des retraites du système de retraite qu'on a avec.
Elliot, sur l'application de France Inter le RN c'est une pancarte pas comptant et on s'arrête là
Sébastien Chenu.
Non parce que vous avez vu on fait des propositions on a un projet ce projet il a été passé au crible pendant l'élection présidentielle on a suffisamment fait le reproche d'ailleurs à Marine Le Pen de dire votre projet il est de gauche alors maintenant il est facile de dire qu'on n'a pas de projet non on a un projet qui je le redis est structuré sur le nombre d'années passées au travail qui vous permet de partir plus tôt selon votre âge d'entrée sur le marché du travail c'est un projet qui est très différent de celui du gouvernement c'est un projet qui est financé qui repose sur des leviers des directions économiques très différentes de celles du gouvernement mais il est clair que dans votre projet
si je rentre si je commence à travailler à 23 ans par exemple je ne pars pas à 62 ans je peux être clair à 67 ans
après plus vous rentrez tard sur le marché du travail plus vous allez partir en retraite tard si vous partez en retraite à 25 ans si vous rentrez sur le marché du travail oui ça c'est un peu tôt et bien vous partirez en retraite évidemment plus tard mais les métiers pénibles les métiers dans lesquels vous commencez tôt quand vous êtes routier d'ailleurs on a déposé par exemple un amendement c'est le collègue Frédéric Falcon qui permet aux pompiers de pouvoir avoir des trimestres supplémentaires parce que les pompiers les forces de l'ordre etc. qui parfois partent entre 53 et 59 vont partir entre 63 et 69
Emmanuel Macron reçoit aujourd'hui les présidents du Sénat et de l'Assemblée Nationale pour évoquer la réforme institutionnelle qu'il veut mener à bien après la réforme des retraites réduire le nombre de parlementaires autoriser le cumul des mandats pour les maires des petites villes instaurer la proportionnelle le septennat peut-être vous serez constructif dans cette conversation vous souhaitez cette réforme institutionnelle vous pensez qu'il va la faire ?
Moi je pense que notre pays a besoin d'une réforme institutionnelle alors c'est vrai qu'à l'Assemblée Nationale tout le monde n'est pas d'accord on voit qu'il y a des partisans de la déconstruction de nos institutions la France insoumise ce sont des gens qui déconstruisent les institutions de la Ve République alors ils le font ou par des violences symboliques ou par l'encouragement probablement à travers cela à de vraies violences moi je pense que nous avons besoin de nos institutions elles sont solides mais elles doivent être revisitées la proportionnelle fait partie de cela on peut reparler du conseiller territorial ce sont pas des gadgets c'est une façon de pouvoir on peut reparler aussi des régions j'ai vu que la question de redessiner les régions se présentait à nous moi j'y suis très favorable au Rassemblement National nous y sommes très favorables
Quelques mots sur la visite exceptionnelle du président ukrainien Volodymyr Zelensky en Europe la semaine dernière Londres, Paris puis Bruxelles vous l'auriez applaudi debout comme l'a fait Jordan Bardella ce qui a heurté
certains dans votre parti Non mais nous sommes des gens courtois applaudir debout monsieur Zelensky ne veut pas dire que nous sommes d'accord avec tout ce qu'il demande mais nous sommes des gens courtois je m'étonne d'ailleurs qu'on puisse penser que nous ne soyons pas des gens courtois c'est vrai que nous on se roule pas par terre on met pas la tête d'un président de la république ou d'un ministre sur un ballon de football qu'on écrase avec le pied nous nous respectons les institutions et Jordan Bardella a tout à fait bien fait d'accueillir avec beaucoup de courtoisie Zelensky applaudir debout
c'est plus que de la courtoisie
vous auriez pu applaudir en restant assis
il s'est courtois il s'est mis debout
l'Ukraine est un pays qui résiste et je crois que ça se marque aussi par le salut mais ça veut pas dire qu'on est d'accord avec toutes les demandes
il demande aujourd'hui des missiles et des avions
vous êtes contre
l'envoi de
nous nous sommes favorables à envoyer du matériel défensif mais pas du matériel offensif vous savez il y a trois façons dont peut se terminer le conflit ou la Russie gagne et c'est un signe envoyé à des puissances qui pourraient dire c'est le jeu du plus fort qui gagne on gagne par la force on envahit le territoire d'à côté et c'est dramatique ou l'Ukraine gagne avec l'appui de l'OTAN et en réalité c'est une sorte de troisième guerre mondiale ou il ne se passe rien à partir du moment où l'OTAN s'engage aux côtés de l'Ukraine et les pays européens et bien c'est un conflit qui n'est pas forcément le même
ou alors c'est le cas actuel c'est à dire on envoie des armes
ou il ne se passe rien et c'est la guerre de 100 ans ça va durer ça va s'enliser éternellement ou alors et c'est nous on a toujours été très j'allais dire précautionneux vis-à-vis de la parole présidentielle parce que le président de la République engage la France et on ne veut pas abîmer la France sur la scène internationale vous souhaitez la victoire de l'Ukraine non moi je souhaite non mais je souhaite que l'Ukraine retrouve évidemment ses contours ses frontières son plein territoire évidemment c'est son territoire la Crimée c'est un sujet je crois de débat entre l'Ukraine et la Russie mais a priori moi je souhaite que l'Ukraine garde ses frontières ce que je crois c'est que la France elle a encore une voie a encore quelque chose à apporter à une solution pacifique si ce n'est pas une solution pacifique c'est la guerre mais la solution pardon la solution pacifique
avec qui ? à partir du moment où il y a un agresseur qui agresse un autre pays il est où ?
vous savez que dans toutes les guerres un jour ou l'autre les belligérants les adversaires se sont mis autour d'une table pour régler un conflit ça se termine toujours comme ça ou alors ça se termine par l'envahissement du plus fort sur le plus faible ce que nous ne voulons pas mais si Marine Le Pen
était au pouvoir aujourd'hui le 24 février dernier si elle était au pouvoir elle n'aurait rien envoyé du tout aux Ukrainiens ni chars ni canons César
elle aurait envoyé du matériel défensif vous savez ça me rappelle nous avons dîné Marine Le Pen et moi avec le président du parlement ukrainien et nous lui avons demandé posé la question suivante est-ce que les sanctions de l'Union Européenne sur la Russie à votre avis sont efficaces et il nous a dit elles ne sont absolument pas efficaces je vous dis avec beaucoup de sincérité si ça avait été efficace Poutine aurait plié depuis longtemps donc il faut qu'on ait des politiques qui soient cohérentes si les sanctions économiques sur Poutine ne sont pas efficaces on le voit la Russie c'est même enrichi mais qu'elle pose des problèmes aux français il faut changer de braquet c'est pareil pour le matériel envoyons du matériel défensif mais pas du matériel offensif et puis prenons des initiatives pour réunir l'ensemble des acteurs internationaux pas seulement la Russie et l'Ukraine autour d'une table il faut la paix à la fin
on va passer au standard on nous attend Pascal bonjour Pascal bienvenue
bonjour merci à vous moi je souhaitais poser la question suivante le gouvernement souhaite pour faire face au métier en tension de légaliser entre guillemets des migrants ou des étrangers je me demande si le raccèdement national qui était en responsabilité est-ce qu'il serait prêt à augmenter j'allais dire les salaires de ces métiers en tension des maçons des maçons du cuisinier pour les rendre plus attractifs et faire embaucher j'allais dire nos jeunes qui sont en recherche d'emploi
merci Pascal pour cette question vous nous appeliez de la réunion on parle là du projet de loi immigration avec ce titre de séjour d'un an concernant certains sans-papiers qui travaillent effectivement dans des secteurs en tension Sébastien Chenu
vous répond moi je ne crois pas du tout au projet d'Armanin qui voit l'immigration comme un projet c'est-à-dire que grosso modo il y a des métiers en tension il manque du monde on fait venir de la main d'oeuvre étrangère on connaît la chanson c'est toujours pareil et c'est l'histoire sans fin nous on croit au fait d'abord à la question salariale de revaloriser les salaires y compris et en priorité probablement des métiers les plus difficiles on a proposé ça nous à l'Assemblée nationale une augmentation de 10% des salaires jusqu'à 3 fois le SMIC en échange d'un gel de cotisation c'est-à-dire une incitation à ce que les entreprises fassent ce geste parce que les chefs d'entreprise ils savent très bien que la question salariale elle est devant eux ils entendent leurs employés et on sait que c'est une question importante sur l'attractivité des métiers ça a été refusé d'ailleurs par la gauche la gauche qui est ça pour manifester ou pour envoyer mettre des têtes au bout d'une pique il y a du monde mais lorsqu'il s'agit de voter un dispositif concret d'augmentation des salaires de 10% plus personne donc on pense que c'est évidemment ça couplé à la formation former des gens pour des métiers qui existent qui est une réponse aux métiers en tension
Question d'Emilie sur l'application d'inter n'avez-vous pas honte de demander aux femmes de faire plus d'enfants alors que nous sommes celles qui sont pénalisées trou dans les carrières salaire plus bas les femmes ne veulent plus servir à payer que répondez-vous
Sébastien Cheneuve ? Je respecte madame mais je n'ai pas honte je pense que la maternité peut ne pas être vécue seulement comme cette dame l'indique c'est-à-dire comme quelque chose de pénible j'ai le sentiment que c'est surtout une source de joie pour beaucoup de femmes dans notre pays tant mieux et je pense qu'effectivement un pays a besoin de ses enfants pour pouvoir grandir pour pouvoir continuer à vivre et je pense même j'ai lu ça avec beaucoup d'intérêt que le bilan carbone d'une famille de trois enfants est inférieur à celui d'une célibataire surconsommatrice donc vous voyez je pense que faire des enfants ça a beaucoup beaucoup d'avantages
Là vous opposez vous opposez les femmes là
je n'oppose personne du tout j'ai trouvé cette donnée j'ai trouvé que c'était intéressant parce que finalement faire des enfants madame nous présente ça comme un inconvénient majeur je respecte son choix elle a tout à fait le droit mais je pense que ça a beaucoup d'avantages dans une société
et on salue les célibataires surconsommatrices quand même
je suis moi-même un célibataire pas trop surconsommateur merci Sébastien Chenu
d'avoir été au micro-dentaire ce matin