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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 3 février 2026 88 min

Bonjour chez vous ! du 3 février 2026

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Locuteur 10

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous.

0:15
Présentateur

Bonjour à tous, très heureuse de vous retrouver en ce mardi 3 février pour faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous. On regarde ensemble le programme. Tous les mardis, notre éclairage sur les grands enjeux des municipales dont le premier tour se tiendra dans moins de six semaines. Aujourd'hui, on va parler santé. Comment lutter contre les déserts médicaux ? Faut-il plus de contraintes pour les médecins à l'installation ? Débat dans une heure avec des spécialistes. Et puis dans une demi-heure, nous recevons la ministre de la Santé, Stéphanie Riste. Deux propositions de loi ont été discutées au Parlement sur ce sujet. Que vont-elles devenir ?

Va-t-elle les soutenir et s'en emparer ? On lui posera la question. Les JO d'hiver de Milan s'ouvrent cette semaine, scrutées avec attention par les Alpes françaises qui accueilleront les suivants en 2030. Le Parlement a voté une loi pour faciliter l'organisation de ces Jeux. Le sénateur de la Savoie, Cédric Jial, est notre invité. On va en parler avec vous. Bonjour, merci d'être là. À la ligne de nos régions, Emmanuel Macron va-t-il répondre aux préoccupations des agriculteurs ? Il sera en haute zone à leur rencontre. On ira justement à Vesoul avec la presse régionale. Voilà pour le programme. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous.

Et on commence avec les repères de l'actualité. Bonjour Stéphane Duguay. Bonjour Auriane, bonjour à tous. À la ligne de ce mardi 3 février, le Parlement qui tourne la page du budget. Oui, après des débats commencés cet été par François Bayrou, puis cet automne par son successeur Sébastien Lecornu. Ça y est, la France a un budget pour l'État pour l'année 2026. Une adoption définitive hier après l'échec de deux nouvelles motions de censure. Cécile Cixou.

1:52
Locuteur 8

La motion de censure n'est pas adoptée.

1:54
Présentateur

A deux reprises hier, l'Assemblée nationale a rejeté l'émotion de censure déposée par le RN et une partie de la gauche contre l'utilisation du 49-3. Deux rejets, mais surtout l'épilogue d'un pénible marathon parlementaire qui s'achève par l'adoption du budget 2026, dont s'est réjoui Sébastien Lecornu sur X, même si en séance, il s'est montré très amer sur les comportements à la fois du LFI et du RN tout au long des discussions.

2:21
Stéphanie Rist

Tout termine comme cela avait commencé, c'est-à-dire avec les groupes du RN et de la France insoumise

2:29
Locuteur 5

qui, après avoir méthodiquement tout bloqué, tout saboté pendant quatre mois, décident à la fin de déposer des motions de censure systématiques pour mieux regretter l'utilisation du 49-3.

2:42
Présentateur

Côté RN, le député Philippe Ballard déplore l'accord de non-censure passé entre le gouvernement et les socialistes.

2:48
Locuteur 5

C'est triste pour la France ce soir, ce qui vient de se passer à l'Assemblée. Les socialistes n'ont pas voté la censure, mais j'ai envie de dire, son logique est quand même, puisque c'est un budget socialiste, donc ils n'avaient pas besoin de le censurer.

2:59
Présentateur

Pour Mathilde Panot, il signe la rupture définitive entre LFI et les socialistes.

3:04
Locuteur 3

Le parti socialiste a définitivement trahi les engagements qui étaient pris devant les électeurs et les électrices, puisque, je le rappelle, le programme du Nouveau Front Populaire commençait par cette phrase. Le Nouveau Front Populaire regroupe des femmes et des hommes qui s'unissent pour rompre avec la politique d'Emmanuel Macron. Et c'est cela qu'ils ont aujourd'hui trahi.

3:23
Présentateur

LFI va saisir le Conseil constitutionnel pour contester un budget qu'il juge cruel. Les policiers municipaux auront-ils plus de pouvoir ? C'est en tout cas l'objet, Auriane, d'un texte qui sera examiné aujourd'hui au Sénat. En discussion, la possibilité pour les 28 000 policiers municipaux que compte la France d'établir des amendes pour des délits du quotidien, de fouiller le coffre des véhicules ou des bagages, ou encore d'utiliser des drones, des compétences qui seraient facultatives, laissées au bon vouloir des maires, chefs des polices municipales de leur commune. Le Sénat va aussi se repencher sur une nouvelle loi Duplomb.

Les sénateurs Laurent Duplomb et Franck Ménonville veulent à nouveau réautoriser certains pesticides pour l'agriculture, comme les néonicotinoïdes accusés de tuer les abeilles. Un nouveau texte a été déposé hier après une première loi partiellement censurée cet été par le Conseil constitutionnel. Rappelons que contre ce premier texte, une pétition avait recueilli plus de 2 millions de signatures sur le site de l'Assemblée nationale. De nouvelles révélations dans l'affaire Epstein qui vise notamment Jack Lang.

L'ancien ministre de la Culture de François Mitterrand dit assumer pleinement ses relations passées avec Jeffrey Epstein et assure qu'à l'époque, rien ne laissait supposer qu'il pouvait être au cœur d'un réseau de criminalité. Sa fille, Caroline Lang, à elle, démissionnait de la tête du syndicat des producteurs de cinéma après que les documents publiés ont révélé l'existence de transactions entre elle et Jeffrey Epstein. On termine par l'actualité internationale. Et Donald Trump, confiant sur l'issue des discussions avec l'Iran. Oui, des négociations pour lesquelles le ministre des Affaires étrangères iranien a été mandaté par le président.

Aujourd'hui, le président iranien, Massoud Pézekian, espère que le cadre de ces négociations sera sans menaces ni demandes déraisonnables. Pas de quoi inquiéter Donald Trump. Écoutez.

5:08
Locuteur 2

À l'heure actuelle, vous savez, une force considérable est en route, comme nous l'avons fait au Venezuela, en encore plus important. Ils seront bientôt en place. J'aimerais voir un accord négocié. Je ne sais pas si cela va arriver, mais enfin, si je le savais, je ne pourrais pas vous le dire. Ce serait très stupide de ma part de vous le dire. Pour l'instant, nous discutons avec eux, nous parlons avec l'Iran. Et si nous pouvions trouver un accord, ce serait formidable. Et si nous n'y parvenons pas, il se produirait probablement de mauvaises choses.

5:39
Présentateur

Merci Stéphane. On vous retrouve dans quelques instants pour parler des Jeux olympiques. On va voir ça avec vous. Bonjour Cédric Vial. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation, sénateur de La Savoie, attaché au groupe LR Semaine de JO, qui vont donc s'ouvrir du côté de l'Italie. Vous allez évidemment les scruter avec attention, puisque la prochaine fois, ce sera vous, la Savoie, les Alpes françaises, qui allez les accueillir. On va en parler dans quelques instants. Et c'est aussi à la une de la presse régionale. On va regarder trois titres. Celle de West France. La une, JO d'hiver derrière le sport. Un pari financier risqué.

Et l'Italie, qui espère tirer des bénéfices économiques et touristiques des Jeux de Milan-Cortina, qui s'ouvre donc vendredi. Mais entre dépassement de budget et recette espérée, difficile d'y voir plus clair. La deuxième une, c'est celle du populaire du centre municipal. Les éoliennes électrisent le débat. Les élus, toujours attachés aux énergies renouvelables, justifient leur choix politique. Et puis la dernière une, c'est celle du Parisien. L'impunité des proxénètes du net. Le commerce en ligne de faveurs sexuelles, même avec des mineurs, échappe à toute sanction. Deux propositions de loi du Sénat visent à l'interdire, dont l'une sera examinée en séance mardi prochain.

De quelle une avez-vous envie de nous parler ?

6:47
Stéphanie Rist

Des JO, probablement.

6:49
Présentateur

Je m'en doutais un petit peu. Les JO qui s'ouvrent donc vendredi, du côté de l'Italie, Milan-Cortina, on va longuement en parler. Mais d'abord, sur la une, un pari financier risqué. C'est risqué aujourd'hui d'organiser des Jeux olympiques ?

7:03
Stéphanie Rist

C'est un coût. Est-ce que c'est risqué ? Je pense qu'on en fait beaucoup aujourd'hui. On a les JO qui sont probablement les plus sobres financièrement. On est à peu près à 2 milliards d'euros de budget. 2,1 milliards, c'est le budget qui a été arrêté.

7:15
Présentateur

Pour les Alpes françaises.

7:16
Stéphanie Rist

Pour les Alpes françaises, pardon, 2030. On était à 4 milliards d'euros, par exemple, aux derniers Jeux. Donc on est plutôt dans une logique de sobriété. Alors 2 milliards, c'est beaucoup d'argent. Mais sur ces 2 milliards, c'est à peu près un quart qui est financé par de l'argent public. Et 75% qui sont financés par du sponsoring de l'argent privé. Donc c'est 500 millions d'euros d'argent public sur le financement du COJOP. Donc oui, c'est beaucoup d'argent. Et en même temps, on peut relativiser quand on voit ce qui vient de se passer dans le 49-3.

Est-ce qu'on est capable de dépenser en une minute dans une négociation avec un autre parti politique pour des choses qui me semblent, sur le temps, moins impactantes ? Et puis considérons que c'est un investissement.

7:58
Présentateur

C'est risqué aujourd'hui aussi pour les collectivités. Là, les Jeux des Alpes 2030, on va y revenir. Ils seront sur la région Auvergne-Rhône-Alpes, sur la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. C'est très étalé. Pour les collectivités, est-ce que c'est prendre un risque d'organiser des Jeux ? Ou est-ce qu'au contraire, c'est bénéfique ?

8:15
Stéphanie Rist

Ça a toujours été bénéfique, que ce soit Grenoble et à plus forte raison Alverville. On espère que ça le sera aussi. C'est le pari que l'on fait. C'est un coût de 500 millions d'euros pour l'État et les collectivités au sein du COJOP. Pour vous donner une idée, le budget de la région Auvergne-Rhône-Alpes en investissement, c'est 1,3 milliard par an. Là, on est sur 500 millions solidairement payés sur 6 ou 7 ans. Donc on va y faire face. Et c'est un investissement, je vous disais, parce que les investissements qu'on a fait à Alverville, par exemple, aujourd'hui font le succès de la Savoie et des Alpes.

Toutes nos stations ont acquis une réputation et des infrastructures à Alverville sur lesquelles on vit aujourd'hui. Je vous rappelle que c'est plus de 50% de l'économie du département de la Savoie qui est tournée autour des sports d'hiver. Mais bien au-delà, je ne sais pas si les Français qui nous regardent le savent, 70% du fromage à raclette est fabriqué en Normandie, par exemple. Alors moi, je ne parle pas de la raclette qu'en station de ski. Mais c'est toute une économie qui tourne autour. C'est plus de 120 000 emplois directs, l'économie du ski. Plus de 120 000 emplois directs. C'est un tout petit peu moins que l'industrie automobile, mais c'est une vraie industrie.

Et ça, c'est grâce notamment aux investissements qu'on a fait à Alverville qu'aujourd'hui, on en est là. Et c'est des investissements qui sont durables. On espère que ces jeux le seront aussi pour d'autres raisons, parce qu'on va réutiliser nos équipements. On va en remettre à jour quelques-uns. Mais ce que l'on souhaite, c'est donner l'image de la montagne de l'avenir, avec des investissements nouveaux, notamment sur le mode de transport, qui permettront de rendre la montagne plus durable, mais toujours accessible dans 30 ans.

9:55
Présentateur

On va continuer en parler. On va parler de cette question écologique. Vous allez débattre dans quelques instants avec la sénatrice écologiste Mathilde Olivier. Mais d'abord, Stéphane, on va voir avec vous, parce que ces Alpes françaises, elles sont déjà au Parlement. Il y a un projet de loi pour organiser les JO d'hiver 2030 dans les Alpes, qui a franchi la ligne d'arrivée parlementaire cette semaine. Oui, le texte doit être définitivement validé aujourd'hui à l'Assemblée nationale, jeudi au Sénat. Cette loi, elle permet l'adaptation de tout un tas de règles en vue des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver français, qui se tiendront dans 4 ans tout pile. Et oui, 2030, c'est bientôt.

Ce sera précisément du 1er février au 17 février 2030, entre Nice, Briançon, La Savoie, La Haute-Savoie, des stations comme La Plagne, La Clusa, Courchevel. Beaucoup de sites sont évoqués, mais on ne connaîtra la carte définitive des épreuves qu'au mois de juin. Cédric Vial, on va détailler les mesures que contient ce projet de loi. En quelques mots, vous dites quoi ? Vous dites « ouf, on est enfin arrivé à faire voter ce texte ? »

10:53
Stéphanie Rist

Oui, ouf, parce que le plus gros défi, finalement, de ces Jeux, il n'est pas financier, c'est le timing. C'est le temps qui nous reste jusqu'en 2030. Heureusement que beaucoup d'infrastructures sont déjà en place. Sinon, on aurait des difficultés peut-être à le faire. Je pense que la région PACA a probablement des investissements plus importants et plus lourds à faire que nous sur la région Auvergne-Rhône-Alpes. Mais la vraie difficulté, c'est une course contre la montre, finalement, sur certains équipements. Donc, cette loi, elle était très attendue parce qu'elle va justement permettre d'accélérer un certain nombre de procédures.

Il y a quelques dérogations, mais les gens entendent que ce n'est pas une dérogation au droit. C'est plutôt une dérogation sur des procédures qui peuvent se mener en même temps pour essayer de gagner du temps sur la réalisation de certaines infrastructures. Donc, oui, elle était importante.

11:34
Présentateur

Et en attendant de pouvoir aller voir du bobsleigh ou du saut, à ce qui que contient ce texte GIO 2030, Stéphane ? Alors, cette loi, elle a 37 articles, Lauriane, qui portent, vous le disiez, un haut temps sur l'aménagement, l'urbanisme, le dopage aussi, le travail le dimanche ou encore la publicité et la sécurité. Beaucoup de sujets abordés, donc. Mais commençons par le plus débattu, peut-être celui de la sécurité. Cette loi permet, par exemple, des enquêtes administratives élargies sur des personnes qui pourraient travailler sur les sites olympiques.

Il y a aussi l'interdiction de paraître, une mesure administrative prononcée par le ministère de l'Intérieur contre toute personne qui menacerait la sécurité publique. On peut citer aussi la possibilité de fouilles des véhicules élargis, pas seulement aux policiers, mais aussi aux agents de sécurité. Et ce texte, Auriane, il reconduit surtout l'expérimentation des caméras de surveillance algorithmiques, déjà testées pendant les Jeux de Paris. Des caméras dotées d'intelligence artificielle, censées pouvoir repérer des comportements dangereux, une valise abandonnée ou encore une voiture qui circule à contresens, la présence d'une arme sur quelqu'un, une intrusion, beaucoup de choses.

Ce ne sont que des exemples. Huit cas d'usage sont listés par le décret du gouvernement. Le bilan est assez mitigé, d'ailleurs, sur l'efficacité de Césia, mais le choix a été fait de poursuivre l'expérimentation jusqu'au 31 décembre 2027, après peut-être une pérennisation. Cédric Vial, pourquoi avoir choisi de poursuivre cette expérimentation ? On a vu, par exemple, que sur les Jeux olympiques de Paris 2024, la forte présence policière n'avait pas permis de justifier l'efficacité de ces caméras-là.

13:01
Stéphanie Rist

Paris, c'était 2024. Là, on sera en 2030. L'intelligence artificielle, elle progresse. Un scientifique disait que d'ici 2032, l'intelligence artificielle sera un million de fois plus puissante que chaque GPT-4 qu'on a aujourd'hui. Un million de fois, pas cinq fois, pas dix fois. Donc là, on se projette en 2030. Ce qui est certain, c'est que c'est un enjeu majeur de sécurité, les Jeux olympiques. En 15 jours, on a des flux de population, on a des risques importants, des pays étrangers aussi qui peuvent avoir des incidences ou des influences. Donc, il faut qu'on réagisse vite. Pourquoi se priver d'un tel outil ? La seule limite, c'est la reconnaissance faciale.

Mais après, c'est un outil de sécurité. La sécurité, elle se fait pour tous les gens qui vont y participer, mais aussi pour l'image de la France dans le monde. Je pense que c'est une très bonne chose. Ça n'a pas créé de difficultés à Paris, bien au contraire. Et on espère même que cette expérimentation soit encore plus efficace.

13:59
Présentateur

Écoute des libertés dont certains s'inquiètent. La Ligue des droits de l'homme, par exemple, la Commission nationale consultative des droits de l'homme, qui s'inquiète d'atteinte aux libertés avec ses caméras léorithmiques. Vous dites là-dessus qu'il n'y a pas de risque ?

14:11
Stéphanie Rist

Quelle atteinte aux libertés ? Je suis rarement inquiet des prises de position de la Ligue des droits de l'homme depuis quelques années. Mais aujourd'hui, la reconnaissance faciale pouvait être un sujet. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Le but, c'est effectivement de détecter des comportements suspects, des colis piégés. Vous l'avez dit, c'est une raison de sécurité. Aujourd'hui, on est vidéoprotégé de partout. Vous ne pouvez pas vous déplacer à Paris, dans le métro, dans la ville, etc., sans être protégé par des caméras. Est-ce que c'est une atteinte à la liberté ? Je ne pense pas. C'est plutôt une raison de renforcer la sécurité des Français.

Et sur une période aussi courte, on ne va pas mettre en cause la liberté des gens pendant les 15 jours ou 3 semaines de Jeux Olympiques. Mais par contre, on leur doit la sécurité. C'est un outil qui en fera partie. Et on espère même que d'ici 2030, il sera encore plus performant qu'il n'a été à Paris.

15:01
Présentateur

Et cette loi des JO 2030 prévaut aussi des exceptions en tout genre sur la période des Jeux et même avant. Oui, concernant l'affichage publicitaire, mais aussi les travaux pour réaliser les ouvrages olympiques. Il sera plus simple, par exemple, d'exproprier des propriétaires dont le bien se situe sur une zone visée par les travaux des sites des Jeux. Ils auront l'autorisation aussi pour les commerces près de ces zones d'ouvrir le dimanche sur la base du volontariat des salariés. Dans ce texte, on trouve aussi un objectif environnemental, celui des Jeux avec le moins de déchets possible et interdisant l'utilisation de plastique à usage unique.

Cédric Vell, au-delà de ces mesures, la loi prévoit aussi des réunions publiques pour informer les citoyens des zones concernées par les Jeux. Des opposants, d'ailleurs, au JO 2030, ont gagné auprès du tribunal administratif de Marseille. Tribunal administratif qui demande à la société qui construit les ouvrages olympiques plus de transparence. Est-ce que le processus est assez transparent, justement, pour accompagner les opposants aux Jeux et ceux qui seraient peut-être réticents ?

16:00
Stéphanie Rist

On peut toujours probablement être encore plus transparent. Là, on est au début. Donc, très souvent, on nous demande des informations ou de la transparence sur des décisions qui ne sont pas encore prises. Ça, c'est compliqué. Mais offrir de la transparence, je pense que c'est normal. C'est tout à fait normal. Après, soyons pas dupes. Ceux qui demandent de la transparence, ce qu'ils souhaitent, ce n'est pas de la transparence. Ils sont contre les Jeux. Et donc, ce qu'ils cherchent, c'est des arguments pour obtenir ensuite des interdictions ou pour mettre des bâtons dans les roues aux organisateurs.

C'est pour ça qu'ils veulent de la transparence pour avoir des informations, pour nourrir des recours. Donc, ne soyons pas dupes sur l'intention de ceux qui demandent ça. Mais après, évidemment, vis-à-vis de la population, c'est normal que les informations soient partagées de manière transparente. On l'a toujours fait. On le fait toujours sur des gros projets. Là, c'est sur une phase qui est un peu accélérée sur la réalisation de ces travaux. Il faut peut-être le faire un peu différemment et on peut toujours faire mieux. Donc, la transparence, oui. Après, ne soyons pas dupes sur l'intention de ceux qui la réclament.

16:56
Présentateur

Les JO des Alpes 2030 se dérouleront sur un concept éclaté comme les JO de Milan-Cortina. C'est les mots d'Edgar Gropiron devant les sénateurs. Ça veut dire qu'ils ne sont pas dans une ville, comme c'était par exemple le cas pour les JO d'Alberville, mais sur une zone très large. À Milan-Cortina, c'est sept sites. Là, il y aura quatre grands pôles pour les Alpes françaises 2030. La présidente du comité international olympique, ici Coventry, dit que cet éclatement a créé des complexités supplémentaires. Elle parlait de Milan, dont il faudra tirer les leçons. Qu'est-ce que vous en dites, vous, pour les Alpes françaises 2030 ?

17:30
Stéphanie Rist

C'est effectivement une grosse nouveauté, mais il y a avantage et inconvénient, comme dans tout projet. Ça a des avantages parce que ça permet à beaucoup plus de gens aussi de s'approprier ces jeux. On l'a vu même à Paris, il y avait des épreuves de basket qui avaient lieu à Lille, des épreuves qui avaient lieu à Lyon au football, je crois. Même à Marseille ? Ça a permis à l'ensemble des Français de pouvoir participer à des épreuves. Je pense que ça, c'est plutôt positif pour en faire un événement plus populaire.

Et donc, cet éclatement sur différents sites, très honnêtement, on aurait pu organiser l'ensemble des épreuves en Savoie, comme ça a été le cas à Albertville, ou même dans la simple vallée de la Tarentaise. C'était plutôt un choix de faire participer tout le monde. Ça, c'est positif.

18:11
Présentateur

– Là, ça va de Nice à la Haute-Savoie.

18:13
Stéphanie Rist

– Voilà, mais ceux qui font du patinage artistique ou qui pratiquent le ski alpin, ce n'est pas tout à fait les mêmes athlètes. Donc, pour eux, ça ne va pas changer grand-chose.

18:22
Présentateur

– Le patinage sera à Nice et du ski chez vous.

18:23
Stéphanie Rist

– C'est pour les journalistes qui ont des trajets, ce n'est pas pour les athlètes. Mais ça permettra aux spectateurs de ces deux régions de participer et d'accéder même plus facilement à du logement. Quand tout est concentré, c'est beaucoup plus difficile, même pour les spectateurs, de venir participer. Là, on va répartir un petit peu les flux. Il y aura peut-être moins de ralentissement, d'engorgement. Et je pense que ça facilitera la fête pour tout le monde et ça permet à tout le monde d'y participer. Moi, je vois ça très positivement. Ça crée quelques complexités, évidemment, notamment, je vous dis, pour les journalistes ou pour les villages olympiques des athlètes.

Mais globalement, je pense qu'en plus de ça, en termes d'héritage, ce sera beaucoup plus simple et beaucoup plus… il y aura des retombées qui seront meilleures pour les territoires.

19:09
Présentateur

Ça pose des questions sur le plan environnemental, l'organisation de ces Jeux olympiques et notamment chez les écologistes. Bonjour Mathilde Olivier, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes sénatrice, les écologistes des Français de l'étranger. Mathilde Olivier, le gouvernement promet des Jeux exemplaires sur le plan environnemental. Vous n'y croyez pas ?

19:30
Locuteur 8

Non. Aujourd'hui, nous ne pouvons pas être sérieux sur les engagements environnementaux qui sont pris par le gouvernement. Mais au-delà des enjeux environnementaux en tant que tels, la question qui se pose sur ces Jeux, c'est celle de l'adaptation des territoires de montagne au changement climatique. Et c'est bien ça, le cœur du sujet. C'est aussi pour cela que nous demandions des consultations publiques, que nous demandions que la CNDP, la Commission nationale du débat public, soient aujourd'hui consultées, qu'il y ait une véritable consultation des citoyennes et des citoyens, puisque nous parlions des Jeux d'Albertville il y a 30 ans.

Et bien dans 30 ans, c'est 50% des stations qui verront leur modèle économique mis en danger par le changement climatique. Ce sera 3-4 degrés en plus dans ces stations. Et donc aujourd'hui, le cœur du sujet pour les stations, pour les territoires de montagne, c'est bien cette adaptation au changement climatique. Et c'est pour cela que nous avions besoin d'engagements forts sur le volet environnemental que nous ne retrouvons pas dans le projet tel qu'il est proposé actuellement.

20:35
Présentateur

Vous ne les avez pas eues ? Parmi les garanties, il n'y a par exemple pas de retenue spécifique pour l'enneigement artificiel. Ça, ça fait partie des garanties. Ça vous rassure ?

20:44
Locuteur 8

Écoutez, je ne pense pas que nous puissions être rassurés face à cette égotripe de deux présidents de région qui, sur le volet environnemental, leur bilan n'est quand même pas rebisant. Nous ne sommes pas rassurés. Les écologistes localement, dans la région Verde-Rhône-Alpes, dans la région PACA, ne sont pas rassurés, que ce soit sur le volet des infrastructures, que ce soit sur les engagements. Quand on nous parle de l'interdiction du plastique à usage unique dans les territoires, pour ces Jeux olympiques et paralympiques, ça me fait quand même un petit peu rire quand on a vu lors des Jeux de Paris toutes les Eco-Cups Coca-Cola.

Bon, soyons sérieux, nous avons aujourd'hui besoin d'investissement dans la transition. Et ces Jeux, avec ces 2 milliards qui vont être investis, eh bien c'est finalement des investissements qui auraient pu être faits pour la transition et qui seront faits pour justement continuer ce modèle du tout-ski qui ne pourra pas continuer à l'avenir.

21:46
Stéphanie Rist

On a déjà croisé le fer avec Mathilde Olivier sur ce sujet-là, on ne peut pas être d'accord. Ce n'est pas une consultation publique qui va décider de la météo dans 6 ans. Et ce n'est pas parce qu'effectivement, le réchauffement climatique va faire que certaines stations vont avoir de plus en plus de difficultés à ouvrir que dans les grandes stations dans lesquelles on organise ces Jeux, il n'y aura plus de neige dans 6 ans. Il est fort probable que dans les 20 ou 30 prochaines années, le nombre de pays dans le monde qui soient capables d'organiser encore des Jeux olympiques effectivement soient de moins en moins nombreux si on veut faire des Jeux qui restent responsables.

Mais on sera dans le top 5. C'est-à-dire qu'il est probable que si les Jeux olympiques d'hiver continuent jusqu'à la fin du siècle, on va dire, ou dans les 50 prochaines années, il est fort probable que quand il n'y aura plus beaucoup de pays pour le faire, nous on pourra encore le faire. À Courchevel, à Val-d'Isère, à Tine, il y aura de la neige encore. C'est vrai que dans les petites stations, moi j'ai été présent d'une petite station qui effectivement aujourd'hui a des difficultés parce qu'on est en basse altitude. Mais il ne faut pas généraliser. Et puis on parle des Jeux olympiques de 2030.

N'oublions pas aussi une chose, on parle du bilan écologique, comme si les Jeux olympiques, c'était un événement exceptionnel. Pendant les Jeux olympiques, il est fort probable, comme ça avait été le cas à Albertville en 92, qu'on accueille moins de gens en Savoie qu'on en accueille pendant des vacances de février habituellement parce que l'organisation des Jeux dissuade un certain nombre de touristes. Nous, c'est un investissement sur du long terme et pour un événement sportif. Mais on a l'impression qu'on va dénaturer l'environnement avec l'organisation de ces Jeux.

Au contraire, on va en profiter pour faire des investissements qui seront durables et qui permettront d'être meilleurs encore après. Et pendant le déroulement des Jeux, on accueillera probablement moins de monde qu'on en accueille cet hiver, par exemple, pendant une saison normale. Donc, je pense qu'on s'emballe un peu. Chacun cherche un prétexte pour faire passer ses arguments. Ce n'est pas l'objectif, pour moi, de ces Jeux. Ces Jeux, c'est d'abord une fête sportive. Et ensuite, on va essayer de faire en sorte qu'il y ait un héritage de ces Jeux et que cet héritage, il soit aussi environnemental.

23:49
Locuteur 8

Mathilde Olivier. Oui, de l'aveu même de Cédric Vial, il nous dit que dans quelques années, il n'y aura plus qu'un certain nombre de pays, qu'un petit nombre de pays qui pourront sans doute accueillir les Jeux olympiques et paralympiques. Peut-être, mais cela signifiera aussi que la pratique du ski, que la pratique des sports de montagne sera réservée à une minorité à ce moment-là. Et c'est l'un des enjeux. Nous, nous souhaitons investir dans le sport pour tous. Nous souhaitons que toutes et tous puissent avoir accès à une pratique du sport.

Et lors des débats budgétaires que nous avons eus ces derniers mois, ce qu'on voit, c'est que les investissements sportifs sont mis dans une politique sportive qui serait celle de l'organisation de grands événements sportifs, plutôt que de les mettre dans l'accès à toutes et à tous à une pratique sportive. Et avec le changement climatique, c'est une réalité. Ça coûtera plus cher de faire du ski. Il y aura moins de stations qui pourront continuer à faire vivre ce modèle économique. Et donc, moins de gens qui pourront y accéder. Et donc, les plus riches. Et c'est aujourd'hui l'un des enjeux majeurs, pouvoir permettre encore une pratique pour toutes et tous.

Et pour ça, il faut adapter les territoires de montagne. Il faut pouvoir diversifier les activités dans ces territoires de montagne. Que ce ne soit pas centré sur deux mois, trois mois de sport d'hiver. Mais que les activités, elles puissent être vraiment toute l'année. C'est ce que nous souhaitons porter. Un autre modèle de la vie en montagne qui soit toute l'année et qui soit diversifié dans ces activités.

25:21
Présentateur

Merci beaucoup. Merci Mathilde Olivier d'avoir été avec nous pour échanger avec Cédric Vial. Un dernier mot, parce que ça crée aussi des tensions localement, ces Jeux olympiques, notamment du côté de Val d'Isère, qui initialement n'étaient pas inscrits sur la carte de ces Jeux. Ça n'a pas trop plu à Jean-Claude Killy. Finalement, Val d'Isère revient sur la carte. Du coup, ça ne plaît pas trop à Méribel. C'est compliqué à gérer localement ?

25:41
Stéphanie Rist

Il y a des enjeux forts. Tout le monde veut en faire partie. C'est la preuve qu'on a envie de ces Jeux.

25:47
Présentateur

Mais c'est possible qu'il y ait Val d'Isère et Méribel ?

25:49
Stéphanie Rist

Moi, c'était mon souhait. Je pense qu'aujourd'hui, ce sera plutôt l'un ou l'autre, à mon avis. Et plutôt Val d'Isère ? Val d'Isère, aujourd'hui, semble bien placé. Mais je pense que c'est dommage que ces trois stations ne puissent pas en faire partie. Val d'Isère, c'est une référence dans le ski mondial. Donc, ce n'est pas anormal qu'il soit sur la carte. Après, il y a le CIO qui a un certain nombre d'exigences qui ne permettent pas forcément de rajouter un souhait. C'est le comité international olympique. Donc, on va voir. Effectivement, des discussions sont avancées pour faire des annonces qui interviendront en juin, probablement. Aujourd'hui, Val d'Isère semble en tête.

26:29
Présentateur

On va continuer à voir l'actualité du côté de chez vous. On va à Albertville. Bonjour, Laurent Defour. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes le fondateur de Savoie News. Et vous vouliez vous tirer les leçons avec le sénateur des Bouchons Monstres qui a eu le 10 janvier dernier en Savoie après un épisode de Forte Neige.

26:46
Locuteur 5

Bonjour et bon éveil. C'est l'heure où jamais de le dire. Alors oui, en février, c'est le mois des vacances. Et puis, le 10 janvier dernier, on a eu de la neige. Bon, c'est peu probable qu'on ait de la neige en Savoie. Non, on en a beaucoup et elle est bien tombée. Sauf qu'on a des vacanciers qui sont parfois un petit peu, je dirais, trop joyeux et trop heureux de se retrouver sur 73 et oublient parfois leur équipement. Et ce n'est pas seulement les particuliers.

27:11
Locuteur 2

C'est aussi des bus. Alors là, on ne comprend pas. Des transporteurs qui amènent des dizaines, des centaines de vacanciers et qui ne sont pas équipés à tel point

27:21
Locuteur 5

qu'un gendarmerie est parfois obligé de les escorter pour redescendre. Et vous voyez sur cette terre de chaînage qui était en direction de Valterins, ce sont des dizaines de voitures. Et non seulement on s'arrête, parce que, comme vous le voyez, la marée chaussée fait bien son travail, mais en plus, il faut apprendre aux vacanciers

27:39
Locuteur 2

à mettre leur chaîne. Donc vous imaginez les bouchons qui se produisent. Après, on dit, oh, scandale. En Savoie, il y a des bouchons, il y a des régulations.

27:46
Locuteur 5

Mais tout ça, c'est pour protéger finalement la population qui n'est pas toujours éduquée ou qui n'a pas toujours le bon sens, je dirais, paysan, qu'on peut retrouver dans notre département de la Savoie. Donc moi, j'ai envie de dire au sénateur Vial, qu'est-ce qu'on peut faire, Cédric Vial, pour que, justement, l'information ne soit pas seulement au niveau de la Savoie, parce qu'en effet, il y a des médias, comme ici, le Pays de Savoie, comme la préfecture, qui lancent des messages tout au long de la journée et en anticipation aussi.

Mais par contre, les vacanciers qui arrivent de Paris ou d'ailleurs à travers le monde, parce qu'ils sont fort nombreux, eh bien, eux, arrivent un peu, je dirais comme ça, à la bonne franquette.

28:25
Stéphanie Rist

C'est Mathilde Olivier qui avait la réponse. Il neigera plus bientôt, donc on n'aura plus de problème. Non, plus sérieusement, on voit bien qu'il y a encore beaucoup de gens qui veulent venir chez nous pour skier. C'est plutôt bon signe. Effectivement, on a eu un phénomène un peu particulier. Alors, il a neigé, on en est très heureux. Quand il neige un samedi de chassé-croisé, c'est souvent difficile. Et c'est vrai qu'il y a une loi qui date de 2021, si ma mémoire est bonne, qui prévoit l'obligation d'être équipée, qui n'a toujours pas eu de décret d'application. Et mon collègue Vincent Roland se bat régulièrement pour faire en sorte qu'elle soit mieux appliquée.

Parce que quand on a une ou deux personnes qui ne sont pas équipées, ils peuvent bloquer la montée. Et là, c'est plusieurs heures après d'attente dans les voitures qui se passent derrière. Donc, effectivement, il y a un vrai enjeu. Un, pour faire respecter la réglementation. Et il faut le faire bien en amont. Quand on le fait dans la montée des Bellevilles, par exemple, c'était le cas. C'est quasiment trop tard parce qu'on bloque tous ceux qui sont derrière. Il faut probablement qu'on trouve des solutions aussi pour accompagner ceux qui n'ont pas l'habitude de mettre des chaînes et qui doivent les mettre pour la première fois. Je ne fais pas le malin.

Je ne suis pas sûr d'y arriver tout de suite du premier coup moi-même. Donc, ça peut nécessiter aussi d'accompagner les gens pour acheter des chaînes quand ils n'en ont pas parce que là, on a interdit les chaussettes. Et beaucoup étaient équipés de chaussettes parce qu'on leur a dit que c'était équivalent et ce n'était pas le cas. Donc, il faut qu'on prenne ce genre de décision. Et puis après, j'allais dire, il y a une autre manière de faire. Ce serait aussi de favoriser les séjours du dimanche au dimanche ou des arrivées le vendredi pour essayer de désengorger un petit peu les routes.

29:58
Présentateur

Merci beaucoup. Merci Laurent Defour. On était ravis de vous avoir dans cette émission. À très vite, j'espère. Merci beaucoup d'avoir accepté d'y participer. Un dernier mot, Cédric Vial, puisque vous suivez avec attention les questions d'audiovisuel public, notamment du financement de l'audiovisuel. On imagine que vous regardez ce qui se passe du côté de l'Assemblée. Cette commission d'enquête qui a notamment auditionné hier Léa Salamé, Laurent Delahousse, est-ce qu'elle est utile selon vous ?

30:22
Stéphanie Rist

Très honnêtement, j'espère qu'elle le sera, mais je ne vois pas bien ce qui va pouvoir en ressortir. Je fais partie probablement des rares auditeurs. J'ai écouté plus de 40 heures d'audition avant Noël. Je n'ai pas encore eu le temps de regarder les replays des dernières. Je ne vois pas bien où tout ça va nous mener. Et pourtant, des fois, j'enrage un peu devant l'intelligence parce qu'il y a des questions qui mériteraient d'être posées, des questions de fonds, de réorganisation, etc.

30:46
Présentateur

C'est trop politique ?

30:48
Stéphanie Rist

On est vraiment sur la surface des choses. Pour l'instant, moi, je n'ai rien appris. Je connais un petit peu le sujet, mais pour l'instant, je n'ai rien appris. Je ne vois pas bien dans quelle direction ou quelle piste de réforme il va pouvoir sortir de ces auditions. Je pense qu'on est passé un peu à côté des questions de fonds pour se concentrer sur des sujets un peu de surface. On commente les tweets d'il y a 10 ans de tel ou tel responsable. Ça peut avoir un sens, mais pour moi, on est quand même, pour l'instant, au cœur du sujet. Il faut reconnaître une chose au rapporteur. C'est sa communication sur les réseaux sociaux. C'est la différence entre faire et faire savoir ou faire croire.

Parce qu'on a vraiment l'impression qu'il y a une communication où il a découvert plein de choses, où il est un peu le justicier du secteur. Quand on regarde, moi, j'ai souvent eu mal pour lui quand je vois les portes qui s'est prises dans la figure. Je trouve que la réalité n'est pas tout à fait conforme avec l'image qu'il en donne. J'espère que ça servira à quelque chose.

31:49
Présentateur

Merci beaucoup. Merci Cédric Zial d'avoir été notre invité ce matin. Stéphane, on se retrouve dans 20 minutes pour la revue de presse régionale. Oui, on parlera notamment des municipales. Il vous reste très peu de jours pour vous inscrire jusqu'à demain en ligne et vendredi en mairie. Et on va en parler, les municipales. On va parler des questions de santé. Ce sera notre débat dans 20 minutes et on accueille tout de suite la ministre de la Santé, Stéphanie Riste. Bonjour Stéphanie Riste. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation, ministre de la Santé, des familles, de l'autonomie, des personnes handicapées.

On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Stéphane Vernet de Ouest de France. Bonjour Stéphane. Bonjour Auriane. Stéphane Riste, bonjour. Bonjour Stéphane. On va parler des questions de santé dans le cadre de notre spéciale municipale. La lutte contre les déserts médicaux, c'est une question très importante pour les Français. Mais d'abord, un mot du budget qui a donc été définitivement adopté par le Parlement après celui de la Sécurité sociale avant Noël avec des concessions qui ont réduit les économies initiales souhaitées par le gouvernement, notamment sur le budget de la Sécurité sociale.

Est-ce que l'avenir de notre modèle social a été un peu sacrifié pour que le gouvernement reste en place et pour maintenir la stabilité ? Alors déjà, je voudrais dire, parce qu'il est habituel maintenant de dire que les parlementaires ne sont pas sérieux. Hier, ils ont été face à leurs responsabilités. Vous savez que j'étais députée et je trouve vraiment que c'est un pas important. Dans une démocratie, on a besoin d'un Parlement qui fonctionne bien. Pour répondre à votre question, le budget de la Sécurité sociale a été voté en décembre et hier, dans le cadre du budget, il y avait certaines mesures concernant la santé mais pas le budget de la Sécurité sociale.

Et concernant les mesures sur la santé dans ce budget, il y avait des mesures importantes, notamment le fait de pouvoir accompagner les régions avec 215 millions d'euros qui permettra d'augmenter le nombre d'infirmières formées. C'était une mesure attendue parce qu'on a besoin de former plus d'infirmières dans le cadre de l'amélioration de l'accès aux soins. Mais dans le cadre du budget de la Sécurité sociale, il y a un déficit autour de 20 milliards. Est-ce qu'il faut s'inquiéter pour l'avenir de notre modèle social ?

Là où vous avez raison, c'est que je crois qu'il est très important de pouvoir poser le débat de comment demain on finance notre modèle social, de l'ensemble de la protection sociale de la Sécurité sociale. Elle a été créée en 1945 où on avait beaucoup plus d'actifs qu'aujourd'hui. La démographie, la transition démographique avec une baisse de la natalité et un vieillissement de la population doit nous faire poser la question de comment demain on finance notre protection sociale. J'entendais Marine Le Pen ce week-end parler de la santé.

Elle a annoncé d'ailleurs beaucoup d'erreurs en disant qu'il fallait supprimer le numerus clausus qui a déjà été supprimé depuis plusieurs années, depuis qu'on est arrivé en 2017. À aucun moment, elle ne propose de comment on finance notre système de santé et notre modèle social. J'espère que ce débat, on va l'avoir pendant l'année qui vient. D'ailleurs, je m'y engage même au ministère puisque j'ai lancé une mission entre l'articulation entre l'assurance maladie et les assurances complémentaires, les mutuelles, pour justement commencer à mettre dans ce débat comment on peut financer demain. Donc, faire plus participer les mutuelles ? Je n'apporte pas la réponse aujourd'hui.

Je vais lancer un travail avec quatre personnalités qualifiées qui vont travailler sur ces enjeux. Vous avez raison. La vraie question, c'est comment on finance notre modèle social, mais pas seulement demain. J'ai envie de vous dire dès maintenant parce que le Haut Conseil du financement de la protection sociale a annoncé qu'en fait, le trou de la Sécu en 2026 serait supérieur, a priori,

35:30
Stéphanie Rist

à ce qui était prévu dans le budget qui n'a même pas un mois. Il y a des dépenses ou des recettes qui ont été oubliées ou mal évaluées. Est-ce qu'il peut nous arriver la même chose avec le budget général ? C'est-à-dire, est-ce qu'on va, on pourrait découvrir qu'on a oublié de compter certaines dépenses par rapport à la copie qui vient d'être adoptée ?

35:51
Présentateur

Non, alors je comprends pourquoi il dit ça. Il dit que nous serons à 20 milliards au lieu de 19 milliards en raison, vous savez, du congé supplémentaire de naissance qui est une très belle mesure pour laquelle on s'est vraiment, on était déterminés à la présenter, cette mesure qui devait arriver en 2027 et elle a été avancée par les députés au 1er janvier 2026. Nous n'étions pas sûrs de pouvoir techniquement le mettre en place. On a beaucoup travaillé, je remercie l'ensemble des services qui ont travaillé et de l'assurance maladie pour pouvoir permettre aux gens qui vont accoucher cette année, depuis le 1er janvier, de pouvoir prendre ce congé supplémentaire, complémentaire de naissance.

Il y a aussi une taxe sur l'électricité dont les recettes sont baissées. Oui, ce qui est sûr, c'est qu'à la fin de l'année, nous serons en dessous des 20 milliards de déficit de la sécurité sociale. Je rappelle que c'est une amélioration par rapport au déficit de cette année et surtout, si nous n'avions pas eu de budget, une nette amélioration. Il faut poursuivre. Il faut poursuivre cette maîtrise de nos dépenses sociales en réfléchissant à un financement... Vous êtes sûr qu'on sera moins de 20 milliards de déficit à la fin de l'année ? Parce que si, en fait, il y a des mauvaises surprises

37:04
Stéphanie Rist

en cours de route, aujourd'hui, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale, on sera bientôt à moins d'un an des présidentielles, de la présidentielle. On voit bien que ce n'est pas une année et on va pouvoir réussir à faire passer un projet de loi de finances rectificatives.

37:19
Présentateur

Dans le cas du budget de la Sécurité sociale, tous les financements sont très, très déterminés à l'avance, très cloisonnés, c'est très carré. Et il y a un suivi, d'ailleurs, que je vais faire avec les parlementaires. Je commence une première réunion la semaine prochaine avec les parlementaires pour suivre ce budget de la Sécurité sociale, c'est-à-dire l'évolution des dépenses, mais aussi toutes les mesures et les décrets qui doivent être pris suite à ce budget de la Sécurité sociale.

C'était une promesse du Premier ministre et que j'avais relayée au banc et que je tiens puisque la semaine prochaine nous commencerons le suivi de ce comité de l'endame, comme on l'appelle, d'objectif des dépenses d'assurance maladie dès la semaine prochaine.

37:58
Stéphanie Rist

Dans un tout autre registre pour parler d'actualité, est-ce qu'on peut faire un point sur l'affaire du lait infantile, en fait ? Où est-ce qu'on en est en termes de prise en charge, d'hospitalisation, de nourrissons ?

38:09
Présentateur

À ce jour, aucun lien de causalité entre l'ingestion du lait et d'éventuels symptômes ou plus graves n'a été établi. C'est un sujet que nous...

38:21
Locuteur 7

Les décès de nourrissons enregistrés, on ne sait pas les attribuer...

38:25
Présentateur

Non, vous savez, malheureusement, il y a des décès de nourrissons, il y a des enquêtes en cours. Dans le monde entier, le lait a été... Des lots de lait ont été retirés puisque ça ne concerne pas que la France, bien évidemment. On n'a pas de signaux à ce jour qui permettent de créer, de faire un lien entre des signes et ce lait, malgré tout, avec le ministère de l'Agriculture qui est en charge de cette police sanitaire, nous sommes très vigilants pour évidemment continuer à retirer dès que des toxines sont détectées.

39:02
Locuteur 7

Tous les lots de lait infantile qui posaient problème ou qui posaient question en France, ils ont tous été retirés du marché ?

39:08
Présentateur

En fait, on peut dire au jour où on est puisque, vous savez, et heureusement, et c'est plutôt rassurant, les industriels continuent évidemment les contrôles sur leurs produits. Donc, quand il y a des contrôles qui montrent une trace de toxines, évidemment, ils sont retirés. L'une des principales préoccupations des Français, c'est la lutte contre les déserts médicaux. Les Français ont du mal à trouver des médecins, des spécialistes. Ils mettent parfois des semaines, voire des mois à avoir un rendez-vous. Sébastien Lecornu, il en a fait le thème de son premier déplacement quand il a été nommé Premier ministre. Les maisons de santé, France Santé maintenant.

Qu'est-ce que, concrètement, pour les Français qui nous regardent, ça va changer et à quelle échéance ? Alors, l'échéance, c'est rapidement, le plus vite possible. On est déjà à 1 700 maisons France Santé qui sont labellisées. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que, d'une part, il y a de la visibilité. Quand il y aura le logo France Santé, les Français savent qui peuvent pousser la porte pas loin de chez eux et avoir une réponse à leur demande d'accès aux soins, de consultation de médecins s'il y a besoin dans les 48 heures. Pas loin de chez eux, c'est combien ? C'était 30 minutes ?

Moi, je refuse de parler en minutes parce que les minutes en montagne ou sur de la plaine, ce n'est pas la même chose. Ce qui est important, c'est que le Français, n'importe où il habite, puisse avoir une réponse à sa demande pas loin de chez lui, de façon sécurisée. et ça, c'est tout l'objectif de France Santé.

Du part qu'il puisse voir où est-ce qu'il peut pousser cette porte et d'autre part, avec un financement qui a été voté dans le budget de la Sécurité sociale de 150 millions d'euros, de permettre cette augmentation d'accès aux soins parce qu'on va financer, par exemple, une infirmière de coordination supplémentaire, une secrétaire supplémentaire, une assistante médicale supplémentaire. C'est les professionnels qui doivent nous dire comment ils veulent augmenter leur accès aux soins et quel est l'objectif de ce financement.

Donc, c'est travailler avec les élus des départements, avec le préfet parce que c'est un aménagement de territoire et avec les professionnels, bien évidemment, et l'ARS, les agences régionales de santé. Notre objectif, c'est que nous soyons à au moins 2 000 maisons labellisées cette année, 5 000 en 2027 et si c'est plus, tant mieux. Vous visez plus ? C'est-à-dire, déjà, vous pensez que vous arriverez à 5 000 en 2027 ? Je pense qu'on peut y arriver, oui, évidemment.

Encore une fois, je le dis, il y a les maisons de santé telles qu'elles existent déjà, il peut y avoir des centres de santé mais il peut y avoir aussi de nouveaux modèles, par exemple, j'ai pu le prendre cet exemple régulièrement au banc, une pharmacie qui a, avec une infirmière de la télémédecine dans un espace où il y a une infirmière qui assiste à la consultation de télémédecine avec le pharmacien, cet espace-là pourrait être un espace France Santé qui permettra en plus de créer un petit noyau de professionnels qui permettent à des médecins de venir s'installer dans ce coin parce qu'il se passe déjà une coopération entre professionnels.

Est-ce que c'est la bonne réponse à la question ou problème des déserts médicaux ? Alors je crois qu'il n'y a pas qu'une seule bonne réponse, je me suis engagée en politique sur ce sujet parce que je viens d'un département, le Loiret, qui était en avance sur les difficultés de déserts médicaux et donc j'étais médecin et j'ai voulu améliorer cet accès aux soins. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a plusieurs axes à travailler et ce qu'on a déjà beaucoup commencé. Le numerus clausus, c'est-à-dire le nombre de médecins formés, il fallait le supprimer, on l'a fait en 2019, on a une augmentation du nombre de médecins formés de plus de 20% par rapport à 2019, c'est une bonne chose, il faut poursuivre.

Mais avec des effets qu'ils se font sentir en 2027-2028 ? Oui, alors c'est vrai, il faut 10 ans pour former un médecin et qu'il sorte. C'est pour ça que je disais que c'est un ensemble de mesures. Mais un, il fallait le faire et si on l'avait fait il y a 40 ans, on aurait été bien plus à l'aise maintenant. Donc ça, c'est la première chose. La deuxième chose et ce pourquoi j'ai beaucoup travaillé en tant que députée avec deux lois que j'ai pu faire voter, c'est l'augmentation des compétences des professionnels de santé.

Les infirmières qui deviennent des infirmières de pratique avancée quand elles le souhaitent permettent de prendre plus en charge de patients et de libérer du temps de médecin. Et nous avons adopté beaucoup de mesures que ce soit pour les sages-femmes, pour les pharmaciens, pour les infirmières, pour les kinés qui permettent aux médecins d'avoir plus de temps, d'être recentrés sur leur cœur de soins et leur expertise. Évidemment, le médecin restant au centre du parcours du malade et au centre de la prise en charge, mais en coopération avec d'autres professionnels.

Juste, pardon, puisque vous parliez de lois, pour lutter contre les déserts médicaux, il y a deux lois qui se concurrencent au Parlement. D'abord, il y a la loi du sénateur Philippe Mouillet qui intègre certaines mesures soutenues par le gouvernement comme la mission de solidarité territoriale. Alors celle-là, elle a été adoptée en mai dernier par le Sénat. Est-ce que vous appelez l'Assemblée nationale à s'en saisir ? Je laisse les parlementaires et les propositions de loi faire leur chemin parlementaire.

Ce que je crois, parce que dans ces propositions de loi, il y a certaines mesures qui sont très coercitives et qui ne permettent pas tout le travail qu'on est en train de faire avec les professionnels. une meilleure organisation sur les territoires, plus de coordination, plus de partage de compétences, de tâches. Et tout ça, ça doit se faire dans la confiance. Je ne voudrais pas qu'il y ait des messages envoyés. Et je comprends que les parlementaires envoient certains messages parce que c'est tellement difficile d'être en difficulté d'accès aux soins. Il y a tellement d'angoisse pour les gens. Donc je comprends que les parlementaires s'engagent sur ces sujets.

Là, vous parlez de l'autre proposition de loi. C'est la proposition de loi de Guillaume Garrault qui est plus coercitive, qui elle a été adoptée par l'Assemblée nationale, toujours en mai dernier, mais qui elle, pour le coup, n'arrive pas au Sénat. Elle a été adoptée, la proposition de loi Garrault, malgré l'opposition du gouvernement. Est-ce que vous, vous souhaitez qu'elle en reste là ? Vous ne voulez pas qu'elle voie le jour ? Moi, j'ai fait partie des députés qui étaient très contre cette proposition de loi et je n'ai pas changé d'avis en devenant ministre. Je reste très contre parce qu'encore une fois, je pense que ce ne sont pas des mesures efficaces. Moi, ce qui m'importe...

C'est la contrainte qui vous pose problème ? Non, ça ne me dérange pas de mettre des contraintes si c'est efficace derrière. C'est l'inefficacité. Non, parce que quand vous avez une démographie qui est celle qu'on a, c'est-à-dire trop basse, quand vous mettez des contraintes à l'installation, les professionnels arrêtent. D'ailleurs, j'étais avec mon collègue norvégien, ministre de la Santé, hier. On a pu échanger sur ces sujets parce que c'est des débats. On a les mêmes débats partout dans le monde, en fait, sur la démographie médicale. Aucun pays a anticipé le vieillissement de la population, la transformation en maladies chroniques qui prennent plus de temps de médecins.

Et donc, il y a un enjeu très important et il faisait les mêmes constats. Je pense vraiment que nous avons à former plus, c'est ce que nous faisons, à mieux coordonner, partager les compétences, travailler en coopération. C'est ce que nous travaillons et que nous avons mis en place mais qu'il faut poursuivre. Et puis, tous les enjeux de lisibilité et puis, il y a tout l'enjeu de la télémédecine, là aussi. On va y venir, mais juste, pardon, madame la ministre, vous ne m'avez pas répondu sur la proposition de loi de Philippe Mouillet qui, elle, pour le coup, reprend des mesures que soutient le gouvernement. Alors, vous dites que c'est à l'Assemblée de décider de son ordre du jour.

Est-ce que si jamais l'Assemblée ne l'inscrit pas à l'ordre du jour, le gouvernement pourrait la reprendre à son compte ? Je crois que tous les débats sur l'accès aux soins, ils sont bienvenus dans nos assemblées. C'est un sujet qui concerne tous les Français. Nous débattrons à ce moment-là. Mais vous pourriez la reprendre à votre compte ? Le gouvernement pourrait la reprendre à son compte ? Écoutez, pour l'instant, ce n'est pas au programme et d'ailleurs, le sénateur ne me l'a pas proposé. Il ne vous l'a pas proposé. Stéphane. Vous avez évoqué la réforme du métier de l'infirmier à plusieurs reprises, donc 215 millions qui ont été votés dans le budget hier.

C'est 5 500 formations supplémentaires à l'année. C'est ça ? Mais il y a aussi des mesures, par exemple, comme la possibilité d'avoir accès direct à un infirmier pour les plaies et la cicatrisation. Ça, c'est une façon de libérer du temps aux médecins aussi ? Clairement, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, quand vous avez une plaie, qu'elle soit aiguë ou chronique, vous devez aller chez votre médecin qui vous examine et qui fait une prescription d'infirmière pour faire les soins. Ce qu'on dit, c'est que les infirmières ont les compétences. Évidemment, c'est en lien avec des formations à chaque fois. Les infirmières ont ces compétences pour s'occuper de plaies en coordination avec un médecin.

C'est-à-dire qu'évidemment, le médecin aura l'information que le malade a été pris en charge par l'infirmière. C'est mis en place dès le 1er février, c'est maintenant ? Nous l'avons déverrouillé grâce à la loi qui a été votée avant l'été, qui redéfinit les missions des infirmières et un décret que j'ai pu prendre. Dans les nouvelles missions que vous confiez aux infirmières, ils auront la possibilité de distribuer les kits de dépistage du cancer colorectal. C'est dans le même état d'esprit, j'imagine. Et en même temps, ça permet de voir qu'en fait, la France est en retard sur ce type de dépistage par rapport aux moyennes européennes. Pourquoi ?

Sur la prévention en général, on n'est pas un pays très en avance. On est en avance sur beaucoup de domaines dans la santé. Sur la prévention, on a encore des endroits où il faut faire mieux, notamment sur le cancer du côlon. Et évidemment, les infirmières ont les compétences pour délivrer ces kits de dépistage avec l'explication qui va avec. Dans une campagne en Mars, c'est ça. Dans le cadre de la campagne Mars Bleu, qui concerne justement d'alerter tous nos concitoyens à aller faire ce dépistage du cancer du côlon, elles pourront le faire aussi. Arrêtez-moi si je me trompe. Juste une précision.

J'ai cru comprendre que la France était le pays où il y a le plus de nombre de cancers par habitant. On est pays où il y a le plus de cancers déclarés en nombre d'habitants. Comment est-ce qu'on explique ce phénomène ? Je crois qu'il y a deux choses. C'est parfois bien d'avoir un nombre de cancers dépistés. Donc, l'augmentation du nombre de cancers est parfois une bonne chose. Ça veut dire qu'on le dépiste plus et qu'on n'attend pas que les gens soient décédés pour se rendre compte qu'ils avaient un cancer. Ce qui est sûr, c'est que nous devons améliorer notre dépistage puisque un cancer dépisté tôt devient maintenant une maladie chronique.

on a des traitements de mieux en mieux, de plus en plus efficaces qui permettent cette nécessité de dépister tôt. Donc, tout l'enjeu que nous avons est de dépister très tôt. Un mot juste sur la téléconsultation puisque vous en parliez. Comment, pour les habitants qui sont dans des zones peut-être moins dotées, moins dotées en numérique, pour les personnes âgées, éloignées du numérique, est-ce que ça ne risque pas de créer une France un peu à deux vitesses ?

Non, mais alors moi, j'étais dans mon département, un des premiers départements, il y avait des télécabines de consultation, comme je vous l'ai dit, dans un territoire rural où une infirmière accompagne le patient et permet d'avoir un premier accès aux soins. La télémédecine, la téléconsultation, n'est pas une solution à tous les problèmes d'accès aux soins. Elle est en complémentarité avec le système de santé actuel. elle est nécessaire parce qu'elle permet d'avoir une nouvelle porte d'entrée dans le système. Et donc, il faut absolument que nous la développions, pas seulement dans les grandes villes où les usages numériques sont peut-être plus faciles, mais aussi partout sur le territoire.

Typiquement, il pourra y avoir des France Santé avec des espaces proches des gens, numériques, avec des infirmières qui accompagnent le patient dans cette téléconsultation, en lien avec les professionnels du territoire. Parce que si la téléconsultation, on vous dit, il faut consulter parce que je dois vous examiner et je ne peux pas le faire en téléconsultation, il faut qu'il y ait des médecins qui puissent prendre la suite de cette téléconsultation. Et d'autre part, nous avons aussi la téléexpertise. La téléexpertise, ça veut dire que c'est le patient est en consultation avec son médecin traitant et il y a une visio avec un spécialiste.

Et là, c'est ce que j'ai annoncé, de vouloir développer le soutien notamment des hôpitaux, des spécialistes, des experts, que l'expertise puisse arriver jusqu'au cabinet de votre médecin traitant par ces téléexpertises. Stéphane ? La loi sur la fin de vie, en fait, est fortement modifiée par le Sénat. Il y a un désaccord manifeste entre les deux chambres. Qu'est-ce qui va se passer maintenant ? On va continuer le débat parlementaire. Vous savez, il ne s'agit pas d'une procédure accélérée sur ce texte, c'est-à-dire que le débat doit se faire et je pense que sur ce genre de sujet, on avait eu de la même façon sur les lois bioéthiques. Le temps avait mis pour arriver à la fin à une loi votée.

Nous allons reprendre, donc c'est en commission cette semaine à l'Assemblée nationale. Donc le texte repart du texte de l'Assemblée puisque le texte a été rejeté au Sénat et la semaine d'après, en séance, à l'Assemblée. Ce sera mi-février et après. Est-ce que vous souhaitez que ça revienne au Sénat avant l'été ou est-ce que vous souhaitez laisser un peu de temps et attendre la prochaine session ? Je crois qu'il faut que ce chemin se fasse. Donc avant l'été ? Ensuite, vous savez, encore une fois, c'est toujours des discussions avec le Parlement avec la place qu'il y a pour examiner les textes mais je souhaite que le chemin de ce texte se fasse. Et revienne au Sénat avant l'été du coup ?

Ça serait bien. Vous croyez qu'un compromis est possible entre les deux chambres sur un texte qui divise autant finalement ? En fait, c'est vrai qu'il y a une majorité de gens qui ont rejeté le texte au Sénat donc la majorité est un peu différente entre le Sénat et l'Assemblée. Ce que je vois pour avoir fait les débats depuis longtemps maintenant sur ce texte puisqu'on avait commencé avec Catherine Vautrin avant quand j'étais députée, c'est qu'il y a des gens, des députés ou sénateurs qui sont très pour, d'autres très contre, d'autres qui hésitent encore. Le débat permet de continuer cette réflexion dès qu'on travaille ce sujet qui est un sujet très compliqué.

Il est difficile d'avoir aussi des avis très arrêtés. Alors, est-ce que le temps va permettre d'arriver à un vote commun des deux chambres ? Je n'en sais rien. Mais il faut que ce chemin se fasse. Et pourquoi pas donner le dernier mot à l'Assemblée comme permet la procédure en fait sur ce texte-là ? C'est trop compliqué ? Ce que j'ai entendu des sénateurs dans le débat, c'est aussi qu'on était en première lecture et qu'il fallait aussi voir en deuxième lecture. Donc, peut-être qu'il faut voir en deuxième lecture. Je crois que c'est des sujets sur lesquels on peut évoluer vraiment. En tout cas, mon chemin personnel a été d'évoluer. sur ce texte. Merci Stéphanie Riste. Merci beaucoup.

Merci d'avoir été notre invitée. On va continuer à parler santé municipale, lutte contre les déserts médicaux. Ce sera l'objet de notre débat dans une dizaine de minutes. Merci beaucoup Stéphane d'avoir été avec nous. La une de Ouest France, ce sont les Jeux olympiques. Et avant de reparler santé, on va voir ce qui fait la une de nos régions. Et c'est Emmanuel Macron qui va à la rencontre des agriculteurs. Merci. L'actualité dans nos régions grâce à nos partenaires de la presse régionale. On va à Vesoul, en Haute-Saône, où on retrouve Philippe Combrousse. Merci beaucoup d'être avec nous. Rédacteur en chef de la presse de Vesoul.

Philippe Combrousse, à quelques jours de l'ouverture du Salon de l'agriculture, ce sera le 21 février, la ville de Vesoul reçoit aujourd'hui la visite d'Emmanuel Macron. Quel est le programme ? Alors oui, en effet, bonjour d'abord. Et aujourd'hui, Emmanuel Macron, président de la République, est à Vesoul, mais pas seulement à Vesoul. Il va dans une petite ferme qui se situe au nord-est de Vesoul pour rencontrer des syndicats agricoles et surtout parler agriculture. Dans un petit village qui s'appelle Val-Roi de Bois, 260 habitants, une exploitation laitière.

Tout le monde, on n'est pas sans savoir qu'avec le Mercosur, le prix du lait qui baisse, les agriculteurs ont beaucoup de choses à dire aux présidents de la République et il recevra notamment les différents représentants des organisations syndicales. Donc, il y aura la FDCEA avec les jeunes agriculteurs, il y aura la coordination rurale, la Confédération paysanne et également le quatrième syndicat. Tout le monde sera là pour rencontrer le paysan et leur faire part de leurs revendications. Voilà. Alors, il pleut un petit peu, donc c'est un temps, ça va être un petit peu, peut-être un petit peu boueux sur la fermée, mais bon, voilà, tout le monde devrait s'adapter.

Et une visite qui, Philippe, intervient à peine un an après la dernière visite du président de la République dans votre département, c'était le 18 mars 2025, c'était sur la base aérienne de Luxeuil-les-Bains. Qu'est-ce qui s'est passé depuis ? Alors là, c'est vrai qu'à la base de Luxeuil, le président de la République, l'année dernière, était attendu parce qu'il était venu porteur de bonnes nouvelles. Quand vous vous rendez compte qu'il a annoncé que la base de Luxeuil, qui est une base stratégique, qui allait avoir 1,5 milliard d'euros d'investis, est que d'ici, à partir de 2032, donc nous aurons des escadrons de rafales avec une montée en puissance jusqu'à 2036.

Donc ça veut dire que la base qui accueille actuellement à peu près 1 200 personnes aura entre 2 000 militaires et également civils. Et au-delà de ça, donc les rafales arrivent, donc ça c'est la fin du Mirage 2000 qui disparaît. Et il faut savoir qu'il y a quelques années, en 2008, dans le cadre de la réforme de la carte militaire, la base de Luxeuil avait quand même été condamnée, avait réussi à être maintenue, notamment en Hausson grâce à l'époque qui était ministre de notre sénateur Alain Julandet qui était intervenu et qui avait réussi à sauver la base à l'époque où Nicolas Sarkozy était président. Donc ça, c'est vraiment une bonne nouvelle.

C'est une bonne nouvelle des dernières quand le président de la République a annoncé ça. Et ici, tout le monde s'en félicite parce qu'au-delà de l'arrivée de la base et de tous ces moyens, ça veut dire que toutes les communes de Luxeuil, de Saint-Sauveur mais également de Vesoul, beaucoup de communes sont en train de retravailler sur leur plan de l'occupation des sols et envisagent déjà de nouvelles constructions pour accueillir de nouvelles familles, ça veut dire également des enfants dans les écoles. Donc c'est vraiment quelque chose qui, Haute-Saône a attendu impatiemment.

et il faut savoir que c'est quand même la troisième fois parce que le président de la République est également venu en Haute-Saône en octobre 2021 à l'occasion de la Journée nationale des animaux à la SPA de Gré. Donc ça veut dire qu'on aura quand même eu trois fois le président de la République en l'espace de quelques années dans le département. Merci beaucoup, merci Philippe Combrousse d'avoir été avec nous rédacteur en chef de la presse de Vesoules et on suivra ce déplacement du chef de l'État aujourd'hui du côté de chez vous. Merci beaucoup d'avoir été avec nous.

Alors il n'y a pas que l'agriculture qui fait la une de la presse régionale, il y a aussi les enseignants des postes de profs en moins à la rentrée et surtout à Lille, Stéphane. Oui, la Voix du Nord titre ce matin sur ce qu'elle qualifie d'éternel débat. L'Académie de Lille est la plus durement touchée par la suppression de 4000 postes d'enseignants prévus dans le budget 2026 qui a été définitivement validé hier. Pour Lille, ce sera 412 postes de profs en moins dès le mois de septembre. On est les champions de France de la perte de postes, se désole David Blotiot du syndicat FSU ce nuit pépée. La faute à la baisse du nombre d'élèves défend la rectrice chiffre à l'appui.

Elle prévoit moins 2,8% d'inscriptions à la rentrée ce qui n'empêche les syndicats d'alerter sur les conditions d'enseignement et le risque de nouvelles fermetures de classes. L'enseignement catholique l'assalien accusé de viol et de violence est la une de Midi Libre. Oui, deux ans après l'affaire Betaram, une nouvelle congrégation religieuse, les frères des écoles chrétiennes est visée par plusieurs accusations. Un collectif d'anciens élèves victimes s'est constitué pour recueillir de nouveaux témoignages. Midi Libre donne la parole à des anciens élèves scolarisés à Langogne et Mande s'étend L'Auserre.

Coup de bâton sur les doigts pour des raisons futiles expliquent anonymement l'un d'eux qui affirme ensuite avoir été violé au moins à deux reprises dans une salle de classe. D'autres témoignages corroborent l'ambiance qui est régnée dans ces établissements et crie Midi Libre. De son côté, la congrégation affirme avoir lancé une ligne d'écoute dès 2014 et avoir indemnisé 70 personnes. Mais certaines victimes veulent aller plus loin qu'il y ait une enquête. Même si l'une de ces victimes se résigne déjà, je connais la réponse, c'est trop tard. Direction la Corse maintenant où l'orange se fait la belle. La belle, la belle, vous l'aviez Auréane, c'est la une de Corse ce matin.

Ce matin, l'orange corse va avoir son IGP, son indication d'origine protégée et ce à partir de 2027 et ça lui permettra de détrôner la clémentine corse qui est réputée pour être sans pépins et avec une acidité très typique écrite dans ses colonnes Corse ce matin. La meilleure, vous pouvez le dire. La meilleure, je vous laisse juge. Les vergers de clémentine sont vieillissants en Corse et les producteurs pensent donc à se tourner vers l'orange et le quotidien insulaire nous donne d'ailleurs l'eau à la bouche. Ce sera peut-être aussi la meilleure. La promesse de l'orange corse, un jus généreux et un rapport sucre-acidité subtilement dosé. Voilà ce que dit Corse ce matin.

On attend que vous nous en rameniez en plateau Auréane. Semaine prochaine. Allez, on fait ça. La meilleure aussi, je vous le confirme. Allez, on commence notre page consacrée au municipal. Dans quelques instants, notre débat sur les questions de santé mais d'abord les dernières actualités. On commence par ce sondage à Paris, publié hier. Sondage Cluster 17 pour nos confrères de Politico qui donne à six semaines du premier tour une photographie intéressante. Emmanuel Grégoire, candidat PS, écologiste, PCF, creuse l'écart. Il recueillerait 33% des suffrages, trois points de plus que lors de la précédente étude du même institut au mois de novembre.

Derrière, c'est Rachida Lati qui recueillerait 26% des voix, un chiffre à peu près stable. Mais l'équation pourrait se compliquer pour la ministre de la Culture avec l'apparition au second tour de Sarah Knafo. Vous le voyez, la candidate reconquête qui gagne 4 points depuis le dernier sondage du mois de novembre et donc passerait la barre qualificative des 10%. Cinq candidats pourraient donc se qualifier au second tour à Paris avec le candidat Horizon, Pierre-Yves Bournazel, soutenu également par Renaissance et la candidate LFI, Sophia Chiquirou, elle créditée de 12% des voix. Ce qui fait une quinquangulaire à Paris.

Pour voter à Paris comme ailleurs, il faut être inscrit sur la liste électorale. C'est la base, Auréliane, voilà ce que titre la Marseillaise ce matin qui rappelle les dates jusqu'à demain le 4 février pour vous inscrire en ligne et jusqu'à vendredi le 6 si vous voulez le faire en mairie. La Marseillaise qui nous emmène dans la cité Bourrelli de Marseille ou sur les campus de l'université ex-Marseille. Des campagnes de sensibilisation sont organisées pour que les citoyens s'inscrivent. Votez Pierrette, Paulette ou Jaquette.

Voilà, ça c'est un slogan d'un membre d'un collectif qui fait du porte-à-porte pour que les gens s'inscrivent sur les listes électorales et qui marchent d'après la Marseillaise. Des actions de la ville, des collectifs citoyens pour l'instant portent leurs fruits. À Marseille, la mairie a enregistré 10 000 inscriptions de plus pour le moment que lors du précédent scrutin. Et pour voter, il faut des bureaux de vote et des assesseurs pour les tenir. Le gouvernement craint-il d'en manquer ? On va écouter la réponse du ministre de l'Intérieur en charge de l'organisation des élections, Laurent Nunez, invité ce matin de TF1.

1:02:48
Locuteur 4

Est-ce que vous avez la certitude, la garantie que ces élections se dérouleront sans aucun accro nulle part ?

1:02:54
Stéphanie Rist

On y travaille d'arrache-pied, avec toutes les équipes du ministère de l'Intérieur, les préfectures

1:02:59
Locuteur 5

et puis les communes aussi qui sont en charge évidemment aussi de l'organisation. Et donc voilà, on n'a pas d'inquiétude particulière. Les élus s'y préparent, accompagnés évidemment par toutes les préfectures partout en France. Et pour ce qui est des fraudes, je rappelle qu'il y a

1:03:11
Stéphanie Rist

une surveillance assez massive qui est faite des bureaux et notamment pour les grandes villes avec la présence de magistrats assez régulièrement qui peuvent se déplacer.

1:03:18
Présentateur

Et lors de ces élections municipales, Stéphane, les citoyens devront trancher un sujet visible, celui des éoliennes. Oui, c'est à la une du populaire du centre et du courrier Picard ce matin. Sujet hautement sensible pour les militants locaux anti-éoliennes. En Picardie, la fédération anti-éolienne se mobilise, va envoyer une lettre à tous les maires des Hauts-de-France pour leur demander clairement de se positionner oui ou non pour de nouvelles éoliennes. Il en va de même pour les candidats.

Pour cette fédération, la réponse est toute trouvée, un refus de tout dialogue et de toute étude avec les promoteurs à voir ce que les maires en penseront et ce que les candidats en penseront alors qu'en Picardie, le département de la Somme est celui qui compte le plus d'éoliennes en France. Merci beaucoup. Merci Stéphane pour ces dernières infos de la campagne et c'est l'heure de notre débat du mardi consacré aux enjeux de ces municipales. Aujourd'hui, la santé et la lutte contre les déserts médicaux. Avant le débat entre nos experts, on va regarder notre reportage en région dans la commune de Bourg-Vallée, voisine de Saint-Los et dans la Manche.

Depuis 10 ans, il n'y a plus de médecins alors le maire se démène pour en trouver un. Cécile Tixou. Depuis 10 ans, Virginie, infirmière libérale, sillonne les routes de Bourg-Vallée, une commune de 3500 âmes. Bonjour. Ce jour-là, elle se rend chez Albert. Il y a deux ans et demi, elle a été hospitalisée à domicile pour une maladie du pancréas mais n'avait plus de médecin traitant après le départ à la retraite du sien.

1:04:41
Locuteur 1

On a vu ma maladie et les opérations que j'ai eues. Les infirmières qui venaient pour me brancher et tout ça, ils m'ont dit on va essayer de trouver un médecin.

1:04:49
Présentateur

Vu l'état d'Albert et son besoin de suivi, Virginie a fait des pieds et des mains pour lui trouver un médecin.

1:04:55
Locuteur 10

Ça n'a pas été simple mais on fonctionne très bien avec les médecins ici autour de Bourg-Vallée mais en fait ils sont déjà surchargés donc quand ils nous prennent un patient supplémentaire, c'est vraiment il faut bien se rendre compte que c'est une surcharge de travail pour eux en fait.

1:05:15
Présentateur

Depuis 10 ans, Bourg-Vallée est sans médecin. Dans la commune, 8% des habitants n'ont pas de médecin traitant et il faut souvent faire entre 10 et 20 kilomètres pour se faire soigner. Le maire et son adjoint à la santé se désespèrent. Depuis 2 ans, ils proposent d'embaucher directement un docteur sans résultat.

1:05:33
Locuteur 1

Dans le budget 2025, tu sais qu'on avait mis donc il y avait 159 000 pour le médecin et l'assistant. Pour le budget 2026, je pense qu'il va falloir renouveler ce montant-là. Donc depuis l'année dernière, on a mis un budget pour donc un médecin et une personne responsable du centre de santé. Ça représente en gros 13-14% du budget

1:06:02
Présentateur

de la commune. Donc c'est pas négligeable quand même. Le conseil municipal a aussi fait toutes les démarches administratives pour devenir employeur.

1:06:11
Stéphanie Rist

On a fait appel à une association qui s'appelle la Fabrique des maisons de santé et qui nous a aidés à faire notre dossier pour qu'on soit habilité par l'ARS,

1:06:21
Locuteur 1

la CPM pour pouvoir embaucher un médecin salarié.

1:06:25
Présentateur

Au total, la commune propose un salaire de 5 000 euros pour 35 heures et met des locaux à disposition dans la maison médicale.

1:06:32
Locuteur 5

Le bureau du médecin qui est actuellement un petit peu occupé par la sage-femme sera ici.

1:06:38
Locuteur 4

Donc on a un local de 20 mètres carrés qui est suffisant pour les consultations. Il y a un espace

1:06:43
Stéphanie Rist

qui est prêt à recevoir un médecin. Il suffit juste qu'on le trouve et qu'on achète le matériel avec lui. Voilà.

1:06:50
Locuteur 1

Et après, on est opérationnel.

1:06:52
Présentateur

Pour Virginie, qui a son cabinet dans la maison de santé, la venue d'un médecin simplifierait son quotidien.

1:06:58
Locuteur 10

Vous allez me dire que vous avez trouvé un médecin ?

1:07:00
Locuteur 4

Eh bien, malheureusement, non. On est toujours

1:07:02
Locuteur 1

à la recherche.

1:07:06
Locuteur 10

Ce serait vraiment un gain de temps plutôt que de courir chez les différents médecins à Canisie, à Moyon pour récupérer des ordonnances. Parfois, on a besoin d'une ordonnance tout de suite donc on fait des déplacements. Or là, si c'était la porte d'à côté, ce serait bien plus pratique.

1:07:23
Présentateur

En attendant, la ville a mis des affiches à plusieurs endroits et espère taper dans l'œil d'un médecin de passage. Et on va en parler de ces questions avec vous. Bonjour Daniel Chassin, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes médecin, sénateur de la Corrèze, membre du groupe

1:07:37
Locuteur 7

Les Indépendants,

1:07:40
Présentateur

on va y dire, Les Indépendants, République et Territoire, c'est le groupe des sénateurs Horizon pour que nos téléspectateurs comprennent bien. Marcel Jardel, bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes président du collectif Médecins Solidaires. En deux mots, expliquez-nous. C'est un collectif de 1000 médecins généralistes et de se mobiliser contre les déserts médicaux sur le principe du temps partagé solidaire. C'est-à-dire qu'on organise des relais hebdomadaires dans des centres de santé dans lesquels on rétablit une présence médicale. Et en duplex avec nous, Anaïs Verestadt, bonjour. Merci également d'être avec nous, médecin généraliste, auteur de Urgent Recherche médecin.

Et vous, vous avez fait un Tour de France. Vous allez nous raconter Tour de France de la désertification médicale. On va y venir avec vous. On a vu ce reportage. c'était du côté de Saint-Lô. Dans la Manche, on le voit, ce maire qui cherche un médecin. Aujourd'hui, les maires, les élus, ils sont aussi un premier rempart contre les déserts médicaux. Marcel Jardel, je vous ai vu réagir pendant ce reportage. Oui, parce que les maires et les élus locaux, ils sont, comme on dit, à portée de baffe. Ça veut dire que quand ils sortent de chez eux, toute la journée, les habitants leur disent alors vous avez trouvé un médecin, on a un médecin, mais qu'est-ce qu'on va devenir ?

Je me souviens d'un maire qui nous disait qu'il y avait une habitante qui lui avait dit mais je vais mourir et vous n'aurez toujours pas trouvé de médecin. Quand vous êtes maire, je n'ai jamais été maire, le Dr Chassin a été maire, je pense qu'il voit très bien de quoi je parle, je pense que vous êtes saisi par l'urgence que vos concitoyens vous ordonnent de régler. Vous partagez, monsieur Chassin ?

1:09:09
Locuteur 7

Bien sûr, c'est un total manque d'attractivité du territoire et de la commune. Dans les territoires ruraux, on a beaucoup de personnes retraitées qui vont avoir des polypathologies et si vous voulez, si on n'a pas de médecin, elles ne vont pas venir s'installer et donc ça, c'est vraiment catastrophique pour l'avenir de la commune mais aussi, les jeunes ne viendront pas s'installer s'il n'y a pas de médecin. Donc, c'est absolument indispensable d'avoir un médecin pour l'aménagement du territoire.

1:09:40
Présentateur

Et la solution, ça peut être quoi ? Ça peut être les médecins salariés, par exemple, que font certaines collectivités ?

1:09:47
Locuteur 7

Alors, si vous voulez, c'est une des solutions. Ce n'est pas la seule solution. Il y a plusieurs solutions. Tout à l'heure, vous avez entendu parler de la téléconsultation. C'est une des solutions. C'est un complément, si vous voulez. Par exemple, s'il y a un médecin installé, dans la pharmacie, il peut y avoir une téléconsultation qui est en complément, si le médecin n'est pas là, si... Voilà. Donc, mais... Voilà. Et bien sûr, d'autres possibilités, comme l'association de monsieur qui peut amener des médecins dans les endroits, si j'ai bien compris, où il n'y a pas de médecin. Il n'y a plus de médecin.

1:10:25
Présentateur

Anaïs Ferreuschtad, je le disais, vous avez fait un Tour de France, vous. Qu'est-ce qui vous a marqué durant ce Tour de France ? Qu'est-ce que vous en retenez ?

1:10:35
Locuteur 8

Effectivement, on a fait un Tour de France de remplacement dans les déserts médicaux avec mon compagnon qui, lui, est kinésithérapeute sur l'année 2024. On s'est rendu compte qu'effectivement, même si 87% du territoire est aujourd'hui concerné par un manque de soignants, il y a des zones qui sont encore plus touchées que d'autres, des zones qui sont complètement démunies. J'ai remplacé un médecin dans l'Aveyron qui était seul sur 652 km². Je vous laisse imaginer le nombre de patients qu'il faut prendre en charge.

1:11:02
Présentateur

Il y a des zones aujourd'hui qui sont complètement à l'abandon et c'est vraiment un triste constat qu'on fait. Des zones à l'abandon, Mathias Jardel, Marcel Jardel, vous le constatez aussi ? Oui, j'avais fait aussi un Tour de France des remplacements. C'est marrant en 2021. Je vois qu'il y a un courant de jeunes médecins qui font des Tours de France des remplacements. C'est assez chouette de voir des jeunes médecins s'engager. C'est absolument terrible. Je pense que ce que le docteur Wrestiak a palpé, c'est quand on est au contact dans une analyse au plus près du terrain, on est frappé parce que quand on regarde des chiffres, on est aussi effaré.

Mais quand on voit les patients qui n'ont plus de traitement, quand on voit les ordonnances qui ont été renouvelées huit fois, qui sont fines comme du papier par chemin parce que les patients n'ont pas trouvé, sont en colère d'une colère qui est complètement compréhensible, on ressent une espèce de sentiment d'injustice totale. C'est inacceptable. Il y a des gens qui sont, et je le dis sans faire d'effet un peu de manche, il y a des gens qui sont en train de mourir dans ce pays en 2026 parce qu'ils n'ont plus de traitement sur leur pathologie chronique. C'est invraisemblable.

1:12:12
Locuteur 7

Alors, si vous voulez, voilà, donc ça c'est vrai. Donc je voulais ajouter qu'il y a peut-être, il y a les médecins numerus causus, davantage de médecins, ça c'est pour les années 2030. En attendant...

1:12:23
Présentateur

Parce que le numerus causus a été supprimé, il faut disons que ça fasse effet. Oui, bien sûr. On enverra les effets à peu près en 2020.

1:12:29
Locuteur 7

Donc, je pense, j'ai parlé de la téléconsultation, une CPTS où on peut prendre en charge des soins non programmés, il y a la prévention mais il faut prendre aussi en charge des soins non programmés. et je voudrais rajouter une chose qui serait très importante, c'est des formations d'IPA, d'infirmières de pratiques avancées en polypathologie, bien sûr en accord, en symbiose, on travaille en symbiose avec le médecin, mais c'est très important parce qu'elles peuvent renouveler des médicaments chez des personnes chroniques en accord avec le médecin et ça, ça va le décharger beaucoup. Et aussi, il y a...

Moi j'ai fait un rapport sur la médecine, les troubles de la médecine mentale avec une dégradation extrêmement forte et je pense qu'il faut avoir des IPA psy, c'est tout à fait demandé par les psychiatres, on a des CMP qui sont débordés et pour des équipes mobiles, ça je le dis parce que ça fait partie aussi, il y a les médecins mais il y a aussi ce qui peut aider les médecins, ça, ça en fait partie.

1:13:32
Présentateur

Mais juste Daniel Chassin sur votre expérience personnelle parce qu'on a aussi envie de vous entendre là-dessus, vous êtes sénateur de casse, vous êtes médecin, vous avez exercé très tard aussi pour pallier en désert médical ?

1:13:43
Locuteur 7

Alors j'ai... Ah ben bien sûr, j'ai... On était trois médecins donc finalement au bout du bout je suis resté tout seul en étant sénateur et je pouvais travailler parce que j'avais un médecin retraité, le CYAC, qui m'aidait et qui venait un ou deux jours par semaine et donc je le remercie beaucoup parce qu'on a pu comme ça maintenir parce que je savais qu'il y avait un jeune médecin qui allait s'installer mais six mois après si vous voulez ou huit mois après donc j'étais obligé de tenir jusque là. Je voulais rajouter une chose sur les pharmacies quand même. Les pharmacies c'est... Non, on ne peut pas...

1:14:21
Locuteur 4

Non, non, non, si, allez-y.

1:14:23
Locuteur 7

Non, je voulais juste dire que les pharmacies ont eu des améliorations pour les vaccins, pour traiter la cystite, pour les angines mais je voudrais... Il y a des préconisations. Par exemple, là, ça a été dit, des gens n'ont plus de traitement mais peut-être que les pharmaciens pourraient renouveler un peu plus les traitements et surtout surveiller la tension artérielle, par exemple. Mais ils ne sont pas payés et c'est gratuit. Donc il faudrait qu'il y ait un petit financement. On a, par exemple, des prescriptions d'antibiotiques pour quelqu'un qui a une rage de dents le week-end, il ne trouve pas de médecin. Le pharmacien, lui, a des...

C'est les médicaments qu'il faut lui donner puisqu'il en a déjà pris mais il ne peut pas les donner. Donc désengorger les médecins généralistes. Bien sûr, à partir du moment où il n'y a pas... S'il y a des médecins, il n'y a pas de problème. Vous avez aussi la maladie de Lyme. S'il n'y a pas de médecin, il faut que le pharmacien, par exemple, puisse prescrire. Bien sûr, le médecin doit être informé de tout ça. Il y a le dossier médical partagé. Il faut savoir que les pharmacies rurales, c'est des derniers, si vous voulez, qui ferment parce qu'elles ne sont pas assez rentables. Il faudrait les aider parce que dans ce secteur, des fois, il n'y a pas de médecin et il joue un rôle important.

1:15:35
Présentateur

– Marcel Jardel, vous êtes médecin généraliste. Déjà, est-ce que c'est une solution ? Et vous, qu'est-ce qui a fait que la désertification médicale est devenue votre combat ? – Parce que tout ce dont parle le docteur Chassin, je suis absolument d'accord avec tout, mais tout ça, c'est des politiques de moyen terme, voire long terme, le temps que ça se mette en place, que ces gens se forment, que ça s'articule avec les territoires, etc., que ça se déploie. Et la question qui nous obsède, c'est mais qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Le mois prochain, dans deux mois, dans six mois, des politiques de court terme.

Et là, moi, je ne sais pas, on pourrait en discuter peut-être longtemps, mais la seule solution que je vois, c'est un peu ce qu'on propose, c'est-à-dire de dire puisqu'on ne peut pas demander beaucoup à peu de médecins, il faut qu'on demande peu à beaucoup de médecins et qu'il y a un mouvement massif de médecins qui viennent contribuer en venant une semaine, si tant est qu'on arrive à organiser ce relais et c'est ce qu'on fait avec Médecins Solidaires depuis trois ans. Depuis trois ans, on a ouvert douze centres de santé, on a eu un médecin toutes les semaines dans tous nos centres de santé.

Donc, on a trouvé un modèle, on a touché quelque chose de juste qui plaît aux médecins, leur volonté de soigner, elle est intacte, il faut simplement canaliser cette énergie médicale pour la concentrer au bon endroit. Et je suis convaincu qu'on pourrait, on pourrait vraiment, s'il y avait quelque chose de massif en termes de financement, de recrutement sur ce type de modèle, on pourrait vraiment réussir à avoir une politique de court terme efficace et soigner les gens qui en ont besoin maintenant.

Et d'autant, Anaïs Afferchatt, que vous, la leçon que vous tirez aussi de votre Tour de France, c'est que finalement, les Français, certains Français, ils ont appris à faire avec les déserts médicaux, ils font avec, au détriment souvent de leur santé.

1:17:20
Locuteur 8

Oui, c'est tout à fait ça et j'aimerais rajouter

1:17:22
Présentateur

en complémentarité de ce qui a déjà été dit, qu'il y a une autre solution qui n'est pas aujourd'hui exploitée, c'est le fait de faire appel justement aux jeunes médecins qui sont diplômés. Moi, j'avais contacté l'ancien ministre de la Santé pour lui faire la proposition de maintenir

1:17:35
Locuteur 3

l'Internet de médecine général à 9 ans

1:17:37
Présentateur

et demander aux jeunes médecins diplômés d'aller justement exercer X semaines dans l'année

1:17:43
Locuteur 3

dans les déserts médicaux. Ça permettait de couper un peu la poire en deux avec la fin de la liberté d'installation, voilà, demander justement un effort collectif dans cette même idée-là. C'est vrai que quand on est remplaçant, on a moins d'attaches, on peut facilement se déplacer, aller dans des régions parfois à une heure de chez nous, parfois plus loin, sachant que derrière, les collectivités proposent

1:18:05
Présentateur

des logements souvent. Je pense qu'il y a aussi quelque chose de ce côté-là plutôt qu'effectivement de voir que dans le long terme parce qu'aujourd'hui, les gens ont besoin maintenant d'un médecin, ont besoin maintenant de pouvoir consulter. Il y a une autre solution qui est mise sur la table et qui est dans le débat, c'est la question de la coercition, de contraindre les médecins à s'installer dans des zones sous-dotées. Est-ce que pour vous, c'est une solution, Daniel Chassin ?

1:18:27
Locuteur 7

Non, ce n'est pas une véritable solution. Il peut y avoir peut-être certaines contraintes. Par exemple, lorsqu'il y a ça n'existe pas beaucoup mais il peut y avoir des endroits où il y a trop de médecins et peut-être à ce moment-là dans certains endroits, dans des centres-villes, peut-être ne pas conventionner des médecins sauf quand il y en a un qui part en retraite si vous voulez. Ça pourrait être, c'est quand même une petite coercition, une coercition, s'il y a un médecin qui part en retraite, il peut s'installer et s'il ne part pas en retraite, il ne peut pas s'installer. Alors on me dit oui, il va de toute façon s'installer à côté.

Bon, et alors les docteurs juniors, bon il y en a 16 en Corée qui vont arriver, ils sont là pour un an. Après il faut voir, peut-être qu'il faudra un peu augmenter parce que de toute façon, pas beaucoup augmenter mais peut-être un petit peu augmenter, mais d'abord il faut voir comment ça va se mettre en place, est-ce qu'après il y aura encore des manques, je ne sais pas, c'est déjà pas mal, en Corée 16 médecins de plus et c'est bien. Il faut que la...

1:19:41
Présentateur

Mais il ne faut pas aller beaucoup plus loin dans la coercition ? Pour vous, c'est pas forcément une réponse.

1:19:44
Locuteur 7

Moi je crois que non, il ne faut pas aller trop loin parce que les médecins ne voudront pas s'installer si vous voulez, donc il y aura quand même des problèmes, ils prendront du salariat, donc je pense qu'il ne faut pas aller plus loin, peut-être au niveau des médecins juniors, peut-être on ne peut plus, mais un an c'est déjà pas mal, il faut avoir ce qui va se passer après, c'est-à-dire avoir le ressenti de cette application si vous voulez au niveau local.

Mais je voudrais revenir sur ce qui actuellement est très important, on n'a pas d'IPA polypathologie et c'est au ministère d'inciter les doyens à former parce que si elles viennent en complément d'un médecin, le médecin ne va pas être débordé si vous voulez parce que quand le médecin est débordé, il va dire bon je m'en vais parce que je ne peux plus y arriver.

Donc c'est des choses qu'il faudrait faire tout de suite et donner davantage de possibilités aux pharmaciens, par exemple vous avez le diabète, le diabète, s'il y a des infirmières, s'il y a de l'insuline effectivement il n'y a pas besoin du pharmacien mais il peut y avoir des gens qui sont en pathologie chronique si vous voulez c'est-à-dire qui ont des médicaments mais qui n'ont pas de capteurs et qui ne sont pas si vous voulez leur diabète n'est pas examiné tous les jours et je pense que les pharmaciens dans ce moment-là s'il n'y a pas d'infirmières et s'il n'y a pas de... ça serait bien mais il faudrait que les pharmaciens aient une petite rémunération.

1:21:25
Présentateur

Anaïs Ferrestadt vous dans votre Tour de France et dans votre analyse vous dites aussi qu'il ne faut pas forcément pointer du doigt les jeunes médecins qui ne veulent pas s'installer dans des zones sous-dotées parce que pendant vos études vous n'êtes pas forcément confrontés à ça il y a quelque chose à revoir aussi autour de ça ? Au niveau

1:21:47
Locuteur 8

de la formation médicale effectivement je pense qu'il y a tout un travail à faire

1:21:50
Présentateur

il faut savoir que la grande majorité de la formation est hospitalière même quand on finit médecin généraliste et quand on a des stages en ambulatoire donc des stages en cabinet médical ça se fait souvent autour de la faculté ou dans des grandes villes du coup je trouve que c'est quand même illusoire d'imaginer

1:22:07
Locuteur 3

qu'un jour un médecin va pouvoir aller s'installer dans une zone sous-dotée s'il n'y a aucun moment de sa formation il n'a eu l'occasion de tester le territoire c'est pour ça que je pense

1:22:15
Présentateur

qu'il faut pouvoir encourager le développement des stages dès les premières années d'études de médecine dans les zones sous-dotées en zone rurale en zone périurbaine pour qu'on puisse justement être mis en confrontation avec ces territoires et se rendre compte aussi de la médecine dans ces zones-là Merci à Jardel Il y a quelque chose à revoir aussi autour de la formation ou pas ?

Alors je ne partage pas forcément cette vision je trouve que ça s'est beaucoup rapproché justement des territoires et de la médecine générale rurale il y a beaucoup d'efforts qui ont été faits par tous les départements universitaires de médecine générale ce n'est pas parfait ça ne le sera jamais mais pour que les internes de médecine générale puissent aller faire leur stage en territoire rural ce qui n'était pas le cas avant mais moi je crois que la question clé c'est vraiment la question de l'engagement c'est-à-dire qu'on dit les jeunes médecins ne veulent pas s'installer d'abord il y en a qui veulent et ceux-là il faut les encourager les féliciter c'est formidable et tant mieux et puis quand il n'y en a pas il faut les encourager y compris financièrement pas forcément pas forcément puisqu'on a vu dans le dernier rapport de la Cour des comptes que c'était beaucoup d'argent et peu de résultats et finalement ceux qui veulent s'installer ce n'est pas forcément l'argent qui les fait concrétiser leur choix mais par contre c'est la question de l'engagement c'est-à-dire qu'il faut qu'on comprenne que ce qu'on demande à un jeune médecin ce n'est pas un choix professionnel c'est un choix de vie c'est-à-dire que vous allez vous installer dans le centre de santé qu'on voyait là tout à l'heure dans votre reportage et bien il faut être bien sûr de son coup parce que si dans deux ans vous vous dites finalement non et bien vous êtes à l'origine d'un drame humain parce que tout le monde va vous dire mais attendez docteur vous nous abandonnez parce que vous trouverez personne pour vous succéder et donc il faut se rendre compte de l'immensité de la responsabilité qu'on demande de prendre à ces médecins et donc il faut répartir la charge il faut répartir la responsabilité c'est vraiment ça le sujet je crois et la coercition du coup puisque on ne vous a pas entendu là-dessus pour vous ce n'est pas une bonne réponse déjà ce n'est pas une solution vous disiez il y a une autre solution c'est la coercition non ce n'est certainement pas une solution parce qu'une solution ça solutionne là si demain il y avait une coercition le problème serait entier le docteur Wereschak le disait il y a 87% du territoire qui est un désert médical donc on n'a pas la ressource donc on peut coerciter ce qu'on veut il ne va rien se passer derrière ça par contre là où je rejoins le docteur Chassin c'est qu'il y a aussi une question de décence c'est-à-dire qu'aujourd'hui quand vous voyez des médecins s'installer dans des zones où il y a déjà trop de médecins c'est insupportable il y a une question de faire société et de se rendre compte qu'on a quand même un problème collectif et qu'on ne peut pas accepter et je comprends que les gens donc il y a une responsabilité des médecins à un moment il faut quand même qu'on se regarde un peu dans le blanc des yeux et qu'on arrête de faire des choses qui sont en dehors de toute éthique

1:24:55
Locuteur 7

professionnelle humaine on ne peut pas s'installer dans le cœur à ce moment-là lorsqu'il y a un médecin qui s'en va qui part en retraite d'accord mais sinon ça ne représente pas beaucoup de zones mais enfin je pense que donc l'idéal ce serait que les médecins s'autorégulent je pense que les médecins peuvent démontrer

1:25:13
Présentateur

un peu de bon sens collectif et puis une prise en main de leur destin pour ne pas continuer d'être dans les mêmes anathèmes qui produisent la même stérilité depuis des années et des années et où on est en train de s'engouffrer de plus en plus dans ce problème en fait tous les gens qui sont responsables de la situation aujourd'hui ne sont plus en responsabilité donc c'est plus le moment de pointer du doigt maintenant c'est le moment de se mettre autour de la table et de dire collectivement qu'est-ce qu'on fait pour essayer de minimiser les dégâts si vous aviez une mesure dernier tour de table une mesure prioritaire à mettre en oeuvre pour que demain on puisse lutter efficacement contre les déserts médicaux ce serait laquelle ?

1:25:52
Locuteur 7

je vous l'ai dit tout à l'heure pour moi c'est de mettre en place des IPA polypathologies bien sûr en accord avec les médecins mais elles peuvent soulager le médecin et lui permettre de rester même s'il est seul parce que pour les renouvellements de maladies chroniques de personnes qui n'ont pas de maladies aiguës en synergie en rapport avec le médecin ça va l'aider beaucoup je pense que ça c'est important

1:26:23
Présentateur

Marcel Jardel

1:26:24
Locuteur 7

moi vous allez penser

1:26:25
Présentateur

que je suis biaisé et que je ne suis pas objectif mais je crois que si on finançait massivement des dispositifs de temps partagé et qu'on travaillait vraiment profondément là-dessus on pourrait avoir une politique de court terme extrêmement efficace

1:26:37
Locuteur 3

et Anaïs Verstappen ? moi ce serait la mise en place d'une plateforme par le ministère de la santé

1:26:43
Présentateur

pour mettre en relation les médecins remplaçants et les médecins installés justement afin de pouvoir bénéficier de tout ce pool de médecins qui aujourd'hui cherchent à travailler qui a parfois du mal à trouver des remplacements comme ça a été le cas pour nous lors de notre tour de France Merci merci à tous les trois on espère que vos bonnes idées vont remonter merci beaucoup d'avoir été avec nous pour ce débat Anaïs Verstappen je reparle de votre livre Urgent Recherche médecin c'est aux éditions Marabout merci beaucoup d'avoir été avec nous Marcel Jardel votre collectif médecin solidaire merci aussi d'avoir participé à ce débat et Daniel Chassin médecin sénateur merci également on va terminer juste par une initiative une de plus puisqu'on a beaucoup parlé de ces élus qui prennent des initiatives c'est le cas à Vaux-en-Bugé dans l'1 le conseil municipal a voté pour l'installation d'une box médicale pour une durée de 4 ans les élus qui disent nous avons constaté que la population vieillit nous n'avons pas de médecin si on veut pallier ce manque il faut trouver une solution alors la box ne remplace pas le médecin traitant c'est un cabinet de téléconsultation aménagé désinfecté à chaque passage accessible 7 jours sur 7 une téléconsultation augmentée avec des bornes équipées de 6 dispositifs connectés thermomètres tensiomètres oxymètre stéthoscope et c'est le médecin qui donne les directives aux patients c'est une BND ils font comme ils peuvent ce sera le mot de la fin merci beaucoup merci à tous les trois merci à tous de nous avoir suivis on se retrouve demain très bonne journée

1:28:03
Locuteur 10

L'IQSENA en partenariat avec la presse régionale vous a proposé

1:28:09
Présentateur

Bonjour chez vous

1:28:10
Locuteur 10

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Bonjour chez vous ! du 3 février 2026 — Stéphanie Rist · Pourquijevote