Face-à-Face : Clémentine Autain - 01/03
Audio original de l'émission.
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Vous écoutez RMC Face à Face Apolline de Malherbe Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour Clémentine Autain Bonjour Apolline Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions Vous êtes la députée de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis Il y a beaucoup de sujets à voir avec vous Et notamment autour des révélations sur Gérard Miller dans le cinéma L'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire aussi sur toutes ces questions-là On va aussi parler du RSA, de l'allocation chômage Mais d'abord un mot sur l'agriculture, vous l'avez vu sans doute Cette opération surprise, opération coup de poing Presque opération de la dernière chance pour la coordination rurale A deux jours de la fin du salon de l'agriculture Se disant justement, c'est la fin du salon mais on veut faire entendre notre colère Est-ce qu'ils ont raison ou est-ce qu'il faut être dans un autre temps, un temps du dialogue ?
J'aimerais qu'on puisse être dans un autre temps et celui du dialogue Le problème c'est que nous avons un gouvernement qui n'est pas capable d'écouter et d'agir Pour enclencher un processus qui résolve enfin les problèmes des agriculteurs On a aujourd'hui une situation qui n'est pas du tout résolue Vous le savez, les agriculteurs ne peuvent pas vivre de leur travail Et ce qui a été fait par le gouvernement C'est d'écouter les propositions faites par la FNSEA Qui favorisent l'agro-industrie, les paysans qui ont le plus
Entre la FNSEA et la coordination rurale qui était à l'origine des actions de cette nuit Vous seriez plutôt coordination rurale ? Mais le problème n'est pas de choisir, je suis plutôt du côté Oui, puisque vous pointez du doigt l'un des deux syndicats Je vous demande si vous êtes plutôt du côté de l'autre Ou si vous êtes d'aucun
Je suis du côté des agriculteurs qui doivent pouvoir vivre de leur travail Aujourd'hui, ils ne vivent pas de leur travail Et cette situation est inacceptable Et le gouvernement qui, certes, a avancé dans les propos Sur une revendication que nous portons depuis très longtemps A savoir les prix planchers Mais on attend de voir comment ça se traduit concrètement dans la loi Mais jusqu'ici, ce qu'a fait le gouvernement C'est de s'asseoir sur des normes environnementales pourtant assez fondamentales Et de ne pas chercher à changer le modèle De telle sorte que, à la fois, les agriculteurs puissent vivre leur travail Et que ce que nous, nous mangeons Eh bien, ce soir
Vous y avez été au Salon de l'Agriculture ?
J'y suis pas allée Mais il y a eu une grande délégation de ma famille politique Grande délégation ? Oui, plusieurs délégations
Il n'y a pas été, si Il fait partie des rares hommes politiques de cet embergue Qui n'ont pas essayé qu'il fallait y aller
Il y a eu une délégation Je devais y aller mardi matin Et je n'ai pas pu en réalité Parce que j'étais en Seine-Saint-Denis Avec les enseignants Et c'est à cette délégation de mon groupe parlementaire insoumis Que je souhaitais participer J'étais avec les profs qui sont en grève en Seine-Saint-Denis Et c'est aussi un combat très important Tout à fait Mais ce que je veux dire, Clémentine-Saint-Denis C'est que ça dit bien justement vos priorités C'est-à-dire qu'en ce moment, vous estimez que la priorité Ce n'est pas forcément certain Vous aviez un conflit entre deux rendez-vous François Ruffin est allé dans un débat à la coordination nationale Nous avions une délégation lundi-mardi Notre tête de liste, Manon Aubry, y était Mathilde Panot y était Donc on ne peut pas du tout dire Qu'on n'est pas présent sur ce terrain-là Non mais ce qui est intéressant, c'est que Jean-Luc Mélenchon En tout cas, lui, n'en a pas fait un de ses combats Je pense que ce que nous portons Les propositions politiques que nous portons sur ce sujet Qui visent à s'attaquer enfin au nerf du problème A savoir tous les intermédiaires Tous les intermédiaires A savoir aussi comment on arrive à une production de qualité Aujourd'hui, vous avez des pesticides Vous avez une concurrence libre et non faussée Au moment où on parle, vous savez qu'il y a des traités de libre-échange Qui continuent d'être discutés à l'échelle européenne et votés Voilà, il faut arrêter les traités de libre-échange Il faut faire en sorte que...
Vous parlez du Chili notamment ?
Oui, je parle du Chili C'était en discussion au Parlement européen Encore, c'était il y a quelques jours Donc ça, ce n'est pas possible On ne peut pas avoir un discours quand on va au salon de l'agriculture Et faire l'inverse quand on est à l'Union européenne Donc il faut s'attaquer au nerf de la guerre Arrêter ce grand déménagement du monde Faire en sorte qu'on n'ait pas cette compétitivité Qui écrase les producteurs, les agriculteurs Je retiens votre expression, je crois que je n'avais jamais entendu Ce grand déménagement du monde Bien sûr, c'est un grand déménagement du monde On est en train de manger des poulets qui sont élevés à l'autre bout du monde Dans des conditions sanitaires pas possibles Pendant que nos agriculteurs, nos éleveurs, ils crèvent de faim Vous voyez bien que ce n'est pas possible On est en train de faire des cadeaux aux grands céréaliers en France Pendant que tous ceux qui en proximité Faut relocaliser l'économie, vous le savez Et donc c'est l'agriculture dans toute sa proximité Qu'il faut soutenir Or il n'y a pas ce soutien Vous savez qu'en 2030 On va perdre l'essentiel des agriculteurs Qui vont partir à la retraite C'est la question du renouvellement Des générations d'agriculteurs Les jeunes agriculteurs sont capables de le faire On a soutenu un modèle Productiviste On a dit aux gens, endettez-vous, prenez des machines Investissez dans les pesticides et toutes les horreurs Qui non seulement bousillent la planète Et la terre, mais aussi qui font qu'on mange mal Et qu'ensuite on a des problèmes sanitaires en chaîne Pendant que les agriculteurs, la masse des agriculteurs Visent en dessous du seuil de pauvreté Vous connaissez un autre métier Où on travaille À perte Mais on travaille À perte Tout le temps Il n'y a pas de vacances Il n'y a pas de week-end Et à la fin, c'est à perte Vous connaissez un autre métier où c'est le cas ?
Alors moi je dis qu'il faut s'attaquer Aux intermédiaires Qui eux se gavent Qui eux continuent à faire des profits Et sur lesquels ils sont enfin intervenus Quand vous dites intermédiaires
Tu m'as dit que vous avez en tête à la fois L'agroalimentaire Enfin les grands industriels de l'agroalimentaire Et la grande distribution Et vous le savez Clémentine Autain Je dirais qu'on parle de Gérard Miller Un ami peut-être En tout cas un soutien Il l'a été Un camarade de route de la France Insoumise Aujourd'hui accusé Accusé avec des plaintes pour viol Pour agression sexuelle Des témoignages Une cinquantaine de témoignages Qui font froid dans le dos Camarade de route de LFI Comment vous vous sentez aujourd'hui ? Comment vous vivez ça ?
C'est évidemment assourdissant Ce que je lis jour après jour Enfin je veux dire C'est sidérant Il y a un sentiment de trahison Il y a un sentiment de trahison Parce que là Ce qui est révélé C'est un système Avec un procédé Qui est toujours Toujours le même Qui se répète Sur y compris des mineurs Puisque les plaintes Qui sont
Et on a entendu le témoignage Hier sur BFM TV Et RMC Recueilli par nos journalistes D'une jeune femme Qui avait 17 ans à l'époque
Voilà Donc c'est C'est assourdissant Et quand on a dans le même moment Tout ce qui se passe Tout ce qui est révélé Dans le monde du cinéma Et je voudrais rendre Un César d'honneur Comme l'a proposé L'écrivaine Lola Laffont A toutes ces femmes Qui dans le monde du cinéma Osent parler Et en particulier Judith Godrech Avec un courage incroyable Elle était encore hier Au Sénat Pour demander Une commission d'enquête Sur Ces faits Dans le monde du cinéma Elle nous interpelle Et je pense Qu'elle a parfaitement raison On va y revenir Sur Judith Godrech Et sur cette question Du rôle aussi Du politique aujourd'hui Mais Gérard Miller
Est-ce que Vous pourriez dire Même que c'était un ami ?
Un ami Moi je n'ai pas été En grande proximité Avec Gérard Miller Mais un compagnon de route De notre famille politique Je l'ai connu J'ai discuté avec lui Et c'est pour ça Que je vous dis Sentiment de trahison C'est que quand vous avez Quelqu'un Qui est dans notre famille politique Qui défend La cause des femmes Qui s'engage Dans un discours féministe Qui est dans une famille Qui veut lutter Contre les oppressions Toutes les formes De domination Et de se retrouver Devant ça Mais franchement C'est insupportable Vous l'avez eu au téléphone Vous avez parlé C'est insupportable C'est insupportable
Entre vous Est-ce que vous en parlez aussi ? Est-ce que vous estimez Que votre famille politique A suffisamment condamnée
A suffisamment pris la mesure ? Non mais c'est pas que Ma famille politique Si vous voulez C'est qu'entre L'affaire Gérard Miller Et tout ce qui se passe Dans le monde du cinéma Moi aussi Je suis comme Judith Godrech J'ai envie de dire Aux grands hommes politiques Mais où sont-ils ? Que disent-ils ?
Où sont les discours L'accompagnement Les propositions concrètes Pour faire en sorte Qu'on ne soit pas Comme le poisson rouge Dans le bocal Le poisson rouge Dans le bocal C'est celui qui tourne en rond Et qui oublie qu'il a déjà tourné Donc on a eu des affaires Il y a eu l'affaire DSK L'affaire Beaupin Epstein Enfin je veux dire Ça n'arrête pas Et on a l'impression Qu'il n'y a pas De discours Il n'y a pas de prise En considération
Qu'est-ce qu'il faudrait faire Qu'est-ce qu'il faudrait faire là aujourd'hui ? Quelles sont les mesures ? Quand Judith Godrech Demande effectivement Une commission d'enquête parlementaire Est-ce que vous demandez A la présidente de l'Assemblée De le faire ? Oui
Il faut deux choses D'abord Que En particulier A gauche Je suis sensible En particulier A gauche Je n'attends rien de la droite Et je pense que c'est à nous En particulier D'être au rendez-vous
J'attends Pardon mais là en l'occurrence On parle d'un homme de gauche justement C'est ça qui est quand même D'autant plus Est-ce que la gauche aujourd'hui Peut donner des leçons de morale ? Mais c'est très facile De donner des leçons de morale Non mais est-ce qu'aujourd'hui Vous pouvez dire J'attends rien de la droite là-dessus Mais enfin bon
Là ça vient de vos rangs quand même Oui Mais justement C'est pour ça que Quand on est au clair sur les principes On doit être au rendez-vous Et savoir dire les choses Très franchement Comme je suis en train de vous dire Mais l'important ce n'est pas les principes C'est les faits Justement Apolline Demande Est-ce qu'il n'y a pas un décalage
Entre les principes La morale Et les faits Est-ce que c'est pas d'autant plus insupportable Mais je sais bien C'est pour ça que je vous la pose Laissez-moi finir ça
Parce que vous faites partie De celle qui est toujours combattue C'est ce qui ne va pas C'est que moi j'écoute depuis des semaines Les interviews des grands hommes politiques Et je ne vois jamais Qu'un grand homme politique On lui pose la question Que vous êtes en train de me poser Alors Gérard Miller Alors ce qui se passe dans le cinéma Et je n'entends pas de discours Qui est capable Jean-Luc Mélenchon ne vient pas à mon micro Mais sinon je peux vous dire Que je lui aurais posé la question Un discours de gauche D'homme de gauche Qui soit capable Et de femme de gauche Mais je pense qu'ils ont précisément peur De devoir répondre à ces questions-là
C'est peut-être pour ça D'ailleurs que Jean-Luc Mélenchon ne vient pas
De comprendre Ce que ça veut dire en fait De quoi parle-t-on Vous savez le viol Les agressions sexuelles Ça peut avoir en réalité Avec la sexualité Mais ça a tout à voir Avec le pouvoir C'est un rapport de pouvoir C'est un rapport de négation De l'autre C'est le fait qu'on vous traite Comme un objet Et non pas comme un sujet Donc le sujet Il est extrêmement politique D'accord Il faut arriver à le démêler A le comprendre A le saisir Et je crois que Si on le saisit bien Alors on touche aussi A la question du pouvoir Qui dans notre espace politique
Quelle réponse concrète On pouvait C'est-à-dire s'il y avait En effet Une commission parlementaire Je précise en effet Que Judith Godrech A donc été entendue hier Pendant une heure et demie Par une commission Au Sénat Des parlementaires De la délégation Au droit des femmes Et elle a demandé Est-ce que les politiques S'en saisissent Vous le dites Vous voulez qu'il y ait Une commission d'enquête parlementaire
Pour aboutir à quoi ?
Alors d'abord Pour établir Les responsabilités Diverses et variées Donc les commissions d'enquête C'est des moyens Qui sont des moyens D'audition Et qui permettent Quand même d'éclairer Donc ça c'est très important Qu'on ait ce processus Y compris pour prendre Les bonnes décisions Ensuite Il y a des mesures immédiates Qui pourraient être prises Moi je pense Qu'il serait grand temps De faire une grande loi Avec des propositions Qui ont été faites Par la CIVIS Vous savez c'est la commission D'information Sur les violences incestueuses Sexuelles et sexistes A laquelle Judith Godrèche A d'ailleurs rendu hommage hier Tout à fait Tout à fait Le travail de la CIVIS Avec Edouard Durand Qui a été malheureusement remercié Alors qu'il avait fait un travail Le juge Durand Un juge pour enfants 82 mesures Il a mis sur la table Et je pense que ces 82 mesures On pourrait s'en inspirer Ça c'est la première chose
Je l'avais reçu sur RMC Le lendemain de son éviction Il n'a toujours pas compris Pourquoi est-ce qu'il avait été évincé Est-ce que vous estimez Qu'il y a une forme de culpabilité
Là-dessus du pouvoir Mais il y a une responsabilité Immense du pouvoir De la même manière Que de décider Que celui qui est à la tête Du CNC Aujourd'hui Le CNC
C'est donc Le Centre National du Cinéma
Voilà Qui a été reconduit Alors qu'il y a Une plainte contre lui De son filleul Pour agression sexuelle Vous trouvez que c'est normal Que c'est normal Que le pouvoir Est-ce que vous demandez A ce qu'il soit évincé Madame Rachida Dati Nous dit présomption d'innocence Alors j'entends bien Mais il y a des symboles Il y a des symboles Et je pense qu'à un moment donné Il faut être capable De prendre le taureau Est-ce que vous demandez
Au CNC De mettre De retirer La présidence À Dominique Boutonna Auquel vous faites référence
Je pense que Dominique Boutonna Ne peut pas être celui Qui est capable Aujourd'hui D'être légitime Pour prendre ses responsabilités Et agir dans le domaine Du cinéma Parce qu'il faut Il faut impérativement Faire quelque chose On ne peut pas rester comme ça Les bras ballants Et se dire Bon bah c'est comme ça On attend que ça se passe Il faut qu'il y ait des mesures Judith Godrech Proposait hier Qu'il puisse y avoir Un adulte neutre référent Notamment pour les mineurs Au cinéma Pour qu'elles puissent Les jeunes filles Et des jeunes garçons Parce qu'il y a parfois aussi Des jeunes garçons À qui ça peut arriver
C'est ce qui est lancé aussi Comme un mitou garçon C'est comme ça que C'est repéré Sur tous ces témoignages Qui émergent également Sur les réseaux sociaux Vous faisiez référence À Dominique Boutonna En l'occurrence C'est un garçon Son filleul Qui porte plainte Contre lui Est-ce qu'il faut aussi
Donner de la place À ces voix-là ? Bien sûr qu'il faut Donner de la place À ces voix-là Il ne faut pas Se boucher les oreilles Il faut les écouter Mais il faut Il faut agir Il faut agir Et pour agir Il faut des moyens Il faut une volonté politique Et comment voulez-vous Qu'Emmanuel Macron Soit la hauteur De la situation Lui qui a dit Que pour Gérard Depardieu C'était une chasse à l'homme Quelle confiance On peut avoir Dans ce pouvoir On ne peut pas avoir De confiance Donc l'urgence Maintenant C'est qu'on est Aux responsabilités Demain Les gens soient capables D'agir Sur ces sujets Tout un système
Qui voyait Elle dit Mais on me voyait Moi Du haut de mes 14 ans D'autres dans le cinéma D'autres femmes Elle a interpellé Un certain nombre Y compris de féministes De l'époque Qui ne l'auraient pas aidé Qui ne l'auraient pas Accompagnée Qui ne l'aurait pas réveillée Même en quelque sorte Comme elle dit Est-ce qu'il y a Des moments où l'on sait Et où on ne fait pas Et je vous pose la question Sur Gérard Miller Est-ce que Qui que ce soit A eu vendu une rumeur Est-ce qu'il y avait Rien
Moi en tout cas Ça n'est jamais arrivé A mes oreilles Je peux le dire Sur d'autres Denis Bopin Il y avait une rumeur Dominique Strauss-Kahn Il y avait une rumeur Moi la rumeur Sur Gérard Miller Ça n'est jamais arrivé à moi Bon après Vous ne pouvez pas Non plus dénoncer Sur la base d'une rumeur Parce que quand vous C'est toute la difficulté
Vous le saviez C'est toute la difficulté Ça a été la question Avec l'ancien patron D'Europe Ecologie Les Verts Qui avait été dénoncé Sur rumeur Par Sandrine Rousseau Est-ce qu'effectivement Il y a deux choses différentes Il y a des rumeurs
Je parle de Julien Bayou Il y a des témoignages Oui mais il y a des rumeurs Et il y a des témoignages C'est pas la même chose Une rumeur et un témoignage Ce sont une petite différence Mais vous savez ce qui s'est passé Pour Julien Bayou Il a démissionné
Il y a eu une enquête Qui a été faite Qui a compris une enquête En interne Qui a conclu Qu'il n'y avait rien Qui reposait contre lui J'entends Mais quand Sandrine Rousseau Comment on trouve
Le juste équilibre ?
Le juste équilibre D'abord il n'est pas Si évident à trouver Je trouve que c'est aussi Beaucoup sur les féministes Que repose la responsabilité Quelque part De dire les choses D'accompagner C'est sur elle aussi C'est à elle Qu'on demande beaucoup de choses Et c'est pourquoi Je reviens là-dessus Vous me dites Vous posez la question A des hommes politiques Mais moi j'écoute Beaucoup beaucoup D'interviews De grands leaders politiques On leur parle On ne leur parle pas assez De ces questions-là On va faire la moitié De l'interview ici Sur ce sujet-là Mais vous estimez Que c'est important Vous n'auriez pas voulu Vous n'en parlez pas Mais je n'ai aucun problème Je dis que c'est bien S'il n'y a pas seulement Les féministes Qui prennent en charge Cette question-là Voilà Ou alors s'il n'y a que nous Qui pouvons le faire Que chacun et chacune En tire des conséquences Clémentine Autain
Je voudrais qu'on parle De la situation à Gaza Les Etats-Unis Eux-mêmes On parlait hier D'un bilan effroyable 25 000 femmes et enfants Uniquement les femmes et enfants Ce serait 25 000 victimes C'est le porte-parole De la Maison-Blanche Qui l'estime Et puis L'espoir d'une trêve Qui s'éloigne un peu plus Avec ce drame hier Lors d'une distribution D'aides alimentaires Selon le Hamas Qui accuse Israël Mais Israël qui reconnaît Qu'il y a eu Effectivement des morts Le bilan Serait autour de 110 palestiniens Tués Lors d'une distribution De nourriture On fait quoi Clémentine Autain ?
Moi je suis Abasourdie par ce qui se passe C'est insupportable C'est absolument insupportable Plus de 30 000 morts C'est un massacre De très très haut vol Avec la volonté D'un grand nettoyage Du peuple palestinien Dont les droits Sont bafoués Depuis très longtemps Très longtemps Pourquoi vous dites nettoyage ? Parce que la population Est massacrée Concrètement Vous venez de le dire Et chassée Avec aucune possibilité Mais le mot nettoyage
C'est vrai qu'on entend Nettoyage ethnique Donc est-ce que c'est à ça
C'est un peuple ? En tout cas c'est un peuple Il y a même des termes Qui sont employés Par des hauts responsables À l'échelle internationale Qui parlent de risques génocidaires Donc il faut prendre la mesure De ce qui est en train De se produire Pour vous c'est ça ? Vous l'utilisez J'imagine pas par hasard ce mot ?
Je l'utilise Parce que je l'entends Aujourd'hui Et je veux juste alerter Et dire qu'on est Dans un niveau de massacre Qui est assez grave Qui est gravissime Et donc il faut Que la communauté internationale Se ressaisisse Et cesse de protéger Israël Voilà Et de ce point de vue Emmanuel Macron Il fait des ZIG et des ZAG Et je pense que la parole Il l'a condamné Il l'a condamné hier soir
Dans ce drame Au moment de la distribution D'aide humanitaire
Sur le plan international Et c'est vrai aussi sur l'Ukraine Ce qui est bien C'est d'avoir la continuité La continuité Et à plein de moments Il a fait des ZIG Des ZAG Et manqué Manqué à son devoir Et à ce que devrait être La parole de la France
Sur toute la politique internationale Quand vous l'entendez Lundi soir Qui parle Ça fait très longtemps De l'envoi de troupes Au sol en Ukraine Est-ce que là aussi Vous avez eu du mal à suivre ?
C'est plus que du mal à suivre C'est inquiétant Voir irresponsable Au début On a Emmanuel Macron Qui dit Attention il ne faut pas Humilier Vladimir Poutine Et quelques mois plus tard Il nous explique Sans aucune concertation Avec d'autres chefs d'Etat Que d'un seul coup Il faudrait entrer en guerre Avec la Russie C'est pas rien Rendez compte Il y aura une consultation En revanche Des parlementaires Il y aura à nouveau Un débat À nouveau On ne dit pas à nouveau Il y a très peu de débats A l'Assemblée nationale Alors que ça engage la France Et moi j'appelle A ce qu'il y ait beaucoup plus de débats Un débat avec vote Sur les enjeux Il peut y avoir des votes Et bien sûr qu'il faut des votes C'est pas simplement débat Mais aussi des votes Or là L'opacité Après la question c'est Un vote sur quoi ?
Est-ce que ce sera simplement Sur le soutien à l'Ukraine ? Est-ce que ce sera plus précisément Sur les 3 milliards ? Le soutien Parce que c'est quand même incroyable Qu'au moment où Les Etats-Unis se désengagent Ce qui est un vrai problème Donc on aurait besoin D'une coopération européenne Plus grande pour intervenir Pour soutenir les Ukrainiens Pour les aider A ce qu'ils gagnent Non pas militairement Parce que ça ne va pas se jouer comme ça Les aider comment ?
Les 3 milliards par exemple Vous allez voter pour ?
Mais déjà oui Mais ce qu'il faudrait Oui il faut que Il faut Non mais j'ai une question précise 3 milliards oui non Il faut aider militairement Les Ukrainiens Je le crois 3 milliards d'aide Et j'aimerais bien Que les engagements pris Par le Président de la République Soient suivis des faits Parce qu'il s'est engagé Maintenant il nous dit On va envoyer nous-mêmes des troupes Mais les promesses Qu'il a faites avant Les promesses d'obus Et là c'est pas seulement la France Effectivement ne sont pas tenues Mais je vous repose la question
Là il y a 3 milliards d'euros Sur la table C'est là-dessus précisément Que vous allez être appelé à voter Allez-vous voter pour l'envoi De 3 milliards d'euros A l'Ukraine
Je suis favorable A ce que nous soutenions L'Ukraine militairement Et à ce qu'on investisse Pour le faire Parce que Mais la question c'est 3 milliards Une défaite politique A Pauline de Maler Une défaite politique Après on ne va pas
Je veux juste que vous me répondiez Est-ce que A la question Parce que vous aurez un bouton oui Un bouton non Est-ce que Vous soutenez l'envoi Par la France
De 3 milliards d'euros D'aides Je suis favorable Oui A l'aide militaire A ce qu'on aide Vous demanderez des garanties Pour que ce soit bien Des aides militaires Si je comprends bien J'essaie de Je suis pour qu'on ait Une aide militaire Je suis pour qu'on cherche Non pas à entrer en guerre Avec la Russie Et c'est ce qui m'inquiète Dans ce que vient de dire Emmanuel Macron C'est-à-dire qu'il décide Tout seul Quelque chose Qui tourne le dos A un processus de paix C'est extrêmement grave D'imaginer que nous deviendrions Nous-mêmes belligérants Une chose est d'aider Les Ukrainiens A faire en sorte Qu'ils puissent mener Le rapport de force Pour ensuite pouvoir négocier Si vous voulez négocier Il faut qu'on puisse le faire Dans un cadre Où les Ukrainiens Ne sont pas laminés militairement Il n'y aura pas de victoire militaire Jamais d'ailleurs Dans les conflits de ce type Ça se termine par une victoire militaire Il y a un moment Où on négocie Donc il faut Du rapport de force Et c'est très compliqué Avec les Etats-Unis Qui n'aident plus Et donc Dans ce temps-là
En tout cas au minimum Il y aura donc ce débat Et ce vote Clémentine Autain Merci d'être venue Dans ce studio Députée de la France Insoumise De Seine-Saint-Denis Il est 8h53 Sur AMC-BFMT
Clémentine Autain