Vote du budget de la Sécurité sociale, appel à l'union de Nicolas Sarkozy... Le "8h30 franceinfo" de Julien Odoul
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France Info. Bonjour Julien Audoul. Bonjour. Et merci d'être avec nous ce matin sur France Info. Merci d'avoir invité. L'examen du budget de la sécurité sociale est presque terminé. Votre solennel prévu mardi. On en a parlé sur France Info. On va évidemment continuer à en parler. On sait que vous, côté RN, vous allez voter contre. Et depuis le début, c'est vrai que dans ces débats, la gauche comme la droite ont pu critiquer ce que certains ont vu comme des incohérences du côté du Rassemblement national. Écoutez ce qu'en disait hier Agnès Pannier-Runacher, députée Renaissance, elle était sur ce plateau.
Quand il s'agit du Rassemblement national et des filles, ils votent main dans la main des augmentations de taxes de 36 milliards d'euros. C'est ça la réalité. Et le RN, qui sur les plateaux de télévision, sur les marchés, disent défendre les Français et lutter contre l'augmentation des impôts, vont augmenter et votent les augmentations d'impôts à hauteur de 34 milliards d'euros sur le projet de loi de finances. Donc, les masques tombent.
Les masques tombent, dit Agnès Pannier-Runacher. Est-ce que c'est vrai que cet automne budgétaire, rétrospectivement, même si ce n'est pas terminé, n'a pas un peu contribué à brouiller votre image dans la mesure où vous avez parfois voté des choses qui ne sont pas forcément la traduction du discours que vous portez ?
Alors, il faut dire une chose, et peut-être que ça va surprendre Mme Pannier-Runacher, c'est que nous sommes un parti d'opposition avec une cohérence. Et depuis 2022, et depuis que nous avons un groupe à l'Assemblée nationale, nous avons toujours proposé, nous avons toujours voté, en fonction d'une seule boussole, et d'une seule unique boussole, l'intérêt de la France et des Français. Alors, c'est ce qui nous différencie, effectivement, de la Macronie, c'est ce qui nous différencie de la droite, et certainement de la gauche et de l'extrême-gauche. Mais ce n'est pas nous qui avons voté, par exemple, l'augmentation de la CSG.
Ce n'est pas nous qui faisons payer les mauvais choix politiques et l'incurie des différents gouvernements en taxant les retraités, en matraquant les Français qui travaillent, ou les Français qui ont travaillé. Très clairement, nous avons une cohérence. Et nous constatons que depuis de nombreuses semaines de débats budgétaires où personne ne comprend rien, enfin, moi, je suis sur le terrain, je vais sur les marchés, je rencontre mes concitoyens, ils sont dépités par ce qu'ils passent.
En même temps, quand le RN dit qu'il ne faut pas augmenter d'impôts...
Mais nous n'augmentons pas les impôts. Sur les grands groupes, sur les dividendes... Mais non, mais vous recrachez des éléments qui sont ceux de la Macronie, qui sont ceux de la gauche. Mais nous ne votons pas d'augmentation d'impôts. Nous sommes le parti de l'allègement fiscal. Nous souhaitons, effectivement... Alors, pardonnez-moi, je ne crois pas recracher quelque chose.
Il me semble que ces votes, vous y avez pris part et que vous avez voté pour.
Non, mais quand vous regardez dans le détail sur les votes de notre groupe, qui sont tout à fait cohérents par rapport à notre programme, parce que nous, nous avons un programme qui est construit, nous avons surtout des pistes d'économie. Parce que Mme Pannier-Runacher ne parle jamais des économies. Pourquoi ? Parce que dans ce budget, il n'y a pas d'économie. Il n'y a pas d'économie sur le train de vie de l'État, il n'y a pas d'économie sur la fraude, il n'y a pas d'économie sur l'éléphant au milieu du couloir qui est l'immigration du guichet social. Voilà, donc les trois domaines sur lesquels nous pourrions avoir des marges de manœuvre qui sont demandées par les Français.
Quand vous rencontrez les Français, moi, ils me demandent justement de mettre fin à l'assistanat, ils me demandent de mettre fin à ces comités théodules, à ces agences qui nous coûtent un pognon de dingue et de récupérer l'argent de la fraude sociale qui est de l'argent volé aux Français. Dans ce budget, il n'y a rien.
Vous parlez d'économie. Justement, dans l'hémicycle vendredi, il y a beaucoup de choses qui ont été votées. Notamment, on est revenu sur cette année blanche, c'est-à-dire le fait de désindexer tout un tas de prestations sociales, mais aussi les retraites, le doublement des franchises musicales. C'est pareil, c'est abandonné. Ça, c'est plutôt, vous allez me dire, des mesures qui vont dans le bon sens. Si vous êtes cohérent avec vous-même, vous pourriez voter, de même qu'il y a la suspension de la réforme des retraites que vous avez soutenue.
Alors, nous avons évité les épouvantails. Et j'allais dire les épouvantails les plus monstrueux. Effectivement, l'année blanche, qui était une année de purge sociale et fiscale, avait été, rappelez-vous, mis dans le débat à l'époque par François Bayrou. Il faut s'en rappeler. Pareil pour d'autres mesures qui étaient là, effectivement, pour cristalliser. Mais vous savez, quand vous proposez quelque chose de monstrueux et que vous le retirez, ça ne veut pas dire que ce que vous proposez est bien. C'est juste que vous avez évité le pire. Donc, on ne va certainement pas voter une copie qui est dramatiquement insuffisante et qui est la continuité, en fait, du macronisme.
Mais qui comprend la suspension de la réforme des retraites que vous soutenez. Oui, de quelques mois.
Quelques mois. Enfin, c'est quelques mois. C'est ce qui permet finalement... C'est quelques mois, mais ça nous mène à la présidentielle. Et à ce moment-là, on verra. Effectivement. Donc, le débat sur les retraites sera tranché à la présidentielle de 2027. Mais c'est l'élément de négociation entre le PS et la Macronie et l'LR.
Et si on vous suit, Julien Audoul, on a vu ce chiffre qui a été avancé par le gouvernement et par la sécurité sociale. Cette sécurité sociale qui pourrait être en déficit de 29 à 30 milliards. Vous dites, bon, après tout, ce n'est pas très grave. On tiendra comme ça l'année prochaine. Et on verra après la présidentielle. Ça, c'est si le budget n'est pas voté. Oui, c'est la politique de la peur. C'est les sauterelles.
C'est les boules de feu. C'est les eaux qui se retirent. Non, mais c'est ce qu'on nous... Oui, bien sûr. Vous savez, l'an dernier... Ce n'est pas un effondrement. L'an dernier, on nous avait dit que les cartes vitales ne fonctionneraient plus au 1er janvier. Vous contestez ce chiffre ? Je conteste la politique de la peur, oui. Je conteste la politique de la peur qui cherche à tordre le bras du Parlement, à tordre le bras des députés, en leur disant, vous n'avez pas d'autre choix, parce qu'on n'a pas d'autre choix. On a d'autre choix. Et vous savez, il y a pire qu'une absence de budget, c'est un mauvais budget ou un très mauvais budget. Donc moi, je dis, il y a toujours...
Là, on est dans un mauvais ou un très mauvais ? Là, on est sur un mauvais budget, bien sûr. On est sur un mauvais budget parce que c'est la continuité du macronisme. C'est-à-dire que les orientations qui sont prises aujourd'hui sont en total décalage, en opposition avec ce que veulent les Français et ce qui est souhaitable pour notre pays.
Mais quand même, Julien Audoul, est-ce que vous n'avez vraiment pas envie d'une campagne présidentielle, puisque vous parliez de la réforme des retraites, où tout va tourner autour de la dette, comment on réduit les dépenses, comment peut-être on augmente les impôts et comment on réforme les retraites ? Est-ce que c'est vraiment ce dont vous avez envie pour 2027 ? Mais ce sont des sujets importants, cruciaux. Il y a la défense, il y a l'intelligence artificielle, il y a l'industrie, il y a plein d'autres sujets qui peuvent être importants aussi.
Vous avez quand même une grande expérience politique. Le débat présidentiel, normalement, et je mets exception celui de 2022 qui a été quand même un peu embolisé par la guerre en Ukraine, le débat présidentiel permet de parler de tous les grands choix de société, de parler de tout ce qui concerne les Français dans leur quotidien et des grandes orientations pour la nation.
Donc effectivement, il y aura les retraites, effectivement, il y aura le désendettement, effectivement, il y aura le poids aussi de l'assistanat dans notre pays, il y aura les conséquences de l'immigration de peuplement, il y aura l'ensauvagement et l'insécurité qui ne font que galoper dans notre pays, il y aura tous ces sujets-là. Assistanat, c'est un terme que vous utilisez au Rassemblement National ? Bien sûr, bien sûr.
Je pense que c'est un terme qui est utilisé par la majorité des Français qui voient que bon nombre de gens qui travaillent dans notre pays, qui se lèvent tôt, qui font des efforts, qui essayent de s'en sortir, quelquefois sont défavorisés par rapport à des gens qui touchent des allocations et qui ne travaillent pas, qui ne font pas les efforts. C'est une réalité, malheureusement, que l'on voit au quotidien.
Mais finalement, quand on se met à votre place, Julien Oudoul, vous aspirez à exercer le pouvoir dans un horizon assez proche. Le gouvernement souhaite amorcer ce désendettement. Est-ce que vous n'auriez pas intérêt, finalement, à participer, à les accompagner ? Parce qu'arriver au pouvoir avec une crise des finances publiques durables, ça veut dire quoi ? Qu'on met en oeuvre des réformes, c'est du sang et des larmes, ce n'est pas autre chose, on n'a pas le choix.
Alors déjà, nous n'allons pas servir de béquille à un gouvernement et à un pouvoir qui a fait tous les mauvais choix depuis huit ans. Aujourd'hui, effectivement, on constate les larmes de crocodile, de certains, qui semblent s'étonner des conséquences budgétaires, financières, sociales, de leur propre politique. Mais depuis huit ans, les Mozart de la finance, les Sachants, ceux qui avaient un tel mépris pour les oppositions, pour ceux qui avaient des avis contraires, ceux qui proposaient d'autres orientations, ont mené le pays dans le mur. Voilà. Et très clairement, ce pays va devoir être redressé avec une rupture. Rupture sociale, rupture fiscale, rupture économique et budgétaire.
Nous y sommes prêts, nous allons le faire. Nous avons proposé un contre-budget, nous avons des pistes d'orientation sérieuses, nous avons des pistes d'économie, mais certainement pas en faisant du bouche-à-bouche à ce gouvernement.
En revanche, vous avez fait le deuil d'une dissolution et donc d'être responsabilité dans un court terme. Non, pas du tout. Parce que là, il n'y a pas vraiment de possibilité. On voit bien que s'il y a une motion de censure, les socialistes pourraient ne pas la voter. De ce côté-là, c'est terminé pour vous, la dissolution ?
Non, ce n'est pas terminé. Et nous souhaitons effectivement une dissolution pour qu'il y ait une clarification et que nous ayons une nouvelle majorité le plus tôt possible.
Et j'allais vous dire... Ça a de moins en moins de sens
quand même, Julien Odole,
la dissolution. Parce qu'on arrive bientôt en 2026 et ensuite, on va aller à la fois vers la campagne présidentielle et surtout, il y a des législatives en principe en 2027, potentiellement. Donc, il ne faut pas... Ou il faut que ça vienne tout de suite ou après, c'est trop tard.
Bon, malheureusement, nous ne sommes pas décisionnaires comme vous le savez. Mais je pense que nos idées arriveront au pouvoir le plus tôt possible et elles doivent arriver le plus tôt possible. Voilà. Nous ne sommes pas dans ce calcul. Effectivement, j'entends cette petite musique. Attendez 2027 tranquillement. Le débat présidentiel, ensuite de nouvelles législatives, etc. Laissez faire. Non. La situation, je pense, est tellement grave. Nous sommes toujours dans une situation de blocage où aucune marge de manœuvre n'est possible et aucune alternative n'est possible.
Donc, plus tôt, nous aurons une des solutions, plus tôt, Jordan Bardella pourra mettre en œuvre une politique du Rassemblement national.
Vous restez avec nous, Julien Andoul. On se retrouve juste après l'info en une minute. Il est 9h moins le quart et c'est Diane Ferchit.
La ministre de l'Agriculture répond aux revendications des syndicats agricoles. La coordination rurale et la Confédération Paysanne qui réclament une vaccination généralisée du cheptel français contre la dermatose nodulaire contagieuse. Annie Gennevar en déplacement à Besançon a affirmé hier y réfléchir. Les vaccins sont pour l'instant réservés aux zones les plus touchées. Une réunion est prévue mardi avec les représentants de la profession. Des promesses de dons en hausse par rapport à l'an dernier. La 39e édition du Téléthon s'achève avec 83,5 millions d'euros. Au profit de la recherche sur les maladies rares et génétiques, une cagnotte que vous pouvez continuer à alimenter.
Le 36-37 reste encore ouvert jusqu'à vendredi prochain. Le Hamas se dit prêt à remettre ses armes en échange d'un départ de l'armée israélienne de la bande de Gaza, le mouvement islamiste palestinien qui s'oppose à ce qu'une force internationale soit déployée dans la bande de Gaza avec pour mission de le désarmer. Le calendrier des Bleus dans le mondial de foot et on sait désormais que la France affrontera le Sénégal pour son premier match. Ce sera à New York le 16 juin. Les Bleus feront ensuite face aux barragistes qui restent à déterminer et puis le choc attendu face à la Norvège. Ce sera le 26 juin à Boston. France Info
Le 8.30 France Info Adrien Beck Mathilde Siro
Nous sommes toujours sur France Info ce matin. Merci d'être avec nous. Julien Oudoul, député Rassemblement National et porte-parole est notre invité. On va aborder maintenant la situation internationale puisque vous le savez une réunion est prévue demain à Londres en présence d'Emmanuel Macron mais aussi du chancelier Hamant, du Premier ministre britannique. Toujours au cœur de ces échanges bien sûr les négociations en cours avec les Américains sur une possible paix en Ukraine. Alors on vous a assez peu entendu au RN sur ce fameux plan de paix américain sur ces 28 points qui avaient été proposés mis sur la table. Quand vous avez découvert ce plan vous vous êtes dit quoi ?
Que finalement c'était pour favoriser une paix juste ?
Nous souhaitons que la situation se déverrouille très rapidement. Nous souhaitons la paix et nous souhaitons surtout que les souffrances du peuple ukrainien s'arrêtent. Ça fait près de 4 ans que ça dure. Ça fait près de 4 ans que le peuple ukrainien lutte héroïquement pour son indépendance à la suite d'une agression abominable. Il faut saluer d'ailleurs le courage de ce petit peuple qui a quand même réalisé des exploits face à une puissance avec une armée considérable et des moyens et une puissance de feu qu'elle n'avait pas. Donc il faut saluer effectivement l'opiniâtreté aussi du président Zelensky. Maintenant, il faut évidemment qu'il y ait une solution diplomatique.
Nous le disons depuis le début, ça ne pouvait pas être réglé par les armes. Ce conflit ne pouvait pas être réglé avec l'envoi supplémentaire de missiles, d'avions ou d'autres. Ça a été utile quand même. Encore une fois, on l'a dit depuis le début, il ne pouvait pas y avoir de solution militaire. C'est un fait. D'ailleurs, c'est le président Zelensky qui avait rejoint les positions de Marine Le Pen. Mais là, aujourd'hui, espérons que ça débouche sur un cessez-le-feu sur une paix durable qui garantisse à l'Ukraine la sécurité, l'indépendance et sa souveraineté. Est-ce que quand vous voyez
quand même, on ne va pas détailler tout le plan, mais certaines mesures qui ont pu fuiter dans la presse ces derniers temps ce plan américain, je pense par exemple à l'interdiction pour l'Ukraine d'augmenter la taille de son armée ou même au contraire de la diviser par deux par rapport à ce qu'elle est aujourd'hui. Est-ce que ça, pour les Européens, ça doit être acceptable ? Est-ce que pour les Ukrainiens,
ça doit être acceptable ? Mais c'est aux Ukrainiens de le dire et vous le savez et je pense que le président Zelensky l'a compris et l'a intégré. Une paix n'est pas forcément juste à 100% mais il faut qu'elle soit digne. Je reprends ces mots. Il fallait qu'elle soit digne pour le peuple ukrainien. Dans un traité de paix, dans des négociations, effectivement, vous ne pouvez pas tout avoir. Il faut faire des compromis. Y compris territoriaux. Mais encore une fois, c'est aux Ukrainiens.
Pardonnez-moi,
les Européens que nous sommes
ont un rôle quand même à avoir.
Ça, ce sera la négociation et ce sera le choix souverain de l'Ukraine et dans le cadre de discussions qui sont indispensables. On fait la paix toujours avec son ennemi. J'entends que certains voulaient organiser des négociations sans la Russie. Sans la Russie, malheureusement, c'est impossible. Donc, il faut que cette paix arrive au plus vite pour que, je le dis, les morts cessent en Ukraine et que le peuple ukrainien puisse recouvrer la stabilité et la sérénité.
Un dernier mot sur ce sujet, Julien Audoul. On voulait avoir votre réaction sur cette déclaration signée Elon Musk qui nous dit l'Union européenne devrait être abolie et les États, les États donc membres, recouvraient leur souveraineté. Qu'est-ce que ça vous inspire ? C'est de l'ingérence ?
Non, ce n'est pas de l'ingérence. C'est le commentaire d'Elon Musk. Vous avez l'habitude de ces commentaires et de ces phrases anciennement de l'administration américaine quand même, proches de Donald Trump. Un petit peu choc. Là où on peut se rejoindre, c'est que l'Union européenne est constituée de nations souveraines et que ces nations doivent rester souveraines. Et nous, nous sommes attachés non pas à un bloc qui imposerait ses vues à tous les pays de l'Union européenne, mais à une Europe des nations et des libertés qui ferait en sorte de respecter les identités, les souverainetés et les libertés de chaque peuple.
C'est ce que nous voulons pour l'Union européenne et non pas une technocratie qui va décider partout à la fois du poids des tomates et à la fois de qui peut entrer sur notre territoire.
La conception de ce que sont les Européens, de ce qu'est l'Union européenne, la conception venue de Washington, elle ne vous interpelle pas ? Ce qu'on a pu lire ces derniers jours sur la manière dont Donald Trump voit l'Europe ? Mais évidemment
que les grandes puissances de ce monde peuvent avoir des vues et peuvent avoir une tentation d'instrumentaliser nos pays. Bien sûr, ça l'a toujours été. Vous le savez, ce n'est pas nouveau. Libre à nous de rester des nations souveraines, indépendantes, mais je dis bien des nations. Et on constate depuis de nombreuses années, depuis 1992 et le traité de Maastricht, depuis finalement l'européisme en marche, plus on nous a dit alliez-vous, formez un bloc, vous serez forts, vous serez plus puissants, en fait on est plus faible. Parce que dans cette mondialisation... Pourtant on a l'air
d'inquiéter peut-être les Etats-Unis voire la Russie qui s'en prennent beaucoup à l'Union européenne.
Malheureusement, on n'inquiète personne. Vous savez, on n'inquiète plus personne et je constate que la France a beaucoup perdu, a beaucoup perdu depuis 8 ans particulièrement, mais a beaucoup perdu à se fondre dans ce fédéralisme et devrait retrouver des marges de manœuvre et indépendance. La France toute seule,
elle serait plus forte ?
Mais la France n'est jamais toute seule, vous savez. Nous ce que nous souhaitons c'est que la France ne soit pas seule, c'est que la France soit respectée en Europe. Vous savez, l'Allemagne est dans l'Union européenne et l'Allemagne protège ses frontières, défend ses marchés, préserve son identité. Il faut que le gouvernement français, donc le prochain, celui qui sera dirigé par Jordan Bardella, puisse défendre les intérêts de la France en Europe.
Il faut qu'on avance, Julien Oudoul. On voulait vous parler évidemment des premiers extraits du livre de Nicolas Sarkozy, Journal d'un prisonnier, qui ont été publiés dans la presse. Livre écrit pendant sa détention provisoire à la prison de la santé à Paris. Le président raconte évidemment la prison, mais pas seulement. On y apprend beaucoup d'éléments aussi très politiques. Il y a notamment ce coup de fil relaté avec Marine Le Pen. Nicolas Sarkozy lui dit à cette occasion qu'en cas d'élections législatives anticipées, il prendrait position contre le front républicain anti-RN. Votre réaction, Julien Oudoul, est-ce que c'est une voie qui pèse Nicolas Sarkozy sur votre électorat ?
En tout cas, c'est une voie qui porte dans le débat politique. L'ancien président de la République a toujours de nombreux soutiens, pas forcément dans notre électorat, puisque dans notre électorat, vous avez beaucoup de déçus de Nicolas Sarkozy, il faut bien le dire.
Tu avais voté pour lui en 2007.
Voilà, et j'en suis. J'ai voté pour lui en 2007, j'ai re-voté pour lui en 2012 face à François Hollande, mais force est de constater que le président Sarkozy a beaucoup déçu parce qu'il n'a pas respecté peut-être les attentes des Français et de la campagne. Donc ce n'est pas forcément
bienvenu qu'il laisse ses messages plutôt positifs à vendre en droit ?
Bien sûr que c'est bienvenu. Je pense que, et puis c'est sa responsabilité, sa liberté, à la fois en tant qu'ancien président de la République et puis en tant que citoyen. Et je pense que pour bon nombre d'électeurs de droite orphelins aujourd'hui qui ne s'y retrouvent plus dans les Républicains, qui ne veulent plus se fondre dans le macronisme et tout simplement qui veulent que leurs idées arrivent au pouvoir, il y a de plus en plus d'électeurs des Républicains qui nous rejoignent ou qui sont tentés par rejoindre le Rassemblement National.
Est-ce que ça donne encore un peu plus corps à cette union des droites puisque lui-même, dans son livre, il appelle à un rassemblement le plus large possible, sans anathème et sans exclusives ?
Oui, mais ce rassemblement doit avoir lieu. Effectivement, le rassemblement de tous les patriotes. Mais autour de vous ? Évidemment, vous savez, ce n'est pas la souris de porter l'éléphant, comme on dit. En gros,
c'est rejoigner nous,
ce n'est pas faire l'union. C'est une union. Vous savez, on a fait une alliance avec Éric Ciotti et son parti UDR qui est extrêmement constructive à l'Assemblée Nationale. Nous avons des nuances, nous avons des différences et pourtant, nous avons un même programme et la même volonté de redresser notre pays. Merci Julien Odoul, député de Lyon,
porte-parole du Rassemblement National d'avoir été avec nous ce matin dans le 830 France Info. Merci Mathilde Siro. On vous retrouve dans un peu moins d'une heure pour les informer. Restez sur France Info.
Julien Odoul