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interviewFrance Culture — L'invité(e) des Matins· 24 juin 2026 40 min

Antisémitisme, audiovisuel public, Donald Trump : Marine Le Pen est l’invitée des Matins

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:04
Présentateur

Les Matins de France Culture, Guillaume Erner. Guerre au Proche-Orient, Russie aux portes de l'Europe, fracture avec Washington dans un monde multipopulaire où les menaces se multiplient. Quelle politique étrangère défend le Rassemblement National ? Bonjour Marine Le Pen. Bonjour. Vous êtes présidente du groupe RN à l'Assemblée Nationale. Nous allons vous poser des questions sur la situation internationale avec mon camarade Jean Lémarie qui m'accompagne avec tout d'abord cette actualité. Et autour des relations entre Donald Trump et Georgia Melody, il y a eu autour du 19 juin une passe d'armes.

Entre eux, cette passe d'armes signifie un éloignement, une sorte de rupture de Georgia Melody avec Donald Trump, tandis qu'elle passait hier particulièrement proche du président américain. Qu'est-ce que ça vous inspire ? Quelle attitude souhaitez-vous adopter vis-à-vis de Donald Trump ?

1:00
Marine Le Pen

Je crois qu'au-delà des difficultés personnelles entre Donald Trump et Georgia Melody, chaque dirigeant, en tout cas qui mériterait ce nom-là, doit défendre les intérêts de son pays. Et autant m'attendre à trop l'oublier. L'objectif pour Georgia Melody, je crois, c'est défendre les intérêts de l'Italie. Donc je ne suis pas sûr que ça change fondamentalement les relations qu'elle peut avoir avec les États-Unis. Mais c'est vrai qu'il a été très insultant. Et donc je comprends très bien la réaction d'orgueil national qui a été celle de Georgia Melody. Est-ce que c'est une rupture définitive entre les deux nations ? Certainement pas.

Est-ce que c'est un rafraîchissement sévère entre les deux personnes ? Très certainement.

1:48
Présentateur

Mais pour vous, c'est un faux ami, Donald Trump ?

1:51
Marine Le Pen

Mais on n'a pas d'ami en matière internationale. Pardon de le dire. Je le rappelle, c'est une évidence depuis toujours. On a des intérêts. Ces intérêts peuvent être communs ou ils peuvent être contradictoires. Je veux dire, une nation peut être dans le même temps un adversaire, un concurrent ou un allié. C'est ainsi, il faut l'admettre. Et justement, il faut éviter ces formes de positionnement, de posture, dirais-je, qui, en réalité, évite d'analyser la situation pour être capable de passer de l'un à l'autre.

2:25
Présentateur

Bon alors, on n'a pas d'amis, mais on peut avoir des accointances idéologiques, politiques. Un certain nombre de membres du Rassemblement national se disaient séduits sur une partie de la politique de Donald Trump. Vous, qu'en est-il ?

2:39
Marine Le Pen

Non, ce n'est pas réellement ça. En réalité, quand Donald Trump dit...

2:42
Présentateur

On a entendu dire quelqu'un qui l'avait beaucoup d'énergie, par exemple.

2:46
Marine Le Pen

Oui, bon, d'accord. Ok. Ça n'en fait pas un alignement, quoi, si vous voulez. Il fait une qualité, déjà. Il est incontestablement le symbole d'une forme de volonté politique. Et c'est vrai qu'en Europe, cette volonté politique, on l'a peu vue, il faut bien le dire, depuis des décennies. Donc, la volonté politique, ça veut dire qu'au-delà de l'administration, lorsque un politique est élu, il est élu pour faire quelque chose. Et donc, il se doit, en réalité, de respecter ses engagements. Ça n'est pas ce que Donald Trump a fait.

Et lorsque des membres du Rassemblement national se sont félicités d'un certain nombre de ses discours indiquant que, en gros, les États-Unis rompaient avec une forme d'impérialisme, rompaient avec cette volonté d'appliquer son modèle à tous, d'user, voire d'abuser de l'extraterritorialité du droit américain, évidemment, nous nous en réjouissions, parce que nous considérions qu'à l'époque, il en allait de l'intérêt de la France. Il se trouve qu'il a fait, il faut bien le dire, avec cette guerre en Irak, exactement l'inverse de ce qu'il avait promis dans ce domaine, en tout cas.

3:49
Présentateur

Donc, effectivement, sur l'Iran, il n'a rien réglé. Donc, les points...

3:55
Marine Le Pen

C'est peu de le dire. C'est-à-dire ? C'est peu de le dire, parce que moi, il m'apparaît, si vous voulez, que l'Iran ressort de cette séquence, certainement plus puissant qu'il ne l'était, en réalité, avant cette séquence. Ce qui est un problème pour vous ? C'est toujours un problème, parce que c'est un système dont nous savons qu'il écrase sous sa botte son propre peuple. Et le fait qu'à l'issue de cette guerre, ils ressortent, avec leurs avoirs dégelés, la capacité de revenir dans le concert des nations, qui ne sera peut-être pas obligatoirement, d'ailleurs, à terme, une mauvaise solution.

Mais des capacités, en réalité, militaires, qui sont moins atteintes qu'on aurait pu l'espérer, n'est pas obligatoirement une bonne nouvelle. Et surtout, il y a une chose, si vous voulez, c'est que tout le monde savait que le détroit d'Hormuz, entre les mains de l'Iran, était un danger. Aujourd'hui, que c'était une forme de bombe atomique sans être la bombe atomique. Eh bien, à partir du moment où ils s'en sont servis, par définition, leur pouvoir est aujourd'hui plus important qu'il ne l'était hier, où cette bombe atomique restait encore hypothétique.

5:05
Présentateur

Changement de discours ORN sur l'autre question. La question russe, Jordan Bardella dit la menace russe multidimensionnelle, il la dénonce désormais frontalement. Vous en pensez quoi alors que le RN a voté contre la plupart des sanctions contre la Russie ?

5:23
Marine Le Pen

Non mais, d'abord, nous pensons depuis toujours que les sanctions ne servent à rien. Bon, je crois que l'Iran en est d'ailleurs, accessoirement, une démonstration.

5:31
Présentateur

Surtout si on les lève.

5:32
Marine Le Pen

Non mais les sanctions ne servent à rien. Je veux dire pourquoi ? Parce que les sanctions, en réalité, elles ne frappent pas les bonnes personnes. Les sanctions, elles frappent le peuple. On l'a vu en Irak, avec un million d'enfants morts de manque de nourriture et de manque de médicaments. On le voit en Russie, on le voit en Iran, on le voit en réalité partout. Les sanctions, d'abord, un, ça ne sert à rien. Et à chaque fois que l'Union européenne propose quelque chose à voter, il y a toujours à l'intérieur, si vous voulez, l'entrée, par exemple, de l'Ukraine dans l'Union européenne. Nous y sommes opposés.

Donc, si vraiment, ils veulent qu'il y ait une unanimité sur le positionnement, alors qu'ils n'intègrent pas ce qui représente des lignes rouges absolues pour un certain nombre de groupes politiques, au premier rang desquels le Rassemblement national.

6:21
Intervenant

Jean-Lemarie, quelle est la ligne, aujourd'hui, du Rassemblement national face à Vladimir Poutine ? Est-ce que c'est celle de Jordan Bardella, qu'on évoquait, qui condamne l'agression russe en Ukraine ? Ou est-ce celle, par exemple, de Thierry Mariani, qui reprend régulièrement les éléments du Kremlin, là encore, là, tout récemment ?

6:37
Marine Le Pen

Non, mais très clairement, depuis le début de la guerre en Ukraine, nous avons été, je crois, sans aucune ambiguïté. Nous avons condamné parce que nous sommes des souverainistes. Et par conséquent, toute atteinte à la souveraineté d'un État par un autre État, toute atteinte de l'intégrité de ses frontières, fait l'objet, de notre part, d'une condamnation. Nous, notre ligne, c'est le droit international. Alors, je sais que c'est plus trop à la mode, mais nous sommes les défenseurs du droit international. Nous avons donc soutenu l'Ukraine dans la défense qu'elle a exprimée à l'égard de la Russie.

Mais j'avais dit, dès le début de ce conflit, il y a, en réalité, si on n'arrive pas à créer les conditions d'une grande conférence pour la paix entre, évidemment, l'Ukraine et la Russie, ça a été ma première demande, alors il y aura soit la Troisième Guerre mondiale, si l'OTAN entre dans ce conflit, soit la guerre de Cent Ans. Je vous signale que la guerre entre la Russie et l'Ukraine aujourd'hui a déjà duré plus longtemps que 14-18. Et je n'évoque pas ici les pertes humaines épouvantables qui ont quasiment annihilé une génération entre celle qui est morte sur le front en Ukraine et celle qui a fui le pays.

7:54
Présentateur

Vous êtes pour le droit international, donc vous condamnez la politique menée par Benjamin Netanyahou dans la guerre et les massacres perpétrés à Gaza, Marine Le Pen.

8:05
Marine Le Pen

Alors, pardon, mais nous sommes dans une situation un peu différente, puisque, en l'occurrence, Israël est attaqué. Il a été attaqué et il continue d'être attaqué par le Hezbollah et le Hamas, qui ne sont pas des États, qui sont des organisations terroristes. Enfin, je pense qu'à peu près tout le monde l'admet, sauf la France insoumise. Maintenant, par exemple au Liban, je considère que la technique qui est utilisée par Israël de bombardement de la capitale libanaise n'est pas, à mon sens, un moyen d'affaiblir le Hezbollah.

J'ai beaucoup de respect pour les services de renseignement israéliens, pour leur capacité militaire, et je pense qu'ils peuvent obtenir peut-être les mêmes résultats sans prendre le risque d'attenter, si c'est possible, à l'avis des civils. Maintenant, la problématique du Liban, c'est une problématique dans laquelle je trouve la France complètement inaudible. Là, à la fin de l'année, c'est la fin de la mission Finul, quelle est notre position ? J'ai réclamé un débat 50-1 sur ce sujet de l'après-Finul, pour qu'à l'Assemblée nationale, les différents groupes se positionnent et que le gouvernement nous dise quelle est sa position.

9:25
Présentateur

Qu'est-ce que vous voulez dire ? Vous voulez dire que, par exemple, il y a une bande entre la frontière israélienne et le fleuve Litani qui doit demeurer désarmée ?

9:34
Marine Le Pen

Je ne dis rien, je dis quelle est la stratégie de la France pour l'après-Finul ? Est-ce qu'on arrête tout ? Mais vous, quelles sont vos demandes ? Moi, je considère que l'on doit travailler sur trois axes. Le premier axe, c'est demander le retrait israélien du Liban. Le deuxième axe, c'est procéder, avoir une mission pour l'après-Finul de désarmement effectif et progressif du Hezbollah. Et la troisième, c'est le renforcement des forces armées libanaises.

Parce que sinon, et on voit bien que le fait que le Liban n'ait pas été, en réalité, véritablement dans l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis, fait qu'on va très certainement se retrouver, en fait, à commettre les mêmes erreurs commises en 2006. Ou comme on n'avait pas ce mandat clair de désarmement du Hezbollah, en réalité, la période a servi au Hezbollah pour se renforcer.

10:23
Présentateur

Marine Le Pen, j'aimerais passer aux répercussions de ce conflit israélo-palestinien en France, avec la question de l'antisémitisme. J'ai trouvé sur les réseaux sociaux une sorte de petit montage qui passe, comparant Jean-Marie Le Pen et Jean-Luc Mélenchon sur le sujet de l'antisémitisme. Quand avez-vous décidé, Marine Le Pen, de rompre avec l'antisémitisme de votre père ?

10:45
Marine Le Pen

D'abord, si vous voulez, je pense que cette comparaison n'est pas raison entre les deux personnages. Parce que ce qui est éminemment contestable dans le comportement de Jean-Luc Mélenchon, c'est que les propos qu'il tient sont des propos à viser électoralistes. C'est-à-dire qu'il y a une forme de cynisme politique incroyable à tenir des propos de plus en plus critiquables, de plus en plus dangereux d'ailleurs, pour les Français de confession juive, pour pouvoir attirer les voix de ceux qu'il considère être sensibles à cet antisémitisme.

11:24
Présentateur

Vous voulez dire que ce n'est pas de la conviction ? Donc c'est plus grave que votre père pour qui c'était une conviction ?

11:29
Marine Le Pen

Non, non, ce n'est pas ce que je veux dire. Ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui, nos compatriotes de confession juive sont en danger. Aussi contestable soit-elle, nous avons rompu sur ce sujet avec mon père. Et je crois que j'ai pris mes responsabilités. Croyez-moi, elle n'était pas facile.

11:44
Présentateur

J'aimerais savoir, quand vous avez eu l'épiphanie, vous vous êtes dit, je ne suis pas antisémite, je ne suis plus antisémite.

11:50
Marine Le Pen

Non, mais je ne sais pas, je ne suis plus, je ne l'ai jamais été et je ne le serai jamais. Et il y a eu un phénomène, encore une fois, à un moment donné, non seulement de ras-le-bol, mais en plus, si vous voulez, c'est intervenu à un moment où nos compatriotes de confession juive étaient en danger. Et parce qu'ils étaient en danger, c'est ce qui était peut-être moins le cas avant, parce qu'ils étaient à nouveau en danger, alors nous devions de les protéger.

Et j'étais venue sur cette antenne, d'ailleurs, il y a très longtemps, il y a 16 ans, pour dire qu'il y a un certain nombre de quartiers dans lesquels il ne fait pas bon être juif, être homosexuel, être femme ou être simplement, somme toute, français. Et donc, j'avais analysé cette dérive auquel nous assistions et qui, aujourd'hui, prend sa pleine mesure avec le soutien affiché d'un mouvement politique comme la France insoumise.

12:47
Présentateur

Ma mère avait très, très peur de votre père. Elle pensait que c'était le retour du nazisme si elle était élue. Je pense qu'il y a beaucoup de mères musulmanes qui, aujourd'hui, ont très peur de vous. Qu'est-ce que ça vous inspire ?

12:59
Marine Le Pen

Ça m'inspire un sentiment d'échec, parce que, quelque part, et donc, ça me force à être peut-être encore plus claire que ce que je suis, parce que je n'ai jamais attaqué, moi, les musulmans. Jamais. J'ai toujours combattu l'islamisme, qui est une idéologie totalitaire, qui n'est pas une religion, qui est une idéologie totalitaire. C'est elle que je combats, et je la combats aussi au bénéfice des musulmans qui, soit sont français, soit vivent en France, et qui ont le droit, en réalité, de profiter des droits qui ont été acquis dans notre pays.

Donc, je viens leur dire, si vous ne souhaitez pas que vos enfants, et bien, précisément, soient les victimes de cette idéologie totalitaire, alors, rejoignez le combat du Rassemblement National.

13:46
Intervenant

Jean-Lémarie. Vous avez sans doute vu passer cette vidéo qui tourne depuis quelques jours, cette discothèque à Rodez, et des jeunes hommes qui crient devant des témoins « Marines au pouvoir, les Arabes à l'abattoir ». Pardon de cette citation, mais c'est ce qu'on entend dans cette vidéo. Le parquet a ouvert une enquête pour provocation à la haine ou à la violence. Pourquoi des gens racistes et violents, vous veulent-ils au pouvoir, Mme Le Pen ?

14:08
Marine Le Pen

Non, mais écoutez, monsieur, ce genre de méthode n'est pas admissible, parce que la réalité, c'est que les réseaux sociaux sont pleins. D'appel à la haine, d'appel à la violence, et je ne me sens aucune responsabilité dans le fait que ces jeunes hommes puissent tenir des propos que je trouve insupportables. Donc, le parquet les poursuit, tant mieux. Et j'espère que la justice les condamnera. Et je n'ai strictement, encore une fois, rien à voir avec tout cela. Demain, vous trouverez, encore une fois, des mises en cause d'autres natures, et les responsables politiques qui seraient cités dans ces propos ne peuvent pas être tenus pour responsables.

Parce que sinon, c'est une dérive, et somme toute, on ouvre à toutes les instrumentalisations possibles.

14:56
Présentateur

Bon, mais justement, dans ce cas-là, puisque vous avez rompu avec l'antisémitisme, qui était un marqueur important pour le Front National, pourquoi ne pas rompre complètement avec cette tradition d'extrême droite ? Pourquoi ne pas aller dans un...

15:10
Marine Le Pen

Mais de quelle tradition parlez-vous ? Écoutez, à la dernière élection présidentielle, je me suis fait attaquer assez durement, il faut bien le dire, par Éric Zemmour. Précisément parce que j'avais dit que la religion musulmane est compatible avec la République française. Et qu'il considérait que j'avais commis là une forme d'outrage. Donc, j'ai toujours assumé cela. Que je ne m'attaquais pas à la religion. Moi, je suis le défenseur, précisément, de la liberté religieuse.

Mais que j'attaquais, en revanche, l'idéologie totalitaire islamiste, parce qu'il m'apparaît qu'elle est une idéologie de la régression, de l'enfermement des femmes, de la disparition de nos libertés individuelles et, en réalité, de la disparition de notre culture. Voilà. Donc, vous ne pouvez pas aujourd'hui me dire que je n'ai pas fait tout ce qu'il fallait, que je n'ai pas été assez claire sur ce sujet.

16:04
Présentateur

Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale. On vous retrouve dans quelques instants. On évoquera avec vous, bien sûr, la présidentielle, cette canicule, pour connaître votre point de vue là-dessus. Et puis, tiens, on parlera aussi de l'audiovisuel public. Tiens, on parlera de nous un peu. 8h sur France Culture. 6h30, 9h, les matins de France Culture. Guillaume Erner. Notre invitée, c'est Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale. Mon camarade Jean Lémarie vient d'évoquer le statut de la Corse. Un commentaire, Marine Le Pen.

16:43
Marine Le Pen

Vous savez, nous, le mot d'autonomie ne nous fait pas peur. Nous considérons qu'il peut exister une autonomie insulaire. Je l'encadre dans la proposition qui a été faite par le Rassemblement National. C'est-à-dire qu'on ne transfère pas le pouvoir législatif du Parlement à la collectivité unique de Corse, qui, au passage, n'a aucun contre-pouvoir au moment où nous nous parlons. Et donc, j'avais proposé de passer par, en réalité, une habilitation du Parlement à adapter les lois à la situation particulière, c'est vrai, de l'île. Deuxièmement, ce terme de communauté, ce n'est pas possible. Si on fait ça, on ouvre la boîte de Pandore et on ne peut pas intégrer ça dans la Constitution.

Pour une fois, le Conseil d'État, je crois, enfin, pour une fois, je suis d'accord avec le Conseil d'État, c'est assez rare pour le dire quand même. Et puis, il y a un autre concept qui pose un problème, c'est le concept de non-régression sociale et environnementale qui veut dire qu'en réalité, il n'y a plus de liberté politique à partir du moment où on intègre ce concept dans la Constitution.

17:41
Présentateur

Vous êtes d'accord avec le Conseil d'État pour une fois, ça veut dire que si vous étiez, par exemple, au pouvoir, vous modifieriez cette institution ?

17:51
Marine Le Pen

Non, non, pas du tout.

Ce que je veux dire, c'est que, puisqu'on parle de la Corse, ça ne passera pas, il faut trois cinquièmes, les trois cinquièmes ne seront pas atteints et donc, il faudra qu'on retravaille avec les Corses sur ce sujet après l'élection présidentielle et encore une fois, on peut parfaitement leur transférer une part d'autonomie à eux comme d'ailleurs à nos territoires d'outre-mer avec un certain nombre de garde-fous qui sont utiles y compris pour eux-mêmes et vous avez eu raison de le dire parce que transférer l'intégralité des pouvoirs à la collectivité unique de Corse sans d'ailleurs contre-pouvoir, ça veut dire prendre le risque que la mafia intimide menace des élus qui ainsi prendrait des décisions non pas dans l'intérêt des Corses mais dans l'intérêt de la mafia.

18:35
Présentateur

Ça c'est votre réponse sur la Corse. Sur le Conseil d'État Marine Le Pen l'une des craintes c'est que votre parti le Rassemblement National touche au formalisme de la règle de droit qui est l'essence même de la démocratie.

18:50
Marine Le Pen

Non mais pas du tout nous entendons respecter parfaitement l'État de droit et nous entendons Je parlais du Conseil d'État pas de l'État de droit. Oui mais pas du Conseil d'État le Conseil d'État doit juste faire en sorte de ne pas mettre en place des jurisprudences qui se substituent à la loi si vous voulez. C'est ça la difficulté c'est qu'un certain nombre de cours s'accordent s'ils s'accordent des libertés telles qu'en réalité ils vident parfois la loi de sa substance.

Alors moi je crois qu'en Corse comme vis-à-vis du Conseil d'État ou vis-à-vis d'ailleurs du Conseil constitutionnel que force doit rester à la loi et que force doit rester aux législateurs choisis par le peuple parce que c'est ça le fondement en réalité de la démocratie.

19:35
Présentateur

Le 7 juillet prochain il y aura une décision importante pour vous pour le Rassemblement National la Cour d'appel de Paris va rendre son verdict dans le procès en appel des assistants parlementaires du Front National Rassemblement National c'est un enjeu majeur il est question de votre inéligibilité avec exécution provisoire si vous êtes condamné qu'est-ce que vous faites Marine Le Pen ? Je ferai la campagne de Jordan Bardella et dans ces conditions

20:03
Marine Le Pen

si je ne peux pas me présenter je ferai la campagne de Jordan Bardella Jean Lémarie avec son programme ou avec le vôtre ?

Vous savez que j'entends bien je vois bien les journalistes en train d'essayer de chercher jouer au jeu des 7 différences on les trouve les différences en ce moment qui parfois tiennent en réalité à un cheveu il n'y en a pas non je suis désolé de vous le dire il n'y a pas de différence il peut y avoir une sensibilité c'est normal il a 30 ans j'en ai presque 58 et bien sûr nous ne sommes pas des clones mais sur le fondement de ce que nous défendons et ce que nous sommes engagés à défendre auprès des français il n'y a pas de différence chacun pourra d'ailleurs le mesurer lorsque sortira le projet présidentiel

20:51
Présentateur

mais alors on a noté des différences par exemple sur les retraites c'est un sujet important Marine Le Pen mais au-delà des différences vous qu'est-ce que vous voulez en matière de retraite quel est votre projet

21:04
Marine Le Pen

moi je veux une réforme qui soit juste et une réforme juste elle consiste à ce que les gens qui rentrent dans le marché du travail avant 40 ans avant 20 ans pardon puissent partir au bout de 40 annuités de cotisation et à 60 ans et que progressivement en fonction de l'âge auquel on rentre sur le marché du travail et bien on arrive jusqu'à 42 années de cotisation et avec un âge légal de 62 ans mais on est encore en train de travailler sur ce sujet parce qu'il reste encore une fois des injustices notamment celle qui consiste à ce que celui qui est entré à 30 ans sur le marché du travail il cotise 37 ans et je trouve que ça n'est pas tout à fait normal donc c'est une mesure je crois à une réforme qui est juste compréhensible pour tous qui répond au problème de la pénibilité et qui est également à mon sens économiquement parfaitement viable

21:59
Intervenant

Jean Lémarie mais quand Jordan Bardella dit l'âge légal de départ ne veut plus rien dire qu'est-ce que ça signifie vous supprimez l'âge légal

22:05
Marine Le Pen

de départ ? bah non je viens de vous dire l'inverse

22:08
Intervenant

il nous a dit il a dit l'âge légal de départ ne veut plus rien dire

22:12
Marine Le Pen

mais vous coupez un bout de phrase c'est quand même étonnant quand même c'est pas très honnêtement sur le plan journalistique ça pose un problème parce que juste avant d'avoir prononcé cette phrase il attaquait assez durement Edouard Philippe en disant que Edouard Philippe veut lui repousser l'âge de la retraite jusqu'à 67 ans que dit Jordan Bardella dans cette phrase il le dit avant et il le dit après il dit qu'en réalité il y a deux critères dans le système français et nous sommes attachés à ces deux critères et le seul âge qui passionne en réalité la classe politique ne veut en soi rien dire si on ne lui accole pas une durée de cotisation et c'est cela que nous disons il faut conserver ces deux critères et il faut les moduler parce que derrière il y a aussi une volonté de faire travailler les jeunes plus tôt parce qu'on a besoin d'une masse de travail supplémentaire donc il faut faire travailler les jeunes plus tôt il faut arrêter d'importer des inactifs parce que les inactifs pèsent sur le système de solidarité nationale et nous n'avons plus les moyens d'assumer ce poids donc c'est toute une série de mesures toute une série de problématiques auxquelles répond cette réforme des retraites

23:21
Intervenant

importer des inactifs je reprends votre formule vous visez l'immigration j'imagine est-ce que vous souhaitez par exemple permettre aux demandeurs d'asile de travailler dès leur arrivée en France et sans attendre six mois

23:32
Marine Le Pen

comme c'est le cas aujourd'hui non d'abord je souhaite réformer le droit d'asile je souhaite réformer d'ailleurs sa procédure puisque je souhaite que les demandes d'asile soient effectuées dans les ambassades ou dans les consulats de n'importe quel pays du monde d'ailleurs que ce soit le pays d'origine ou le pays de transfert et que ces gens ne soient accueillis que lorsque leur dossier a obtenu une réponse positive voilà et je pense qu'aujourd'hui nous sommes dans une forme de détournement en quelque sorte du droit d'asile qui est devenu une forme de filière d'immigration supplémentaire et ça n'est pas admissible particulièrement à l'égard de ceux qui sont véritablement en danger dans leur pays mais en quoi

24:08
Présentateur

la politique du RN sur l'immigration romperait avec celle qui a été faite précédemment qu'est-ce qui vous distinguerait principalement Marine Le Pen ?

24:17
Marine Le Pen

Il y a énormément de choses qui vont nous distinguer puisque aujourd'hui nous sommes dans une situation qui est intenable nous accueillons 500 000 étrangers légaux par an 500 000 c'est un chiffre tout à fait considérable donc 15% seulement ont un contrat de travail donc quand je parlais d'importation d'inactifs c'est que si vous voulez quand vous avez 85% des gens qui arrivent et qui ne travaillent pas il y a un moment ça pose un problème surtout lorsque vous savez que ceux qui sont déjà là en été sont deux fois plus au chômage que nos compatriotes Parmi eux beaucoup d'étudiants

24:49
Intervenant

notamment

24:50
Marine Le Pen

Non non au chômage Quand on regarde les 500 000 dont vous parlez c'est des gens extrêmement Je suis tout à fait je suis tout à fait d'accord pour accueillir des étudiants il faut qu'ils étudient il faut quand même avoir un critère pour qu'on juge du sérieux de la démarche d'études et je suis pour donner une priorité d'ailleurs d'accès aux études aux pays francophones et notamment aux pays d'Afrique qui sont francophones

25:16
Présentateur

Mais est-ce que ça c'est pas une vision très malthusienne de la France en 2037 on va avoir une population qui va commencer à décliner on a une population vieillissante on a besoin de travailleurs notamment pour les services à la personne comment feriez-vous

25:31
Marine Le Pen

ça fait 40 ans qu'on nous explique ça

25:33
Présentateur

c'est pas pour ça que c'est faux

25:34
Marine Le Pen

bah si c'est faux parce que sinon au bout de 40 ans ça aurait été réglé vous voyez en réalité ça fait 40 ans qu'on nous dit il faut plus d'immigration parce qu'ils vont sauver nos systèmes de retraite nos systèmes de retraite ne s'est jamais aussi mal porté il faut plus d'immigration parce qu'il y a des métiers en tension et en réalité les métiers sont toujours en tension donc on voit bien que l'immigration n'est pas la solution parce qu'il faut plus d'immigration en revanche bien sûr je suis en désaccord avec ça en revanche le poids social le poids de la prise en compte sociale de cette immigration il est pour le coup considérable nonobstant d'autres problématiques que vous connaissez qui est la surreprésentation dans le domaine de l'insécurité et autres

26:17
Intervenant

Jean-Lay-Marie Jordan Bardella a un modèle de plus en plus évident c'est Nicolas Sarkozy il l'admire il le consulte et d'ailleurs l'ancien président de la république compare lui le président du RN à Jacques Chirac est-ce que Nicolas Sarkozy est également devenu votre modèle Marine Le Pen ?

26:34
Marine Le Pen

Non non j'ai combattu Nicolas Sarkozy politiquement toute ma vie et je considère qu'il a gâché une chance incroyable pour la France il a été élu avec un élan populaire très important il n'en a strictement rien fait donc je veux dire que c'est pas mon modèle ça n'est pas celui non plus de Jordan Bardella ça n'est pas parce qu'on rencontre un ancien président de la république ça n'est pas peut-être parce qu'on loue son énergie que c'est un modèle donc je peux vous dire que pour le RN Nicolas Sarkozy est même presque un contre-modèle

27:06
Intervenant

au-delà de la personne de Nicolas Sarkozy vous voyez bien ce qui est en cause c'est la fameuse union des droites ou en tout cas un rapprochement d'abord entre vos électorats et de fait ils sont de plus en plus proches c'est ce que les études nous disent mais aussi peut-être un jour un travail politique commun qui serait incarné par exemple par Eric Ciotti qu'en pensez-vous ?

27:25
Marine Le Pen

j'ai envie de vous dire que l'union elle se fait avec tout le monde avec les gens de droite et avec les gens de gauche vous êtes en train de parler à une députée qui est élue dans une circonscription qui a été socialo-communiste pendant 80 ans donc ça veut dire que les électeurs étaient socialo-communistes et ils sont devenus rassemblement national donc nous avons vocation à attirer tous les français comme notre nom l'indique d'ailleurs rassemblement national nous voulons rassembler la nation et donc on ne va pas commencer à faire passer les gens sous des jauges en disant toi tu es de droite donc oui non toi tu es de gauche donc oui non moi je veux rassembler tout le monde je ne crois pas à l'union des droites voilà je l'ai dit je l'ai redit je considère que c'est l'arlésienne y compris aux législatives et en réalité la droite on ne peut pas se rassembler d'ailleurs avec une droite qui est en voie de disparition parce que si la droite c'est LR si tant est qu'on sache qu'est-ce qu'est la droite parce que j'ai l'impression qu'il y en a plusieurs entre Xavier Bertrand qui est la droite de gauche et Morano qui se présente comme étant la droite de droite bon il y a quand même des nuances moi tous ces concepts-là ne m'intéressent pas moi je suis candidate à la présidentielle le président de la république il doit rassembler la nation française donc je viens dire à tous les français qui sont attachés à leur identité à leur culture à leur continuité historique mais aussi à ceux qui considèrent que depuis 40 ans il n'y a que des erreurs qui ont été commises dans le domaine économique et dans l'intégralité des domaines y compris qui touchent à nos services publics qu'ils doivent encore une fois venir travailler avec nous et ils y ont leur place

28:55
Présentateur

au législatif puisque l'une des possibilités serait par exemple je ne sais pas si d'aventure un membre du RN était élu à la présidentielle le RN pourrait ne pas avoir la majorité à la législative qui suivrait est-ce que vous imagineriez par exemple gouverner avec une partie de la droite ?

29:14
Marine Le Pen

Alors les équations à plusieurs hypothèses en politique j'essaie de les éviter je pense que la Rassemblee Nationale est précisément celui qui a le plus de chances d'avoir une majorité mais si nous n'avons pas dans l'hypothèse où nous n'aurions pas de majorité nous irions à la chercher voilà c'est le travail de la démocratie le travail de la démocratie c'est prendre l'Assemblée Nationale telle qu'elle est et essayer de trouver une majorité pour pouvoir changer réellement les choses

29:38
Présentateur

et alors dans la perspective de cette législative vous avez fait le travail détection des brebis galeuses qui n'est pas de il manque cette case

29:45
Marine Le Pen

monsieur Arnard

29:46
Présentateur

je veux cocher toutes les cas je veux profiter de votre présence pour cocher toutes les cas

29:50
Marine Le Pen

j'entends bien mais là vous êtes en passe de réussir par ailleurs je vous remercie pour cette bonne note j'aimerais une réponse

29:57
Présentateur

sans vous y contraindre si vous me donniez une réponse je vous en remercierai

30:03
Marine Le Pen

oui mais c'est bien vous voyez les journalistes de gauche en réalité travaillent pour nous

30:07
Présentateur

alors là c'est vous qui cochez la case

30:08
Marine Le Pen

non non mais les journalistes de gauche travaillent pour nous c'est-à-dire les journalistes de gauche qui vont chercher dans des tweets il y a 15 ans pour voir si la personne n'a pas tenu des propos font un travail qui nous permet effectivement potentiellement d'écarter des gens qui n'ont pas la même vision que nous et dont nous nous apercevons à la lecture de leurs propos qu'ils ne partagent pas nos opinions et qu'ils se sont peut-être trompés de partie

30:32
Présentateur

le journaliste sur la droite c'est-à-dire Jean Lémarie veut vous poser une question

30:35
Intervenant

pas forcément besoin de remonter 15 ans en arrière quand David Racheline maire de Fréjus s'affiche il y a quelques mois en photo avec des figures du GUD ça ne vous a pas échappé mouvement raciste

30:45
Marine Le Pen

et antisémite non mais ça ne vous a pas échappé que David Racheline a pris énormément de distance avec le Rassemblement National donc il fait partie des gens qui peut-être se sont rendus compte qu'en réalité ils s'étaient peut-être trompés de crâmerie

31:01
Intervenant

On va penser peut-être maintenant aussi à toutes celles et ceux qui se réveillent ou qui débutent leur journée sous une chaleur écrasante cette canicule il y a 3 ans encore vous estimiez que les experts du climat les experts du GIEC

31:12
Marine Le Pen

étaient très très alarmistes est-ce que vous le pensez toujours ?

C'est-à-dire que vous savez bien que le GIEC en réalité fait plusieurs hypothèses il y a des hypothèses qui sont extrêmement alarmistes et puis il y a des hypothèses qui le sont moins et en réalité c'est l'écomédiatique de ces hypothèses qui bien souvent prend l'hypothèse la plus grave mais les hypothèses et prévoir l'avenir du climat ça n'est pas une difficulté là où le maillon est faible c'est en réalité au niveau de la décision politique c'est-à-dire qu'entre 2003 qui a été une canicule mortifère et aujourd'hui il n'y a quasiment rien qui a été fait et je pense que nous avions raison sur un certain nombre de sujets quand depuis 20 ans nous nous opposons aux accords de libre-échange et quand on apprend que 50% de notre empreinte carbone est liée aux importations nous avions raison quand nous défendons le nucléaire et l'hydro parce que nous considérons que ce sont des énergies stables décarbonées abondantes et hélas pas aussi peu chères que ça pourrait l'être nous avons nous avons raison et moi quand je défends un grand plan clim parce que je considère qu'en 2026 il est honteux mais honteux que des bébés qui naissent dans des hôpitaux des personnes âgées des malades soient obligées de supporter des chaleurs qui tuent je veux dire soyons clairs la chaleur extrême telle que nous la vivons elle tue des gens donc moi comme responsable politique à partir du moment où il y a une solution peut-être y en aura-t-il d'autres après je crois beaucoup au progrès vous savez à la différence des écologistes moi je considère que l'homme est un génie qui fait qu'il arrivera à trouver technologiquement scientifiquement les solutions pour pouvoir continuer à vivre dans le confort avec le changement climatique que nous vivons et en même temps

33:06
Intervenant

vous voulez supprimer le fond vert qui aide notamment les communes à rénover les écoles pourquoi voulez-vous abandonner ce chantier comment vont faire ces mères ces élèves ces familles

33:16
Marine Le Pen

alors d'abord excusez-moi j'ai entendu tout et n'importe quoi sur ce fond vert ça c'est dans votre contre projet budgétaire des députés mis en cause en disant qu'ils n'avaient pas voté le fond vert ça a été passé en 49-3 bon et il se trouve que le fond vert exclut expressément la climatisation donc ça me pose un problème en effet je pense qu'il y a des structures plus efficaces et plus performantes à mettre en oeuvre notamment un nouveau dispositif qui s'appelle 100% Rénov' qui a été présenté par Jean-Philippe Tanguy qui y a beaucoup travaillé et qui permet à mon avis beaucoup plus rapidement et de manière beaucoup moins coûteuse et en évitant les biais que l'on connaît avec la prime Rénov' de pouvoir apporter les solutions à nos compatriotes

33:54
Intervenant

et en même temps vous voulez toujours baisser la TVA sur le carburant le fuel le gaz des énergies fossiles qui on le sait et ça c'est scientifique aggrave énormément le réchauffement est-ce que c'est rendre service aux français ça au bout du compte

34:06
Marine Le Pen

oui oui je pense que enfin moi je ne partage pas l'avis qui est assez fréquent à gauche sur la décroissance je ne crois pas que la solution soit dans la décroissance voilà donc on arrête de rouler on arrête de respirer on arrête on arrête de l'agriculture on arrête tout parce que arrêter tout c'est en réalité fragiliser et attenter non pas arrêter tout mais par exemple

34:31
Présentateur

rouler en voiture électrique ou vous voyez ce genre de choses

34:34
Marine Le Pen

oui enfin encore faut-il avoir une filière qui permette de ne pas dépendre exclusivement de la Chine vous voyez parce que sinon on remplace un problème par un autre problème moi je pense que l'énergie l'énergie dans une société c'est comme l'énergie pour un corps humain quand vous n'avez plus d'énergie vous vous affaissez et bien quand un pays n'a plus d'énergie il s'affaisse donc cette énergie c'est un bien de première nécessité et donc je considère que l'État doit faire un effort pour ne pas le taxer comme il le taxe actuellement ce qui contribue à des prix qui sont considérables

35:06
Présentateur

Après le fond vert je vous propose le fond noir on va écouter Pierre Soulages c'est une archive France Culture

35:12
Locuteur non identifié

L'atelier et attendre d'oser parce que tout ce qu'on peut faire dans l'atelier c'est là et je commence et puis ça va autre chose et ce dont j'avais envie et pas tellement oublié au profit de ce qui apparaît et que je n'ai pas attendu c'est comme ça que je vais mettre à l'atelier sinon si je fais ce que j'ai prévu je le fais certes parfois mais quand quelque chose apparaît que je n'ai pas prévu c'est probablement même là que se trouve ce qui m'intéresse le plus voilà pourquoi aussi je peins

35:57
Présentateur

voilà la voix de Pierre Soulages elle n'est pas facile effectivement à entendre c'est une archive France Culture et c'est pour ça que je voulais vous la faire entendre Marine Le Pen parce que ici dans cette station au-delà des personnes qui y sont il y a un rôle un rôle extrêmement important qui est de conserver la mémoire de la nation parce que Pierre Soulages mais je pourrais vous parler de Jeanne Favre Saada ou d'autres c'est à des gens pas forcément Soulages était très connu Jeanne Favre Saada les moins et donc tous ces gens sont quelque part dans les bandes que nous conservons parce que à la différence du secteur privé nous avons la possibilité de les enregistrer parfois pour moins d'auditeurs parce que ces gens-là ne sont pas tous très célèbres tout de suite mais ça sert d'abord à la souveraineté au rayonnement de la France et à la nation le projet du RN propose une privatisation de ce secteur public audiovisuel et France Culture n'est pas rentable ne peut pas être rentable et ne doit surtout pas être rentable parce que si nous devions être rentables je ne pourrais pas inviter Jeanne Favre Saada comment résoudre ce paradoxe cette contradiction vous voulez le rayonnement de la France mais vous voulez éteindre un certain nombre de ces rayons

37:16
Marine Le Pen

C'est-à-dire que moi je considère qu'il faut évidemment garder un service public mais beaucoup plus réduit que celui qui existe actuellement il faut vous avez raison que la France conserve sa voix à l'international notamment donc il faut qu'il y ait un média qui soit capable d'être la voix de la France dans le monde il faut qu'il y ait un média qui soit le lien entre l'hexagone et les territoires d'outre-mer ça c'est une absolue certitude mais ce qui est sûr c'est que dans une grande démocratie avoir un service public c'est-à-dire une voix en quelque sorte potentiellement gouvernementale aussi importante que celle-là ne se justifie pas c'est pas une voix gouvernementale non mais je vais vous dire je vais vous dire très honnêtement je vais vous dire très honnêtement moi je pensais qu'on se réjouirait de ma proposition en disant on les a accusés de vouloir mettre la main sur tous les canaux de diffusion d'avoir des visées autoritaires s'ils arrivent au pouvoir de se servir du service public pour défendre leurs idées etc je viens de dire non pas du tout moi je souhaite qu'une grande partie pas l'exclusivité mais une grande partie du service public soit privatisé bah non vous voyez en fait j'ai toujours tort dans tous les cas donc je maintiens cette position vous répondez pas sur la mémoire sur les archives ça coûte 4 milliards par an nous devons faire des économies absolument encore une fois partout parce que la trajectoire budgétaire que nous proposons nécessite de faire 20 milliards d'économies la première année 40 la deuxième 60 la troisième 80 la quatrième et 100 la cinquième l'éducation coûte cher

39:00
Présentateur

on peut essayer l'ignorance

39:02
Marine Le Pen

on peut essayer non non on n'essaie pas l'ignorance mais vous prenez un exemple qui est assez bon d'ailleurs l'éducation est-ce qu'on peut dire aujourd'hui que moi je suis très attaché à l'éducation nationale j'ai fait toutes mes études mais est-ce que le privé ne remplit pas aussi ce rôle d'éducation auprès de centaines de milliers de nos enfants bah voyez vous répondez le fait de s'accaparer on va être vendu le fait de s'accaparer si vous voulez de manière un peu exclusive l'idée qu'on s'intéresse à la culture qu'on pourrait faire entendre des auteurs non je pense que le privé est aussi capable de le faire et il peut y avoir d'ailleurs des cahiers des charges lors de la privatisation pour exiger en quelque sorte une forme de transmission à laquelle je suis bien sûr attaché comme vous du patrimoine et de notre talent et de notre génie

39:52
Présentateur

merci Marine Le Pen présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale dans quelques instants mes camarades Saltiel-Como et le 8h45 Dan Lorchouin

40:01
Marine Le Pen

merci

Antisémitisme, audiovisuel public, Donald Trump : Marine Le Pen est l’invitée des Matins — Marine Le Pen · Pourquijevote