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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 1 septembre 2026 47 min

Hondelatte Raconte : L'affaire Jean-Pierre Treiber (récit intégral)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Ondelat raconte Christophe ondelat. Je vais vous raconter aujourd'hui une horrible affaire, l'enquête sur le meurtre en 2004 en Bourgogne de Katia Lerbier et de Géraldine Girot. Géraldine Girot étant la fille unique de l'acteur Roland Girot, ce qui a beaucoup contribué à la médiatisation de cette affaire.

C'est avec l'avocat de Roland Girot, d'ailleurs maître Francis Spiner que je débrieferai. J'ai écrit cette histoire avec Thomas Audouard. Réalisation Céline Lebrin.

Christopheat. Cette histoire au début c'est l'histoire d'un joli petit couple. Deux jeunes femmes de 32 et 36 ans qui s'aiment à la folie.

Ça ne remonte pas à la Saint-Glingin. Elles ne se connaissent que depuis 15 jours. La première s'appelle Katia.

Katia l'herbier et son amoureuse s'appelle Géraldine Girot. Girot comme le comédien Roland Girot, c'est sa fille. Le weekend de la Toussin [musique] 2004, les deux jeunes femmes décident d'aller passer quelques jours dans la maison de campagne des Giraostole [musique] dans Lyonne.

C'est leur premier weekend en amoureuse. La maison est plutôt sympa et elles ont encore plein de choses à se raconter. Il va être bien cool ce weekend en Bourgogne.

Ouais, il va être bien cool. [musique] 3 jours plus tard, en début d'après-midi, la sœur de Katia appelle le commissariat de sens. Voilà, ça fait 3 jours qu'on a pas de nouvelles.

Elle est partie en weekend avec sa petite amie, elle nous a pas appelé et alors on devait se voir chez elle le deux et elle y était pas. Et d'après ce qu'on nous a dit à son travail, elle est pas allé travailler non plus. [musique] Katia est éducatrice dans un foyer.

C'est quelqu'un de ponctuel et assidu au travail. C'est aussi quelqu'un qui donne des nouvelles à sa famille. Une de ses sœurs lui a parlé le jour de la Toussin à 13h et depuis plus rien. [musique] Quelques jours plus tard, c'est Roland Girot le comédien qui va voir la police à Paris.

Avec Géraldine, on s'appelle quasiment tous les jours. Là, ça fait trop longtemps que j'ai pas eu de nouvelle. C'était quand que vous l'avez eu au téléphone la dernière fois ? jour de la tous.

Et elle était où à ce moment-là ? Et bien dans notre maison de Bourgogne, je vous l'ai dit, avec sa petite amie Katia. Et alors depuis on l'appelle et bah à chaque fois je tombe sur sa messagerie et maintenant d'ailleurs sa messagerie est pleine, elle prend plus de message.

Vous êtes certain qu'il ne s'agit pas d'une fugle ? Je sais pas moi pour vivre leur leur histoire d'amour en toute tranquillité. Non non, Géraldine vit ses histoires d'amour en toute tranquillité, mais elle assume son homosexualité et nous aussi d'ailleurs.

Comme Géraldine est une fille de star, autant vous dire que les policiers se secouent un peu les puces. La disparition de cette fille va forcément faire un peu de bruit. Pas question de traîner des pieds.

Action ! Réaction ! [musique] Pour commencer, on cherche la voiture de Géraldine Girot, une Peugeot 206 au couleur grise.

On ne la trouve pas. La mairie de l'Apostole placard des affichettes un peu partout avec la photo des deux jeunes femmes et l'immatriculation de la voiture. 4896 SN89.

Ça ne donne rien non plus. On est en haut 2004 et les techniques d'exploitation de ce qu'on appelle la téléphonie ne sont pas aussi poussées qu'elles ne le sent aujourd'hui. Mais tout de même, l'étude du relevé détaillé des portables des deux filles nous apprend deux ou trois choses.

Bon, alors le portable de la fille Giro d'abord euh dernier appelé le 1er novembre à 20h10. D'après ce que j'ai pu apprendre, elle appelle une de ses amies. Alors, cette communication va pas jusqu'au bout, hein.

Elle s'interrompt assez vite à cause d'une coupure de réseau à l'apostole. Bon, on sait que le téléphone passe pas trop bien dans ce coin-là, hein. [musique] Ça, c'est plutôt rassurant.

Je vous l'ai dit, la postole est le village où se trouve la maison de campagne des Girons. Donc, le soir du 1er novembre, Géraldine était chez elle ou pas loin et le portable de Katia Lerbier. Alors là, c'est beaucoup plus intéressant.

Le lendemain, le 2 novembre, en fin d'après-midi, il a accroché une borne de ville sur Yon et là, on est à une trentaine de kilomètres de l'apostole. C'est plus inquiétant. Et après et bien après plus rien.

Voyons maintenant ce que ça donne du côté de leur carte bancaire à toutes les deux. Bon alors, on a deux retraits, hein. Le 1er novembre au soir à 20h37 dans un distributeur du crédit agricole.

Géraldine Giro retire 250 € et Katia Lerbier retire aussi de l'argent. Et je me dis que peut-être on peut avoir accès aux images vidéos du distributeur. Non.

Ouais. Ouais. Ouais.

Sans doute. Ouais. Je m'en occupe. [musique] [musique] Le problème c'est que les images sont floues, très floues.

Dessus on voit deux silhouettes de femmes à peine reconnaissables. Donc elles sont là toutes les deux. Et il semble qu'il n'y ait personne autour.

C'est tout ce qu'on peut tirer de cette vidéo. Cela dit, les cartes bancaires livrent d'autres informations beaucoup plus intéressantes. Le 2 novembre, on a deux retraits dans un distributeur de la gare de Lyon à Paris.

Et la carte de Géraldine Giro est également utilisée un peu plus tard dans un bureau de tabac parisien. Donc, elle serait rentrée à Paris. Et si oui, pourquoi ? n'était pas du tout prévue.

Mais c'est pas tout. Le 8 novembre, la carte bancaire de Géraldine Girot est utilisé dans un carouf de ponte au combo en cinéma. Est-ce que c'est vraiment elle qui s'en est servie ?

Les policiers vont voir la caissière. Ah ben je me souviens très bien. Oui.

Oui. Deux jeunes filles. Oui.

La trentaine. Regardez bien cette photo, madame. Est-ce que c'était ces deux filles là ?

Euh oui oui oui oui. Ah oui, celle-là je la reconnais bien. D'accord.

Donc il y a peut-être pas de raison de s'inquiéter. Elles sont en vadrouille toutes les deux enfermées dans leur cocon [musique] amoureux. Elles ont complètement oublié de prévenir leur famille.

Voilà tout. Cela dit, qu'est-ce qu'elles ont acheté dans ce supermarché ? Les policiers récupèrent le ticket de caisse et le montrent aux familles des deux filles.

Des knakés ? [rires] Elle aurait acheté des knakés. Non non, c'est pas possible.

C'est de la bouffe industrielle ça. Elle mange jamais de ça, ça je peux vous le jurer. Et alors là, je vois qu'elle a acheté un pack de bière.

Ça aussi ça colle pas du tout. Jamais de la vie elle aurait acheté de la Crenimbourg. Elle boî du vin.

Là en revanche, c'est inquiétant. Ça voudrait dire que ce ne sont pas elles qui ont fait des courses dans ce grand magasin. On leur aurait donc volé leur carte et vu que depuis elles ont disparu, ça craint.

Ça craint vraiment. Une semaine plus tard, la carte de Géraldine Giro est à nouveau utilisé dans un supermarché de Saint-Emar. Bon, j'ai vu le père là, Roland Girot, donc je lui ai montré toutes les bandes vidéos du magasin.

On vient passer du temps, il a pas reconnu sa fille sur aucune des images. Autre chose, le directeur du magasin nous a sorti le ticket de caisse qui correspond à cet achat. Donc on a une par cas et ensuite des articles pour bébés hein, notamment des couches culottes.

Elle a un bébé Géraldine Girot ? Ben non, elle n'a pas de bébé et Katia non plus. Ça se confirme.

Quelqu'un d'autre utilise leur carte. Et on a pas de caméra là qui filmait la caisse où la carte a été utilisée. Non.

Non. En revanche, on est allé voir la caissière et elle nous a dit que c'était un homme qui avait payé les achats avec cette carte. Ah bon ?

Un homme ? Attends, on sait pas tout. On lui a fait visionner toutes les bandes vidéos qu'on avait et elle a identifié un homme et elle s'est pas trompée parce qu'on voit clairement la parca dans le cadre.

Les images ne sont pas nettes nettes. Le type a l'air d'avoir 40 ans. Il a le crâne dégarni et c'est tout ce qu'on voit.

Vous voyez le scénario qui se dessine. Ce type à moitié chaud a volé la carte de Géraldine et comme les filles n'ont pas donné de nouvelles depuis de jours, vous voyez quoi ? Vous voyez ce qui se passe dans la tête des flics et dans la mienne et [raclement de gorge] dans la vôtre.

Le scénario du pire. Le lendemain, la carte bancaire de Géraldine Giro est à nouveau utilisée toujours en Senémarn, un plein d'essence dans une station totale. Et là, sur les images des caméras vidéos, on voit le type de face et surtout en zoommant, on voit un bout de sa plaque d'immatriculation, il a une 205 cabriolet.

On voit le chiffre 4, on voit la lettre Z et le chiffre 7. Vu qu'on est en Cémarne, le 7 peut correspondre au numéro du département 77. Alors, combien y a-t-il de 205 cabriolets en Sain et Marte ?

Bon, on a la 6. Alors, on a procédé par élimination he sexe HD propriétaire et cetera et on a un nom Treber T R E I B E Rom Jean-Pierre domicilier rue du bois à Villu sur Yon Villu sur Yon mais c'est là qu'on a utilisé les cartes bancaires la première fois c'est là aussi d'ailleurs que le téléphone de Katiab est mis pour la dernière fois les policiers fil immédiatement chez ce tréber il n'y a [musique] Mais par les voisins, ils apprennent que Jean-Pierre Tréber travaille ou a travaillé dans un château de Châtelet en brisé. [cloche] Bonjour madame, police nationale.

Est-ce que vous connaissez Jean-Pierre Tréber ? On nous a dit qu'il travaillait ici. Oui.

Ah oui. Oui, il a travaillé ici mais maintenant il travaille plus ici hein. Et vous savez où on pourrait le trouver ?

Bah non. Non, je sais pas. Mais mais je le vois passer tous les matins devant le domaine en voiture.

Ah bon ? Et à quelle heure ? Oh vers les 7h30.

Oui, c'est ça. 7h30. Le lendemain, les policiers se collant en planque devant le château et à l'heure dite, il voit passer la 205 cabriolet Trébert.

Il le filoche et il le force à s'arrêter. Vous levez les mains monsieur et vous sortez du véhicule lentement. [musique] Et Tréber se retrouve avec les pinces.

La tronche de ce type, une tête de vieux vautour desplumés, deux oreilles en chou-fleur et l'œil droit à moitié fermé. C'est quasi modo, ces zig. À part ça, les flics ouvrent son portefeuille et ils y trouvent les cartes de crédit de Géraldine Giro et Katia Lerbier.

La suite se passe en garde à vue. Qu'est-ce que vous faites avec ces cartes de crédit dans votre portefeuille, monsieur ? Bah ces défis, je les ai pris en stop il y a quoi un mois et elles me les ont donné.

Elle faisait du stop pour aller où monsieur ? Bah moi je les ai amené à Paris hein mais 5 minutes après, il dit qu'il les a rencontré dans un bowling il y a 4 mois et dans une troisème version, il les a croisé dans un bistro. Et pourquoi elles vous auraient donné leur carte de crédit, monsieur ?

Euh, elles m'ont dit qu'elles voulait changer de vie, que j'avais qu'à me servir sur leur compte, quoi. N'importe quoi. Et tout ce qu'il raconte ensuite est du même ton nom, sans que ni tête.

Les policiers ne croient pas un mot de ce qu'il raconte et de toute façon, ils savent donc trquilement. Il ne peut pas avoir rencontré ces deux filles il y a un mois ou encore moins il y a 4 mois. Elle ne se connaissait que depuis quinze juge d'instruction mettrait en examen pour enlèvement, séquestration, vol et escroquerie et il l'envoie dormir à la prison d'è dans la foulée.

Les policiers fouillent dans le passé de ce Jean-Pierre Tréber, son casier judiciaire est vierge. On leur raconte que depuis tout petit, c'est un solitaire et on comprend vite pourquoi. Vous savez comment qu'on l'appelait quand il était gosse Jean-Pierre ?

Neï à cause que son œil droit était plus petit que l'autre. C'est-à-dire que vous êtes en train de me dire que tout le monde se moquait de lui à l'école. Bah oui oui, ça faut le reconnaître.

C'est pour ça peut-être que bah depuis petit s'intéressait plus qu'à à la nature, à la forêt tout ça, beaucoup plus qu'aux gens. Et et c'est pour ça aussi qu'il est devenu jardinier. Jardinier puis garde chasse puis ouvrier agricole.

Les journalistes lui colleront le surnom d'homme des bois. Entre nous, c'est abusé. Ce n'est pas parce qu'il a une tête de vautour et un œil plus petit que l'autre que c'est un homme des cavernes.

La preuve, il est marié, séparé depuis peu mais marié avec Marie Pascal, 8 ans de plus que lui et fonctionnaire au trésor public. Depuis quand les hommes des bois se marient-ils avec des fonctionnaires du fisque ? [musique] Maintenant, il faut retrouver les cortes et deux jeunes femmes parce qu'évidemment il les a tué.

S'il avait juste volé leur carte de crédit, elle serait réapparue depuis belle lurette. Il les a tué. Mais où sont les corps ?

Un de ses voisins a bien une idée. Bah, il y a pas longtemps, ben il a fait venir une pelleteuse chez lui. Pourquoi faire ?

J'en sais rien mais je me suis dit au cas où ça pourrait vous intéresser quoi. [musique] Pourquoi donc une pteuse ? On pose la question à Trébert.

Il dit que c'était pour enlever une souche sur son terrain. Et ta sœur Jean-Pierre, elle balbe sur son terrain. Il y a effectivement une bande de terre récemment retournée.

Une bande de 3 m [grognement] sur 2,50. Le juge fait venir une pelle mécanique et des chiens renifleurs de cadavre. Et les chiens sniifent et la pteuse creuse un trou de 1,50 de profondeur.

Nada, ça n'est pas là qu'il a mis les cadavres. Mais alors où ? Pas loin sur le terrain, il y a les restes d'un feu.

Il dit que c'est là qu'il a brûlé la souche qu'il a arraché. Les policiers se penchent sur les cendres. C'est des boutons ça.

Tiens, regarde là. Ça c'est les restes d'une montre. Et là ici tiens, on a deux téléphones portable complètement cramé.

Et et ça là-bas là, c'est pas des clés ? Oui oui, ce sont des clés et ce sont celles de Géraldine Giro. Et les portables sont les leurs et les boutons aussi.

Et ce porte-clé avec un éléphant en plus qu'on vient de sortir des cendres appartenait à Katia l'herbier. En revanche, les cadavres n'ont pas été brûlés là. Il faut un très très gros feu hein pour brûler un cadavre alimenté pendant des heures et des heures avec beaucoup de bois.

Les cadavres sont ailleurs. Mais où les policiers s'intéressent à un puis au fond d'un champ au pied d'une ils ouvrent le couvercle en béton. Pois, ça sent la mort là-dedans.

Un policier descend dans le trou. Au fond, il y a des pierres. Il en soulève une.

Un pied, un pied apparaît. Il enlève les autres pierres. Deux pieds de plus.

Il les a bien tué le salou. Il les a tué toutes les deux, Katia et Géraldine. Et il a jeté leur cadavre là. dans ce trou.

Trèsbert est là. Il assiste à cette fouille comme c'est la règle. Il s'avance près du puiseur et il en sort une bien bonne.

Oh [ __ ] l'enculé, il les a tué. Il va nous faire croire que ça n'est pas lui. C'est chez lui.

Ce sont des filles dont il a utilisé la carte de crédit et il va oser dire que ce n'est pas lui. L'enfoiré. [musique] Quoi qu'il en soit, maintenant il faut sortir ces cadavres du trou.

La nuit est tombée, mais peu importe, le juge ordonne de faire venir la pelleteuse et elle défonce le puis à coup de codé. Et on remonte les deux cadavres. La vision est terrifiante.

Les deux filles ont un baillon qui leur couvre les yeux et la bouche. Un baillon fait de fil de fer, de gants de [musique] toilettes, de gros scotch et de fil électrique. Par acquite conscience, on vérifie mais personne n'a de doute.

Il s'agit bien de Géraldine Girot et de Catalpier. Les deux corps sont autopsiés dans le temple de la médecine légale à Paris. Leur résultat est étonnant.

Alors, nous n'avons trouvé aucune lésion, monsieur le juge, pas plus que de trac de strangulation, au point que je suis bien en peine de vous dire de quoi elles sont mortes. Alors, on a de drôles de traces au poumons. Je ne saurais pas dire d'où elles viennent.

J'ouvre néanmoins une porte, mais sans aucune certitude. On leur a peut-être fait respirer quelque chose. Et elles ont été violées, docteur ?

Ah non, non, non. Elles n'ont pas été violées, ça j'en suis absolument certain. [musique] Ça alors, et pourquoi les a-t-il tué alors ?

Juste pour voler leur carte de crédit et aller faire des courses au supermarché. Ça paraît fou mais crédible. Trbert gagne dans les 900 € par mois.

C'est pas l'erg. Il était à découvert. Il a dépensé un peu plus de 2300 € avec la carte des deux filles.

Ça serait donc ça le prix de ce double meurtre ? 2300 €. C'est vertineux. [musique] Et maintenant, on veut savoir bien sûr qu'elle est l'enculé, comme il dit que Tréber a décidé d'accuser à sa place.

On s'attend à une explication moisie et on est servi. Bah quand je les ai amené à Paris en voiture quand même me l'avait demandé hein le soir de la tousse. Bah là-bas je les ai laissé avec deux hommes qu'elles avaient l'air de connaître.

Moi je pense que c'est eux qui l'ont tué. Et il ressemblaient à quoi ces deux hommes monsieurs ? Bah ils avaient des const cravate noir le costume noir.

Bah c'est tout ce que je peux dire. Et après, il serait venu coller les deux cadavres dans un puis chez lui. Ce type est pitoyable et bien sûr, personne ne le croit.

Mais bon, si on ne veut pas qu'au procès son avocat s'empare de cette piste, il faut la refermer soigneusement. Et donc on lui fait faire deux portraits robots et logiquement ça ne mène à rien. Et vous avez pu dater la date de la mort docteur ?

Je dirais un mois, peut-être un peu plus mais pas beaucoup. Donc elles n'ont pas été tuées tout de suite le jour de la Toussin. Il les a séquestré quelque part.

Chez lui, pas sûr. On a retrouvé aucune trace ADN des deux filles, ni dans sa maison, ni dans les cabanon autour. [musique] Le légiste a dit que peut-être on leur avait fait respirer quelque chose pour les tuer ou au moins pour les neutraliser.

Un garde chasse qui a lu le journal ouvre une piste. B notre métier, on utilise la chloropicrine pour tuer l'ernard et et les bléau bon c'est interdit depuis quelques années mais mais je sais qu'il y a beaucoup de gars qui l'utilisaient encore. Très était garde-chausse. qui savait très bien comment s'en procurer.

Le juge ordonne d'analyser les vêtements des deux filles et on trouve dessus des trace de chloroforme. Ça ne tue pas le chloroforme, ça endort mais ça ne tue pas. Alors, on se dit que peut-être cette molécule est issue de la dégradation de la chloropicrine.

Un expert arrose des vêtements de chloropicrine, il les enterre, il les déterre et il détecte bien dessus des traces de chloroforme. Ça serait donc ça l'arme du crime ? un gaz pour tuer les bléots.

Dans cette affaire, il reste un mystère. Où les deux filles ont-elles été séquestrées ? Pas chez Tréberg, je vous l'ai dit, on n' retrouvé aucune trace de Katia et Géraldine chez lui.

Et là, une piste s'ouvre. Une certaine Marie Christine Van Kempen, une chanteuse d'opéra un peu perchée. Katia Lerbier vivait avec elle en colloque.

Et c'est la tante de Géraldine Girot. Les policiers fouillent sa cave et sur des chiffons, ils trouvent [musique] des traces de chloroforme. Elle serait donc la complice de Tréber.

Ça tient puisqu'on retrouve chez elle une lettre dans laquelle elle se plaint de la relation entre sa copine Katia et sa niè Géraldine. Jalousie ! A-t-elle demandé à Tréber de les tuer pour se venger ?

Improbable. Elle ne le connaissait pas. La complicité de Marie-Christine restera une hypothèse, surtout dans la tête de Roland Géot qui ne l'aime pas beaucoup.

Mais le juge n'ira pas plus loin. 4 ans [musique] après le crime, en septembre 2009, alors que le procès de Tréber approche, survient un événement absolument incroyable. Jean-Pierre Tréber, le suspect numéro 1 dans l'affaire Giro, s'est donc évadé hier de la prison d'Osser.

Il devait être jugé devant les assises de lyne au printemps prochain. Il s'est planqué dans un carton et il a réussi à se faire la belle de la prison d'er pépère. Une semaine plus tard, Tréber envoie une lettre à Perico Legas qui est [musique] critique gastronomique du magazine Mariane.

Pourquoi lui mystère ? Il lui écrit qu'il est innocent, qu'il est victime d'un complot ourdi par les vrais tueurs. Et dans une autre lettre envoyé à la presse, il écrit : "Je vis dans les bois, collantassé du pipi de chat à côté de ce que je fais." [musique] Autant vous dire que les journalistes se régalent de ce rebondissement. un ancien garde forestier qui dort dans les bois.

Ilimagine se nourrir de gland et de racine. Et c'est ainsi que Tréber devient l'homme des bois. Pur délire.

Et d'ailleurs, c'est en ville qu'il est finalement arrêté à Bréo en Sénémarne dans [grognement] un appartement loué au nom de la fille d'un ami. Il avait donc des complices au moins dans sa cavale. Des abrutis qui ont pensé qu'il était opportunquer un type qui avait tué deux gamines pour 2300 €.

Ils seront condamnés. Je vous le dis tout de suite. [musique] [musique] Jean-Pierre Tréber, en revanche, ne sera jamais condamné.

En février 2010, à quelques semaines de son procès, il se pendule de Florimogis où il avait été placé à l'isolement depuis son évasion. Il y aura pas de procès et en droit c'est difficile à avaler hein. Mais en droit, puisqu'il n'a pas été jugé, il est innocent de ce double crime.

Pour commenter son histoire du jour, Christophe Onat reçoit un invité, acteur direct de son récit. Je vous ai raconté l'affaire Jean-Pierre Tréber, considéré comme le meurtrier en 2004 de Katia Lerbier et de Géraldine Girot, la fille du comédien Roland Girot. Très n'a pas été condamné.

C'est pour ça que je dis considérer comme puisqu'il s'est suicidé dans sa cellule 4 semaines avant son procès. Et je débrief cette histoire avec vous maître Francis Piner. Vous étiez donc dans cette affaire l'avocat des parents de Géraldine Jurau.

Je suppose qu'il a fallu encaisser le suicide. Vous vous souvenez dans quelles circonstances vous avez appris la mort de Trébert ? Oui, je m'en souviens parce que l'affaire était prévue pour 4 semaines aux assises de Lyonne à Hausser et peu de temps avant le procès, nous apprenons la mort de Tréber et c'est évidemment à la fois un choc, une frustration parce que c'est le sentiment de l'inachevé et qu'on ne saura jamais la vérité.

C'est une affaire dont l'instruction avait été compliquée et c'est vrai que on attendait du procès un certain nombre d'éléments de révélation le cas échéant ou en tout cas que Tréber s'explique et c'est une affaire qui se termine avec les points d'interrogation qui subsistent. Euh pas de doute qu'il aurait été condamné selon vous malgré ces dénégations. Malgré ces dénégations, il y avait des charges précise, grave, concordante pour reprendre le code de procédure pénale.

Il avait été renvoyé à la fois parce que le juge d'instruction le souhaitait, parce que la chambre de l'instruction le souhaitait et il y avait beaucoup d'éléments qui fait que pour moi il y a aucun doute sur la culpabilité de Tréber. Il faut qu'on parle de la tente de Géraldine Girot, Marie-Christine Van Kempen, que le juge a finalement écarté de cette affaire. Est-ce que vous vous diriez aujourd'hui, elle était dans le coup ?

Non, [grognement] puisque la justice en ce qui la concerne s'est prononcée. Euh, il y a un certain nombre de questions qui évidemment se posait puisqu'elle avait été dans un premier temps mis en examen. Elle a bénéficié d'un non lieu.

Le procès aurait peut-être permis par les auditions de Tréber, par son audition d'avancer ou de confirmer ou de susciter d'autres doutes. Je considère que la justice en ce qui la concernne a effectivement été bonne décision. C'est une bonne décision.

Mais j'ai cru comprendre que Roland Girot n'était pas à 100 % sur cette ligne en tout cas au début. Ben, vous savez, c'est une affaire où il y a forcément un doute lorsque vous vous retrouvez à découvrir que finalement dans votre entourage proche, il y a quelque chose de suspect. Évidemment, comment ça se passe en défaite ?

On repère un homme tout simplement qui utilise les cartes bleues de Géraldine et de Katia. Bon, c'est évidemment suspect. On va remonter jusqu'à Tréber.

Bien, à partir de là, lorsqu'il est interpellé, on découvre dans son portefeuille, ce qui n'est pas rien, les cartes bancaires des jeunes femmes. Bien. Donc, en ce qui le concerne, il y a pas de doute.

Il y a pas de doute. En plus, quand on voit les versions que va donner Tréber, il va en donner plusieurs. Il va dire à un moment donné que il les a aidé parce que elles voulaient refaire leur vie.

Et puis ensuite, on retrouve quand même des objets qui ont appartenu aux victimes. On a retrouvé le téléphone portable calciné, on a retrouvé les trousseaux de clés et on a retrouvé surtout les corps dans le jardin du pavillon des parents de Tréber où il habitait. Donc en ce qui concerne Tréber, il y a pas de difficulté à mon sens.

Il y a des charges énormes qu'on voit rarement dans un dossier criminel. Bon après la question qui s'est posée, c'est de savoir si pourquoi Tréber aurait fait cela. Et donc à ce moment-là, la question qui se pose, c'est de savoir si Tréber agit propre initiative ou si c'est euh effectivement euh parce que quelqu'un le lui a demandé.

Bon et donc vous vous croyez quoi ? Moi, je pense que Tréber agi de sa propre initiative et que d'ailleurs, je rappelle puisque vous parlez de l'attente de Géraldine, euh non seulement elle a eu un non lieu, elle a été indemnisée par la commission de réparation de la détention provisoire. Donc euh de ce point de vue, euh la justice s'est prononcée clairement.

À partir de ce moment-là, je ne peux rien dire de plus. Le mobile, le mobile, le mobile euh ce serait donc 2300 € l'argent. Mais c'est misérable, c'est stupéfiant, c'est Oui, mais vous savez, mon expérience malheureusement d'avocat pénalist montre que parfois on tue pour peu, on tue pour peu d'argent et donc euh à partir de ce moment-là, alors c'est vrai que euh il y avait des éléments qui à un moment donné pouvaient être D'ailleurs, c'est pour ça que madame Van Kenped a été mis en examen, mais encore une fois, moi je pense qu'il s'agit tout simplement d'un crime crapuleux euh pour 2300 €.

Pour 2300 € c'est-à-dire qu'on peut imaginer que ça aurait été plus s'il avait pu utiliser plus longtemps les cartes de crédit mais au fond il tue pour deux cartes de crédit qu'il utilise pour faire des courses quoi. Exement. Exactement.

Euh vous l'avez vu vous évidemment pendant la reconstitution. Non je parce que j'ai je n'y étais pas. J'ai vu Tréber à la chambre de l'instruction puisqu'il avait demandé sa mise en liberté avant sa comparion aux assises.

J'avais vu un homme qui était un peu insignifiant. Était-il aussi rustique qu'on le disait ? Oui.

Et qui avait les rabattu ? Et qui avait les rabattu ? Manifestement, on sentait qu'il supportait mal la détention, que c'était l'homme des bois et que évidemment la prison c'était pour lui quelque chose de particulièrement dur.

Mais je crois que c'était quelqu'un qui finalement ne se voyait pas finir sa vie en prison. Mais cette image d'homme des bois, elle est pas abusive parce qu'au fond, il avait la tête d'un auri. Donc on s'est dit qu'il irait très bien dans les bois et que par ailleurs il était forestier.

Mais à part ça, il vivait en appartement en ville. C'est vrai qu'il vivait en appartement en ville, mais c'est vrai aussi que il était encore une fois d'ailleurs quand il est en caval, il se réfugie dans la dans la forêt et c'est vrai que c'est quand même quelqu'un qui passe plus de temps dans la nature que dans son appartement. H alors il commet beaucoup de fautes, ce qui évidemment laisse entrevoir une personnalité un peu simpl parce que il laisse son portable allumé en 2004.

Il suffit de regarder la télé pour savoir que dans les affaires criminelles, c'est en général comme ça qu'on arrête les gens. Il utilise les cartes de crédit à plusieurs reprises. Il peut imaginer qu'il y a des caméras vidéos qui se fait filmer.

Donc on voit un passage à l'acte qui a l'air un peu comment dire improvisé. Oui, mais vous savez, on peut être meurtrier et bête. Je crois que c'est pas un génie du crime Tréber, mais en même temps c'est quelqu'un qui est assez frustre, donc qui n'est pas pris de précaution n'enlève rien au fait que encore une fois le fait de d'enterrer les corps dans un endroit qui le relie au crime, c'est pas une preuve d'intelligence, c'est sûr.

Son évasion, vous vous souvenez du moment où vous la prenez ça aussi ? Oui. Oui, c'est un choc évidemment parce que vous savez quand quand un crime est commis et que vous avez le sentiment que l'assassin présumé va s'échapper, c'est un choc parce que vous avez l'impression d'être volé deux fois de la justice.

Donc c'est sûr que son évasion, il y a deux choses. Il s'est évadé deux fois. Il s'est évadé une fois physiquement et il s'est évadé une deuxième fois en suicidant par le et ça laisse évidemment une amertume.

En fait, c'est incroyable que ce type a pas été plus surveillé que ça quand même. S'évader d'une prison en se mettant dans un carton. Vous savez le le problème des suicides en prison qui est malheureusement une réalité de la dureté du monde carcéral.

Mais il y a des gens dont on pense queil faut les surveiller parce que euh le choc de l'incarcération, parce que euh on sent une fragilité chez Tréber euh il y avait pas le je pense que effectivement l'administration pénitentiaire n'a pas eu le sentiment qu'il était suicidaire. Voilà. Et donc à ce moment-là euh [gémissement] à ce moment-là effectivement l'absence du kit puisque on appelle ça les kit antisuicide euh il y en avait pas eu en ce qui le concerne.

Après c'est une faute. Maintenant, ceux qui disent qu'il avait fait part à plusieurs reprises de ses intentions suicidaires, moi je n'ai pas ce souvenir que dans le dossier, il y avait des signes comme quoi il y avait des risques de suicide de Tréber. Donc il a tué Géraldine Girot à la chloropicrine ou pas puisque on ne sait pas vraiment, il reste un doute là-dessus.

Écoutez, je pense que les médecins légistes, il n'y a que dans les experts que on sait qu'à 23h32, ils ont pris un petit déjeuner et on vous donne le menu et dans la réalité c'est quand même un peu plus compliqué. Alors évidemment, il y a cette question qui s'est posée manifeste. Je pense qu'il y a pas de certitude.

On a soupçonné un empoisonnement. Il y avait des traces de chloroforme qui en cas de décomposition de la chloropine, on les retrouve sur les vêtements de la victime, mais c'est pas suffisant pour dire que c'est une certitude. Voilà.

Est-ce qu'il est psychiatrique d'une manière ou d'une autre ? Puisque c'est quand même faire preuve d'une énorme froideur que de tuer deux personnes pour 2300 €. Ça sent le psychopathe à plein ?

Alors, vous savez, moi je suis très réservé sur les appréciations dites psychiatriques. Je crois que la psychiatrie est une science enfin une science d'ailleurs. La question pourrait se poser, c'est une discipline en réalité euh très discutable.

Très discutable. Je dis simplement que peut faire un psychiatre ? Un psychiatre peut vous dire "Monsieur X est responsable ou monsieur X est irresponsable." Il est irresponsable parce qu'il est schizophrène.

Il est irresponsable parce que il souffre de troubles neurologiques à tester. Une fois que vous n'avez pas ces éléments de l'irresponsabilité pénale, euh [bâillement] c'est en réalité plus des jugements de moral, de jugement de valeur que un vrai diagnostic clinique. Donc quand quelqu'un tue, évidemment on se dit c'est un pervers, c'est un sociopathe et cetera.

Je crois tout simplement que c'est un c'est un crime crapuleux et que Tréber était si on considère qu'il est le coupable, il a commis un crime crapuleux parce que c'est la pas du gain. Et voilà. Merci beaucoup Francis Piner d'être revenu dans A-delà raconte sur cette affaire l'herbier Girot qui en vérité porte le nom de Tréber.

Des centaines d'histoires disponibles sur vos plateformes d'écoute et sur europein.fr. OK.

La question du revenu, vous en parlez à plusieurs reprises de ça. Est-ce qu'on peut savoir quel est le liatus entre le salaire d'un lieutenant de la marine Marchand et d'un volontaire de SOS méditerranéen ? Euh gros, ça gagne combien volontaire des SOS Méditerrané ?

Ouais, ça malheureusement ça gagne pas beaucoup parce que c'est une association qui a qui a qui a des financements mais qui sont un peu limités. Euh [grognement] c'est c'est un peu en dessous du un peu au-dessus du SMIC. Je là aujourd'hui je sais pas autour du SMIC.

Un peu au-dessus. Ouais, je pense. Donc vous divisez par trois ou quatre par deux et quelques.

Ouais. Deux et quelques. Euh on nélève pas des enfants avec ça.

C'est on construit pas une vie avec ça. Non c'est ça qui est compliqué. Oui, de toute manière un peu réservé à la jeunesse ou à la retraite de volontar.

Ouais. Alors, c'est vrai que beaucoup de retrait son retrait sont volontaire et tant mieux. De toute manière, les missions des softurs sur le sur les navires de sauvetage n'ont pas vocation à devenir des métiers ou des vocations à long terme.

Moi, j'ai toujours dit aux softteurs que que j'ai recruté et que j'ai suivi, c'est bien de les fidéliser un peu parce que c'est une mission compliquée où on a besoin d'avoir de l'expérience et cetera. Mais souvent je leur disais quand vous commencez à sentir que être sur l'aquarius devient normal pour vous, sortez. Pourquoi ?

Parce que ça doit rester une mission extraordinaire. C'est c'est faire face à la mort régulièrement, être dans un microcosme en autarsie totale, déconnecté de la de la société, ça déshumanise. C'est un peu paradoxal, mais ça déshumanise.

Et moi, j'ai croisé des personnes qui sont engagées dans l'humanitaire depuis longtemps, notamment chez médecin sans frontière. Oui, parce que les gars de des MSF qui sont à bord euh disons sur 50 mission exactement depuis des années dans plein de terrains d'actions différentes. Euh et c'est un peu inquiétant, c'est des gens qui alors j'ai énormément d'admiration pour le dévouement qu'ils ont, mais euh je pense que ce qui maintient justement euh qui vous préserve peut-être soit du narcissisme, soit de d'autres vis, c'est de garder les pieds sur terre, de garder des liens avec vos proches et de ne pas vous déconnecter à être dans une mission hors du temps, à vous sentir comme un héros.

Ouais, ça ça évite aussi d'avoir trop de névrosé à bord finalement parce qu'on peut avoir des gens qui remplissent leur vie avec le volontariat. Oui. Oui, on peut en faire il vaut mieux des gens bien dans leur basket que des gens qui remplissent leur vie.

J'avais une attention derrière quand même tout ça, c'était mon travail, c'était de faire en sorte que la mission tourne et la santé mentale des sauveteurs, elle est capitale. Et quand on fait face à des situations de détresse, de stress intense, où on doit travailler dans une équipe ultra resserrée avec des gens qu'on connaît pas, de nationalité différentes, de compétences et de d'origine différentes, il faut avoir une stabilité mentale un peu hors paire et une gestion de la fatigue, une gestion de son propre ego, de son propre voilà de son vivre ensemble qui est qui est qui est importante. Et c'est pour ça que quand les gens commencent à à perdre pied, à trop investir.

Ouais. trop notamment et bien on essaie de le gérer en le en les écartant de la mission pendant quelques mois, on leur dit de revenir plus tard. Il y a une erreur d'orientation pour vous au début finalement marchand.

Ouais. Si si aujourd'hui avec le recul vous faites le bilan, au début vous vous plantez. Alors bien sûr votre savoir acquis dans la marine marchande vous permet d'enclencher cette aventure et une nouvelle vie.

Mais à la [raclement de gorge] base, il y a absolument rien de commun entre l'humanitaire et piloter un bateau pour un pétrolier. Oui, c'est sûr. Euh oui, il y a une erreur.

Alors, en fait, je Oui, j'ai vu un peu comme ça un moment et puis je me suis dit qu'il fallait s'en servir. Euh la Marine Marchande, ça m'a appris énormément de choses, pas uniquement sur le plan technique, mais aussi humain et sur la compréhension du monde, la compréhension de l'industrie, la compréhension de la mondialisation. Et je vous avoue que là aujourd'hui et depuis que j'ai quitté l'Aquarius où je m'engage plus sur des sujets de société en lien avec la politique ou autre, ça me sert beaucoup parce que j'ai eu une un parcours assez atypique et qui aujourd'hui m'aide à avoir une vision un peu différente de la vous rend différent peut-être me rend différent et me permet d'avoir un regard et peut-être une des idées un peu différentes de de des autres qui ont un parcours entre guillemets plus classique qu'on croise en politique.

Vous n'évoquez jamais la notion de danger dans votre récit, dans votre livre. Est-ce que c'est parce que votre métier de marin vous y avez préparer ? Parce que il y a un danger.

Il y a plein de dangers. Il y a le danger de tomber à l'eau. Il y a le danger d'être contaminé par des maladies.

Enfin, il y a tout un tas de de dangers dont vous ne parlez pas du tout. Oui, le en fait le plus gros danger que moi j'avais identifié, c'est le danger psychologique pour les pour les saufteurs. J'entends les migrants eux sont exposés à d'autres dangers enfin psychologiques bien sûr, mais sur bien d'autres.

En fait, après les les dangers physiques, il y en a pas tant que ça parce que on est quand même ass on se protège assez bien, on a des procédures assez carrées et même si un sauveteur tombe à l'eau, en général, il a un gilet, il s'est nagé, les autres tours sont ultra vigilants, donc ils peuvent le récupérer en quelques secondes. Euh les maladies en vérité, il y en a pas. Enfin, c'est il y en a très peu.

Enfin, en tout cas, c'est pas une contagion aussi aussi. Donc, il y a pas de danger. Non.

Et puis vous avez une équipe médicale à bord donc dès qu'il y a un problème ça ça réagit vite. Non non c'est quand même c'est relativement serein. C'est vraiment le le danger psychologique qui moi a pu dévaster certaines personnes à bord.

Euh c'est c'est étonnant ce que vous racontez sur les équipages de ces bateaux. Je parle de l'équipage de base hein. Ils sont pas du tout investis dans la ca au fond.

Ils seraiit ils sont sur l'Aquarius ou aujourd'hui sur l'Ocean Viking puisque SOS Méditerranée a changé de bateau depuis en 2019 comme si j'était sur un cargo de la CMA CGM quoi. Ouai, effectivement, au début en fait, ils sont embauchés euh les ONG, elles louent des bateaux avec avec l'équipage qui euh s'il travaillait pas pour une ONG, il travaillait pour une une plateforme [raclement de gorge] pétrolière ou je ne sais euh et donc il se retrouve là un peu par hasard. Euh mais euh quand même l'aquarius, on a travaillé avec ce même équipage pendant plus de 2 ans.

Au bout assez rapidement, au bout de quelques mois, ils étaient très investis. Oui. Parce que là, l'ambiance à bord ne ressemble à rien à celle d'un cargo.

Non, non, bien sûr. C'est c'est très différent. C'est les équipes le soir ça déjà il y a des équipes plus ou sur les cargos aussi mais c'est une équipe plus hétérogène plus étauffé et sur une mission qui en fait rassemble tout le monde.

C'est pas juste transporter des bouts de cailloux d'un bout à l'autre du monde. C'est vraiment un une mission qui qui est unit. Et non vraiment les marins au bout d'un moment se sont investis.

Il y a même des marins avec qui on a au début qui maintenant travaillent pour SOS Méditerranéen. Ils sont ils sont devenus sauveteurs notamment vous vous parliez qui était pilote de Zodiaque. Donc si ils s'investissent énormément à la fin.

Vous n'êtes plus à SOS Méditerrané. Non mais vous savez ce qu'il advient deux aujourd'hui. Ils ont donc un nouveau bateau.

Euh on entend parler d'eux de temps en temps et puis et puis plus ça veut dire qu'ils sont pas tout le temps en mer. Oui, ils ont ils ont alors l'Aquarius malheureusement n'a pas pu continuer d'opérer à partir de fin 2018 parce que il a perdu son pavillon suite à des pressions diplomatiques. SOS Méditerranéen a réussi à récupérer un nouveau navire donc l'é viking quelques mois plus tard l'éan Viking sous pavillon norvégien et ça fait depuis lors qu'il navigue et qui fait des opérations à un rythme un peu moins soutenu que à l'époque de l'Aquarius mais parce que il y a toujours beaucoup de bâtons dans les roues qui sont mis dans les on trajets beaucoup plus longs.

Ils sont bloqués au port assez régulièrement. Ils ont beaucoup de chantiers à faire et cetera, mais ils sont toujours en mer et encore en ce moment, ils font des sauvetages encore aujourd'hui. Je suis allé sur le site d' SOS Méditerranée, on va finir avec ces chiffres.

SOS Méditerranée a secouru 37000 personnes depuis 2016 et a constaté la mort de 21000 migrants euh qui ont traversé la Méditerranée, qui ne sont pas arrivés au bout toujours depuis 2016. Merci beaucoup Antoine Laurent. Votre livre s'appelle Journal de bord de l'Aquarius aux éditions KO.

Des centaines d'histoires disponibles sur vos plateformes d'écoute et sur europein.fr. ter