Privatisation de la SNCF, Nouvelle-Calédonie... L'interview en intégralité d'Éric Ciotti
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Eric Ciotti. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions.
Vous êtes le président du parti Les Républicains, de très nombreux sujets sur lesquels j'aimerais vous interroger, sur la Nouvelle-Calédonie bien sûr, les Européennes, la Cour pénale internationale, la synagogue de Rouen, la fin de vie. Mais je voudrais d'abord que vous leviez avec moi une ambiguïté. Pourriez-vous, oui ou non, travailler avec Emmanuel Macron ?
Et je vais même être plus précise. Pourriez-vous, oui ou non, être dans un gouvernement sous Emmanuel Macron ? Il y a des institutions dans notre pays.
Quand on est parlementaire, quand on est dans un parti politique, on travaille pour la France. On ne travaille pas pour le président de la République ou pour le Premier ministre. Nous, nous sommes dans l'opposition.
J'ai été élu dans l'opposition. Je suis plus que jamais dans l'opposition à un pouvoir qui a abîmé le pays. Au plan des finances publiques, au plan de la sécurité, on voit bien que tout se délite et se dégrade.
Et je suis plus que jamais dans cette opposition. Il faut tout changer aujourd'hui. Il faut changer de politique.
Il faut réformer le pays, réformer l'État, baisser les dépenses publiques, baisser les prélèvements obligatoires, assurer la sécurité, arrêter cette vague migratoire. Voilà, tout ça. Tout ça, on le fait.
Je vous repose la question. Est-ce que ça, vous pourriez le faire ? Et on ne le fait pas.
Est-ce que vous pourriez le faire sous Emmanuel Macron président, vous-même ou un autre ? Et vous avez bien compris que mon regard se tournait vers Gérard Larcher. Gérard Larcher qui est aujourd'hui le deuxième personnage de l'État, qui est évoqué comme une sorte de recours, de potentiel Premier ministre, de ce qui serait une coalition ou une forme peut-être même de cohabitation.
Tout ça, ce sont des spéculations, souvent de spéculations de journalistes. C'est votre rôle de poser ces questions. Je vous demande pardon, Éric Ciotti, mais quand on pose la question à Gérard Larcher, et ça a été fait par un certain nombre de mes confrères, il ne dit pas non.
En tout cas, ce n'est pas le sujet. Est-ce que vous vous dites non ? Ce n'est pas le sujet.
Nous, aucune démarche n'a été faite par les personnes que vous citez, ni d'un côté, ni de l'autre. Donc moi, aujourd'hui, nous avons une politique qui est mauvaise pour la France. Je m'y oppose et j'aspire à ce que cette politique change avec nos idées, avec le projet que nous portons.
Pardon ? Toujours pas vraiment compliqué, pas entendu le nom. C'est cette ligne d'indépendance totale que nous portons.
Ce qu'il faut, c'est changer de politique. Si demain, nous sommes au pouvoir pour changer de politique, nous mettrons en place notre projet. C'est tout.
La question, c'est où au pouvoir ? Est-ce que vous pourriez être au pouvoir à Matignon ? Quand on est dans un parti, on aspire à diriger ce pays.
Oui, mais on peut diriger, vous savez bien, en France, à la fois depuis l'Élysée ou depuis Matignon. La situation, elle est simple. La politique, aujourd'hui, elle est mauvaise.
Donc il faut en changer. Moi, je souhaite qu'on en change le plus vite possible par les urnes. Vous connaissez par cœur la politique.
Je vous pose la question très clairement. Est-ce que oui ou non ? Si Gérard Larcher, on lui propose d'être Premier ministre, vous lui direz « N'y va pas » ou vous lui direz « Pourquoi pas ? » Il faudra poser la question à Gérard Larcher.
Elle lui a déjà été posée et il a répondu « Ce sera au chef de l'État d'en décider. » Je ne pense pas qu'elle lui ait été posée par le chef de l'État. Voilà, donc on ne fait pas de spéculation.
Moi, je ne fais pas de la politique fiction. Vous ne vous y opposez pas. Aujourd'hui, la politique actuelle est mauvaise.
L'urgence, c'est d'en changer. Non, au fond, la question que je me pose, c'est « Est-ce que Rachida Dati n'avait pas juste raison avant vous ? » Je ne crois pas.
Les débauchages individuels n'ont jamais apporté de solution. Ceux qui ont quitté notre famille politique, que ce soit Gérald Darmanin, Bruno Le Maire, Rachida Dati, quel est leur bilan ? Le bilan, c'est celui d'un pays qui décroche, qui n'assure plus la sécurité de ses concitoyens, qui a favorisé la vague migratoire.
Oui, mais vous souhaitez exercer le pouvoir si, au fond, vous aviez l'occasion à l'automne d'exercer le pouvoir en ayant la droite au gouvernement ? C'est ça le bilan de ceux qui y sont allés de façon individuelle. Moi, ma démarche, c'est de porter le projet d'un parti pour redresser le pays.
Si demain, on nous dit « C'est vous qui avez les clés pour redresser le pays », on redressera le pays. Mais je pense que d'abord, c'est aux Français de le dire. Si on vous donne les clés de Matignon, à vous la droite, est-ce que vous les prendrez ?
Nous verrons bien si cette question est posée. À ce moment, elle n'a jamais été posée. Mais ce que je dis, c'est aucun débauchage individuel, c'est une démarche pour changer.
On y va tous ensemble, derrière Gérald Darmanin, ou vous, ou quelqu'un d'autre, oui, mais pas tout seul. Si demain, je dis, et on accepte qu'il y a un référendum constitutionnel pour arrêter l'immigration de masse, pour changer les règles en matière de politique pénale, pour baisser drastiquement les dépenses publiques et pour baisser les impôts, et que c'est nous qui le mettons en œuvre, on jouera notre rôle. Est-ce que vous pourriez, vous aviez évoqué la question d'une motion de censure face à l'insincérité du gouvernement dans son budget.
On a bien compris que finalement, vous estimiez que ce n'était pas le moment, que là, on était dans les européennes, mais est-ce que ça veut dire qu'à l'automne, vous n'hésiterez pas ? Absolument, j'ai été très clair. Quitte à faire tomber le gouvernement.
Ça rejoint le sujet précédent, ici sur votre antenne. J'ai dit très clairement, nous refuserons, dans le débat budgétaire, toute augmentation des impôts. Et aujourd'hui, je le redis, il y a un plan caché d'augmentation des impôts.
La presse en fait état ce matin. Il y a la question aussi de la désindexation. Vous aimez bien lire la presse.
Vous dites sur Gérard Larcher, non, mais ça c'est une histoire de journaliste. Là par contre, ça vous plaît, les bons couloirs de la presse. C'est la presse économique.
Bon. Donc la presse économique ? Qui décrit l'état des lieux.
Mais on a mis trois lignes rouges. Pas d'augmentation d'impôts. Pas de désindexation des retraites.
Et pas d'atteinte au modèle de santé. Pour que les Français puissent continuer à se soigner. Est-ce que vous avez l'impression que sur ces trois points, on est en train de franchir la ligne rouge ?
Monsieur Macron a donné des instructions à ses ministres. Et notamment au ministre des Comptes publics, monsieur Cazenave. Mais aussi à sa majorité qui travaille en secret.
Vous savez, il y a une task force dans le groupe Renaissance qui réfléchit notamment à taxer la rente. C'est quoi la rente ? C'est l'assurance vie des Français ?
Ce sont les loyers des propriétaires ? Et il y a également l'idée, elle est à la une de tous les quotidiens aujourd'hui. Monsieur, tout à l'heure, Nicolas Doss vient d'en parler.
C'est la question de la désindexation des retraites. Qui aboutirait à une perte massive de pouvoir d'achat des retraités. C'est ce plan caché qu'on va nous sortir après les Européennes.
Et donc, nous le disons, nous ne laisserons pas passer ça. S'il y avait par exemple désindexation, dans le futur budget, vous diriez dans ces cas-là une motion de censure. Je voterai personnellement une motion de censure.
Je le dis très clairement. Et vous seriez prêt à faire tomber le gouvernement. Cette question, elle est très claire.
Nous, on n'est pas dans des postures, on ne change pas du jour au lendemain. On a fixé ces lignes au moment du budget. Pour l'instant, nous n'avons pas le texte.
Mais nous disons au gouvernement qu'il faut qu'ils disent la vérité aux Français. Puisqu'on est sur ces questions de budget, il y a ces accords en cours à la SNCF. Notamment hier, il y a eu cette grève pour la SNCF Île-de-France.
Il y a eu un peu plus tôt à la SNCF un accord sur l'application de la réforme des retraites, avec une sorte d'exception pour les contrôleurs de la SNCF qui pourront partir plus tôt, c'est-à-dire 18 mois avant l'âge légal, en touchant 75% de leur salaire. Il y a un certain nombre d'accords qui se font partout. Comment vous regardez ça ?
Et est-ce que vous estimez qu'il faut aller beaucoup plus loin dans le refus de ces accords ? C'est un scandale absolu, ça choque beaucoup le Français. On a aujourd'hui une entreprise qui depuis 1947, chaque année, il n'y a pas une année depuis 1947 où la SNCF n'a pas été en grève, et qui bloque des millions de Français au moment des départs en vacances, qui bloque ceux qui travaillent et qui aspirent à un peu de loisirs.
Aujourd'hui, on a une entreprise qui prend en otage, une entreprise, quelques syndicats de cette entreprise, je ne généralise pas, mais qui prend en otage les Français. Et l'accord sur les retraites, il est extraordinairement choquant. On a voté une loi sur les retraites, elle a été douloureuse.
Je l'ai personnellement soutenue, ça a ouvert des débats, je savais que c'était impopulaire, mais c'était nécessaire pour le pays. Et la grandeur d'un homme politique, c'est de servir l'intérêt général et pas de regarder l'intérêt politicien. Donc pour moi, ça allait dans le bon sens pour sauver notre système de retraite.
Je pense à l'intérêt notamment de nos retraités qui ont travaillé toute leur vie et qui aspirent à recevoir une retraite. Beaucoup sont petits. Et là aujourd'hui, on exonère les agents de la SNCF qui partent plutôt en retraite, qui travaillent moins par semaine de cette réforme des retraites.
On fait quoi ? C'est purement scandaleux. Je le dis, ce n'est pas acceptable.
Donc moi, je viens de déposer, je ferai une proposition de loi visant à privatiser la SNCF. Oui, aujourd'hui, ça suffit. Il faut que cette entreprise, elle soit soumise à la concurrence.
Il faut qu'il y ait de la liberté. Il faut qu'on arrête de la prendre en otage et surtout qu'elle prenne en otage le pays. Donc je souhaite, comme ça a été fait pour des grandes infrastructures, vous savez, regardez ce qui a été fait à France Télé, France Télécom, devenu Orange, La Poste.
Vous ne vouliez pas dire France Télé, vous voulez peut-être privatiser France Télé, mais alors ça, ce serait encore un autre...
Pourquoi pas ? Pourquoi pas ? Privatiser l'audiovisuel public.
En tout cas, autant de chaînes, est-ce que c'est nécessaire ? Vous savez, le coût, 3 milliards d'euros, on nous demande 20 milliards d'euros d'économies, on va les prendre...
Donc ce n'est pas un lapsus ? On va les prendre...
Non, non, non, je parle de France Télécom, transformer en Orange. Mais au fond, vous dites, pourquoi pas France Télécom ? Mais pourquoi pas ?
Il n'y a pas de tabou. Il faut arrêter, si on veut faire des économies, il faut arrêter avec les mesurettes. Donc je pense qu'il faut aujourd'hui privatiser la SNCF, comme ça a été fait pour les aéroports.
Est-ce que les aéroports sont bloqués ? Est-ce que ça ne fonctionne pas ? Aujourd'hui, ayons ce courage d'une réforme.
Vous savez, on parle tous les jours...
Mais pour autant, il y a eu quand même la grève aussi des contrôleurs aériens qui, dans la même logique d'une sorte de chantage aussi aux JO, ont obtenu beaucoup. Mais ces chantages, ils sont scandaleux. Ils sont scandaleux.
Qu'on profite des Jeux Olympiques pour mettre en coupe réglée le pays, ce n'est pas supportable. Éric Ciotti, Emmanuel Macron est en route pour la Nouvelle-Calédonie. Il était temps ?
Je ne sais pas si ça sera utile. Ce qui est utile, c'est de rétablir l'ordre. Voilà, ce qui s'est passé est purement scandaleux.
Ça traduit là aussi un manque d'anticipation, et notamment de la part du ministre de l'Intérieur. On a eu un texte de réforme constitutionnelle qui était souhaité par tout le monde, qui était, je vous le rappelle, réclamé par le Conseil d'État pour réparer une anomalie démocratique. Ça veut dire que depuis 1998...
Vous avez voté d'ailleurs le texte pour déjeler le corps électoral. Beaucoup de détermination. Depuis 1998, les Français, les Français citoyens de la République, qui étaient en Nouvelle-Calédonie, ne pouvaient pas voter.
C'est un scandale absolu. Imaginons en métropole si on disait, les personnes qui se sont installées dans tel ou tel département, ville, ne peuvent pas voter. Le Conseil d'État a dit que ce n'est pas possible, il faut déjeler le corps électoral.
Mais depuis il y a cette explosion de violences, est-ce qu'il faut malgré tout s'obstiner à faire passer cette loi ? Potentiellement, on savait que ça pouvait porter des tensions. On n'a pas mis les forces de l'ordre qu'il fallait.
Le haut-commissaire les a demandées. Le ministre de l'Intérieur a réagi après les exactions de violences. Ces violences, elles ont été terribles.
Six morts. Je pense à ces deux gendarmes qui ont été tués. Deux jeunes militaires qui servaient la République.
Je pense à leur famille, à leurs camarades. Il y a eu un déchaînement de violences absolues. Des émeutiers qui ont brûlé, qui ont pillé.
Il y a un climat d'erreur aujourd'hui en Nouvelle-Calédonie. Alors j'attends du président de la République que d'abord, il fasse passer un message de rétablissement de l'ordre républicain. Ensuite, il faut discuter.
Est-ce qu'il faut éventuellement se dire on prend plus de temps ? Non, je ne crois pas. Parce que ça serait un message terrible.
Ça voudrait dire que les émeutiers, ceux qui ont pillé, ceux qui ont tué, ont eu gain de cause. Il faut arrêter que la République recule. Vous savez, elle a reculé à Notre-Dame-des-Landes.
C'était le début du quinquennat de M. Macron. M.
Edouard Philippe était Premier ministre. Ça a été le signe, le signe de la déliquescence de l'autorité. Parce que quand on cède à la loi de la violence, à la loi de ceux qui utilisent des pratiques, des moyens, des méthodes illégales, eh bien on cède surtout, et c'est ce qui s'est passé.
Donc reporter le calendrier, ce n'est pas ce que demande la majorité des néo-calédoniens. Vous savez, la Nouvelle-Calédonie a voté trois fois en vertu des accords. Est-ce que c'est suffisant ?
Est-ce qu'il faut envisager de voter une autre fois ? Marine Le Pen dit on re-vote dans 40 ans. On attend quoi ?
Qu'il y ait un vote ? Parce que comme il y a eu un vote pour le maintien dans la République française, il était légitime. Il faut voter autant de fois qu'il y aura une majorité pour l'indépendance.
Mais vous savez, on parle des faits coloniales, on fait des références au passé. Mais il y avait un rapport démographique dans les pays que la France a gérés, qui ont été décolonisés, qui était exactement l'inverse aujourd'hui. Aujourd'hui, il y a une majorité en Nouvelle-Calédonie qui s'est exprimée pour le maintien dans la République.
Il ne faudrait pas les écouter, il ne faudrait pas les soutenir, il ne faudrait pas les défendre. Il y a la question de l'ingérence internationale et extérieure, non seulement en Nouvelle-Calédonie, mais plus largement. Et on apprend ce matin, c'est BFM TV qui a cette information, que les mains rouges sur le mémorial de la Shoah à Paris auraient été faites par deux Bulgares, qui ont d'ailleurs quitté le pays juste après les faits.
Les Russes, semble-t-il, pourraient être derrière et soufflent sur les braises de l'antisémitisme. On sait qu'il y a ces menaces, on sait qu'il y a ces ingérences. Naturellement, je les condamne avec la plus grande force.
Et c'est à l'État à mettre les moyens de protection, notamment sur les cyberattaques qui sont aujourd'hui des menaces. Cyberattaques, semble-t-il, en Nouvelle-Calédonie, avec également la Russie. Les hôpitaux aussi, qui mettent en péril la vie de patients.
Ça a été le cas dans mon département, à l'hôpital de Cannes. C'est extraordinairement dangereux. Donc il faut combattre, il faut que nos services se renforcent.
Nous l'avons fait dans la loi de programmation militaire. Et je pense qu'il faut aller encore plus loin. Éric Ciotti, la Cour pénale internationale, le procureur, qui a présenté une requête pour un mandat d'arrêt à l'encontre de Benjamin Netanyahou, de son ministre de la Défense et de trois dirigeants du Hamas.
Est-ce que vous estimez qu'il faut respecter l'indépendance de la Cour pénale internationale et de quelque décision que ce soit, si les juges suivent donc la proposition du procureur, ou est-ce que vous prenez vos distances ? Je crois que la Cour pénale internationale s'est définitivement décrédibilisée. Qu'elle n'existera plus, c'est ridicule.
Mettre en accusation le Premier ministre d'un État démocratique qui se défend de la pire attaque terroriste qui n'ait jamais eu lieu. 1200 morts le 7 octobre. Des femmes violées, des enfants décapités.
Israël se défend, traque les terroristes. Des terroristes lâches qui se cachent sous des tunnels et qui mettent les civils...
Ils sont eux-mêmes visibles par cette demande de mandat d'arrêt international. Les trois dirigeants du Hamas. Mettre sur le même plan des terroristes immondes, qui ont commis cette abomination, des islamistes, ceux qui nous attaquent, ceux qui nous ont attaqué les mêmes racines, ceux qui ont attaqué le Bataclan, ceux qui ont attaqué la promenade des Anglais à Nice le 14 juillet.
Et on aurait de la complaisance pour ces gens. – Est-ce que ça veut dire, Eric Ciotti, que vous dites que la France doit quitter la Cour pénale internationale ? – Oui. – Oui, la France doit se retirer. – Absolument, elle s'est décrédibilisée, la Cour pénale.
Est-ce qu'elle attaque l'Aliatollah Khamenei en Iran ? Est-ce qu'elle attaque M. Erdogan ?
Est-ce qu'elle attaque M. Xi Jinping ? – Enfin, où est-on là ?
C'est ridicule. – Ça veut donc dire, Eric Ciotti, que vous estimez que la France doit sortir de la Convention de la Cour pénale internationale. – On donne du crédit à des institutions politisées qui se sont totalement décrédibilisées.
Moi, cette décision m'a choqué, mais ce qui m'a encore le plus choqué, c'est la réaction française. – Le Quai d'Orsay, qui a dit qu'on respectait l'indépendance. – Qui l'a soutenu, quasiment.
Mais on est où ? – On a envoyé aussi des condoléances après la mort du président iranien, M. Raisi, qui est un boucher, qui a assassiné, qui a tué, qui est un pire dictateur.
Mais quelle est la diplomatie de la France ? Quelle est notre ligne ? J'ai honte de ces positions, je le dis très clairement. – Eric Ciotti, le joueur de l'AS Monaco, Mohamed Kamara, avait masqué ostensiblement l'écusson anti-homophobie pour la journée de lutte contre l'homophobie.
Pour l'instant, il ne s'est pas excusé du tout. Vraiment, ostensiblement pas excusé. Est-ce qu'il faut le sanctionner ? – En tout cas, je condamne sa démarche.
Je crois qu'il faut lutter contre l'homophobie. Il y avait des instances qui l'ont décidé dans le sport et il aurait dû respecter ses décisions. Donc personnellement, son attitude me choque, je la condamne et c'est aux instances sportives de voir s'il doit faire sanctionner. – Mais est-ce qu'il peut continuer à jouer en Ligue 1 ?
C'est-à-dire avec les valeurs françaises ? – Je ne suis pas en charge de… – Oui, enfin, vous êtes en charge de beaucoup de choses. Je veux dire, vous avez vocation à l'être. – Il mériterait d'être condamné. – D'être condamné ? – Est-ce que vous estimez que quand on refuse de lutter contre l'homophobie, est-ce qu'on peut continuer à jouer en Ligue 1 ? – Il ne faut pas transiger et j'appelle les instances sportives à prendre leur responsabilité. – Bruno Retailleau a dit hier qu'il pensait qu'il ne fallait pas le sanctionner et il dit même qu'il faut arrêter d'introduire la cause LGBT à tout bout de champ, ça peut agacer les Français. – Je ne partage pas cette position. – Vous ne partagez pas cette position ?
Non, je crois que l'homophobie doit être, lorsqu'elle s'exprime, doit être combattue. – Merci Eric Ciotti d'être venu ce matin répondre à mes questions. Vous êtes le président du parti Les Républicains.
Il est 8h51 sur RMCB FM TV.
Éric Ciotti