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interviewRMC — Face à Face· 16 novembre 2020 22 min

L'invité de Bourdin Direct : Valérie Pécresse - 16/11

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Locuteur 2

Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct.

0:05
Locuteur 1

Jean-Jacques Bourdin. Valérie Pécresse, bonjour. Bonjour. Présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse. La situation semble mieux maîtrisée. Je parle de la situation épidémique. Nous aurions atteint le pic de cette deuxième vague épidémique. Alors soyons prudents, mais que demandez-vous ce matin au gouvernement ?

0:31
Locuteur 2

Il faut préparer, puisque nous voyons que nous sommes sur le pic, il faut préparer la phase du déconfinement. Mais cette phase du déconfinement, elle doit être maîtrisée. Elle doit être ordonnée. Elle doit être graduelle. Elle doit être tout le contraire de ce qu'on a fait cet été. C'est-à-dire qu'il faut arrêter le stop and go. Le stop and go, c'est quand on bloque tout et puis après on ouvre tout.

0:54
Locuteur 1

On lâche tout.

0:55
Locuteur 2

On lâche tout. C'est très anxiogène pour tous les milieux économiques et ça crée vraiment de grandes souffrances.

1:00
Locuteur 1

Bien, vous demandez donc une organisation du déconfinement. Apparemment, je reçois Olivier Véran, le ministre de la Santé, demain matin. Apparemment, le confinement va être poursuivi après le 1er décembre. Est-ce que vous demandez, comme beaucoup d'autres responsables politiques, l'ouverture de tous les commerces au 1er décembre ou même le week-end précédent le 1er décembre, qui est le week-end du 27-28 novembre ?

1:26
Locuteur 2

Je vous ai parlé de grandes souffrances. La première des souffrances et la première des injustices, c'est celle des petits commerces qui n'ont pas pu ouvrir pendant cette période de confinement. Et moi, ce que je demande au gouvernement, parce qu'ils veulent des aides bien sûr, et il faut leur en donner, mais ce qu'ils veulent, c'est surtout retravailler. Donc, ce que je demande au gouvernement, c'est de ne pas ajouter une nouvelle injustice à celle de leur fermeture, c'est-à-dire d'ouvrir dès le 27 novembre. Parce que vous savez ce que c'est le 27 novembre ? C'est le Black Friday.

Le Black Friday, c'est une opération de promotion mondiale, sur Internet notamment, qui permet d'avoir des biens à prix cassés. Donc, si nous ne rouvrons pas nos petits commerces dès le 27 novembre, vendredi 27 novembre, il y aura une concurrence qui se fera des commerces en ligne, qui sera une injustice de plus pour ces petits commerces. Donc, les rouvrir dès le 27 novembre. Accepter, accepter aussi des amplitudes horaires supplémentaires, parce qu'ils veulent travailler. Et le dimanche, et l'ouverture le dimanche ? Bien sûr, il ne faut plus pinailler.

Si ces commerçants veulent travailler jusqu'à 22h, lors du couvre-feu à Paris, s'ils veulent travailler le dimanche, il faut les laisser faire. Il faut arrêter cet État bureaucratique qui veut tout contrôler. En revanche, ce qu'il faut mettre en place, c'est un protocole renforcé. C'est cligner qu'une personne dans un magasin, selon la taille du magasin. Il faut aussi qu'on puisse avoir des dérogations territorialisées, parce que c'est territoire par territoire qu'on peut juger. Ce n'est pas la même chose d'avoir un commerce d'un village, dans lequel il y aura très peu de personnes, mais qui est tellement essentiel pour son village, et de gérer une immense rue commerçante.

3:09
Locuteur 1

Donc, ouverture le 27, c'est indispensable pour sauver Noël ? Pour sauver Noël ?

3:14
Locuteur 2

Alors, pour sauver Noël, parce qu'une très grosse partie du chiffre d'affaires de ces commerçants se fait à Noël, et d'ailleurs, la région va aider. Nous allons mettre en place une plateforme, une plateforme qui ouvre aujourd'hui, mescommerces.ildefrance.fr, et donc chacun d'entre vous connaîtra la situation de ces commerces, pour apprendre des rendez-vous, si les magasins le peuvent, commander pour faire du click and collect.

Et vous savez que sur le click and collect, la région a été moteur, puisque dès mars, nous avons mis en place un chèque numérique de 1500 euros pour permettre à tous les commerçants, les bars, les restaurants qui font de la vente à emporter, qui sont aussi extrêmement touchés, et qui, eux, ne vont pas réouvrir le 1er décembre. Donc, il faut penser à eux. Nous avons mis en place ce chèque numérique de 1500 euros. Nous en avons versé déjà 1000. Ça veut dire que 1000 commerçants, 1000 cafés, 1000 bars, restaurants ont mis en place ce système de click and collect. Donc, la plateforme s'appelle mescommerces.île-de-france.

4:11
Locuteur 1

Il y a des commerçants, vous l'avez vu, qui refusent de fermer leur commerce. J'ai vu l'exemple de Cannes, où le maire soutient, d'ailleurs, une libraire qui est restée ouverte. Vous soutenez tous ces commerçants rebelles ? Vous, parce qu'il y en a aussi en Ile-de-france. J'en connais, vous en connaissez. Tout le monde ne respecte pas la fermeture.

4:31
Locuteur 2

Moi, je suis aujourd'hui totalement en soutien des libraires. Je n'ai pas compris pourquoi le livre n'a pas été classé en biens essentiels. Mais ce que je leur dis, c'est que vous pouvez pratiquer le click and collect. Vous pouvez ouvrir sans ouvrir, c'est-à-dire en réalité mettre une barrière à l'entrée du magasin et vendre vos livres. Mais n'ouvrez pas vos librairies ! Aujourd'hui, moi, je ne serai jamais pour la désobéissance civile. Vous savez, nous sommes dans un pays qui est en crise d'autorité. Quand il y a une règle, même si elle est injuste, il faut la respecter.

4:59
Locuteur 1

Donc, même si elle est injuste, il faut la respecter. Elle est injuste, cette autre règle, la fermeture des églises, pas de messe dans les églises, pas de culte dans les temples, les cérémonies, dans les synagogues ou dans les mosquées ?

5:13
Locuteur 2

Alors, les lieux de culte sont restés ouverts, M. Bourdin.

5:16
Locuteur 1

Oui.

5:16
Locuteur 2

Non, mais c'est important. C'est important parce que ça, c'est une vraie correction par rapport au printemps dernier.

5:22
Locuteur 1

Oui, c'est vrai.

5:23
Locuteur 2

Ce qu'il faut comprendre, c'est que quand vous êtes croyant et que vous êtes dans une situation de maladie, de souffrance, de perte d'emploi, peut-être même confronté au décès de vos proches, vous avez besoin de vous retrouver dans un lieu de culte. Donc, il y a une vraie demande de redémarrer les services religieux. Et je crois que, dès aujourd'hui, il faut que le gouvernement se mette dans une position de dialogue pour voir dans quelles conditions sanitaires...

5:45
Locuteur 1

Aujourd'hui, le ministre de l'Intérieur reçoit tous les représentants des cultes.

5:49
Locuteur 2

Il était temps. Il était temps. Il était temps d'entendre leur souffrance. C'est la réouverture de ces lieux de culte. Je demande qu'on travaille au protocole sanitaire qui permettra le plus rapidement possible de les rouvrir. Mais ça veut dire aussi accepter certains aménagements. Ça veut dire accepter aussi que les offices se passent...

6:04
Locuteur 1

J'ai vu certains se plaindre que le gouvernement se mette au-dessus de Dieu et choisisse pour...

6:09
Locuteur 2

Le sujet aujourd'hui, c'est vraiment d'organiser des protocoles sanitaires qui garantissent la sécurité. Parce que malheureusement, effectivement, il y a dans les lieux de culte des personnes qui doivent respecter les gestes barrières, elles aussi. Elles aussi.

6:26
Locuteur 1

Oui, mais est-ce qu'on ne peut pas prier chez soi ?

6:29
Locuteur 2

Mais, vous savez, se réunir... C'est une question de réconfort moral. C'est une question de réconfort moral. Bien sûr, on peut prier chez toi. Mais, M. Bourdin, on peut aussi consommer chez soi. Or, aujourd'hui, qu'est-ce que je demande ? Je demande qu'on fasse vivre nos petits commerces. Je demande qu'on achète local. Je demande qu'on achète français. C'est un geste patriotique. Et de la même façon, bien sûr, on peut prier Dieu chez soi. Bien sûr. Mais en même temps, se retrouver, c'est un réconfort. Et vous savez, la détresse psychologique qui est liée au confinement, elle ne doit pas être sous-estimée.

Vous le savez bien, aujourd'hui, nous avons énormément de problèmes de détresse psychologique, de dépression. Et ça aussi, c'est grave. Et ça aussi, on doit le prendre en compte.

7:06
Locuteur 1

Bien. Est-ce que, si la situation s'améliore, si c'est confirmé, est-ce que vous demandez un allègement du confinement pour les vacances de Noël ? Une possibilité de circuler sur tout le territoire ?

7:18
Locuteur 2

Il va falloir que le gouvernement se donne les moyens pour que les Français puissent fêter Noël.

7:22
Locuteur 1

Vous parliez tout à l'heure de préparer, effectivement, ce déconfinement.

7:25
Locuteur 2

Absolument. Il faut que les Français puissent fêter Noël. En famille. Mais là aussi, je vous le dis, il faudra contrôler et maîtriser les choses. C'est évident que le réveillon de 2020 ne sera pas le réveillon du 31 de d'habitude. Parce qu'on ne pourra pas faire la fête, parce qu'on ne pourra pas... Et de ce point de vue, il est totalement irresponsable de faire ce qu'ont fait les joints vilais. Les joints vilais ce week-end. Je vais vous en parler. Attendez, se réunir à 300. Et évidemment, qu'est-ce qui s'est passé ? Il y avait un malade du Covid. Donc, combien de personnes vont être malades ? Il ne faut pas jouer avec la maladie. Cette maladie, elle tue.

Cette maladie, elle est extrêmement dangereuse. Y compris pour les jeunes. Et ça, je le dis parce qu'encore hier, j'ai eu le témoignage d'un jeune de 30 ans qui a perdu 20% de sa capacité pulmonaire, qui depuis trois semaines ne s'en sort pas. Qui a vu son bébé hospitalisé aux urgences. Donc, il ne faut pas croire que c'est la maladie des autres, que ça ne vous arrivera pas. Et il faut vraiment respecter les règles barrières.

8:21
Locuteur 1

Vous dites qu'il faut respecter, mais beaucoup ne respectent pas. Vous le savez bien. Beaucoup ne respectent pas les interdictions, le confinement. Des commerces sont ouverts. D'autres se réunissent pour faire la fête. D'autres encore sortent beaucoup plus longtemps que prévu. Valérie Pécresse, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que l'État n'est plus obéi ? Ça veut dire que ce manque d'autorité a gagné toute la population ?

8:49
Locuteur 2

Le problème, c'est que quand on restreint les libertés, ce qui est le cas avec le confinement, et c'est très dur, il faut être légitime pour le faire. Il faut avoir la confiance des Français. Et c'est vrai que cette confiance s'est émoussée. Elle s'est émoussée parce que les Français ont eu le sentiment que peut-être pendant l'été, cette deuxième vague n'a pas été suffisamment anticipée. Et que finalement, on leur impose des pertes de liberté très brutales, alors qu'on aurait pu gérer autrement. Mais ça, je leur dis, regardez devant. Si on veut réussir le déconfinement, si on veut sauver Noël, il faut respecter aujourd'hui le geste barrière.

9:22
Locuteur 1

Je ne sais pas si vous avez lu la tribune de David Lysnard, le maire de Cannes.

9:26
Locuteur 2

Absolument, et je partage tout ce qu'il dit.

9:28
Locuteur 1

Mais il dit que l'État protège de moins en moins et interdit de plus en plus. Il faut bien que l'État interdise.

9:33
Locuteur 2

Il a raison de nous soulever. Ce que soulève David Lysnard dans sa tribune, c'est que cette bureaucratie tâtillonne, qui nous empêche de faire, il faut y mettre fin. Et ça, il a raison. Il a raison parce que, je vais vous donner un exemple. Si on veut réussir le déconfinement, il faut tester massivement la population. Il faut tester massivement et il faut que les tests soient disponibles partout. J'ai proposé au ministre de l'Éducation nationale 100 000 tests antigéniques, 100 000 tests que j'ai achetés, qui sont disponibles aujourd'hui, pour pouvoir tester massivement les lycéens.

Vous savez bien que tout le monde suppose qu'une bonne partie de la quantité de contamination et de la circulation du virus aujourd'hui se fait à travers...

10:15
Locuteur 1

Alors, il a accepté, ça commence quand ?

10:17
Locuteur 2

Non, non, non. Il n'a pas accepté pour l'instant ? Pour l'instant, nous sommes encore en négociation avec l'Agence régionale de santé et le rectorat. J'espère, en tout cas nous sommes en situation de commencer en milieu de semaine. Mais ça a été très compliqué.

10:30
Locuteur 1

100 000 tests, c'est-à-dire qu'on testerait tous les lycéens d'Île-de-France ou on testerait, je ne sais pas moi, le personnel éducatif, le personnel qui travaille dans les lycées ?

10:39
Locuteur 2

Alors, on a mis en place une méthodologie avec l'assistance publique hôpitaux de Paris. En fait, l'idée, c'est de voir comment circule le virus et qui aujourd'hui l'a eu. Donc, première phase, on fait un test sérologique. Le test sérologique, c'est le test qui vous dit si vous avez eu le virus ou pas. C'est une information très importante. Aujourd'hui, on ne sait pas, dans les régions de France, qui a déjà eu le virus. Donc, on fait des tests sérologiques sur tous ceux qui sont volontaires. Lycéens, professeurs, agents des lycées. Donc, tous ceux qui sont volontaires, on fait un test sérologique, on voit la photo du lycée. Ensuite, on revient toutes les semaines.

Et toutes les semaines, on fait une centaine de tests, toujours sur des personnes volontaires. Et ça permet de voir comment circule le virus. Ça permet d'appréhender son mode de fonctionnement. Et ça permet de sécuriser les lycées. On est prête. On a 15 lycées volontaires. On fait tout sur la base du volontariat.

11:29
Locuteur 1

On va trouver des bénévoles aussi. Il y a des bénévoles pour faire passer ces tests, non ?

11:33
Locuteur 2

Pour l'instant, on commence avec l'assistance publique hôpitaux de Paris qui nous met à disposition des personnes. Mais la région va faire plus. Elle va former 2000 préleveurs. 2000 préleveurs. Parce que vous savez que c'est compliqué de prélever, de tester. Le goulet d'étranglement. Pourquoi ? On a raté le testé, tracé, isolé à l'automne. Parce qu'on n'avait pas assez de préleveurs. Parce qu'il y a eu un embouteillage dans les laboratoires. Or, il va falloir tester massivement quand on arrêtera d'être confiné. Donc là aussi, le gouvernement doit libéraliser, autoriser les secouristes.

12:07
Locuteur 1

Je vous demanderai au ministre de la Santé d'un matin. Je lui poserai la question. Absolument. Si vous le souhaitez. J'en ai parlé avec Olivier Véran.

12:13
Locuteur 2

J'en ai parlé avec Olivier Véran. Et on est en train de le monter main dans la main avec l'État. Mais M. Bourdin, je vous le dis, ce qui est important, c'est qu'on puisse faire les choses main dans la main. C'est que l'État ne nous bloque pas en permanence quand nous proposons des choses.

12:26
Locuteur 1

Est-ce que vous allez acheter des doses de vaccins, la région ?

12:29
Locuteur 2

Nous n'avons pas le droit de le faire aujourd'hui. Vous n'avez pas le droit de le faire ? Nous n'avons pas le droit de le faire.

12:32
Locuteur 1

Si vous aviez le droit, vous le feriez ? Absolument. Valérie Pécresse, la sécurité.

12:37
Locuteur 2

Et je le mettrai à la disposition du maximum d'entre nous parce que je crois que ce vaccin est un formidable espoir. Je pense qu'il va falloir le distribuer à toutes les personnes les plus fragiles très rapidement.

12:46
Locuteur 1

Et le rendre obligatoire ? La vaccination obligatoire ?

12:50
Locuteur 2

La vaccination contre le coronavirus obligatoire, ça me paraîtrait effectivement nécessaire. Vous êtes favorable. Favorable, mais pas dans un premier temps. Parce que dans un premier temps, comme les doses, on n'en aura pas suffisamment, il faut les pister, les fléchir vers les personnes les plus fragiles.

13:05
Locuteur 1

Les plus fragiles, les plus à risque. Pas dans un premier temps, mais ensuite le rendre obligatoire. Absolument. Bien, Valérie Pécresse, parlons de sécurité. Je dois protéger ceux qui nous protègent, les policiers, les gendarmes, c'est ce que dit Gérald Darmanin. C'est l'objectif de la loi sur la sécurité globale, examinée demain à l'Assemblée nationale. Alors, il y a un article qui fait débat, l'article 24 qui prévoit de punir la diffusion dans un but malveillant d'image du visage d'un policier ou d'un gendarme. Est-ce que, député, vous voteriez cette loi ?

13:35
Locuteur 2

J'y suis totalement favorable. Je suis totalement favorable parce qu'on doit protéger ceux qui nous protègent. Gérald Darmanin a eu la phrase juste. Moi, je n'oublie pas que les terroristes sont venus à Magnanville tuer un couple de policiers devant leur enfant. Donc, identifier les policiers, les jeter en pâture à l'opinion, ça n'est pas bien. Si, en revanche, on a quelque chose à reprocher à un policier, eh bien, on porte bien.

13:58
Locuteur 1

Mais les détracteurs disent que ce texte risque de rendre invisible certaines violences commises par les forces de l'ordre.

14:04
Locuteur 2

Absolument pas. On saisit le juge et les réseaux sociaux ne sont pas là pour régler tous les problèmes de la société. Ils ne sont pas là pour générer la haine.

14:12
Locuteur 1

Valérie Pécresse, dans ce texte, il y a beaucoup d'autres choses. L'utilisation, par exemple, des drones lors de manifestations, vous y êtes favorable ?

14:19
Locuteur 2

À la région, nous avons déjà expérimenté la sécurité par drone dans nos îles de loisirs, et notamment pour surveiller les aires de baignade, donc, vous voyez, pour empêcher les noyades. Je pense que l'utilisation de drones est utile, effectivement, pour la sécurité. On le fait aussi dans certains quartiers sensibles.

14:36
Locuteur 1

Vous demandez aussi de rendre obligatoire une police municipale dans toutes les villes de plus de 10 000 habitants.

14:42
Locuteur 2

Absolument.

14:43
Locuteur 1

Armer, cette police municipale.

14:44
Locuteur 2

Alors, j'y viens. Aujourd'hui, nous avons besoin d'une police municipale obligatoire dans les villes de plus de 100 000 habitants. C'est elle, la police de proximité. La police nationale, c'est une police d'enquête. C'est une police qui est là pour élucider les crimes. Il ne faut pas mélanger les deux choses. La police de proximité, c'est la police municipale. Mais, pour arriver à ce but, une police municipale obligatoire dans toutes les villes de 10 000 habitants, il faut donner aux maires les moyens de recruter et les moyens financiers de cette police. C'est pour ça que la région, en Ile-de-France, elle a ce qu'on appelle le bouclier de sécurité.

C'est-à-dire, elle a une convention avec le ministère de l'Intérieur qui nous permet de financer très puissamment, très fortement, les polices municipales, comme à Joinville, d'ailleurs, où le maire a souligné que, grâce à la région, les policiers municipaux avaient eu les moyens d'intervenir. Ce n'est pas du tout une compétence régionale, mais nous l'avons fait. Ces polices municipales, elles sont indispensables. Et je pense que, dans les régions les plus criminogènes, il faut que ces polices soient armées. Et je le dis en Ile-de-France, il faut qu'elles soient armées. Je vais vous donner un exemple. À Conflans-Saint-Honorin, la police municipale n'était pas armée.

Elle n'a pas pu stopper l'assassin de Samuel Paty. Elle a été obligée d'appeler la BAC. Heureusement, la BAC est arrivée très vite. À Nice, la police municipale était armée. Elle a pu stopper le terroriste dans la basilique Notre-Dame. Il faut des polices municipales armées. Et singulièrement à Paris. Parce qu'il n'est pas normal qu'une ville aussi riche que Paris repose sur la police nationale pour sa sécurité. Il faudrait mieux que la police nationale aille en Seine-Saint-Ny. Il faudrait que la police nationale aille sur le réseau de transport. Vous le savez peut-être, mais M. Castaner, M.

Darmanin, nous ont retiré 350 policiers du réseau de transport en Ile-de-France, alors que la délinquance ne cesse d'augmenter. Donc je demande le retour de ces policiers.

16:30
Locuteur 1

Bien, Valérie Pécresse, quelques mots sur l'immigration. J'ai vu votre parti, enfin votre parti, vous n'êtes plus en République. Non, moi je suis une femme libre. Oui, vous êtes une femme libre.

16:39
Locuteur 2

Mais de droite, je le reconnais. Vous n'êtes pas loin des Républicains. Je ne me suis jamais cachée de ce que je suis.

16:45
Locuteur 1

Inscrire dans la Constitution le principe d'un plafond annuel d'immigration légale. Ça vous plaît, cette idée ? Que va proposer le parti ?

16:54
Locuteur 2

Ça fait des années que je dis que nous n'avons plus les moyens d'accueillir et d'intégrer dignement toutes les personnes que nous recevons sur notre sol. Et quand on n'a pas les moyens d'accueillir et d'intégrer, eh bien on restreint les flux et on dit qu'on n'ouvre pas la porte.

17:10
Locuteur 1

Moratoire sur l'immigration, dit Nicolas Sarkozy.

17:13
Locuteur 2

Mais je crois que c'est totalement justifié aujourd'hui. Regardez la loi sur le séparatisme. On nous parle de séparatisme. Qu'est-ce que c'est que le séparatisme ? C'est des personnes qu'on n'a pas réussi à intégrer aux valeurs de notre pays. Et si on n'a pas réussi à les intégrer à nos valeurs, à quoi sert de continuer à accueillir ? Vous voyez ce que je veux dire ? Ça n'est pas possible. Vous n'ouvrez pas les portes de votre maison à tout vent si vous n'avez pas les moyens d'accueillir. Donc il faut évidemment réduire l'immigration. Mais surtout, il faut faire appliquer la loi de la République. Ce que les Français ne comprennent pas, c'est qu'on leur demande de rester chez eux.

On leur demande de ne pas ouvrir leur commerce. On leur demande de ne pas aller à la messe. Et à côté de ça, on a des personnes en situation irrégulière, des déboutés du droit d'asile, des radicalisés étrangers, des personnes dangereuses qui ne sont pas renvoyées chez elles. Des faux mineurs isolés qui sont aujourd'hui dans des réseaux mafieux et qui sont pick-pockets dans les transports.

18:13
Locuteur 1

Vous restreindre le droit d'asile ? Vous restreindre le droit d'asile ?

18:17
Locuteur 2

Appliquer le droit d'asile. Mais moi, j'ai une proposition pour le droit d'asile. Vous le savez peut-être, mais aux aéroports, il y a une procédure qui s'appelle l'asile à la frontière. En quelques jours, les demandeurs d'asile qui arrivent, par exemple à Roissy, ils restent à Roissy. On examine leur demande d'asile. Et si on la refuse en quelques jours, on les renvoie chez eux immédiatement. Il faut mettre en place cette procédure d'asile à la frontière, à toutes les frontières de l'Europe, et ne pas accepter que les demandeurs d'asile rentrent sur le territoire. Parce qu'une fois qu'ils rentrent sur le territoire, on part pour six mois de procédure.

Et quand ils sont déboutés, combien retournent chez eux ? Combien ? Quel pourcentage ? Ultra minoritaire. Et vous le savez bien. Donc on a des abus de droit. Le droit d'asile est détourné de la même façon que le droit des mineurs isolés est détourné. Et vous le savez bien. Donc il faut arrêter les infractions à la loi. Le ministre de l'Intérieur parle de crise d'autorité dans le pays. Il a raison. Mais c'est quoi la crise d'autorité ? C'est l'impuissance de l'État à faire respecter la loi. C'est l'incapacité à prononcer les sanctions lorsque la loi est violée.

Et c'est que les honnêtes gens, eux, on leur impose beaucoup de choses, eh bien il faudrait qu'on se mette en situation d'imposer la même chose à tous ceux qui sont hors la loi.

19:27
Locuteur 1

Alors Valérie Pécresse, vous parliez du ministre de l'Intérieur, un homme finalement de droite qui applique une politique de droite, politique sécuritaire de droite. Dites-moi Valérie Pécresse, les élections régionales et départementales qui seront probablement repoussées en juin, vous êtes d'accord avec cette décision ?

19:44
Locuteur 2

La priorité pour moi ?

19:45
Locuteur 1

La décision n'est pas prise officiellement, mais elle est prise.

19:48
Locuteur 2

La priorité pour moi, c'est la sécurité sanitaire. Donc si effectivement nous sommes en pleine épidémie, alors il faut repousser le vote. Mais si on peut aller travailler, si on peut se déplacer, si on peut étudier, alors on doit voter. La démocratie, ce n'est pas la dernière roue du carrosse.

20:03
Locuteur 1

Mais d'accord, mais comme vous ne pourrez pas faire campagne, probablement, il est peut-être bon de repousser ces élections au mois de juin.

20:09
Locuteur 2

Moi, je vous le dis, c'est une question qui est uniquement sanitaire pour moi et qui ne doit pas être politicienne parce qu'on voit bien que ces élections dérangent beaucoup.

20:16
Locuteur 1

Oui, et le candidat de la droite républicaine sera choisi après les régionales.

20:21
Locuteur 2

À un moment donné, à la présidentielle. À un moment donné, la droite républicaine doit avoir un candidat. Comment ? M. Bourdin, vous voyez bien que le président de la République, il va de plus en plus à droite. Oui, totalement. Je vous parlais de Gérald Darmanin. Peut-être que les Français en 2022 préféreront l'original à la copie. Et quant au ministre de l'Intérieur, il vient certes de la droite, mais moi, je le jugerai sur ses actes. Je le jugerai sur sa capacité à faire voter des lois qui protègent. Parce qu'aujourd'hui, les lois ne protègent pas.

Il y a plein d'articles de loi que nous souhaitons voir appliqués et qui ne sont pas votés par cette majorité qui n'est pas une majorité de droite.

20:56
Locuteur 1

Est-ce qu'une primaire ouverte devrait être organisée pour que l'on puisse choisir, que vous puissiez choisir le candidat à droite ?

21:03
Locuteur 2

Il y aura forcément un processus de sélection à mettre en place. Parce que s'il y a plusieurs candidats de la droite et du centre, s'il y a plusieurs candidats de la droite et du centre, nous n'arriverons pas à gagner cette élection.

21:12
Locuteur 1

Vous y participeriez ?

21:13
Locuteur 2

Aujourd'hui, c'est totalement prématuré de parler de ces présidentielles. Non, mais attendez, moi, je vous le dis, ma préoccupation aujourd'hui, ma passion, mon engagement, c'est ma région.

21:21
Locuteur 1

C'est votre région, oui. un joli tremplin pour la présidentielle, Valérie Pécresse.

21:28
Locuteur 2

Écoutez, chaque chose en son temps. Je vais vous dire, je vais vous dire même, aujourd'hui, ma préoccupation, c'est les 400 000 entreprises que je suis en train d'aider, c'est les 800 000 chômeurs de ma région que je suis en train d'aider, c'est les soignants auxquels je suis en train d'apporter du réconfort. Et c'est la grande pauvreté qui est en train de monter de manière dramatique dans tous mes quartiers populaires.

21:46
Locuteur 1

Alors, une dernière question, vous dites oui ou non, le vote par correspondance, le vote à distance, vous êtes favorable ou pas ?

21:51
Locuteur 2

Totalement hostile. Totalement hostile parce que c'est le lieu de toutes les pressions familiales, communautaires et municipales et c'est le lieu de toutes les fraudes.

21:59
Locuteur 1

Merci beaucoup Valérie Pécresse, 8h55, RMC et BFM TV.