Une rentrée scolaire dans le doute pour l'éducation nationale - Reportage #cdanslair 31.08.2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
-Tenter de positiver pour une rentrée mouvementée. -Bonjour, tout le monde. -Pleine d'interrogations.
Qu'en sera-t-il du budget? Comment l'examen du brevet sera-t-il remanié? -Pour le moment, tant que les textes ne sont pas parus, notre référence au collège reste les textes en vigueur.
L'urgence, c'est d'attendre. -Attendre la nomination du futur ministre de l'Education. Seule nouveauté appliquée pour l'instant: le choc des savoirs, avec l'instauration de groupes de niveaux en maths et en français. -Pour le mettre en place, il y a de grosses contraintes d'horaires.
On est partis sur une organisation des barrettes avec un certain nombre de cours de 2 heures. Il a fallu que l'on en fasse un peu plus que prévu. -Une réforme imaginée par G.Attal, puis modifiée par N.Belloubet.
Pour les professeurs, le principal problème, c'est avant tout l'instabilité. -C'est flou. Ca change.
C'est annoncé...
On a plein d'informations contradictoires. -La plupart de nos ministres sont hors sol par rapport à la réalité de notre métier. Qu'il y ait une vacance ou pas, ça ne change pas grand-chose. -Vous n'attendez rien? -Honnêtement, je n'attends rien du tout. -Avec 4 ministres de l'Education en 2 ans, la principale de l'établissement se dit fatiguée par l'accumulation de réformes. -On sort d'une période où l'Education nationale a connu une valse de ministres et des politiques, qui sont lancés, pas toujours concertés avec les équipes sur le terrain, rognant sur l'autonomie des établissements.
L'attente la plus forte du corps de l'Education nationale et des personnels de direction, c'est que l'on ait une pause et que l'on puisse évaluer l'état de l'Education nationale. -Et le bilan risque d'être morose. Entre petits salaires et crise des vocations, le métier d'enseignant ne fait plus rêver. -On est en souffrance, au niveau des moyens.
Au niveau du décalage entre ce qui devrait être la réalité du travail...
On est dans un établissement REP, avec beaucoup d'hétérogénéité. On aimerait avoir les moyens de les aider. -Et toutes les matières sont concernées.
En sciences, à partir de cette année, il n'y aura pas de dédoublement de classe pour les élèves de 5e et de 6e. -Il y en a qui sont perdus. On n'aura pas le temps d'en discuter avec eux.
Ils sont trop. -Et la crainte de pénaliser les élèves. -On veut faire en sorte qu'ils ne le soient pas, mais dans notre coeur... -Obligatoirement, un peu. -On n'est pas qu'un peu fâché, on est très fâchés, mais il ne faut pas que ça se voie. -Cela fait 10 ans que Lise enseigne dans ce collège.
Cette année, lassée par la réforme de trop, elle a bien failli ne pas revenir. -Je me suis dit que mon métier était terminé en tant que professeure de sciences. J'avais envie de réduire mon temps de travail.
Comme d'habitude, on y revient. -S'accrocher quelle que soit la couleur politique et les convictions du prochain ministre de l'Education. En attendant, l'école est fatiguée de devoir s'adapter. -A.de Tarlé: Une question de Sophie: "Le manque de professeurs dans la classe ne va-t-il pas s'aggraver en l'absence de nouveau ministre de l'Education?" Lundi, c'est la rentrée.
Est-ce que c'est ennuyant de ne pas avoir de ministre? -N.Saint-Cricq: La promesse faite par G.Attal, qu'il y ait plus de remplaçants, ce n'est pas maintenant que ça va se régler.
Ca aurait pu se régler et ils ont essayé de le faire en ouvrant des concours, auxquels les gens n'ont pas répondu. Il y a eu 1000 réponses pour 3000 postes. Ils ont calculé que sur les remplacements, il y aura toujours 1 poste sur 6 qui ne serait pas pourvu.
L'absence de décision maintenant peut handicaper ce qui va se passer dans l'année et l'année prochaine. Le budget de l'Education nationale se décide là. Ca doit être réglé entre septembre et octobre.
On ne va pas continuer à donner des titres de prof à des gens qui ont bac moins 3. Ca veut dire des classes plus nombreuses et des parents qui seront moins contents. On ne brille pas en mathématiques, en physique chimie et en lettres classiques.
On parle de groupes de niveaux, qui s'appellent désormais groupes de besoins. Les recteurs ont à leur charge de décider. Sous P.Ndiaye, quand on avait dit qu'il y avait une explosion des tenues mises par les élèves, qui pouvaient ressembler à des abayas, ça a traîné...
La consigne était de "faire comme on pouvait". Il faut aussi aider les professeurs. Sur la réforme du brevet, on ne sait pas ce qui va se passer.
Le NFP a décidé d'abolir tout ça. On demande à des professeurs de faire de l'éducation. Un politique a dit: "Ma mère était instit, il y avait 35 élèves dans sa classe et on entendait voler les mouches." Les profs sont éreintés.
Les manuels scolaires n'ont pas été validés. N.Belloubet va faire une conférence de presse.
Il ne faut pas quelqu'un qui leur dise: "Je vous ai compris." Il faut quelqu'un qui leur donne un avenir mieux payé et qui leur dise quelque chose. C'est décourageant... -A.de Tarlé: 45 jours sans gouvernement, à l'étranger, c'est pire.
En Belgique, 541 jours. Est-ce que la France s'arrête de fonctionner parce qu'on n'a pas de ministre dans chacun des postes? -F.Lhomme: On ne peut pas comparer avec certains exemples à l'étranger qui sont incomparables.
Ce sont des mentalités différentes. La France, par rapport à ces Etats, notamment l'Allemagne, est plus centralisée. Ca apporte un avantage et un inconvénient.
On a un Etat fort. On a une administration forte. Ca tient.
L'inconvénient, c'est que comme tout procède de l'Etat, quand il est paralysé...
On parle d'une pénurie de professeurs. A un moment, ça pose un problème. Les différents ministères ont été impactés par ce gel politique.
On voit qu'il n'y a pas que le ministère de l'Education nationale. Il y a celui de la Santé, du Logement...
Il y a des dossiers urgents. Je ne parle même pas de la Nouvelle-Calédonie qui est dans un état critique. Ce n'est pas un haut fonctionnaire, aussi talentueux qu'il soit, qui va prendre le manche.
On parlait de la période de 1986-1988. On se souvient que Chirac avait coulé dans les derniers instants de la lutte. Il s'était planté sur le dossier calédonien.
Il avait du sang sur les mains. On est en crise, en Nouvelle-Calédonie. Ce n'est pas pour autant que la France s'arrête, mais il y a des dossiers en souffrance.
Chaque jour qui passe est une menace supplémentaire, même pour la sécurité du pays.
Gabriel Attal