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interviewÉlysée· 18 juin 2021 69 min

Intervention du Président Emmanuel Macron au salon #VivaTech.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

2:28
Présentateur

Bonjour à toutes et à tous. Bonjour Monsieur le Président. Merci. Nous sommes ravis de vous accueillir cette année encore à Vivatech. Fidèle, constant. Vous avez toujours été aux côtés des startups, soutenu l'innovation, soutenu le progrès sur la durée. Vous avez tenu bon sur certaines réformes, pas toujours faciles sur le plan fiscal notamment. Et cette constance paye. La France est aujourd'hui sur le continent européen le pays qui attire le plus de financement pour les startups, plus de 5 milliards d'euros l'an dernier.

Qu'est-ce qui fait que la France est plus attractive qu'avant et surtout qu'est-ce qu'il faut faire maintenant pour aller un cran plus loin parce qu'on voit bien que ça n'est que le début d'une histoire ?

3:15
Emmanuel Macron

Bonjour. Heureux de vous retrouver. Je crois que ça fait du bien de se retrouver collectivement et de refaire des rendez-vous en présentiel, comme on dit. Et puis ça arrive dans un temps où un optimisme prudent est permis. Pour répondre très directement à votre question, je pense qu'on a la ressource première absolument indispensable qui sont les femmes et les hommes. On a les talents et on a l'état d'esprit général, c'est que la France est un pays de créativité. Je l'ai plusieurs fois rappelé en disant que le mot entrepreneur est un mot français, mais nous sommes un pays d'artistes, nous sommes un pays de gastronomie, de créativité, donc on a ça dans nos gènes.

Donc je pense qu'on a la bonne base. Et après, je pense que tout le défi collectif, c'est de la faire fructifier. Et donc de former nos talents et de les garder, d'attirer les talents étrangers parce qu'on a déjà une base, de mobiliser les financements et même de les encourager et de créer un environnement, je dirais, le plus coopératif possible pour qu'il y ait des effets d'accélération. Et c'est à peu près ça qu'on fait, au fond, depuis un peu plus de quatre ans, collectivement. Moi, je veux vraiment remercier VivaTech, toute l'équipe, mais aussi tous les entrepreneurs et entrepreneuses qui sont là aujourd'hui, parce que c'est votre travail qui paye.

Et les réformes ne sont là que pour répondre à des demandes, à des aspirations, mais c'est qu'ensuite elles sont bien utilisées pour qu'on ait des résultats. Et donc aujourd'hui, on peut être optimiste parce qu'on a ces résultats. Je regardais les chiffres. En 2020, on a 5,4 milliards d'euros de levées, c'est-à-dire qu'on a doublé les levées par rapport à 2017. On a continué à créer de plus en plus de start-up, mais on les fait aussi de plus en plus grandir. Et sur les levées en grosses, on a triplé par rapport à 2017. On a de plus en plus de licornes créées. Il y a deux ans, je disais, on va en faire 25 d'ici 2025.

Certains me disaient, oui, d'accord, c'est sympathique, ça rime, mais on n'y arrivera pas. On en est à 15. On en a fait 5 depuis le début de l'année. Donc on va faire largement avant 2025 les licornes. Le sujet n'est plus là. Et je recevais hier tous les acteurs de Scale Up Europe, et je les remercie pour le travail qui a été fait. Ils proposent qu'on ait en Europe, là, ce n'est pas simplement en franco-français, mais il faut le décliner à notre niveau, au moins 10 acteurs de plus de 100 milliards d'euros à horizon 2030. C'est jouable.

Donc il y a un effet d'accélération de l'écosystème parce qu'on avait les talents, parce qu'on a libéré les financements et parce qu'il y a une coopération qui s'est installée. La dynamique est très bonne. Maintenant, moi, mon objectif, c'est, un, qu'on consolide en franco-français tout ça, c'est-à-dire qu'on aille de plus en plus vite, de plus en plus fort. Deux, qu'on arrive en européen à le faire, parce que le marché pertinent est au moins le niveau européen.

Et donc, on y reviendra sans doute dans la discussion, mais qu'on arrive au niveau européen sur les sujets de financement, sur les sujets de compétences, sur les sujets de deep tech, sur les sujets de coopération, à développer un écosystème beaucoup plus puissant, et qu'on accélère encore. Parce que quand ça se porte bien, il ne faut surtout pas se reposer, il faut accélérer pour creuser la différence.

6:32
Présentateur

Alors, justement, monsieur le président, on a autour de vous quatre très, très belles entreprises qui représentent la diversité des secteurs et la diversité de l'Europe. Alors, je vais commencer par quelqu'un que vous connaissez, qui est le fondateur et CEO de Believe. On va switcher en anglais, si vous le permettez, puisque ce sera plus pratique pour tout le monde. Monsieur le Président, so, let me introduce to you Denis Latgairi, qui est le fondateur et CEO de Believe. Believe est une société très successful qui offre des services de distribution et de marketing à l'artiste de l'artiste du monde entier. Denis.

7:11
Locuteur

Denis, à vous.

7:12
Présentateur

Merci beaucoup, Monsieur le Président.

7:15
Locuteur 10

Monsieur le Président, je pense, il y a peut-être quelques mots pour décrire ce que notre société représente. Nous avons une mission dans le domaine musical. Il y a deux mots qui décrivent notre ambition. C'est l'opportunité et l'ambition. La mission de Believe est de développer les artistes du monde, de l'enregistrement dans le monde digital, numérique. Pour vous donner une perspective, d'ici la fin de la décennie, 90% de la consommation musicale se fera sur le plan numérique. Ce qui veut dire sur les plateformes numériques que pour les artistes, les publics numériques, le marketing, la promotion, le développement seront numériques.

Ce qui crée une opportunité fantastique pour changer l'industrie musicale telle qu'elle est aujourd'hui et apporter de meilleurs services. Les artistes du nouveau monde veulent un nouveau modèle, une meilleure part des résultats économiques. Une expertise numérique pour mieux toucher leur public, plus de transparence. Ils veulent plus de respect dans la relation. La manière dont on a constitué le modèle de Believe, c'est justement pour répondre à cette opportunité qui apparaîtra dans les dix années à venir. Notre ambition est très simple. Notre ambition, c'est de devenir le leader mondial sur le développement des musiciens, des artistes, des musiciens.

Et nous pensons avoir l'opportunité pour nous. Alors pourquoi le RIPO, nous voulions former notre développement organique jusqu'en 2025 dans un secteur où il y a beaucoup d'opportunités pour nous d'acquérir des sociétés. Et il y a quelques instants, j'y pensais qu'il y a 16 ans, aujourd'hui, Believe, c'était trois personnes dans mon salon et on avait signé cinq artistes.

9:14
Présentateur

Et c'était sans doute l'époque où je commençais à dire aux gens de quitter mon salon vers 9, 10 heures le soir parce qu'il y avait sans arrêt des gens qui venaient à la maison.

9:26
Locuteur 10

Donc aujourd'hui, c'est 1 500 personnes dans 50 pays du monde entier et ça cesse de croître, 36% de croissance d'année en année.

9:37
Présentateur

Et on a quelques... So, we raise money because there's a big opportunity ahead of us and because our ambition is market leadership.

9:49
Locuteur 10

Why did we IPO? We had all of our choices. We had strategic come to us, tour our doors, knock on our doors, wanting to do deals. We had private equity come to us. IPO choice was very simple. The opportunity ahead of us is very significant. The opportunity ahead of us is very significant. The opportunity ahead of us is very significant. We wanted to be able to associate all of our chief executives, your talent to the president, all of our internal plans to the success of the company. And you, as a public company, being able to have a stock ownership for all of our employees, to build long-term incentive plans for the losers to share value, was a deal in that decision.

dans cette décision, rester indépendant, en tant que société, par capitaux, plus que d'une société privée. Ce sont les raisons qui ont fait qu'on a décidé d'ouvrir, de s'ouvrir à des financements pour faire cette réunion. Une des questions qu'on a souvent entendues, c'est pourquoi vous n'êtes pas allés aux États-Unis ? L'un de nos plus gros investisseurs est un fonds américain. Le premier, pourtant, qui nous ont soutenu était français. Notre réflexion, c'était que nous avions la conviction qu'un, notre siège et nos principales forces sont à Paris. Nos placements technologiques, nos capacités techniques, l'ingénierie logicielle, tout est à Paris. On a pu attirer des talents fantastiques ici.

Et c'était notre choix de le faire. Deuxième point, c'est que les gens ne se rendent pas compte que le monde change dans la musique. Dans les quatre, cinq ans dernières années, le plus gros marché était aux États-Unis. D'ici 2028, le plus gros marché musical sera l'Asie. Le deuxième plus gros marché musical sera l'Europe. Ce qui, pour nous, justifie d'être ici dans ce marché qui sera le marché de demain, l'un des deux plus gros marchés du monde.

Et le dernier élément que je souviendrai pour le justifier d'être à Paris, c'est qu'on avait le sentiment que le travail qui avait été fait pendant les quatre ou cinq dernières années était lié au fait que la tech française nous avait permis de le faire et de réussir. Et ils nous ont donné des conditions pour réussir. Et on l'a vu. Et ma question que j'aimerais vous poser, Monsieur le Président, c'est que nous devons attirer plus de sociétés pour nous rejoindre, ce qui va nous permettre d'attirer plus de talents et des investissements. Qu'est-ce que vous pouvez faire, vous, Président, la France, pour aider à créer cet écosystème ? Merci beaucoup.

Merci beaucoup et félicitations pour cette offre publique d'achat. Je pense que vous avez répondu à votre question, si vous permettez, en apportant un élément de réponse. Il faut prendre les bonnes décisions mais créer le bon écosystème. Il y a quatre ans, il y a eu beaucoup de créations de start-up, il y a eu des business angels, des enjeux des affaires et certaines sociétés ont commencé à inviter dans des fonds résistants au tout début. Ce qu'il nous fallait construire à l'époque, c'était un écosystème avec des tickets plus élevés pour éviter que cette start-up quitte la France, quitte l'Europe pour aller soit à New York ou à Londres ou en Californie pour accéder à des plus gros tickets.

Donc, je crois qu'on a à peu près résolu ce problème. La question qui se pose aujourd'hui, c'est la sortie pour les principaux investisseurs, surtout lorsqu'ils acceptent de mettre un gros ticket, comme on le dit, ou un plus gros ticket dans ces sociétés de technologie. C'est deux sorties possibles, ce sont les fusions d'acquisition et les offres d'achat. Et je pense que ce qu'il nous faut, tout d'abord, d'avoir un marché financier qui soit pertinent pour fournir cet écosystème, et deuxièmement, bonne coopération avec les grosses caps pour fournir, offrir une sortie, un exutoire à travers les fusions d'acquisition. C'est ce qu'on a fait pendant les quatre dernières années, d'ailleurs.

14:31
Emmanuel Macron

On a commencé à constituer un écosystème d'investisseurs pour avoir des plus gros tickets et augmenter, et avoir accédé à une grosse finance.

14:41
Locuteur 10

Pour moi, on y est. Il faut consolider les choses. Maintenant, il faut atteindre un écosystème financier plus large. Et au niveau de l'échelle de l'Europe, si vous voulez, pour être concret, la première action, c'est d'essayer de répliquer ce qu'on a fait avec l'initiative TB au niveau français. Il réplique au niveau européen avec l'initiative TB pour le fond TB pour ceux qui ne sont pas familiers avec ce... C'est le fait qu'on a trouvé le moyen de rediriger, de réorienter une partie des investisseurs vers le marché des capitaux. On a réorienté 6 milliards d'euros.

On a déjà utilisé 3,5 milliards de ces 6 milliards, ce qui nous a permis d'investir 20 milliards dans le secteur des technologies. C'est la principale explication des chiffres de 2020. Donc, il faut faire exactement la même chose, mais au niveau européen. Et par-dessus cela, il faut encore faire en sorte qu'il y ait des encouragements réglementaires pour aider les banques, les sociétés d'assurance, à investir plus dans les capitaux pour le secteur de la tech. Parce que c'est nécessaire aujourd'hui. Deuxièmement, c'est clairement d'encourager les fusions acquisitions et les CPO au niveau européen.

Et pour ce faire, il faut s'appuyer sur ce qu'on fait et ce que les grosses capes font en France. J'aimerais les remercier parce que ce n'est pas quelque chose qui se décrète. C'est en fait, nous avons des gens qui sont convaincus dans cette salle des PDG de grosses capes et qui veulent travailler sur les startups pour changer leur modèle économique. Et ça, c'est quelque chose qu'ils ont compris il y a fort longtemps.

16:40
Locuteur 6

Donc, ils ont permis à certains investisseurs de sortir. Et ça, évidemment, c'est quelque chose de très positif. Nous devons aujourd'hui faire la même chose en construisant le même écosystème au niveau européen. Autre point pour revenir à la problématique et à l'enjeu, c'est bien de construire un marché européen unique pour les différents secteurs, pour créer de nouveaux verticaux, notamment en ce qui concerne l'écosystème financier. Et c'est important d'autant plus pour votre écosystème.

17:15
Emmanuel Macron

Vous êtes coté aujourd'hui en bourse. Et nos activités de demain, ce sera en Europe.

17:25
Locuteur 6

Ce seront les marchés, ce seront les entreprises européennes. Votre raisonnement est basé sur le fait que le marché européen est un marché unique. Nous devons donc continuer à lever les barrières dans les différents verticaux pour que ce marché soit là, il soit véritable, il soit vrai pour toutes et pour tous. Et il en va de même pour les financements. Donc, au cours des années découlées, nous avons éliminé un certain nombre de barrières pour mettre en place un écosystème financier qui soit beaucoup plus adapté. Mais aujourd'hui, nous devons continuer. Nous devons le faire au niveau européen. Nous devons compléter le travail, terminer ce travail pour avoir un véritable marché.

Et ces points-là sont tout à fait réalisables. Et pour nous, c'est une priorité pour les mois qui viennent pour pouvoir proposer des résultats concrets au cours de cette présidence. Encore une fois, félicitations et merci pour votre entrée en bourse. Elle donne de la crédibilité à ses choix et vous créez une dynamique positive. Et j'insiste sur ce point, plus nous aurons des start-up qui réussissent et qui s'engagent au niveau européen, plus vous participez à créer cet écosystème avec forcément échelle européenne,

18:54
Locuteur 2

avec des analystes qui contraignent le système et qui encouragent les investisseurs à investir.

18:59
Locuteur 6

Donc, c'est véritablement un cercle vertueux. Nous avons besoin de votre coopération. La régulation à elle seule ne fonctionne pas. Il faut la confiance, votre confiance et la meilleure confiance, la meilleure marque de confiance. C'est bien le choix que vous avez fait.

19:16
Présentateur

Très bien. Donc, BELIEV fonctionne dans le secteur des services numériques. On va passer à Giorgio Anania, qui est CEO d'Aledia, qui développe et fabrique des produits.

19:34
Locuteur 6

Giorgio, c'est à vous. Oui, j'ai travaillé dans le Deep Tech, dans les start-up depuis très longtemps. J'ai lancé plusieurs start-up, certaines avec plusieurs milliers de personnes aujourd'hui, aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne, en France également. Aujourd'hui, je suis CEO d'Aledia. Avec Aledia, nous espérons changer tout ce qui est affichage, des affichages plus clairs, plus petits. Plus économiques également, d'ici cinq ans, vous verrez la puissance de la réalité augmenter. Et cela va changer le monde. Alors, j'aimerais revenir aux fondamentaux. Je pense qu'au cours des dix prochaines années, nous allons voir une vague d'innovation telle que nous n'en avons jamais vue.

En tout cas, pas au cours des trente dernières années. Et je crois que c'est aujourd'hui que nous pouvons faire la différence plus que jamais, notamment au niveau de l'emploi grâce à la technologie. Et la crise de la Covid nous l'a fait comprendre. Et puis, la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine montre bien que l'Europe passe à gagner un certain nombre d'opportunités. Et cela m'amène donc au sujet de l'industrialisation. Nous voulons construire ces produits. Nous avons besoin d'investissements, de capitaux. Et c'est là que la problématique est réelle et que les choses doivent changer. Il y a infiniment d'argent disponible aux États-Unis.

Avec Spax, par exemple, ce sont des fusions inversées. Il vous permet de générer de l'argent deux ans à l'avance. Lorsque vous travaillez avec Apple et Google, avoir l'argent 400-500 millions deux ans avant, c'est énorme. Et c'est la réalité aux États-Unis. En Chine, c'est la même chose. Vous avez énormément d'argent. L'Europe s'est endormie il y a 20 ans, mais commence à se réveiller aujourd'hui. C'est un monde... L'Europe d'aujourd'hui est différente de celle d'il y a un an. Mais entre se réveiller et agir, on ne peut pas à nouveau perdre 20 ans comme on l'a déjà fait, parce que les choses vont très, très vite. Je ne suis pas français, je peux donc le dire.

Je pense que le gouvernement français aujourd'hui a compris comment fonctionnait le monde de l'entreprise. Il n'y a pas une journée qui passe sans que BPI France nous propose de l'aide. C'est une véritable machine de guerre. Lorsque nous avons cherché à mettre en place notre usine à Singapour, en France, nous avons décidé de le faire en France, parce que nous avons senti qu'il y avait un soutien véritable en France pour se faire. Donc, on est loin, loin, loin du compte par rapport à il y a quelques années. Je suis également président d'une start-up que je suis en train de lancer en Allemagne. Et en Allemagne, c'est un petit peu plus business as usual.

Il y a aujourd'hui une véritable urgence. Et donc, j'en viens à ma question, qui est une question importante. D'abord, comment permet-on l'accès aux capitaux en Europe aussi simple en Europe qu'aux Etats-Unis et en Chine ? C'est-à-dire des fois plus. Les choses évoluent ici, mais elles évoluent également ici. Il y a énormément d'argent ailleurs. Et puis, la deuxième question, comment l'Europe peut-elle changer en trois ans, s'il vous plaît ? En trois ans, pas en vingt ans. Et puis, lorsque vous êtes dans le monde industriel, aujourd'hui, nous créez notre premier site industriel. On passe forcément à des effectifs beaucoup plus élevés, plus en milliers de personnes.

Comment simplifier la régulation, la réglementation en France ? La réglementation en France fonctionne pour des multinationales, mais c'est difficile pour une start-up de croître à la bonne vitesse, à la vitesse que l'on souhaite. Merci beaucoup et je suis bien, bien d'accord avec vous. Je pense qu'on parle bien, ce qui est important, c'est la vitesse et c'est l'échelle. Aujourd'hui, on a besoin d'une stratégie européenne et d'une efficacité à l'échelle européenne. Lorsque je l'évoquais tout à l'heure, je disais qu'il fallait finir d'abord la partie financière et continuer à renforcer un marché unique numérique. Et il y a un certain nombre d'enjeux très importants pour y arriver.

Alors, vous me posez votre question, on porte sur la vitesse et sur l'échelle. Alors, plusieurs commentaires. D'abord, comment accéder à des capitaux de la même manière qu'aux États-Unis et en Chine ? Eh bien d'abord, je pense que nous sommes en mesure d'attirer des investisseurs américains et chinois ici.

24:14
Emmanuel Macron

Lorsque l'on voit ce qu'ils financent et comment ils arrivent à financer des innovations,

24:22
Locuteur 6

parce qu'il y a trop d'argent, le marché, vous savez, est intelligent lorsque l'information est transparente.

24:33
Emmanuel Macron

Aujourd'hui, l'Europe est reconnue pour sa capacité à innover et parce qu'elle soutient les entreprises.

24:41
Locuteur 6

Donc, nous devons insister sur la capacité de l'Europe à attirer des acteurs à la fois chinois et européens et donc à mettre de l'argent sur le marché européen. C'est cette accélération dont nous avons besoin. Je pense qu'on a besoin de devenir plus attractif. Et cela fait partie de mon agenda, de mes priorités. Et deuxièmement, je pense que nous devons quelque peu changer notre approche en matière d'achat. Les gouvernements aujourd'hui investissent beaucoup dans la deep tech. Nous mettons beaucoup d'argent au niveau européen dans un certain nombre de programmes de la Commission. Et le problème, c'est qu'on joue toujours avec les mêmes. D'accord ?

Et cela, en ce qui me concerne, c'est une erreur. Et je parle par expérience lorsque je vois ce qui se passe dans l'aérospatial.

25:42
Emmanuel Macron

J'en parlais hier et avec un certain nombre de vos collègues.

25:48
Locuteur 6

Il y a quelques années, personne ne pensait que SpaceX pourrait concurrencer un certain nombre d'acteurs, notamment européens. Ils ont créé une énorme rupture en innovant, d'abord, avec des innovations de rupture, en changeant complètement leur façon de s'organiser. C'était des start-up. Et grâce à des agences fédérales. Et cette combinaison, elle fonctionne. Et je pense qu'à l'avenir, on parlera de défense, de mobilité et sur la même approche. Beaucoup d'argent, des tickets très élevés, notamment de la part d'agences fédérales, avec de nouveaux acteurs et avec des programmes très innovants et en rupture totale.

Si on reste avec, si on joue avec les mêmes acteurs, avec des tickets de taille moyenne et que nous prenons trop de temps à réagir, très sincèrement, nous perdrons. Nous perdrons au cours des décennies qui viennent, que ce soit dans l'énergie, le changement climatique, le deep tech et j'en passe. Donc, la deuxième chose, après avoir attiré les investisseurs et ceux auxquels vous faisiez référence en Chine et aux Etats-Unis, il faut changer notre manière d'acheter. Nous devons travailler plus avec les start-up, avec les entreprises innovantes au niveau européen, à l'échelle européenne.

Nous devons développer des programmes qui soient plus courts, avec des cycles plus courts, avec des investissements plus courts et avec des tickets plus élevés. Et en ce faisant, nous allons pouvoir nous associer à des programmes particulièrement innovants. Et je pense que c'est absolument essentiel pour répondre aux enjeux que vous avez évoqués. Vous parlez de la deep tech et parfois vous dépensez énormément d'argent en très peu de temps pour avoir accès à certains marchés. Et il y a un énorme bonus pour les premiers, les premiers servis. C'est là que nous devons vous aider, parce que si nous souhaitons développer des solutions européennes, nous devons agir.

Et j'aimerais faire une petite remarque. La deep tech va complètement changer nos entreprises et nos sociétés. Je suis parfaitement d'accord avec vous sur l'idée d'une accélération sans précédent. C'est une question, au final, de souveraineté pour nous. Si nous passons à côté de cette fenêtre d'opportunité et si nous laissons la place aux Américains et aux Chinois, eh bien, ils auront les champions en place et c'est eux qui décideront quelles technologies nous aurons pour les décennies à venir.

Si nous voulons être, en tant qu'Européens, en mesure de décider pour nous-mêmes et pour nos citoyens, eh bien, nous avons une très bonne raison ici de construire et de financer des solutions européennes. Cette accélération est donc une question également politique, puisque c'est une question de souveraineté.

28:47
Présentateur

Parfait. Monsieur le Président, Anna Maikas, sur votre droit, elle vient d'Espagne.

28:56
Locuteur 6

Son entreprise est basée à Barcelone.

29:00
Présentateur

Barcelone est une des villes européennes où le nombre de start-up est extraordinaire.

29:07
Locuteur 6

Elle travaille à la pointe de l'innovation dans le domaine des neurosciences. Anna, je vous donne la parole pour que vous puissiez nous expliquer ce que vous faites exactement.

29:18
Locuteur 5

Oui, merci beaucoup. Je suis ravi d'être ici aujourd'hui.

29:21
Locuteur 6

Merci d'abord, Monsieur le Président, pour votre soutien aux start-up en tant qu'entrepreneurs. Et comme tous les entrepreneurs ici, ce qui nous encourage, ce qui nous fait travailler, c'est par l'argent.

29:32
Locuteur 9

Nous sommes ici parce que nous avons des visions.

29:35
Locuteur 6

Et ce qui m'a toujours fait avancer, c'est ma passion pour la science, et plus particulièrement la science liée au cerveau, comment fonctionne le cerveau concrètement, et puis faire quelque chose de bien, quelque chose de positif avec la science, quelque chose qui crée une différence. Lorsque je me lève le matin, je pense à la bonne science et l'impact que la science peut avoir, l'impact positif. Et c'est ce qui fait que je me lève tous les matins et que je suis heureuse de faire ce que je fais.

30:01
Locuteur 5

Nous avons lancé l'entreprise il y a 10 ans à Barcelone, et j'aimerais vous montrer ce que nous avons fabriqué.

30:07
Locuteur 6

Voilà, le cerveau est la partie la plus complexe et la plus sophistiquée de notre corps. Voilà, pendant que je vous parle, votre cerveau crée des signaux électriques.

30:22
Locuteur 3

Voilà. Demain, je ferai une démo sur un grand écran.

30:42
Locuteur 6

Là, c'est sur un petit écran, et vous avez ici l'activité électrique de mon, en pleine action.

30:51
Locuteur 4

Donc, vous avez une vue de mon cerveau en temps réel.

30:54
Locuteur 6

Les électrodes permettent notamment d'injecter un courant à l'intérieur du cerveau, c'est-à-dire que je vais pouvoir moduler l'activité de mon cerveau. Je vais pouvoir envoyer ces courants partout. Et ça, ça va pouvoir aider des patients.

31:10
Locuteur 5

Les épiétiques parlent de la pandémie qui nous attend, c'est celle de la santé mentale. Nous vieillissons les nouvelles générations.

31:23
Locuteur 10

Avec l'Alzheimer, nous n'avons pas de traitement pour ça. Et donc, en tant qu'entrepreneur, il nous faut mettre la science au service du bien.

31:31
Locuteur 5

Et ceci, le faire pour aider le cerveau. Donc, il y a cinq ans, j'ai ouvert cette société à Boston, la ville la plus compétitive au monde.

31:46
Locuteur 10

Et être une femme PDG à Boston, ce n'était pas évident.

31:51
Locuteur 5

Mais j'étais complètement voué à ce projet.

31:54
Locuteur 4

J'avais une mission, je peux vous dire que la semaine dernière,

32:01
Locuteur 10

la FDA a déclaré que c'était une technologie Breakthrough Designation,

32:07
Locuteur 9

comme ils les appellent aux États-Unis,

32:09
Locuteur 10

qui montre que pour de nombreux patients épileptiques, c'est crucial. Nous allons soumettre donc cet appareil à la FDA et nous allons ainsi pouvoir traiter les enfants souffrant d'épilepsie, des enfants qui ne répondent pas aux médicaments pourront ainsi être traités. Ainsi, on va aussi envoyer ces appareils aux enfants à la maison pour pouvoir traiter. Et donc, je pense que l'avenir de la médecine, c'est de l'innovation avec du matériel, du logiciel, de l'intelligence artificielle, la personnalisation et la télémédecine.

32:46
Locuteur 4

Il nous faut pour ça une armée d'innovateurs pour nous aider à répondre à tous les défis qui nous attendent dans ce domaine.

32:53
Locuteur 10

Je pense qu'en tant que membre du conseil, du comité de conseil de l'innovation en Europe, je pense qu'aujourd'hui, on a pris le temps pour faire ce qu'on avait à faire, de réunir la finance, la collaboration, les talents, etc. Mais qu'est-ce qu'on n'a pas... On a des choses déjà ici en Europe. On a plein de choses. C'est fantastique. On peut résoudre tout un tas de problèmes de manière responsable. à l'européenne, vous l'avez dit hier, et faire des choses à l'européenne, vous en parliez. Mais je pense que c'est une opportunité pour l'Europe, la science et l'éthique, la deep tech, d'une manière responsable.

33:34
Locuteur 4

Donc, ma question, M. le Président, c'est tout d'abord, comment voyez-vous,

33:40
Locuteur 10

comment pensez-vous que la manière européenne va attirer la nouvelle génération et quelle est votre vision de ce qui va faire qu'on va pouvoir être à la hauteur des États-Unis et de la Chine ? Et après la pandémie, comment votre perception de la santé a-t-elle évolué ?

33:58
Emmanuel Macron

Merci beaucoup et félicitations de votre alliance aussi et cette réussite aux États-Unis.

34:11
Locuteur 10

Et si j'ai bien compris, vous avez décidé de revenir chez vous, finalement, après cet expériment. Je pense qu'il y a une voie européenne et ce modèle européen est attrayant.

34:22
Emmanuel Macron

Tout d'abord parce que nous sommes le lieu, l'endroit le plus sophistiqué au monde

34:27
Locuteur 10

en termes de trouver de l'échelle en intégrant la complexité. Ce qu'on a réussi à faire en tant qu'Européen, c'est une preuve de la résilience à la mondialisation. Parce que vous avez à faire face à un certain degré de complexité et de coopération, mais plus que ça encore. Je pense que c'est un mariage de la science, d'éthique, effectivement, mais aussi d'une ambition économique. Et je pense que cet assemblage, cette combinaison, cette combinaison est unique en Europe. Aux États-Unis, vous avez l'échelle, la dimension, sans doute, des allocations de marché beaucoup plus riches. Mais vous n'avez pas la même relation à l'éthique et à une approche démocratique et de réglementation de la taille.

Et je pense qu'il nous faut, c'est aider des champions à se développer et de réaliser ce qu'on a dit au début de cette émission, c'est-à-dire plus d'investissement, plus d'attrait pour que les talents soient là. Et d'avoir des champions, c'est critique, c'est déterminant. En même temps, ce que l'on a fait, et ce dès le début, dès le tout début, et cela fait donc des années, et ce qui est notre ADN, c'est précisément d'avoir cette approche éthique en se faisant. Nous mettons en place les réglementations pertinentes pour ces différents marchés.

35:57
Locuteur 2

Et je ne crois pas qu'il y ait un métier durable sans réglementation.

36:05
Locuteur 10

Au début, les choses peuvent être attrayantes, mais cela ne prend pas son envol, ce n'est pas durable. Et on parle beaucoup de durabilité lorsqu'on parle du changement climatique, mais l'on oublie d'en parler lorsqu'on parle de l'humanité et nos propres valeurs, les droits de l'homme et tout cela. Mais est-ce qu'un système d'innovation est durable lorsque les valeurs démocratiques ne sont plus réglementées, si ce n'est que par la décision de plateforme privée qui va décider ou non de vous donner la parole ? Je ne pense pas.

Je ne pense que ce serait un énorme débat, mais je ne veux pas vivre dans une démocratie ou une plateforme privée décide de vous donner la parole ou pas et qu'ils peuvent vous sortir du système le moment où ils ont décidé qu'ils ne voulaient plus de vous. Ce n'est pas du tout à nos valeurs. Aujourd'hui, c'est une situation qu'on trouve dans l'écosystème américain. Je ne pense pas que ce soit durable. Est-ce que je suis prêt à vivre dans un lieu où ce type de données que j'ai sur votre cerveau est la propriété d'une société privée ?

Et que toutes les données que vous avez sur mon cerveau puissent être vendues sans le moindre consentement et sans la moindre maîtrise, contrôle à une société d'assurance à laquelle j'aurais souscrit une police pour sélectionner les bons ou les mauvais risques et changer totalement, de facto, la manière dont on vit ensemble parce qu'avec ces données, peut-être la compagnie d'assurance va décider de cesser de m'assurer. Ce n'est pas notre façon européenne d'envisager la vie. Donc tout cela, ça veut dire que vous avez besoin d'une gouvernance démocratique pour pouvoir faire que ce soit transparent pour les citoyens.

Et il nous faut un débat politique démocratique sur ces questions pour pouvoir décider quelles sont les réglementations que nous souhaitons. Et effectivement, certaines de ces réglementations empêcheront des mauvaises innovations ou une mauvaise utilisation des innovations, et ce, pour le meilleur. Car, dans tous les cas, je pense que les innovations peuvent parfois tuer ou menacer nos démocraties, ce qui est clairement la manière dont on se positionne en Europe. C'est-à-dire que, dans notre... On met nos préférences collectives ensemble comme une sorte de fonds non négociables, mais être dans le giron d'une innovation durable, bonne.

On a commencé à le faire pour nos citoyens et avec une réglementation pour les données. On va le continuer avec le DSR et le DMA

38:55
Locuteur 2

pour les marchés européens, mais il en ira de même pour la santé, etc.

39:01
Locuteur 10

Et je pense, j'en suis convaincu, et je demande de me croire, lorsque vous faites des milliards d'investissements, lorsque vous avez un endroit où,

39:09
Locuteur 2

dès le premier jour,

39:10
Locuteur 10

vous voyez comment faire que les choses vont être durables pour les valeurs et pour notre civilisation, c'est un modèle économique beaucoup plus résilient que d'aller dans un endroit où les gens vous disent « Oh, ça ne pose pas de problème, tout ça, vous n'auriez pas de contraintes. » Non, ça n'est rien de durable, cette situation. Ils connaîtront soit une grosse crise démocratique ou alors une grosse crise économique, car ils auront un jour la nécessité d'importer ces réglementations. Il est mieux préférable d'être clair et de penser à ce modèle économique dès le premier jour avec cette vision démocratique.

Quant au système de santé, je pense qu'il y a deux piliers d'investissement et de transformation dans le pays. D'abord l'éducation et ensuite la santé sont sans priorité.

40:03
Locuteur 2

Beaucoup de choses qu'on évoque aujourd'hui, vous les connaissez beaucoup mieux que moi.

40:06
Locuteur 10

Je suis sûr qu'il faut rationaliser l'organisation des gouvernements, les réglementations. C'est ce que vous disiez tout à l'heure, vous aviez tout à fait, nous sommes trop lents, trop compliqués.

40:16
Locuteur 2

Donc mon ouvrage, c'est de rationaliser,

40:20
Locuteur 10

d'alléger. Mais il y a des endroits où l'investissement du gouvernement est tout à fait justifié. C'est l'éducation et le médical, la santé. Même le changement climat, on peut injecter quelque chose pour accélérer les choses. Mais on voit que le secteur privé s'investit de plus en plus à tout point de vue dans le domaine du changement climatique et fait que ces innovations sont de plus en plus rentables. Donc bien sûr, on peut jouer le rôle de passerelle pour aider en tant que gouvernement. mais il faut pouvoir au moins le faire sur la santé et l'éducation. L'enseignement.

Et ce que je vois, c'est que nous mettons, on a déjà beaucoup investi d'argent, mais il faut que ce soit beaucoup plus efficace, optimiser cet argent en augmentant nos investissements pour améliorer la personnalisation et avoir une approche plus préventive dans notre approche. J'entends par là que nous avons un système très efficace qui nous permet de traiter ce que nous connaissons.

Mais ce qu'il nous faut améliorer, c'est précisément comment personnaliser les solutions de santé, comment les adapter à chaque citoyen, ce qui est possible avec les idées de la vie, comment réduire le coût des traitements précisément à travers cette personnalisation des modèles, mais comment aussi empêcher l'apparition de maladies chroniques et certaines maladies précisément

41:57
Locuteur 2

faisant un investissement en amont

42:00
Locuteur 10

sur les bons comportements et en accompagnant les bons choix pour chaque citoyen. Et l'intelligence artificielle avec une approche, une démarche personnalisée, l'innovation dans le deep tech, dans la santé et ses innovations de rupture et fournir des systèmes holistiques qui puissent accompagner le citoyen précisément pour que le citoyen décide lui-même pour lui-même. Ce sont des piliers critiques de cette approche. C'est une révolution énorme parce que notre système est fondé sur une approche qui n'est pas centralisée sur le citoyen, mais plutôt sur les structures, les hôpitaux, etc. Et il faut faire ce basculement. Grâce à l'innovation, cela va être possible.

Et nous aurons ainsi une meilleure utilisation de l'argent public et de l'argent de nos citoyens. C'est donc ma conviction. Et j'espère que, en termes de cette crise, l'innovation nous aidera à effectuer ce basculement dans nos organisations collectives et précisément pour nos citoyens, mais aussi à travers une meilleure coopération pour tous les acteurs du secteur médical. Je pense qu'en France, je terminerai là-dessus, que nous avons en France un gros avantage.

43:27
Emmanuel Macron

Nous sommes un modèle hyper centralisé,

43:32
Locuteur 10

super centralisé et souvent perçu comme une faiblesse. Pour la santé, c'est un gros avantage. Parce que cela veut dire

43:40
Locuteur 2

que les données sont super centralisées

43:43
Locuteur 10

et protégées par le gouvernement. Et croyez-moi, pour faire ce que vous voulez faire, c'est un gros avantage.

43:50
Emmanuel Macron

Si on sait précisément comment gérer

43:52
Locuteur 10

et ouvrir l'accès,

43:54
Emmanuel Macron

en toute confiance avec nous, si vous voulez,

43:59
Locuteur 10

mais comment ouvrir l'accès à ces données pour une approche innovante du secteur médical. Parce que dans de nombreux pays où les données sont gérées à un niveau très décentralisé, c'est un cauchemar

44:14
Emmanuel Macron

de trouver des solutions

44:17
Locuteur 10

innovantes et créatives. Alors que quand les données sont dans l'entrée de main du privé, c'est un cauchemar de traiter les questions des pays. Ici, les données sont centralisées, garanties et précisément garanties par des entités publiques. La question, c'est de savoir comment coopérer, collaborer pour accélérer l'innovation dans les systèmes de santé en s'appuyant là-dessus. C'est un paradoxe qu'il faut souligner car c'est là où le système, l'écosystème français pourrait être attrayant. Donc après la France, l'Espagne, l'Italie, on passe en Suède. La Suède

44:53
Présentateur

a connu de superbes

44:57
Locuteur 10

sociétés comme Sky, Spotify, les Klarna,

45:00
Présentateur

90 millions de clients. vous avez une valorisation

45:05
Locuteur 10

d'environ 45 milliards de dollars ou d'euros, je n'ai pas très bien compris, de dollars, d'accord. C'est énorme.

45:14
Présentateur

Sébastien,

45:15
Locuteur 10

parlez-nous de votre service et de votre société.

45:18
Locuteur 7

D'abord, M. le Président, permettez-moi de vous dire que je suis très heureux qu'une personne en Europe

45:28
Locuteur 6

soutienne autant les entreprises. Nous en avions grandement besoin. J'étais en Grande-Bretagne la semaine dernière et j'ai passé du temps auprès du gouvernement là-bas. Et certaines personnes sont en faveur ou contre le Brexit, mais aujourd'hui, ils sont en train de changer un certain nombre de réglementations, la législation. Nous avons démarré il y a 17 ans pour changer la Banque des Détails. La Banque des Détails avait oublié ses clients. Aujourd'hui, on a 80 millions d'utilisateurs. Nous avons 20 millions d'utilisateurs aux Etats-Unis. Et donc, on va très vite. Ça fait 16 ans que je suis dans le business et j'ai prévu d'y rester encore 20 ans.

Mais une partie de mon temps, je l'ai passé à Bruxelles, malheureusement. Et comme vous l'avez dit, je suis convaincu que si on arrive à réguler, si on arrive à travailler la donnée, la mobilité, et si on met en place des technologies qui permettent aux gens

46:18
Locuteur 7

d'avoir leurs données,

46:21
Locuteur 6

ici plutôt qu'ailleurs, de manière simple, si on peut passer de banques existantes vers une nouvelle banque, c'est ça qui va encourager la concurrence et mieux servir les clients. Le problème avec Bruxelles, c'est que la réglementation européenne n'y répond pas. La RGPD, par exemple, n'est pas arrivé. La RGPD, c'est...

46:43
Locuteur 7

On passe énormément de temps

46:47
Locuteur 6

tous les jours à accepter des cookies. Ça, ça n'aide en rien le problème de la donnée personnelle et ça crée de la complaisance. Donc, que pour nous faire pour mettre en place une véritable réglementation qui vient... On a vu plein de choses, mais aujourd'hui, c'est lent et on n'a pas véritablement les fruits du travail européen. On a quelque chose... On a besoin de solutions qui bénéficient aux consommateurs et c'est là que les choses iront plus vite pour nous. Alors, je vais défendre la RGPD. Vous avez raison. Il y a effectivement un certain nombre de clics et de contraintes,

47:26
Emmanuel Macron

mais cela sécurise aussi un certain nombre de choses. On prend un gros risque

47:32
Locuteur 6

juridiquement si on ne respecte pas cette réglementation.

47:36
Emmanuel Macron

C'est ainsi que nous avons... C'est l'approche que nous avons prise. Je pense que c'est mieux

47:41
Locuteur 6

que de n'avoir rien du tout en ce qui concerne mes données personnelles. Et je pense que cet enjeu va devenir de plus en plus important.

47:53
Emmanuel Macron

Les business models

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Locuteur 6

sont basés

47:56
Locuteur 2

sur la donnée.

47:59
Locuteur 6

et sur ce que l'on peut faire avec l'intelligence artificielle, sur ce que l'on peut faire au niveau croisé avec la donnée. Et il faut avoir

48:10
Locuteur 2

un certain nombre de contrôles, du quart de fou. Et grâce à la réglementation,

48:17
Emmanuel Macron

on peut correctement

48:20
Locuteur 6

informer le consommateur. Voilà, je voulais juste faire cette petite parenthèse pour défendre la RGPD. Alors, lorsque la réglementation bloque l'innovation, ce n'est pas une bonne réglementation. Lorsqu'elle protège l'intérêt des citoyens, c'est une bonne réglementation. C'est aussi simple que cela. La bonne réglementation, c'est celle qui est compatible avec nos objectifs.

48:44
Emmanuel Macron

Et je pense que votre modèle

48:48
Locuteur 6

est un modèle de rupture, de véritable rupture du secteur bancaire. Il est vrai qu'il y a encore aujourd'hui des approches très conservatrices dans le secteur bancaire.

48:57
Locuteur 2

Il y a aussi un biais.

49:01
Locuteur 6

Soyons honnêtes, collectivement,

49:03
Emmanuel Macron

même moi, votre argent est bien parce que vous avez des solutions,

49:08
Locuteur 6

mais en tant que gouvernement, pour les 27, ce n'est pas toujours une bonne chose parce que parfois, on va détruire des emplois et vous ne proposez pas les mêmes emplois. Donc les intérêts ne sont pas toujours à aligner, ne sont pas toujours les mêmes. Et c'est là que la réglementation peut être perçue comme étant lente pour vous, à vos yeux, mais elle est bonne pour la Banque des Détails et parfois pour nous, les gouvernements, pour dire, voilà, il y a de la rupture partout, mais si on peut protéger les emplois là où ils sont, eh bien, peut-être qu'il ne faudrait pas trop accélérer cette rupture.

Voilà, je suis complètement transparent avec vous en se disant, parce que le temps que vous avez passé à Bruxelles, vous l'y avez passé parce qu'il y avait énormément de résistances et notamment parce que vous aviez pour le but de créer cette rupture. La question, c'est comment est-ce que nous pouvons vous aider à améliorer l'innovation qui apporte de nouveaux services et qui ne sont pas forcément une concurrence pour les structures existantes. Et en tant que gouvernement, encore une fois, en toute transparence avec vous, je ne veux pas vous mentir, j'ai de bonnes raisons pour vous aider à aider nos citoyens, nos entreprises pour être plus efficaces, pour avoir de meilleurs services.

Par contre, je n'ai pas forcément de bonnes raisons pour que vous créez une rupture totale et détruisiez l'emploi si vous ne me proposez pas quelque chose en retour pour le peuple que je représente.

50:44
Emmanuel Macron

Il y a la rupture, oui, d'accord,

50:47
Locuteur 6

mais moi, ce qui m'importe, c'est de pouvoir créer de la valeur pour mon pays, de la valeur basée sur l'innovation. Et lorsque je crée de la valeur, cette valeur, je pense en matière de valeur, notamment à l'emploi. Donc, si vous arrivez à me convaincre, je peux m'y employer, si vous ne détruisez pas l'emploi et que vous créez de nouveaux emplois, si vous créez de nouveaux services qui ne viennent pas simplement faire concurrence à des services qui existent déjà, pourquoi pas ? Là, nous aurons intérêt à travailler ensemble. Ceci ayant dit cela, je continue à défendre la RGPD parce que je pense que c'est un pilier important pour la réglementation et pour demain.

51:31
Locuteur 7

Oui, évidemment. Mais regardez Singapour.

51:37
Locuteur 6

Singapour, ils sont allés beaucoup plus loin pour la banque ouverte et cela a permis d'investir dans un marché qui n'a qu'un million de personnes et c'est devenu très vite.

51:48
Locuteur 7

On a très rapidement vu les nouvelles technologies aller très vite. Et je crois que l'Union européenne, si nous arrivons à mieux réglementer ce marché, pour que l'innovation aille plus vite,

51:58
Locuteur 6

on pourra créer d'emplois. Et ceux qui sont en place ne souhaitent pas le faire et puis certains ne survivront même pas. Donc je pense qu'il y a véritablement des opportunités qui sont là. Il faut aller de l'avant, notamment au niveau de la technologie. Je suis d'accord avec vous. Et je pense qu'énormément d'acteurs vont dans le bon sens. Certains sont en pleine digitalisation. Je pense que votre rupture est formidable. Si elle apporte des services nouveaux, d'autant plus. Voilà, soyons très clairs.

Lorsque je fais une distinction entre deux choses, et vous le savez mieux que moi, lorsque vous regardez l'innovation dans votre métier, le bitcoin et d'autres innovations, ce sont ces innovations-là qui créent la rupture, une rupture sur tout le marché. Et je pense que lorsque la réglementation est là uniquement pour bloquer l'innovation et protéger ceux qui sont en place, c'est une mauvaise réglementation. Parce qu'à un moment donné, il y aura de nouveaux acteurs qui viendront. Et s'ils ne viennent pas ici, ils viendront d'ailleurs. Et évidemment, ce qui m'intéresse, ce sont les acteurs européens.

Mais encore une fois, pour être complètement sincère avec vous, je fais toujours une distinction entre l'innovation qui propose de nouveaux services avec des outils ou des appareils nouveaux, avec des solutions nouvelles, et par rapport à une rupture qui ne fait que numériser. Voilà, cette distinction est importante à faire. Très bien, on va revenir au français.

53:35
Présentateur

Et donc, on sait tous qu'en Europe, on n'a pas évidemment d'entreprises de la taille des GAFA capables de structurer tout un marché au niveau mondial. Le collectif Scale Up Europe a fait un certain nombre de propositions pour arriver à ce qu'on ait une dizaine d'entreprises qui vaudraient une centaine de milliards d'euros d'ici 2030. Alors, CARNA est en bonne voie pour y arriver. Pour les autres, ce sera peut-être un peu plus long. Ça vous semble réaliste ?

54:08
Emmanuel Macron

Totalement. D'abord, merci beaucoup. Et bravo. Vraiment, j'ai essayé de répondre de manière la plus honnête et directe à chacun d'entre vous. Mais bravo pour ce que vous représentez et ce que vous faites. C'est très impressionnant. Et je dirais, c'est la meilleure preuve. Ça vaut tous les discours et tous les choix et le fait que vous le fassiez en tant qu'Européens avec vos choix, votre volonté. Et moi, je prends le point, indépendamment de nos discussions spécifiques, sur le fait que, pour moi, un des sujets principaux, c'est aussi qu'on aille plus vite et qu'on simplifie les choses. Et ça, c'est clair. Je pense que vous avez raison sur ce sujet.

Deux choses quand on se compare par rapport à votre question. Je pense que la donne internationale est en train de changer si on joue bien la coopération. C'est-à-dire que je pense que le temps de business non régulier avec d'énormes biais de concurrence est en train de se terminer. Et je vois deux phénomènes à ça. L'accélération de ce que j'appellerais l'agenda de Christchurch. On a lancé en mai 2019, avec la Nouvelle-Zélande, et on a associé de plus en plus d'Etat cet agenda qui est de réguler les plateformes, mais qui crée, malgré tout, une jurisprudence qui va ensuite se diffuser. Les Etats-Unis nous ont rejoints il y a deux mois. On en a beaucoup parlé.

On va rentrer quand même dans une logique où, justement, cette approche éthique qui réimporte nos valeurs et la régulation sur des plateformes qui s'étaient mondialisées, je pense, va se généraliser. Premier point. Deuxième point, la taxe internationale pour laquelle on se bat depuis 4 ans, pour laquelle, je dirais, nous, Français, on a payé, parce que non seulement on s'est battus, on s'est battus à l'OCDE, on s'est battus en Européen, mais on a eu le courage de le faire et on a eu les rétorsions. Je pense qu'il ne faut jamais l'oublier pour ceux qui ont vécu les rétorsions dans nos écosystèmes. On a des viticulteurs qui n'ont apparemment rien à voir avec notre rencontre d'aujourd'hui.

C'est parce que des viticulteurs se sont pris les conséquences collatérales et parce qu'on a tenu qu'on peut être là aujourd'hui et dire qu'on va peut-être réussir à faire cette avancée qui était un énorme biais. Parce qu'il y avait un paradis fiscal qui s'était créé, de fait, avec les décisions d'il y a une dizaine d'années et qui fait qu'on avait des acteurs qui avaient, je dirais, des capacités d'investissement bien supérieures à vous tous.

Simplement, il n'y avait pas cette taxe qui existait, il y avait même un système très sophistiqué, on le sait, où ils pouvaient mettre dans des paradis fiscaux reconnus par le droit américain leur surprofit et ensuite revenir avec ce cash pour faire du M&A prédateur et du M&A qui détruisaient de l'innovation en Europe. C'est ce qui s'est passé ces dernières années, si on est honnête avec nous-mêmes. J'espère que ça, on va pouvoir l'arrêter. Et puis, troisième point, dans le débat public américain, naît quand même l'idée que ce n'est pas too big to fail, mais c'est too big to be sustainable sur certains sujets. Et je pense que cette logique, elle est importante.

C'est toute celle qui a vécu, d'ailleurs, aux Etats-Unis au moment du 1er Roosevelt et au début du 20e siècle, celle de se dire, on a des conglomérats qui, à un moment donné, sont mauvais pour le pays parce que, comme vous l'avez d'ailleurs très bien dit, pour le secteur, ils tuent l'innovation parce qu'ils ont trop d'intérêt et ils empêchent les nouveaux innovateurs de venir. La solution, c'est le démantèlement ? C'est dans le débat américain. Vous l'avez vu lors de la campagne. Et donc, c'est évident qu'à un moment donné, cette question continuera de se poser. Je pense qu'elle est légitime.

Et je pense que quand on a des groupes qui ont eu les comportements de prédation qu'ils ont eus sur les marchés européens ou émergents ces dernières années, c'est-à-dire qui s'attaquent à des verticaux qui ne sont pas bien régulés malgré tout le travail qui a été fait par la Commission européenne et que je salue, c'est de toute façon une question parce qu'en termes de bien-être collectif, à un moment donné, ils finissent par être négatifs parce que, tout simplement, le système se retourne sur lui-même.

C'est-à-dire que ce sont des acteurs qui ont été super talentueux, qui ont réussi à avoir des situations de rente et d'innovation, laquelle est la seule légitime dans une économie de marché, et à un moment donné, ils l'utilisent pour créer de la rente de régulation et empêcher tout le monde de rentrer. Ce n'est pas un système qui est vertueux. Donc on aura à un moment cette question qui nous sera posée, je pense, plutôt tôt que tard. Donc je dis, ces trois débats, ces trois avancées, de toute façon, vont dans les dix prochaines années structurer différemment le débat américain, je le crois très profondément. Mais à côté de ça, il ne faut pas qu'on soit naïfs.

Les Américains vont continuer à innover. Ils sont en train de mettre beaucoup plus d'argent sur les secteurs clés et ils sont en train de mettre des tickets plus importants que nous et ils ont une capacité à jouer avec les start-up à ce stade, je dois le dire, qui est meilleur que nous. Et donc, dans la deep tech, dans le climat, je le disais, dans une partie des services, dans ce qu'ils peuvent être capables de faire sur le bitcoin, dans ce qu'ils seront capables de faire sur la mobilité, sur le cyber, sur l'intelligence artificielle, je pense qu'il ne faut pas du tout rester assis sur nos lauriers, dans le spatial, dans le nucléaire. Tous ces secteurs-là sont à disrupter.

Et ils seront disruptés, c'est ma conviction, par le couple, agence fédérale avec beaucoup d'argent, et ça. Donc, tout ça doit nous conduire à accélérer, accélérer, accélérer et à penser en européen, en européen, en européen. C'est les deux piliers. Et donc, je pense, moi, hier, on en a longuement parlé avec celles et ceux qui ont accepté de mettre de leur temps, de leur énergie et de leur talent sur scale-up. Bon, moi, je pense qu'il faut qu'on continue, il ne faut surtout pas qu'on s'arrête et qu'on se dise c'est super, on a réussi, cocorico. J'ai un biais, je le reconnais comme vous. J'ai plutôt intérêt à ce qu'on le dise aujourd'hui. Si vous, vous pouvez le dire, ça m'arrange beaucoup.

Parce que je pense qu'on a tellement tendance à se flageller et à dire on n'est pas bon, on va mourir, c'est une catastrophe, on est trop lent, c'est faux. Je veux dire, là, on peut quand même, on peut dire, un, l'Europe a vachement accéléré ces dernières années et oui, la France est leader. Donc oui, on peut le dire, on peut être super fier et là, lever les bras et dire c'est une super nouvelle. Donc, premier point, être fier. Parce que la fierté redonne de l'ambition et l'ambition permet d'avoir des résultats. Donc moi, je ne céderai rien au défaitisme ambiant. Deuxième sujet, je le redis pour répondre à votre question, mais il est clé, c'est bon pour tout le monde.

Et je veux vraiment le redire parce qu'on a tous vécu ensemble ces crises et le débat collectif qu'on vit, n'opposons pas le secteur de la tech et des start-up au reste du pays. C'est une catastrophe si on fait ça. Et ceux qui font ça portent une responsabilité qui est très lourde. Il n'y aurait pas d'un côté la France des Gilets jaunes et de l'autre côté la France de la tech. Ce n'est pas vrai. C'est un faux débat. D'abord parce que la crise des Gilets jaunes venait de très loin et les gens qui ont manifesté avec beaucoup de bonne foi, je le distingue des gens très violents et qui sont aux extrêmes et qui parfois continuent en prenant ce dossard mais qui n'est pas le combat initial.

Ils se battaient pour le pouvoir d'achat et pour un projet inclusif dans le pays. Mais ce sont des gens qui sont sensibles au changement climatique et qui veulent que le pays réussisse. La clé, c'est comment on réussit à redonner du sens et a montré que créer de la valeur en France, c'est bon pour tout le monde. Mais je vais être simple. Le secteur de la tech, il nous a permis de créer entre 150 000 et 200 000 emplois directs. C'est bon pour tout le monde. Il en crée dans tous les territoires.

Quand Insect ou Innovafit vènent dans ma région natale que je connais bien et créent des emplois, c'est bon et c'est bon dans une France qui souffre quand justement ça permet avec des acteurs comme Doctolib de faire de l'organisation très concrète de notre vaccination, c'est bon pour tout le monde et pour les territoires les plus défavorisés et on peut même être fiers de ces acteurs-là qui nous ont fait vacciner en Allemagne. Donc je veux dire par là que le succès de la tech, ce qu'on a consolidé, ce qu'on est en train de faire, c'est bon pour le pays et pour tout le pays.

Et la réponse au sujet des inégalités ne passe pas par une politique qui devrait freiner ou ralentir l'innovation ou la tech. C'est faux. Très mauvais débat. Débat qui nous fera reculer de 10 cases. La clé, c'est comment on arrive à aller encore plus vite, faire que ces investissements irriguent tout le pays comme ils ont commencé à le faire et faire qu'on ait des champions en France et en Europe qui permettront de créer de plus de jobs possibles, de plus d'emplois possibles pour permettre justement en sortie de crise de sortir du chômage de masse. C'est ça, notre défi.

Et le deuxième élément clé, c'est comment faire en sorte qu'en sortie de crise, la tech permette de répondre au sujet de progrès social pour tout le monde, c'est-à-dire solution de climat, solution d'éducation, solution de santé et de le faire en bâtissant des champions européens qui nous permettront d'être souverains avec notre propre régulation. C'est ça, la mer des batailles. Et donc, pour faire ça, moi, je reprends les conclusions de ce qu'il y a l'obtour. Je l'aurais dit, parce que je pense que la bonne méthode, c'est une méthode coopérative. Vous savez mieux que moi comment réussir.

Et moi, je sais vous dire à quelles conditions on peut réussir, celles à lesquelles on peut expliquer à nos concitoyens que votre modèle est bon ou pas bon. C'est la discussion qu'on a eue. Et donc, oui, donnons-nous comme objectif 2030 au moins 100 boîtes qui ont les 100 milliards comme objectif. C'est jouable. Je pense même qu'on ira plus vite et plus fort. C'est totalement jouable. Pour ça, il faut pousser l'initiative TIBI au niveau européen. Il faut finir le travail d'un vrai marché européen de la finance, pas simplement bancaire, mais aussi des marchés financiers pour avoir des vrais exits et une place financière européenne structurée.

On est en train de le faire et il faut accélérer tous les sujets de régulation et le faire de manière ouverte permettant l'innovation et les sorties. Trois, il faut avoir un écosystème Next40, FT, 120, le monter au niveau européen de la même manière et avoir les stratégies de coopération avec les large caps. Quatre, il faut le visa tech européen comme on l'a fait en France pour attirer les talents du monde entier sur les places européennes, que ce soit Barcelone, Munich, Paris, Toulouse, Montpellier ou autres. Et permettre la mobilité de ses talents dans l'espace européen.

Et cinq, il faut une politique de deep tech massif qui passe par des investissements beaucoup plus forts au niveau de la Commission avec des tickets plus larges, simplifiés et beaucoup plus rapides. Et donc, ce que j'appelais tout à l'heure la politique de procurement adapté au niveau européen sur les quelques verticaux qu'on a décidés. Le cyber, l'intelligence artificielle, le climat, le deep tech, le quantique, etc. On a commencé en franco-français et en franco-allemand et plus largement en européen à lancer cela.

La question maintenant, c'est de le faire très vite à la bonne échelle, c'est-à-dire comparable avec les Américains et avec une simplicité d'attribution des marchés qui permettent aux startups d'y entrer et d'avoir de la visibilité sur quelques années. Si on fait ce petit panel, il n'est pas exhaustif. Enfin, là, j'ai touché quelques sujets clés. On peut, non pas simplement, maintenir le niveau qui est le nôtre aujourd'hui, mais continuer sur la courbe qui est en fait exponentielle. Cette exponentielle, c'est celle qu'on doit absolument réussir. Je pense qu'à côté de ça, on sous-estime encore les avantages compétitifs que les Européens ont par rapport aux autres.

Et donc, si on ajoute avec tout ça la capacité des gouvernements à faire que ce modèle soit inclusif, ça, c'est mon boulot, avec vous, le fait que je pense que ce modèle sera inclusif parce que ce sont vos valeurs, et vous l'avez d'ailleurs tous dit en parlant, et quand je vois d'ailleurs les valeurs de l'écosystème, vous voulez du sens pour le climat, vous voulez réduire les inégalités, vous voulez associer l'ensemble des collaborateurs de l'entreprise, je me dis qu'on a bonne chance de réussir.

Simplement, il ne faut rien lâcher, il ne faut pas se reposer une seule seconde, et il faut, en sachant nos forces, en étant lucides sur les défis, réussir maintenant à accélérer et à penser encore plus grand. Mais on va y arriver. J'en suis sûr, je n'ai aucun doute. Merci infiniment, M. le Président. Merci. Merci à tous. On va filer dans le salon. Non, vraiment, je voulais vous remercier et vous dire, je sais que ces derniers mois ont été très durs. Ils ont été très durs pour tout le pays, ils ont été durs pour beaucoup de nos jeunes, ils ont été durs pour beaucoup d'entrepreneurs qui, je le sais, parfois ont été stoppés.

Pour certains, on a tout perdu parce qu'être entrepreneur, c'est prendre tous ses risques. Et malgré les systèmes de garantie, on a essayé de couvrir au maximum les salariés et ils ont parfois perdu, évidemment, tout ce qui était accessoire, c'est-à-dire en plus du salaire fixe, mais les entrepreneurs, les indépendants ont beaucoup souffert. Je voulais vraiment vous dire, dans cette sortie de crise, on va tous être vigilants et je vous le dis, moi, je crois à cet optimisme raisonnable, mais on a une chance incroyable, c'est que dans les 6-12 mois qui viennent, nos choix collectifs, j'en suis intimement convaincu, vont déterminer la décennie à venir. Ils vont la déterminer.

Et dans notre capacité à travailler ensemble, à avoir des choix ambitieux, à mettre les investissements au bon endroit, mais à avoir des stratégies de coopération partout, c'est-à-dire coopérer entre les grands et les petits, coopérer pour que la valeur créée partout permette à tous de réussir et en quelque sorte d'agrandir la taille du gâteau, mais de le partager à chaque instant, on aura notre chemin de sortie de la crise. Je pense que la sortie de crise est une opportunité extraordinaire pour la France et l'Europe de bâtir durablement son modèle de croissance. Et je pense qu'il faut, dans la tête, changer beaucoup des logiciels.

Il y a une partie des choses qui resteront à changer, la compétitivité du monde, le besoin d'avoir un modèle attractif, d'attirer les talents, les capitaux. Ça ne changera pas. Il y a des choses qu'on a apprises durant la crise qu'il ne faut pas désapprendre. On a trouvé des gains de compétitivité et de bien-être durant la crise. Il ne faut pas revenir en arrière. On a appris des manières de travailler différemment, de coopérer dans l'entreprise, de coopérer hors de l'entreprise. On a fait de l'innovation sociale et des formes de solidarité inédites. Gardons-les en sortie de crise. Consolidons-les. Parce que ces innovations valent beaucoup à l'échelle d'un pays et rendent la vie meilleure.

Et en sortie de crise, je pense qu'il faut aussi qu'on arrive à penser différemment le monde. La croissance de demain, ce ne sera pas celle d'avant-crisse. Je pense que collectivement, on a un potentiel d'innovation en sortie. On en a collectivement dessiné quelques pistes. Mais je pense qu'il faut réfléchir constamment à l'accélération et l'amélioration de notre modèle. Et donc, pour moi, les mois à venir sont des mois d'opportunités pour aller plus vite et plus fort. Je compte donc sur vous, comme vous l'avez compris, comme vous pouvez compter sur moi. Bon courage et bonne chance. Sous-titrage Société Radio-Canada