Présidentielle 2027 : le pouvoir d'achat s'impose comme la préoccupation majeure des électeurs
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Questions et réponses
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- 0:21OuverteRéponse directe
Est-ce que les responsables politiques peuvent résoudre les problèmes de pouvoir d'achat des Français ?
- 1:04OuverteRéponse partielle
Combien de pouvoir d'achat les Français ont-ils perdu ces derniers mois ?
- 2:28FerméeRéponse directe
C'est une véritable perte de pouvoir d'achat ?
- 2:56OuverteRéponse directe
Est-ce que vous comprenez que pour 45% des Français, le pouvoir d'achat soit le sujet principal de la présidentielle ?
- 4:39OuverteRéponse directe
Est-ce que l'inquiétude des Français ne vient pas du sentiment que les responsables politiques sont sans pouvoir sur ce sujet ?
- 6:50OuverteRéponse directe
Les responsables politiques ont des outils pour agir sur le pouvoir d'achat ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« 77% des personnes interrogées déclarent avoir ressenti une nette dégradation de leur pouvoir d'achat au cours des derniers mois. »
- 0:40PrésentateurChiffre
« La hausse des prix a atteint 3,1% sur un an en septembre, selon les résultats définitifs publiés ce jeudi par l'INSEE. »
- 1:50InvitéChiffre
« C'est 17 points de plus qu'au mois de juin. »
- 4:29InvitéChiffre
« Pour un ménage, un couple avec deux enfants, c'est 1200 euros en moins par an. »
- 10:23InvitéFait
« On a le record du monde des prélèvements obligatoires impôts et charges et de la dépense publique. »
- 12:11InvitéChiffre
« 200 milliards de dépenses publiques en moins, personne ne propose une mesure d'une telle ampleur. »
- 14:01InvitéChiffre
« L'électorat libéral de libéralisme économique, c'est 5% des voix en France. »
Temps de parole
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- Invité 234 %
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- Présentateur 210 %
- Invité 33 %
- ?2 %
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Et il est l'heure, comme chaque samedi, de faire de la place à nos deux débatteurs, Emmanuel Mignon et Gilles Fickenstein. Bonjour à tous les deux.
Bonjour à tous les deux. Emmanuel
Mignon, vous êtes avocat. Gilles Fickenstein,
vous
êtes secrétaire générale de la Fondation Jean Jaurès. Premier sujet du grand débat de la matinale, le pouvoir d'achat. Et cette question, est-ce que les responsables politiques peuvent résoudre les problèmes de pouvoir d'achat des Français ? Des Français qui sont très inquiets. Et selon une étude de l'UFC Que Choisir, 77% des personnes interrogées déclarent avoir ressenti une nette dégradation de leur pouvoir d'achat au cours des derniers mois. Et face à ressenti, il y a des données tangibles, on va y revenir. Mais un chiffre d'ores et déjà, la hausse des prix a atteint 3,1% sur un an en septembre, selon les résultats définitifs publiés ce jeudi par l'INSEE.
De pouvoir d'achat, il en sera évidemment question dans les manifestations prévues aujourd'hui partout en France. Gilles Fickenstein, trois éléments reviennent régulièrement quand on parle de pouvoir d'achat. L'augmentation des prix du carburant, l'augmentation des prix alimentaires et en même temps une baisse des salaires réels. Mais est-ce qu'on sait réellement combien de pouvoir d'achat des Français ont-ils perdu ces derniers mois
?
D'abord,
c
'est en train de devenir la question écrasante de l'élection présidentielle de 2027. Cette semaine a été rendue publique une enquête qui est faite régulièrement par l'Observatoire de la consommation, l'Obsoco et le Cevipov de Sciences Po. Et c'est intéressant parce que c'est une question ouverte
dans
laquelle on demande aux Français quelle est la priorité pour vous la plus importante. En
termes de sujet pour les présidentielles.
Voilà. Et la question du
pouvoir d
'achat dans ces différentes dimensions que vous venez d'évoquer, 45% des Français citent le pouvoir d'achat.
C
'est-à
-dire
que toutes les autres priorités
se
répartissent entre les 55% restants. C'est 17 points de plus qu'au mois de juin. Donc, on a vraiment une campagne qui va être dominée par la question du pouvoir d'achat. Ça, c'est, disons, le ressenti. Maintenant, que disent les statistiques ? D'une certaine manière, elles confirment ce ressenti pour ce que l'on a aujourd'hui. Sur l'année 2025, les statistiques de l'INSEE montrent qu'il y a une perte de pouvoir d'achat de 0,7%, ce qu'on appelle par unité de consommation. Et l'OFCE considère qu'en 2026, compte tenu de l'inflation que vous venez d'évoquer, cette baisse va se poursuivre.
Donc, c'est important pour vous ?
C
'est une véritable perte de pouvoir d'achat ?
Alors, c'est une véritable perte de pouvoir d'achat. Après, il faut évidemment aller plus loin. Parce que quand on parle de pouvoir d'achat, on parle des salaires, mais on ne parle pas que des salaires. On parle de l'inflation, on parle de l'ensemble des dépenses contraintes, et même de ce que l'on appelle parfois le pouvoir de vivre. Et donc, ce sont ces différents éléments-là qu'il faut prendre en compte pour avoir une appréciation rigoureuse.
Est-ce que vous comprenez, Emmanuel Mignon, que pour une large part des Français, 45%, on vient de l'entendre, ce soit le sujet principal de la campagne présidentielle
?
Il y a d'abord un phénomène conjoncturel que vous avez bien rappelé, qui est l'augmentation des prix de l'énergie et puis l'augmentation des prix alimentaires. Et ce qu'on a pour la deuxième année consécutive, c'est qu'on a vraiment une baisse du pouvoir d'achat. Ce qu'on a depuis longtemps, et ça on y reviendra parce que ça joue aussi sur les élections présidentielles, c'est le sentiment des Français que leur pouvoir d'achat baisse, en tout cas qu'ils n'ont pas assez pour terminer les fins de mois. Statistiquement, ce n
'est
pas vrai. Sur la longue période, le pouvoir d'achat augmente, il augmente beaucoup moins qu'auparavant. Et puis par ailleurs, il
y
a un poids des dépenses qu'on appelle les dépenses contraintes qui a augmenté dans le budget des Français. Donc c'est plus un sentiment de perte de pouvoir d'achat qu'une réalité de perte de pouvoir d'achat. Mais en revanche, ce qui est vrai, c'est qu'en 2026, pour la deuxième année consécutive après 2025, c'est vraiment une baisse du pouvoir d'achat.
Il
est probable que ça va se poursuivre en 2027 parce que les prix des produits transformés vont eux aussi prendre l'augmentation, une augmentation qui aujourd'hui est limitée aux matières premières alimentaires agricoles. Et c'est assez rare, une baisse réelle de pouvoir d'achat. Ça s'est déjà produit une fois dans les années 83-84, dans la rigueur, et une deuxième fois en 2012-2013, lorsqu'il a fallu sortir de la crise. Donc cette inquiétude, elle est parfaitement justifiée. Il y a un chiffre que Gilles n'a pas donné, mais dont on a beaucoup parlé cette semaine. On ne peut pas les
donner
tous. Pour
un
ménage, un couple avec deux enfants, c'est 1200 euros en moins
par
an. Donc c'est absolument considérable.
Est-ce que l'inquiétude des Français, Gilles par ailleurs, ne vient pas également du fait qu'ils ont le sentiment que les responsables politiques sont sans pouvoir pratiquement sur ce sujet ? Quand on voit par exemple la réaction du président de la République et du gouvernement en général sur ce choc exogène que représente l'inflation liée au pétrole et ce refus aussi d'agir sur les taxes et sur d'autres sujets. Est-ce qu'il n'y
a
pas un sentiment que le politique ne peut plus tellement agir sur le pouvoir d'achat ?
Alors il y a sans doute ce sentiment qui d'une certaine manière est paradoxal puisque la France est un pays qui est un pays dans lequel l'État est centralisé et l'économie est socialisée et où donc beaucoup plus qu'ailleurs et donc où en théorie, l'État, les responsables politiques ont des outils à foison pour traiter la question du pouvoir d'achat. Ce
n
'est pas la peine de les énumérer mais du SMIC dans le privé, dans le secteur public, le point d'indice pour les fonctionnaires et puis pour les uns comme pour les autres tout ce qui relève des impôts, des taxes et des cotisations, il y a de multiples leviers. Mais pourquoi il y a ce sentiment-là ? Parce que les Français ont le sentiment et sans doute pour le coup à raison que ces outils sont difficiles à utiliser en raison des déficits et par les effets pervers qu'ils peuvent avoir notamment sur le SMIC. Est-ce que ce sentiment est justifié ? Je ne le crois pas. Je pense que les responsables politiques ont, à condition de bien les utiliser et à condition de
ne
pas être dans l'urgence parce que là on est, ce que l'on peut évidemment comprendre, dans le bricolage pour essayer d'être dans l'urgence. Mais si on s'inscrit dans la durée, il y a des choses à faire. Je vous donne juste une illustration. Il y a quelques semaines, vous vous souvenez qu'il y avait eu une publication par Eurostat montrant que le pouvoir d'achat en France était maintenant en dessous de la moyenne de l'Union Européenne. Il était 15% au-dessus il y a 15 ans. C'est une preuve par l'absurde que ce que font les pouvoirs publics ont un impact qui peut être positif ou négatif sur le pouvoir d'achat.
Les responsables politiques, Emmanuel Mignon, ont des outils alors ou non ? Si l'on pense par exemple à l'augmentation des salaires, évidemment les entreprises vont vouloir bloquer. Si l'on pense à la diminution des cotisations, c'est déjà largement fait, notamment sur les bas salaires. Et l'augmentation des déficits empêche de réduire plus encore les cotisations. Alors, où est-ce que les responsables politiques peuvent agir sur le pouvoir d'achat
? D
'abord, je suis assez contente d'entendre le secrétaire général de la Fondation Jean Jaurès nous
dire que nous avons un État centralisé et une
économie socialisée. Alors, voilà. Non, mais j'ai senti un léger regret quand même dans cette phrase. Donc, voilà, j'ai eu bien fait de me lever ce matin pour entendre ça. Ensuite, je suis tout à fait d'accord avec Gilles. Effectivement, l'État centralisé, économie assez socialisée. Donc, l'État a techniquement des moyens pour agir.
Lesquels alors
? Lesquels il peut effectivement... Il devrait. Il devrait pouvoir. Lorsqu'on est face à une situation de crise conjoncturelle, dans une économie de marché, et même si on a un État socialisé, on est quand même en économie de marché, le rôle de l'État, c'est de pouvoir prendre des mesures pour passer cette crise et soutenir le pouvoir d'achat dans un contexte de crise. Et la difficulté, aujourd'hui, il faut bien mesurer la difficulté dans laquelle on est.
Mais,
compte tenu de la situation de nos finances publiques, on est incapable de financer des dépenses d'avenir, le numérique, l'éducation, le changement climatique, etc. Et maintenant, on n'est même plus dans la possibilité de gérer une crise. Tellement, nous sommes étranglés par notre situation des finances publiques. C'est ça, la situation de la France. Et je pense qu'effectivement, là, au-delà de la baisse réelle de pouvoir d'achat qui existe aujourd'hui pour la deuxième année consécutive, il y a une très grande inquiétude des Français, effectivement, sur la capacité de l'État de reprendre la main sur la
situation économique. Et donc, d'un mot très très court chacun, il y a quand même quelques lueurs d'espoir dans les discours des candidats sur cette capacité à agir sur le pouvoir d'achat, ou au fond, on ne peut plus rien dans ce domaine ?
Sur le long terme, c'est du sang, de la sueur, du labeur et des larmes. Ça fait envie. Voilà. Et donc, il faut une politique économique complètement différente pour redonner de la croissance et redonner du pouvoir d'achat.
Dans
le bloc central, ils le proposent tous. Quelle sera leur capacité à le faire ? C'est la grande inconnue. Gilles
?
On est là, dans l'urgence, et donc chacun, il va de son bricolage, de « on augmente tel impôt ». Ce n
'est
pas seulement une question sociale, le pouvoir d'achat. C'est d'abord une question économique, d'abord une question de production. Ça, c'est le travail, c'est le capital, l'investissement, l'innovation. Et puis, c'est la répartition, pas seulement la redistribution, mais la répartition des revenus entre les salaires et les dividendes. Et à l'intérieur des salaires, parce qu'on est un pays qui redistribue beaucoup, mais parce que les écarts de salaire sont plus importants qu'ailleurs. Donc, il y a beaucoup de choses à faire.
On en reparlera, je pense, tout au long de cette année, et avant l'échéance de la présidentielle. Je vous propose de passer au second sujet du jour. On a beaucoup entendu cette semaine le nom d'un homme politique candidat à la présidentielle. Mardi, il était l'invité d'Apolline de Malherbe, c'était sur BFM TV.
On a Bercy Crassi, avec des gens très bien formés, mais qui sont tous dans leur couloir. Donc, il
y a
ceux qui s'occupent des dépenses, ceux qui s'occupent des recettes, que quand ils font un budget, ils croient que c'est un gâteau et un stock. Donc, ils disent, on va rétablir les comptes, on va augmenter les prélèvements sur les entreprises, sur les ménages, sur les collectivités. Et ils ne savent pas la base de la théorie économique, c'est-à-dire que l'économie,
ce
sont des flux. Pourquoi on est les plus mauvais élèves de l'Union Européenne depuis dix ans ? Parce qu'on a le record du monde des prélèvements obligatoires impôts et charges et de la dépense publique, qui font qu'on augmente le poids sur le moteur de la croissance et on prend de plus en plus sur ceux qui créent de la richesse.
Merci, crassi, dit David Lissnard, le maire de Cannes et candidat à la présidentielle. Est-ce qu'on assiste à un retour du libéralisme dans la campagne avec David Lissnard ? Pour commencer, Gilles Fickenstein, est-ce qu'il se passe quelque chose autour de la candidature de David Lissnard ? Est-ce qu'il y
a
un buzz, notamment, qui passe par les réseaux sociaux et qui est alimenté par le candidat lui-même ?
Ça vous a fait rire, cette question. On est à la radio, donc mon
sourire
se voit moins. Non, ce qu'on entend, c'est qu'il y
a
une poussée libérale autour de David Lissnard.
Enfin,
deux mots, poussée libérale et deux, scepticisme. Scepticisme sur l'ampleur de la poussée. Il y a une campagne médiatique, il y a une campagne numérique qui lui a permis, par exemple, de conquérir des followers sur Instagram. Il y a un sondage où il a dépassé les
5%. Donc,
il y a un frémissement.
Mais,
il ne faut pas prendre une rue pour une avenue. Et, pour l'instant, cette poussée est modeste.
Sa
notoriété est faible.
Et
son espace politique est saturé. Donc, ça, c'est sur la poussée. Et après, deuxième scepticisme, peut-être plus surprenant, mais sur la réalité du réalisme, du libéralisme de David Lissnard. Parce que, si on entend par libéralisme une doctrine politique qui met l'individu au cœur et qui se déploie sur les champs à la fois économiques, sociétaux et politiques, c'est un libéral incomplet. C'est un libéral économique. Ça,
sans
aucun doute. 200 milliards de dépenses publiques en moins, personne ne propose une mesure d'une telle ampleur. Et des choses qui ont été peu notées, par exemple, la suppression de ce qu'on appelle la réserve héréditaire, c'est-à-dire le fait que l'État contraigne l'ensemble des individus sur la succession, notamment pour préserver une part pour les enfants. Donc, de ce point de vue-là, c'est un pur libéral. En revanche, sur le plan politique, c'est moins clair.
Je trouve qu'il est d'une ambiguïté réitérée par rapport à Marine Le Pen et que ces attaques contre les contre-pouvoirs, qui pourtant ont le cœur du libéralisme politique, et cette semaine encore contre le président du Conseil constitutionnel, font qu'il y
a
ce double scepticisme de ma part, et sur la poussée, et sur le libéralisme.
Ce qui nous intéresse dans cette figure de David Lysnard, c'est au fond le libéralisme économique, vous l'avez mentionné, Gilles, que David Lysnard incarne en partie.
Est
-ce que ce libéralisme économique, Emmanuel Mignon, peut trouver une place dans l'électorat français aujourd'hui
? Moi,
je partage le point de vue de Gilles. On a un frémissement, mais c'est loin de... Il faut le
relativiser,
donc le tempéré. Oui,
il faut vraiment le relativiser. Surtout,
ce
que je crois fondamentalement, c'est qu
'il
n
'y
a absolument pas de place pour du libéralisme économique en France. En fait, les Français, pour le dire simplement et rapidement, les Français détestent le libéralisme économique. Ils aiment bien le libéralisme politique, ils détestent le libéralisme économique, et donc je ne vois absolument pas une place
pour
un programme libéral en France. La seule fois où c'est arrivé, c'est la candidature d'Alain Madelin. En 2002, il a fait 3,2% des voix. L'électorat libéral de libéralisme économique, c'est 5% des voix en France.
Mais est
-ce
que c'est si vrai, ça, Emmanuel Mignon ? Quand on regarde dans le détail,
le
programme économique d'Éric Zemmour, il est très libéral économiquement. Quand on regarde le point de vue défendu au Rassemblement National par Jordan Bardella, c'est un point de vue de libéral économique. Quand on regarde également Bruno Rotaillot,
c
'est en grande partie aussi du libéralisme économique. Alors, dire que les Français n'aiment pas le libéralisme économique, c'est dire qu'ils rejettent ces trois propositions
?
Oui, non, mais c'est précisément pour ça que je pense que, et pour revenir sur la plaisanterie, le petit trait d'humour que j'ai fait tout à l'heure, la réalité, c'est qu'on est quand même en économie de marché. Alors, évidemment,
on
a, du point de vue de David Lissnard et de beaucoup d'autres, on a beaucoup trop de dépenses publiques, beaucoup trop d'impôts, etc. On est quand même dans un pays dans lequel c'est l'économie de marché qui dirige l'économie. Et l'aspect plus de libéralisme au sens de moins de dépenses publiques, moins d'impôts, moins de normes, etc., c'est porté par le candidat de droite ou du centre, d'habitude. Donc, est-ce qu'il y a la place pour un candidat qui se revendique vraiment le cœur de son programme et du libéralisme économique ? Je pense qu'il n'y a pas de place pour ça. Et qu'est-ce que ce serait qu'un programme libéral économique ? Gilles l'a dit.
C'est effectivement, il y a la partie moins d'État, moins de dépenses publiques, moins d'impôts. Et ça, en gros, dans tout le bloc central, c'est quand même ce qu'ils disent. En tout cas, moins de dépenses publiques, ça, c'est certain. Et par ailleurs, l'autre partie du libéralisme, c'est du libéralisme appliqué à des secteurs où on ne le voit pas. Alors, Gilles a parlé de la... où on ne le voit pas d'habitude. Alors, Gilles a parlé de la question de la succession. Moi, je pourrais dire, par exemple, l'éducation. Donc, par exemple, le libéralisme scolaire, c'est on supprime la carte scolaire, chacun reçoit chaque éducation et on met les enfants dans l'école de son choix.
Mais ça, on n'est pas du tout là, politiquement, en France. Ou alors, la retraite, chacun fait ce qu'il veut. Donc, il
y
a ceux qui préfèrent arbitrer, mais ils ont une préférence pour le présent. Et donc, ils consomment tout ce qu'ils gagnent et ils ne mettent pas d'argent de côté sur les retraites. On n'est pas, politiquement, il n
'y a
pas d'espace pour ce libéralisme-là en France. Est-ce qu'il veut dire qu
'il n'y a
pas de place pour un candidat libéral moderne de type Rayer Millet
? Gilles Finkersheim
? Ça, je ne crois vraiment pas. Je trouve, en fait, la question est de savoir si le cycle libéral,
s'il
commence ou s'il s'achève
aujourd
'hui. On peut avoir l'impression, Rayer Millet et un certain nombre de discours, qu'un cycle libéral commence. Peut-être qu
'on
peut dire qu'il s'achève. Alors, est-ce qu'il n'a jamais commencé en France ? C'est la question... C
'est ce que l'est
entendre d'Emmanuel Mignon.
Oui,
et d'une certaine manière, c'est ce que vous disiez aussi, Quentin, il y a une référence qui est Alain Madelin. Bon, il y a eu deux moments dans notre histoire politique de ces dernières décennies qui s'apparentent à une victoire du libéralisme. Le début du mandat de Valéry Giscard d'Estaing, c'est un libéralisme complet, à la fois économique, politique et
sociétal.
D'une certaine manière, la campagne d'Emmanuel Macron de 2017 est une campagne libérale, pas seulement libérale, et après,
c
'est autre chose dans les faits. Mais est-ce que le cycle libéral n'est pas en train de s'achever celui de la mondialisation qu'on a connue au début des années 2000, où on a besoin, en raison de la mutation climatique, d'un État planificateur ? Je pense que cette question-là mérite d'être posée.
Avant de vous laisser quitter le studio, j'aimerais savoir s'il
y
a un sujet qui vous a aussi... qui a attiré votre attention, qui a retenu votre attention pendant la semaine. Gilles, je vous laisse la parole.
Oui, moi, c'est un slogan, ou plutôt des slogans, puisqu'on est dans un jour de manifestation. Chaque mouvement social, a fortiori quand c'est un mouvement de jeunes, apporte son lot de créativité et permet de saisir un peu de l'air du temps. Alors, cette fois-ci, il y en a un qui a résumé d'une formule simple, l'écart ressenti entre le problème posé et la réponse apportée, qui est les lycéens visent le bac, la bac vise les lycéens. Mais il y en a un autre que j'ai trouvé plus intéressant, qui est aujourd'hui, le 17 octobre, on met fin à l'époque contemporaine. Alors, je ne sais s'il y a là un jeu de surenchère sur les réseaux sociaux, voilà, peut-être.
Est-ce que c'est le révélateur d'une crise existentielle ? Voilà, mais j'ai trouvé, on met fin à l'époque contemporaine.
On
le garde et on l'analysera un peu plus tard. Emmanuel Mignon
?
Oui, il y
a
eu un sommet de l'intelligence artificielle à Dublin cette semaine qui était organisé par l'Irlande qui préside actuellement le Conseil de l'Union et donc qui réunissait des technocrates de l'Union européenne, des industriels, des experts de l'IA et qui s'est concentré sur comment on fait pour bien utiliser l'IA au service des enjeux de l'Union européenne, en particulier la compétitivité de notre économie.
Le
message subliminal, c'est que, en gros, maintenant c'est trop tard pour espérer être dans la course sur le plan technologique, que les Chinois et les Américains sont devant nous et qu'on n'arrivera pas à les rattraper et donc il faut se concentrer en réalité sur l'usage. Donc on laisse la technique aux Chinois, aux Américains et nous on se concentre sur le meilleur usage. Ça
ne vous a pas réjoui ?
C'est un message qui je trouve inquiétant.
On va le
comprendre.
Oui, on comprend. Merci à tous les deux. Je vous souhaite une très bonne journée.