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interviewFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 3 juillet 2026 38 min

Pourquoi retourne-t-on autant au cinéma ?

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

La fête du cinéma, c'était la semaine dernière. La fête du cinéma a connu son deuxième meilleur bilan de fréquentation depuis dix ans. Alors certes, la canicule a boosté probablement les chiffres, mais les raisons de ce succès sont aussi ailleurs, d'autant que les salles ne sont pas toutes équipées de climatisation. Eh bien, on va questionner ce soir le succès de fréquentation des salles de cinéma. C'est fin décembre que les chiffres sont repartis à la hausse. La programmation a donc su trouver un public, en rappelant que l'an dernier, les salles obscures avaient connu une année morose par rapport à un riche cru 2024.

Comment expliquer ces grandes fluctuations des chiffres des entrées en salle ? On va le détailler dans un instant avec nos invités. Il faut dire aussi que cette hausse de la fréquentation ne doit pas occulter les menaces qui pèsent parfois sur les salles de cinéma, qu'elles soient indépendantes ou appartenant à des complexes. Comment les salles s'organisent-elles face aux plateformes qui nous invitent à voir des films récents sans bouger de notre canapé ? Plus d'un million de sièges sont répartis dans les salles de cinéma sur l'ensemble du territoire. Alors, comment préserver ce réseau qui semble une exception au monde ? C'est le thème du téléphone sonne.

On attend vos questions, on attend vos témoignages. 01 45 24 7000 ou bien via l'appli Radio France. Le téléphone va sonner jusqu'à 20h. Le téléphone sonne. 01 45 24 7000. Avec un premier invité, c'est François qui nous appelle. Premier auditeur. François nous appelle des Sables d'Olonne. Bonsoir François. Oui, bonsoir. Bienvenue, on vous écoute.

1:51
Invité

Écoutez, moi je suis exploitant de cinéma, donc au cœur de la matrice. Un cinéma qui est au bord de la mer. Donc la grosse concurrence de cinéma, c'est la plage. Mais il y a tellement de choses à faire. J'entendais pourquoi le renouveau du cinéma. Moi, je pense que le cinéma est toujours quelque chose de puissant dans une ville. Il faut savoir aussi le laisser au cœur. Enfin, en tout cas, le remettre au milieu de la place du village. Et pour ça, il y a le bâtiment, le cinéma. On parle beaucoup de la clim, comme vous avez fait dans votre introduction.

Mais il y a tout ce qui est immatériel, qu'on oublie beaucoup et qu'on ne trouve plus dans certains cinémas, qu'on peut retrouver dans les grandes villes comme à Paris ou autres. C'est l'humain. Remettre le spectateur au milieu du dispositif et lui permettre d'avoir une vraie expérience. Et une expérience, ce n'est pas forcément des sièges qui bougent, du souffle dans les oreilles. Mais c'est surtout une vraie expérience éditorialisée en fonction des films. Et ça, c'est des cinémas indépendants qui peuvent le faire avec une vraie passion. Et on se retrouve avec un vrai engagement des spectateurs. Aujourd'hui, on fait 300 000 entrées dans une ville de 40 000. Donc, on est au-dessus des stats.

Parce que, justement, ce cinéma reflète les spectateurs d'aujourd'hui et de demain. Parce qu'on fait un énorme travail sur les scolaires. On entendait dans les informations tout à l'heure, les jeunes qui finissaient aujourd'hui, ils étaient déjà là il y a quelques semaines pour se mettre au frais. Mais parce qu'on est promoteurs aussi de nos propres événements. Et qu'un cinéma, aujourd'hui, c'est des fauteuils devant un écran. Mais ça peut se transformer très rapidement. La technique nous permet aujourd'hui de ne pas faire que du cinéma. Et dans des moments où... En fait, le cinéma, c'est une soirée tapas où il y a des événements. Chaque film sort toutes les semaines.

Et s'il n'y a pas la qualité de film, comment on peut se transformer en autre chose que du cinéma ? Et c'est la réponse qu'on a apportée, nous, au Sable de l'Âune.

3:52
Présentateur

Eh bien, on a envie de lui dire bravo. Bravo d'avoir fait venir toujours du monde dans les salles. Et vous en parlez très bien avec ce soir. Pour vous répondre, trois invités. Sophie Benhamon, vous êtes journaliste et critique de cinéma sur le site Intervistar. Marc-Olivier Sebag, délégué général de la Fédération Nationale des Cinémas Français. Éric Marty, qui est le directeur général de Rentrac France. Bienvenue à tous les trois. Notre auditeur qui est exploitant, ce n'est pas rien, ce métier d'exploitant au Sable de l'Âune. Il dit que le cinéma est une vraie expérience. Éric Marty, le cinéma, on y va pour quelles raisons ?

4:34
Invité

Alors, on y va avant tout et au départ pour voir un film. Là où je rejoins François, c'est qu'effectivement, avec le temps, les cinémas ont proposé beaucoup de choses. Alors, certains auront un goût pour les siestes qui bougent, d'autres pour le cake au citron de Mamie Janou. Mais c'est vrai qu'on essaie de proposer plus que simplement un film. Et c'est une tendance que l'on voit en France et partout, dans tous les pays où le cinéma existe, encore bien.

Et il y a l'idée de proposer les meilleures conditions pour voir un film, pour un spectacle, pour partager des émotions, avec toutes les conditions qui peuvent faire que ça va être un souvenir et que ce sera différent de ce qu'on a dans son salon ou sur un tout petit écran.

5:16
Présentateur

Et l'auditeur nous dit aussi que les salles de cinéma deviennent parfois autre chose qu'une simple salle de cinéma. Je pense par exemple à des expériences de retransmission d'opéra. Les salles sont là pour ça aussi ?

5:29
Invité

Pas plus tard qu'hier, je me permets. Dans le top 5 des spectacles hier, il y avait le concert de Julien Doré. Et on a effectivement la comédie française qui rencontre des vrais succès et des présentations d'opéra. Ça fait quelques années déjà que la programmation s'est diversifiée.

5:45
Présentateur

Marc-Olivier Sébac, je vous pose la même question. Qu'est-ce qu'on vient chercher dans une salle de cinéma ?

5:50
Invité

On vient chercher cette expérience collective. La salle de cinéma en France, qui est le pays qui a inventé le cinéma avec les Frères Lumières, la salle de cinéma est au cœur du lien social, au cœur du pacte républicain ou du pacte démocratique de notre pays parce que vous avez des cinémas partout. Il y a dans toutes les petites villes des cinémas, dans les grandes villes, dans les zones périphériques. Il y a même des circuits itinérants qui vont là où il n'y a pas de cinéma. Donc il y a un élément, un attachement particulier des Français. Premier pays d'Europe pour le cinéma en production. Troisième au monde, je crois. Troisième au monde.

Et de façon continue, vous avez des pays où on aime le cinéma. Le Japon, la Corée du Sud, les Etats-Unis bien sûr et la France, le Mexique. Il y a des pays où le cinéma fait partie du mode de vie. Et si vous nous invitez ce soir, c'est aussi parce que le cinéma fait partie du mode de vie à une place dans les médias. Et tout ça contribue à cette expérience qui fait qu'on parle des films entre soi, on parle à ses amis, on parle au bureau du cinéma. Et ça fait partie de la vie des Français. Et on en parle parce que c'est aussi un patrimoine.

6:51
Présentateur

Je m'adresse à vous, Sophie Benhamon. Dans ce patrimoine, il y a des films français, des films américains. D'ailleurs, les spectateurs viennent autant voir des films français que des films américains. Il n'y a pas de domination, je crois. Il y a un 50-50 qui est assez réjouissant. Mais les spectateurs, selon les générations, vont aller voir des films américains ou français. Par exemple, la Gen Z est très intéressée par tout ce qui est films d'horreur américains. Il y a un vrai phénomène là-dessus. Il y a deux films qui sortent, qui viennent de sortir, qui font un carton.

Absolument, Obsession, qui a dépassé le million d'eux d'entrée et qui est très populaire pour les jeunes, qui est une dark romance et backrooms, bien sûr. Et c'est des films qui sont à petit budget, sans star et qui attirent beaucoup les jeunes. Après, chacun vient y chercher des choses différentes. Mais c'est surtout un événement, en fait. Pour les jeunes, l'expérience collective se retrouve autour du film d'horreur. Et pour les autres, ça va être l'événementiel. Votre auditeur a tout à fait raison. C'est important, l'événementiel, dans une salle. L'avant-première, la venue d'un réalisateur, peut-être mélangé avec quelque chose d'autre.

Vous parlez de ces deux films d'horreur à petit budget. D'ailleurs, ça va être très rentable pour les producteurs, parce que ça va... Petit budget, mais grosse recette, j'ai l'impression. Il faut rappeler que les réalisateurs viennent de YouTube. C'était des influenceurs ? Pas vraiment des influenceurs, mais oui. En fait, il y en avait un, Ken Parsons, qui avait lancé un phénomène sur Backrooms, sur YouTube. Et il avait déjà une communauté. Mais sa réalisation, le film, il est bien. Ce qui veut dire qu'Internet devient aussi un tremplin pour les réalisateurs, comme il l'a été depuis peu de temps pour la musique, donc. Oui, les talents sont là où ils sont maintenant.

YouTube, ça permet de s'exprimer sans moyens. Et donc, les studios, après, vont chercher les talents là où ils sont et ils les trouvent sur YouTube.

8:41
Invité

Marc-Olivier Sebag. Mais vous savez, c'est une tradition que tous les réalisateurs qui s'expriment sur les autres médias viennent au cinéma pour faire des films plus chers que ce qu'ils faisaient à la télévision, sur YouTube. Souvenons-nous que le premier film de Spielberg, c'est Duel, c'est un téléfilm. Et après, bien sûr, avec le succès de ce film-là, il a pu faire des films de cinéma. Donc, qu'est-ce qu'apporte le cinéma ? Ça magnifie une œuvre sur un grand écran. Ça donne à l'œuvre sa dimension maximale pour le réalisateur, comme pour le spectateur, bien sûr.

9:13
Présentateur

Anne nous appelle de Pont-Sainte-Marie. Bonsoir, Anne. Bonsoir. On vous écoute. Pour ma part, moi, j'ai créé un cinéma à réessai durant la période Covid. Un petit peu dans la différence générale, il a tâché d'être exemplaire sur un plan de l'écologie. On est bas carbone, paille, bois, on a mis du photovoltaïque, des toilettes sèches. Il n'y a pas l'équivalent en France ni en Europe. Et si les toilettes sèches, ça fait beaucoup rire, mais en fait... Un peu, mais c'est comme ça maintenant. C'est 300 000 piscines olympiques d'eau potable qu'on gaspille par an, quand même. Effectivement. Ça se justifie. C'est un tiers du tout dont on a besoin. Absolument.

En tout cas, pour moi, le cinéma, ça doit être un lieu de réflexion. C'est un refuge aussi climatique, pour le coup. C'est un lieu de lutte contre l'isolement, où le spectateur partage, se rencontre. C'est un vrai projet de société, en fait. Et c'est vrai que tout ça, je rebondis un petit peu sur ce qui était dit. C'est vrai que c'est aussi grâce au système remarquable dont les invités vont pouvoir parler, qui est le fonds de soutien qui est géré par le CNC et qui est né un petit peu avec le Conseil de la Résistance après la guerre de 1945. Eh bien, on va en parler. Merci beaucoup de ce témoignage, Anne de Pont-Sainte-Marie.

Ce fonds de soutien du CNC, on va rappeler peut-être comment fonctionne le financement, l'économie. Je vais m'adresser peut-être à vous pour commencer, Éric Marty. L'économie du cinéma français, ce sont d'abord des tickets qui sont vendus. Et 10% financent le cinéma en France. C'est bien ça ?

10:50
Invité

Exactement. C'est un système très vertueux qui est remarquable. C'est remarquable parce qu'il y a une idée souvent répandue qui est que l'argent public va vers le cinéma. La majorité de l'argent qui va vers le cinéma, c'est de l'argent soit du cinéma, soit des médias d'une manière générale qui exploitent des films. Et tous les médias qui exploitent des films reversent une contribution, un fonds de soutien qui ensuite, lui, est réparti.

11:13
Présentateur

Oui, le CNC s'occupe de répartir ses sommes, mais ce n'est pas lui qui finance.

11:16
Invité

Voilà. Et sachant que ce montant permet à la fois la modernisation des salles, les investissements dans les salles, la création des films, la recherche de nouveaux talents, de nouvelles écritures. Donc il y a toute une batterie de soutiens qui sont financés de cette manière et qui sont des soutiens financés par l'argent des cinémas, des spectateurs et des télévisions ensuite ou de la VOD. Donc des plateformes VOD. Et c'est ce système extrêmement vertueux qui existe effectivement depuis la libération, qui fait exemple dans pas mal de pays. Très récemment, en Italie, ils viennent d'adopter des règles pour créer un CNC italien.

Et il y a plusieurs pays comme ça en Europe ou ailleurs dans le monde qui regardent ce système qui est plutôt vertueux et qui soutient ainsi la création et la maintient. Et maintient aussi des cinémas un peu partout dans le pays. Oui, effectivement, c'est pas de l'argent public, c'est l'argent du public. C'est les gens qui vont au cinéma, qui financent les films d'après et les salles, l'entretien des salles et la création de nouvelles salles. Et l'intérêt majeur de ce système, c'est qu'il y a une mutualisation d'ensemble de ces sommes et elle est fléchée vers un certain nombre d'acteurs. Et elle permet à l'ensemble du secteur de réinvestir et de continuer à créer, à construire des salles.

C'est pour ça que le parc de salles en France est le premier parc de salles en Europe en termes de qualité, de rénovation, d'innovation. Et que c'est grâce à ce système vertueux de retour sur l'ensemble des financements.

12:53
Présentateur

Sophie Benhamon, est-ce que les salles de cinéma ont su être opportunistes durant la récente séquence de canicule ? Disons qu'il y a eu une bonne communication, et une communication qui venait tout le monde, des journalistes, incitant les gens à aller au cinéma, à partager la culture. Justement, une bonne communication pour dire, il fait chaud, allez dans les salles. Certaines sont climatisées, elles ne sont pas toutes climatisées. Non, elles ne sont pas toutes climatisées. Elles ne sont pas toutes climatisées. Et par rapport, parce qu'on ne se rappelle pas bien, mais il y a eu un épisode caniculaire l'an dernier, qui a moins bénéficié au cinéma.

Donc, la canicule ne fait pas tout pour faire entrer les gens en salles. Et l'année dernière, les entrées étaient moins bonnes en temps de canicule. Donc, elles ont mieux communiqué, elles se sont peut-être mieux préparées. Et les gens avaient plus envie ou ont anticipé ce problème. Parce qu'il faut rappeler peut-être aussi, Éric Marty, qu'en France, on trouve toujours une salle de cinéma à moins d'un quart d'heure, vingt minutes de chez soi ?

13:45
Invité

C'est ça aussi le succès de la France ? C'est en général ce que l'on dit. Il y a plus de 2200 cinémas actifs en France, plus de 6000 écrans qui sont... à proximité du public. Et c'est vrai que même... Bon, tout à l'heure, Marévi Sebag parlait des circuits itinérants. C'est-à-dire que même là où il pourrait y avoir des déserts cinématographiques, il y a des opérateurs, des exploitants qui vont aller vers le public pour proposer des séances et des films. Des films récents, des films en programmation nationale. Et on a un maillage de ce côté-là qui fait plutôt des envieux ailleurs, parce que c'est assez unique.

Mais puisque vous parlez de la fréquentation des salles, le premier moteur de la fréquentation, c'est l'offre de films. Et la différence entre l'été 2025, où il a fait chaud aussi, et l'été 2026, c'est que dans les 15 jours qui précèdent la fête du cinéma, il y a eu énormément de films, une offre de films très riche pour tous les publics.

14:39
Présentateur

Vous êtes en train de nous dire qu'il faut toujours deux, trois succès,

14:42
Invité

deux, trois gros succès pour dynamiser tout le réseau ? Il faut un large éventail. Si vous avez un seul film qui va faire des millions d'entrées, c'est très bien. Mais il vaut mieux avoir des films pour chacun, que chacun puisse avoir une bonne raison d'aller au cinéma. Et il n'y a pas de meilleure raison d'aller au cinéma que les films.

14:57
Présentateur

Cette année, Sophie Benhamon, les gros succès, vous les avez tous vus, évidemment. Je rappelle que vous êtes critique cinéma. Deux millions d'entrées en deux semaines seulement pour Toy Story 5, avec la cinquième volée de Toy Story. On y va en famille, c'est aussi ça. Oui, sur Toy Story 5, en plus, il y a un effet fou. C'est que le premier Toy Story est sorti en 1995. Et les spectateurs d'alors... 33 ans après, on y retourne. Les spectateurs d'alors sont en genre du parent, d'enfants qui ont 8 ans, 10 ans, et qui sont en âge d'aimer Toy Story. Donc il y a quelque chose d'un passage de flambeau. Là-dedans, c'est très joli. Et les films d'animation ont généralement beaucoup de succès.

On le voit encore, oui. Et sur Toy Story, qui a été orchestré, bien sûr, par une campagne marketing, jouant sur cet effet nostalgie. Mais il y avait ces comédies familiales qui réunissent parents et enfants, font un très grand nombre d'entrées. Le carton, en ce moment, c'est quoi ? Mars ou Pilami ? Gros carton familial aussi ? Ce n'est pas le plus grand film, peut-être, en contenu, mais en masse, oui. Oui, il est sorti pendant les vacances. Non, mais je fais débat là-dessus, vous n'êtes pas d'accord ?

16:00
Invité

C'est le premier au box-office. C'est le seul film qui a passé plus de 6 millions d'entrées depuis le début de l'année. Les suivants sont à 5,6 millions et 5,5 millions. Donc, deux films américains.

16:10
Présentateur

Bien programmés pendant les vacances scolaires, idéalement. C'est un public captif, familial, on dit, au niveau des vacances scolaires. Je vous dis bien programmés. C'est très important aussi, dans l'année, il y a des moments où on sort des films, on sait que, selon le genre du film, il vaut mieux le sortir à l'automne qu'en décembre ?

16:26
Invité

Tout à fait. Par exemple, les films français aiment beaucoup sortir au mois d'octobre-novembre. Mais vous avez aussi la contre-programmation, c'est-à-dire le fait d'aller sur un endroit où on ne vous attend pas. Depuis, par exemple, la sortie d'Anatomie d'une chute, La Palme d'Or, à la fin août, maintenant, c'est un moment très intéressant pour les films à réessais. Et Fjord, le film qu'il y a eu, La Palme d'Or, cette année, va sortir aussi le 19 août. Donc, vous avez des programmations attendues, les films d'animation à la veille des vacances scolaires, et vous avez aussi des contre-programmations qui viennent faire l'inverse.

16:58
Présentateur

On va aller au bout de ce raisonnement. Il y a aussi ce qu'on appelle des cycles de production dans l'économie du cinéma. Et ces cycles de production expliquent peut-être aussi pourquoi on a un regain d'intérêt tous les 2-3 ans ?

17:09
Invité

Exactement. Par exemple, en 2025, vous avez une conjonction de cycles de production plutôt bas entre les films américains qui avaient subi la grève à Hollywood, les incendies d'Hollywood, qui ont beaucoup désorganisé le système de production américain. Jusqu'en France ? Oui, jusqu'en France, puisque la moitié des entrées en France se fait sur les films américains. Et les films français, qui pour des raisons de réorganisation post-Covid, étaient aussi dans un creux. Tous les 3 ans, à peu près, vous avez une année un peu plus faible. Et c'est le hasard. Personne ne sait quand est-ce qu'elle va arriver. Mais quand elle arrive, on s'en aperçoit.

17:43
Présentateur

On va retourner au standard de France Inter, où nous attend Alain. Bonsoir Alain.

17:47
Auditeur

Bonsoir Inter. D'abord, en précision, un élément de langage. Les films, on les voit au cinéma. À la télévision, on voit des téléfilms. Pour qu'on soit d'accord, qu'il n'y ait pas d'erreur de langage.

17:59
Présentateur

On va le noter.

18:01
Auditeur

C'est précis. Vous avez raison. Je suis à Bourgueuil, un petit village de 4000 habitants, dans lequel il y a deux cinémas depuis les années 20, qui ne fonctionnent qu'avec des bénévoles. Le cinéma de l'abbaye, qui est dans une ancienne abbaye, donc en ce moment très climatisée naturellement. Et le cinéma de la Michalei, qui lui est climatisé également. Ces cinémas projèlent globalement environ 6 films dans la semaine. Pas tous les jours, mais presque. Dont trois le dimanche. Un le dimanche matin à 11h pour les petits. Un le dimanche après-midi. Et un le dimanche à 18h. Donc, comme quoi, tout est possible. Et le lundi soir, c'est un jour arrêt et essai.

Et on voit des films de tous les pays du monde. Et ça, franchement, ça ouvre l'esprit. Et franchement, ça incite à la curiosité. On découvre des choses qu'on ne croyait jamais voir. Bon, il faut y penser toujours, quoi.

18:50
Présentateur

Bon, merci de ce témoignage très enthousiasmant. On note qu'à Bourgueil, il y a deux cinémas pour 4000 habitants. Et notamment des séquences pour les petits. Je voudrais revenir aux jeunes, justement. Qui regardent en grande partie ? Qui vient au cinéma ? Alors, il y a les jeunes. On va parler des plus jeunes dans un instant. Mais les 15-25 ans, ça fait encore le gros des troupes qui se déplacent au cinéma, Éric Martin ?

19:13
Invité

En fait, en fonction des films, naturellement, on a des publics qui sont plus ciblés. Et on va retrouver, en fonction des succès, le type de public que l'on a. C'est évident qu'on parlait tout à l'heure d'Obsession ou de Backrooms. Ça va attirer des jeunes adultes. Parce que c'est un style qui attire en particulier les jeunes adultes. On est sur les 15-25. On a des films qui sont pour des publics certainement plus matures. Et ça fonctionne bien quand tous les publics sont là. Famille, c'est ce que disait tout à l'heure Marc-Évisebeg ou Sophie Benhamou. Il faut avoir une programmation diversifiée qui permet à chacun d'y trouver son plaisir.

Et donc, on va avoir des films famille, des films qui attirent les jeunes. Quand on va parler d'un super-héros qui va sortir dans quelques semaines, on sait qu'on a un public jeune, de jeunes adultes, qui va venir. Et puis, il faut des films qui attirent très très large, le plus large public, qui va même convaincre des gens qui ne vont pas nécessairement très souvent au cinéma d'y revenir. C'est le succès de De Gaulle actuellement.

20:09
Présentateur

Alors, je voudrais parler des plus jeunes. On va revenir à ce que vous vouliez dire, mais je voudrais vous interroger sur les plus jeunes. On va partir des efforts que fait le gouvernement, que font les gouvernements successifs pour aider chacun à aller au cinéma. Le bilan de la culture est légèrement en baisse cette année. Cela dit, si on regarde l'ancienne ministre de la Culture, Rachida Dati, elle avait lancé une opération pour que tous les gamins aillent au moins, puissent aller au cinéma à travers des scolarités. Et est-ce qu'on a un bilan de tout ça ?

20:40
Invité

Oui, vous évoquez ce qu'on appelle l'éducation à l'image, l'éducation au cinéma. Il y a un plan qui s'appelle Ma classe au cinéma, qui va de la maternelle jusqu'à l'université, et qui permet à chaque élève, chaque enfant, en l'occurrence, d'aller trois fois par an au cinéma avec son enseignant en classe, et d'avoir en classe, après, un retour sur le film, un travail sur le film. Alors, bien sûr, ce ne sont pas les mêmes films lorsqu'on est en maternelle et lorsqu'on est au lycée. Et il y a plus de 2 millions d'élèves, donc sur les 10 millions, donc 20% des élèves, qui font partie de cette opération Ma classe au cinéma.

Édouard Jeffrey, le ministre de l'éducation nationale, qui a d'ailleurs fait lui-même un rapport sur Ma classe au cinéma, est très investi sur ces sujets, parce que ça fait aussi partie de la volonté de distancier les enfants des petits écrans pour qu'ils lèvent la tête et voient le grand écran. Donc il y a un élément, j'allais dire, d'expérience collective de l'image, de partage autour de l'image, qui est inclus au-delà de l'approche des oeuvres et de l'approche des oeuvres les moins élevantes.

21:36
Présentateur

Il faut bien apprendre à comprendre l'image. Je voudrais dire, m'intéresser avec vous, Sophie Benhamon, au montage des films. Et on va entendre dans un instant, Paul qui est à Rouen, il a 15 ans, et il nous attend. Mais je voudrais vous demander avant, les films qui sont montés aujourd'hui, notamment pour les jeunes, ils ont un montage rapide. Il ne faut pas que ce soit trop long. Les jeunes n'aiment plus le long terme. Est-ce que ça se vérifie dans la réalisation ? Parfois, oui, sur certains films. Mais un réalisateur ne va jamais se dire je vais coller pour toucher certains films. Les films d'animation ne sont pas montés avec des séquences de 3 secondes et pas plus ?

Non, ce n'est pas vrai. Bon, bon, je posais la question. On va écouter Paul, justement. Bonsoir, Paul. Bonsoir. Vous êtes à Rouen, vous avez 15 ans. On vous écoute.

22:24
Auditeur

Eh bien, j'ai 15 ans, j'habite à Rouen. Je vais souvent au cinéma. C'est un cinéma arrêt-effet, à Rouen. C'est un peu de cinéma. J'essaie d'y aller plutôt aussi. J'essaie d'amener des gens là-bas. J'ai fait mon stage de 3ème. Et j'essaie de forcer les gens à y aller plutôt que de regarder des films de streaming.

22:40
Présentateur

Quand vous dites les gens, ce sont vos copains ?

22:42
Auditeur

Mes amis, ma famille, plein de gens, plein de personnes.

22:45
Présentateur

Et autour de vous, est-ce que vous avez des difficultés à convaincre vos copains, vos copines de venir au cinéma pour un film d'arrêt-essai ?

22:53
Auditeur

Non, ça dépend des personnes. Il faut être assez ouvert sur le cinéma pour aller voir un cinéma. Enfin, un film arrêt-essai. Parce que c'est un peu plus compliqué. Ça va moins vite. Ce n'est pas un film industriel. C'est plus lent. Il faut prendre plus de temps pour comprendre.

23:09
Présentateur

Écoutez, merci beaucoup de ce témoignage. Et vous allez combien de fois au cinéma par an ?

23:14
Auditeur

Par an, je ne saurais vous dire. Mais je sais que j'y vais C'est régulièrement. Un à deux fois par semaine, oui.

23:19
Présentateur

Un mot sur le coup. Qui paye la place de cinéma ? C'est vous ? C'est vos parents ?

23:24
Auditeur

Je vais vous parler honnêtement. Vu que j'ai fait mon stage de troisième là-bas, j'y vais gratuitement.

23:28
Présentateur

Ah bah écoutez, c'est très bien. Si vous avez fait un stage, c'est très bien. C'est un sujet, le prix des places de cinéma. Jusqu'à 20 euros dans les salles les mieux équipées. Le ticket moyen, il est quoi ? 7,40 euros ?

23:42
Invité

7,40 euros.

23:43
Présentateur

7,40 euros. C'est encore trop cher pour des familles nombreuses qui veulent y aller ensemble ?

23:46
Invité

Alors après, c'est une moyenne, 7,40 euros. Vous avez 70% des billets qui sont vendus qui sont vendus à moins de 7 euros. Et au-dessus de 10 euros, il n'y a que 15% des billets qui sont vendus. En fait, les cinémas, ils sont extrêmement divers. On avait la salle de Bourgogne, la salle des Sables d'Olonne, la salle de Rouen. Des villes de taille très différente dans lesquelles vous avez une offre de cinéma très différente. Vous avez des salles dans lesquelles les billets ne sont vraiment pas chers parce que c'est des toutes petites villes. C'est des salles qui appartiennent à la municipalité, souvent, des salles publiques.

Et puis vous avez inversement, dans les très grandes villes, des salles avec une technologie incroyable, une expérience très différente. Et pour chaque catégorie, vous avez des prix différents et puis vous avez plein d'offres tarifaires. Donc il y a un grand éventail de prix. Sophie Benhamon ?

24:27
Présentateur

Et on parlait des jeunes. Ils ont souvent des tarifs très concédés. Et en plus, le Pass Culture leur permet d'acheter des places de cinéma et donc d'y aller gratuitement puisque le Pass Culture, c'est un argent qui leur est donné soit à leurs 15 ans, soit plus tard après à leurs 18 ans. Éric Marty, que répondre à des familles qui disent que c'est encore cher malgré les efforts que chacun peut faire ?

24:47
Invité

Alors, de toute façon, c'est une dépense. Mais ce qu'on observe, nous, puisqu'on regarde un peu sur différents pays à l'international, en France, le prix, justement, a peu évolué, c'est-à-dire en termes de prix moyen. C'est vrai que l'échelle des prix s'est élargie. Mais en même temps, l'offre entre les très grands écrans avec les effets, avec etc. Et puis d'autres cinémas où l'expérience est là, mais avec des moyens plus simples, ça peut justifier des différences de prix.

Si on regarde nos pays voisins, nos amis autour de nous, le prix est nettement plus cher en Suisse, il est plus cher en Allemagne, il est plus cher en Belgique, il est plus cher aux Pays-Bas, il est plus cher en Angleterre. Donc le cinéma reste quand même, pour l'instant, en France, le divertissement le plus accessible et très régulier. En plus, effectivement, que ce soit un indépendant ou que ce soit les circuits, tous ont des formules d'abonnement, qui fait que quand on y va plus d'une fois par mois, presque une fois par semaine, deux fois par semaine, on trouve assez facilement le moyen d'avoir des places à prix abordables.

25:44
Présentateur

Quel avenir pour les salles ? Vous vouliez dire quelque chose ? Je vous ai coupé peut-être.

25:47
Invité

Oui, qu'en fait, finalement, au fond, lorsque vous voulez aller au cinéma, ce qui va d'abord motiver le fait que vous alliez au cinéma, c'est le désir de voir un film. Et après, vous allez trouver la salle qui vous convient, au prix qui vous convient, mais c'est d'abord le désir de voir un film.

26:01
Présentateur

Quel lien entretenez-vous avec les salles de cinéma en France ? On en parle jusqu'à 20h. France Inter, le téléphone son. Michel, vous êtes en Ardèche. Bonsoir, Michel.

26:15
Auditeur

Bonsoir.

26:15
Présentateur

On vous écoute.

26:17
Auditeur

Eh bien, écoutez, je me posais une question, vu l'importance que ça prend de plus en plus dans les salles. Je voulais savoir quelle était la part du chiffre d'affaires réservé au popcorn dans le circuit du cinéma français ?

26:28
Présentateur

C'est une boutade, mais ça a disparu un peu les popcorns. On les mange avant, mais celle qui venait distribuer avec son panier en osier, elle, elle a disparu.

26:38
Invité

Il n'y a plus de panier en osier, mais il y a effectivement de la confiserie dans les salles de cinéma qui en proposent. Certaines n'en proposent pas. Et celles qui en proposent, c'est aussi parce que les spectateurs ont intégré cette pratique dans le fait d'aller au cinéma. Alors après, il y a différents niveaux de parts dans le chiffre d'affaires, parce que c'est la question de notre auditeur. Eh bien, ça dépend des salles, ça dépend des publics, ça dépend des films aussi. Il y a des films à popcorn

27:03
Présentateur

plus que d'autres.

27:04
Invité

Oui, d'ailleurs, les Anglais, les Américains ont une expression, c'est popcorn movie, c'est-à-dire un film familial, etc. Mais globalement, cet usage-là, il fait partie, comme autrefois l'esquimau, de la venue au cinéma.

27:18
Présentateur

Michel, vous êtes encore à l'antenne, en Ardèche. Si vous nous parlez du popcorn, c'est parce que ça vous énerve, en fait.

27:23
Auditeur

Eh bien, écoute, non, ça m'énerve. J'étais très surprise. Je suis allé voir De Gaulle l'âge de fer et je ne pensais pas que le général puisse manger autant de maïs vraiment pendant cette période.

27:34
Présentateur

Merci beaucoup de ce témoignage. On parlait de De Gaulle à l'instant avec cet auditeur. Sophie Benhamon, je vais me tourner vers vous. C'est un vrai carton pour les deux volets de la bataille de De Gaulle. Le premier volet n'avait pourtant pas attiré les foules. Là encore, c'est le bouche-à-oreille qui arrive à dépasser une mauvaise programmation. Oui, je ne dirais pas que c'est une mauvaise programmation. Je m'interrogerais plutôt sur la campagne de lancement. C'est ça que je voulais dire, une campagne de promotion. Est-ce que Cannes était la bonne plateforme pour lancer ce film ?

Je pense qu'ils ont voulu, Pathé a voulu faire comme pour le conte de Monte Cristo où ça a été lancé à Cannes puis sorti fin juin et ça a fait un million en première semaine. Est-ce que l'affiche du film avec la croix de Lorraine et les noms était la meilleure affiche ? Est-ce que ce titre La bataille de Gaulle Partie 1 L'âge de fer était vraiment celui qui était le plus vendeur ? Donc effectivement, le film a mis du temps à démarrer et le bouche-à-oreille a commencé peut-être 15 jours à commencer vraiment vers le 20 juin soit 15 jours après la sortie du premier volet à prendre et les gens disaient sur les réseaux mais c'est vraiment bien allez-y, j'en sors et ça a pris comme ça.

La montée en puissance de ces deux volets de la bataille de Gaulle vous l'expliquez comment Eric Marty ?

28:49
Invité

En fait, on a vu que le film est sorti à une date très particulière puisqu'en général début juin le marché est assez faible et effectivement à ce moment-là le marché s'est trouvé sur 15 jours d'être un peu essoufflé mais dès le premier week-end on avait noté que la dynamique du film c'est comme ça qu'on l'appelle sur vendredi, samedi, dimanche était très positive ce qui voulait dire qu'il y avait un potentiel effet de bouche-à-oreille.

La deuxième semaine le film a la fréquentation a baissé un peu mais finalement moins que les autres et là aussi il y avait ce qu'on appelle une belle stabilité sur la deuxième semaine donc tous les éléments étaient là pour indiquer que les réactions et vous voyez les réactions des spectateurs étaient très positives.

en troisième semaine il y a eu deux conjonctions le bouche-à-oreille qui a commencé vraiment à jouer et c'est probablement un public très très large donc il faut aller chercher ça prend un peu plus de temps qu'un film comme Backrooms qui arrive avec une campagne autour d'un public qui est déjà très mobilisé et là on a eu la combinaison de ce bouche-à-oreille qui s'est vraiment mis en place et de la canicule il fait plus de 2% sur le week-end il fait plus 17% sur la semaine mais la semaine d'après il fait encore plus 71% c'est-à-dire qu'en quatrième semaine il fait plus que sa semaine de lancement et ça c'est rarissime et ça c'est pas la canicule ça c'est le film et les gens qui en parlent Marc Ollier-Sébag mais c'est aussi l'histoire que raconte le film où on a un homme seul à Londres et puis 4 ans après il a la France derrière lui toujours un bon film c'est un peu l'histoire de la fréquentation de ce film

30:12
Présentateur

on parle de la dynamique ce soir du cinéma en France vous l'avez vu arriver cette dynamique c'était à la mi-décembre déjà il y avait des signes précurseurs

30:21
Invité

exactement on a depuis début décembre la sortie de Zootopie 2 ce film de Disney on a un changement de cycle on passe d'une année très déflationniste très morose qui est l'année 2025 à une croissance mois après mois de la fréquentation plus 20% dans les 7 derniers mois qui viennent de se passer et d'ailleurs la fête du cinéma a fait plus 20% tout le monde fait plus 20% et donc ce qui permet de relativiser l'effet canicule d'ailleurs parce qu'on a une succession effectivement de films très grand public et puis aussi on a une réactivité certains diraient résilience du public une réactivité du public à chaque offre qu'il lui fait et à chaque segment on parlait des deux films d'horreur obsession et backrooms on parle de De Gaulle c'est à dire dans le public de De Gaulle il y a aussi beaucoup de gens qui ne sont pas allés au cinéma depuis longtemps et qui vont aller voir ce film parce que ça correspond à leur imaginaire à leur culture historique et à leur envie d'aller voir une grande oeuvre classique au cinéma et donc on a une offre pour chacun il ne suffit pas d'avoir des films grand public il faut aussi des films pour tout le monde et c'est ça qu'on essaye de proposer

31:26
Présentateur

Eric Marty et après Sophie Benhamon

31:28
Invité

sur le retournement de tendance c'est vrai qu'on l'a observé à la fin à la fin de l'année dernière et ce qui est intéressant c'est qu'il fait partie avec des films très grand public comme Zootopie ou comme Avatar ensuite on a vu le phénomène La femme de ménage mais dans le même temps on avait un film comme Le sang des forêts qui passait le million qui était quand même une proposition tout à fait originale avec Le Bram Dusser et puis ensuite on a eu l'affaire Bozarski qui a été largement qui a eu un public plus large que ce qui était attendu et qui était un vrai premier succès français donc on a cette dynamique qui s'est mise en place et quand on a les deux moteurs qui fonctionnent des films américains qui vont parler d'eux quand même et puis des films français qui plaisent et qui offrent une diversité au public c'est là que le marché fonctionne le mieux c'est ce qu'on a depuis la fin décembre Sophie Benhamon

32:15
Présentateur

je pense aussi qu'il ne faut pas toujours juger les films à l'aune de leur première séance de leur premier week-end c'est pourtant ce qu'on fait dès le premier mercredi et il y a des films qui s'installent sur la durée Michael par exemple alors j'étais surpris par Michael je vais vous dire parce que moi je m'attendais à un film avec l'aval de la famille je me suis dit bon bah ça va être un film promotionnel et j'ai lu que vous avez bien aimé ce film là au final oui absolument parce qu'il y a quand même une performance incroyable d'acteur c'est son neveu je crois c'est son neveu absolument et il y a aussi beaucoup d'entrains à chanter et c'est un film qui se partage en famille on voyait des vidéos sur les réseaux sociaux où les gens pendant le générique du film continuaient à danser sur ça donc il y a quelque chose on apprend des choses sur Michael Jackson et certes c'est pas encore sur la période controversée de Michael Jackson non ça ça a été évité soigneusement par la famille

33:05
Invité

mais ce qui est intéressant c'est qu'il y a tout un public jeune beaucoup plus jeune des moins de 20 ans qui vont voir ce film et qui découvrent Michael Jackson donc le succès des films il n'est pas toujours là où on l'attend et c'est ça la magie du cinéma c'est que vous avez des choses imprévues qui se passent et j'ajouterais au casting de Michael qui est un des éléments du succès un très grand producteur qui avait déjà fait un grand succès avec Bohemian Rhapsody Graham King et qui a signé de très grands succès hollywoodien même s'il est britannique et donc c'est pas étranger à la réussite de ce film qui a mis du temps à se faire mais qui est assez le succès est là

33:39
Présentateur

Dominique nous appelle de Haute Corse bonsoir Dominique

33:43
Auditeur

bonsoir France Inter bonsoir à vos invités moi je voudrais faire l'éloge des salles obscures parce que comme je disais à votre collaborateur que ces salles obscures créent une émotion lorsqu'on a vécu on a vu le film ensemble donc il y a il y a ce qu'on appelle ça crée une convivialité ça crée quelque chose de différent qu'à la télévision le film à la télévision au cinéma c'est différent voyez-vous

34:10
Présentateur

bien sûr merci beaucoup de ce témoignage des salles obscures qui donnent de l'émotion et de la convivialité et pourtant malgré le constat dynamique que l'on note depuis le début du semestre on entend encore parler de salles qui vont fermer les salles sont encore

34:27
Invité

en danger en France mais la fragilité des salles de cinéma elle vient des différentes périodes difficiles qu'on vient de traverser pendant le Covid pendant 300 jours les salles ont été fermées l'année dernière par exemple a été une année extrêmement difficile puisque quand vous êtes vous avez une fréquentation très en baisse comme l'a été l'an dernier et bien c'est la trésorerie des entreprises et des salles qui est vraiment mise à contribution donc il y a une fragilité et puis il y a une dépendance à une offre que vous ne maîtrisez pas parce que l'offre de films elle vient d'où ?

Elle vient de Hollywood et elle vient des producteurs français et cette incertitude elle peut inquiéter mais c'est pour ça que la résilience la réactivité des spectateurs français elle est fondamentale et l'ensemble du système français du CNC du compte de soutien avec ce système du fonds de soutien est fondamental pour maintenir les salles ouvertes car sans ce système il est probable que ces à-coups qui n'étaient pas habituels auparavant ces à-coups très forts et bien ils seraient beaucoup plus mortifères qu'ils ne le sont Sophie Benhamon vous rencontrez

35:35
Présentateur

des acteurs des réalisateurs ils sont inquiets de ces fermetures potentielles de salles toujours menacées ?

Alors oui les salles les fermetures de salles oui mais il y a aussi les distributeurs qui sont très menacés et là on a un grand distributeur français qui s'appelle Backfilm qui est en très mauvaise santé financière et donc ce qui est important c'est de voir tous les acteurs du système pas seulement les acteurs parce que les distributeurs investissent beaucoup dans le film avant qu'il soit en tournage ou pendant qu'il est en tournage pour qu'il existe en salles donc je pense qu'il faut penser aux salles bien sûr mais pas qu'aux salles il faut penser au distributeur qui est un grand maillon de cette chaîne du cinéma Eric Marty qui réfléchit en France au cinéma aux salles de cinéma de demain quelqu'un s'en préoccupe en permanence de ça ?

36:23
Invité

Alors en premier lieu les exploitants qui se posent de questions et qui se réunissent très très régulièrement pour parler de ces questions qui tentent des choses qui essayent ici ou là des formules nouvelles des propositions il y a des propositions architecturales aussi qui sont parfois assez audacieuses et on voit des salles du futur qui proposent des systèmes d'accueil du public ou de présentation des films qui sont nouvelles il y a des industriels des industries techniques qui améliorent la qualité les fauteuils parce que dans l'expérience du cinéma il y a aussi toutes ces conditions d'accueil qui ont été énormément améliorées depuis dix ans la qualité du fauteuil la qualité du son la qualité de l'image tout ça c'est un ensemble la qualité du noir dans la salle est quelque chose sur laquelle on travaille pour avoir moins de reflets La qualité du noir

37:05
Présentateur

expliquez-nous ça

37:05
Invité

Avoir des revêtements obscurs mais qui soient des revêtements opaques et qui ne soient pas justement brillants pour ne pas être gênés au moment que la seule chose qui soit importante soit l'écran ou également aussi à l'inverse des propositions il y a un industriel français qui propose ICE avec un écran qui lui est élargi ce qui fait que vous avez une impression plus immersive donc voilà on travaille beaucoup sur des formules pour demain Et cette innovation elle est sur l'ensemble du champ de la construction et de l'exploitation d'une salle de cinéma en particulier pour être plus économe et plus durable on avait l'exploitante de Pont-Sainte-Marie mais dans beaucoup de salles par exemple le changement des projecteurs jusqu'à présent les projecteurs étaient à lampe vous savez le cinéma c'est une industrie de lumière il faut faire de la lumière et la lumière ça consomme beaucoup d'électricité et donc il y a des nouveaux projecteurs qui sont extrêmement économes qui sont à cellules laser et qui permettent d'économiser énormément d'électricité c'est un enjeu majeur dans la société d'aujourd'hui

38:03
Présentateur

Et bien merci à tous les trois d'être venus brillamment répondre aux auditeurs de France Inter le téléphone sonne c'est terminé Le téléphone est un enjeu majeur