L’impact écologique du numérique et de l’IA | #Amfis2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bienvenue et merci pour votre présence. Bienvenue à cette conférence sur l'impact écologique du numérique et de l'intelligence artificielle. Je vais présenter en 5 petites minutes les grands enjeux de cette conférence et nos intervenants à qui je laisserai ensuite la parole.
Il y a une association fréquente ancienne entre le numérique et l'idée de l'immatériel. Et cette association fait souvent oublier que l'économie numérique, les infrastructures numériques reposent sur des infrastructures très matériel euh data senteur géant, câble sous-marin euh et sans même parler des étapes en amont euh qui reposent sur l'extractivisme. Vous avez tous entendu parler des batailles pour les terres rares, les mineurs, stratégiques et cetera qui sont très liés au capitalisme numérique.
Euh, on pourrait aussi parler des usines de production de semi-conducteurs. Par exemple, une île comme Taïwan qui est certainement l'île au monde qui a le plus de de de produit le plus de semiconducteurs et en déficit hydrique du fait de l'immense quantité d'eau utilisée pour produire le semi-conducteur. Donc le numérique c'est aussi l'exploitation de la nature et des ressources.
En France, par exemple, 10 % de la consommation électrique est représenté par le numérique. Et si on continue sur la pente actuelle, on aura une multiplication par 3 de l'empreinte carbone mondiale du numérique d'ici 2050. Nous avons récemment débattu à l'Assemblée d'une loi de simplification de la vie économique qui aggrave encore cette pente.
On verra plus tard les détails, mais qui fait que les dirigeants actuels, les macronistes sont dans une logique d'accélérer vers le mur. L'objectif de cette conférence, c'est donc de rendre visible la face matérielle physique numérique de l'intelligence du numérique et de l'intelligence artificielle, pardon. c'est de décrypter les mécanismes d'accaparement et de concentration des acteurs du secteur numérique et tout simplement de prédation pure et simple.
Et enfin, c'est d'esquisser des alternatives euh qui ne sont pas à la fin du numérique. Si tentez que ce soit souhaitable, ce qui de notre point de vue ne l'est pas, c'est c'est de toute façon un objectif qui n'est pas réaliste, qui n'est pas réalisable à horizon visible. Le numérique est partout.
Euh et il faut il nous faut proposer d'autres voies mais qui soient connecté à à la réalité des choses. Et donc on doit penser une nouvelle manière de mettre en œuvre un numérique sobre au service des besoins essentiels, des besoins planifiés collectivement, au service du grand nombre et non des seuls profits de quelques seigneurs de la tech qui sont qui se sont mis par ailleurs au service d'un néoimpérialisme et d'une nouvelle forme de capitalisme qui est encore plus lié à la guerre. que d'autres formes précédentes de capitalisme.
On y reviendra. Pour évoquer ces enjeux, nous avons invité le collectif Le nuage et sous nos pieds représenté par Anti, un collectif marseillais et qui notamment fait beaucoup d'enquêtes et des luttes de terrain sur les data center à Marseille et ils pourront entre autres nous proposer un panorama des luttes en cours euh et qui donne beaucoup d'espoir. Notre autre invité est Bastien Lequere de la Quadrature du NET, une association que beaucoup d'entre vous je pense connaissent et il reviendra notamment sur les enjeux de la publicité en ligne, de l'extractivisme et les besoins mais aussi les limites de l' de l'encadrement légal actuel.
Je donne la parole à Anti pour 15 minutes. Moi-même, j'interviendrai une petite dizaine de minutes pour rappeler les solutions que nous nous proposons à la France insoumise et je redonnerai la parole à Bastien Lequé avant que nous puissions échanger une trentaine de minutes avec vous. Euh ben bonjour à toutes et à tous.
Donc moi je m'appelle Anti, vous m'entendez bien ? Euh je m'appelle Anti. Ben comme ça a été dit, je fais partie de ce collectif qui s'appelle Le nuage était sous nos pieds qui existe depuis un peu plus d'un an maintenant et effectivement qui a commencé à à enquêter sur les infrastructures du numérique à Marseille.
Mais euh évidemment très vite comme ça n'a pas de sens vu que c'est une infrastructure complètement mondialisée, de s'arrêter à Marseille, mais que Marseille est quand même un cas euh euh potentiellement emblématique euh des enjeux que ça peut poser euh sur les territoires. Par contre, je me permets quand même de préciser que aujourd'hui en France, l'endroit où il y a le plus de data center et le plus de projets de data center en cours, c'est quand même l'Île-de-Fance et que c'est parce que j'ai l'impression que là, il y a eu un espèce de de coup de projecteur médiatique sur Marseille alors que ce qui est très bien aussi alors mais la réalité de des impacts territoriaux en ce moment en France, ils sont plus euh en Île-de-Fance. Euh voilà.
Euh du coup, je vais essayer de vous de vous faire un petit témoignage à partir un peu de comment ça s'est passé nous depuis nos enquêtes territorial et les les enjeux qu'on a traversé pour éventuellement essayer de de tirer quelques fils réflexifs à partir de nos luttes de terrain. Donc au nuage, on est un on est un groupe de de de collectifs de personnes issues de différents collectifs. des personnes plutôt issues des luttes du numérique comme des gens de Technopolis, de la quadrature du Net, mais aussi des gens plutôt issus des lutte pour l'eau comme le collectif des Gamars ou de luttes plutôt antifasciste contre le projet sioniste génocidaire et cetera parce que très vite on se rend compte que le l'objet data center en réalité vient rassembler énormément de luttes différentes mais si on prend le le fil depuis le début On on on pardon, j'entends hyper fort.
Euh du coup, si on prend le fil depuis le début euh du coup c'est euh l'enjeu l'enjeu qu'on qu'on a. Donc c'est en fait ça ça part plutôt d'une rencontre entre ce collectif des Gamars qui du coup travaille sur les questions de l'eau à Marseille et les gens de la quadrature du net et de Technopolis parce que le collectif des Gamars s'était rendu compte que toute une partie des eaux du massif de l'étoile était siphoné par une ancienne galerie minière qui était utilisée aujourd'hui pour refroidir les data centers qui sont situés sur le grand port maritime de Marseille. Et dans la discussion avec les personnes de la Quadrature du Net et de Technopolis, on s'était rendu compte que si euh le discours euh sur la matérialité du numérique il existait, on commence à dire bah le numérique c'est des data centers.
C'est en fait le travail de territorialiser et de localiser ces objetsl sur le territoire avait très peu été fait. Et donc finalement on dit le le chose de très matériel. D'accord.
Mais en fait par où ça passe ? où sont les endroits, quelles sont les prédations concrètes, sur quel réseaux électrique ils viennent pomper leur électricité et cetera. Et finalement, c'est un peu ça qui a enclenché notre notre enquête.
Et très vite, on s'est rendu compte que ça faisait à peu près presque 10 ans que une multinationale états-unienne, sans que ça fasse vraiment euh objet de débat public euh et même de débat médiatique euh que une multinationale américaine avait jeté son dévolu sur Marseille depuis 2015. Donc techniquement, c'était d'abord Interion qui était des capitaux néerlandais qui a été racheté par Digital Realty, qui est un des leaders de data center de colocation dans le monde qui avait décidé de faire de Marseille une nouvelle capitale du data center. Et pourquoi Digital Realty décide de faire de Marseille sa nouvelle capitale du data center ? notamment parce que c'était un comme un comptoir pour ce développement stratégique sur le pourtour méditerranéen parce que 18 câbles intercontinentaux arrivent à Marseille donc en partant de Singapour, en faisant le tour de l'Afrique ou en partant d'Amérique du Sud et que ça permettait de connecter ces grands réseaux euh intercontinentaux, donc par où passe 99 % de la donnée mondiale, de les connecter au nord de l'Europe de l'Ouest à travers l'axe un rône et que du coup c'était aussi un point stratégique d'un point de vue géographique.
Donc après les câbles terrestres, ils vont surtout suivre les infrastructures d'autoroute et ça c'est aussi intéressant de voir comment est-ce que les toutes ces infrastructures là où les anciens câbles sous-marins, ils suivent les anciens câbles télégraphiques qui permettaient de à la France de se relier à ces colonies par à travers Marseille. Euh c'est euh du coup on voit qu'il y a une espèce de mémoire des couches infrastructurelles qui euh qui se superposent les unes aux autres. Euh du coup euh en disant ça euh une des une des autres une des autres raisons et queon va aborder plus longuement pour lesquelles ils ont choisi Marseille, c'est notamment la complicité des euh des collectivités territoriales.
Donc la région par exemple se s'annonce terre terre d'intelligence artificielle et cetera et des politiques et des politiques nationales qui ont une volonté d'ouvrir grand les portes aux investisseurs étrangers pour construire les infrastructures du numérique. Donc pour rester dans un premier temps un peu plus sur c'est quoi le le data center, donc je sais pas si tout le monde est complètement familier familière avec c'est quoi cet objet là et c'est quoi plus précisément un data center de colocation parce que Digital Realty c'est un opérateur qui est spécialisé dans les data center de colocation. C'est euh un comme un un agent immobilier qui euh construire l'enveloppe des data centers, assurer le raccordement électrique, assurer les capacités de refroidissement des data center et cetera. et puis il va louer euh les B de serveur qui sont à l'intérieur et qui va les louer soit à des collectivités territoriales, soit à euh des big tech directement qui vont y installer leurs leurs serveurs pour le cloud et cetera et cetera, soit des entreprises de capitalisme de plateforme comme Netflix ou Uber et cetera.
Et euh et donc euh les les bigch comme euh qui produisent les infrastructures cloud, donc ils vont euh euh mettre à disposition donc Amazon, euh Google ou Microsoft, ils vont produire aussi leur propre data center, mais ils peuvent parfois utiliser ces opérateurs là qui sont des opérateurs qui fonctionnent presque comme des sous-traitants qui prennent le risque lié aux enjeux d'installation à la place du gars femme. Et du coup c'est du coup ça c'est la spécificité du data center de colocation et du coup j'ai déjà commencé à un peu le dire mais un des enjeu principal c'est pour ces opérateurs là c'est d'assurer la capacité déjà de raccordement énergétique. Donc on le sait bah un un data center c'est comme des centaines de milliers d'ordinateurs stockés dans un dans un bâtiment. euh ça consomme énormément euh d'énergie, surtout d'énergie électrique euh euh quelle que soit la source euh de l'électricité en amont et euh et du coup, on va avoir un enjeu de triple redondance où en général il va y avoir un raccordement au réseau électriques, il va y avoir des cuves, des cuves de fiou pour faire fonctionner des générateurs en cas de en cas de de de coupure de courant et des batteries au lithium parce que pour si jamais il y a un problème et sur le fiel et sur l'électricité et sur le réseau de raccordement.
Donc on voit déjà que ça vient capter énormément de ressources énergétiques et cetera. Les cuves de fiou enfin les générateurs, il faut les faire tourner assez régulièrement pour en assurer la maintenance. ça fait de la pollution atmosphérique et cetera et cetera, mais surtout ça vient faire une prédation massive sur le réseau électrique.
Donc juste pour des juste pour des chiffres un peu comme ça, dans le monde 2 % de l'électricité mondiale va au data center. Aux États-Unis, c'est 8 %, en Irlande, c'est 20 % et en France pour l'instant c'est 2 % avec prévision de 6 % d'ici 2050. Et si on prend le numérique dans son ensemble, c'est 11 % de l'électricité pour l'instant qui est captée par le secteur du numérique.
Et donc évidemment ça ça vient rentrer dans des conflits d'usage territoriaux. Donc il y a une histoire un peu sur le maire de Marseille avait voulu faire passer une flotte de bus électrique. Il a dû renégocier avec Digital Realty pour récupérer un peu de d'électricité.
Mais aussi beaucoup plus important peut-être c'est à Marseille dans les quartiers nord. Vous savez peut-être qu'il y a une grosse lutte sur les enjeux de électrification des quai pour que les navires quand ils sont à qu puisse se raccorder au réseau électrique et ne plus faire tourner leur moteur parce que du coup c'est tout ça ça crée une pollution atmosphérique massive qui vient intoxiquer les les quartiers nord et c'est des vrais enjeux de santé publique. On a des documents de RTE qui disent clairement que ça que ils n'ont pas pu enfin qu'ils ont dû retarder l'électrification des quais pour pouvoir raccorder au réseau électrique.
Et là en ce moment, peut-être que vous avez entendu vous en avez entendu parler aux alentours de Harle dans La cetera. Il y a un gros projet de ligne THT euh de ligne à très haute tension euh qui euh qui est censé transporter 4 MW pour le ramener sur le territoire euh du port Marseille Fosse et que ces quatre ces 4 GW nécessitent de construire des nouvelles infrastructures du réseau électrique. Donc c'est toujours aussi les questions sur quel est le rôle de RTE en tant que opérateur public dans les infrastructures qui vient construire pour des opérateurs privés et à peu près 20 % de de l'électricité qui est censée être amenée par cette ligne à très haute tension est dans les annonces de RTE dédié au data center.
Un des éléments que pointe cette c'est les collectifs en lutte contre cette ligne à très haute tension, c'est que pour l'instant les 4 GW, c'est pas très clair où est-ce qu'ils vont être produits et que on voit aussi cet effet de on a besoin de de raccord enfin on a besoin de construire une ligne pour les data centers. Après on a construit une ligne mais il y a pas assez de production. Du coup, on pourrait en profiter pour reconstruire des centrales nucléaires et cetera.
Et on voit très bien comment euh euh les opérateurs des data centers deviennent aussi une pression assez importante sur le réseau euh euh électrique et son fonctionnement actuel. Donc en allant un peu plus vite, c'est un peu moins le sujet en France parce que comme le réseau nucléaire permet une prédation sur l'électricité assez importante, on va plutôt avoir des technologies de refroidissement qui sont liées à l'électricité et au gaz frigorigène qui par ailleurs ont des fuites et vont polluer les milieux et cetera. Mais mais à travers le monde, une des très grandes prédations des data center pour les technologie de refroidissement en général, c'est les consommations en eau et du coup c'est c'est à peu près, je crois en 2023 c'était 560 milliards de litres d'eau qui avaient été consommés pour les technologies de refroidissement des data center.
Après euh un des enjeux assez donc ça c'est vraiment les enjeux territoriaux. Après, il y a des nuisances et cetera. Après, ça a déjà été mentionné euh en plus de ces enjeux territoriaux euh territoriaux sur les impacts un peu directs que peut avoir le data center, il y a tout ce que tout ce qui représente la chaîne de production du data center.
Donc on se rend compte que pour produire un data center, bah il faut des puces, il faut des microprocesseurs, il faut tout ce qui vient composer la matérialité du numérique. Peut-être vous avez assisté à la table ronde sur l'extractivisme qui avait lieu juste avant. Euh c'est euh des enjeux colossaux, c'est euh ce qui euh c'est euh le le big tech et euh les enjeux de prédation sur les ressources minières pour pouvoir construire les infrastructures du numérique qui euh euh qui euh nécessitent le pillage généralisé, euh que ce soit en République démocratique du Congo, en Amérique du Sud et cetera.
Donc je vais pas m'attarder là-dessus. Il y a toute la chaîne de production qui est catastrophique en terme de coût humain et de coût écologique sur toute la chaîne. Après, il y a l'aval du data center qui est les serveurs, ils durent en général entre 2 et 10 ans et après ils sont envoyés dans des décharges.
On arrive très mal à réemployer les puces et cetera. Donc euh tout ça pour dresser c'est c'est on a les impacts territoriaux directs et après on a les impacts euh de la chaîne de production euh qui sont à la fois catastrophiques d'un point de vue humain et euh d'un point de vue euh écologique. Euh ensuite pour essayer d'aller euh plus vite, je voulais vous citer par exemple le travail de de Stop Micro qui est un collectif basé à Grenoble qui visibilise très bien les enjeux de la chaîne de production des puces.
Je voulais vous citer euh le travail de Fairphone qui essaie depuis 15 ans de faire des téléphones et qui avoue que il n'y arrive pas du tout et que c'est absolument impossible étant donné la structure du capitalisme contemporain. Je voulais vous parler de Génération Lumière qui est un collectif de réfugiés congolais qui dénonce ben la dépendance des bigch et enfin de cette de ces infrastructures du numérique au pillages et au massacres qui peuvent avoir lieu là-dedans. Mais je passe très vite.
Ce qui me paraît important de nommer, c'est que nous à la base, c'est parti un peu d'enjeux territoriaux et très vite, on s'est rendu compte que le data center en tant que tel était une prise potentielle pour adresser toutes ces problématiques que lutter contre le data center à côté de chez soi, c'était sans doute aussi là où parfois le le les les big tech et les gars femmes nous paraissent des ennemis complètement inatteignables. de se dire qu'en fait c'est à travers ces infrastructures là qu'ils installent leur pouvoir. C'est à travers ces infrastructures là qui rentrent en contact avec les collectivité territoriale.
C'est à travers ces infrastructures là qui qui produisent leur économie. Par exemple, Amazon 58 % de ces de ces bénéfices sont liés à leurs infrastructures cloud. Donc que c'est vraiment à partir euh de ces euh data centers que euh ils constru ils construisent leur pouvoir économique.
Et encore plus que ça, c'est à partir de ces de ces data centers qui vont aussi pouvoir construire leur pouvoir géopolitique parce que c'est ça devient la denrée les capacités de calcul et de stockage que permettent ces méga infrastructures du numérique deviennent la denrée prisée par à peu près toutes les armées du monde. Notamment, je voulais citer le travail de la campagne Notech for Apart en ce moment. euh aux États-Unis qui visibilise très bien à quel point euh les les infrastructures cloud sont euh une composante nécessaire de la forme contemporaine du génocide à Gaza euh que par exemple là, je crois que c'est il y a de tr semaines Microsoft constru annonçait la construction d'un data center au Pays-Bas pour héberger des données sur les écoutes palestinienne et des capacités de calcul pour l'armée l'armée siste.
Et donc on voit bien que c'est à travers ces infrastructures là qui rentre aussi d'une manière assez inédite dans le complexe militaroindustriel et que c'est une de leur enfin Open AI qui fait chat GPT fait aussi des fait aussi des des logiciels pour Enduril pour armer leur drone. Doncil, c'est une des start-up de Defense Tech qui a vraiment le vent poupe aux États-Unis en ce moment qui développe toutes les technologie de drone tueur et cetera. Euh il faut que je concluse.
Non non t'inquiète. Euh pour conclure euh après, j'ai essayé d'ouvrir un peu plein de de de panneau enfin de de dimension en fait que les data center permettent d'attraper, de dire c'est un point stratégique euh sur lequel en fait on peut appuyer notamment avec différentes stratégies pour essayer d'empêcher la construction des data center. Il y a un data center dédié IA qui est en construction juste à côté de la gare TGV de Valence par exemple pour 450 millions d'euros d'investissement et cetera.
Euh il y a euh et euh et en ce moment à travers la coalition Iatus et des et différents collectifs euh qui lutte contre l'infrastructure euh de de l'intelligence artificielle, il y a le projet de se positionner par rapport à à un recours juridique qui a lieu en ce moment euh par rapport à un data center Amazon qui est à 8 sous, donc dans les sonnes et et le recours juridique qui va avoir lieu euh à la mi-septembre. Donc le ça va être jugé au tribunal administratif, ça va être assez important parce que ça va sans doute faire jurisprudence pour les prochains contentieux juridiques sur les data centers. Et donc là, l'idée c'était de se saisir de ce moment-là pour faire un moment médiatique aussi autour de ces enjeuxl des data centers et que peut-être que la prise par les data centers nous paraît être une manière de commencer à élargir le front avec des actions concrètes contre les infrastructures du numérique et le pouvoir des bigch et de ce mondeelà en général.
Voilà. Euh je pense il y a plein de questions. Merci beaucoup.
Merci beaucoup. Je vais euh en 10 minutes euh évoquez-moi pour le coup les les solutions en tout cas les pistes qu'on propose à la France insoumise. en tant qu'acteur politique, je ne suis pas un expert et un spécialiste.
Et donc je le dis très clairement, nous nous réapproprions les meilleures idées, les meilleures propositions, les meilleures analyses alternatives hétérodoxes qui sont produites. Et je m'appuie en particulier sur un livre Doit-on se passer du numérique pour sauver la planète dont l'auteur est Cédric Duran mais qui a été édité les par notre institut la Boessie. Euh donc ceux qui ont lu le livre, vous pouvez partir, vous apprendrez rien.
Alors évidemment le numérique développé dans le cadre du capitalisme et en particulier du moment actuel du capitalisme non seulement ne peut rien résoudre à la crise écologique, mais on l'a vu, il ne fera que l'aggraver. On l'a vu, il repose notamment sur des logiques exractivistes, sur une une consommation énorme d'électricité et aussi d'eau, que ce soit pour les refroidissements de certains types de data center, mais que ce soit aussi pour les usines, les fonderneries qui produisent, les semi-conducteurs dont vous entendez souvent parler qui consomment énormément d'eau. Je l'ai déjà dit, une une île comme Taïwan a des gros problèmes de ressources en eau du simple du fait de la surconsommation d'eau parce qu'ils se sont spécialisés dans la production de semiconducteur.
Donc déjà le modèle même de cette économie est complètement antithétique avec l'idée mmeum de de d'écologie. Et on ne peut pas attendre de ces acteurs qu'ils changent leur pratique. Ils ont beau prétendre être des acteurs importants du capitalisme vert et cetera, mais euh comme on le comme on le dit régulièrement, l'écologie sans s'en remett en cause du caficialisme, c'est du jardinage. et ils ne peuvent d'autant moins que ce modèle repose sur un modèle de rente sur un modèle de rente avec une une captation des utilisateurs et un enfermement des utilisateurs dans des dans des écosystèmes sans qu'ils aient de possibilités concrètes, sauf à être des vrais spécialistes du numérique et avoir une vraie volonté idéologique d'en sortir sans possibilité de de sortir des des des plateformes qu'ils utilisent notamment pour une raison centrale qui est que la principale ressource de ce type de capitalisme, c'est les données.
C'est les données, les données personnelles, les données sur tout, les données de santé, les données les données sur tout. les données qui servent à deux choses. D'abord parce que c'est fondamental pour l'industrie publicitaire et que c'est c'est le modèle Google he Google est devenu quasiment est devenu hégémonique par ce modèle-là en revendant ces données à tout un ensemble d'acteurs économiques à des fins publicitaires.
Mais aussi parce que ces données et par exemple, il en parlera je crois Bastien servent à faire tourner les modèles d'intelligence artificielle et ils ont besoin de toujours plus de données de milliards de milliards de milliards de milliards de données qui servent à faire tourner les modèles et c'est et faire tourner ces modèles est en soi énormément consommateur d'énergie. L'autre raison qui va qui sont elles sont toutes liées entre elles évidemment hein euh c'est que il y a un fondement idéologique derrière le mythe du capital de du libertaire du le côté cool hein de la de la des origines d'Internet et du numérique qu'on nous vend souvent en fait les préposateurs de la BTEC sont de longue date ont développé de longue date une vision du monde ultra capitaliste et incompatible avec l'écologie. Et plus grave encore, on l'a observé, c'est ça a été vu, la planète entière l'a réalisé pour ceux qui ne l'avaient pas réalisé au préalable.
Ils sont au cœur de l'alliance entre le capital et le fascisme. D'abord, ils ont développé un ce que Sosiana Soana Zubof par exemple qui est une des auteurs intéressantes sur ces sujets à appeler un capitalisme de surveillance. Je crois que euh les exemples donnés par Anti et notamment sur l'usage d'IA dans la dans la guerre génocidaire à Gaza parle de même mais on pourrait multiplier les exemples.
Et euh ensuite et parce que ces gens font partie désormais d'une famille idéologique qui nie la crise climatique elle-même. Vous savez que Donald Trump et son entourage Musk et compagnie ni l'idée même de changement climatique et cetera. et quand quand bien même il concède qu'il y aurait quelques problèmes et cetera, il ne propose que du technolutionnisme.
Donc la technologie, aller encore plus loin dans le numérique, la technologie et cetera va résoudre les problèmes écologiques. Tout le monde sait que c'est faux. Et en définitive et là je je dézoome un peu et je prends une je j'aborde une analyse plus globale de l'état de la mondialisation, c'est que ce modèle de capital ce modèle le numérique est au cœur d'un nouveau moment du capitalisme qui incarne d'une certaine manière la fin d'une forme de compromis néolibéral.
Alors, j'arrête tout de suite puis on pourrait y répondre après s'il y a des questions. Loin de moi l'idée de dire que le moment néolibéral du capitalisme c'était gentillet, qu'il y avait pas d'exploitation et cetera, ça reste du capitalisme, on connaît les règles, mais il y avait des formes de médiation, des formes de On y reviendra si vous le souhaitez. Là, le capitalisme auquel on assiste notamment qui se développe de plus en plus depuis la crise de 2008, c'est un capitalisme que certains ont appelé capit de l'affinitude, on pourrait utiliser d'autres termes, mais qui renvoie un moment du capitalisme qui a déjà existé dans l'histoire.
Et par exemple, c'est le moment du capitalisme qu'on observe des années 1880 à la Première Guerre mondiale. Donc je ne veux pas jouer les cass cendres, mais vous voyez que c'est pas quelque chose d'extrêmement réjouissant qui est marqué par trois points majeurs. D'abord la militarisation accrue de la compétition économique.
Donc une fusion entre enjeu militaire et enjeu économique. Ça passe notamment par le contrôle des grandes infrastructures mondiales, la lutte militaire pour le contrôle des infrastructures mondiales, notamment de la de la mer, des clôtures d'accès à la mer et cetera. Ça repose sur une fragmentation de la mondialisation et une clôture des marchés.
C'est ce que fait Trump hein, la guerre économique et pour euh un peu comme dans un à une autre époque et dans un autre cadre, la grande crise du libre échange des années 1870 avait amené les les principales puissances capitalistes à à refermer leur marché et du coup à s'ouvrir de nouveaux marchés. Comment ? Par la conquête coloniale.
Et ça me renvoie au dernier point de ce de et qui est le plus lié au thème de numérique et écologie. Au dernier point de ce type de capitalisme, c'est que on fait même plus semblant de prendre les formes pour s'approprier les ressources. Auparavant, dans le cadre des plans d'ajustement structurels, du néolibéralisme et cetera, il y avait on expliquait, il y avait quand même quelques médiations.
Il y avait un semblant de règles. Aussi juste sa tel, aussi inégalitaire soit-elle. Il y avait un semblant de règles.
Là, il y en a plus. Quand Donald Trump dit le Groenland c'est à nous et on le veut, c'est de la pure prédation en puissance. Quand il dit moi je suis prêt à aider l'Ukraine mais s'il me donne leur terre rare, je rentre pas dans le débat de savoir quelle est la vraie quantité de terre rare qu'il y a en Ukraine et c un vrai débat parce qu'il y a beaucoup de spéculations sur le sujet mais on s'en fiche.
Le principe c'est il le dit comme ça. Quand Trump intervient pour essayer de négocier un pseudo accord de paix entre le Rwanda et RDC, il en a rien à faire des populations de là-bas et de mettre fin à la guerre. Son vrai sujet à lui, c'est de remettre le pied en RDC, notamment pour euh capter euh les ressources essentielles des terres rares et des minerais stratégiques.
Et euh et d'ailleurs, on il reproduit cet accord de paire reproduit localement une forme de néocolonialisme avec d'un côté le Congo qui fournit les les matières premières et de l'autre côté le Rwanda qui aura les fonderies et les industries transformation et à la fin tout ça arrive aux États-Unis. Je ne me focalise pas sur les États-Unis, les Chinois prennent bien leur part aussi. Et donc on a bien compris que ce modèle-là nous emmène dans le mur à tout point de vue.
C'est un modèle qui nous mène à la guerre et qui d'un certain point de vue s'inscrit dans ce que certains appellent la 4e phase de guerre à la nature. Je rentre pas les détails, il me reste 2 minutes. Mais en gros dans l'histoire du capitalisme, on a identifié plusieurs phases de guerre à la nature et on serait dans la 4e le 4e moment de guerre à la nature.
Enfin, pourquoi ce modèle là est totalement incompatible avec une reprise en main écologique ? que de toute façon c'est un modèle, vous l'aurez compris, qui casse même l'idée même de notre souveraineté, notre capacité à agir et à transformer ce numérique pour agir sur le futur parce que nous sommes rendus totalement dépendants, nous sommes vassalisés par les big tech américaines et à l'heure actuelle, les Européens et la France en particulier n'est pas en capacité parce que les gouvernements n'ont pas de vision et ne souhaitent pas se rendre nous rendre indépendant, ne sont pas en capacité de faire autre chose que ce qui est fait là. L'Europe est hors jeu.
Je prendrai un seul exemple, c'est Macron au sommet de l'intelligence artificielle a euh prétendu enfin s'est venté qu'il y avait 110 milliards de promesses d'investissement et cetera. Je rentre pas dans le détail de ces fameux investissements dont une bonne partie on en verra pas le jour mais surtout ce sont des investissements qui reposent en grande partie sur des des partenariats avec les les bigch US et par exemple en terme de souveraineté construire un data center en France sur le sol français ça a des enjeux écologiques énormes mais en plus c'est pas parce que le data center il est sur le sol français que ça veut dire qu'on est souverain dessus s'il est fait avec Microsoft et que les données appartiennent à Microsoft c'est sous contre c'est c'est Ça répond au aux législations US. Donc c'est Macron est fasciné par cette accumulation et il confond souveraineté puissance avec simple accumulation de data center, accumulation de promesses de milliards et de partenariat avec les entreprises américaines dont certaines par ailleurs sont celles qu'à cité anti et qui sont totalement liés au complexe militarauindustriel américain.
Que faire pour sortir de cela ? La base de nos propositions, nous elle repose sur une forme de cyber écosocialisme qui d'abord ne suppose pas de se passer du numérique. Je l'ai déjà dit, ça n'est de notre point de vue pas souhaitable mais de toute façon quand bien même ce serait souhaitable, ça n'est pas faisable.
On va pas décréter là qu'on sort du numérique tout comme on va pas décréter que demain matin on sera sorti du capitalisme. Il faut utiliser les failles, mener la lutte et sur le long terme. Donc il faut déjà développer des logiques de sobriété et de désaccumulation. euh mettre fin à l'obsolescence programmée évidemment, mais surtout euh mettre fin aux usages inutiles.
Euh il y a des usages potentiellement très utiles du numérique et notamment en matière d'écologie. les certains outils numériques peuvent être extrêmement précieux pour planifier une transition écologique, pour planifier une sortie de de enfin, je prendrai un seul exemple, notamment le numérique peut être extrêmement précieux pour analyser les les les impacts du changement climatique au Sahel, par exemple, vous pourrez très bien imaginer des coopérations d'égal à égal. On en avait parlé quand on est allé en Afrique avec Jean-Luc Mélenchon et ça intéressait énormément les acteurs, les oppositions et les et les acteurs qui veulent développer la souveraineté des des des pays africains.
Et donc ça renvoie à la question démocratique parce que ça renvoie à la question des besoins. Au lieu de dire il faut accumuler, accumuler, accumuler, il faut partir de la question des besoins. Je vais être très schématique.
Avons-nous besoin de développer des data center pour Amazon sur le territoire français ? Non. Non, sauf à accepter que on a plus d'industrie et qu'on fait que de la plateforme et du machin au service d'Amazon.
Non. Par contre, avons-nous besoin de développer un data, un ou plusieurs data centers pour rapatrier nos données de santé ? Vous avez tous entendu parler du scandale à l'époque de ELS Data Hub.
Et ben oui, ça c'est d'intérêt général, c'est d'intérêt public. Et de toute façon, tout cela doit se décréter démocratiquement aux antithestes de la loi de simplification de la vie économique qui considère que automatiquement un data cententeur, c'est l'intérêt général et que donc désormais, il y aura même plus besoin d'autoris d'avoir l'autorisation des maires pour installer les états senteurs. C'est le préfet qui décidera et comme ça voilà, on pourrait parler d'enjeux de souveraineté pure.
Peut-être tout le monde sera pas d'accord. Je fais partie de ceux qui pensent par exemple que il est important que nos services secrets aient leur propre data center. Euh mais pour vous dire le coût écologique que ça peut avoir, le data center de la direction générale des services extérieurs à Paris dans le 19e arrondissement, c'est une multiplication par de de la consommation électrique du 19e arrondissement.
Voilà. Donc il faut se réapproprier les infrastructures numériques. C'est fondamental.
Euh et considérer que les données ne sont pas des marchandises et des biens privés, mais ce sont des biens commun et donc se réapproprier nos données. On peut le faire. D'abord intellectuellement, on a les clés, il y a une autre voie, ensuite il y a une demande citoyenne qu'on peut encourager et créer davantage.
Mais enil rappeler, il y a des luttes, il y a des gens. Comme si par exemple on fait une grande campagne pour dire il faut un data cententeur pour rapatrier nos données de santé, je suis persuadé que 90 % des Français seront d'accord sur le principe. Après, il faut voir comment la mener, la stratégie et cetera, mais il y a et enfin et là il y a des failles à l'intérieur même du capitalisme ce que développe Cédric Duran ce qui est assez intéressant et je résume surtout pas son livre à ça, mais c'est que on doit s'appuyer sur les contradictions internes au capitalisme.
Je vais peut-être dire quelque chose qui va vous choquer, mais par exemple monsieur Pouyané, c'est pas notre copain. Pas du tout. Et monsieur Pouyané n'a pas d'objectif écologique.
Mais quand quand monsieur Pouyané, PDG total dit "C'est un problème pour moi que nos données soient stockées aux États-Unis", il peut être un allié objectif tactique sur ce point-là parce que il a une parole d'autorité. Et je pourrais multiplier les exemples. Il y a plein de PME et cetera qui sont catastrophés de voir que leurs données sont aux États-Unis.
Donc on doit pouvoir aussi s'appuyer sur ces acteursl pour mener la lutte, même si le cœur de la lutte, ça doit être le grand nombre et le peuple. Et je terminerai là-dessus, il est fondamental pour développer une un numérique qui soit au service de l'écologie de développer une autre conception de la puissance. La puissance, c'est pas d'avoir le maximum de données, c'est pas d'avoir le maximum de data center.
Quand bien même ce serait ça la puissance, de toute façon, c'est un horizon inatteignable. Les Chinois et les Américains ont pris 30 ans d'avance. Il faut passer à un autre stade.
La puissance, c'est d'être capable de décider démocratiquement de nos besoins, de nos besoins essentiels, de nos besoins qui assurent notre souveraineté et d'être en capacité d'avoir les infrastructures pour réaliser ses besoins. Je vous remercie. Je passe la parole à à à Bastien Kéret pour 15 minutes euh et peut-être un petit peu plus parce qu'on a un tout petit peu débordé tous les deux et il nous restera après au moins 30 minutes pour échanger avec vous.
Merci. Euh alors merci pour merci pour l'invitation, merci de de donner l'occasion à la quadrature du Net de parler sur ce sujet. de la quadrature du net, c'est une association qui est euh qui existe depuis 2008 qui défend la liberté à l'air du numérique.
Euh pour les personnes qui suivent l'actualité de l'association, peut-être que vous vous dites que les questions d'écologie et de numérique sont pas trop dans nos sujets et c'est vrai qu'on s'est mis assez tardivement à cette question. Euh ça fait euh un peu plus d'un an euh aujourd'hui qu'on qu'on travaille sur cette sur cette question, mais finalement euh la la la conclusion intermédiaire qu'on qu'on observe dans nos travaux, c'est que euh tout ce que euh la quadrature du Net a pu dire, toutes les positions qu'on a pu défendre finalement sont euh parfaitement en lien avec la question de de l'écologie. Alors le titre de de cette conférence, c'est aussi les impacts de l'IA en matière écologique.
Et je voulais commencer mon propos en revenant sur une une annonce très récente. Il y a 2 jours, Google annonçait que son son modèle d'IA Gini consommerait très très peu d'eau. Il parlait de cinq cu cinq gouttes d'eau pour chaque requête en présentant un papier qui avait tous les airs de de d'une étude scientifique.
Bon, ce papier a été assez largement débunké et critiqué très fortement par le milieu académique. Mais à travers cette question finalement se se pose la question enfin à travers cet exemple se pose la question de comment est-ce que on peut évaluer finalement les les impacts économiques d'un produit numérique ou de l'IA. Alors, je vais faire un petit un petit récapitulatif avant pour poser des bases pour pour le le propos en en matière de enfin les les personnes qui étudient les les conséquences en matière écologique du numérique euh enfin et d'ailleurs les conséquences en matière d'écologie de toute la production euh rappelle que il y a différents ordres d'étude.
Premier ordre, c'est notamment s'intéresser à la question du cycle de vie complet d'un produit. C'estàd que un produit, que ça soit numérique, que ça soit physique autre que numérique, ne peut pas se penser sans prendre en compte non seulement les conséquences à son utilisation, mais également tout ce qu'il y a avant et tout ce qu'il y a après. Et c'est le cycle de vie d'un produit.
Donc un produit, ça va être les la la question de l'acquisition des ressources. Alors là, c'est c'est la la je vous renvoie la conférence de de tout à l'heure sur l'extractivisme. Ça va être euh toutes les questions d'extraction puis de transformation, souvent de purification euh des minéraux et des matières premières pures.
Il y a également euh 2em étape euh l'étape de production, c'est-à-dire la construction, l'assemblage pour arriver à un produit fini. Et dans cette étape, ça implique aussi des questions de transport euh des composants euh puisque pour euh reprendre un exemple du numérique, quand un produit fini contient une puce, bah cette puce, elle va être fabriquée par exemple en France. Euh à Grenoble, euh pas très loin.
On a euh ST Micro Electronics qui fabrique beaucoup de de puces. Mais ces puces, elles vont devoir être envoyées à l'autre bout de la planète, à Taïwan ou ou ou dans d'autres endroits où il y a des usines pour être assemblé sur des cartes qui vont ensuite voyager dans d'autres usines, dans d'autres pays pour ensuite être produit. La la troisème étape, c'est la question de la distribution et du transport.
Une fois que le produit est est construit et assemblé, et bien il faut l'emmener jusqu'au consommateur final. Ensuite, on a l'étape d'utilisation où là on connaît toutes les toutes les questions. C'est ce que dit Google, il ne faut que cin gouttes d'eau pour utiliser son produit.
Mais à la fin, il y a aussi ce qui se passe après la fin de vie, le recyclage, c'estàd la question du traitement des déchets, du recyclage, de l'abandon des déchets parce que parfois les déchets sont abandonnés de l'enfouissement. Euh par exemple en 2024 euh dans l'Avyon euh il y a eu un un scandale parce que euh une usine de retraitement euh de batterie avait pris feu. Et c'était une forme de d'impensée politique puisque cette question de l'après que deviennent les produits une fois qu'on a arrêté de les utiliser pose de réelles questions puisque suite à cet incendie de cette usine, des questions de pollution se sont posées, des questions de de réutilisation de choix politique de réutiliser ou pas les produits et du coup que économique qu'il peut y avoir.
Pour ça, c'est la question, c'est le premier ordre, mais faut aussi avoir en tête les deuxè et 3ème ordre. Et c'est là où on rentre dans des questions beaucoup plus politiques. Il y a notamment la question des effets indirects, c'est-à-dire que quand on utilise un produit et bien il va y avoir des conséquences à cette utilisation.
Alors, on peut avoir des des effets indirects qui soient positifs. Par exemple, quand un produit gagne en efficience, euh et bien, il va consommer moins de moins de moins d'énergie, moins d'eau, moins d'électricité. Euh il peut aussi y avoir un effet de substitution.
Euh on va utiliser un produit euh euh à la place d'un autre et ça peut avoir des effets positifs. Mais en général, ces effets indirects positifs, ils sont très largement dépassés par les effets indirects négatifs. Et c'est notamment les effets de rebond ou les effets d'accumulation.
L'effet de rebond, c'est un effet qui a été identifié au 19e siècle par un un économiste qui se demandait pourquoi alors que dans la la les machines à vapeur étaient de plus en plus efficaces, pourquoi on avait une consommation à l'échelle du pays de charbon qui continuait à augmenter ? Et bien c'est cet effet rebond là. Et dans le numérique, c'est vraiment tout particulièrement présent.
C'est-à-dire que quand on a une technologie qui va gagner en efficacité, et bien la demande va également augmenter parce que les usages se modifie et dans des proportions qui dépassent très largement les gains qui sont offerts par l'amélioration initiale de de l'efficacité. On a aussi des effets d'accumulation qui sont des effets indirects négatifs. C'est-à-dire que quand on a une nouvelle technologie et bien elle ne va pas nécessairement remplacer les technologies précédentes.
Et c'est le cas par exemple de la 5G ou de la 4G. On nous présente la 5G comme une technologie qui est beaucoup plus efficace d'un point de vue énergétique. Et c'est vrai, il y a des gains.
C'est une technologie qui est beaucoup plus efficace en matière de consommation. En revanche, on n' pas retiré le réseau 4G. On a rajouté un nouveau réseau 5G et en plus avec des effets négatifs puisque les ondes étant différentes, elles ont des portées plus court donc il faut plus de cellules et donc on peut aussi avoir d'autres effets négatifs.
Mais en tout cas cet effet d'accumulation, il est très fort. dans quelques années, les réseaux 2G et 3G pourraient être coupés et ça va poser un problème parce que énormément d'autres enfin de périphérique actuelle, par exemple les systèmes d'alarme dans les dans les ascenseurs ont besoin de ce de ce réseau de télécommunication 2G et donc on ne peut pas sauf à remplacer tout le parc de ces anciens périphériques. On ne peut pas couper du jour au lendemain ces technologies.
Alors pour revenir à à mon à mon exemple de de Google et de LIA, euh on voit que on a une guerre de communication en matière euh de euh coût euh en matière d'écologie du numérique parce que Google quand il euh produit ce papier-là, il répond à une critique euh très euh récurrente. L'IA, ça utiliserait beaucoup d'eau euh pendant pendant quelques pendant quelques temps. disait une requête sur un modèle d' DIIA, c'est une ou deux piscines d'eau utilisé.
Euh et euh ce ce papier qui est particulièrement trompeur euh vise à répondre à ces critiques et à donner euh une sorte de d'apparence bénéfique euh de l'IA en minimisant euh les coûts euh écologiques. Et les les chiffres de Google sont particulièrement trompeurs parce que quand il dit que quand ce papier dit cinq goûts d'eau sont nécessaires pour chaque requête, ça met en ça met de côté la question de l'entraînement des modèles et ça passe totalement sous silence la question des énormes infrastructures qui sont nécessaires pour entraîner ces modèles, pour les concevoir, ça passe sous silence le fait que pour récupérer des données sur internet pour des LLM et bien ça va faire crouler sous les requêtes des petits serveurs euh dans le milieu de l'internet associatif, du petit internet, il y a des problèmes aujourd'hui de requête de moteur de recherche qui euh qui euh mettent sur les rotules des petits serveurs. Oui, je je me permets de de préciser un un LLM, c'est un c'est l'IA générative.
C'est quand vous demandez à une IA de produire un texte, une image ou une vidéo. Et donc ça a besoin de de données qui sont très souvent récupérées sur sur internet. Mais les chiffres de Google, ils sont aussi trompeurs parce que cette consommation d'eau, elle ne prend pas en compte la consommation d'électricité.
C'est d'ailleurs que quand on fait fonctionner une centrale nucléaire, il faut de il faut de de l'électricité, il faut de l'eau pour refroidir ces centrales. Une autre critique qui a été faite, c'est la question de la territorialisation des dat des data center. quand un une infrastructure de data center est située au Brésil, est situé en France, est située aux États-Unis, sur la côte est sur la côte ouest, les les impacts en matière de de consommation et de consommation d'eau vont être différents.
Et enfin sur l'IA, c'est quand même une technologie qui est particulièrement propice, un effet rebond très important puisque on a des modifications des usages de plus en plus. Euh j'enfonce une porte ouverte en disant que aujourd'hui euh l'IA, notamment l'IA générative est utilisée euh dans de dans de très nombreux cas. euh les G femmes sont les premiers à euh pousser à ces changements euh de euh de d'usage euh pour créer de nouveaux produits euh et euh avoir de de une une nouvelle manière de de créer euh euh de des profits.
Alors le deuxième point que je voulais aborder, c'est la question de la publicité en ligne parce que c'est un sujet que la quadrature du net étudie depuis très longtemps et finalement la publicité c'est un petit peu le le le la base des problèmes en matière d'écologie puisque c'est poussé à une à une société de la consommation. Bon, je c'est c'est je je vais vous épergner d'enfoncer des des portes ouvertes, mais la publicité en ligne, elle est particulièrement dépendante de technologie de de d'intelligence artificielle et elle a des coûts écologiques très importants. C'est notamment parce que la publicité en ligne, elle fonctionne par un système d'enchère en temps réel.
C'est-àdire que quand un internaute ou une internaute va aller sur un site qui offre un encart publicitaire, et bien la publicité ne va pas être calculé à l'avance. Au moment où le l'internaute demande à afficher la page, la régie publicitaire va dire à tous ces annonceurs, "J'ai un profil qui est en train de consulter cette page. Il a telle et telle caractéristique qui veut enchérir pour afficher sa publicité." Tout ça, ça se fait de manière éminemment rapide.
C'est en quelques millisecondes. C'est donc entièrement automatisé, mais c'est aussi en utilisant des technologies d'intelligence artificielle puisque il faut toujours être capable de déterminer euh le prix que l'annonceur serait capable de mettre, enfin accepterait de mettre pour tel internaute. Et évidemment, cette publicité en ligne, elle repose sur un profilage très important.
Ça a été rappelé avant. Euh euh et ce profilage euh il est euh rendu possible grâce au pistage en ligne. Euh c'est d'ailleurs les les les dat les data brokers où parfois traduit courtier en donné euh permettent ce profilage.
Les gars femmes qui sont à la fois régis sont aussi euh data broker. On a tout un écosystème pour et avec des champions français pour profiler au maximum les internautes afin de leur offrir la publicité qui sera la plus pertinente. Et ça a une conséquence économique puisque la publicité ciblée, elle permet elle a un caractère incitatif puisque elle permet plus facilement de déclencher une vente.
Quand on propose à l'internaute un produit qui l'intéresse, il est évidemment plus susceptible de l'acheter. Mais on a aussi aujourd'hui dans la publicité en ligne un phénomène d'harcèlement qui dépasse les frontières du numérique. Et la publicité devient aussi la publicité en ligne devient aussi une publicité physique.
C'estàd que aujourd'hui, vous avez peut-être vu notamment dans les gares euh des panneaux publicitaires enfin des écrans publicitaires qui vont afficher une publicité directement sur l'écran. Donc pas besoin de papier à remplacer, ça peut se faire automatiquement, rapidement. Mais avec ces avec ces dispositifs d'écran publicitaire, on peut faire du ciblage beaucoup plus ciblé et donc pousser encore plus. et en utilisant ces nouveaux euh périphériques euh numériques euh poussé à encore plus de consommation.
Alors, ce ciblage, il peut être sans profilage individuel. Donc, par exemple, ça va être une régie publicitaire ou alors une gare qui va déterminer le type de population, leur trajet. Donc par exemple, dans une gare, on peut euh éventuellement déterminer que en sortant euh d'un réseau de métro ou de bus, euh il y aura pas les mêmes types de population qui vont faire le trajet dans la gare.
Donc on va afficher des publicités différentes euh avec toujours comme objectif d'afficher les les bonnes publicités au au aux bonnes euh aux bonnes personnes. Mais on a aussi de plus en plus aujourd'hui un ciblage avec du profilage individuel. C'est-à-dire que ces panneaux, ces écrans de publicité ont aussi de plus en plus des capteurs qui vont permettre d'identifier la personne grâce à son téléphone.
Avec l'adresse MAC, c'est-à-dire l'identifiant. Une adresse Mac, c'est un identifiant du périphérique qui est unique à chaque à chaque périphérique. L'adresse Mac Bluetooth ou du Wii sont des données qui sont quand vous avez le Bluetooth ou le Wii sur votre téléphone qui sont diffusées à toute personne pour vous permettre de capter le wifi, de vous connecter, pour vous permettre euh de profiter de vos appareils, de vos écouteurs connectés.
Et ça, cette information, cette adresse Mac qui est unique pour votre téléphone va être captée par ces écrans publicitaires pour encore plus euh nourrir votre profil et vous afficher euh à nouveau de la publicité ciblée. Ce que l'on observe aussi, c'est que on a de la publicité qui va donc être ciblée en fonction du profilage de l'internaute quand il navigue sur internet, mais ensuite du profilage du même internaute quand il navigue dans un réseau de bus ou de métro ou ou dans la rue ou lorsqu'il va dans un dans un commerce. C'estàd que aujourd'hui les régies publicitaires sont capables de vous afficher la même publicité quand vous êtes sur un site sur internet ou alors quand vous êtes dans un commerce ou dans la rue.
Et à chaque fois l'idée c'est de pousser à la consommation avec donc un impact écologique très important et qui est pas du tout quantifiable puisque on est sur des questions de 2e ou de 3e ordre. Euh tout ça pour finir euh sur une question de droit parce que je je suis juriste et à la quadrature du net, on agit en documentant, en aidant des des collectifs, mais aussi en poussant à des évolutions législatives. Euh le droit là-dedans, il est relativement insuffisant pour nous préparer face à l'urgence écologique.
En matière de données personnelles, en théorie, le droit, il est assez bien. Ça, on a le le RGPD, le règlement général sur la protection des données. C'est un texte européen qui est assez bien fait qui en théorie permettrait de mettre assez facilement fin à tout ce profilage en ligne, à toute cette utilisation massive de données pour nourrir des modèles d'intelligence artificielle et cetera.
En matière de publicité en ligne, par exemple, la Cour de justice de l'Union européenne a rendu un arrêt en 2024 sur ces enchères en temps réel qui est assez intéressante qui interprète ce texte, le RGPD, de manière à faire en sorte que l'industrie de la publicité en ligne ne puisse pas se défausser avec des multiples acteurs. Et c'est c'est un arrêt cet arrêt de 2024 de CJE qui est assez intéressant. Mais c'est très beau, mais c'est la théorie euh parce que euh en pratique euh l'application du RGPD fait cruellement défaut et c'est un un énorme problème.
En 2018, la quadrature du net a lancé cinq plantes euh contre les cinq gars femmes. C'était euh euh utiliser la nouvelle procédure de plainte du RGPD pour dire les gars femmes, Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft ne respectent pas le RGPD dans leur mécanisme de système dans leur mécanisme de publicité en ligne. Ce que la quadrature contestait, c'est la légalité d'un consentement à être pisté en ligne.
On estimait que ce consentement, il était extorqué parce que les internautes ne pouvaient pas accéder au services sans consentir à être ciblé pour la publicité. Et le RGPD était assez clair sur cette question, ça n'était pas légal. Donc en 2018, on dépose cinq plaintes.
Aujourd'hui, il y en a une seule qui a abouti, c'est contre Amazon. Alors certes, la sanction c'était 746 millions d'euros d'amende. On peut se dire que c'est assez important.
En revanche, c'est au bout de plusieurs années de procédure, Amazon a ensuite fait appel. Il y a eu plusieurs années pour que la justice dise que cette sanction était légale. Sauf que entre-temps, les cinq autres les quatre autres GAF femm ne sont toujours pas inquiétés et ces plaintes sont dans les limpes de l'autorité irlandaise de protection des données.
Donc, on a un problème d'application du RGPD, mais on a aussi la Commission européenne qui voudrait aller encore plus loin parce que enfin qui qui voudrait encore plus détricoter l'application du droit des données personnelles puisque on a en ce moment une consultation européenne de la Commission pour détricoter le RGPD, faire un RGPD à deux vitesses qui permettrait aux petites entreprises de plus facilement exploiter les données. en matière de régulation des contenus, là on a un droit européen qui est largement insuffisant, c'est le DSA, le Digital Services Act, qui contient des petites mesures très très molles de d'encadrement de la publicité. On a une interdiction pour faite aux au aux plateformes pour euh euh elles n'ont pas le droit de faire de la publicité ciblée envers des mineurs, mais pour des mineurs, de la publicité non ciblée, ça reste OK.
Et ce texte, le DSA, est dans une logique d'encadrement mou de la publicité puisqueon a un article euh qui est entièrement dédié à cette question de comment faire de la bonne publicité. Et ça m'amène à ma conclusion, c'est que on a euh besoin de euh créer des euh une nouvelle manière euh de faire euh du numérique. C'est ce que c'est ce que tu as rappelé juste avant.
On a besoin de créer des imaginaires nouveaux. Il ne faut pas aller chercher à réparer les GFAM, aller réparer l'IA, aller réparer euh le système de la publicité en ligne. On n'ura jamais de publicité qui est compatible avec les enjeux climatiques d'aujourd'hui.
On aura pas d'IA qui est compatible avec les enjeux climatiques aujourd'hui. Il faut arrêter de se dire que on va pouvoir réparer ces technologies. Je ne veux pas euh dire par là que l'IA par exemple ne pourrait pas être utile ponctuellement sur certains euh sur certains sujets.
Euh mais quand on regarde dans sa globalité euh on a un énorme problème euh d'incompatibilité de euh cette technologie euh de l'IA et plus généralement du numérique tel qu'il est euh proposé aujourd'hui par ces géants et notamment les GAF femme mais pas seulement. Et c'est pour cela qu'il faut créer de de nouveaux imaginaires à en utilisant notamment de la lotche. Aujourd'hui, on sait faire un numérique désirable qui va être respectueux des droits des personnes, qui va permettre de pouvoir échanger en ligne sans être confronté à de la publicité, sans être confronté à des manipulations politiques.
Et ces univers, ils existent, ces imaginaires, ils existent. encore faut-il les traduire dans le droit euh par des euh par des euh euh propositions euh juridiques concrètes qui aujourd'hui manque. Et c'est pour cela que on a besoin de relais politiques, de relais juridiques importants euh parce que tel qu'il est aujourd'hui, le droit n'est pas euh en mesure de nous permettre euh de répondre à cet enjeu écologique qui est face à nous.
Merci. Merci beaucoup. Je passe tout de suite la le micro euh pour les échanges avec vous.
Vous connaissez les règles. Euh un homme, une femme, une femme, un homme, ça dépend dans quel ordre on commence. Et surtout, je vous invite à à vraiment poser des questions, éventuellement commenter un petit peu avant, mais vraiment poser des questions et et pas faire des commentaires de plusieurs minutes parce que sinon tout le monde pourra pas poser.
Il nous reste 25 30 minutes donc on peut on peut y aller. OK. Donc ça commence, j'ai un peu peur d'être en minorité là.
Euh oui, ben justement pour réagir sur ce que tu viens de dire là à la fin sur l'imagine ces nouvelles imaginaire, moi j'avais une question concernant le je sais plus comment s'appelait la la circulaire héros sur l'application de sur l'utilisation des logiciels libres dans les administrations. Euh est-ce que ça a avancé là-dessus ou ou pas ? Et deuxième question juste, est-ce que parmi les développeurs informatiques notamment, je pense alors au syndicat, est-ce qu'il y a des revendications pour développer des quand on développe un logiciel de le développer de façon à être le plus économique en ressources, ce qui doit demander plus de temps qu'une développement de base.
Alors donc bah du coup, il y en a une là devant. Je suis d'accord. Oui.
Euh, bonjour à tous et merci pour cette conférence. Donc, je m'appelle Anas, je suis maître de conférence en informatique. J'aimerais juste rebondir par rapport à deux points et finir avec une question.
Déjà, je suis content que la France se mise à essayer de converger un peu vers les aspects numériques. Et pour dire juste par rapport à l'IA, j'ai en fait un peu peur que notre mouvement soit mis en fait soit mis en retrait par rapport à ça. Surtout que l'IA, elle a beaucoup d'applications qui sont très très importantes pour la société notamment en imagerie médicale, notamment en gestion des trafics, en optimisation et cetera et cetera.
Donc, j'aimerais bien qu'on puisse réfléchir à ça et qu'on puisse pas dire queil, c'est très très mauvais. Surtout qu'il y a eu une amélioration par rapport au papier de que Google vient démettre par rapport aux 5 gouttes. Avant, c'était 500 ml par requête.
Donc, on a pu quand même avancer en terme de de recherche et et développement. Et donc ma question qui se rapporte aux aspects juridiques et par rapport au monsieur député qui est avec nous effectivement des fois on essaie de contrer les gars femmes par rapport au RGPD mais on fait souvent face aux rigueurs de l'Union européenne qui nous bloque. La Commission européenne bloque pas mal de fois nos revendications.
Et comment à votre avis on peut faire pour déjouer les blocages de la Commission européenne ? Surtout que pour l'instant on essaie de rester en Union européenne. Merci beaucoup.
Merci. Je crois qu'il y avait une question. Voilà.
Hop. Merci pour vos exposés. Alors moi, j'ai une série de questions mais je vais essayer de faire bref.
Alors déjà, on parle de données numériques. Euh vous avez parlé de données par exemple pour la santé. Je voudrais savoir pourquoi on est obligé de l'avoir en numérique et pas en papier comme avant par exemple.
Euh la deuxième, c'est que on dit qu'il y a besoin des data center pour un certain nombre de choses qui sont intéressantes effectivement pour tout le monde, mais il y a pas de débat public pour savoir ben quelles sont les informations qu'on juge intéressantes d'avoir par l'IA et si vrai enfin l'IA ou via les data center. Ensuite si on juge qu'il y a un certain nombre qui sont importantes pour tout le monde, pourquoi on passe par des sociétés privées et pas par des data centers ? public et ensuite aujourd'hui, il me semble que quand on construit des data center en France, c'est considéré comme des entrepôts logistiques.
Il y a pas de débat, les permis de construire sont posés et bah on a en fait les informations qu'une fois qu'ils ont été acceptées par les territoires. Donc ça veut dire qu'on a aucune visibilité sur ce qui va se passer. Donc je suis complètement enfin anti quand tu parlais de territorialiser les enjeux.
Moi je suis du coin, je fais partie des soulèvements de la terre. Ici, on a ce projet qui a été annoncé à Raltin. Dans les médias, il y a eu des annonces de permis de construire.
Quand on consulte les mairies, ben en fait non, il y a pas eu de permis de construire. Tout s'est passé à Paris. Euh et quand on territorialise, ben on voit bien que il y a ST Microélectronique à Grenoble qui pompe de l'eau.
Nous, on est au milieu ici à la à la jointure entre l'Iser et le rôe. Il va y avoir besoin d'eau pour refroidir. On sait pas combien, on sait pas comment.
Et puis on a les centrales nucléaires un peu plus bas sur le Rô qui ont déjà des baisses de régime en été parce qu'il y a pas assez d'eau sur le Rô et tout au bout il y a vous Marseille. Euh donc quand on fait le lien un petit peu sur tout ça, bah même si on a besoin des data center, comment ça marche en fait à la fois ? Vous tuas un micro enfin il y en a un pardon.
Bon moi je vais laisser après les anti et et Bastien répondre. Je je mais comme on a été interpellé directement, je me permets de bon sur les logiciels libres et l'administration je ne suis pas compétent techniquement je laisserai Bastien répondre. Je voudrais juste dire une chose.
Moi j'ai posé une question écrite à la ministre de l'éducation nationale sur les raisons du renouvellement du contrat de l'éducation nationale avec Microsoft. Je n'ai toujours pas de réponse et on pourrait Oui. et on pourrait multiplier les exemples.
Même l'armée française. Enfin bref, je fais partie des gens qui ne font aucune confiance dans l'idée que il y a pas des bacs d'or. Peut-être que des experts plus experts que moi pourront expliquer bien ce qui est une bac d'or.
Mais en gros, dès lors que de mon point de vue, dès lors qu'on utilise une une technologie étrangère dans ce domaine, on est mécaniquement et dès lors qu'on a affaire à des données sensibles ou pas sensibles d'ailleurs puisque même les données pas sensibles, elles sont utilisées comme il l'a rappelé pour les la publicité et cetera. On est vulnérable. Voilà, ça me renvoie à la deuxième question sur la RGPD, l'UE et cetera.
Là, c'est pareil, je suis pas compétent, suffisamment compétent juridiquement et encore moins sur le plan des technologies, mais c'est une obsession, c'est des questions que je pose souvent à mon équipe et à quiconque. C'est j'ai la j'ai la conviction et et que on pourra faire tout le droit du monde qu'on voudra. C'est c'est un progrès, un progrès relatif.
Ça dépend un peu en plus des types de de normes, hein, certaines sont plus ou moins efficaces, mais que de toute façon, tant qu'on ne contrôle sur la infrastructure matérielle de toutes les couches du numérique, excusez-moi de l'épression, on pisse dans un violon. Euh et je pense notamment sur tout ce qui concerne YouTube et tout, comment peut-on euh appliquer la régulation du contenu en ligne qui est un contenu devenu fasciste ? Je prends juste un exemple.
Rappelez-vous comment Musk a voulu influencer les élections en Allemagne en faveur de de de des nazis. Ben, je ne vois pas comment on fait si on a même pas la main sur les algorithmes et cetera. Donc peut-être que vous me répondrez.
Peut-être que je je que je dis que c'est une fausse piste, mais en tout cas enfin c'est des intuitions que j'ai. Tout ce que je sais, c'est que il faut qu'il y ait la volonté politique. Et à l'heure actuelle, les principaux dirigeants européens, la Commission sont des sont à la dans la main des lobby et des des notamment des gars femmes gammames.
Ce sont des vassaux. Et je sais que quand la France de manière très imparfaite et en plus elle a reculé pour des raisons d'intérêt privé notamment de l'intérêt des des principaux dirigeants de Mistral mais je reviens pas sur toute cette historique avait voulu proposer une solution de cloud souverain secum cloud et ce au niveau européen tir de barrage des Allemands et cetera qui voulit surtout pas froisser les gars femmes et bon comme maintenant Macron a décidé qu'on était les premiers amis des gars la femme tout ça est oublié mais il faut qu'il y ait une volonté politique euh de sortir de cette vassalisation et il s'agit pas de passer à une autre vassalisation. Je suis pas en train de dire qu'il faut du coup se mettre dans la main des Chinois, mais il se trouve qu'à l'heure actuelle c'est avant tout les les les matériaux américains qu'on utilise.
Donc c'est là le premier problème. Et enfin euh sur la question que tu soulevais euh bah je crois avoir répondu déjà c'est que c'està dire qu'on doit déterminer démocratiquement les besoins. Voilà.
Euh qu'est-ce que l'intérêt général ? C'est pas le président de la République ou même ils vont décréter. Et là, c'est ce qui a fait la loi de simplification de la vie économique.
C'est il y a des articles qui qui squeezent complètement toutes les procédures classique d'autorisation avant d'installer un data center. Mais on pourrait aussi parler des mégabassines et cetera parce que et on considère que tout data senteur quel qu'il soit, que ce soit pour Amazon ou que ce soit pour héberger souverainement nos données de santé et d'intérêt général. Et donc le préfet, voilà, le maire n'a même plus son mot à dire.
Voilà, je laisse la parole à nos deux. Tu veux commencer sur notamment les les les besoins et les data centers. Euh ben je te remercie beaucoup pour ta question.
Euh je pense que ça je pense qu'effectivement il y a plein de de stratégies politiques différentes et moi je suis pas du tout législatrice du coup j'ai pas euh spécialement euh euh cet angle de réflexion là et c'est vrai que je pense queil y a un enjeu de renommer euh très profondément à quel point aujourd'hui la chaîne de production c'est ce qu'on a un peu essayé de de faire j'ai l'impression Bastien et moins que la chaîne de production des infrastructures du numérique de nos terminaux numériques et cetera. Elle est complètement éclatée à travers la planète. Elle est basée sur des système de domination impériale et coloniale.
Et donc en réalité une mine verte ça n'existe pas. Enfin quand on dit on va utiliser de l'intelligence artificielle peut-être que ça va nous aider à lutter contre la sécheresse. En fait c'est demandé à l'outil enfin c'est l'outil qui l'outil il est basé sur la rédification. des sols, la la destruction des eaux et cetera.
Et du coup, c'est toujours cette espèce de chose un peu étrange de de demander à un outil qu'on va fabriquer en détruisant la planète de nous aider à à mieux à mieux analyser comment la planète est détruite. Donc après, on est dans une situation où effectivement la la donnée scientifique peut avoir un intérêt dans une stratégie ponctuelle et cetera. Je suis pas en train de dire il faut arrêter de faire de l'imagerie scientifique et cetera.
C'est pas du tout ça. Mais c'est juste de reposer cette espèce de chos-là que l'imagerie médicale que l'intelligence artificielle elle permet de mieux traiter et cetera. Ben, il faut dire ça aux personnes.
Donc, je reprends les les les témoignages de la table ronde précédente. Euh, les personnes qui ont été mutilées, violées, décimé et cetera leur dire que en fait on a fait le choix euh de euh que c'était utile l'imagerie médicale et que finalement c'est pas très grave votre problématique contemporaine de en République démocratique du Congo. Je pense qu'il y a un endroit où en fait c'est aussi très important de redire que aujourd'hui les infrastructures du numérique, elles sont basées sur cette violence impériale là.
On est dans un mode de vie impérial. nos téléphones, nos ordinateurs sont basés sur le fait que la France exploite euh toute une partie du reste du monde et l'exploite. Et quand dit en fait, on se dévassalise des États-Unis pour faire un cloud souverain, très bien.
Mais ça a été redit tout à l'heure, 10 % de la enfin là les objectifs miniers fran européens, c'est d'attendre 10 % de notre consommation minière. Euh euh mais du coup 90 % reste extrait ailleurs. Et donc en fait je pense que c'est aussi des choses par exemple je trouve que le témoignage de des personnes qui travaillent dans Fairphone et il est super intéressant.
C'est eux ça fait 15 ans qu'ils essayent de faire un téléphone éthique, ça fait 15 ans qu'il n'y arrivent pas. Et ça veut pas dire qu'il faut pas essayer de le faire. Et ça veut pas dire qu'il faut rentrer dans les filières que là la stratégie de faire une entrée dans une filière euh industrielle pour essayer de la faire bouger de l'intérieur que c'est obligatoirement une stratégie qui serait complètement veine.
Mais c'est sûr que je pense que remettre ce tru là au centre du débat, je pense que c'est que c'est super important un data center municipal aujourd'hui, ben enfin euh s'il est juste municipal, s'il est juste s'il est juste souverain et cetera, mais qu'en fait toute la chaîne de production, elle est continue à être éclatée à travers la planète avec des conditions de travail délétaire sur tout le trajet. En fait, sans doute, moi je pense que c'est une étape de essayer de construire une forme de souveraineté numérique. C'est sans doute une étape nécessaire parce qu'il faut déjà se défassaliser pour reprendre une forme de contrôle pour aller plus loin.
Mais il faut absolument pas que ce soit ça l'objectif politique. L'objectif politique, il est il doit aller, il doit être beaucoup plus ambitieux. Je pense que cette question des imaginaires du numérique lotch, on est on n'est même pas à des balbussiments de ce que ça pourrait être quelque chose de de de beaucoup plus pertinent.
Donc voilà, je pense que c'est euh un peu ça que j'avais envie de de de redire et je pense aussi redire que la la enfin c'est un peu des espèces de de choses grossières mais que en fait euh le le les infrastructures du numérique aujourd'hui, c'est les infrastructures de la domination impériale. C'est à travers ça queon extrait queon extrait la valeur à travers le monde. comme c'est ce qui justifie la plupart des des budgets et cetera.
Donc je pense que c'est un peu là je le dis un peu grossièrement mais que c'est aussi un travail qu'il faut essayer de de de mieux préciser et je pense qu'effectivement à travers le travail de territorialisation très précise, très fine, de voir les leviers très concrets de qui prend quoi, où et cetera, c'est là qu'on commence à pouvoir vraiment essayer de toucher, de déplacer et c'est d'essayer de voir dans quelle usine c'est produit et cetera. Et je pense c'est c'est juste ça que je je voulais dire. Je suis désolée, c'était peut-être un peu confus mais que je pense que il faut il faut aller beaucoup plus loin dans la manière dont on peut imaginer cette potentiel alternumérisme.
Merci. Merci beaucoup. Peut-être sur les logiciels libres et et les enjeux de régulation européenne qui ne régulent rien pour l'instant.
Oui, c'est ça. Alors sur sur la question sur la circulaire héros et les logiciels libres, je sais pas où en est cette circulaire, mais tu tu l'as rappelé, on a un un contrat avec Microsoft qui vient d'être d'être renouvelé et on a l'éducation nationale qui est dans cette logique de confier au privés le soin de faire des outils. notamment à l'hiver 2014 2024 où il y a eu un scandale d'une IA générative qui était censée remplacer des profs et développé par une entreprise et on lui a demandé le enfin des internautes lui ont demandé le test des œufs de vache.
C'estd ils ont demandé à CIA ce qu'elle pensait des œufs de vache et elle a commencé à expliquer que comment étaient les œufs de vache, à quel point c'était super en cuisine. Bon voilà, c'est on est aujourd'hui dans cette logique là et malheureusement on n'est pas du tout politiquement dans une logique de sobriété de se se retirer de ces technologies pour repenser le modèle. On est dans une logique euh très néolibérale.
On a on a moins de budget pour éducation nationale, on veut moins de prof, on va mettre une euh pareil pour l'administration fiscale, pareil pour les services publics de manière générale euh et pareil pour l'hôpital. Euh et euh et et ça malheureusement c'est c'est pas avec les logiciels libres que que ça se fait. Euh sur la question de des critères de sobriété écologique, je sais plus.
Enfin, le l'adem propose des choses. Je sais pas ce qui est obligatoire, ce qui ne l'est pas, mais en réalité c'est une partie très infime du problème. C'est cette question du premier ordre.
On peut pas penser la question en s'arrêtant à ces critères qui sont objectifs, qui peuvent permettre à une entreprise de dire "Regardez, je suis conforme à ce référentiel, c'est super." Non, ça serait du green washing et il faut penser les usages et c'est vraiment ce qu'on essaie de de faire à la quadrature de sortir de cette question du premier ordre qui est importante mais qu'il ne faut pas sacraliser sur la question de la rigueur de de lieu. Alors, je suis d'accord que l'Union européenne a beaucoup de pouvoir sur ce qui va se passer ensuite dans dans les Étatsmembres en matière de numérique énormément.
Aujourd'hui, on a un équilibre politique dans l'Union européenne depuis les dernières élections européennes qui est très très à droite. La Commission Vlen 2 est une commission très très à droite et et et problématique d'un point de vue numérique, d'un point de vue écologique. Malheureusement, c'est une réponse politique qui va y avoir, c'est faire du militantisme sans oublier ces enjeux européens.
Et euh c'est ça va partir d'initiative locale jusqu'à des luttes juridiques européennes. Nous à la quadrature du net, on essaie de faire ces luttes juridiques européenne mais finalement c'est les mêmes outils que comment on combat Macron euh avec les mêmes outils de la même manière que en combat Vlen sur la question des données de santé et de la peut-être nationalisation des des des data center. Alors oui, la numérisation des données de santé, c'est un problème démocratique et il y a il y a eu une impasse démocratique très problématique.
Mais aussi, faut pas oublier que avant il y a quelques années, les données de santé étaient numérisées par les hôpitaux, par les CHU qui en gardaient la main, le contrôle, qui gérait les questions de recherche. Ça se faisait de manière décentralisée. C'était aussi une forme de numérisation des données de santé mais une numérisation décentralisée et autrement.
Et ce qui s'est passé il y a quelques années, c'est que on a tout centralisé. On en a profité pour mettre Microsoft dans la boucle et on a ouvert au privés ces données de santé. Et c'est peut-être là le le problème par exemple, c'est le scandale d'une d'une d'un d'un médicament qui avait été développé grâce au à l'argent du Téléton qui ensuite est revendu plusieurs millions d'euros dans sa phase d'exploitation par l'entreprise, plusieurs millions d'euros la dose.
Euh et voilà, c'est c'est cette question, c'est plus une question plus large autour de la politique de santé. Euh je je pense qu'une numérisation des données, elle est utile mais elle doit se faire de manière euh très parsimonieuse et la décentralisation des données, notamment euh laisser les CHU qui sont euh des universités euh à la base euh pouvoir les les gérer, ça ça me paraît être la base. C'est ce qui se faisait avant, ça n'est plus le cas.
Et euh pour la quadrature du net, c'est un problème. Et pour la nationalisation des des data center, euh oui, pourquoi pas. Enfin, avoir plus de pouvoirs public euh démocratique de contrôle euh pourquoi pas.
Mais faut aussi se dire que dans cet univers à inventé que promeux la quadrature, il y a aussi des possibilités de se passer de ces grandes infrastructures. C'est notamment la question des de l'autohébergement et donc de d'avoir chez soi ou dans une association ou dans des collectifs qu'on connaît le contrôle de ces données et sans avoir forcément besoin d'aller louer des énormes machines dans des data center qui vont devoir être refroidis. Et pour reprendre l'exemple qui a été donné d'une d'une municipalité, je ne suis pas certain qu'une municipalité ait besoin d'avoir un véritable data center euh pour héberger toutes ces données, sauf des grosses métropoles, mais c'est pas la grande majorité euh en France.
Et en réalité, une petite machine dans la mairie, ça va permettre d'héberger les mails, héberger le site, de faire beaucoup de choses sans avoir besoin de d'aller nourrir ces énormes infrastructures. Voilà. Donc il faut aussi penser dans ces dans ces alternatives lotch à à réutiliser, comment faire autrement ?
Et pour des particuliers, il y a aussi le besoin de mettre en avant des initiatives comme en France, c'est le le collectif des Châtons, c'est les collectif, alors c'est un acronyme, j'ai oublié le ce qu'il veut dire à chaque fois, mais c'est un collectif de d'hébergeurs très souvent associatifs qui vont permettre pour quelques euros par an ou par mois d'avoir contrôle de ces données et donc de pouvoir héberger son site, ses mails, son réseau social et ces ces ces ces alternatives, ces désirs, ces ces ces alternatives désirables que la quadrature du net essaie de mettre en avant et par exemple il y a des châons qui enfin il y a un châon qui s'est spécialisé dans le fait que toutes leurs machines sont hébergées chez leurs adhérents. Donc pas besoin de data center avec des gros refroidissements. Voilà, c'est une autre manière de faire du numérique.
Merci beaucoup. On va prendre une dernière série de trois questions que je vous demanderai très courtes et nos réponses devront également être très courtes. Je veux juste faire une toute petite précision parce que c'est revenu euh notamment dans ta question, c'est revenu dans ta réponse.
Je veux pas qu'il y ait de confusion entre l'idée de souveraineté et une certaine idée de la puissance. Il s'agit pas de dire que on va faire comme les gamam ou comme les Chinois et en faisant français. Pas du tout.
Quand je parle moi de souveraineté, c'est se réapproprier les moyens pour faire autrement. Mais évidemment qu'il faut faire autrement. Et dans ce faire autrement, c'est ça que je voulais dire et que j'ai pas pu développer que on ne peut pas le développer suffisamment dans ce cadre, mais c'est une autre conception de la puissance.
La puissance, c'est pas avoir le plus gros, le plus ou ou le plus grand nombre de de d'investissements. Non, c'est être en capacité de déterminer démocratiquement, souverainement nos besoins et les moyens de les satisfaire. Et mécaniquement euh ça ça crée une baisse du de de l'impact écologique du numérique parce qu'on est tous d'accord que faire tourner à l'infini des data center pour entraîner les les diverses modèles d'IA de je ne sais quoi pour qu'à la fin on nous explique que les vaches font des œufs.
C'est pas un besoin fondamental d'intérêt général. Enfin bref, voilà. Donc c'est vraiment ça le l'idée hein.
Je on prend trois dernières questions et on on essaiera de faire trois réponses rapides. OK. Alors pendant que je ramène le micro, il y a une camarade qui faisait une réflexion très intéressante, une entreprise strasbourgeoise qui s'appelle Common, sur laquelle on peut louer des téléphones portables.
Voilà. Juste un dernier point puisqu'on parlait de souveraineté, excusez-moi. Oui.
Oui. Je demanderais peut-être à Bastien ou à Anti de rappeler l'identité de l'entreprise, mais il il m'a il me semble que cet été, puisque tu parlais des collectivités territoriales, la principale entreprise qui hébergeait les données des collectivités territoriales a été rachetée par une boîte américaine. Si si.
Bonjour. D'abord bravo pour cet exposé. Euh, j'aurais une petite question liée au profilage qui a que notre camarade de la Quadrature du Net a bien exposé.
Là, on l'a vu d'un point de vue commercial. Effectivement, moi récemment, j'ai changé de voiture et maintenant chaque fois que j'ouvre un site internet, j'ai des photos de Clio, de Méan, d'Arcana. C'est agaçant mais c'est pas très grave finalement.
Qu'est-ce qui Qu'est-ce qui se passerait si demain le projet sterrain ou le projet Boloré nous amenait un parti fasciste au pouvoir ? Parce queaujourd'hui, même s'il y a des dérives dans le macronisme, il y a encore un état de droit mais à peu près un petit chouya, ça reste encore. Mais c'est pas on n'est pas encore, on est peut-être dans du préfascisme mais on n pas si demain il y a un vrai pouvoir fasciste, qu'est-ce qui va devenir de mes données où j'ai clairement exprimé des idées frança insoumise ?
Voilà, c'est ça ma question. Alors ensuite, je remonte pour tout le monde pourra pas parler, je suis désolé. Bonjour.
Euh une des questions que j'ai, c'est notamment en terme de de souveraineté française sur le numérique. Comment est-ce qu'on fait pour par exemple pas reproduire l'exemple du médicament avec le Téléton ? On forme des ingénieurs et des chercheurs français qui finissent chez les gars femmes.
Est-ce que il y a un moyen de les bloquer en France pour pas qu'ils aillent nourrir bah l'ennemi quoi ? Alors la dernière question euh bon ben il y a pas il y a plus de femmes, on est d'accord si non. Bon euh voilà c'était le monsieur de tout à l'heure il Ouais.
Bonjour. Bon merci. Je vais essayer d'aller à l'essentiel puis qu'une partie de ma question a déjà été posée.
Vous avez répondu. Alors je précise, je suis militant donc à Marseille donc très concerné par le les sujets des data center et je suis pas un VRP de Microsoft. Euh sur l'aspect désirabilité, vous y avez répondu côté quadrature du net.
Sur l'aspect souveraineté et puissance. Euh à la base, bah ma question c'était euh comment transformer un discours de vigilance qui est nécessaire avec un horizon positif uni à souveraine au service du peuple qui divisent enfin qui disent non au GAFA mais oui un futur d'émancipation. Vous avez déjà répondu.
Alors je voulais juste apporter quelques pistes et avoir votre avis là-dessus. Euh pour moi, je pense qu'on a ben vous avez dit qu'on a 30 ans de retard sur les Chinois et les Américains. C'est vrai.
Cela dit, les meilleurs chercheurs en Californie, ils sont français et donc est-ce qu'une piste pourrait pas de leur donner euh euh l'envie de revenir ? Alors, soit par des hauts salaires, ça va être compliqué de rivaliser avec 1 million d'euros de 1 million de dollars par mois, soit avec un patrimoine aussi. Ça peut être une réflexion sur la partition du patrimoine qui pourrait les intéresser à revenir chez nous.
Euh sur euh les accords, je sais que sur le pétrole, Jean-Luc Mélenchon disait bah les pays qui ont du pétrole, nous on a d'autres choses à leur vendre et donc on peut avoir des accords bilatéral dessus. Donc est-ce que justement sur la partie extraction de minerais, c'est la seule entre guillemets, on aura pas de levier de croissance en tout cas si on veut être souverain. Donc est-ce que il vaut pas mieux travailler avec le Congo et des pays comme ça pour créer pour créer ?
Et le dernier point, c'est je pense que pour soulever les masses aussi, c'est les scandales qui marchent. Et moi j'en ai en tête qui me révulse et qui je pense révulse beaucoup de nos compatriotes, c'est Technipp, c'est Alcatel, les gens pensent au téléphone mais Alcal fabriquit les câbles sous-marins et c'était un truc stratégique que bah Macron non pardon SarkoZi a laissé vendre ou encore j'aime plus et là c'est le pire des scandales parce qu'on était leader des cartes à puces et aujourd'hui tout marche pas tout marche avec des puces. Voilà.
Merci beaucoup. Alors merci beaucoup. Du coup, je peux plus prendre de questions.
Les intervenants vont répondre et je crois qu'il y a un camarade qui ira discuter de projets Internet collaboratifs. Si les gens sont intéressés, vous pourrez vous joindre. Voilà.
Euh je je vais je vais essayer de répondre sur la question de la publicité ciblée et du du fichage politique. Alors en France, je ne sais pas mais aux États-Unis, il y a eu quelques cas à porté de policer directement chez les data brokers des informations notamment dans les États fédérés qui ont une politique anti. Donc pour aller repérer les femmes qui réavortaient dans un autre état, il y a eu des scandales de d'utilisation enfin de réquisition par la police de données chez les data brokers.
Donc les les conséquences politiques, elles sont effectivement là. Peut-être qu'on s'en peut-être qu'on s'en rend pas compte tout de suite aujourd'hui, mais le fichage publicitaire, il a aussi des conséquence très forte. Il y a également, deuxième exemple, le le scandale Cambridge Analytica, il y a quelques années, c'était une application sur Facebook qui avait utilisé alors abusé des règles de la plateforme mais malgré tout utiliser ce qui était ce que ce que Facebook permettait de faire.
C'est-à-dire euh c'est une application qui a pu cibler euh enfin permettre de cibler euh des euh personnes qui étaient politiquement susceptibles de changer euh d'opinion politique pour les faire voter euh pour euh euh un autre candidat. Euh et donc ça ça a des conséquences directes en matière démocratique. Euh ça c'est déjà présent aujourd'hui.
Ce ciblage publicitaire, il existe. Il a tout ce système de captation des données euh et donc les conséquences politiques, on les voit peut-être pas beaucoup aujourd'hui. On risque de les voir demain très fortement et peut-être dès l'année prochaine avec les élections.
Sur la question de de des des ingénieurs qui finiraient chez les GF femmes. Alors déjà en France, on a un gros problème de d'éducation dans les écoles d'ingénieur aux questions éthiques, aux questions de société. De temps en temps à la quadrature du net, on est sollicité par des associations d'étudiants, d'étudiantes pour aller faire un peu de de base quoi, expliquer que la technologie n'est pas neutre, que vos savoirs pourraient être utilisés pour de très mauvaises choses.
Euh et en fait, on s'aperçoit que il y a vraiment aucune base posée dans les écoles d'ingénieur. Donc, il y a déjà un un levier d'action d'aller sensibiliser ce qui est possible de faire. Ça se sensibilise aussi après hein en ce moment avec le le génocide à Gaza.
Il y a on a de plus en plus de contestations chez les gars femmes euh pour rappeler à la direction et au grand public ce que ces logiciels permettent de faire. Euh ah il y a un problème. OK.
Alors alors je me dépêche. Euh et donc voilà, on a on a déjà un problème au niveau de de de l'éducation dans les écoles d'ingénieur et dans dans le milieu des ingénieurs. Ensuite, aller empêcher enfin se dire qu'on pourrait empêcher tout ingénieur aller chez les gars femmes, c'est c'est c'est une fausse une fausse bonne idée et je pense que le problème c'est les gars femmes et il faut surtout s'attaquer aux gars femmes et bah les personnes aussi qui vont travailler dans des entreprises peu recommandables, elles ont aussi peut-être d'autres impératifs personnels, le besoin de payer son loyer, le besoin de de se nourrir.
C'est peut-être moins le cas pour les pour les pour les ingénieurs, mais les personnes qui travaillent dans ces entreprises là ont aussi des des des problématiques personnelles. Et c'est surtout au GF femme qu'il faut se s'attaquer même si bon c'est ce qu'on disait depuis le début, on a encore beaucoup à faire. Merci. très rapidement sur euh la faschisation, les algorithmes qui nous envoient des contenus ciblés et qui en plus cloisonne euh et vous envoie ce que vous avez envie de lire.
On y est déjà. On y est déjà. Si vous allez regarder des contenus complotistes ou d'extrême droite et cetera sur YouTube, vous ne recevrez plus que ça.
Alors, OK, les faschistes sont pas au pouvoir mais les outils sont là et on est et la vérité alternative, les fake news, appelons ça comme on voudra, ça date pas de d'hier, hein. Ça par contre là, c'est en quantité industrielle. Vous avez des faux comptes qui vous publient qui qui peuvent faire monter un buz quasiment de manière automatique sans même que un être humain un instanté les décidé.
C'est extrêmement grave. Quand à l'état de droit, je vous laisse juge, mais quand des préfets commencent à interpeller directement des députés, des élus de la nation sur ordre du ministre, d'un ministre qui lui-même a dit que l'état de droit c'était superflu, je pense que bon, pour le dire autrement, on va on ne devient pas fasciste du jour au lendemain. Le le il y a une passerelle loin de moi de dire que l'idée que Macron égale Le Pen, c'est pas ça.
Mais il y a une passerelle. S'ils étaient au pouvoir, ils ont déjà tous les outils en main. Donc l'objectif c'est qu'il n'y arrive pas.
Euh sur les ingénieurs et cetera. Moi, je vais être radical. Et je le dis d'autant plus que j'en ai côtoyé un certain nombre cette année dans le cadre d'une formation, je vais pas revenir là-dessus.
Il y a beaucoup d'ingénieurs et de chercheurs français et tout qui ne sont pas attirés que par l'argent et qui veulent trouver alors c'est très à la mode, je vais je vais le dire vite là, qui veulent trouver un autre sens. Je bon chacun trouve le sens qu'il veut donc il faudrait être un peu plus précis mais qui on envie de travailler au service de l'intérêt général du bien public certains dans une logique un peu patriotique d'autres mais en tout cas qui ne sont pas attirés que par l'argent parce que si on commence à faire la course à ah faut vous payer pour vous rapatrier on aura deux problèmes. He, il est pas question pourquoi un éboueur, on considérera pas qu'il faut le payer très bien, hein.
On a tous fait l'expérience, hein. Les les les travaux essentiels, les métiers essentiels pendant la pandémie, on a très bien vu qui c'était. Et deux, si on commence à faire ça, on aura beau nationaliser, aur beau avoir des datas sir publics et cetera, mais on aura des gens à la tête qui seront juste attirés par la volonté de puissance, d'une vieille volonté de puissance et tout et on reproduira la même chose.
Et l'idée c'est pas simplement que ce soit public, l'idée c'est de faire autrement. Euh et enfin sur les partenariats, pour l'extraction et cetera, de toute façon, les conditions sont pas réunies pour faire de l'extraction propre entre guillemets si tenté que ça puisse exister notamment RDC et cetera. Donc le premier enjeu, c'est de c'est d'extraire beaucoup moins.
Et là, on est peut-être pas abordé beaucoup ça, mais je suis persuadé qu'il y a une économie circulaire possible, qu'on peut qu'on peut réutiliser beaucoup plus l'existant au lieu de et cetera et cetera. Euh voilà, quand tu as euh coopéré avec, tu donnais l'exemple du des on a on est en train de coopérer avec un fond souverain d'un grand producteur de gaz et de pétrole surtout de gaz les Émirats Arabes unis. Bon, ça n'est pas possible.
D'abord un, parce que enfin et deux, ces gens-là travaillent eux-mêmes dans le projet Stargate aux États-Unis. Donc en fait en prétendant accumuler des milliards pour faire de la souveraineté ici, on se met dans les mains euh de de d'acteurs extrêmement peu recommandable. Euh [Applaudissements] ben du coup, moi je voulais peut-être rajouter deux trois petits trucs, mais je vais essayer de faire court.
Je pense euh le la question de le profilage, c'est pas si grave. Euh si c'est de la publicité et cetera, je pense qu'il faut aussi nommer euh la question des transferts de technologies et de comment est-ce qu'aujourd'hui il y a énormément de technologies qui partent du civil qui vient qui vont vers le militaire. Et donc en fait, c'est une des choses qui fait que les big tech peuvent être très intéressantes pour le complexe militaro-industriel, c'est qu'ils ont des capacités de recherche et développement lié à toute leur industrie civile qui sont gigantesques.
Et donc en fait que tout ce qu'on va tester comme en terme de profilage, de ciblage et cetera, après c'est des technologies qui peuvent transiter aussi ailleurs et être réutilisé pour d'autres projets notamment bah de transiter le profilage peut transiter sur les programmes gospel et cetera qui vont permettre de retrouver ceux qui sont considérés comme des combattants du Hamas et que on va les bombarder chez eux. Ça c'était un premier truc que je voulais dire et sur la question de comment ne pas perdre les ingénieurs. Je pense qu'effectivement la question aussi des on en a très peu parlé mais des systèmes universitaires et cetera effectivement ça vaudrait le coup de faire des discussions rien que sur ça.
Mais aussi ça m'a fait penser que en ce moment il y a justement un autre espace qui est en train de se rendre comme particulièrement désirable pour les ingénieurs. tout le champ de la Defense et c'est je sais pas si vous voyez les Palmeurs Lucky euh euh de Enduril ou les Peter de Palentir et tout ça, ils font une come extrêmement léchée et c'est le new cool de la Silicone Vallée, c'est de venir aider le projet patriotique pour lutter de faire la nique aux chinois pour développer les meilleures armes. Donc en fait, c'est assez dingue mais c'est vrai qu'ils ont des stratégies de de séduction des ingénieurs qui sont qui enfin des ingénieurs et ça devient très cool presque de travailler.
Avant c'était pas cool de travailler dans le complexe militaroindustriel maintenant grâce à des Peter Lucky avec leur leur leur leur chemise hawenne et leur leur culture TikTok en fait ça devient cool. Et donc c'est vrai qu'il y a un combat dans la dans le le comment est-ce qu'on rend ça non désirable ? Comment est-ce que aussi on on dit c'est pas cool du tout de travailler là-dedans et comment est-ce que on construit un rapport de force, un rapport aussi de de Je pense que c'est pour ça que nous on est aussi très attaché à la question des luttes locales. qui on visibilise toutes ces luttes locales, qu'on montre qu'il y a qu'en fait c'est pas spécialement désirable, que c'est pas cool, qu'en fait c'est je pense que par exemple dans la stratégie de stop micro contre ST Microlectronics, le fait d'avoir montré que finalement ça c'était assez problématique, ça fait que tu réfléchis à deux fois quand tu as fini tes études et que en fait tu sais qu'il y a des grosses luttes contre cette usine.
Tu te dis peut-être que en fait c'est pas si cool de travailler là-dedans. et je rejoins cette idée de en fait c'est pas on n'est pas que motivé par l'argent, on est aussi motivé par ce qui fait sens en tant que société et on hér rite de 30 ans de internet, c'est la libération des peuples, c'est l'abolition des frontières et cetera. Aujourd'hui, on se rend compte que ben c'est pas que le capitalisme a fait que c'est pas la trajectoire de l'internet qui a été prise.
Du coup, comment est-ce qu'on visibilise ça et qu'on change la narrative collective là-dessus quoi ? Voilà. [Applaudissements]
Arnaud Le Gall