Le Made in France est-il un succès ?
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Temps de parole
- Invité29 %
- Invité 229 %
- Présentateur26 %
- Invité 35 %
- Auditeur4 %
- Auditeur 23 %
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Il y a eu cette semaine un télescopage de deux actualités économiques et sociales. D'abord le géant asiatique Chine qui, pour la première fois au monde, a installé une enseigne non plus sur Internet, mais dans les locaux du BHV à Paris, ce qui a mis, permettez-moi l'expression, le bazar au BHV avec des clients venus en masse, certains finalement déçus de découvrir des prix finalement pas si bas que ça. Et puis pendant ce temps, dans la rue, un cordon de sécurité empêchait des manifestants d'approcher le bazar de l'hôtel de ville. Chine étant accusée de tous les maux, on en parlera ce soir avec nos invités.
Et bien c'est dans ce contexte que la France tente de faire émerger ses produits estampillés Made in France. Et c'est l'autre actualité de la semaine, l'ouverture à Paris du salon du Made in France jusqu'à dimanche, avec toujours plus d'exposants, toujours plus de visiteurs. Or, si les Français se disent prêts à acheter bleu, blanc, rouge, dans les faits, l'acte d'achat ne se concrétise pas toujours. Le Made in France a devant lui encore de belles marges de progression. Alors venez nous dire ce soir au Téléphone Sun, comment vous consommez, comment vous achetez, chinois ou français ? Selon quels critères ? Est-ce que le porte-monnaie l'emporte toujours sur vos valeurs ?
La fin du mois plus importante que la fin du monde, le standard est ouvert. Le téléphone va sonner jusqu'à 20h.
Le téléphone sonne, 0145 24 7000.
Le temps de vous présenter nos invités. On va prendre Pascal en Haute-Garonne pour cette première question ou premier témoignage. Bonsoir Pascal Le. Bonsoir. On vous écoute.
Moi je privilégie les rachats les plus proches de chez moi. Donc pour des jouets fabriqués en France pour mes petits-enfants en bois. Et sinon je consomme bio et fabriqués près de chez moi, cultivés près de chez moi. Et pour les vêtements, si possible en France, mais souvent c'est beaucoup plus cher. Donc souvent ce sont des vêtements fabriqués au Portugal, en Espagne, ou plutôt en Italie et pour les chaussures en Espagne.
Mais écoutez voilà, on a la garde-robe complète, on sait d'où ça vient. Pour vous répondre ce soir, deux invités. Fabienne Delahaye, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes la présidente fondatrice du salon du Made in France qui se tient donc jusqu'à dimanche à Paris. Et invité également l'économiste Jean-François Huchet, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes spécialiste de l'économie de l'Asie, professeur des universités à l'INALCO, c'est l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales. Je précise que vous avez vécu je crois une quinzaine d'années en Chine et que en conséquence vous connaissez particulièrement bien tous les rouages de cette économie chinoise.
Fabienne Delahaye, je vous renvoie le premier témoignage. Cette auditrice disait qu'elle achète proche de chez elle, pas toujours français, mais elle aimerait bien, mais c'est un peu cher, dit-elle.
Alors, déjà j'aimerais lui dire qu'il y a des produits qui ne sont pas plus chers. On parlait de vêtements. Mais le mailleu, par exemple, a des t-shirts à moins de 30 euros. Alors, j'ai apporté ici, mais ça ne se voit pas à quelques produits. À la radio, c'est difficile de les voir. Non, mais il y a des choses, mais ça ne se sait pas forcément. Ce sont des entreprises qu'on peut voir sur le salon. Par exemple, vous avez les bonnus, que ça nous rappelle tous notre enfance. C'est des gros bidons à moins de 9 euros. Et je vous assure que leurs concurrents sont beaucoup plus chers.
Vous avez de la lessive made in France.
Exactement, de la savonnerie de l'Atlantique à 1 euro. Et vous avez la brosse à dents, la brosserie française, la moins chère du marché, que vous pouvez trouver dans toutes les grandes surfaces, à moins de 1 euro. Donc, le made in France n'est pas toujours plus cher. Je voudrais juste ajouter quelque chose. C'est très court. Mais avant toute chose, c'est quoi le made in France ?
J'allais vous poser la question.
C'est nos retraites. C'est notre système social. Ce sont les écoles. C'est notre santé. C'est-à-dire que si on continue de désindustrialiser la France... D'ailleurs, si aujourd'hui, le made in France, la réindustrialisation fait consensus, quelle que soit son obédience politique, c'est qu'en fait, on est conscient des enjeux qui se jouent avec le made in France et qui se jouent par ailleurs avec le made in ailleurs, dont j'ai peut-être quelques arguments à vous proposer. Cela étant, moi, bravo, madame, d'essayer de favoriser, quand vous pouvez, les circuits courts, le made in France. Et puis, vous parlez quand même de produits européens.
il ne s'agit pas de produits qui sont faits dans les pires conditions. Dans les pires conditions. N'oublions pas que la France produit des articles... Son industrie est la plus décarbonée, une des plus décarbonées au monde. Donc, même quand je pense à la planète, je pense à made in France.
Vous pensez au made in France, c'est l'autre actualité de la semaine. À l'inverse du made in France, il y a la Chine, Jean-François Huché. Ce qui est reproché à ce géant asiatique, c'est de ne pas respecter l'environnement et c'est aussi d'exploiter ces sous-traitants. À quoi ressemblent les méthodes de travail quand on est fournisseur pour Chine ? Alors, on estime qu'il y a à peu près entre 6 000 et 7 000 fournisseurs de l'entreprise Chine en Chine. Mais ça, ce sont les fournisseurs de premier rang. Il y a très certainement encore beaucoup de sous-traitants qui apparaissent dans la pyramide de la sous-traitance. Ce qui rend...
D'ailleurs, ce n'est pas propre à Chine qui essaye de faire des efforts puisqu'elle a été critiquée, cette entreprise, un peu partout dans le monde. Mais même pour les groupes étrangers qui sont présents sur le marché chinois, il y a d'énormes difficultés à contrôler toute la chaîne d'approvisionnement à l'intérieur des écosystèmes de production. On s'est heurté à des vérifications, ce qui donne forcément des résultats qui ne sont pas forcément optimaux en termes d'heures de travail, de pollution, parfois du travail des enfants.
Et puis sur la traçabilité des produits, avec effectivement, comme le cas qui s'est passé en Angleterre, où on estime que le coton arrive aussi de province de l'extrême ouest de la Chine, du Xinjiang, où il y a eu effectivement, vous le savez, des emprisonnements massifs de populations locales. Et on va reparler ce soir, tout au long de ce téléphone sonne, des méthodes de travail de Chine. Bernard nous appelle de Chambéry. Bonsoir Bernard.
Oui, bonsoir France Inter, bonsoir aux invités. Voilà, je suis un petit peu embarrassé parce que je voulais citer justement Chine. Moi, je prononce Chine, mais peu importe. Mais il y a deux aspects dans Chine. Il y a l'aspect réglementaire, obéir aux règles de fabrication françaises. Mais il y a aussi le fait, et j'ai écouté plusieurs plateaux télé, justement, concernant cette entreprise. Pas un seul instant, j'ai entendu proposer le fait que, comme disait madame tout à l'heure, qu'est-ce qui paye nos retraites ? Ce sont les charges des entreprises. Et justement, les charges pèsent pratiquement uniquement, et bon, il y a le CSG aussi, mais pratiquement uniquement sur les entreprises.
Moi, je m'étonne de ne pas avoir entendu parler à propos de Chine qu'on élargisse le champ des prélèvements et qu'on installe une TVA sociale. C'est-à-dire que tous ces produits d'importation, on appliquerait évidemment le Parti Socialiste s'y oppose, puisque selon eux, ce serait faire payer aux salariés et à ceux qui sont dans la précarité, le fait que si on augmente la TVA de 1 ou 1,5%, forcément, eux pensent que ce sont les salariés qui vont supporter le coup.
Merci de ce témoignage et de ces suggestions. Vous le rappeliez, Fabienne Delahaye, je rappelle que vous êtes la présidente fondatrice du salon du Made in France. Les charges des entreprises, elles payent notamment nos retraites.
Alors absolument, c'est pour ça qu'on essaie, avec nos modestes moyens, de faire le maximum de bruit et de lobbying. C'est pour ça aussi qu'on invite tous les politiques sur le salon. Et d'ailleurs, ils viennent. C'est parce qu'on lutte, nous. Et c'est vraiment le plus important. Il y a deux choses. D'une part, ne pas importer, ne pas recevoir sur le territoire des produits qui ne respectent pas les normes salariales, sociales, environnementales, sanitaires, j'y reviendrai, qu'on impose à nos propres entreprises. Et donc, on demande à nos entreprises de respecter des normes, c'est très bien, mais on importe des produits qui n'en respectent aucune et on leur dit, ah ben c'est moins cher.
Mais ce n'est pas moins cher, ce ne sont pas les mêmes produits déjà. Et vous savez que, c'est important de parler aussi des conditions sanitaires, je parlais des retraites, mais vous savez que quand il y a des contrôles aléatoires en douane, c'est 80% qui ne sont pas, qui ne respectent pas nos normes sanitaires, qui sont dangereuses.
Quand ça vient de Chine, en général. Ou quand ça vient de, quand ça passe les frontières en tout cas.
Mais oui, parce que si ce n'est pas cher, il y a des raisons aux choses. C'est-à-dire qu'on utilise des substances qui sont interdites en France depuis des décennies. Elles sont interdites parce qu'elles sont potentiellement cancérigènes. Et donc, c'est grave quand même ce qui se passe. Et donc, la deuxième chose, parce que je vais quand même faire court, c'est qu'il faudrait aussi que la commande publique soit beaucoup plus souvent et presque systématiquement orientée vers des produits qui sont fabriqués en France puisqu'après tout, la source, c'est quand même nos impôts.
Donc, en faisant un petit peu d'efforts sur la commande publique, sur le respect des règles, on a, ok, important des objets, des produits, mais qui respectent nos normes, je pense qu'il y aura un énorme... Déjà, ce sera un énorme progrès. Donc, ce qui est compliqué à l'échelle européenne, mais on y travaille.
On comprend que les appels d'offres, effectivement, devraient être en priorité quand c'est du public pour les industries françaises. Jean-François Huchet, notre auditeur parlait d'une TVA sociale qui augmenterait un peu le prix. D'abord, sur les impôts, est-ce qu'on sait précisément combien Chine paye d'impôts en France ? On a une idée de l'ordre de grandeur ? Tout ça n'est pas très connu ? Non, on peut dire que c'est un management assez opaque. On connaît, par exemple, la figure aujourd'hui de Donald Tang, qui est celui qui s'affiche un peu partout. Or, le patron, Xu Yangtian, est quelqu'un de très discret.
Depuis 2015, c'est une entreprise qui pratique les paradis fiscaux de manière, on va dire, assez appuyée. C'est même une entreprise assez atypique, d'ailleurs, par rapport à d'autres entreprises chinoises qui sont... C'est-à-dire ? Justement, le recours aux paradis fiscaux. Ce n'est pas de l'optimisation fiscale. Ce sont des paradis fiscaux et généralement, c'est contraire à la loi. Tout à fait. Alors, on estime qu'il a une fortune à peu près à 10 milliards de dollars. Voilà. Alors, c'est vrai qu'on peut se poser tout à fait des questions sur le déséquilibre qui pèse aujourd'hui.
Pour replacer un peu les chiffres, on a un déficit à l'échelle de l'Union européenne avec la Chine qui se monte à peu près à 300 milliards de dollars entre nos importations et exportations de biens et services. Rien que sur le textile, puisqu'on parle de... on a à peu près 26 milliards d'exportations chinoises vers l'Union européenne et seulement 3 milliards vers la Chine. La balance commerciale n'est pas en notre faveur. Exactement. Loin de là. On pourrait effectivement imaginer toute une série de taxes, de protections qui...
Alors, je ne parle pas uniquement du textile parce que le textile, en fait, et l'habillement, ça a fait partie depuis les années 60 d'effectivement des entreprises qui ont le plus externalisé. Il faut bien voir que beaucoup d'entreprises européennes se sourcent en Chine pour ensuite réimporter sur notre territoire. Donc, il y a des chaînes de valeur ajoutée qui se sont structurées comme l'électronique, l'électroménager depuis très très longtemps.
Suite au traité multifibre qui aurait eu raison, effectivement, de nombre de nos entreprises qui fabriquaient sur le territoire.
Fabienne Delahaye, il y a 20 ans, le textile français a pratiquement disparu. Aujourd'hui, ce sont les enseignes françaises de textiles qui sont en train de disparaître. Avec quels arguments le textile made in France peut-il encore se défendre ?
Eh bien, alors... La qualité,
le savoir-faire, ce sont les valeurs que l'on met en avant.
Bien sûr, la qualité, le savoir-faire, mais aussi à nous, alors grâce à votre émission, grâce aux politiques, grâce à votre serviteur, d'essayer justement de mettre en place des normes que nous respections tous les mêmes normes. Vous mettez sur le rink quelqu'un qui fait de la boxe, qui fait 50 kilos et un autre qui fait 100 kilos et on le dit que le meilleur gagne. On n'est pas dans la concurrence. On est tous pour... On parle de libre-échange. Mais on aime tous la liberté, on aime tous l'échange. Mais là, on a organisé des échanges qui sont totalement inéquitables. Donc, on doit remettre l'église au centre du village et faire en sorte que nous respections tous les mêmes règles.
0145 24 7000. Gisèle est en ligne du Puy-de-Dôme. Bonsoir, Gisèle.
Bonsoir. Bonsoir à vos invités. On vous écoute. Merci de me prendre à l'antenne.
Avec plaisir.
Donc, moi, j'appelais juste pour un témoignage, à savoir, quand je fais des achats de vêtements, j'essaye dans la mesure du possible d'acheter aux compétences. Et si ce n'est pas dans mes compétences, parce qu'effectivement, ça peut être trop cher, j'achète de la seconde main. Je vais chez Maüs, ça participe à l'économie solidaire aussi, à l'économie circulaire. Ça permet à des personnes de se réinsérer. Donc, c'est un double emploi. D'un point de vue l'écologie, plus les centaines d'autres. Gisèle, je suis désolée de vous couper,
mais la liaison est vraiment trop mauvaise pour nos auditeurs. On a compris, Gisèle. Pardon de vous couper aussi brutalement que vous achetiez des vêtements européens quand ce n'est pas français et que vous valorisiez la seconde main pour une économie circulaire. Fabienne, je vous posais la question. Beaucoup de questions sur le textile ce soir. Est-ce qu'on sait qui achète du textile made in France aujourd'hui en France ? Est-ce que ce sont les jeunes ? Est-ce que ce sont les gens plutôt aisés ? Qui achète du textile made in France ?
Alors, on a réalisé justement sur le salon une enquête parce que comme on reçoit 100 000 visiteurs, c'est quand même un grand terrain de jeu pour faire tout un tas d'enquêtes. Et on s'est rendu compte que c'est forcément caricatural ce que je vais vous dire. C'est que justement, ça nous intéressait qui achetait. Et en fait, c'est intéressant parce que les jeunes, 18-35 ans, la motivation, c'est vraiment privilégier le circuit court, disons, des raisons environnementales. Les parents, jusqu'à, disons, 55 ans, de ces jeunes, c'est la préservation de l'emploi sur le territoire et les parents des parents, donc les grands-parents.
Et ça, c'est intéressant, on revient à ce qu'a dit votre auditrice, c'est la préservation des savoir-faire et la réparabilité. Le fait de retrouver des services après-vente identifiables et identifiés, réparés. Et là, la réparabilité, on revient justement un petit peu aux jeunes. Et donc, ce qui est intéressant, un peu comme un entonnoir, on arrive tous pour des raisons différentes au Made in France, même si c'est forcément caricatural parce qu'on peut s'intéresser à l'environnement, à l'emploi, au savoir-faire, à la réparabilité et aux conditions sanitaires de toute façon.
Jean-François Huchet, sur les pratiques de Chine, ce géant asiatique, on a appris, enfin, en tout cas, on l'a mis en exergue cette semaine, la vente en ligne de poupées pédo, des poupées qui ressemblaient à des petites filles très sexuées, des armes également, les méthodes, vous le rappeliez en début d'émission, les méthodes contre l'environnement, les méthodes qui sont difficiles pour ne pas dire humiliantes et très très pénibles pour les fournisseurs. La France demande à la Commission européenne d'ouvrir une enquête sur les pratiques des plateformes de vente chinoise.
Est-ce que les 27 peuvent se mettre d'accord pour trouver une réponse commune pour suspendre éventuellement Chine, notamment en France ? On va voir, comme vous le savez, ça relève de compétences de Bruxelles européennes. On a encore quelques incertitudes sur la pertinence juridique de ce qui est fait en France à l'heure actuelle, même si on peut se réjouir qu'il y ait des contrôles vraiment plus précis effectués sur ce qui arrive de Chine. Après, on sait très bien que dans la dynamique européenne, il y a des pays qui se positionnent de manière complètement différente. donc on va voir ce qui va se tramer à Bruxelles.
Il faut bien voir qu'on a affaire à deux entreprises dans une seule, c'est-à-dire que vous avez l'entreprise Chine qui est vraiment spécialisée sur la question de textiles, habillements, principalement, et puis vous avez une entreprise Chine qui sert de plateforme un peu comme les autres, chinoises, Traumao, et puis d'autres qu'on connaît bien aussi qui sont des entreprises américaines aussi et qui font appel en fait à des milliers de fournisseurs et la loi européenne dit qu'elles ne peuvent pas être responsables des articles qui sont vendus mais qu'elles doivent intervenir très rapidement et un peu comme sur les réseaux sociaux, modérés, quelque part, effectivement, ce qui arrive.
Donc ça impose un contrôle quand même très important et on sait quand même que l'entreprise Chine n'est pas très bonne sur ces questions, c'est un peu un euphémisme, sur effectivement cette question des contrôles puisqu'elle a été épinglée à plusieurs reprises et dans plusieurs pays. Cela dit, la Commission européenne semble dubitative ce soir sur les démarches de la France. Un haut fonctionnaire qui veut garder l'anonymat et il se demande d'ailleurs sur quelle base juridique la France peut engager une procédure de suspension du réseau Chine en France. Tout ça semble tout de même très hasardeux.
Vous disiez un boxeur de 50 kilos face à un boxeur de 150 kilos, enfin, en tout cas, 100 kilos parce que 150, il ne peut plus trop bouger. C'est inégal. On a le sentiment que ce combat économique est inégal. Oui, mais il n'y a pas que sur le secteur textile. Pendant longtemps, si vous voulez, on a eu avec le commerce chinois, j'ai envie de dire, une situation, comme on aime bien dire en bon français, de win-win, c'est-à-dire que vous aviez des entreprises qui allaient se sourcer, il y avait... On allait s'effer. Les entreprises chinoises étaient spécialisées plutôt sur le montage, l'assemblage. Aujourd'hui, on a à peu près...
On approche effectivement des 75-80% de produits qui rentrent en concurrence frontale avec les produits qui sont fabriqués par les entreprises françaises. C'est valable pour l'Allemagne, pour les autres. Et donc, cette concurrence, elle est très destructrice aujourd'hui au niveau de nos savoir-faire. Donc, il y a véritablement aujourd'hui un problème très, très sérieux qui se pose sur tout ce qu'on vient de discuter, bien évidemment, sur notre modèle social et productif.
Cela dit, depuis un an, l'Europe dispose d'une arme qui s'appelle le DSA, le Digital Service Act qui réglemente les activités des plateformes en ligne avec des amendes qui peuvent aller jusqu'à 6% du chiffre d'affaires de la plateforme. C'est comme ça qu'il faut parler aux Chinois ? L'argument de l'argent, c'est le seul qu'ils comprennent dans le business ? Ah, il est impératif d'avoir effectivement un certain nombre de normes. Après, on peut tout à fait avoir des entreprises chinoises qui se comportent de manière décente sur un certain nombre d'autres secteurs. On parle de Chine en particulier.
Bien sûr, mais à partir du moment où on a des entreprises qui ne jouent pas les règles du marché, je pense que les Européens sont parmi les plus ouverts au monde. Ça nous joue parfois aussi des tours puisque je pense qu'on a été plus royalistes que le roi sur le marché. Les Américains ont des systèmes, même avant Trump, de protection de leur marché bien plus avancés que les nôtres. Je vous donne un exemple sur l'acier.
On avait des taxes même avant Trump qui étaient beaucoup plus importantes que ce qu'on a pu faire à l'échelle européenne et c'est vrai qu'on a fait preuve de naïveté aussi depuis très très longtemps aussi sur la manière dont on produit, les subventions, toutes les pratiques de dumping aussi sur un certain nombre de produits. Maintenant, il y a aussi des entreprises chinoises qui sont très concurrentes, qui fabriquent des bons produits et qui arrivent dans nos contrées avec des très bons produits. Et vous, comment achetez-vous ? C'est le thème du Téléphone Sun ce soir.
Made in France ou n'hésitez-vous pas à acheter via les plateformes chinoises, notamment Shein qui était très d'actualité cette semaine. On en parle jusqu'à 20h.
France Inter,
le Téléphone Sun. Catherine nous appelle d'Angoulême. Bonsoir Catherine.
Oui, bonsoir. Écoutez, je vais faire une petite aparté directement avant de poser ma question. Ben non, j'ai oublié là.
Ça va être compliqué pour nous de broder à votre place. Reprenez vos esprits et on vous écoute.
Écoutez, ce que je veux dire juste, c'est que ça fait quelques jours qu'on parle de cette histoire de poupée sexuelle. Ça fait... Ah ouais, j'ai retrouvé mon aparté. La dame que j'ai entendue au début de l'émission parce que là, j'ai coupé ma radio disait qu'on peut en France trouver des t-shirts à moins de 30 euros ce qui est extrêmement cher quand même. Même si c'est un t-shirt à 20 euros, c'est cher. Voilà. Maintenant, je pense qu'il y a des producteurs en France qui sont prêts à produire des choses qui soient écologiques, en tout cas dans le respect des normes françaises.
Et concernant la polémique autour de Chine en dehors de l'histoire des poupées sexuelles qui est totalement révoltante, je ne comprends pas puisqu'il y a des normes françaises comment il est possible que le directeur, le PDG du BHV soit autorisé à faire rentrer ces produits en France et au cœur de Paris.
Alors, merci de cette remarque et de cette question. En même temps, je vais commencer un peu à répondre et puis je vais transmettre la question à nos invités. quand vous dites que le patron du BHV fait rentrer ses produits poupées sexuelles, armes et autres en plein cœur de Paris et du BHV, évidemment non. Cela dit, je transmets. D'abord, à vous Fabienne Delahé, notre auditrice, disait qu'un t-shirt, vous disiez, à 30 euros, même en dessous de 20 euros, ça reste très cher pour une partie de la population.
Alors, ça reste très cher mais comme je disais tout à l'heure, c'est-à-dire que ça paye les retraites, ça paye les écoles. Oui, ça paye mais une partie
de la population ne peut pas se l'offrir.
Alors, vous savez, avant qu'il y ait une France sans usine comme on l'a voulu, donc disons avant les années 70-60, les gens s'habillaient avec des produits fabriqués en France et vous savez ce qu'ils se disaient dans les milieux ouvriers ? Ils disaient on n'a pas les moyens d'acheter pas cher parce que mon pull, il doit servir à tous il doit être porté par le frère, par la sœur, par le cousin, par les voisins et il y avait cet échange-là et donc on peut être aussi dans une économie plus circulaire et quant au prix, là encore, j'insiste, on ne peut pas être respectueux de normes et avoir un t-shirt à 5 euros. Ce n'est pas possible. Donc après, il y a des choix.
On peut acheter moins mais mieux et puis on parlait de Chine mais avant l'arrivée de Chine, les gens n'étaient pas tous nus dans la rue donc ils trouvaient quand même à s'habiller. Et il y a pas mal d'études d'ailleurs qui montrent que qui achète de Chine, ce n'est pas forcément les plus pauvres. D'ailleurs, il faudrait que je vous donne un témoignage qui est super intéressant. C'est de la surconsommation. C'est quelque chose parce que le marketing est très très important, très intelligemment fait et c'est 15 t-shirts, c'est vous en avez deux pour le prix de trois, c'est un peu n'importe quoi.
En tout cas, je tiens juste à vous donner le témoignage de deux personnes qui sont qui avaient comment ça s'appelle même pas infirmières qui sont aides-soignantes. Voilà, donc ce n'est pas des gros moyens aides-soignantes qui viennent chaque année sur le salon et avec qui j'ai discuté qui m'ont dit vous savez nous on vient du nord où le textile a été fortement touché. On a vu ce que c'était au quotidien ce que les effets délétères de la désindustrialisation. Alors moi j'achète peu mais je veux absolument acheter Made in France parce que je veux participer à créer de la richesse sur le territoire et je veux que ça cesse cette désindustrialisation.
Et ce n'était vraiment pas des personnes ces deux femmes qui avaient beaucoup de moyens. Et je les remercie.
Jean-François Huchet je rappelle que vous êtes spécialiste de l'économie de l'Asie. Pas mal de questions sur les méthodes d'exploitation me dit cet auditeur des ouvriers et des fournisseurs chinois je disais qu'un ouvrier sous-traitant de Cheyenne était payé 2 centimes d'euros par pièce et qu'il pouvait espérer à la fin du mois gagner 25 euros par jour pardon 25 euros par jour dans une province chinoise du canton on vit comment avec 25 euros par jour ? Vous y avez vécu 3 fois 5 ans je crois. Oui oui oui c'est pour ça que je vous pose la question.
Relativement mal mais il faut bien voir il faut aussi relativiser je le disais quand on préparait l'émission juste avant de venir d'entrer en studio il faut voir d'où arrive la Chine c'est un pays qui quand ils ont commencé leur réforme économique au début des années 80 avait un PIB par tête d'environ 200 dollars il y avait 80% de la population qui vivait dans les zones rurales avec moins d'un dollar par jour donc tout ça a beaucoup bien évidemment changé mais on a encore à peu près 250 millions de personnes qui potentiellement peuvent arriver des campagnes qui sont encore dans des situations précaires et qui acceptent encore des conditions de travail encore déplorables mais qui voilà ça s'est fait aussi dans les années 90 et 2000 il y a des très jeunes qui arrivaient dans les usines pour travailler pour payer renvoyer de l'argent aux parents et qui ont pu payer des études à leurs enfants et cette promesse de l'ascenseur social telle qu'on l'a connue c'est vrai à la fin du 19ème siècle au début du 20ème siècle était un puissant moteur et qui faisait aussi qu'on acceptait des conditions de travail qui sont difficiles aujourd'hui c'est quand même plus difficile et c'est vrai qu'on peut être beaucoup plus critique à l'égard de ces entreprises qui enfreignent maintenant parce qu'il y a quand même des lois sociales qui sont rentrées en Chine avec quand même beaucoup d'améliorations sur les questions de respect des lois du travail Avant de donner la parole à Daniel qui est à Gennevilliers je voudrais d'abord souligner que sur la plateforme de Chine effectivement Jean-François Huchet on peut lire que chaque fournisseur a signé un code de bonne conduite donc qui interdit le travail forcé l'emploi de mineurs de moins de 16 ans et des conditions de travail sans violence ou discrimination quel crédit donnez-vous à cette mise au point bien sûr quel crédit donnez-vous à cette mise au point Écoutez encore une fois je pense qu'il y a très certainement d'abord des contrôles et un respect de la part des fournisseurs de premier rang c'est-à-dire ceux qui traitent directement avec parce qu'il faut expliquer qu'il y a plusieurs cercles de fournisseurs voilà en dessous de ces fournisseurs vous avez une myriade des dizaines de milliers de fournisseurs et là les contrôles sont beaucoup plus un aléatoire difficile vous avez des entreprises qui cherchent délibérément à bien sûr à échapper à ces contrôles vous avez vous pouvez acheter par exemple les services de personnes qui vont préparer les entreprises avant un contrôle par exemple les entreprises étrangères le savent parfaitement et elles ont même été confrontées à ce genre de choses donc vous voyez qu'au bout du compte on a beaucoup de mal à vérifier ce qui se passe véritablement sur le terrain on ne vous a pas oublié Daniel à Gennevilliers bonsoir quelle est votre question ou votre témoignage ?
un témoignage disons mon commentaire est le suivant enfin de découvrir ce qu'est la Chine en matière de stratégie commerciale et ça fait un sujet important pour les radios et les télévisions je suis d'accord par contre ça me pose un petit problème c'est que à aucun moment on évoque le problème de la grande distribution et sa relation avec le petit commerce et les petits producteurs et quelque part il y a une espèce de démarche semblable voilà mon commentaire merci merci je le prends je le prends en pleine figure parce qu'effectivement c'est un autre sujet la grande distribution évidemment les deux sont liés on parle du made in France mais on parle ce soir et c'est pardon mais c'est l'angle qu'on a choisi on fera quand il faudra un téléphone sonne ou d'autres émissions sur les grandes distributions la grande distribution qui est d'ailleurs en train de se remettre en cause on voit de plus en plus de grandes surfaces qui ne sont plus rentables et qui disparaissent on fera un téléphone sonne là-dessus mais pardon pardon Daniel de vous répondre un peu de façon un peu ferme mais ce n'est pas le thème du téléphone sonne de ce soir même si effectivement dans l'économie des produits qu'achètent les consommateurs français ça a du sens je reviens vers vous Fabienne Delahaye le secteur qui marche toujours à l'exportation du made in France ça reste le luxe il n'y a pas d'autre pas que
et la gastronomie
et la gastronomie le vin
et puis on a tout un tas d'exposants qui exportent je pense par exemple à Christelle alors ça touche à la gastronomie puisque c'est des casseroles qui sont produites dans les règles de l'art et ils font ils ont beaucoup ils exportent beaucoup au Japon notamment non non pas que le luxe c'est c'est beaucoup de beaucoup d'entreprises
à l'exportation ça reste le luxe tout de même oui pas que on a l'aéronautique on a le secteur militaire aussi toute l'agroalimentaire la France c'est un grand pays exportateur au moins 110 000 visiteurs attendus jusqu'à dimanche à Paris quel rapport les français entretiennent-ils comment ça a évolué depuis que vous avez créé ce salon en 2012
alors ça c'est très marrant parce qu'en 2012 quand j'ai créé ce salon avec 15 000 visiteurs
le salon du made in France
du made in France oui avec 15 000 visiteurs et 78 exposants donc vous voyez le chemin accompli aujourd'hui 1000 exposants et 110 000 visiteurs attendus donc ça veut dire qu'il y a quand même une conscience des enjeux qui se joue avec le made in France mais ce qui est fou c'est que quand j'ai eu l'idée de créer ce salon c'est pour ça qu'on a une responsabilité aussi en France par rapport à tout ce qui se passe puisqu'on voulait une France sans usine et quand j'ai créé ce salon c'était assez compliqué parce que dans le meilleur des cas j'étais ringarde passéiste et j'avais pas compris tous les bienfaits de la mondialisation et dans le pire des cas j'étais disons nationaliste et un petit peu dangereuse et donc vous voyez comme les choses ont changé puisque aujourd'hui ça fait consensus auprès de tout le monde mais votre émission vous l'auriez pas fait en 2012 sur le made in France vous voyez ce que je veux dire c'était ringard je crois qu'on en a fait quelques-unes tout de même pardon de contredire on n'a pas attendu le salon pour parler du made in France en France c'était pas c'était pas tendance c'était pas les effets le made in France
c'était ringard il y a une douzaine d'années
mais il l'était pas mais il était considéré comme parce qu'il y avait quand même une stratégie des pays européens mais particulièrement de la France de vouloir une France sans usine de désindustrialiser et de confier effectivement aux pays asiatiques la production de nos produits manufacturés et nous France sans usine voulant les services à haute valeur ajoutée la communication sauf que ça fonctionne pas parce que tous ces pays ils ont mis aussi beaucoup d'argent dans la recherche dans tous ces services à haute valeur ajoutée et qu'aujourd'hui on n'a plus grand chose à leur vendre justement c'est-à-dire qu'on est en train de perdre sur tous les tableaux
Justine est en ligne bonsoir Justine bonsoir vous nous appelez de Saint-Jean-de-Luz vous avez l'antenne Exactement je vous remercie de prendre mon appel j'avais une réflexion parce que je suis en train de vous écouter depuis tout à l'heure et moi je suis professeure en lycée professionnel dans la filière des métiers de la confection et de la couture et si c'est particulier pour moi de vous appeler ce soir c'est précisément parce que lundi matin j'ai le rectorat qui arrive pour me parler de la remise en question de la carte scolaire et de la réduction des effectifs de notre filière et que cela me paraît parfaitement paradoxal avec toutes les valeurs que l'on essaie de défendre depuis des années maintenant avec notamment sur un bassin d'emploi plus local une connaissance des entreprises qui sont dans un besoin constant de recrutement et qui essaient de se maintenir économiquement donc je déplore vraiment toujours un petit peu ce genre de paradoxes et de contradictions qui en fait font que le chemin reste très long pour pouvoir faire quelque chose de pérenne sur le territoire et qui voilà moi je suis styliste je suis professeure de couture j'ai toujours fait ma carrière dans ce secteur là que je trouve formidable et que je trouve très très difficile justement mais malgré tout je voulais dire aussi que justement tout à l'heure notre intervenante disait que les jeunes de 18 à 35 ans leur premier argument justement c'était de ne plus trop acheter vers ces marques là c'est un combat que l'on mène au quotidien dans nos établissements pour communiquer les valeurs que sont celles du Made in France notamment auprès de nos élèves et que je trouve que ça commence quand même dans les mentalités à payer et que c'est quand même beau à voir merci beaucoup merci de ce témoignage je vous coupe un peu brutalement parce qu'il reste assez peu de temps Jean-François Huchet ça vous faisait réagir oui parce que c'est un témoignage c'est un témoignage intéressant et il y a beaucoup de choses derrière ce témoignage en fait mais c'est vrai que toute l'externalisation qu'on a eu de nos chaînes de valeurs ajoutées on détruit en quelque part en fait des métiers entiers on connait l'exemple du nucléaire à un certain moment donné où on n'arrivait plus à trouver de soudeurs de très haut niveau ce qui a fait prendre des retards considérables sur la filière du nucléaire mais on pourrait dire ça sur beaucoup d'industries or ce qui est intéressant c'est qu'en Chine aujourd'hui les Chinois ne veulent pas perdre l'industrie qu'ils ont réussi à faire fonctionner sur leur territoire parce qu'ils ont conscience qu'en fait l'industrie et les services ça ne se sépare pas et qu'on a effectivement des savoir-faire qui doivent être intégrés nous on finit par le comprendre aujourd'hui à un coût qui a été exorbitant mais nous avons transmis nos savoir-faire lorsque la Chine achetait un Airbus on donne le mode d'emploi le Airbus on conserve encore quelques longueurs d'avance je ne sais pas pour combien de temps on va en conserver mais quand vous regardez pratiquement toutes les industries c'est ce que je vous disais tout à l'heure la Chine est quasiment aujourd'hui à la frontière technologique et on va avoir je pense beaucoup de choses à apprendre d'eux sur beaucoup d'aspects industriels mais justement ce serait ma dernière question quel avenir vous donnez à l'économie chinoise est-ce que la bulle va exploser ou est-ce qu'elle a un bel avenir devant elle ?
Écoutez 4,8% de croissance on aimerait bien les avoir chez nous on est très très loin ils traversent des difficultés le problème c'est qu'on a été habitué à une Chine qui était à 8-10% de croissance donc aujourd'hui ça nous apparaît un peu moins ce que je dis toujours à mes étudiants c'est un peu un éléphant qui pédale sur un vélo et quand effectivement ça ralentit il y a un risque effectivement de déséquilibre en même temps c'est une économie qui aujourd'hui a su servir de l'éducation d'investissement massif dans la recherche et qui s'appuie sur un marché intérieur qui est considérable donc je pense que la Chine ne va pas exploser économiquement on avait dit pourtant que quand les provinces se réveilleront la Chine ne sera pas la même et vous avez un petit bémol là-dessus merci beaucoup à tous les deux d'avoir répondu aux questions des auditeurs de France Inter le téléphone sonne c'est terminé à suivre leur philo de Patricia Martin leur philo à propos ce soir des hérésies elles font partie de l'histoire du christianisme il y aurait paraît-il aujourd'hui comme une résurgence des hérésies rendez-vous avec Patricia Martin leur philo ce sera après le flash de 20h et après les petits bateaux ces bouts de choux qui ont toujours une question bien pertinente à poser
bonjour je m'appelle Lydia j'ai 6 ans et je veux savoir pourquoi l'électricité ça brille merci au revoir je m'appelle
je m'appelle je m'appelle le flash de 20h