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interviewFrance Inter — Questions politiques· 11 décembre 2022 54 min

Yaël Braun-Pivet sur le 49.3 : "Il est démocratique d'utiliser des outils fournis par la Constitution"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:08
Présentateur

Bonjour, bonjour et bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous politique du dimanche midi sur France Inter à la radio, France Info à la télévision et en partenariat avec le journal Le Monde. Celle qui a accepté notre invitation et qui sera donc avec nous dans un instant et en direct jusqu'à 13h est le quatrième personnage de l'État et la première femme à ce poste, la présidence de l'Assemblée Nationale dont la bonne tenue des débats est l'une de ses prérogatives. Et avoir les passes d'armes dans une Assemblée où le pouvoir exécutif ne peut compter que sur une majorité relative, on a hâte de lui demander comment de son perchoir elle perçoit les choses sur le fond.

Elle préside une Assemblée Nationale prise entre obstruction des oppositions mais aussi, c'est plus inédit, de la majorité, passage en force avec le 49-3 et grand débat sur l'énergie, les retraites ou l'immigration. Comment voit-elle les prochaines semaines qu'ils annoncent décisives pour ces sujets ? Nous allons lui poser la question. De même que sur sa relation avec l'Élysée qu'on dit un peu fraîche. Yael Broun-Pivet, présidente de l'Assemblée Nationale et l'invité de questions politiques. Mais pour l'heure, c'est le regard de nos trois éditorialistes préférés sur la semaine politique écoulée.

1:08
Invité

Questions politiques. Thomas Négaroff sur France Inter.

1:15
Présentateur

Et elles sont là. Bonjour à toutes les trois. Bonjour Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions.

1:21
Invité

Bonjour Thomas Négaroff de France 5 et de France Inter.

1:25
Présentateur

J'aime bien. Bonjour France Aspresso du Monde. Bonjour Thomas. Bonjour à tous. Et salut. Salut Karine, toute rouge vêtue de la rédaction de France Inter, aux couleurs de sa radio.

1:36
Invité

Moi je vais faire plus simple. Salut tout le monde.

1:39
Présentateur

Merci Karine Bécard. Nathalie, on commence avec vous ?

1:42
Invité

Bien oui, je vais vous parler d'un modèle de démocratie, à savoir la gestion de la France insoumise. On a vu ces jours derniers qu'il y avait une sorte de remaniement, que c'était Manuel Bompard, le fils préféré, le nouveau fils préféré, le nouveau dauphin de Jean-Luc Mélenchon, à qui d'ailleurs il avait légué sa circonscription, qui devient un petit peu le chef de tout. Alors, on n'a pas très bien compris les modes de désignation. Alors, chez les Verts, on a vu. Marine Tandelier, on a voté. Au PS, il va y avoir un congrès en janvier, on comprend. LR, on sera ce soir. On vote. Alors peut-être qu'on vote bizarrement dans les Alpes-Rétines. Mais on vote.

Eh bien, il y a un endroit où, finalement, c'est beaucoup plus simple. C'est à la France insoumise. Alors là, exit les Corbières, Clémentine Autain, Coquerel Ruffin. Ils ne seront pas trop consultés. Certains parlent de purge. Alors, franchement, quand on voit ça, de purge. J'en ai eu un au téléphone hier soir, qui considère effectivement que c'est du nettoyage, et que la ligne du parti sera unique, et que c'est Manuel Bompard et Jean-Luc Mélenchon qui l'incarneront. Puis finalement, je me disais, pourquoi est-ce qu'on s'empoisonne avec ceux qui ne partagent pas votre avis ?

Pourquoi ne pas faire plus simple et plus efficace en décidant soi-même la ligne, et en choisissant les gens qui vont la porter ? Eh bien, ça ne s'appelle pas vraiment la démocratie. Ça s'appelle le parti unique, mais ça peut être confortable parfois. Françoise, avec vous. Alors, moi, ce qui m'a frappé cette semaine, c'est le psychodrame collectif dans lequel on s'est tous laissé embarquer cette semaine à propos d'éventuelles coupures d'électricité si le froid venait à s'accentuer, ce qui est précisément le cas. A surgi brusquement le spectre d'une France des cavernes plongée dans le noir, incapable d'assumer la continuité éducative, et pire encore, de veiller sur les plus fragiles.

Bref, un pays revenu à l'âge de pierre, jusqu'à ce que Jupiter sonne la fin de la récréation. Les scénarios de la peur, pas pour moi, a tené le président de la République, et tout brusquement s'est calmé. Alors, qu'est-ce qui s'est passé ? Sans doute une communication trop aidée du gouvernement, qui veut absolument montrer qu'il est prêt pour les coups durs, et qui a donc fait beaucoup de publicité autour de ce scénario. Incontestablement, des mots très malheureux du porte-parole d'Enedis, le gestionnaire du réseau, à propos des malades sous respirateur artificiel, qui seraient, entre guillemets, non prioritaires et éventuellement délestables.

Mais tout ça s'inscrit quand même sur le fond d'une information qui est quand même très particulière, depuis, je pense, que les chaînes d'information en continu sont là. Et elles se concentrent des heures, voire des jours entiers, sur un même sujet avant de l'abandonner tout aussi brutalement. La narration de l'actualité s'est construite comme une série télévisée. Il faut maintenir l'attention, et donc l'audience, et donc la pression, et donc l'angoisse. Et nous, on est très heureux parce que ça alimente notre dépression collective. Ce qui se passe aussi, c'est le rôle des oppositions, qui ont enfoncé le clou en disant, mon Dieu, la France, jusqu'où elle est descendue ?

Et alors donc, on se dit, mais quand même, ce pays, est-ce qu'on est vraiment dans cette dépression collective ? Est-ce qu'on est vraiment aussi mal barré, entre guillemets ? Eh bien non, parce qu'au même moment, on apprend qu'au fond, les Français ont mis des pulls, ont réduit leurs dépenses d'électricité et leur consommation d'électricité, et que finalement, on est en train de diminuer, et que peut-être ça va tenir, et tant pis pour les oiseaux de mauvaise augure, finalement, on n'est pas si débile, entre guillemets, que ça.

4:46
Présentateur

J'ai eu peur que vous disiez tant pis pour les oiseaux en pleine COP15. Non, pas tant pis pour les oiseaux. Et avec vous, Karine, on reste avec le Président de la République, très très très présent.

4:55
Invité

Exactement. Drôle de petite surprise cette semaine. On a le Président de la République, Emmanuel Macron, en personne, qui annonce sur un réseau social, Twitter, que les préservatifs vont devenir gratuits. Alors, pour les 18-25 ans, et puis finalement, il s'est ravisé. Ce sera pour tous les jeunes, même pour les mineurs, gratuité donc dans les pharmacies. Il a un peu surpris tout le monde, le Président. Personne ne s'attendait à ce moment-là à une telle annonce. Alors, vous aviez peut-être déjà oublié que le chef de l'État a pourtant fait à peu près la même chose qu'un jour plus tôt, c'est-à-dire fin novembre. Cette fois-là, ça s'était passé sur YouTube.

Il prévenait, au déboté toujours, alors je ne vais pas rentrer dans tous les détails, qu'il y aurait un réseau de RER dans les dix plus grandes métropoles en France, comme il en existe déjà un en région parisienne. Alors, s'exprimer sur Twitter, ou s'exprimer sur YouTube, c'est le premier président français, il faut le souligner, qui s'adresse comme ça directement aux gens. Et il a probablement raison, Emmanuel Macron, parce que les manières de communiquer toutes ces récentes années ont évidemment énormément changé. Ça s'est carrément accéléré. Aujourd'hui, on va naturellement sur son smartphone, on consulte facilement Insta et on regarde toutes les dernières vidéos.

Le problème, c'est que ça donne politiquement l'impression, alors évidemment, ce n'est pas complètement nouveau, mais qu'Emmanuel Macron décide de tout, et qu'il décide de tout, toujours, tout seul. En fait, il y a lui, et en face, il y a les citoyens. Et c'est à peu près tout. Au milieu, il n'y a rien. Quelle place pour ses ministres ? Quelle place pour sa chef du gouvernement ? Contrairement à ce qu'il avait promis Emmanuel Macron au début de son second quinquennat, il est toujours plus jupitérien. Et le fait est que c'est un pari super risqué. Pourquoi ? Parce que d'abord, à force de doubler tous ses ministres à s'exprimer à leur place, il va finir par tous les démobiliser.

Ça, c'est le premier problème. Parce qu'il porte du coup toutes les responsabilités. Alors, il le sait, mais c'est au risque de décevoir et donc d'être prié de s'en aller. Et puis enfin, parce qu'il faudrait arrêter de penser, vu la complexité des dossiers, qu'on peut diriger la France avec seulement une poignée de conseillers.

6:53
Présentateur

Merci à toutes les trois. Merci, Karine. Et effectivement, entre le président de la République et nous, il y a notamment notre invité, Yael Broun-Pivet, qui est l'invité de Questions politiques.

7:00
Yaël Braun-Pivet

Bonjour, Yael Broun-Pivet.

7:12
Présentateur

Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation en direct. Jusqu'à 13h sur France Inter à la radio et France Info à la télévision. Première question d'actualité. Est-ce que vous étiez parmi les 20 millions de Français à avoir crié devant votre poste de télévision quand Olivier Giroud a marqué le deuxième but qui a qualifié l'équipe de France pour la demi-finale de Coupe du Monde hier soir ?

7:28
Yaël Braun-Pivet

Évidemment, parce que c'était un très beau match. Et puis, c'est un match important, important pour notre pays. Ça fait du bien de voir la France qui gagne. Ça fait du bien de voir une France qui joue au meilleur niveau. Donc, comme beaucoup de nos compatriotes, j'étais devant ma télé.

7:43
Invité

Vous n'aviez pas boycotté ? Vous n'aviez pas décidé de boycotter ?

7:45
Yaël Braun-Pivet

Non, parce que, vous savez, c'est un moment de sport, de joie. Il ne faut pas mettre de la politique partout. Et donc, je pense qu'il faut aussi aimer se réunir autour de notre équipe.

8:00
Présentateur

Emmanuel Macron va mercredi pour la demi-finale assister au match. Ce n'est pas de la politique, ça ?

8:05
Yaël Braun-Pivet

Non, c'est juste un président de la République qui soutient une équipe qui arrive au plus haut niveau. Et je pense qu'on peut tous s'en réjouir.

8:12
Présentateur

Alors, le Qatar dans l'actu, ce n'est pas que la Coupe du Monde de foot. C'est aussi cette incroyable affaire de corruption au sein même du Parlement européen. L'une des vice-présidentes, la grecque Eva Kaylee, est dans le viseur. Elle a été arrêtée avec beaucoup d'argent liquide chez elle. Est-ce que ça vous étonne ? Et est-ce qu'en France, la question se pose ?

8:27
Yaël Braun-Pivet

Moi, je fais partie de ceux qui pensent que les hommes et les femmes politiques doivent être d'une exemplarité absolue et qu'il faut que les contrôles soient le plus aboutis possible. Et nous avons, en 2017, voté une grande loi qui permet d'encadrer beaucoup mieux les conflits d'intérêts, l'utilisation des frais, etc. Je pense que c'est très important. On sait qu'au Parlement européen, c'est aussi le règne des lobbies, contrairement à ce qui se passe en France. Et donc, je crois que, d'une façon générale, il faut que nous soyons extrêmement vigilants dans cette affaire. Il faut évidemment laisser la justice faire son travail. Mais les faits, s'ils sont avérés, sont d'une gravité extrême.

Il y en a aussi à l'Assemblée, mais nous avons fait un encadrement très étroit. Nous avons des registres de déport. Nous avons encadré la possibilité pour les parlementaires de créer des sociétés de conseil. Nous avons fait... Moi, je fais, par exemple, un agenda ouvert. Il y a beaucoup de parlementaires qui le font. Il est important qu'il y ait des lobbies. Ils existent, mais il faut... Transparent. Moi, je ne rencontre... Tous mes rendez-vous sont publics. Donc, il est important que les Français sachent qui l'on rencontre. Les lobbies, il y en aura toujours. Mais en fait, ce qu'il faut, c'est de la transparence sur nos actions et sur leurs actions.

9:44
Présentateur

Allez, je vous propose de... Maintenant, vraiment dans vos sujets quotidiens et dans les semaines à venir, je ne sais pas si vous êtes forte en calcul mental, mais 65 plus 49,3, ça fait combien ?

9:53
Yaël Braun-Pivet

65 plus 49,3, oui.

9:56
Présentateur

Est-ce que vous savez pourquoi je vous demande ça ?

9:58
Yaël Braun-Pivet

Allez-y.

9:59
Présentateur

À votre avis, 65, c'est quoi ?

10:00
Yaël Braun-Pivet

65, c'est peut-être le futur âge de départ à la retraite. Et 49,3, c'est... La méthode pour y parvenir. Oui, c'est ce que j'entends dans votre question.

10:09
Présentateur

Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que vous pensez que c'est une équation qu'on peut résoudre politiquement et que c'est tenable politiquement de résoudre cette équation-là ? Ou ce calcul-là ?

10:16
Yaël Braun-Pivet

Alors, moi, je fais partie de ceux qui considèrent qu'il est tout à fait démocratique d'utiliser des outils prévus par la Constitution. Et pour que vos auditeurs comprennent bien, le 49,3, c'est l'article 49, paragraphe 3, de la Constitution. Donc, c'est parfaitement démocratique d'utiliser ces outils. Maintenant, moi, je fais aussi partie de ceux qui pensent qu'avec de la concertation, du dialogue et la capacité à vouloir faire des compromis, nous pouvons arriver à avoir une réforme consensuelle dans tous les domaines. Et donc, je n'exclus pas que sur la réforme des retraites, nous y parvenions également.

10:52
Invité

Alors, je voulais juste savoir, consensuel, dites-vous, il y a trois mois, ça n'était pas du tout consensuel. Qu'est-ce qu'il y a de plus trois mois après ? C'est-à-dire qu'en gros, vous avez réussi à faire un front commun de tous les syndicats, y compris Laurent Berger, qui est plutôt leader dans cette affaire. Manifestement, on nous annonce un mois de janvier agité. Qu'est-ce qu'il y a de plus maintenant qui ferait que ça passerait mieux qu'il y a trois mois, quand Emmanuel Macron avait donné du temps aux autorités, une possibilité à la concertation ?

11:16
Yaël Braun-Pivet

Il y a eu justement ce dialogue social conduit sous l'autorité de la Première Ministre par Olivier Dussopt. Il y a eu des cycles de travail avec les syndicats. Et ce qui a changé, par exemple, c'est que tous les syndicats sont venus à la table de la discussion et on a pu parler pénibilité, carrière longue, emploi des seniors. Ils disent que c'est cosmétique, ces rendez-vous. Écoutez, nous verrons bien au bout du chemin. Moi, je pense, je ne le crois pas. Moi, je pense que ces rendez-vous étaient importants. J'avais fait partie de ceux qui appelaient à prendre du temps pour que le dialogue social puisse avoir lieu, que le dialogue politique aussi puisse avoir lieu.

Ces quelques semaines, ces quelques mois auront servi à cela. Et pour moi, c'était la condition sine qua non d'une réforme qui pourrait réussir. Moi, je suis convaincue qu'il y a un chemin, mais le chemin, il n'est pas trouvé à l'avance. Il faut que nous le parcourions ensemble. C'est à ça que sert la concertation. C'est à ça aussi que sert le débat parlementaire. On ne peut pas dire à l'avance, avant que le débat parlementaire n'ait eu lieu, quelle sera son issue ?

12:19
Présentateur

Ce n'est pas ce que dit un peu le gouvernement quand même ?

12:22
Yaël Braun-Pivet

C'est-à-dire ?

12:23
Présentateur

En gros, il y a une direction et que ce sera ça et pas autre chose. 65. 65. Martelé, martelé, martelé.

12:29
Yaël Braun-Pivet

Il y a évidemment une direction qui sera le projet de loi que le gouvernement va présenter au Parlement et qui est issue d'une part d'un engagement du président de la République sur une réforme des retraites et d'autre part de cette période de concertation sociale. Et puis après, le Parlement, Assemblée nationale et Sénat vont remplir pleinement leur mission et vont travailler. Et donc, moi, je crois, et c'est ce que je vois, c'est ce que je vois depuis presque six mois que je suis à la présidence de l'Assemblée nationale, je vois des compromis se faire, je vois les textes évoluer et je vois à chaque fois la capacité à trouver des majorités.

13:08
Invité

Avant la discussion parlementaire, François Bayrou, dans le journal du dimanche aujourd'hui, dit nous avons manqué collectivement de pédagogie. Est-ce que vous pensez que les Français sont aujourd'hui suffisamment éclairés sur la nécessité de cette réforme ? Ou est-ce qu'il faut encore en faire ? Et à quel stade faut-il faire cette pédagogie ?

13:25
Yaël Braun-Pivet

Alors, de façon générale, il faut inlassablement expliquer pourquoi, on mène telle ou telle action, pourquoi il est souhaitable de mener telle ou telle réforme. Et cela, il faut le faire 365 jours sur 365 jours. Mais vous, quel est votre argument sur les retraites ? C'est quoi l'argument fondamental ? L'argument fondamental, il est assez simple. Il est que nous tenons, d'une part, un régime de retraite par répartition qui produit ses effets. Nous sommes le pays, nous faisons partie des pays dans le monde et en Europe singulièrement, où les retraités, ont le meilleur pouvoir d'achat et donc, ce système de retraite, il faut le préserver parce qu'il produit un effet positif pour nos retraités.

Plus faible le taux de pauvreté de nos retraités, meilleur pouvoir d'achat d'un retraité par rapport à celui qu'il pouvait avoir dans la vie active. Il ne faut pas oublier

14:19
Invité

tous ceux qui ont des pensions

14:20
Yaël Braun-Pivet

qui sont très très faibles. Bien sûr, et on s'en occupe. On a adopté une loi pour justement remonter les pensions, les petites retraites agricoles et dans le projet de loi qui sera soumis au Parlement, il y aura une revalorisation du minimum contributif. Donc, on s'en occupe des petites retraites. Mais, d'une façon générale, le système français produit des effets positifs pour nos retraités. Moi, j'ai vu des pays dans le monde, singulièrement des pays très développés où les retraités font des petits boulots. J'ai habité notamment au Japon. Les retraités font des petits boulots à 70 ans, 75 ans. Ça, nous ne l'avons pas chez nous.

Et donc, ce système qui est positif pour nos retraités, il faut le préserver. Le corps nous indique bien, c'est très clair, conseil d'orientation des retraites, que nous rentrons dans une phase où ce système va être déficitaire pendant au moins 25 ans. Eh bien, ça, en responsabilité, nous ne pouvons le regarder sans agir. Et donc, il faut préserver le système. Il faut garantir qu'il soit juste. Donc, c'est tout le travail et toute la concertation qui a eu lieu autour de la pénibilité, des carrières longues, de l'emploi des seniors, du minimum contributif, des carrières HEC, des retraites des femmes.

Et une fois que l'on fait ça, eh bien oui, il faut porter une réforme parce que l'objectif, c'est de préserver un système juste, équitable, et qui permette d'avoir pour nos retraités une retraite

15:45
Invité

qui soit digne. Mais est-ce que c'est aussi pour financer cette réforme des retraites, pour financer des investissements qui vont être très importants comme par exemple le... comment le... La transition écologique. Merci, la transition écologique.

15:56
Yaël Braun-Pivet

Certainement pas. Il faut être très clair. Le système des retraites...

16:00
Invité

C'est pas ce que dit Emmanuel Macron.

16:01
Yaël Braun-Pivet

Si, si, si, tout à fait. Pas dans sa dernière interview dans Le Parisien. Le système des retraites doit être équilibré en lui-même.

16:11
Présentateur

Est-ce que vous craignez que ça se joue dans la rue, ce débat, que finalement, les Français réagissent en descendant au mois de janvier dans la rue ? Est-ce que c'est quelque chose qui, en tant que législateur, vous, vous l'avez dans votre tête ?

16:25
Yaël Braun-Pivet

On l'a tous à l'esprit parce que c'est une réforme qui nous concerne tous et effectivement, nos concitoyens ou certains d'entre eux peuvent avoir le souhait de manifester leur opinion dans la rue et c'est tout à fait légitime. Mais vous savez, moi, je fais partie de celles qui croient que l'Assemblée nationale telle qu'elle est aujourd'hui, représentant l'ensemble des courants politiques qui existent dans notre pays, est à même d'avoir... d'être le lieu par excellence du débat démocratique représentant toutes les sensibilités et que, par là même, ce débat est liant lieu à l'Assemblée nationale.

Je pense que c'est de nature à apaiser le climat social et à faire en sorte que nos compatriotes ne puissent pas se dire « ma voix n'est pas portée à l'Assemblée nationale, ma voix n'est pas portée dans le débat public ». Aujourd'hui, personne ne peut penser cela.

17:22
Invité

Peut-être, mais on en est quand même à la huitième recours au 49.3, neuvième motion de censure. On voit bien que le dialogue est quand même extrêmement difficile. Est-ce que vous, présidente de l'Assemblée, sur les retraites, vous allez jouer un rôle particulier pour essayer de faire en sorte que la discussion aille le plus loin possible et qu'on évite le 49.3 ? Est-ce que c'est un de vos objectifs, ça ?

17:41
Yaël Braun-Pivet

Vous savez, c'est un peu un effet en trempe-l'œil le 49.3 parce qu'on voit effectivement qu'il y a un certain nombre de 49.3 qui ont été utilisés mais parce qu'il s'agit de l'adoption de textes budgétaires qui sont composés de plusieurs parties et il y a obligation d'activer un 49.3 à chaque lecture pendant la navette parlementaire. Ce qui fait qu'on pourrait avoir le sentiment qu'il y a beaucoup de 49.3 il y a des 49.3 utilisés sur des textes budgétaires il y en a deux deux textes budgétaires mais l'ensemble des autres textes l'ensemble des autres textes nous en sommes aujourd'hui c'est parce que vous n'avez pas le droit parce que vous avez le droit

18:21
Présentateur

à 2.49 il y a le budget et un autre texte

18:23
Yaël Braun-Pivet

non mais attendez on n'en a pas besoin non mais la réalité elle est là nous n'en avons pas besoin depuis le mois de juin nous avons adopté 12 textes 12 textes 149.3 en ayant une majorité à l'Assemblée nationale et en ayant et en obtenant un accord avec le Sénat chacune des commissions mixtes paritaires donc la réunion de députés et de sénateurs qui a eu lieu depuis le mois de juin a été conclusive mais c'est important mais des taxes qui arrivent en janvier

18:57
Invité

ça risque d'être un peu plus compliqué la preuve c'est que sur les retraites il est possible que le véhicule législatif comme on dit techniquement passe par un texte qui permette d'avoir recours au 49.3 et sur le projet de loi sur l'immigration qui sera porté par Gérald Darmanin et Olivier Dussopt là aussi on n'est pas certain quand même mais vous savez

19:14
Yaël Braun-Pivet

moi il y a quelques semaines non mais j'entendais la même chose sur le texte qui concerne les énergies renouvelables on me disait le Sénat ne votera jamais le Sénat l'a voté très largement on me disait à l'Assemblée Nationale ça va coincer et bien depuis une semaine que nous débattons sur ce texte nous avons adopté un certain nombre d'amendements qui viennent des LR une quinzaine qui viennent de la gauche plus d'une quarantaine et donc le débat se fait il avance il est productif donc moi je ne fais pas partie de ceux qui pensent que sur tel ou tel texte c'est impossible c'est toujours possible

19:48
Invité

François Bayrou ce matin toujours dans l'interview du JDD semble trans-tresser les louanges de la CFDT et de Laurent Berger en disant en gros que l'avenir c'est les syndicats réformistes alors comment expliquez-vous que Laurent Berger soit à ce point furieux et qu'il dise même que cette réforme des retraites est un impôt sur les travailleurs en clair au lieu comme le disait un peu Karine de faire des économies ou d'augmenter certains impôts ou de trouver des ressources ailleurs on choisit cette méthode là de manière en gros à avoir plus d'argent et quand vous disiez à Karine qu'Emmanuel Macron disait que c'était uniquement les retraites en fait c'est plus ambigu on a l'impression que c'est un petit peu en gros j'ai dit que je n'augmenterais pas les impôts j'utilise ça pour enflouer les caisses de l'Etat donc Laurent Berger qui n'est pas de chez Guevara et que vous êtes en train de transformer en tête de pont et même monsieur Martinez aura l'air d'un faible à côté est-ce que c'est souhaitable vu l'idéologie de En Marche ou de la Renaissance ou tout ça ?

20:42
Yaël Braun-Pivet

il est souhaitable de dialoguer avec l'ensemble des organisations syndicales et singulièrement Laurent Berger qui effectivement est à la tête d'un syndicat plutôt réformiste mais je vous le redis ces discussions vont se poursuivre le jeu n'est pas fait le jeu n'est pas fait et c'est d'ailleurs pour cela que je suis particulièrement fière d'être présidente de cette assemblée nationale là c'est que cette assemblée nationale là est une assemblée qui dialogue et qui va chercher du compromis ça peut bouger sur quoi ? ça peut bouger à 64 ans ?

ça pourra je pense bouger si l'assemblée veut aller dans ce sens là et que le gouvernement y est prêt moi je suis tout à fait ouverte à ce qu'il y ait des bougies sur ce plan pour autant que les objectifs de la réforme puissent être atteints c'est à dire un équilibre financier et de la justice sociale mais alors

21:37
Invité

pour être encore plus précis est-ce que vous par exemple vous êtes comme François Béroux à dire on pourrait peut-être augmenter la cotisation patronale sur les cotisations pour la retraite ou pas ?

21:47
Yaël Braun-Pivet

ce n'est pas aujourd'hui la voie qui est retenue parce que nous avons aussi non mais vous vous en pensez quoi ? moi je pense que les entreprises aussi peuvent participer à l'effort de gaz ou pas ?

mais qu'il ne faut pas perdre de vue que nous visons également le plein emploi et il faut faire très attention il faut toujours se dire que nous pouvons avoir des effets par ricochet ou des effets de bord ou des effets induits donc je comprends bien la volonté de dire on peut avoir d'autres curseurs qui sont augmenter les cotisations pour arriver à l'équilibre mais il faut faire attention à ce que ça n'est pas un effet sur notre capacité à embaucher et à maintenir l'emploi parce que si nous arrivons à atteindre le plein emploi ça aura également un effet bénéfique sur nos retraites donc il faut être à condition de pouvoir à un départ à 65 ans

22:36
Présentateur

donc vous êtes

22:37
Yaël Braun-Pivet

favorable à un départ à 65 ans moi je suis favorable à un rallongement de l'âge de départ après qu'on verra en fonction de la discussion en fonction des orientations qui vont être tenues je vous rappelle que la première ministre va présenter le projet dans les jours qui viennent et donc en fonction de ces orientations là nous verrons quelles seront les positions des uns et des autres mais moi je suis favorable à ce que nous puissions rallonger l'âge pour parvenir à un équilibre de notre système de retraite nous verrons s'il faut le rallonger jusqu'à 64 ou 65 ans en fonction de l'appréciation globale et des discussions sur Lyon

23:13
Présentateur

Est-ce qu'il n'y a pas une petite contradiction à vouloir obtenir le plein emploi et à rallonger la durée de cotisation et donc de travail ?

23:19
Yaël Braun-Pivet

Non parce que c'est un objectif le plein emploi mais je pense qu'il s'agit d'agir pour nous en responsabilité en voulant équilibrer le régime de retraite Est-ce qu'il n'y a pas

23:30
Présentateur

quelque chose de paradoxal à dire ? L'autre objectif c'est le plein emploi mais travailler plus longtemps quand on voit le taux d'emploi

23:37
Yaël Braun-Pivet

des seniors en France Justement il faut évidemment travailler sur le taux d'emploi des seniors évidemment notre objectif c'est le plein emploi mais en même temps il faut être responsable et réaliste et se dire qu'aujourd'hui on a une situation qui s'impose à nous et que nous devons gérer et malgré le fait Donc ça veut dire

23:52
Présentateur

qu'aujourd'hui on choisit moins le plein emploi que les caisses de retraite

23:57
Invité

On choisit les deux Et qu'est-ce que vous dites aux seniors qui doivent nous écouter enfin d'ailleurs on n'en va pas tarder à en faire partie qui considèrent qu'on ne voit pas comment ils pourraient travailler plus longtemps vu que comme le disait Thomas on a le taux d'emploi des seniors le plus faible des pays d'Europe

24:10
Yaël Braun-Pivet

que justement on doit tous s'atteler à cela à renforcer le taux d'emploi des seniors qu'évidemment les entreprises doivent jouer le jeu qu'il y a probablement des choses à inventer sur la transmission de compétences sur le mécénat de compétences c'est un dispositif qui marche très bien vers les associations caritatives et humanitaires qui peuvent bénéficier de l'apport d'un cadre qui est en fin de carrière qui a beaucoup de compétences et qui pourrait y voir un intérêt je pense qu'il y a beaucoup de choses à imaginer on peut même imaginer des départs à la retraite très progressifs on sait à quel point parfois ça peut être brutal de partir à la retraite donc je pense que ensemble on peut imaginer quelque chose autour des fins de carrière autour de l'emploi des seniors chacun y a intérêt à mon sens on voit bien qu'on essaye on poursuit des objectifs de réindustrialisation de notre pays de plus de souveraineté etc je pense que là on peut avoir des transmissions de compétences avec les seniors qui peuvent être intéressantes pour justement parvenir à ces objectifs là France Inter Hashtag

25:24
Invité

Question Paul

25:25
Présentateur

Yael Brounpivé se désaltère il reste encore une demi-heure d'émission on irait jusqu'à 13h avec nous on vous écoute c'était au début du mois de juillet dernier

25:34
Yaël Braun-Pivet

La configuration de notre assemblée est inédite les français nous enjoignent de travailler ensemble de débattre plutôt que de nous battre ils nous ont choisis ils nous ont élus et nous partageons quelles que soient nos différences une responsabilité celle de répondre à l'espoir que cette assemblée qui a le visage de la France a fait naître chez nos concitoyens l'espoir de nous voir sortir de ces querelles stériles que l'on nous a trop souvent reprêchées pour avancer ensemble au service de la France et des français

26:10
Présentateur

Est-ce qu'il n'a pas un peu mal vieilli ce discours ?

26:13
Yaël Braun-Pivet

Pas du tout vous voyez je vous expliquais que l'ensemble des textes hors budget ont été adoptés et sont débattus à l'Assemblée nationale donc non il n'a pas vieilli nous arrivons à trouver des compromis le gouvernement a accepté de travailler selon une nouvelle méthode que j'avais proposé à la première ministre dès le mois de juillet des textes plus courts des textes travaillés en amont avec les parlementaires une meilleure association de chacun et c'est ce qui se passe et c'est ce qui se déroule sous nos yeux avec des résultats très tangibles donc non il n'a pas vieilli plus que jamais d'actualité On commence à avoir une vraie culture du compromis en France à l'Assemblée nationale ça vous dites ?

On commence oui moi j'y crois et en tout cas vous savez ça ne n'est pas de nulle part il faut une très forte volonté il faut un très fort engagement cet engagement existe de la part du gouvernement il existe aussi à l'Assemblée nationale mais vous savez moi je trouve que c'est passionnant en fait cette Assemblée qui débat parce que des débats naissent les compromis ces compromis ne sont pas faits en amont ne sont pas faits entre un tel ou un tel ils sont faits parce que le débat parlementaire est là pour alimenter et pour finalement tracer des voies qui nous paraissent finalement être les bonnes

27:34
Invité

ça c'est ce que vous éprouvez sans doute en assistant en voyant tout le travail en commission en président mais nous ce qu'on voit de l'extérieur c'est quand même une Assemblée assez houleuse on voit des questions d'actualité où c'est vraiment de la foire d'empoigne est-ce que vous considérez qu'il y a un décalage entre ce qui se passe en travail de fond et l'image que ça renvoie et est-ce que éventuellement ça peut être corrigé ça

27:56
Yaël Braun-Pivet

alors oui effectivement je crois qu'il y a un décalage parce que et c'est ainsi on relaie souvent les incidents plutôt que des séances qui sont pacifiées vous parliez des questions au gouvernement elles sont parfois très houleuses et on en a vu mais elles sont parfois aussi très calmes j'invite chacun à regarder cette semaine les questions au gouvernement elles étaient très apaisées donc c'est très variable maintenant j'ai un hémicycle qui vit et qui comme je le disais tout à l'heure comporte des partis politiques qui sont très opposés qui sont très qui sont en conflictualité et donc il est normal que par moment il y ait de la tension maintenant moi j'ai vraiment appelé lors du dernier bureau de l'Assemblée nationale qui est l'instance collégiale la plus élevée de l'Assemblée nationale j'ai appelé chacun de mes vice-présidents donc qui préside les séances à être très ferme et à ne pas hésiter à sanctionner les comportements les invectives les injures les comportements qui font que justement on pourrait avoir ces peut-être 5% de séances qui donnent une image pitoyable de notre Assemblée vous êtes d'accord moi je n'ai pas hésité à sanctionner quand il le fallait et j'ai d'ores et déjà prononcé un certain nombre de sanctions j'invite chacun de mes vice-présidents à le faire parce qu'il ne faut rien laisser passer parce que vous avez raison nos concitoyens ne vont finalement retenir que ça et c'est dommage parce que ça n'est pas la réalité

29:24
Présentateur

les sanctions on a du mal un peu à comprendre pourquoi certains sont sanctionnés d'autres pas on a appris cette semaine qu'Aurélien Pradié ne serait pas sanctionné pour ses propos que certains ont jugé homophobe lors d'un débat sur la parole du singe vous avez parlé de liberté d'expression pour dire qu'il avait le droit de tenir ses propos en revanche la députée renaissance Astrid Panossian-Bouvé a eu un rappel à l'ordre pour avoir qualifié le RN de parti xénophobe c'est quoi la logique ?

29:48
Yaël Braun-Pivet

la logique elle est très simple en fait c'est que quand vous êtes parlementaire vous bénéficiez d'une immunité de parole dans l'hémicycle et vous pouvez exprimer des opinions qui sont celles que votre parti politique porte ou que vous portez et donc cette immunité elle est prévue par la constitution et c'est heureux nous sommes dans une démocratie

30:08
Présentateur

mais vous pouvez vous sanctionner

30:10
Yaël Braun-Pivet

mais à chaque fois ce qui est sanctionné ce ne sont pas des propos nous avons un règlement intérieur qui prévoit qu'il est évidemment interdit d'invectiver qu'il est interdit d'injurier et qu'il est interdit de créer du tumulte dans l'hémicycle et là les sanctions qui sont prononcées sont des sanctions qui sont prononcées lorsque justement dans un hémicycle vous avez une tension qui commence à naître et finalement cette tension ne retombe pas et chacun y va de son invective ou de sa prise à partie d'un autre et cette tension et cela participe à faire monter la tension donc on sanctionne pas

30:52
Présentateur

en fonction de ce qui est dit mais ce qui est ressenti par les autres

30:54
Yaël Braun-Pivet

pas ce qui est ressenti mais la température qui monte quoi c'est pas la température mais c'est en fait la conséquence vous voyez vous comprenez que c'est un problème

31:04
Présentateur

que ce soit la conséquence et pas l'effet mais

31:07
Yaël Braun-Pivet

ça n'est pas un problème parce que nous sommes dans une démocratie et dans quelle démocratie serions-nous si le président de séance pouvait sanctionner telle ou telle prise de parole de tel ou tel parti politique vous voyez pour être très simple dans l'affaire de Fournas la sanction

31:27
Présentateur

qu'il rentre chez eux

31:28
Yaël Braun-Pivet

qu'il retourne en Afrique la sanction ne porte pas sur le propos la sanction porte sur le tumulte que le propos a provoqué et par le fait que la séance des questions au gouvernement a dû être suspendue ce qui est arrivé cette fois dans toute l'histoire de la Ve République et par l'émotion et l'émoi que cela a provoqué dans l'Assemblée Nationale et bien au-delà

31:55
Invité

mais ce qui peut donner l'impression parfois Madame Pivet ça peut donner l'impression parfois que vous avez du mal à vous opposer finalement au Rassemblement National Votre engagement politique au départ il me semble a commencé à gauche et c'était justement de vous opposer à l'idéologie du Rassemblement National là on a l'impression que parfois finalement vous ne les défendez pas mais vous avez du mal à vous y opposer est-ce que c'est compliqué de gérer aujourd'hui cette Assemblée avec 89 députés ARN ?

32:22
Yaël Braun-Pivet

Pas du tout moi je fais le distinguo entre ce qu'est mon engagement politique d'où je viens ce que je crois ce que je porte et sur cela il n'y a aucune ambiguïté maintenant je préside une Assemblée Nationale et en tant que présidente de l'Assemblée Nationale je n'ai pas à faire le tri entre les parlementaires que les français ont élus chacun est légitime à siéger à l'Assemblée Nationale et mon rôle c'est de m'assurer que les règles sont respectées et qu'elles s'appliquent à tous de la même façon quelle présidente de l'Assemblée Nationale serais-je si j'appliquais les règles de façon variable en fonction de la couleur politique du parlementaire

33:07
Invité

et ça aboutit quand même à une notabilisation du Rassemblement National mais pas du tout

33:12
Yaël Braun-Pivet

pas du tout moi je je suis garante à nouveau du fonctionnement de cette Assemblée et depuis six mois cette Assemblée fonctionne elle fonctionne parce que chacun y a sa place mais à nouveau cette place ça n'est pas moi qui la donne à un tel ou à un tel ce sont les français qui ont choisi d'élire 89 députés du Rassemblement National c'est un choix qui s'est effectué de façon parfaitement démocratique et en tant que femme politique et en tant que présidente de l'Assemblée Nationale je dois respecter le choix des français

33:48
Invité

dans votre fonction de maintien de l'ordre est-ce que vous redoutez un retour d'Adrien Quatennens puisque la procédure le plaid des coupables qu'il a choisi devrait être effectuée la semaine prochaine mardi je crois est-ce que vous redoutez quelque chose vous redoutez une bronca et est-ce que vous trouvez opportun et légitime qu'il puisse de nouveau siéger

34:10
Yaël Braun-Pivet

écoutez je me suis exprimée à plusieurs reprises sur cette affaire nous allons attendre que la décision soit prononcée cette décision peut éventuellement selon le choix du juge entraîner l'incapacité à siéger dans l'hémicycle si tel n'est pas le cas ce sera le choix d'Adrien Quatennens et donc nous verrons bien et vous savez moi je n'ai pas pour habitude de redouter quoi que ce soit je traiterai la situation telle qu'elle se présentera mais en tout cas c'est quelque chose sur lequel je suis

34:43
Invité

très vigilante alors dans ce qu'on peut observer quand on regarde effectivement ce qui se passe dans l'hémicycle vous donnez l'impression là encore de ne pas toujours ménager les députés de votre majorité de la majorité présidentielle contrairement à ce qu'il y avait l'habitude plutôt de faire vos prédécesseurs quelles sont les relations que vous avez avec vos collègues avec les députés renaissance de très bonnes relations

35:06
Yaël Braun-Pivet

vous savez c'est eux qui m'ont élu c'est eux qui m'ont élu pas que c'est une majorité relative oui non non mais c'est eux qui m'ont élu au perchoir c'est les députés renaissance qui vous ont choisi comme candidate et les députés horizon qui m'ont choisi comme candidate de la majorité pour présider cette assemblée donc les relations sont évidemment très bonnes mais vous l'avez rappelé nous sommes dans un contexte de majorité relative et les décisions à l'assemblée nationale pour la gestion de l'assemblée doivent nécessairement se prendre avec des groupes d'opposition et donc c'est en cela que le contexte a changé par rapport à mes prédécesseurs où la majorité était absolue là nous sommes dans un contexte différent mais évidemment non ça ne crée pas de tension il ne faut pas que ça en crée parce que c'est de toute façon dans l'intérêt de tous d'avoir une assemblée qui fonctionne

36:02
Présentateur

mais des députés de votre propre camp ça gase un peu dans l'express il y en a un qui dit sous couvert d'anonymat elle a un peu oublié d'où elle vient

36:07
Yaël Braun-Pivet

vous savez moi je ne m'intéresse jamais à ceux qui parlent sous couvert d'anonymat moi vous savez c'est pratique non c'est pas pratique moi je suis une femme politique depuis 6 ans j'ai des convictions je les porte et je trouve qu'on peut assumer ce qu'on pense quand on fait de la politique quand on a le mandat des français donc pour moi ce qui est off dans le jargon ce qu'on dit sans vouloir se dévoiler ça n'existe pas ça n'existe pas

36:36
Invité

et alors du coup est-ce que vos relations sont aussi bonnes avec le président Macron qui je le rappelle ne souhaitaient pas forcément que ce soit vous qui deveniez la présidente de l'Assemblée Nationale puisqu'il avait plutôt misé sur Roland Lescure que nous recevions le week-end dernier

36:50
Yaël Braun-Pivet

écoutez elles sont aussi bonnes que possible nous avons instauré un rendez-vous régulier nous nous voyons et c'est précieux en tête à tête 4 yeux 4 oreilles ce qui est bien parce qu'au moins ce que l'on se dit reste entre nous mais c'est important d'avoir cette relation de confiance de respect et nous savons tous les deux que nous portons une même vision pour la France

37:19
Présentateur

il y a eu un dîner à l'Elysée où il a été question des retraites et vous n'étiez pas là pour fêter votre anniversaire alors bon anniversaire mais nous ça nous surprend un peu de ne pas aller à une invitation à l'Elysée pour discuter des retraites

37:30
Yaël Braun-Pivet

écoutez c'est peut-être aussi une autre façon de faire de la politique moi je considère que je ne dois pas sacrifier ma famille c'était effectivement le jour de mon anniversaire et mes enfants et mes parents et mon mari c'était organisé pour être avec moi ce jour-là et je ne me voyais pas être ailleurs qu'avec eux

37:51
Invité

est-ce que ça vous après je comprends que ça puisse surprendre est-ce que ça vous agace quand même que Richard Ferrand votre prédécesseur soit systématiquement invité à toutes ces réunions à l'Elysée vous vous retrouvez en concurrence avec lui je ne me retrouve absolument

38:04
Yaël Braun-Pivet

pas en concurrence avec Richard on se voit également régulièrement c'est quelqu'un qui compte dans notre majorité et il n'y a pas de sujet sur lui ni sur moi ni sur une quelconque concurrence

38:18
Présentateur

Françoise Fréceau

38:19
Invité

la démocratie représentative est assez bousculée en ce moment il y a une éventuelle réflexion sur une réforme des institutions qui sera lancée sans doute l'année prochaine en tant que président de l'Assemblée nationale quel est l'état de votre réflexion sur le rôle du Parlement la façon d'améliorer le travail et sa visibilité

38:38
Yaël Braun-Pivet

alors j'avais avant même d'être présidente de l'Assemblée nationale porté une réflexion et rédigé un rapport qui visait justement à renforcer le rôle du Parlement je pense que c'est effectivement important que chaque institution ait sa place et qu'on ait un rééquilibrage et c'est ce à quoi nous assistons aujourd'hui nous assistons à ce rééquilibrage nous assistons au fait qu'effectivement au Parlement nous avons des débats nourris qui transforment modifient font évoluer les projets de loi qui nous sont présentés par le Parlement nous avons aussi la capacité peut-être plus qu'avant de porter des propositions de loi et moi justement à cet égard j'ai souhaité que nous puissions porter collectivement des propositions de loi de façon transpartisane et c'est ce qui pourra avoir lieu au tout début de l'année prochaine donc moi je pense qu'il faut aller continuer dans ce sens-là et après cela peut se matérialiser par des aspects très pratiques et c'est ce que nous mettons en oeuvre en ce moment après il y aura potentiellement des aspects constitutionnels sur lesquels il faudra que l'on se mette d'accord pour aller dans cette direction-là avec le Sénat et avec le gouvernement

39:54
Invité

plus d'autonomie et plus de capacité de proposition des députés

39:57
Yaël Braun-Pivet

c'est pas forcément plus d'autonomie mais avoir vraiment un parlement qui remplit pleinement sa mission constitutionnelle c'est-à-dire qui va prendre le temps d'examiner les projets de loi qui lui sont soumis donc des délais plus élargis plus de capacité à les travailler et à les amender avec succès et aussi plus de capacité à proposer des choses et là moi ce que je souhaitais c'était que nous ayons une meilleure maîtrise de ce qu'on appelle la navette parlementaire aujourd'hui le gouvernement est seul habilité à par exemple déclarer ce qu'on appelle la procédure accélérée sur un texte donc s'il ne le fait pas nous avons ce qu'on appelle une double lecture dans chaque chambre et bien une de mes propositions était de dire que l'Assemblée nationale et le Sénat pourraient avoir cette capacité via les conférences des présidents ou autres être un peu plus autonome dans la maîtrise de la navette parlementaire sur des propositions de loi ça ce serait de nature je crois à renforcer le rôle du Parlement

40:58
Invité

qu'est-ce qui vous manque pour qu'on aille chercher un conseil national de la refondation notamment actuellement pour traiter des problèmes de fin de vie ça s'est terminé la dernière fois par la loi Claes-Léonetti est-ce que vous avez vraiment besoin de gens tirés au sort pour après vous prémâcher le travail est-ce que c'est un désaveu

41:16
Présentateur

du travail parlementaire

41:17
Yaël Braun-Pivet

j'étais hier justement devant la convention citoyenne pour échanger avec les citoyens tirés au sort et pour leur dire à quel point moi j'étais très confiante dans leur travail et à quel point aussi cette démocratie dite participative était complémentaire et je leur ai dit finalement nous allons tous contribuer à construire un édifice vous à travers vos délibérations mais nous également à l'Assemblée Nationale et au Sénat à travers nos délibérations il ne faut pas opposer les uns aux autres il ne s'agit pas là non plus de concurrence il s'agit de complémentarité et en même temps c'est le Parlement qui a le dernier mot c'est le peuple qui a le dernier mot c'est le peuple d'accord mais le peuple

42:03
Présentateur

directement ou indirectement

42:05
Yaël Braun-Pivet

nous sommes les représentants du peuple et c'est ce que j'ai indiqué à un des conventionnés hier qui pensait qu'en étant tiré au sort il était il représentait les français et je lui ai rappelé très aimablement que non non mais que nous étions nous étions les seuls représentants des français qu'en France dans notre démocratie c'est l'élection qui conférait la capacité à représenter les français et donc et que ça n'était pas le tirage au sort mais l'intégralité des conventionnés a bien compris et je crois que ce qui est important c'est aussi de leur donner un message de confiance et pas de défiance

42:41
Présentateur

un mot sur ces élus que l'on dit épuisé les parlementaires se sont plaints je crois de leur rythme de travail et puis on a aussi des parlementaires qui sont agressés ou en tout cas leur QG de campagne parfois sont abîmés on l'a vu hier à Charlotte Leduc une députée vous avez pris la parole d'ailleurs pour la défendre est-ce que vous sentez que les députés sont un peu à bout c'est-à-dire que vous nous présentez depuis le début de l'émission une assemblée nationale formidable où il y a des compromis qui se passent que nous on voit que des choses qui ne sont pas la réalité du travail du travail parlementaire mais nous on entend aussi des parlementaires qui sont épuisés qui sont à bout qui s'engueulent et dont effectivement les lieux de campagne sont abîmés

43:17
Yaël Braun-Pivet

cette réalité-là

43:19
Présentateur

elle existe aussi

43:20
Yaël Braun-Pivet

cette réalité-là elle existe et le fait de trop légiférer c'est finalement un peu un invariable de notre vie politique le Conseil d'État s'en est ému et nous nous en émouvons très fréquemment et c'est vrai lorsque l'on regarde les statistiques on voit qu'on légifère plus qu'on siège plus qu'on amende plus qu'on est plus présent en séance de nuit etc.

c'est toujours plus à l'Assemblée nationale et en fait moi c'est ça mon point c'est pas tant de se dire on est épuisé parce que on est élu et on est élu pour remplir une mission qui est la plus belle et la plus noble des missions et moi je suis désolée vous pensez que c'est idyllique mais autrement moi je ferais pas de politique si je ne pensais pas que nous servons à quelque chose et qu'en ce moment à l'Assemblée nationale vous pourriez aussi dire c'est compliqué et on essaie de faire mieux mais évidemment c'est compliqué mais ce que j'essaye de vous dire depuis le début de cette émission c'est qu'on arrive à trouver un chemin et que notre Assemblée elle fonctionne et qu'elle produit des choses moi c'est ça qui m'importe produire des choses pour les Français maintenant ce que je souhaiterais c'est que notre travail soit plus organisé pour permettre justement aux députés d'être sur le terrain dans leur circonscription à la rencontre des Français des entreprises des associations parce que c'est ça qui nous nourrit nous ne pouvons pas faire de la politique uniquement en lisant des rapports nous devons faire de la politique en rencontrant et donc il faut mieux organiser notre travail parlementaire c'est-à-dire avoir peut-être des sanctuarisations de jours de séances en semaine ne plus siéger du lundi au vendredi non-stop pour pouvoir justement être sur le terrain meilleure prévisibilité de nos travaux sur quel texte nous allons travailler dans un mois dans trois mois dans six mois pour justement les préparer Est-ce qu'il ne faut pas aussi

45:12
Invité

arrêter les milliers d'amendements qui bloquent tout qui font des séances de nuit qui font que tout le monde est crevé ?

45:18
Yaël Braun-Pivet

Et là moi j'ai besoin de tout le monde parce qu'on a une inflation du nombre d'amendements absolument considérable et tous les groupes participent à cette inflation donc il faut tous les groupes sur les amendements mais c'est normal l'amendement c'est votre voix quand vous êtes parlementaire Parfois c'est complètement

45:38
Présentateur

d'obstruction Parfois ça peut c'est des amendements un peu absurde

45:41
Yaël Braun-Pivet

Parfois ça peut aller

45:42
Invité

voir dans les niches parlementaires Mais autrement

45:45
Yaël Braun-Pivet

c'est vraiment le droit du parlementaire d'amender un texte de le modifier puisqu'un amendement c'est une modification que l'on porte donc il faut que tous les groupes moi je les invite de la modération mais on voit aujourd'hui que par exemple on a d'autres outils alors je ne veux pas être trop technique mais en ce moment par exemple le texte sur les énergies renouvelables est examiné selon une modalité de temps législatif programmé donc on fixe un volet horaire et ça marche plutôt bien et on a débattu dans de bonnes conditions donc il faut qu'on travaille là-dessus moi j'ai réuni tous les présidents de groupe on va avancer sur des propositions sur des choses qui vont nous permettre de mieux travailler dans l'intérêt des français et je crois beaucoup

46:25
Présentateur

vous avez aussi organisé des permanents citoyennes les citoyens peuvent venir vous voir qu'est-ce qu'ils vous disent ?

46:30
Yaël Braun-Pivet

on a parlé beaucoup démocratie ils m'ont dit que parfois c'était le bazar dans l'hémicycle et ils s'en émouvaient c'est pour ça que moi j'appelle à plus de tenue et plus de vigilance de la part de mes vice-présidents après ils sont ils demandent inlassablement qu'on les écoute plus et c'est pour ça que moi des modalités d'écoute telles que la convention citoyenne j'y suis particulièrement favorable en fait ils veulent d'une façon générale qu'on les entende en dehors des élections qu'on prenne en compte ce qu'ils nous disent les permanences citoyennes sont une façon de le faire on m'a parlé discrimination on m'a parlé égalité des chances on m'a parlé démocratie participative moi je trouve ça passionnant d'avoir cet échange là je l'ai beaucoup dans ma circonscription sur tout le territoire national je fais beaucoup de déplacements mais j'avais le sentiment qu'il me manquait cet espace à l'Assemblée nationale et vous voyez en quelques heures il y a eu plus de 500 citoyens qui se sont inscrits donc c'est une démarche qui a été très appréciée et qui est très appréciée

47:36
Invité

donc on sent que vous voulez faire vivre l'Assemblée d'une autre façon tout à l'heure vous disiez on veut peut-être plus forcément mettre les députés du lundi au vendredi à l'Assemblée je rappelle juste et c'est une parenthèse mais elle est importante qu'Emmanuel Macron lors de son premier quinquennat a été élu pour ça a été élu pour que les députés reviennent à l'Assemblée et ils soient présents du lundi au vendredi sacré changement sacré révolution

47:57
Yaël Braun-Pivet

non je pense que en fait le mandat du parlementaire est un mandat très complet et vous ne le faites bien que finalement si vous avez les deux pieds bien ancrés dans le sol donc il faut être sur le terrain pour alimenter votre réflexion et il faut être à l'Assemblée pour pouvoir travailler faire des auditions construire des compromis et en fait c'est le bon équilibre entre les deux qu'il faut préserver et j'ajouterais vous savez et Emmanuel Macron le portait très fort cette volonté de renouvellement du personnel politique faire venir la société civile faire venir des femmes faire venir des personnes plus jeunes et bien ça va avec une meilleure prévisibilité de notre organisation pour permettre à chacun de pouvoir s'organiser

48:43
Invité

France Inter Thomas Négaroff

48:50
Présentateur

il y a quelques questions d'actualité avec vous Yael Brun Pivet encore quelques instants en direct avec nous est-ce que vous comprenez est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi le port du masque n'est pas obligatoire à l'Assemblée nationale

49:01
Yaël Braun-Pivet

qui est un lieu clos avec beaucoup d'élus

49:05
Présentateur

qui l'appellent de leur vœu

49:06
Yaël Braun-Pivet

écoutez à l'Assemblée nationale moi j'ai regardé ce qui s'était pratiqué au plus fort de la crise Covid et à chaque fois la présidence de l'Assemblée suivait les recommandations sanitaires à ce jour il n'est pas obligatoire de remettre le masque dans les lieux clos donc pour le moment nous avons estimé que cela n'était pas nécessaire mais je suis très vigilante sur cela l'hémicycle est bien aéré les portes restent ouvertes c'était une décision après le Covid et nous regarderons en fonction de l'évolution de la situation s'il faut renforcer à nouveau notre vigilance ce qui est important c'est que tout le monde fasse extrêmement attention et soit précautionneux surtout à l'approche des fêtes

49:52
Invité

une question d'actualité il y a eu un débat sur l'immigration la semaine dernière comment l'avez-vous jugé comment l'avez-vous trouvé

49:58
Yaël Braun-Pivet

très bonne tenue et surtout moi je trouve qu'il illustre bien justement cette façon de fonctionner que peut avoir le gouvernement pour porter ce type de sujet puisque nous avons un débat à l'Assemblée nationale un débat au Sénat la semaine prochaine puis après un projet de loi qui sera présenté qui

50:20
Invité

s'inspire du débat

50:22
Yaël Braun-Pivet

s'inspire et du débat et des travaux parlementaires de mon homologue du Sénat de mon ex-homologue du Sénat François-Noël Buffet président de la commission des lois et donc je trouve que cette façon de procéder de Gérald Darmanin ministre de l'Intérieur est vraiment très pertinente parce qu'elle permet

50:39
Invité

parce qu'elle permet

50:41
Yaël Braun-Pivet

que le débat irrigue le projet de loi qui va être présenté et donc vous avez comme ça en fait une maturation du sujet qui va nous permettre je l'espère vous espérez un accord

50:53
Invité

parce que là vu le débat on avait l'impression qu'il n'y aurait pas de majorité sur ce texte en fait

50:57
Yaël Braun-Pivet

parce que grosse division vous pensez que c'est toujours faisable à partir du moment où chacun fait un effort vous savez faire un compromis ça demande des sacrifices vous ne faites pas un compromis sur vos positions

51:09
Invité

on avance on a peu de temps encore Nathalie l'électricité ça a été un gros débat cette semaine certains disant on est en pleine déclassement c'est à dire qu'on en est arrivé à notre époque pays du tiers monde pays du tiers monde à la lampe à huile en se disant il faudrait faire les machines la nuit ou alors pas les faire du tout pas se laver est-ce que vous considérez que c'est excessif et que les français sont un peu des chochottes entre guillemets ou est-ce que vous avez mal géré les annonces de ce qui pourrait nous arriver à Noël

51:34
Yaël Braun-Pivet

les français ne sont pas des chochottes ils sont hyper responsables au contraire ils ont tous bien entendu que chacun devait faire un effort que l'effort devait être porté par tous que la situation était compliquée mais que si nous relancions correctement notre marque nucléaire et qu'en même temps si chacun faisait un effort ça nous permettrait de trouver une voie de passage donc moi je trouve franchement que ceux qui ont rajouté et participé à l'anxiété générale avec les lampes à huile et tout ça sont franchement eux irresponsables le gouvernement lui-même a été très alarmiste non ?

pas alarmiste responsable en disant qu'il fallait que chacun fasse un effort je pense que en fait on y arrivera ensemble

52:15
Invité

il y a 10 ans vous pensez quoi du nucléaire puisque en gros c'est ça le problème c'est-à-dire c'est que depuis le début de François Hollande on a alors vous ne faisiez pas de politique à l'époque alors vous n'en faisiez pas de politique mais j'avais une

52:25
Yaël Braun-Pivet

mais je suis toujours citoyenne mais alors oui je pensais quoi sur le nucléaire moi j'ai toujours considéré que le nucléaire était une énergie qui était une énergie importante que c'était une énergie propre et qui nous permettait d'avoir

52:42
Présentateur

même en vivant au Japon vous étiez

52:43
Yaël Braun-Pivet

alors justement au Japon effectivement il y a eu Fukushima qui nous a nous a tous frappés mais vous savez oui mais vous savez que les les morts de Fukushima

52:58
Présentateur

c'est le tsunami

52:59
Yaël Braun-Pivet

c'est le tsunami ce n'est pas le nucléaire mais vous savez c'est important on voit bien pourquoi on a autant de parcs qui sont en révision et en réparation maintenant c'est parce que justement la vigilance sur la sécurité nucléaire est au plus haut niveau c'est évidemment heureux donc moi je pense qu'il faut évidemment avoir un mix énergétique mais le nucléaire est une bonne énergie et il faut évidemment la développer et en prendre soin

53:27
Présentateur

merci merci beaucoup Yael Bontou d'avoir été avec nous depuis midi on se retrouve la semaine prochaine c'est Karine Bécard qui sera aux commandes d'un nouveau numéro de questions politiques d'ici là portez-vous très bien