Taxe de 200% sur les vins français : Trump joue l’escalade ? - C à Vous l’intégrale - 14/03/2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.
Très heureuse de vous retrouver. On est ensemble jusqu'à 21h avec toute l'équipe. Salut à tous les quatre.
Mohamed, votre Story? - M.Bouhafsi: Une histoire sidérante.
Après le décès De leur père d'origine malienne, les enfants découvrent que le défunt a été envoyé au Sénégal. L'hôpital de Corbeil-Essonnes s'est trompé de corps. - A.-E.Lemoine: Patrick? - P.Cohen: Pétrole contre cognac et sacs à main...
Ce n'est pas le nom d'un nouvel accord commercial. Ca résume la réalité des échanges entre la France et les Etats-Unis. - A.-E.Lemoine: On en parle avec P.Lamy, président de l'Organisation mondiale du commerce. - L.Sénéchal: L'enquête sur la mort du petit Emile reprend. - P.Lescure: 3 des 5 films de J.Duvivier, géant du cinéma, restaurés en ce moment sur un écran près de chez vous. - A.-E.Lemoine: Après 20h, G.Lagache, qui s'interroge sur ce que deviennent nos déchets et qui constate que les Français ne savent pas faire le tri.
C'est l'objet de son documentaire qui sera diffusé mercredi prochain sur TMC. Le dernier film de M.Blanc, "La Cache", avec W.Lebghil et L.Rovère, qui seront avec nous.
P.Légitimus fête largement plus que ses 50 ans de carrière. Le dîner est préparé ce soir par B.Chrétien, le chef des Hautes Roches, en Touraine. - B.Chameroy: Encore des citrons, ce soir, avec lesquels je jongle pour accompagner du saumon, mais pas n'importe lequel. - B.Chrétien: Saumon gravlax et betteraves avec des pickles d'oignon. - A.-E.Lemoine: Merci beaucoup.
A tout à l'heure. Un mot avant de commencer cette émission. Deborah, dont le travail et la bonne humeur, qui sont essentielles à cette émission, vont nous manquer puisqu'elle s'absente suite à un heureux événement à venir.
En régie, elle doit déjà tempêter parce que je prends du retard sur le timing très serré de l'émission sur laquelle elle veille. Place à L'Edito. A l'heure où les menaces fusent sur le commerce mondial, vous nous dites que ce qui est en jeu, c'est la réalité des échanges entre l'Europe et les Etats-Unis. - P.Cohen: La France est loin d'être le pays le plus impacté de l'UE. 50 milliards d'euros vers les Etats-Unis et 1,6 % de notre PIB.
C'est moitié moins que l'Allemagne. Qu'est-ce qu'on exporte? Du vin, du parfum, de la maroquinerie...
Les bouteilles, c'est presque aussi important que les flacons et les sacs à main. 2,4 milliards d'exports de vin, dont 810 millions pour le seul champagne. 1,5 milliard d'alcools distillés, notamment cognac et vodka. - A.-E.Lemoine: Ce n'est pas russe? - P.Cohen: Pernod produit de la vodka en France.
Le luxe approche les 5 milliards. Un secteur peu sensible aux droits de douane, dans le sens où ses clients qui ont les moyens ne regardent pas à la dépense. - A.-E.Lemoine: Qu'est-ce que la France importe des Etats-Unis? - P.Cohen: Du pétrole, du gaz, des produits énergétiques.
Les Etats-Unis sont le premier producteur mondial de pétrole et de gaz avec le gaz le moins cher du monde. Ca fait environ 14 milliards d'euros d'énergies fossiles achetés par la France l'an dernier aux Etats-Unis. Il y a 2 secteurs où les échanges sont à peu près égalitaires, 2 industries qui sont aussi nos spécialités en commun: l'aéronautique et le pharmaceutique. 20 milliards d'échanges dans les 2 sens en avions et satellites, 20 milliards en produits de santé. - A.-E.Lemoine: Et au niveau européen? - P.Cohen: Si la balance avec la France penche légèrement en faveur des Etats-Unis, au niveau européen, c'est l'inverse et pas qu'un peu.
Voici l'évolution de l'excédent commercial, qui ne cesse de gonfler. L'Europe a exporté 200 milliards d'euros de biens en plus qu'elle n'en a importé des Etats-Unis l'an dernier. C'est le double d'il y a 10 ans.
Une situation qui exaspère D.Trump, qui en a parlé pendant toute la campagne. Il a l'obsession de renverser ce déséquilibre.
La situation est inverse pour les services. Pour les services, l'Europe dépend largement des Américains et connaît un large déficit. - A.-E.Lemoine: Quels sont les principaux produits de commerce transatlantique? - P.Cohen: Le pétrole, le gaz, devant les produits médicaux et pharmaceutiques.
Ca marche dans les 2 sens. Les Américains importent énormément de produits de santé européens. C'est le premier poste, loin devant les voitures, motos et camions.
L'acier et l'aluminium, on a beaucoup parlé de ça parce que ça a fait l'objet des premiers droits de douane annoncés par D.Trump. Ils ne comptent que pour moins de 2 % des exportations de l'UE vers les Etats-Unis. - A.-E.Lemoine: D.Trump justifie cette offensive commerciale contre ses alliés européens en affirmant que les Etats-Unis sont injustement traités dans les échanges commerciaux.
Est-ce que c'est un argument qui tient la route? - P.Lamy: Foutaises complètes.
La raison du déficit commercial américain, qui est là depuis 30 ans et dans des proportions considérables, c'est tout simplement que les Américains consomment beaucoup plus qu'ils ne produisent. D'ailleurs, vous avez la preuve de ce raisonnement macroéconomique qui n'a pas grand-chose à voir avec les droits de douane. Quand vous regardez la Chine, c'est exactement l'inverse.
La Chine a structurellement un excédent commercial qui provient du fait que les Chinois ne consomment pas assez et épargnent trop. Si on est d'accord, ce qui est le cas de 95 % des économistes sur ce diagnostic, on en déduit que ce n'est pas avec des droits de douane que ça va changer quoi que ce soit. D'ailleurs, il a déjà essayé un peu.
Cette fois-ci, c'est beaucoup. Il a essayé au cours de son premier mandat et ça n'a rien donné. - A.-E.Lemoine: Il brosse dans le sens du poil l'opinion américaine, qui est persuadée d'être victime de la mondialisation? - P.Lamy: Ce n'est pas tellement qu'il la brosse dans le sens du poil, c'est qu'il lui offre une interprétation d'un malaise de la société américaine qu'il relie au commerce international.
C'est absolument faux. L'économie américaine va très bien. Si vous la comparez à l'économie européenne ou chinoise, elle va bien.
Bon taux de croissance, plein-emploi...
Ce qui ne va pas bien aux Etats-Unis, ce n'est pas l'économie, c'est la société. La raison pour laquelle Trump a été élu par une partie de la classe moyenne et une partie appréciable des plus pauvres aux Etats-Unis, c'est que cette croissance, qui est très bonne dans l'ensemble, est très mal répartie et que, notamment, l'ouverture des échanges a frappé certaines régions que les démocrates et républicains ont laissé tomber. La raison profonde de ce désaccord, c'est que les Américains ont un système social de merde par rapport à leur niveau de vie.
Ce qu'ils consacrent à la lutte contre les inégalités ou à la relocalisation des industries est absolument ridicule. Ca n'est pas un problème d'économie internationale. C'est un problème du modèle capitaliste américain qui, comme chacun le sait, est très brutal. - A.-E.Lemoine: Il n'est pas remis en cause, en tout cas. - P.Lamy: Nous le savons tous, les Américains aiment bien les gagnants et n'aiment pas les perdants.
De ce point de vue, Trump se met le doigt dans le nez. Ce dont les Américains ont besoin, c'est d'un système social qui corresponde à la violence de leur économie et qui ne laisse pas sur le bord de la route une partie des gens. Ca a été le cas.
De ce point de vue, les démocrates sont aussi coupables que les républicains. - A.-E.Lemoine: Trump se met le doigt dans le nez, mais très profond.
En plus, il joue l'escalade dans cette guerre commerciale. - P.Lamy: Incontestablement.
Il pense à tort, Et notamment vis-à-vis des Européens ou des Chinois, qu'il peut être le plus fort dans une escalade de ce type, mais ce n'est pas vrai. Qu'est-ce qu'ils ont produit, ces droits de douane, depuis qu'il s'y est mis? De l'inflation: une baisse de Wall Street de 10 % en un mois... 10 % en un mois, c'est beaucoup et très rapide.
Ce qu'on voit sur la montée des cours de l'or...
L'or est à plus de 3000 dollars. C'est le résultat du bazar qu'il est en train de mettre dans l'économie américaine. Compte tenu de l'importance de l'économie américaine et du dollar dans l'économie mondiale...
Pour l'instant, c'est le bazar. Il y a 2 interprétations. La première, c'est qu'il est cinglé.
La 2e, c'est qu'il y a peut-être derrière tout ça un plan ou des plans. S'il y en a un, et je pense qu'il faut y réfléchir sérieusement...
Partir du fait qu'il est cinglé, ce n'est peut-être pas suffisant pour réagir correctement. S'il y en a un, ce que je vois, c'est la remise en cause de tout ce qui, dans le système international, contraignait peu ou prou l'exercice de la souveraineté américaine. S'il veut mettre la main sur l'eau du Canada, sur les minerais du Groenland ou sur les terres rares en Ukraine, il a besoin de se débarrasser de tout ce qui a été construit depuis la Seconde Guerre mondiale, en partie par les Etats-Unis.
Il a besoin de se débarrasser de tout ce fatras qui handicape la puissance américaine. A mon avis, c'est une explication rationnelle. Ca suppose un certain nombre de grands changements.
Il y en a une autre, qui est un peu moins probable mais qui n'est pas non plus stupide, c'est l'idée du grand partage. On se met d'accord avec V.Poutine et avec Xi Jinping.
On se met d'accord à 3. "Taïwan, c'est pour toi. L'Ukraine, c'est pour moi." - A.-E.Lemoine: C'est un immense danger, cette guerre commerciale.
C'est le constat que dresse F.Bayrou. Pour son ministre de l'Economie, il faut déjà se projeter dans l'après. - E.Lombard: C'est une guerre idiote, comme toutes les guerres, mais si on veut pouvoir négocier avec lui, il faut qu'on soit à armes égales, donc on va aussi monter les compétences de la Commission européenne.
Après, il faut discuter avec les Américains pour faire baisser la tension et les tarifs. - A.-E.Lemoine: Ca veut dire qu'on va être obligés de négocier, mais avant, il va falloir se montrer inflexibles, quitte à approcher un point de rupture? - P.Lamy: J'ai été commissaire européen au commerce dans des temps qui étaient moins chahutés, encore que ça fritait de temps en temps avec les Américains.
Il fallait être prêts à négocier. On ne négocie avec eux que quand on est dans un rapport de force équilibré. Ce n'est pas possible qu'il y ait des choses...
Il y a peut-être des marges de négociation quelque part. Ils arrivent aussi avec un calibre dans la poche. - A.-E.Lemoine: Dernière menace en date de D.Trump: taxer le champagne à 200 %.
Les producteurs français se posent de nombreuses questions. Nous avons rencontré un vigneron. - Le marché américain est le 1er marché pour les vins de Chablis à l'exportation.
Les exportations vers les Etats-Unis, c'est entre 700 000 et 800 000 euros qui risquent d'être impactés. Nous exporterons moins dans les prochains mois si cette hausse est avérée. Le Chablis, aux Etats-Unis, est vendu chez un caviste aux alentours des 40 dollars.
Demain, il risque de passer autour des 120 dollars. On n'aura pas du tout la même clientèle qui pourra aller vers les vins de Chablis, qui sont dans une gamme moyenne. - A.-E.Lemoine: Dès maintenant, il faut chercher des nouveaux marchés ou attendre un peu au cas où D.Trump change d'avis? - P.Lamy: Je pense qu'il faut faire les deux.
Il faut, si possible, expliquer au niveau de la Commission européenne et de l'UE que s'il y en a qui dérouillent plus que d'autres, on pourrait peut-être songer à les aider à passer ce cap difficile. Après tout, ce n'est pas énorme. C'est très important pour les gens qui produisent du Chablis de vendre leurs bouteilles aux Etats-Unis, mais si vous regardez les ordres de grandeur, on n'est pas à la dizaine de milliards.
Il y a ce qu'il faut de marge de manoeuvre. Dans la mesure où certains producteurs européens de certains biens ou certains services seront impactés proportionnellement plus que les autres, l'UE doit pouvoir fonctionner comme une sorte d'assurance collective. - A.-E.Lemoine: Faut-il compter sur l'opinion américaine? - P.Lamy: Aujourd'hui, non. - A.-E.Lemoine: A un moment, elle va peut-être être mécontente de l'inflation. - P.Lamy: Je vais répondre plus précisément.
Sur le plan politique, il n'y a pas beaucoup d'espoir. On voit bien que le système judiciaire américain ne réagit pas beaucoup. Les démocrates sont complètement KO.
Les gouverneurs des Etats qui ne sont pas républicains n'ont pas envie de prendre des claques de la part de Trump. Par contre, sur le plan de l'économie, s'il se confirme que l'inflation passe de 2,5 à 3,5 pour les ménages américains, dont on a dit tout à l'heure qu'ils consommaient énormément, une grande partie de cette consommation sera financée à crédit. Si les taux augmentent, ce ne sera pas bon pour la consommation.
Trump a été élu en partie parce qu'il a dit qu'il allait lutter contre l'inflation excessive qu'il attribue à ses prédécesseurs. - P.Cohen: Qu'il allait la supprimer, éradiquer complètement l'inflation.
C'était ça, dans ses discours. - P.Lamy: Pour l'instant, c'est le contraire qui se passe.
A mes yeux, la principale force qui peut contraindre Trump à un peu plus de raison, c'est Wall Street. Il prétend, d'après ce que disent ses collaborateurs, que pour l'instant, il n'en a rien à faire, que ça va être "un mauvais moment à passer", qu'il va falloir avaler ces difficultés et qu'après, ça ira mieux. Je ne vois pas les raisons pour lesquelles ça irait mieux.
Il va peut-être relocaliser un peu d'acier et d'aluminium aux Etats-Unis, mais à quel prix? Au prix d'une perte de compétitivité de toute l'industrie de l'aluminium et de l'acier. Le plus probable, c'est qu'à un moment, il va se heurter à un truc.
L'économie, ce n'est pas de l'imaginaire. Ce n'est pas de la fiction. C'est une réalité.
Il y a des gens qui bossent, qui investissent. Il y a des gens qui produisent des services...
Ca, c'est du dur, du réel. A un moment, il va probablement se prendre la porte du réel dans la figure. La question est de savoir quand ça sera.
Est-ce que ce sera avant les prochaines élections, qui sont dans 2 ans aux Etats-Unis? Le Congrès est très fragile. Leurs majorités au Sénat et à la Chambre sont très fragiles.
Ca, c'est une des hypothèses possibles. On sait qu'aux Etats-Unis, l'économie, ça compte énormément dans les élections. - P.Lescure: Au-delà de l'économie, l'une des plus prestigieuses universités au monde en matière de recherche médicale, John Hopkins à Baltimore, vient de supprimer 2000 postes après la perte de 200 millions de dollars de subventions.
Des manifestations ont eu lieu à Washington. 400 millions de dollars ont aussi été supprimés pour Columbia, accusée par la Maison-Blanche de ne pas avoir assez lutté contre l'antisémitisme. Les universités commencent à devoir se séparer d'étudiants et de chercheurs.
Est-ce que D.Trump est vraiment en train de s'attaquer à une des vraies richesses structurelles américaines? - P.Lamy: Oui.
Je pense que c'est très grave et je pense surtout que les raisons pour lesquelles il le fait ne sont pas des raisons budgétaires. Ce sont des raisons idéologiques. Il est contre la science.
C'est gravissime, d'abord pour les Etats-Unis, qui ont toujours eu un leadership dans ce domaine. On en bénéficie aussi dans le reste du monde. Un paquet de très bons cerveaux américains vont avoir envie de travailler ailleurs, même si c'est un "pay cut" important de passer d'un salaire de chercheur américain à un salaire de chercheur européen.
Il y a quelque chose qui est passé assez inaperçu, c'est la manière dont, d'un trait de plume, il a supprimé tout l'appareil américain de lutte contre la corruption et tout le système de repérage qu'on avait tous mis 30 ans à mettre au point ensemble. Autrement dit, il retire du système américain toute la police, toute la discipline anticorruption. Comme s'il payait sa dette à la mafia.
Ce n'est pas bon pour les Etats-Unis, et c'est très mauvais pour le reste du monde. Dans ce domaine, je le sais pour avoir été impliqué dans la lutte contre la corruption depuis très longtemps, c'est très mauvais pour le monde. Comme en matière de science, les Etats-Unis étaient leaders dans le monde.
C'est eux qui ont inventé la vraie lutte contre la corruption. C'est eux qui ont inventé des procureurs spécialisés. Il vient de les licencier, ceux-là.
Si les Etats-Unis se shootent dans le pied dans des domaines où ils avaient l'occasion d'être leaders, c'est mauvais pour eux et pour le reste du monde. La grande question derrière tout ça, c'est de savoir si le reste du monde va être capable de monter quelque chose de coopératif. C'est très compliqué parce que si c'est les Chinois qui prennent la tête de la manif, il n'ira pas très loin.
Quand on réfléchit, c'est aux Européens de faire ça. Simplement, les Européens ne veulent pas le faire non plus il n'y a personne derrière pour la manif. Je pense qu'il faut aller jusque là dans l'imagination de ce qui nous attend avec ce président qui est effectivement 10 fois plus actif et armé qu'il ne l'était dans son premier mandat. - A.-E.Lemoine: Merci.
Restez avec nous. On a d'autres sujets de l'actualité à vous soumettre dans la Story de M.Bouhafsi. - On est traumatisés.
Le corps est introuvable. Dire que c'est un corps qui a été perdu...
Ils ont pris un corps à la place de l'autre. Je suis seule à me battre, maintenant. Vous n'avez plus de papa. - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'une famille brisée par la douleur.
I.Traoré meurt à 67 ans d'une crise cardiaque au centre hospitalier de Corbeil-Essonnes après avoir travaillé près de 25 ans au marché de Rungis. Sa famille annonce alors à l'hôpital que le défunt voulait être enterré au Mali, son pays d'origine.
Le 10 mars, son fils entre dans la chambre funéraire. C'est le début d'une terrible épreuve. - On arrive dans la salle.
On voit une personne. Je dis que ce n'est pas mon père et ils me ramènent dans leur bureau. Ils m'expliquent qu'ils ont fait une grosse erreur, qu'ils se sont trompés de corps, que mon père est enterré au Sénégal depuis vendredi.
Déjà, ce n'était pas facile, la façon dont il est parti, d'une crise cardiaque brutale...
Après, on rajoute ça...
Voir mon père comme ça, psychologiquement, j'étais en train de me préparer et on me montre quelqu'un d'autre. C'est encore pire. C'est un double coup. - M.Bouhafsi: L'enfer ne fait que démarrer pour la famille.
Le personnel de la morgue explique aux enfants que le corps de leur père a déjà quitté la morgue, qu'il a été envoyé par erreur au Sénégal et qu'ils n'ont plus de nouvelles du défunt. - Il y a déjà une douleur atroce de perdre son père. D'apprendre, en plus, qu'on ne sait pas où il est et qu'il a été envoyé à Dakar, enterré à Dakar...
C'est quoi? - Ce qu'on attend, c'est qu'on puisse enterrer notre père au Mali. C'est le numéro 1, ça.
Après, attaquer l'hôpital, on va le faire petit à petit. Le numéro 1, c'est que les autorités du Sénégal puissent autoriser à déterrer mon père pour qu'il puisse être enterré au Mali, chez lui. Il y a sa famille là-bas qui l'attend. - M.Bouhafsi: Au moment où sa fille découvre que son père a été enterré à Dakar, elle est au volant.
Elle frôle l'accident. Le personnel de la morgue a expliqué qu'il y avait des ressemblances entre les 2 corps. - Ils nous ont dit que l'erreur venait du fait que les 2 personnes portaient le même nom de famille: Traoré.
On apprend que le nom du famille du monsieur, c'était Mendes. Mon père faisait 1,85 m et était chauve. L'autre monsieur était petit et avait une barbe et une touffe de cheveux.
Même enveloppé, quelqu'un de 1,60 m face à quelqu'un de 1,85 m, on voit la différence. - Il y a beaucoup de racisme. - M.Bouhafsi: La société de pompes funèbres a confirmé les faits et a ajouté qu'I.Traoré ne portait pas de bracelet avec son nom quand il a quitté l'hôpital.
Ils sont abasourdis par le niveau de négligence de l'hôpital. - Mon 1er réflexe professionnel est de dire à mon collègue qu'il n'y a pas de bracelet. Quand on constate le décès, on met la date du décès, le nom et le prénom autour du poignet.
On vérifie le bracelet au niveau de la chambre. On vérifie à nouveau quand le brancardier vient chercher le défunt. Nous, on a vérifié et il n'y avait pas de bracelet.
J'imagine que sur l'autre défunt, rien n'a été respecté. - M.Bouhafsi: Aujourd'hui, les enfants du défunt craignent le moment où ils vont retrouver leur père. - La personne qui va essayer de regarder mon père dans cet état va être traumatisée à vie.
Ce n'est plus possible de le reconnaître, là. La seule chose à faire, c'est un test ADN, maintenant. Nous, on l'a découvert, mais il y a peut-être d'autres personnes qui n'ont pas enterré leurs défunts.
Je conseillerais aux personnes qui sont passées par l'hôpital de Corbeil-Essonnes de faire des tests ADN. - M.Bouhafsi: L'hôpital de Corbeil-Essonnes nous a renvoyé vers ce communiqué de presse.
Ils disent mettre tout en oeuvre avec les autorités compétentes pour organiser un rapatriement rapide depuis le Sénégal. 5 jours après, la famille n'a toujours pas de nouvelles. La famille Traoré nous a confié qu'ils allaient porter plainte contre l'hôpital de Corbeil-Essonnes. - A.-E.Lemoine: Un visuel qui choque jusqu'au sein de La France insoumise, qui l'a pourtant mis en ligne mardi sur les réseaux sociaux pour appeler à manifester contre l'extrême droite le 22 mars.
Le visage de l'animateur C.Hanouna en noir et blanc. On voit son rictus menaçant, le nez crochu, les oreilles saillantes...
Une caricature immédiatement comparée aux caricatures des années 40 et à l'affiche du film "Le Juif éternel". - J.-L.Mélenchon: Des caricatures sur monsieur Hanouna, il y en a qui sont 1000 fois pires dans le journal "Charlie".
Eux ne sont pas la cible des réseaux d'extrême droite. - P.Kanner: C'est à chaque fois une nouvelle provocation.
Ils disent que ce n'est pas ce qu'ils voulaient faire, mais le mal est fait. Je dis à La France insoumise: "Ca suffit." - A.-E.Lemoine: Bonsoir, P.Vannier.
Vous êtes député LFI du Val-d'Oise. Ce n'est pas l'extrême droite qui a publié ce visuel. Vous, vous êtes à l'aise avec? - P.Vannier: Nous l'avons supprimé il y a 3 jours maintenant après qu'il soit resté quelques instants en ligne.
Si nous l'avons supprimé, c'est parce qu'il a été produit dans des conditions qui ne correspondent pas à celles dans lesquelles nous produisons nos visuels. Il a été produit grâce à l'IA, grâce à un logiciel d'E.Musk.
Cette image a conduit certains à faire des associations avec des caricatures antisémites. Ce visuel n'aurait pas dû être publié. - A.-E.Lemoine: C'est la faute de l'IA? - P.Vannier: C'est une erreur que d'avoir utilisé cet outil.
Nous nous sommes fixé comme règle de ne jamais y recourir. Il y a eu là un usage de cette IA. Ce visuel n'aurait pas dû être publié.
Je veux dire à nos téléspectateurs que nous avons pris des mesures pour ne pas nous retrouver dans une situation semblable. Je veux dire que LFI n'a jamais visé et ne visera jamais une personne en raison de son appartenance religieuse ou de son origine supposée. Si C.Hanouna est, parmi d'autres personnalités, sur un visuel de cette campagne qui appelle à une marche le 22 contre l'extrême droite et contre le racisme, c'est en raison des prises de position publiques de C.Hanouna, qui est en fait un relais des figures d'extrême droite dans la galaxie Bolloré.
Nous avons une série d'images pour cette campagne de communication. Ce sont des figures en noir et blanc, des figures de ces idées. Nous avions pour règle depuis plusieurs années de ne jamais recourir à ces logiciels.
Probablement que les logiciels d'E.Musk contiennent en eux-mêmes des choses nauséabondes. - M.Bouhafsi: Il y a bien quelqu'un qui a validé cette photo? - P.Vannier: Nous avons pris cette mesure de façon à ne pas nous retrouver dans pareilles circonstances... - P.Cohen: Aucun responsable ne l'a validé? - A.-E.Lemoine: Le directeur com de LFI l'a validé? - P.Vannier: Je ne veux pas être dans la recherche d'une responsabilité individuelle.
Il y a une défaillance dans ce qui a fait que ce visuel a été produit. Je veux redire que nous l'avons supprimé quasiment immédiatement après sa publication. Il est hors de question pour nous d'associer à un visuel de LFI ce type d'images.
Le mal a été corrigé par une action rapide et responsable de notre part. Je constate depuis 3 jours que l'extrême droite s'est engagée dans une campagne pour nous disqualifier. Je vois qu'on bondit sur LFI, mais quand E.Musk, il y a quelque temps, faisait un salut nazi, beaucoup bégayaient pour qualifier ce geste de salut nazi.
Il y a un silence face à des gens qui tiennent des propos racistes, homophobes...
Les réactions ne sont pas les mêmes. Je vous ai expliqué dans quelles conditions ce visuel avait été produit. C'est peut-être une question intéressante, de s'interroger sur pourquoi l'IA d'E.Musk produit ce type d'images. - A.-E.Lemoine: Ce qui nous interroge, c'est la commande. - P.Cohen: Une règle qui se maintient à LFI, c'est de cibler des personnalités avec leur visage en gros plan.
Une campagne que vous aviez déjà produite il y a un an avec des portraits de C.Barbier, N.Saint-Cricq et quelques autres journalistes. - P.Vannier: Et vous!
Pour inviter les citoyens et citoyennes à s'inscrire sur les listes électorales. - P.Cohen: Vous pourriez les associer de façon collective.
Vous êtes à l'aise avec ça? - P.Vannier: Nous pouvons en discuter.
Vous voyez bien que ce n'est pas la même discussion que celle que nous venons d'avoir. Nous avons toujours assumé une stratégie de communication qui visait à saisir les esprits. Ce visuel n'y concourt pas.
Ce visuel a créé peut-être davantage d'incompréhension qu'une interpellation positive comme celle de la campagne à laquelle vous vous référez. - A.-E.Lemoine: Il y a un manque de culture.
Il y a une ignorance du contexte, des références antisémites que peut susciter cette image, lorsque quelqu'un à LFI décide de le valider et de le publier sur les réseaux sociaux. - P.Vannier: Je crois que nous aurions dû empêcher cette publication.
Ce visuel n'aurait pas dû être mis en circulation. Je vous ai expliqué comment il avait été produit. Je ne crois pas que cela ait à voir avec une culture.
Cette culture, il faut l'entretenir. Il faut alerter sur les codes de l'antisémitisme. Je crois que ça a à voir avec des outils nouveaux.
Cet outil de l'IA et peut-être celui d'E.Musk en particulier doit poser question. - A.-E.Lemoine: On n'oublie pas que L.Fabius avait subi à peu près le même traitement que C.Hanouna avec une caricature antisémite à la une de l'hebdomadaire "Minute". 30 ans plus tard, le RN est invité en Israël par le gouvernement pour la première fois de son histoire pour participer à une conférence de lutte contre l'antisémitisme et c'est vous qu'on accuse d'antisémitisme. - P.Vannier: Ca m'indigne, ça me révolte.
Je me suis engagé en politique il y a longtemps maintenant. L'engagement de tous les insoumis est la lutte contre tous les racismes, l'antisémitisme, l'islamophobie. Une opération qui consisterait, à travers cette polémique qui dure, à blanchir politiquement l'extrême droite, le RN, qui accueille aujourd'hui dans ses rangs un député qui, quand il était libraire il y a quelque temps, vendait des livres négationnistes, qui accueille dans ses rangs 15 députés qui partagent des idées d'extrême droite, des propos racistes, sexistes, homophobes, un parti qui a été fondé par les Waffen-SS, je dis qu'il y a alarme pour nous tous, pour notre pays.
Si on veut lutter contre l'antisémitisme, c'est à l'extrême droite qu'il faut s'attaquer. C'est elle qui le fait vivre dans notre pays. - A.-E.Lemoine: Je m'adresse à vous parce que vous êtes député LFI.
Ce n'est pas la 1re fois que les déclarations ou les prises de position de J.-L.Mélenchon ont été jugées problématiques, notamment le député PS J.Guedj, qui a été renvoyé à sa religion.
J.-L.Mélenchon a évoqué un antisémitisme résiduel en France.
M.Aubry, hier sur France Inter. - M.Aubry: LFI, ce n'est plus possible.
Je ne critique pas les militants ou ceux qui votent pour eux. Jean-Luc, cette brutalité, cette façon permanente d'être dans la provocation, de ne pas respecter les institutions, ce n'est pas possible. Il faut regarder le fond du projet.
Il faut une couche la plus large possible, mais pas avec J.-L.Mélenchon, qui se présentera de toute façon.
S'il ne change pas...
Je ne pense pas, je le connais depuis très longtemps, qu'il changera. - P.Vannier: C'est le retour des gauches irréconciliables.
Il y a une surenchère sectaire entre les différentes figures de cette organisation qui toutes, plus ou moins, veulent inscrire une distance plus ou moins grande avec LFI. - P.Cohen: M.Aubry a travaillé avec J.-L.Mélenchon.
Elle a été au gouvernement avec lui. Elle le connaît depuis longtemps. - P.Vannier: Ca ne la protège pas d'un sectarisme.
Quand elle appelle à se couper d'une formation politique dont le candidat à l'élection présidentielle a rassemblé près de 8 millions de personnes, qui a fait l'union...
Ce sont les insoumis qui, sur un programme de rupture, ont fait l'union en 2022 et en 2024. Cette stratégie me paraît vouée à l'échec. Il y a un débat de fond derrière.
M.Aubry en parle. C'est celui de la rotation de la gauche.
Faut-il revenir à la vieille gauche, à la gauche d'hier, celle de F.Hollande? Beaucoup le défendent.
Nous disons le contraire, qu'il faut une gauche de rupture, de l'ordre social. C'est ce à quoi nous aspirons. Nous appelons, contrairement à M.Aubry qui appelle à diviser, à regrouper, à rassembler derrière un programme pour changer la vie des gens.
Nous sommes disponibles, avec toutes celles et ceux qui le souhaitent, à partir à la conquête du pouvoir aux prochaines élections présidentielles. - M.Bouhafsi: Vous avez été nommé il y a une semaine député Ensemble pour la République.
Vous souhaitez protéger les élèves de Bétharram. - Que justice se fasse pour les victimes! C'est scandaleux!
Je ne lâcherai pas! Je soutiens mes frères de Bétharram! Je soutiens mes frères et soeurs de Garaison!
La justice ne fait rien. Que fait l'enseignement catholique? La honte!
Ce gant blanc, c'est pour les victimes de violences sexuelles dans l'Eglise. Vous avez du sang sur les mains. - M.Bouhafsi: Vous étiez rue de Grenelle en train de mener un contrôle inopiné au ministère de l'Education nationale. 3 heures de recherche permettant d'éclairer votre commission.
Vous ne trouvez absolument rien. - P.Vannier: C'est une information que de ne pas trouver un dossier Bétharram au ministère de l'Education nationale Je m'attendais à ce qu'il existe, à ce que la ministre soit saisie d'éléments dans le détail.
Manifestement, ce n'est pas le cas. Nous apprenons que le ministère de l'Education nationale n'est saisi des faits de Bétharram que depuis le 5 février dernier, depuis la publication de l'article de Mediapart. Le rapport d'inspection, c'est celui de 1996.
F.Bayrou aurait commenté ce rapport, qui est très étonnant, très succinct, bâclé. Il dit tout et son contraire.
Il a une conclusion plutôt positive pour l'établissement. Il décrit les châtiments corporels très sévères sur les enfants. On peut s'interroger sur ce qu'a fait F.Bayrou de ce rapport. - P.Cohen: Il dit que ce rapport est un phénomène isolé.
Il dit qu'il y a eu quelque chose d'insupportable, mais que c'est un phénomène isolé qui ne reflète pas ce qui s'est pratiqué dans l'établissement. - P.Vannier: Si je commandais un rapport d'inspection et que dans ce rapport, je lisais qu'on mettait des enfants nus la nuit dans la cour de récréation pour les punir, moi, comme ministre de l'Education nationale, j'aurais pris des mesures.
F.Bayrou n'a rien fait comme ministre de l'Education. Je suis certain qu'il est remonté à Paris.
F.Bayrou l'a déclaré devant l'Assemblée nationale. Il aurait là encore menti devant les députés.
C'est une possibilité. A mon avis, il l'a fait à plusieurs reprises. Il était aussi président du Conseil général en charge de la protection de l'enfance.
Plusieurs années plus tard, lorsque je l'ai interrogé, il a menti pour dissimuler cette inaction. Il y a une faute extrêmement grave. Il y a la commission d'enquête parlementaire, l'enjeu majeur de ces violences.
Il faut empêcher d'autres Bétharram. Nous sommes en train d'investiguer. Nous avons récolté un certain nombre de documents intéressants, qui vont nous permettre de préparer les prochaines auditions. - A.-E.Lemoine: Sur des faits passés ou sur des faits présents? - P.Vannier: Sur des faits passés, pour comprendre d'éventuelles défaillances et les corriger, et sur les faits contemporains.
Il y a une libération de la parole. Il y a des victimes qui, un peu partout dans le pays, prennent la parole pour décrire les crimes dont ils étaient victimes. A nous comme parlementaires de comprendre pourquoi l'Etat, pendant tant d'années, n'a pas détecté ces violences?
Pourquoi il n'a pas agi pour les faire cesser? Il nous faut corriger ces dysfonctionnements et protéger tous les enfants. - A.-E.Lemoine: Merci d'être venu.
Les conclusions de vos travaux seront rendues à la fin du mois de juin. C'est l'heure du 5/5 de L.Sénéchal.
Les investigations sur la mort du petit Emile ont repris. - L.Sénéchal: Ses ossements ont été trouvés par une habitante du village il y a près d'un an.
Hier, les enquêteurs sont revenus au Haut-Vernet. Ils ont passé plusieurs heures sur place, notamment à l'intérieur de la chapelle, après avoir reçu une lettre anonyme. Ils sont ensuite repartis avec une imposante jardinière qui était à proximité de cette fameuse chapelle.
Elle fera l'objet d'une expertise. On ne sait pas encore ce que cherchent les enquêteurs. D'après les informations de BFM, les autorités sont certaine qu'Emile n'a pas pu disparaître seul.
Il y a auteur, dit une source au coeur du dossier. Reste à savoir s'il a agi volontairement ou non. Aucune garde à vue pour l'instant.
Les auditions libres devraient encore se dérouler cette semaine. - A.-E.Lemoine: L'Ukraine recule mais frappe à nouveau Moscou. - L.Sénéchal: Kiev évacue des villages près de sa frontière avec la Russie au nord, près de l'enclave de Koursk, mais lance aussi une attaque de drones contre Moscou.
Des infrastructures militaires et énergétiques sont visées. La guerre continue malgré le "oui mais" ou le "non sauf"de V.Poutine.
Il n'est pas digne de confiance, martèle l'Ukrainien V.Zelensky. ... - L.Sénéchal: Trump évoque un échange constructif avec Poutine, à qui il a demandé d'épargner la vie de milliers de soldats ukrainiens.
Il maintient aussi une forme de pression en imposant de nouvelles sanctions sur le secteur bancaire russe. Ses coups de boutoir agacent autant qu'ils inquiètent les Européens, à commencer par la France. - S.Lecornu: De penser que nous sommes complètement invisibles ou inopérants...
Certains responsables politiques le disent. Ce n'est pas vrai. Il y a ce que nous ne pouvons pas dire et aussi ce qui se voit.
Arrêtons avec ce France bashing. - L.Sénéchal: D.Trump a aussi poursuivi et relancé ses menaces d'annexion du Groenland dans le bureau Ovale.
Il a même évoqué des troupes, tout ça devant le patron de l'Otan. ... - L.Sénéchal: Le Groenland est un territoire du Danemark, également membre de l'Otan.
Trump froisse ses alliés. Le Portugal renonce à acheter des avions de chasse F-35. La France est le 2e exportateur d'armes au niveau mondial.
Ce réarmement du monde profite à l'industrie française. Il y a quelque chose d'éminemment cynique. L'armement pourrait nous faire gagner quelques points de croissance? - P.Lamy: L'Europe, et pas seulement la France...
L'UE, constatant le monde dont nous avons parlé tout à l'heure, en arrive à la conclusion que nous devons être capables de nous défendre nous-mêmes. Ca a été un très long processus. Pendant très longtemps, beaucoup d'Européens ont cru que l'on n'était pas menacés.
Ca a pris fin en février 22, quand Poutine a envahi l'Ukraine. On a compris à ce moment-là que la sécurité de l'Ukraine et la sécurité de l'UE, c'était pareil. Ca a été le 1er grand choc.
Le 2e grand choc vient de l'ouest, quand monsieur Trump laisse entendre qu'après tout, l'article 5 du traité de l'Otan, on pourrait bien s'asseoir dessus, auquel cas la plupart des pays européens qui dépendent de la dissuasion nucléaire américaine sont à poil. Voilà les 2 événements, aussi détestables qu'ils soient l'un que l'autre, qui ont, au fond, clarifié ce paysage géostratégique européen. On sait qu'on a une menace à l'est et on sait que ce n'est pas forcément les Américains qui vont couvrir notre sécurité.
On doit en tirer les conséquences. C'est compliqué. Ca ne se fera pas...
Le germe politique est là. On est maintenant d'accord entre Européens pour dire qu'il faut qu'on construise les bases de notre défense. Ca coûtera de l'argent.
Ca prendra du temps. C'est un domaine où on n'est pas non plus manchots. - A.-E.Lemoine: Vous êtes d'accord, P.Vannier? - P.Vannier: Il y a une prise de conscience très tardive.
Tout le monde n'a pas été aussi naïf. J.-L.Mélenchon, depuis au moins 2 campagnes présidentielles, alerte du danger... - P.Cohen: La France n'est pas dépendante des Etats-Unis. - P.Vannier: Elle doit renforcer ses moyens pour garantir son indépendance.
Elle doit impulser une diplomatie non alignée. Plus qu'une économie de la guerre, nous avons besoin d'une économie de la paix qui réponde à nos besoins sociaux et écologiques d'abord. - A.-E.Lemoine: Le collège de Conflans-Sainte-Honorine officiellement rebaptisé S.Paty. - L.Sénéchal: C'est là qu'il enseignait.
Une plaque portant le nom de S.Paty a été dévoilée tout à l'heure. La cérémonie était marquée par le chant des élèves qui ont repris du J.-J.Goldman en hommage à S.Paty, le collège avait proposé en septembre ce changement de nom.
Décision approuvée par le conseil municipal puis par le département. Les associations de parents d'élèves déplorent de ne pas avoir été pleinement impliquées dans le changement de nom. - G.Paty: Ce changement de nom est une étape importante pour moi, une étape symbolique qui me permet de pouvoir me projeter dans l'avenir, de l'après-Samuel.
J'ai toujours su qu'il porterait son nom. C'est aussi à nous, adultes, de faire en sorte que son nom soit une fierté pour les Français et pas un drame. - L.Sénéchal: 4 ans et demi après l'assassinat de S.Paty, la menace terroriste est toujours présente.
Un adolescent de 17 ans est écroué, soupçonné de projeter un attentat. Il faut redoubler de vigilance, a martelé le ministre de l'Intérieur B.Retailleau.
Voici des images très impressionnantes. Un épais nuage noir. Un réacteur enflammé.
C'est un Boeing 737-800 d'American Airlines. Il devait rallier Dallas depuis le Colorado. Après quelques dizaines de minutes de vol, l'équipage perçoit des "vibrations des moteurs" et se déroute vers Denver. ... - L.Sénéchal: Il y avait 172 passagers et 6 membres d'équipage à bord.
Ils sont sains et saufs. Ils ont été évacués en passant par l'autre aile de l'avion, sur laquelle ils ont été rassemblés. 12 personnes ont été hospitalisées mais pour des blessures légères.
C'est encore un Boeing 737, la compagnie qui est en grande difficulté avec des incidents régulièrement. - A.-E.Lemoine: C'est le printemps?
Non. La neige fait de la résistance sur les contreforts des Pyrénées. - L.Sénéchal: Le printemps météorologique a commencé depuis quelques semaines.
La neige est revenue également en Bourgogne ou en Lorraine. Jusqu'à 10 cm en plaine. - Et voilà...
Nous avons plein de neige. Et en plus, ça glisse. - L.Sénéchal: La neige est parfois tombée brutalement sur la route, sur l'A41.
Prudence dans les Vosges, où les incidents se sont multipliés. Il a fallu dépanner des voitures dans le fossé et même un bus scolaire. Heureusement, les enfants et le chauffeur sont sains et saufs. - Le premier bus n'est pas passé.
Le suivant, je ne sais pas s'il passera. Est-ce que vous allez à Dijon? Vous pourriez nous véhiculer?
On est 2. On n'a pas de bus. - Vous partez? - Oui.
Il y a des gens gentils. - L.Sénéchal: Aux Etats-Unis, les tornades se multiplient, comme à Orlando.
Une tornade a frappé de plein fouet le bâtiment d'une télé locale. L'événement était commenté en direct par le présentateur météo. ... - L.Sénéchal: Ils étaient à l'abri dans les studios.
Imaginez si vous étiez dans une voiture au moment du passage de la tornade. C'est ce qui s'est passé pour cette personne, qui a eu le réflexe de filmer. Elle s'en est sortie. - A.-E.Lemoine: Merci, Lorrain.
Merci, P.Lamy, d'être venu. Merci à P.Vannier.
Paul Vannier