PEUT-ON PARLER DE JEUNESSE SACRIFIÉE ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 90 %Attaque 5 %Défensif 5 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:00OuverteRéponse directe
Être jeune est-ce que c'était plus dur avant sur le plan économique ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Les jeunes sont-ils plus précaires aujourd'hui qu'il y a 40 ans ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que les NEET ? Quelle part représentent-ils ?
- 13:00OuverteRéponse directe
L'ascenseur social est-il en panne ?
- 17:00OuverteRéponse directe
Pourquoi les jeunes français sont-ils si pessimistes ?
- 23:00OuverteRéponse directe
Qu'a manqué dans les politiques jeunesse ces dernières années ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00Camille PeugnyChiffre
« au début des années 80 parmi les jeunes actifs de moins de 25 ans le taux de chômage était déjà de l'ordre de 25% »
- 19:00Camille PeugnyFait
« les jeunes français sont les plus pessimistes du monde »
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
lorsqu'on parle de la jeunesse en france dans les médias c'est souvent à travers d angle négatif pour déplorer leur faible implication dans le vote par exemple ou encore pour mettre l'accent sur leur comportement dit irresponsable pendant la pandémie que les jeunes ont parfaitement compris le la première partie de la phrase est pas la 2e la première partie c'est vous nouerez vous avez très peu de risques de mourir du comité 19 la deuxième partie de phrases ils n'ont pas entendu le sait mais vous risquez le transmettre encore une fois le fait que les jeunes puissent être affectés car ils peuvent être affectés même s'ils ont une forme grave ça veut dire que la chaîne de contamination persiste et c'est chaîne de contamination ça veut dire que le cirque que le virus circule grâce ou à cause d'eux mais surtout qu'ils vont pouvoir éventuellement contaminer les personnes les plus vulnérables chez fêtes clandestines qui se multiplient ces derniers jours samedi déjà d'autres vidéo surréaliste envahissent et les réseaux on y voit trois cents personnes dansant sans aucune distanciation physique sur de la musique électro on se promène son saut masques sont sans tenir compte des mesures barrières ça fait peur aussi parce que ça peut être un nouveau cluster et tout le monde en subira les conséquences quoi si le ministre de la santé a alerté hier sur les risques pris par la jeunesse le message ne semble plus passer et comprend ton vraiment les jeunes aujourd'hui être jeune à ce que c'était mieux avant les jeunes sont-ils d égoïste individualiste simplement obsédés par leur écran qu'on fait est que pourrait faire des pouvoirs publics pour améliorer leur condition qu'on va essayer de répondre à toutes ces questions dans une nouvelle série d'entretiens sur la jeunesse au blast [Musique] pour commencer j'ai le plaisir d'accueillir le sociologue camille peugny camille peugny bonjour bonjour alors vous avez publié ce livre pour une politique de la jeunesse aux éditions du seuil moi j'ai envie de vous poser cette question que je posais introduction être jeune est ce que c'était plus dur avant sur le plan économique vous avez écrit tout un chapitre en ce livre intitulé la marée montante de la précarité est ce que les jeunes sont plus précaires aujourd'hui qu'il ya 40 ans par exemple alors oui pour aller droit au but on a des statistiques qui le montre donc pour répondre à la question est-ce que c'est plus difficile d'être jeune en 2022 qu'en 1972 mois en 1922 c'est très compliqué puisqu'il pourrait prendre plein d'indicateurs mais en tout cas si on se cantonne à celui de l'emploi et de la précarité de l'emploi effectivement on voit monter depuis le début des années 80 la part par exemple des jeunes en emploi précaire on a un phénomène structurel qui est celui du chômage des jeunes qui est depuis le début des années 80 deux et demi à trois fois plus élevé que celui qu'on observe pour le reste de la population et c'est vrai sur toute la période et ça donc ça stagne depuis 30 ans alors ça fait depuis le début des années 80 au début des années 80 parmi les jeunes actifs de moins de 25 ans le taux de chômage était déjà de l'ordre de 25% et ils fluctuent au gré de la conjoncture mais quelle que soit la conjoncture y les deux ennemis à trois fois plus élevé que celui qu'on observe parmi le reste de la population par exemple est un peu de croissance à la fin des années 80 et un peu de croissance à la fin des années 90 donc le taux de chômage baisse y compris celui des jeunes mais il reste deux à trois fois plus élevé que celui que l'on observe pour les autres classes d'âge donc ça c'est un phénomène structurel le taux de chômage des jeunes est en termes de qualité d'emploi alors en termes de qualité d'emploi par ailleurs pour les jeunes qui sont en emploi on voit une explosion de la précarité de l'emploi un chiffre au début des années 80 parmi les jeunes de 18 à 25 ans qui étaient en emploi on avait à peu près de 15 % d'emplois précaires qu'est ce que j'entends par emplois précaires cdd intérim stages contrats aidés 15% au début des années 80 aujourd'hui on est à 55 % donc on a eu vraiment pas la même chose quand même voilà on a eu vraiment une fragilisation des débuts de trajectoire professionnelle et une précarisation et ce qui est intéressant c'est de voir que cette précarisation encore une fois elles épargnent beaucoup plus les autres classes d'âge et donc il ya aujourd'hui un consensus parmi les sociologues et les économistes de toutes obédiences pour considérer que si le marché du travail se précarisent il se précarisent par les jeunes et ça c'est quelque chose qu'il faut souligner avec derrière une question qui est très importante qui est celle de l'effet cicatrices ce qu'on appelle l'effet cicatrices qu'est ce qu'on entend par là en gros on pourrait dire très bien les jeunes de 2022 connaissent des débuts de carrière professionnelle plus près quatre mais finalement il s'agit que d'un retard à l'allumage et à 30 ans 35 ans ils ont rattrapé leur retard sur les générations précédentes ce que je montre dans ce livre c'est que quand on s'intéresse à la part d'emplois stables donc en gros fonctionnaires ou cdi on s'aperçoit que quand on compare à 40 ans donc à un âge déjà avancé dans la carrière les générations nées au début des années 80 et les générations nées avant on est une augmentation de la part de l'emploi précaire autrement dit c'est pas juste un retard en début de carrière c'est tout le niveau de vie qui baissent en fait en tout cas c'est une nouvelle génération c'est en tout cas à 40 ans on est déjà bien engagée dans la carrière professionnelle a priori et on est encore plus souvent en emploi précaire que les générations précédentes alors attention il faut avoir en tête les ordres de grandeur à 40 ans aujourd'hui les gens qui sont nés au début des années 80 ils sont en emploi stable pour celles et ceux qui travaillent à 75 80 % mais ça veut dire quand même que 20% de cette génération l'année au début des années 80 est encore dans des formes précaires d'emplois depuis ce qui me semble clair dans les statistiques c'est que c'est pas le cas pour les générations nées dans les années 60 par exemple absolument c'est à dire qu'on n'a vraiment les générations qui sont nés immédiatement après la deuxième guerre mondiale 45,50 jusqu'à 55 qui connaissent vraiment des trajectoires beaucoup plus stable dès le début qui profitent du contexte des trente glorieuses de la tertiarisation de l'économie et ensuite ça commence à se dégrader pour les générations qui naissent à partir du début des années 60 et du point de vue de la précarité de l'emploi la situation se détériore au fil des générations ce qui est quand même très problématique parce que après tout on pourra dire drame et ont cédé mais notre société fonctionne aux et délits voilà les jeunes qui travaillent il ya les jeunes qui sont ni tut également et aussi les jeunes qui travaillent pendant leurs études et à une autre catégorie de jeunes dont on parle le moins vous appelez ça les neet ne tait qu'est ce que c'est et quelle part de la population représentent ils alors vous avez raison de dire que il faut considérer différentes catégories au sein de la jeunesse parce qu'on peut dire et c'est le cas que on a une sorte de marée montante de la précarité qui concerne les jeunes générations mais malgré tout les jeunes constituent une génération hétérogènes diverses et bien traversé par tout un tas de clivage par les inégalités sociales c'est important de le préciser parce que souvent j'ai commencé d'ailleurs l'introduction en dix ans et les jeunes on a tendance à essentialiser les générations à parler de conflits de générations et vous ce que vous rappeler de manière extrêmement claire dans votre dans votre ouvrage c'est qu'effectivement il ya plusieurs genèse qui sont traversés par différentes problématiques et il faut pas mettre entre guillemets tous les jeunes tous les jeunes dans le même panier ah bah non surtout pour un sociologue là ce serait une faute professionnelle mais effectivement je vais vous répondre à votre question sur les neet après qu'ils sont une catégorie une catégorie de jeunes mais c'est vrai que quand on regarde les trajectoires et les parcours des jeunes ses trajectoires de ces parcours sont vraiment fracturé par de multiples inégalités pour résumer on pourrait dire que les classes sociales elle passe au sein des générations donc c'est très important de voir que on a pas d'un côté une société française qui serait partagé entre des vieux uniformément riche boomer égoïste et de l'autre des jeunes uniformément pauvres et des classes et on a des jeunes qui vont très bien on en parlera peut-être on a des plus âgés qui vont très mal qui sont au minimum vieillesse qui vieillissent dans des cités etc mais statistiquement globalement quand même le rappelle les vieux vont mieux comment dire ça les personnes les plus âgées les seniors ont quand même de meilleures conditions de vie si on rassemble les leurs statistiques par rapport aux jeunes alors c'est sûr que quand on regarde par exemple le niveau de vie moyen à la retraite il s'est élevé à s'est sensiblement au cours des dernières années mais là encore il s'est élevé à s'est sensiblement parce qu'on assiste au départ à la retraite on a assisté au cours des dernières années au départ à la retraite des premiers nés du baby-boom qui eux ont eu des carrières stable qui ont échappé au chômage pour la plupart dont certains certaines étaient cadrés donc son parti à la retraite avec des niveaux de pensions élevées mais cet indicateur moyens ne dit rien de l'hétérogénéité moi je moi je viens d'une région le nord pas de calais il faut dire des autres france maintenant où il ya des centaines de milliers de personnes qui était ouvrier chez metaleurop ou que sais-je et qui sont partis à la retraite avec des pensions très modeste donc il faut toujours se méfier des indicateurs moyens mais en tout cas vous avez raison ce qui est certain c'est que la jeunesse en moyenne si tant est que ça ait un sens est concerné par une très forte augmentation de la précarité mais quand on regarde les trajectoires des jeunes on voit qu'il a une influence évidemment de l'origine sociale pour revenir à la jeunesse minutes oui qu'est ce que c'est exactement alors les nits est un acronyme anglo-saxon qui signifie not in employment éducation or training donc c'est des jeunes qui ne sont ni en formation initiale ni à l'école ni en formation professionnelle ni en formation continue ni en emploi donc c'est une sorte de catégorie qui est scruté au niveau européen au niveau de l' ocde pour mesurer la part des jeunes qui sont nulle part si je puis dire donc dans les hits c'est le pire là quand on a 20 ans et qu'on annie antoine y études ni formation c'est on est un peu comment dire exclus de la société alors oui en partie donc les nits est à peu près un million de jeunes en france si on prend parmi les 16 25 ans on a un million énorme 1 millions de nis tu sais à peu près 14 % de la classe d'âge et c'est à peu près 30% des jeunes qui ne sont plus en études donc parmi ces need on a une sur représentation des jeunes décrocheurs précoce des jeunes non diplômés des jeunes les moins qualifiés mais en fait c'est une catégorie un peu fourre tout parce que dedans par exemple vous pouvez aussi avoir une jeune femme de 24 ans en congé maternité ou en congé parental mais ceci étant c'est vrai que c'est assez inquiétant puisque ça rejoint une statistique qu'on connaît depuis des années qui est la suivante on a chaque année chaque année c'est pas un stock ses influences et chaque année on a cent mille jeunes qui sortent du système éducatif avec au plus le brevet du collège et donc ses cent mille jeunes chaque année qui finissent par constituer une masse de jeunes dont beaucoup de ceux qu'on qualifie de nit et qui eux effectivement sont en grande difficulté et sont promis à des trajectoires qui sont faites en gros d'alternance d'emplois précaires quand tu auras un peu de croissance et qui sont les premières victimes de la conjoncture quand elle se retourne vous parliez juste avant de reproduction des inégalités on entend souvent cette phrase l'ascenseur social est en panne aujourd'hui c'est plus en plus compliqué de changer de classe sociale est ce que c'est vrai est ce que ça se retrouve dans les chiffres alors quand on compare la société française d'aujourd'hui à celle d'il ya un siècle on peut pas dire ça oui non mais c'est important de le rappeler parce que sinon on va dire que c'est encore un sociologue plaintif qui vient qui est qu'il n'ya pas plus de mobilité sociale évidemment que la société française de 2022 n'a rien à voir de ce point de vue avec la société française de 1922 il ya eu de fort progrès de la mobilité sociale schématiquement à partir du début des années 50 jusqu'au début des années 80 c'est vraiment un moment en période voilà où il ya des possibilités structurelles de promotion sociale pour les enfants des classes populaires pour les enfants d'agriculteurs pour les enfants d'ouvriers précisément parce que l'économie se tertiarisée parce que le salariat moyens et supérieurs se diffuse rapidement au sein de la structure sociale et parce qu'elle est début de la massification scolaire donc vous avez un marché de l'emploi dynamique des jeunes de mieux en mieux formés et donc des possibilités structurel de mobilité sociale donc sur le long terme bien sûr qu'il ya plus de mobilité sociale mais si on rétrécit un peu la focale temporel et qu'on raisonne à moyen terme depuis le début des années 80 jusqu'à aujourd'hui c'est plutôt une stabilité de la mobilité sociale qu'on observe je vous donne juste un indicateur aujourd'hui on est à peu près à 35 % de jeunes hommes et de jeunes femmes qui à l'âge adulte exercent un emploi qui les classe dans la même catégorie socioprofessionnelle que leurs parents et c'était déjà la même proportion au début des années 80 et que font les 65% autres alors on pourrait dire finalement de quoi se plaint-on ça fait 40 ans que la société française est capable de faire en sorte que les deux tiers des individus évolue dans un autre groupe social dans une autre classe sociale que leurs parents sauf que ce qu'on observe c'est qu'en réalité c'est dès tout petit trajectoire de mobilité sociale c'est par exemple des filles d'ouvriers qui vont devenir employé mais qui vont devenir par exemple caissière qui vont devenir aide à domicile qui vont devenir assistante maternelle bon il ya plein d'arguments pour mon carré plupart stagne dans leurs milieux d'origine voilà donc ça c'est quelque chose qui est important à souligner et ce qui est aussi intéressant c'est de se comparer à ce qui se passe ailleurs puisque on se compare toujours à ce qui se passe ailleurs pour un petit peu restreindre nos droits pour nous faire avaler d'amer potion donc regardons ce qui se passe ailleurs on s'aperçoit dans les synthèses de l' ocde qui sont publiés depuis 20 ans que la france fait plutôt partie des mauvais élèves de l'europe en matière de mobilité sociale schématiquement en europe vous avez un gradient géographique plus on va vers le nord de l'europe plus on a de mobilité sociale et plus on va vers le sud de l'europe plus la mobilité sociale est faible et de ce point de vue là la france est plutôt un pays latin on tend à glisser vers les pays du sud de l'europe et donc de fait effectivement je pense qu'on dire que la société française est marquée par une forte reproduction des inégalités je résiste pas à vous donner un dernier chiffre qui date un tout petit peu parce que je l'avais calculé pour un bouquin que j'avais pu bien en 2013 mais en 2013 on avait 70 % des enfants d'ouvriers qui exerçait à l'âge adulte un emploi subalterne un emploi d'ouvrier ou d'employé donc c'est pour dire à quel point le slogan de quand on veut on peut ne tient pas ça veut pas dire qu'il ya pas chaque année des centaines de milliers de jeunes qui change de groupe social mais la majorité le mouvement majoritaire c'est bien encore celui d'une reproduction des inégalités on est encore une société dans laquelle les conditions de notre naissance marquent de leur empreinte nos parcours moi la question que je me pose quand vous parlez de classe sociale de rester dans sa classe sociale c'est qu'est ce que ça veut dire exactement parce que par exemple moi aujourd'hui je suis en cdi j'ai un salaire mais je ne peux pas acheter par exemple je peux pas prendre un crédit immobilier dont l'endroit où je vis je peux pas il ya beaucoup de choses auxquelles je ne peux pas accéder et pourtant la génération précédente de mes parents si il avait gagné la même chose que moi il aurait eu accès à beaucoup plus de choses beaucoup plus facilement moi j'ai l'impression que c'est plus difficile aujourd'hui même quand on vient entre guillemets quand on reste dans sa classe sociale d'avoir accès aux mêmes choses que nos parents est ce que ça se vérifie dans la dans les chiffres dans les statistiques pour ce qui est évidemment par exemple de l'achat d'un appartement ou d'une maison ou même pour avoir sélectionné pour voir son dossier sélectionné pour être locataire d'un appartement par exemple dans certaines grandes lignes par exemple de fait l'explosion du marché de l'immobilier c'est plus dur ça vient complètement grever le budget des jeunes individus ou des jeunes ménages ça c'est certain c'est là où j'ai l'impression que ma génération un peu lésé et la génération dessous encore plus ou ceux qui ont investi dans la pierre il ya 30 40 ans ils ont eu de la chance et un couple d'ouvriers pouvait le faire alors qu'aujourd'hui j'ai l'impression que c'est plus complexe là encore en fait c'est ça qui est très intéressant et qui rend les choses complexes à analyser c'est que on voit par exemple en ce qui concerne l'accès à la propriété du logement au cours des dernières années on voit une augmentation des inégalités au sein des jeunes générations parce que vous avez d'un côté qui hérite des jeunes qui peuvent bénéficier soit d'un héritage soit d'une donation teint qui peuvent en tout cas bénéficier d'un soutien familial important et pour celles et ceux qui peuvent pas compter sur ce soutien familial effectivement dans les centres villes même en gagnant relativement correctement sa vie c'est beaucoup plus compliqué donc ça c'est une étude de l'insee qui avait montré sa il ya deux ou trois ans on a une forte augmentation des inégalités entre le premier quartier les derniers quartiers au sein des jeunes ménages en matière d'accès à la propriété est alors pendant une dernière question va rester sur le constat avant de passer aux solutions que vous pouvez proposer il existe une étude sur laquelle fut tombée qui montre que les jeunes français sont les plus pessimistes du monde est-ce que vous avez une idée de pourquoi alors j'ai pas vu cette étude met en tout cas ce qui est certain c'est que dans les palmarès de l'optimisme les jeunes français sont régulièrement en queue de peloton et les jeunes des pays du nord de l'europe sont toujours en tête de peloton parmi les plus optimistes deux solutions soit vous considérez que c'est un atavisme nationale circulez ya rien à voir dans le nord on est optimiste dans le sud on est râleur latin est insatisfait soit vous faites des sciences sociales ce que j'essaye de faire et vous vous dites que justement il faut aller regarder du côté des politiques publiques il ya tout un courant qui se développe aujourd'hui sur l'effet des politiques publiques n'ont pas seulement sur les indicateurs objectifs mais aussi sur le ressenti les individus et des groupes et c'est très intéressant de voir qu'on peut faire le lien en matière de jeunesse entre le degré d'optimisme des différentes jeunesse et les politiques publiques qui sont menées dans les différents pays donc on va en parler mais pour répondre à votre question j'avais été très frappé on avait avec une collègue qui s'appelle cécile van de velde participer à une grande consultation sur internet qui avait été fait avec france télévisions en 2013 sur la manière dont les jeunes se projeter dans l'avenir on avait plus de 200 mille réponses et on voyait que systématiquement effectivement les jeunes français considérés pour faire le point que quand on a parlé précédemment considérer que les principales voies de mobilité sociale était boucher on les interrogeait sur l'école considéré que le système éducatif ne donnait pas sa chance à tout le monde en même temps ça se retrouve enfin c'est totalement réaliste le sitcom peu 10 ans les résultats on retrouve ça effectivement si on les interrogeait ce que dans votre travail vous avez le sentiment que vos efforts sont reconnus à leur juste valeur leur réponse c'était non en fait et donc c'est vrai alors c'est ça c'est plus compliqué à objectiver mais en tout cas si vous avez le sentiment que l'école ne donne pas sa chance à tout le monde que le monde du travail n'est pas non plus le monde parfait de la méritocratie et de la récompense des efforts on comprend pourquoi vous pouvez avoir un certain pessimisme dans votre livre vous écrivez l'omniprésence de la genèse 1 le discours politique tranche avec l'absence de vraie politique de la jeunesse certes les politiques publiques successives empile dispositif s'adressant à tel ou tel cas des sous catégories de jeunes mais elles ne répondent pas à une réelle réflexion politique sur la place accordée aux jeunes générations dans une société vie licence qu'est ce qui a manqué pour vous dans la politique à destination de la jeunesse ces dernières années il a d'abord manqué une grande réflexion sur ce que devait être le temps de la jeunesse en 2020 dans des sociétés vieillissantes parce que quand j'appelle très modestement n'est ce pas ce livre pour une politique de la jeunesse ça ne veut pas dire que rien n'est fait pour les jeunes beaucoup de choses sont faites pour les jeunes même beaucoup d'argent est dépensé pour les jeunes un argument c'est de dire que c'est fait de manière désordonnée et qu'on empile des dispositifs faute de réflexion presque philosophique ou politique sur ce que devrait être cet âge de la vie schématiquement en france on considère on refuse de considérer les jeunes comme des citoyens à part entière on les considère comme des mineurs sociaux on les considère comme les enfants de leurs parents je vous donne un exemple si on considère que les jeunes par exemple ces 16 25 ans pourquoi 16 25 ans 16 ans c'est l'âge de fin de scolarité obligatoire 25 ans c'est l'âge auquel vous devenez enfin un citoyen à part entière puisque par exemple vous avez le droit aux prestations sociales dans les mêmes conditions que le reste de la population sohail raza exactement en france c'est tom chevalier qui a bien montré sa entre 16 et 25 ans les politiques publiques ne vous considère pas comme un citoyen apparaît en à part entière il vous considère comme les enfants de leurs parents exemple si vos parents si des parents ont des enfants de plus de 18 ans qui poursuivent des études ils peuvent continuer à bénéficier d'une demi part fiscale et des allocations familiales ça n'existe pas dans les pays scandinaves dans les pays scandinaves on aide les jeunes vient direct allocation autonomie directement mais ça ça une importance très concrète pendant le qu'ovide premier confinement edouard philippe premier ministre doit improviser sur un coin de table des mesures pour pallier au plus pressé parce qu'on voit des étudiants y compris les étudiants faire la queue devant des distributions alimentaires quantique ou là il ya un problème et donc on va improviser sur un coin de table un chèque de 100 150 euros 200 euros personne ne comprend rien même les associations ne comprennent pas même les professionnels ne comprennent pas quelle catégorie de jeunes a droit à cette aide pourquoi parce qu'on leur refuse la citoyenneté à part entière ils n'ont pas le droit au rsa et donc on improvise des mesures et c'est la même chose à chaque crise et donc chaque gouvernement y va de ses dispositifs qui remplace pas totalement mais un peu quand même mais dans des conditions un peu obscur les dispositifs qui existent précédemment bout le millefeuille et moi je pense qu'il faut se poser calmement dire les jeunes sont jeunes aujourd'hui dans une société qui vieillissent et donc réfléchissons à ce que doit être le temps de la jeunesse et de cette conception des rives ont un grand nombre de principes de politique publique en s'inspirant de ce qui existe ailleurs en europe et alors voulez-vous juste pour revenir un petit peu sur les mesures qui ont été mises en place pendant la pandémie parce qu'on a beaucoup parlé de génération sacrifiée et il est vrai qu'en tant que journaliste a quand même suivi toutes les locaux l'allocution d'emmanuel macron pendant cette pandémie il y avait très peu en fait finalement de mesures même annoncé pour la journée surtout au début où on a fait du quoi qu'il en coûte mais jeunesse j'en ai eu la sensation a été oublié alors une fois qu'il ya eu ces fils d'étudiants qui demandait de l'aide alimentaire vous l'avez mentionné il s'est mis à me faire enfin propose effectivement des mesures notamment quelques aides pour les étudiants quelques séances psy mais pour vous ça n'a pas été à la hauteur maintenant il ya un impensé total de la jeunesse dans les politiques publiques et la crique oncle de la pandémie a révélé ça en fait d'une manière générale le le cosy de cette période elle a révélé les failles de notre système de protection sociale elle a révélé les failles de notre société et en particulier en direction en direction des jeunes j'ai commencé mon stage chez mon stage a dû s'arrêter et c'est quelque chose qui est complètement dégringolé parce qu'aujourd'hui je me retrouve sans patron et je suis toujours à la recherche de mon patron à pâtisserie le soft sera une école mais j'ai toujours pas et je m'inquiète encore pour les prochaines années parce que je sais que c'est quelque chose qui va pas se faire du jour au lendemain et c'est quelque chose qui va encore durer et durer encore durer déjà même avant la crise était difficile pour les jeunes diplômés de trouver du travail et donc du coup tous ses alliés les crises économiques et que la crise du colisée et cetera ça fait très peur pour la suite vraiment pas c'est soit on m'appelle angie est désolé avec ce qui se passe on peut pas et c'est au sort on dit directement à ne prend pas on prend plus on prend plus au grand prix c'est déjà pris tout à chaque fois moi il ya un autre exemple qui m'a beaucoup choqué en tant qu'enseignant chercheur à l'université c'est que vous pouvez prendre toutes les conférences de presse fait régulièrement par edouard philippe puis jean castex on ne parle jamais de l'université jamais l'université c'est des centaines de milliers d'étudiants on en a jamais passé toutes les universités c'est le public donc c'est là où il ya les étudiants les plus précaires absolument c'est là où il ya le public étudiant le plus fragile et on en a jamais parlé donc il ya une sorte si vous voulez de conviction ou d'habitude d'idéologie qui consiste à penser en france que les jeunes c'est un problème qui regardent la famille donc pendant le coc vide c'est difficile pour les jeunes mais ils sont aidés par la famille et puis on s'aperçoit que non on s'aperçoit qu'il ya certains jeunes qui peuvent pas être aidés par leurs familles on s'aperçoit qu'il ya des jeunes étudiants qui ont besoin de bosser pour payer leurs études et puis ils peuvent plus beau c'est parce que le monde s'arrête avec le co vide et ils vont faire la queue à la banque aux banques alimentaires et donc le monde ébahi découvre cette réalité qui est visible dans les universités depuis des années est donc cette période qu il l a révélé en fait les failles de ces politiques jeunesse alors pourtant emmanuel macron pendant son précédent quinquennat est un président qui a voulu s'illustrer comme étant proche des jeunes on l'a vu notamment avec les nombreuses opérations communication qui ont été réalisés par son gouvernement pas que lui n'aime d'ailleurs avec des divers influenceurs divers youtuber streamer mais en réalité encore une fois quand on regarde dans les faits la politique de la jeunesse avait quand même à destination de la jeunesse avait quand même plutôt faible il y à un élément qu'il a vraiment mis en avant comme étant le phare de sa politique c'était le contrat d'engagement jeunes vous qu'est ce que vous pensez de ce dispositif alors d'abord sur la communication ça n'a aucun intérêt en fait de toute façon qu'on ne trouverait jamais un président jamais un premier ministre même jamais un candidat ou une candidate à n'importe quelle élection qui ne va pas dire être le candidat des jeunes ou qui ne va pas vouloir se dire proche des jeunes donc ça ça n'a aucun intérêt c'est de la communication et ça ne dit rien des politiques qui sont qui sont menées alors sur la sur la question du contrat d'engagement pour y répondre est ce que je veux juste prendre quelques minutes pour schématiquement décrire ce qui existe ailleurs en europe dont en matière de politique de la jeunesse ça que vous êtes là alors en france c'est la famille on l'a dit en gros on considère que 16 25 ans on n'est pas des citoyens à part entière on est les enfants des parents et donc si on aide les jeunes c'est par la politique familles dans les pays du nord de l'europe cdpi sociaux-démocrates roux l'état providence est très fort et où en fait c'est l'état qui prend en charge cet âge de la vie typiquement cd système par exemple pour les étudiants qui sont des systèmes d'allocation étudiante universel c'est à dire typiquement l'exemple qu'on donne toujours au danemark vous avez 18 ans si vous voulez poursuivre des études on vous financent à hauteur de 750 à 800 euros par mois pendant 6 ans si vous voulez faire des études quel que soit votre milieu social quel que soit le niveau de revenu de vos parents parce qu'on considère que à 18 ans on n'a pas à vous renvoyer oui à la fiche de paie de vos parents vous êtes un citoyen à part entière et si on vous aide c'est en tant qu individu à part entière et donc c'est l'état qui encadre cette période de la vie dans les pays du sud de l'europe c'est pas la famille enfin c'est la famille précisément mais c'est la famille assumer culture et culturellement c'est dire que par exemple ma collègue cécile van de velde a bien montré ça dans un ouvrage qui a été publié en 2008 elle montre bien que devenir adulte en espagne c'est rester chez ses parents jusqu'à un âge très avancé 28 ans l'âge médian de décohabitation en espagne et de 28 ans veut dire qu'à 28 ans et encore la moitié des jeunes espagnols qui habitent chez leurs parents pourquoi parce que dans un contexte de crise et de précarité encore plus forte qu'en france on reste chez les parents pour faire des économies et quand on a enfin accumuler assez d'économies quand on est sorti de la période d'emploi précaire on peut très souvent en couple se met dans un logement indépendant bon et dans les pays libéraux c'est le marché fait pas confiance à la famille ont fait pas confiance à l'étang fait confiance aux marchés le marché c'est quoi c'est le marché du travail les jeunes britanniques travaillent encore plus tôt que les jeunes français il ya un taux de poursuite d'études moins élevés et c'est surtout marchés financiers c'est-à-dire les écoutes les études coûtent cher mais on fait des prêts on distribue largement des prêts aux jeunes britanniques pour qu'ils financent leurs études ça se traduit concrètement par des jeunes britanniques qui commencent leur vie professionnelle déjà surendettés et qui protestent beaucoup contre ça mais c'est un choix de société et en france en fait on a un modèle hybride on a un peu d'états les bourses pour les étudiants on a un peu de marche et les jeunes étudiants on l'a dit travail de plus en plus nombreux mais on a surtout beaucoup de familles mais de la famille non assumée par la société et ça me permet de revenir à une question vous m'avez posé tout à l'heure sur pourquoi tant de pessimisme en france je pense qu'une partie de l'explication c'est que les jeunes français ils font face à des injonctions contradictoires du point de vue du modèle qui est valorisé on a une société très libérale sert qu'on a 10 33 en main soit indépendant soit autonome mais la réalité des politiques publiques ou de l'absence des politiques publiques et que nous sommes obligés d'aller chercher un chèque à papa et maman quand on a la chance d'avoir papa et maman qui peuvent faire achète pour nous aider donc il ya une sorte d' injonctions contradictoires qui est devient adulte devient autonome devient pleinement citoyen prend toi en main et en même temps des politiques publiques qui ne le permettent pas et donc cette sorte de dissonance cognitive elle fabrique du pessimisme selon moi donc voilà schématiquement les les politiques qui existent et donc le contrat d'engagement il a une origine c'est la garantie jeunes la garantie je ne sais quoi c'est des dispositifs qui précisément viennent des pays du nord de l'europe qui consiste à dire ok même si on a un système éducatif qui est beaucoup plus performant qu'en france pour enrayer les inégalités sociales on aura toujours des décrocheurs il ya moins de 8 dans les pays du nord mais y en a gardé des prochains précoce et ben les décrocheurs précoce pour les réinsérer dans la société pour leur donner une vraie deuxième chance on leur propose un dispositif de garantie jeunes c'est quoi c'est en gros on vous donne une allocation chaque mois pendant 12 à 18 mois en contrepartie de laquelle vous vous engager dans un processus de remise à niveau sur tout un tas d'aspects dans un suit individualiser très poussée ça ça semble être en train d'un livre c'est une bonne idée ça fonctionne pas mal et c'est un dispositif qui pour le coup comme il vient du nord de l'europe aidée familia lisant dire que pour pouvoir bénéficier de ce dispositif ne faut plus être à la charge de ses parents et donc je crois que c'est l'union européenne la commission européenne qui au début des années 2000 10 10 aux pays européens saisissez vous de ce dispositif qui est un des pays du nord de l'europe c'est pour ça que françois hollande quand il est élu président de la république sont le fait expérimenter en 2013 et ce dispositif à monter en puissance devait être généralisé et le contrat d'engagement c'est un descendante dispositif de garantie jeunes quelle est la différence avec la garantie jeunes et bien la différence c'est que on appelle ça contrat d'engagement parce qu'il ne faut surtout pas donner l'impression qu'on va assister les jeunes donc il faut bien insister sur le fait que ok on leur donne 500 euros par mois mais il faut bien qu'ils montrent qu'ils s'engagent dans un dispositif et puis par ailleurs on a vraiment faut en parler aux conseillers des missions locales qui voient ça arrivait en ce moment on a vraiment insisté beaucoup dans une logique d'activation des politiques publiques il faut montrer que vous n'êtes pas un assist et on a vraiment augmenter les exigences en termes de justification de la part des jeunes les jeunes doivent en permanence justifier des démarches qu'ils effectuent et donc c'est un frein alors c'est un frein parce que si vous voulez vraiment jouer un rôle de vrai seconde chance déjà vous devez avoir suffisamment de place dans ses garanties de nous dans ce contrat d'engagement or il n'y a pas suffisamment de place et donc on sélectionne à l'entrée dans ces dispositifs et on va prendre les jeunes qui sont le plus à même de remplir les exigences de ces logiques politiques publiques ce qui est logique est donc là comme on n'a pas assez de place dans le contrat d'engagement et bien les missions locales ou pôle emploi puisque pôle emploi est devenu aussi opérateur du contrat d'engagement maintenant vous sélectionnez les moins éloignés des jeunes éloignés ski un premier problème est le deuxième problème c'est qu'on est vraiment dans une logique d'activation qui n'est pas adapté au public précaire et pour ne pas s'enfermer dans une politique cosmétiques à destination de la jeunesse qu'est-ce qu'il faudrait mettre en place la concrètement demain je viens emmanuel macron va commencer est en train de commencer ce nouveau quinquennat qu'est ce qui pourrait mettre en place qui puissent être efficaces pour aider et pour subvenir aux besoins pour répondre aux difficultés de la jeunesse aujourd'hui en france alors merci pour cette question parce que ça me permet d'aller au bout de ce que je voulais dire tout à l'heure quand je disais ce que c'est pareil c'est très abstrait d'abord mettons nous d'accord sur une conception de la jeunesse dans des sociétés vieillissantes moi je pense que la jeunesse dans des sociétés vieillissantes doit être le temps long de l'expérimentation quand vous interrogez des jeunes français ils sont obsédés par l' angoisse de l'insertion pourquoi parce que précisément cette période de la vie est laissée à la charge de la famille donc faut se dépêcher parce qu'on n'a pas tous des familles qui peuvent indéfiniment subvenir à nos besoins et nous payer des études or on n'arrête pas de nous dire vous allez travailler jusqu'à 70 ans parce que vous allez vivre tout jusqu'à 95 ans ok acceptons en l'auguré si c'est vrai il n'y a pas de raison de se dépêcher de devenir adulte donc je pense que cette angoisse de l'insertion n'a aucun sens dans des sociétés du 21e siècle et je pense que comme dans les pays du nord de l'europe il faut considérer que le temps de la jeunesse c'est un peu le seul temps de l'existence dans lesquels on peut multiplier les expériences des expériences de toutes sortes d'expériences éducative des expériences professionnelles d'expérience conjugale et je pense que il faut se mettre d'accord sur le fait que dans une société qui vieillit le temps de la jeunesse doit être un temps long de l'exploration est un temps long de l'expérimentation et donc à partir de ça il faut des rives et des grands principes de politique publique je pense que pour ça il faut demander ce que peut faire emmanuel macron il faut progressivement rompre avec l'idée que les politiques jeunesse doivent passer par les politiques familiales donc je pense qu'il faut en france enfin considérer que les jeunes de 18 ans sont majeurs politiquement mais le sont aussi socialement typiquement mesures d'urgence qui ne résoudra pas tout loin de là mais qui est évidente pour moi c'est il faut absolument étendre immédiatement le rsa aux moins de 25 ans dans les mêmes conditions que le reste de la population mais ça va plus loin ça veut dire que pour les jeunes étudiants je pense qu'il faut s'inspirer de ce qui existe dans les pays du nord de l'europe et qu'il faut aller vers un financement universel de la période des études je vous ai cité l'exemple danois tous les jeunes danois peuvent bénéficier de six ans de formation à l'université payés par l'état c'est formidable comme système parce que en gros vous avez 72 bond mensuel de formation six ans vous en utilisez 24 vous faites deux ans à l'université puis vous vous dites franchement moi l'université c'est abstrait j'en ai marre puis on s'habitue à l'argent donc 750 euros c'est pas beaucoup donc je vais aller gagner plus je vais travailler vous allez travailler deux ans qui vous dit ouh là là avec mes deux ans d'études suis pas le roi du pétrole puis d'université finalement c'était bien et puis j'ai mûri j'ai une nouvelle idée je vais aller me reformé aph vous revenez à l'université il vous reste 48 bond mensuel de formation ça c'est très important de le préciser parce que je veux pas je reprends mon cas personnel parce que j'ai encore une fois je suis sorti ya pas longtemps des études et je suis partie des jeunes qui se sont précipités dans les études non pas parce que j'en avais envie mais parce qu'en tant boursière je savais que ce serait plus compliqué de ré accéder aux formations qui me plaisait d'obtenir mes bourses d'avoir tout correctement si je prenais des années pour travailler au milieu et donc c'est pour cette raison que je suis allé aussi vite dans mes études en choisissant des voix qui n'était pas forcément enfin qu'il n'était pas adapté en l'occurrence j'ai passé des clubs de jean gallice n'était pas adapté ce que je voulais faire plus tard donc c'est vrai que ça pourrait paraître je pense judicieux pour beaucoup de jeunes d'avoir un peu de ce temps de réflexion absolument il faut vraiment des politiques publiques qui permettent de prendre le temps et encore une fois c'est une forte intervention de l'état qui permet ça en gros la jeunesse c'est 1 h fragile de l'existence bien sûr il ya des jeunes qui vont très bien qu'ils ont hérité de capitaux culturel de capitaux économiques etc je parle pas de cette frange de la jeunesse mais qui finalement n'est pas si nombreuses que ça et moi ce qui caractérise la jeunesse sait que c'est un âge fragile dans des sociétés qui vieillissent dans un contexte économique où le marché du travail se précarisent pour les jeunes on l'a dit au début c'est un âge fragile et de la même manière aujourd'hui qu'on a une forme de consensus pour considérer que le grand h qui est un autre âge fragile de l'avis ne peut pas être laissées totalement aux mains du marché aux mains de la famille je pense que c'est la même chose pour la jeunesse et c'est une intervention résolue de l'état qui permet d'aller vers ça donc je pense que pour les étudiants il s'agit pas de dire qu'à la rentrée de 2022 ou même de 2023 il faut mettre en place ce dispositif d'un coup d'un seul mais en tout cas pour moi à moyen terme sur un quinquennat par exemple ça pourrait être un objectif d'aller vers cela je pense que ça c'est un dispositif très concrètement qui réduit les inégalités on a dit dans les pays du nord de l'europe il ya plus de mobilité sociale je pense que cette forte intervention de l'état n'est pas pour rien si vous voulez cesser si vous laisser ça à la famille c'est-à-dire l'épaisseur du portefeuille des parents ou aux seuls marchés il faut pas s'étonner ensuite que les inégalités se reproduise avec force donc je pense que pour les étudiants il faut aller vers ça mais ce dispositif ça veut dire beaucoup d'argent public et donc ça veut dire que c'est injuste d'en faire bénéficier les étudiants et pas ceux et celles qui ne vont pas faire d'études donc que faire pour celles et ceux qui font pas d'études eh bien on a 10 extensions immédiate du rsa comme filet de protection minimale et il faut réfléchir à généraliser les dispositifs qui consiste à dire que vous n'utilisez pas ces cinq ans que ces six ans de formation initiale et bien vous commencez votre vie professionnelle avec un droit à la formation professionnelle abondé d'autant je pense qu'il faut réfléchir à des dispositifs qui irait dans ce sens là et pour les jeunes décrocheurs on parlait du contrat dégage d'engagement ou de la garantie jeunes il faut multiplier le nombre de places en garantie jeunes il faut multiplier le nombre de dispositifs de deuxième chance il faut évidemment augmenter d'autant les moyens des missions locales ou des organismes qui seront opérateurs de ces dispositifs et je pense que si on se met d'accord sur cette grande conception de la jeunesse comme un temps de l'expérimentation si on comprend c'est pas une histoire de gauche ou droite parce qu'il ya un clivage gauche droite très fort la droite dira en gros ne serait ce que sur l'extension du rsa je peux vous raconter une anecdote françois hollande et président de la république il nous invite un déjeuner un certain nombre de chercheurs qui travaillant sur la jeunesse il nous dit quelle mesure emblématique je rappelle qu'il y avait fait toute sa campagne cherche ses repères je pourrais mettre en place pour les jeunes ont dit tous extension du rsa il dit ah non je ne peux pas donner comme premier signal à la jeunesse un signal d'assistanat nicolas sarkozy avait dit la même chose emmanuel macron dit la même chose donc on a une forme de frein idéologique et quand on a avec tom chevalier regarder les propositions des candidats à l'élection présidentielle et des candidates à l'élection présidentielle on voit qu'on a un vrai clivage gauche droite assumé la gauche propose enfin des dispositifs qui vont vers sète des familiales isation et versé forme d' allocation autonomie pour les étudiants donc je pense que c'est vraiment dans cette direction qu'il faut aller c'est un combat idéologique à mener et si on se met d'accord là dessus eh bien oui donc je disais c'est pas une histoire de gauche ou de droite parce que vous pouvez donner 800 euros par mois ou 600 euros par mois bref vous pouvez mettre en place ce genre de dispositif de financement universel des études pour que des jeunes va se trouver c'est aussi éventuellement monter son entreprise devenir un employeur c'est en réalité là on n'a pas accès à ce qui pourrait nous permettre de nous indépendant disait très jeune quand on a une famille qui nous financent en fait n'est absolu c'est ça qu'il faut qu'il faut qu'il faut bien comprendre alors une fois qu'on a dépassé ce commandeur ce qu'il agit d eau logique dont vous parlez ce frein idéologique consisterait à dire que à partir du moment où vous toucher de l'argent public vous êtes assisté donc ça démotive c'est quelque chose qu'on a déjà dont on a déjà beaucoup parlé à blast c'est une thèse qu'on peut quand même aisément réfuté intellectuellement j'ai envie d'aller sur le côté économique toutes les mesures que vous me décrivez c'est des mesures qui coûtent très cher ça nécessite d'ouvrir un peu les vannes de l'argent public et donc de financer très massivement cette jeunesse moi je vous pose la question en tant que si je me mettais à la place d'un gouvernant quel intérêt j'aurais à dépenser une telle par de l'argent public du budget de l'état dans la jeunesse pourquoi financer cette jeunesse je reviendrai parce que ça crée de la confiance de l'optimisme de la participation etc donc j'y reviens dans un instant mais avant de répondre je voudrais relativiser le coût par exemple de cette mesure d' allocation universelle pour les étudiants terra nova qui n'est pas un repaire de dangereux gauchistes avant la présidentielle de 2012 avait chiffré le coût d'un tel dispositif alors c'était pas 750 euros pendant six ans comme au danemark mais c'était de mémoire 500 euros pendant quatre ans ce qui n'est déjà pas rien dans un premier temps il avait chiffré le coût de cette mesure à 5 ou 6 milliards d'euros nets chaque année pour le budget de l'état une goutte d'eau c'est le coup de la baisse de la tva dans la restauration qui avait été fait par exemple sous le quinquennat sarkozy pourquoi aussi peu pourquoi aussi peu parce que en fait ces nouvelles dépenses elles se substituerait à des dépenses existantes typiquement ça coûte cher à la demi part fiscale pour les familles qui ont des enfants étudiants de plus de 18 ans ça coûte cher de maintenir les allocations familiales pour les familles qui ont des enfants étudiants de plus de 18 ans si vous mettez en place un dispositif universel qui s'adresse directement aux jeunes vous cesser cette financement de la politique familiale au-delà 18 ans si vous formez mieux en formation initiale en favorisant la poursuite d'études vous dépensez moins dans les dispositifs de deuxième chance vous dépensez moins en formation qu'au final bref les savants économistes de terra nova avait chiffré sa a seulement entre guillemets 5 ou 6 milliards d'euros par an donc c'est pas quelque chose qui à moyen terme est inabordable par le budget d'état alors il ya une autre question c'est pourquoi ça doit être inversée pourquoi alors je vais dire après les bénéfices mais il ya une autre question qu'on pourrait dire c'est attendait budget tendu ça coûte déjà suffisamment cher pourquoi les données 1100 euros par mois aux enfants de médecin ou à vendre nos terres ou aux enfants voilà deux réponses première réponse c'est qu'il en va de la conception de la jeunesse qu'on défend si on est d'accord pour dire qu'on est citoyen à part entière à 18 ans on est d'accord pour considérer qu'on ne va pas aller demander un jeune de 18 ans la fiche de paye de ses parents pour savoir s'il a le droit de bénéficier de cette aide ou pas j'ajoute que si on faisait enfin une vraie réforme fiscale qui faisait que les familles favorisées payer vraiment significativement plus d'impôts que les familles des classes moyennes et des classes populaires alors le fait que leurs enfants bénéficient du dispositif aussi serait moins choquant probablement et puis à une deuxième raison c'est que on le sait les dispositifs qui sont universelles sont les dispositifs qui se dévalorise le moins typiquement on n'a jamais vu à neuilly sur seine dans le 16ème arrondissement de manifestations de famille contre les allocations familiales pourquoi parce qu'elles en ont bénéficié elles ont pas besoin et d'obsessions des allocations familiales mais elles ont bénéficié et les allocations familiales ne se sont jamais dévalorisé donc voilà une deuxième raison pour laquelle l universal il me semble que ça doit être universel mais au delà pourquoi faire ça voilà pourquoi aider la jeunesse en france mais parce qu'on ne peut pas se contenter de mots on peut pas se contenter tous les cinq ans de dire que la jeunesse c'est l'avenir que les jeunes c'est demain et c'est dans des sociétés qui vieillissent et pour lesquelles on va dépenser de plus en plus et c'est bien naturel pour la vieillesse pour la santé pour la dépendance etc il faut bien rééquilibré à un moment la dépense publique de manière d'équilibrer sa dépense publique entre les générations alors je vais retourner la question qu'est ce qui va se passer si on ne le fait pas ah bah si on ne le fait pas alors d'abord si on le fait on va créer de la confiance tom chevalier a fait un article super dans la revue française de sociologie il ya deux ou trois ans où il montre que si les jeunes des pays du nord sont plus confiants envers les institutions c'est précisément parce qu'il bénéficie t politique lui donc ça crée de la confiance ça crée de la confiance envers les institutions ça donne le sentiment que la société dans laquelle vous vivez vous fait une place on assistait tout à l'heure le palmarès dans le livre je montre une statistique les jeunes français sont en europe les jeunes qui pensent le plus fréquemment dans plus de 50% des cas que leur société ne leur laisse pas la possibilité de montrer ce dont ils sont réellement capables et donc ça crée de la confiance sacrée de la participation sacré de l'engagement et si on ne le fait pas on va continuer à avoir de la défiance mais surtout on va continuer à avoir des inégalités qui fracturent le pays c'est à dire qu'on va continuer à avoir des jeunes ruraux totalement délaissées on va continuer à avoir des jeunes à qui on ne permettra pas de poursuivre des études entendons nous bien si on donne 700 euros à tous les jeunes ça ne lève pas tous les freins à la poursuite d'études parce qu'on sait qu'un certain nombre de freins sont culturels on a tous dubourdieu mais n'empêche que ça enlève déjà une bonne partie des freins financiers donc moi je pense que si alors les jours où je suis optimiste je me dit de toute façon on va y arriver à ces dispositifs parce que c'est ce que font les pays du nord parce qu'on voit bien que c'est ce qui fonctionne et puis un jour on aura bien un gouvernement qui sera obligé de prendre cette question à bras le corps il ya des joueurs aussi plus pessimiste et je me dis que si on ne le fait pas pour moi clairement on va droit dans le mur c'est à dire que cette reproduction des inégalités parce qu'en fait c'est ça qui est très concret c'est que cette absence de politiques publiques en direction la jeunesse elle participe de cette reproduction des inégalités donc en fait elle crée une forme de souffrance pour un local jeunesse elle crée de la souffrance mais pas que pour la jeunesse pour leurs parents parce que quand vous avez des transmissions aussi forte des avantages et des désavantages sociaux entre les générations ça crée des formes de sécession sociale on est dans une société où on a des formes de sécession par le haut les très riches par le bas les familles qui se sentent délaissés déclassé et c est donc je pense que à l'heure où vous avez un degré d'exigence démocratique qui augmente à l'heure vous avez cette soif d'égalité qui augmente si vous ne faites rien pour réduire ces fractures qui véritablement coupe notre société en plusieurs morceaux on se prépare des lendemains très sombre et qui d'un point de vue électoral ont déjà commencé c'est la fin de cette émission qui aligne penny merci beaucoup d'avoir été avec nous sur le plateau de blast merci à vous voilà c'est la fin de cet entretien qui s'inscrit dans une série de plusieurs zones perdues dédié à la jeunesse pour essayer de comprendre ce qu'est la jeunesse aujourd'hui je voulais dit en introduction c'est un thème qui est souvent négligée qui malheureusement ne suscite pas beaucoup l'intérêt alors qu'il s'agit pourtant de l'avenir de notre pays plus que jamais je vous demande de partager cette émission d'en parler autour de vous si elle vous a plu je vous rappelle que blast est un média complètement indépendant qui ne vit que grâce à vous son audience donc si vous le pouvez n'hésitez pas à vous abonner ou à faire un don sur blast tira info.fr et moi je vous dis à très bientôt [Musique] où