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interviewEurope1fr· 8 juillet 2026 13 min

Présidentielle : « Nous sommes pour l'économie de marché », insiste Laurent Jacobelli, député RN

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Europe 1 Soir, 19h-21h, Pierre de Villeneuve. Avec jusqu'à 20h Jean-Michel Salvatore. Bonjour Jean-Michel. Bonjour Pierre. Louis Osalter. Bonjour Pierre. Bonjour aux journalistes politiques au Figaro. Bonsoir Laurent Jacoboli. Bonsoir Pierre de Villeneuve. C'est vrai que c'est plutôt le soir, on devrait dire. Bonsoir député de Moselle, porte-parole du Rassemblement National, avec cette dernière sortie de la Cour de Cassation qui répond donc au pourvoi formé par Rodolphe Bousselu, l'avocat de Marine Le Pen. Est-ce que vous avez une quelconque inquiétude ? Non, je n'ai pas d'inquiétude. Il y a la Cour de Cassation qui communique, elle est dans son droit et je n'ai pas à faire de commentaire.

Pas d'inquiétude parce que nous savons Marine Le Pen innocente et puis que nous connaissons les délais. Donc ça y est, nous sommes partis en campagne. Les soubresauts judiciaires sont derrière nous. Mais si au dernier moment, si au début du mois d'avril, tout d'un coup finalement, on vous dit finalement qu'elle va devoir poser un bracelet électronique, qu'est-ce qui se passe ? Non mais on peut se faire des hypothèses d'école. Je ne vous dis pas que sur le papier... Je ne sais pas, j'interroge gentiment. Je vous réponds avec autant de gentillesse. Je ne dis pas que sur le papier, le cas ne peut pas exister. En théorie, ça n'est jamais arrivé.

Donc je ne vois pas pourquoi il y aurait un régime d'exception. Vous avez remarqué quand même qu'il y a des jugements assez étonnants ces dernières années. On peut le dire, mais moi je me réfère quand même à ce qu'avait fait la Cour de cassation précédemment. Ils avaient dit, nous répondrons en janvier parce qu'il y a la question de l'inéligibilité de Marine Le Pen et que ça joue sur les élections et que nous ne voulons pas jouer sur les élections. Donc selon le même principe, on peut imaginer qu'ils ne vont pas faire une procédure accélérée parce que s'ils sortaient de la norme des délais d'instruction, ce serait un régime d'exception qui entraverait les élections.

Donc je ne le crois pas, nous sommes très confiants et je vous dis, nous on est passé à l'étape d'après, celle de la campagne active sur le terrain.

1:47
Invité

Jean-Michel Salvatore. Mais franchement, est-ce que vous avez été surpris par cette accélération des délais ? Parce qu'en fait, ce n'était pas prévu.

1:54
Présentateur

Non mais il n'y a pas d'accélération des délais au moment où on se parle. La dernière phrase est que le rendu pourrait être... C'est ça, c'est du conditionnel.

2:01
Invité

Oui mais c'est du conditionnel, on vous dit, pourrait être avant le mois d'avril. Donc ça peut être au mois de mars, ça peut être au mois de février. Enfin l'incertitude n'est pas confortable.

2:08
Présentateur

Mais ça pourrait être un supplice chinois si nous avions le moindre doute. On n'en a pas. Il serait très fort s'il se donnait une date exacte. On est dans la machine. On est dans un micro-ondes.

2:17
Invité

Et je ne crois pas... L'appel c'était le 7 juillet, il y avait la date. Oui mais ce n'est pas exactement pareil je crois.

2:22
Présentateur

Mais je ne crois pas, honnêtement, que quiconque va jouer avec les délais parce que ça viendrait interférer avec un processus important qu'est l'élection présidentielle. Donc voilà, je pense que la sagesse doit revenir. Il y a un communiqué de presse que je n'ai pas à commenter mais je pense qu'on ne va pas passer en tout cas le reste de notre campagne à se dire oui mais si jamais les délais sont raccourcis et puis que si jamais l'avocat est malade et puis s'il y a eu une invasion de sauterelles la nuit d'après et qu'il y a eu un gros embouteillage sur la 31 bis qui sera construite au Moselle. Non écoutez, excusez-moi, on va maintenant parler du programme.

Je pense que les cas et les scénarios de politique fiction ennuient les Français. Louis Auxaltère du Figaro, d'ailleurs vous sortez un sondage sur les présidentielles.

3:05
Laurent Jacobelli

Tout à fait, qui a été réalisé après le 20h de Marine Le Pen hier et qui montre une progression de 4 points de ses intentions de vote donc sur un terrain réalisé entre hier soir et aujourd'hui. Mais s'il y a peut-être une dynamique qui est donc à 36% d'intention de vote pour Marine Le Pen, est-ce que pour autant vous ne craignez pas le fait qu'elle joue un peu avec l'institution judiciaire ? Certes, ça pourrait conforter son électorat, mais est-ce que sa condamnation ne va pas l'empêcher d'être rassembleuse ?

Est-ce que sa dynamique du premier tour ne sera pas perturbée au second tour parce que malgré tout elle a été condamnée pour détournement de fonds publics et ça l'empêchera peut-être de convaincre des gens qu'un Jordan Bardella, pourquoi pas, aurait pu convaincre ?

3:40
Présentateur

Apparemment, les sondages qui sortent ce soir ne semblent pas indiquer que les choses aient dans le sens que vous évoquez puisqu'effectivement Marine Le Pen est selon les sondages entre 34 et 36% au premier tour mais qu'elle est à 54% au second tour face au bloc central et même à 70% face à Jean-Luc Mélenchon. Donc apparemment, cette grille de lecture n'est pas la grille de lecture adoptée par les électeurs. Je rappelle qu'elle est présumée innocente au moment où on se parle. Vous avez dit condamnée, mais elle est présumée innocente. Et puis je crois que les Français aujourd'hui en ont tellement ras-le-bol de la Macronie et de ce qu'il a précédé.

Ils ont ras-le-bol de l'insécurité, de l'immigration, de la baisse de pouvoir d'achat qu'ils ont besoin d'un programme solide et de quelqu'un avec du courage pour l'incarner. Et je crois, vous savez, qu'à travers ces épreuves, Marine Le Pen a montré qu'elle avait énormément de courage. Et face aux épreuves que la France continue de traverser, le courage qu'il faudra pour imposer les mesures, travailler, rétablir les comptes, rétablir la sécurité, clairement, elle l'a montré qu'elle serait à la hauteur. En quoi ça consiste ? C'est peut-être un détail, mais ce courage et cette montée en puissance de la campagne présidentielle de Marine Le Pen.

Hier, on vous a vu tous vous réunir au 70 rue Cortembert. Ce matin, vous étiez rue Mille-Cellange. Il y a quoi ? Il y a deux salles de réunion différentes ? Il y a deux stratégies ? Vous n'avez pas fini les cartons ? Qu'est-ce qui se passe ? Il n'y a pas deux salles, deux ambiances, pour reprendre une expression. Il y a simplement qu'on est entre... C'est vous qui le dites, Laurent. Mais oui, mais ce n'est pas le cas. On est entre deux locations. Donc, si vous voulez rentrer dans les détails techniques, on est en train d'aménager le nouveau siège. Ce n'est pas encore complètement aménagé.

Et donc, comme on avait aujourd'hui une réunion du Conseil national où il y a beaucoup de monde, on a utilisé l'ancien siège. Alors, qu'est-ce qui se dit dans ces grandes réunions ? Est-ce que c'est des... Est-ce que... Non, mais la question est très précise. C'est-à-dire, est-ce que c'est juste pour peaufiner des axes qui sont déjà totalement gravés dans le marbre ? Ou est-ce que c'est une redéfinition totale de la campagne ? Non, on ne va pas redéfinir totalement la campagne. La réunion qui avait lieu hier, donc, dans le nouveau siège, elle était pour d'abord définir qui serait notre candidat.

Évidemment, comme elle était éligible et comme elle n'avait pas apporté de bracelet, l'équation nous donnait Marine Le Pen. Mais on a travaillé notamment avec les avocats pour être sûrs. Et on est sûrs à 99,9% que la campagne se passera bien. Donc, voilà pourquoi nous avons pris la décision.

5:46
Invité

Mais quand a-t-elle pris sa décision ? Est-ce qu'elle l'a pris au tribunal quand elle a eu connaissance de l'arrêt de la cour d'appel ? Ou est-ce qu'il a fallu une discussion avec les uns et les autres pour la convaincre d'y aller ?

5:58
Présentateur

D'abord, Marine Le Pen est par essence une personne politique qui discute. Évidemment, elle a eu un dialogue avec Jordan Bardella. Ils font les choses à deux et ils continuent même dans ce cas-là à faire les choses à deux. Après, vous savez, il y avait un certain nombre de scénarios. Et selon le scénario, on avait un candidat ou un autre. Le scénario éligible sans bracelet donnait comme résultat Marine Le Pen. Donc, Marine s'en est entretenue avec Jordan Bardella qui a été tout à fait harvie aussi de la nouvelle et de ce tandem qui était constitué pour la campagne. Et puis, on a bétonné avec les conseils juridiques et les avocats.

Et donc, ce duo avec Jordan Bardella va finir par effacer tout, effectivement, vous parliez de deux salles, deux ambiances, tout ce que disent les observateurs. C'est-à-dire que Jordan Bardella, le libéral, Marine Le Pen plutôt sur le côté social. Non, mais je sais, vous levez les yeux au ciel de Laurent Jacobelli, mais c'est parce qu'on vous pose la question depuis trop longtemps ou 40 fois par jour. Et parce que vous sortez d'autres plateaux de télévision, vous préférez que je vous interroge sur la playlist ou sur le disque de Marine Le Pen qu'elle a un disque et d'autres candidats, comme le disait un confrère sur un autre plateau ?

Non, mais vous pouvez m'interroger sur tout ce que vous voulez. D'abord, il n'y a pas de programme, il y en a un seul, on ne travaille que sur un seul. Donc, on est d'accord sur les retraites ? C'est déjà beaucoup de boulot, je vais vous dire, on ne va pas faire le travail en double.

7:13
Invité

Sur les retraites, il y a des différences ?

7:15
Présentateur

Non, il n'y a pas de différence. Les commentateurs se sont engouffrés parce qu'ils ont imaginé voir un détail qui pourrait laisser penser qu'il y a une différence, et ils adorent ce type de storytelling.

7:24
Laurent Jacobelli

Jordan Bardella a publiquement remis en cause le programme sur les retraites. Faux. Dans une interview. Faux. C'est écrit dans la presse allemande, certes, mais en disant même en allemand, c'est écrit dedans. Faux. Je peux vous le dire 40 fois, faux. Je sais que vous en rêvez. Et en allemand, comment vous dites ?

7:37
Présentateur

Falsh. Je suis maudelant. C'est pour ça que je vous demande. Donc, très clairement, vous avez commencé à travailler avant 20 ans, 60 ans et 40 annuités. Progressivement, c'est au maximum 62 ans et 42 annuités. Quand Jordan Bardella dit l'âge de la retraite en soi, ce n'est pas le sujet, il répond à Édouard Philippe qui n'arrête pas de vouloir décaler l'âge de la retraite sans parler des annuités, sans parler du travail des jeunes, sans parler du travail de seigneur. Autant dire, ça ne sert à rien. C'est exactement ce qu'a dit Jordan Bardella. Or, il se trouve que dans le programme, il y a un âge pivot. Un âge limite, mais des annuités.

Donc, sur le même programme, chacun répond à sa question, mais c'est complémentaire. Et est-ce qu'on peut ajouter une dose de capitalisation comme c'est déjà le cas pour les fonctionnaires ? Marine Le Pen, comme Jordan Bardella l'ont dit, on peut effectivement y réfléchir en fonction de l'équilibre des comptes. Mais il y aura toujours une base par répartition qui constituera l'essentiel de la retraite pour garantir qu'il n'y ait pas de retraités pauvres en France. Mais cette inflexion, elle est nouvelle aussi au Rassemblement National. Je ne dis pas ça comme une critique, je constate juste que c'est une nouvelle nouveauté chez vous, dans votre discours.

D'abord, ce n'est pas encore adopté, c'est un axe de réflexion. Mais surtout, le monde a changé. La croissance est à tône. La natalité ne cesse de chuter. Le poids fiscal et le poids normatif sur les entreprises ne cessent d'augmenter au détriment de la productivité. Donc, tous ces éléments-là, on est bien obligé de les prendre en compte, et y compris la dette. Donc, il y a un programme et un objectif, 62 ans, 42 annuités, et il y a les moyens que nous fixerons de manière raisonnable par rapport à la réalité économique. Vous savez, nous, on ne veut pas endetter la France plus qu'elle n'est. Au contraire, on veut redresser les comptes.

Mais on pense que ce n'est pas antinomique avec la protection sociale. Si on entend par exemple un autre membre du RN qui est Jean-Philippe Tanguy, il revient en fait sur les ultra-riches, où là, effectivement, il y aura une taxation supplémentaire. Non, il n'y aura pas de taxation supplémentaire. Vous faites probablement référence aux entreprises qui auraient fait des surprofits dans des cas extraordinaires.

9:37
Invité

Total, par exemple.

9:38
Présentateur

Bon, un exemple. Il y a le Covid ou il y a la guerre au Proche et Moyen-Orient. Ce fait-là fait augmenter les prix. Et vous avez des entreprises qui bénéficient de cette augmentation de prix sans avoir rien fait. C'est un gain d'opportunité. Il est normal qu'une partie de ce gain d'opportunité vienne servir l'ensemble de la nation qui, elle, souffre de ces mots. Mais en revanche, une société qui innove, qui investit, qui engage un type génial, qui fait des créations et qui, grâce à ça, augmente son profit, elle ne sera pas concernée. Voilà. Je pense sans doute à Arthur Mensch qui, effectivement, a été avec différents économistes qui avaient dit... On va citer, c'est M.

Zuckman qui disait qu'il fallait prendre une partie de Mistral. Et dans ce cas-là, évidemment, une autre partie de la classe politique qui avait crié Houlou en disant que si on commençait à détruire l'outil professionnel et les innovations françaises, on ne pourrait pas aller très très loin. Sur cette fiscalité, vous avez lu, j'imagine, le programme de la France Insoumise. C'est dur parfois. Vous avez vu... Ben oui, mais cela dit, il faut connaître son adversaire. Bien sûr. Vous avez vu que, par exemple, eux proposent de passer de 5 tranches d'imposition à 14.

Est-ce que vous trouvez aujourd'hui, non pas que c'est une bonne ou une mauvaise idée, mais est-ce que vous trouvez que continuer avec 5 tranches d'imposition aujourd'hui en France, c'est suffisamment juste ? On peut, là aussi, à la marge, y réfléchir. Le vrai souci, c'est quoi ? C'est qu'aujourd'hui, les Français paient trop d'impôts, les entreprises paient trop d'impôts. Ça doit être ça, l'axe de réflexion. Vous l'avez dit, Jean-Philippe Orlid ? Mais je pense qu'ils partagent ce constat. C'est un constat qu'on ne peut pas ne pas connaître quand on va retourner dans nos circonscriptions. Il y a une différence entre le brut et le net qui est inacceptable en France.

On est probablement le peuple le plus taxé socialement et on nous dit en même temps, on va réduire la couverture santé, on va réduire le montant des retraites. Il y a un paradoxe qu'il faut maintenant casser. Donc, il faut relancer la consommation et donc baisser les impôts. Il faut rendre le travail plus attractif. Et pour ça, il faut qu'on gagne plus en allant trimé qu'en restant chez soi à faire du macramé. Tout ça, c'est les aides sociales ? Donc, tout ça, c'est évident et nous l'assumons. De même que nous l'assumons que demain, notre système social ne pourra être maintenu que si des entreprises se créent, que des start-up se créent, que des innovateurs puissent...

On entend un programme très libéral, Laurent Jacobelli. Mais nous sommes pour l'économie de marché, ce n'est pas un scoop. Ce que nous ne voulons pas, ce sont les abus du libéralisme. C'est-à-dire un État sans foi ni loi où tout est permis pour l'argent. Nous, on tient aussi à l'aspect social. Mais ce serait naïf de penser qu'on peut maintenir un système social assez généreux avec une économie à tonne. Qu'est-ce qui est tout permis pour l'argent ? C'est quoi ? C'est le système des holdings, par exemple, que d'ailleurs le Bloc Central a dénoncé ? Il y a des choses qui ne vont pas.

Vous avez des multinationales en France qui font des milliards de bénéfices et qui mettent leur siège social au Luxembourg, où vous voulez, dans les îles Marshall, et qui au final payent 10 euros d'impôt en France, et quasiment pas là-bas. Là, il y a un problème parce qu'ils utilisent nos routes, ils utilisent nos aéroports, ils se servent d'une main d'œuvre qui est formée en France. Il y a une inégalité. Mais lorsqu'on respecte le jeu, on ne doit pas être assommé fiscalement. Laurent Jacobelli est l'invité d'Europe un soir. D'autres questions ? Jean-Michel Salvatore lève la main comme en classe. Il est poli et il posera les questions juste après. A tout de suite. C'est promis.