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InterviewC à vous (sur YouTube)· 3 février 2025 13 minContradictoirePortrait personnelInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Clément Beaune, la vie après la politique : loi immigration, dissolution, E. Macron - C à Vous

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse partielle

    Vous avez exprimé votre position, mais vous n'avez pas démissionné. Est-ce que rester, ce n'était pas faire les choses à moitié?

  • 0:45RelanceRéponse directe

    Sans laisser la droite du gouvernement Borne aux manettes.

  • 1:15OuverteRéponse directe

    Vous n'aviez pas imaginé qu'on allait vous faire porter le chapeau de cette fronde. On vous a jeté sous les roues du bus.

  • 1:45OuverteRéponse directe

    Le dîner des conjurés.

  • 2:15RelanceRéponse directe

    C'est de la lâcheté ordinaire.

  • 2:45OuverteRéponse directe

    Il faut être prêt à défendre des décisions qu'on ne comprend pas. C'est ce que vous avez fait lors de la dissolution, avec un sentiment d'écoeurement?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30C.BeauneFait
    « Je reviens sur 2 états d'âme, celui-ci et un projet écologique, pas pour me plaindre, mais parce que j'essaie de montrer les choix qu'on a à faire au quotidien en politique. »
  • 1:00C.BeauneFait
    « J'étais adhérent d'En marche et fondateur, avec quelques autres, auprès d'E.Macron, depuis 2016. »
  • 2:30C.BeauneFait
    « J'ai dit que j'ai été un peu écoeuré de ma propre parole. J'apprends la dissolution en direct. »
  • 4:30C.BeauneFait
    « La dissolution, ça a été l'électrochoc immédiat, sans passer par les explications intermédiaires. »
  • 5:30C.BeauneFait
    « Le Parlement est une très belle chose. Je me suis battu pour l'élection dans une circonscription où c'était déjà difficile en 2022. »
  • 6:30C.BeauneFait
    « Je défends la proportionnelle, cette culture de la coalition. Je voudrais même qu'on ait les élections législatives avant les élections présidentielles. »
  • 7:30C.BeauneFait
    « Je suis convaincu que le sujet principal qui nous bloque en France, c'est la question démocratique et institutionnelle. »
  • 8:30C.BeauneFait
    « Les Suisses font des référendums chaque année, pour 3 ou 4 questions. »
  • 9:00C.BeauneFait
    « Quand vous êtes élu président de la République en France, 3 ou 4 jours après le 2e tour, vous êtes à l'Elysée. »
  • 9:30C.BeauneFait
    « Ca donnerait aux Français l'idée que le président ou la présidente n'est pas un homme ou une femme providentielle. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

La façon dont on le traite doit être prudente. Quand vous avez donné l'impression de ne pas être sur votre terrain idéologique, votre terrain de combat, vous reculez. - A.-E.Lemoine: Vous avez exprimé votre position, mais vous n'avez pas démissionné.

Est-ce que rester, ce n'était pas faire les choses à moitié? - C.Beaune: On peut toujours voir le romantisme du tout, du 100 % ou de la radicalité.

Ce n'est pas mon raisonnement général. Je reviens sur 2 états d'âme, celui-ci et un projet écologique, pas pour me plaindre, mais parce que j'essaie de montrer les choix qu'on a à faire au quotidien en politique. J'ai pensé, mais peut-être ai-je eu tort, qu'il y avait de l'affection, un lien avec le président, qu'il y avait des choses qu'on avait faites dont j'étais fier, et encore des combats à mener... - A.-E.Lemoine: Sans laisser la droite du gouvernement Borne aux manettes. - C.Beaune: J'étais là depuis le début.

J'étais adhérent d'En marche et fondateur, avec quelques autres, auprès d'E.Macron, depuis 2016. Je n'avais pas envie de lâcher cette aventure.

Il y avait une part de conviction et d'affection. Je ne veux pas qu'on me juge sur un engagement que je n'aurais pas tenu. J'ai exprimé des désaccords.

J'ai tendance à penser que des fois, il faut arriver à s'exprimer, parfois sans aller jusqu'à la rupture. Je crois encore qu'on peut avoir ce débat et faire passer des idées social-démocrates, y compris dans mon parti. - A.-E.Lemoine: Vous n'aviez pas imaginé qu'on allait vous faire porter le chapeau de cette fronde.

On vous a jeté sous les roues du bus. - C.Beaune: Je n'étais pas le seul à exprimer un désaccord.

Je l'ai assumé. Mon équipe m'avait conseillé de ne pas trop m'exposer, pour me protéger. - P.Cohen: "Le dîner des conjurés". - C.Beaune: C'est très excessif.

Un dîner politique. Quand des ministres plutôt à droite font des dîners ensemble, on trouve ça super. Du côté social-démocrate, on dit que c'est une trahison.

Il y a des gens qui assumaient moins et qui m'ont dit: "Il y en a un qui était un peu plus vocal que les autres." - A.-E.Lemoine: C'est de la lâcheté ordinaire. - C.Beaune: Il y a aussi des amitiés très fortes qui naissent.

On est un peu à nu, en politique. La personne qui parle, qui est jugée, parfois attaquée, c'est un peu vous-même. On ne dit pas qu'on est en désaccord avec monsieur X ou madame Y.

On dit: "C.Beaune est un lâche, un type pas bien, un connard..." C'est ça, la politique.

Il faut être prêt à se mettre à nu. Sinon, on ne la fait pas. Je continuerai à le faire, si je peux. - A.-E.Lemoine: Il faut être prêt à défendre des décisions qu'on ne comprend pas.

C'est ce que vous avez fait lors de la dissolution, avec un sentiment d'écoeurement? - C.Beaune: J'ai dit que j'ai été un peu écoeuré de ma propre parole.

J'apprends la dissolution en direct. Je n'en avais aucune idée. Il y avait des représentants de différents partis.

J'étais représentant de mon parti sur BFM, pile au moment de l'annonce de la dissolution. Je n'avais pas grand-chose à dire. Je dis que c'est un choix de clarification... - A.-E.Lemoine: Sans croire un mot de ce que vous disiez? - C.Beaune: On est un peu en mode automatique.

Je ne voulais pas rentrer dans un débat négatif. Surtout, je voulais rentrer dans la bataille. J'ai réalisé qu'on repartait en campagne.

J'ai essayé de neutraliser le propos. Ce soir-là, vous faites 3 ou 4 plateaux de suite...

A la fin, je me saoulais moi-même. Je me disais que je disais des trucs qui n'avaient plus d'intérêt. Quand on est en train de raconter des choses auxquelles on ne comprend rien soi-même, il faut arrêter de parler. - A.-E.Lemoine: Avec quel bilan pour cette dissolution?

Ca a vraiment permis une clarification? - C.Beaune: Non.

Je ne suis pas un critique de la dissolution elle-même. Peut-être qu'il aurait fallu, ce soir-là, si on m'avait demandé mon avis, appeler à l'union nationale, essayer de faire un contrat. C'est ce qu'on essaye de faire aujourd'hui.

On progresse. - A.-E.Lemoine: Le bureau national du PS a décidé de ne pas voter la motion de censure... - C.Beaune: La dissolution, ça a été l'électrochoc immédiat, sans passer par les explications intermédiaires.

Ce qui me frappe le plus, c'est l'après-dissolution. C'est un résumé d'un problème démocratique français. Un Parlement fragmenté, tout le monde dit qu'il faut s'entendre, que le pouvoir est au Parlement...

Tous les gens au Parlement attendent que le président fasse quelque chose. C'est le paradoxe français: on reproche tout au président et on ne se saisit pas des outils politiques. F.Bayrou est en train de faire progresser cette culture.

Je le soutiens là-dedans. Ce que fait le PS est important. Est-ce que ça va être une longue trajectoire ou est-ce que ce sera sans lendemain?

J'espère que ce sera une longue trajectoire. On peut ne pas être d'accord avec un budget sans faire tomber le gouvernement. - A.-E.Lemoine: Vous n'êtes plus député.

Mais vous êtes retourné à l'Assemblée juste après avoir quitté le gouvernement. Vous racontez dans ce livre l'ennui qu'on ressent à siéger. "Le Parlement peut aller jusqu'à s'occuper de la lutte contre la discrimination capillaire." N'est-ce pas un peu de la caricature? - C.Beaune: Ce sont des cas réels.

Le Parlement est une très belle chose. Je me suis battu pour l'élection dans une circonscription où c'était déjà difficile en 2022. Parfois, le Parlement s'ennuie ou s'occupe de choses qui ne sont pas la grandeur d'une chambre législative... - A.-E.Lemoine: Il ne faut pas s'occuper de ces sujets? - C.Beaune: Si, mais la fin de vie, le budget...

Le Parlement est trop faible, en France. Je défends la proportionnelle, cette culture de la coalition. Je voudrais même qu'on ait les élections législatives Avant les élections présidentielles pour dire que le Parlement, c'est important.

Il y a aussi des élus de terrain qui représentent les différents partis, qu'il faut valoriser. - A.-E.Lemoine: Un mot sur les campagnes, notamment celle des législatives à Paris en 2022.

Vous décrivez ce que vous devenez: un homme objet. "On est à la disposition de tous, une forme de pute." Ca peut heurter ou interroger.

C'est vraiment comme ça que vous voyez une campagne électorale? - C.Beaune: J'ai adoré la campagne, même celle de 2024. - A.-E.Lemoine: Mais on se vend.

à partir de 7h jusqu'à 23h à coller des affiches, au contact des gens. C'est super. Des gens viennent vous voir, vous engueulent, vous disent parfois des choses gentilles, même si c'est moins souvent...

Vous êtes toute la journée à la disposition des gens. C'est pour ça que je parle d'homme objet. C'est aussi pour nous faire réfléchir en tant que citoyens.

On a parfois tendance à reprocher aux politiques de s'occuper de petites choses, d'être clientélistes, de ne pas avoir l'intérêt général au coeur. Beaucoup de citoyens demandent à un député ou à un maire de s'occuper de soi-même. J'essaie de décrire ce qu'on ressent.

Il y a des moments où on a l'impression qu'on ne s'appartient plus. Les gens viennent vous voir, vous agrippent le bras et vous disent qu'il faut faire ci ou ça. C'est aussi le rôle du politique d'être sur le trottoir, dans le bon sens du terme.

C'était pour faire sourire et réagir un peu. - E.Tran Nguyen: Le président vient souvent au contact des Français.

Hier, il était en visite à Colmar. Il a été interpellé pendant un bain de foule. - Avant de partir, faites un beau nettoyage.

Quand on regarde l'Hémicycle, le foutoir là-dedans...

Les députés ne pensent qu'à eux, qu'à leur poste. Personne ne pense à la France. Vous n'êtes peut-être pas assez dur, mais faites quelque chose.

On a une image dans le monde...

On est minables. - E.Macron: Ce n'est pas le président de la République qui peut discipliner les députés.

Les députés sont élus par le peuple. Si le peuple est sensible à ce que vous dites, il n'élira plus des députés qui font désordre, mais il ne faut pas généraliser. - E.Tran Nguyen: Il y a un sentiment de déconnexion entre les élus et les Français.

Vous faites plusieurs propositions pour rapprocher les Français de la vie politique, notamment faire des référendums chaque année, convoquer des législatives avant la présidentielle et laisser au président élu une période de transition avant d'exercer le pouvoir. - C.Beaune: On peut parler de sujets importants, les retraites, le budget, l'écologie, mais je suis convaincu que le sujet principal qui nous bloque en France, c'est la question démocratique et institutionnelle.

En découlent de la violence, de la défiance. Je suis sûr qu'il y a un chantier démocratique. Le principal chantier démocratique, c'est de dépersonnaliser, déprésidentialiser...

On attend tout du président. On l'adore Pendant quelques mois, on attend tout de cette personne et après, on est déçus. Comme on a attendu la fin de la misère et le bonheur pour tous, il y a une déception.

Il faut partager les responsabilités. Les Suisses font des référendums chaque année, pour 3 ou 4 questions. - E.Tran Nguyen: Cette femme critique les députés, pas la personne du président. - C.Beaune: Elle demande au président de discipliner tout ça.

Dans notre système, tout remonte toujours au président. C'est aussi la faute d'un système ultra-centralisé. C'est notre histoire.

On ne va pas tout changer. Je prends l'exemple de la période de transition. Quand vous êtes élu président de la République en France, 3 ou 4 jours après le 2e tour, vous êtes à l'Elysée.

Il faut faire un cabinet, un gouvernement, des projets de loi...

C'est inhumain. Le président a fait un an de campagne. C'est d'abord bien qu'il se repose et qu'il prenne le temps de recevoir des gens.

C'est ce que font les Américains. Ca donnerait aux Français l'idée que le président ou la présidente n'est pas un homme ou une femme providentielle. Ca nous désinfantiliserait un peu. - P.Cohen: Il y a un président qui s'est reposé avec son élection, il a traîné ça pendant 3 ans.

C'est Sarkozy, sur le yacht de Bolloré. Je rappelle ce précédent. - P.Lescure: Dans un peu plus d'un an auront lieu les élections municipales.

Y.Jadot a échoué à rassembler les écologistes de la capitale alors qu'il ambitionnait de devenir leur candidat. On ne sait pas encore qui sera le candidat socialiste.

Est-ce que vous pensez que les macronistes et la droite doivent s'unir derrière R.Dati? - C.Beaune: Je n'en suis pas convaincu.

Ca dépend sur quel projet, d'abord. Je fais partie de ceux qui pensent...

J'ai une famille politique. Je suis de sensibilité aile gauche. Je préférerais qu'on ait quelqu'un de notre famille, de notre histoire politique. - P.Lescure: Vous avez envie de jouer un rôle?

Clément Beaune, la vie après la politique : loi immigration, dissolution, E. Macron - C à Vous — Clément Beaune · Pourquijevote