La grosse déception du RN aux législatives - reportage #cdanslair 08.07.2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Hier soir, les militants, qui voyaient leur champion aux manettes, ont eu du mal à encaisser le choc. Ils donnent rendez-vous pour la prochaine présidentielle. - Ce devait être une soirée de fête, mais à 20h, les résultats ont un goût amer pour les militants du Rassemblement national, qui voient leur parti arriver 3e et s'afficher en vainqueur sur les écrans l'adversaire, J.-L.Mélenchon. - L'incompréhension totale.
Il n'a rien à faire là. C'est...
Je suis vraiment déçu. - Ca m'inspire du dégoût, parce que je crois que les Français en ont soupé, de ces manoeuvres politiciennes d'appareil. Là, ils seront tous complètement floués, lésés. - C'est eux qui ont voté, quand même. - Bien sûr, mais c'est beaucoup de manipulation. - Les désistements d'entre-deux-tours qui ont fait barrage au RN, fustigés aussi par le président du parti. - J.Bardella: Ce soir, ces accords électoraux jettent la France dans les bras de l'extrême gauche de J.-L.Mélenchon.
Huées. - Passé le choc, les troupes se rassurent comme elles peuvent. - On a gagné des sièges, quand même. - Elles dénoncent aussi le rôle des médias qui ont épinglé les propos racistes de nombreux candidats pendant l'entre-deux-tours. - Je pense à la caricature du Rassemblement national qui est ressortie dernièrement, qui est malheureusement infondée. - A mesure que les résultats s'affinent, devant les écrans, on relève la tête. "Jamais le parti n'a compté autant de députés", rappelle M.Le Pen à la télévision. - M.Le Pen: La marée monte.
Elle n'est pas montée assez haut cette fois-ci, mais elle continue à monter. Par conséquent, notre victoire n'est que différée, en réalité. - Nous ne l'avons pas eue cette fois-ci, mais nous l'aurons la fois d'après.
Rien n'est plus fort qu'une idée dans le moment venu. Surtout, les Français vont se rendre compte de ce que propose la gauche, ce qui mettra encore plus la France dans le chaos. - Le chaos et l'espoir que cette Assemblée divisée en 3 blocs serve de carburant en vue de 2027. - Les choses sont restées bloquées.
Je vois bien le président Macron garder Attal en Premier ministre, prendre des gens du Front populaire et gérer les affaires courantes, mais rien n'avancera. - Mais à l'écart de la horde des micros et caméras, certains s'interrogent. Comment briser le plafond de verre?
Le Rassemblement national rebute encore les 2/3 des électeurs. - Ils restent encore sur l'image ancienne de J.-M.Le Pen.
M.Le Pen est encore attachée à l'image de son père, malgré elle. J.Bardella apporte du sang neuf.
Il est jeune et est issu de banlieue. On a beaucoup de jeunes qui nous ont rejoints grâce à ça. - C'est celui qu'il faut miser pour 2027? - Oui. - On pourra appeler le RN "Bisounours", mettre n'importe qui à la tête du RN, ça ne changera rien, car le RN a toujours été diabolisé et le sera toujours. - Il y a encore cette histoire, comme en 2022, de dire "le bien contre le mal".
M.Le Pen est toujours la meilleure opposante au système. - La cheffe de file espère connaître bientôt une vraie soirée de victoire. - C.Roux: On entendait ce militant qui disait que M.Le Pen reste la meilleure opposante au système.
C'est ce qu'elle voulait, M.Le Pen, au fond? On a entendu hier soir les commentateurs dire que c'est le scénario idéal pour M.Le Pen.
Ils ne sont pas comparables aux résultats à Matignon et M.Le Pen va préparer la présidentielle. - J.Jaffré: C'est un discours qui permet de supporter et d'accepter toutes les défaites de la terre.
Par définition, la défaite est porteuse d'une victoire future. C'est la définition qu'on donne à l'échec. Mais non, ce n'est pas très satisfaisant.
Pourquoi? Parce que le niveau est très bas: 143 députés. Bien sûr, c'est une progression par rapport aux élections de 2022...
Je calculais qu'à ce rythme de 50 députés de plus à chaque législature, à considérer que la législature dure 5 ans, c'est en 2039 qu'ils auront la majorité absolue. Si nous parlons d'idéal pour M.Le Pen...
Aller au pouvoir maintenant, avant la présidentielle, c'était dangereux, compte tenu de l'impopularité des gouvernements au bout de quelque temps, mais 143 députés, c'est peu. la grande force d'opposition au Parlement et vous disiez: "Encore une poussée et on y était." Là, ils sont en 3e position. - C.Roux: Question. - S.Quéméner: Ils vont former un groupe.
Ils sont 17. On peut former un groupe à partir de 15. Mais c'est un ratage complet pour E.Ciotti.
Il a trahi ses amis les plus proches. Il n'a pas prévenu ses amis, F.Baroin, C.Jacob...
Il s'est vendu au RN pour sauver sa circonscription, ce qui a bien fonctionné. Il va rester dans ce groupe un peu seul. Il ne sera pas ministre.
C'est son rêve qui s'éloigne. On a du mal à le mesurer encore aujourd'hui, mais on se demande ce que ça va donner d'un point de vue local. Dans le rapport de force municipal tel qu'on a tendance à le regarder, ça pourrait lui être favorable d'être étiqueté RN pour les municipales de 2026.
Mais pour l'instant, c'est un échec. - C.Roux: G.Attal a pris la parole assez tard, lors d'une intervention assez longue.
Il a commencé cette invention en disant: "Cette dissolution, je ne l'ai pas choisie, mais j'ai refusé de la subir." Question. - H.Gattegno: D'abord, il n'a pas tellement le choix.
Il est chef du gouvernement. Il faut que le pays soit gouverné. Il y a des échéances très importantes, principalement les JO.
Il y a aussi tout ce qui peut survenir d'imprévu dans la vie d'un pays. Politiquement, c'est très important pour lui. Il a marqué des points dans cette campagne.
Il est probablement le seul macroniste à avoir marqué des points dans cette campagne, notamment auprès des candidats qu'il allait soutenir dont beaucoup s'en sont sortis. Il a montré qu'il était le chef de ce qui était encore à ce moment-là une majorité relative. Ca, c'est très important.
Il n'avait pas eu de vote de confiance. Il avait été nommé dans des circonstances abracadabrantesques.
Jordan Bardella