Avion américain abattu en Iran : où sont les pilotes ? - C dans l’air - 03.04.2026
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Un lapin Milka de caché... ... - A.Casse: Bonsoir.
Bienvenue. C'est une chasse à l'homme en Iran et une course contre la montre aux Etats-Unis. Les gardiens de la Révolution ont abattu un avion américain.
Ils promettent une récompense à celui qui retrouvera les pilotes. Où mènera cette nouvelle escalade? Si l'équipage est capturé, que va-t-il se passer?
S'agit-il d'un tournant dans la guerre? Cet événement contredit le discours de D.Trump qui disait vouloir renvoyer l'Iran à l'âge de pierre.
Nous sommes avec le général D.Trinquand. Bonsoir.
Vous êtes ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU. V.Crouzet, bonsoir.
Vous êtes expert en renseignements et écrivain. Enfin, P.Allémonière, bonsoir.
Vous êtes grand reporter, ancienne correspondante permanente à Jérusalem. Vous êtes l'autrice de "Au coeur du chaos". Que sait-on à cette heure de l'avion abattu et sur le ou les pilotes recherchés? - Gal D.Trinquand: C'est un F-15 qui appartenait à la 48e escadre située en Angleterre.
Elle était en renforcement des dispositifs au Moyen-Orient. Il a probablement été abattu par un missile antiaérien manuel. Mais il n'y a pas de confirmation.
Il faudrait faire une analyse technique plus poussée. Les 2 pilotes se sont éjectés. - A.Casse: Il y en avait 2? - Gal D.Trinquand: Il y a un pilote et celui qui se sert des systèmes d'armes.
Une opération "search and rescue", pour les récupérer, a été lancée. Des images ont été publiées par les Iraniens montrant des ravitaillements d'hélicoptères spécialisés pour aller les récupérer. - A.Casse: Ce sont les opérations de sauvetage en cours?
Ca fait partie des vidéos qu'on reçoit? - Gal D.Trinquand: Oui.
On voit les hélicoptères. Voilà ce qu'on sait maintenant. C'est effectivement une course contre la montre entre les Iraniens qui cherchent à récupérer les 2 pilotes et les Américains qui cherchent à les récupérer aussi de façon à ce qu'ils ne soient pas otages et puissent être libérés.
Dans quelle situation ils se trouvent? Si c'est une situation qui demande des gros renforts pour aller les chercher, la question va être posée. Si on perd 4, 5 ou 6 soldats en plus pour aller les chercher, et je pense que les Américains feront l'effort pour aller les chercher...
Ca dépend beaucoup des circonstances dans lesquelles on peut les retrouver. - A.Casse: Est-ce que c'est ce soir, le début de l'opération au sol? - Gal D.Trinquand: Ca peut.
Il peut y avoir un dérapage, mais ce n'est pas garanti. C'est une opération ponctuelle pour aller les chercher. Si vous avez des équipes importantes qui sont au sol pour aller les récupérer et qu'elles sont clouées au sol par une opération importante menée par les Gardiens de la révolution, il faudra envoyer une autre opération.
C'est une possibilité. Je pense que les Américains lancent cette opération. On va rapidement savoir.
Il y a des informations qui courent du côté des Iraniens comme quoi les pilotes auraient déjà été récupérés par les Iraniens. A vérifier. - A.Casse: Ca a eu lieu à quelle heure? - Gal D.Trinquand: Cette nuit, vers 3h du matin. - A.Casse: On a petit à petit des images.
Le régime communique sur cette opération. Il était d'abord question de cet avion abattu. Et il y a cette image du siège éjectable.
Les Gardiens de la révolution sont au plus proche du pilote? - V.Crouzet: Les pilotes qui se sont éjectés en parachute ont dû se retrouver à proximité de leur siège éjectable.
Ils doivent être dans une zone très localisée par les forces iraniennes et les milices iraniennes en présence. Ce qui est inquiétant aussi, c'est qu'on a vu les 1res opérations de recherche avec le Hercules 530, qui doit identifier les balises de détresse des pilotes. Ils ont des balises de détresse et des transpondeurs pour leur permettre d'être localisés auprès des Awacs et des équipes beaucoup plus proches.
Ils survolent à basse altitude, laissant penser que les Iraniens n'ont pas une défense antiaérienne aussi solide que ça. Je pense notamment au Black Hawk, qui est vulnérable à cette altitude. La 1re étape est de localiser et, ensuite, c'est de monter une opération "search and rescue" avec des hélicoptères de manoeuvre et des hélicoptères d'appui pour que les forces puissent se développer et récupérer les pilotes.
Mais c'est hypothétique. - A.Casse: La 1re étape, ça a été l'avion abattu.
Ensuite, cette présentatrice iranienne a dit qu'une récompense serait promise à celui qui trouverait les pilotes. On sait qu'ils sont 2, maintenant. L'idée est d'ailleurs de les retrouver vivants. - G.Malbrunot: Pour pouvoir les interroger, en faire des otages, les exposer et exercer une pression sur les Etats-Unis.
L'avenir nous le dira. Si le pouvoir iranien arrive à mettre la main sur ces 2 pilotes, ça complique singulièrement, en tout cas psychologiquement et symboliquement...
Ca va marquer les esprits aux Etats-Unis. Ca va renforcer le pouvoir iranien. Il va fanfaronner, parader.
C'est de bonne guerre, si je puis dire. Ensuite, est-ce qu'il y aura une opération ou pas...
C'est une course contre la montre. A partir du moment où le régime iranien les a, ils deviennent des otages, des prisonniers de guerre. La donne de la négociation change.
On le saura dans les prochaines heures. - A.Casse: La donne de la négociation change.
Ca peut constituer un tournant dans les négociations et dans la guerre? - G.Malbrunot: C'est en tout cas un tournant symbolique très fort.
Ca a une charge humaine, émotionnelle aux Etats-Unis. Le régime iranien fera tout pour accroître cette charge en les montrant, en les exposant, en leur faisant dire...
C'est la guerre. On risque d'assister à des scènes désagréables, mais on n'en est pas encore là. Ils ont peut-être une possibilité de les récupérer.
Si on s'achemine vers cette option, ça risque d'énerver D.Trump. Symboliquement, c'est une prise de guerre qui est forte. - A.Casse: D.Trump est en réunion de crise dans le bureau Ovale et est informé de la situation.
Cette information est confirmée de la part de plusieurs médias américains. Il fait peu de doute sur le fait que ces pilotes sont recherchés. On verra s'ils sont capturés. - P.Allémonière: C'est toute la question, s'ils sont vivants.
On ne sait pas. C'est une zone habitée. On voit que c'est rocailleux, ce qui aide à se cacher. - A.Casse: On est où?
Dans le sud de l'Iran? - P.Allémonière: Oui.
C'est une zone qui peut permettre des caches, mais qui semblerait légèrement habitée. Il y a toujours des habitants, dans ces zones désertées. Le gouvernement iranien a appelé à récupérer les pilotes contre une somme X fois le revenu moyen d'un Iranien.
Même s'il y avait des opposants au régime à cet endroit, on se doute que, vu qu'ils risquent la peine de mort s'ils tentaient de sauver les pilotes, les pilotes ne seront pas sauvés. Tout ça nous ramène à quelques images historiques. On se souvient tous de cette femme pilote blessée, exposée pendant la première guerre du Golfe, avec son bras et son visage ensanglantés, exhibée à la télévision irakienne par le pouvoir de S.Hussein.
On se souvient aussi des autres pilotes qui ont suivi, qui avaient été interrogés. L'un avait subi un interrogatoire en direct. On se souvient aussi du pilote français qui avait été éjecté et touché sur son Mirage 2000 en Bosnie.
Il avait été prisonnier pendant plus de 100 jours. Là, on a beaucoup d'exemples. A chaque fois, les régimes s'en servent pour faire pression dans des négociations.
Les interrogatoires sont très musclés. On l'avait vu en Irak, mais je pense que la police iranienne, le gouvernement iranien et les pasdarans savent mener des interrogatoires assez redoutables aussi. - A.Casse: Dans le but d'en savoir plus sur les opérations en cours.
Est-ce que les opérations continuent ou la priorité est de retrouver les pilotes? Est-ce que toutes les forces sont mises sur leur recherche? - Gal D.Trinquand: Non.
Les opérations continuent. En 5 semaines de frappes, il y a eu un avion abattu. C'est exceptionnel.
C'est un événement important, donc on le souligne. - A.Casse: Un autre avion avait été touché. - Gal D.Trinquand: Des avions F-15 avaient été abattus par erreur au Koweït.
Cet événement exceptionnel, le gouvernement des pasdarans a voulu en faire un événement encore plus exceptionnel. C'est exceptionnel qu'un seul avion a été abattu alors qu'il y a des quinzaines de sorties par jour. Ca devient un élément important car 2 pilotes sont actuellement quelque part en Iran, avec cette course contre la montre pour les récupérer. - A.Casse: Le régime promet une récompense à qui trouvera les pilotes.
Comment les Américains cherchent cet équipage? Est-ce avec l'aide des Israéliens? - C'est une image diffusée par les autorités iraniennes.
Il s'agirait d'un avion de combat américain abattu par le système de défense iranien. Quelques instants plus tard, la télévision iranienne montre ces débris retrouvés, selon elle, après le crash. La police appelle les citoyens à s'en prendre aux pilotes américains. - Chers téléspectateurs, si vous capturez le ou les pilotes ennemis et les remettez vivants aux forces de l'ordre, vous pouvez obtenir une récompense. - Les forces américaines seraient à la recherche de l'équipage.
De l'autre côté de l'Atlantique, la presse confirme l'information. - Le média d'Etat iranien affirme qu'un pilote américain s'est éjecté d'un avion au-dessus du centre de l'Iran. Nous avons montré ces images à des experts qui estiment qu'il pourrait s'agir d'un avion de chasse F-15.
Selon eux, on y distingue une partie du logo qui figure généralement sur la dérive du F-15. - Le "Washington Post" affirme que 2 pilotes américains se trouvaient à bord de l'appareil. Un possible tournant alors que l'escalade continue.
Au Koweït, cette raffinerie a été visée par 2 attaques de drones cette nuit. - L'Iran a tiré des missiles contre l'Etat sioniste. Une attaque de drones a également visé une base américaine à Bahreïn. - Une réponse aux attaques israélo-américaines quelques heures plus tôt, comme ici, au centre de l'Iran.
Ou encore ce pont, bombardé hier. Dans son allocution mercredi, D.Trump assure que les Etats-Unis sont proches de remplir leurs objectifs de guerre. - D.Trump: On va leur mettre une raclée monumentale au cours des 2 ou 3 prochaines semaines.
On va les renvoyer à l'âge de pierre, là où est leur place. - La menace militaire s'intensifie, tout comme le jeu diplomatique. Le président américain s'en est pris une nouvelle fois à ses alliés, jugés trop lâches.
E.Macron en a particulièrement fait les frais. - D.Trump: J'ai appelé la France, Macron.
Sa femme le traite extrêmement mal. Rires. Il se remet encore de sa gifle. - Le président français, en visite en Corée du Sud, a, pour une fois, répondu à son homologue américain. - E.Macron: On parle de choses trop graves.
On parle de guerre. On parle de femmes et d'hommes qui sont au combat, de femmes et d'hommes, de civils qui sont tués, de la guerre qui sévit dans cette région. Les propos que j'ai pu entendre, ceux auxquels vous faites référence, ne sont ni élégants ni à la hauteur. - Est-ce un hasard du calendrier?
Ce matin, un bateau français de la CMA-CGM a quitté le détroit et se trouve actuellement dans le golfe d'Oman, selon les données de MarineTraffic. Combien de temps le détroit sera-t-il immobilisé? La guerre va-t-elle s'accélérer?
Les Américains renforcent leurs troupes au Moyen-Orient. Mercredi, les responsables du Pentagone ont annoncé doubler la flotte d'avions d'attaque spécialisés dans l'appui des troupes au sol. - Je pense que la grande question que tout le monde se pose actuellement est le rôle que ces troupes pourraient jouer pour rouvrir le détroit d'Ormuz, qui est actuellement restreint aux seuls navires commerciaux amicaux, c'est-à-dire non belligérants. - Il y a quelques minutes, la porte-parole de la Maison-Blanche a confirmé qu'un avion avait été abattu.
Des opérations de sauvetage sont toujours en cours. - A.Casse: A l'instant, on apprend qu'un des membres de l'équipage de l'avion abattu a été localisé et secouru.
Ca veut dire que l'opération est en cours ou est-ce qu'il a vraiment été récupéré par les forces américaines? Vous pouvez nous expliquer comment on arrive à localiser le pilote quand il s'éjecte de l'appareil? - Gal D.Trinquand: Une fois qu'ils sont éjectés, ils mettent en oeuvre un système qui leur permet d'être repérés et qui communique.
Le C-130 que vous voyiez tout à l'heure a des équipements électroniques chargés de capter l'endroit où il est et, ensuite, de diriger les hélicoptères vers la zone où le pilote était. Sa mission, au pilote, c'est de se cacher et d'attendre qu'on vienne le chercher. - A.Casse: Il y a un protocole très clair.
Vous ne pouvez pas tout nous raconter. Mais en effet, les pilotes sont ultra formés. Il y a plein de techniques pour se dissimuler quand on arrive en territoire hostile? - Gal D.Trinquand: Oui.
Ca paraît très simple, quand on montre un siège éjectable, mais quand vous prenez l'éjection d'un avion, vous en prenez sérieusement. Vous êtes éjecté à 10 G, quelque chose comme ça. Vous vous séparez du siège éjectable et vous descendez en parachute.
Il y a un exercice de parachutiste, qui est un exercice en soi, pour se poser au sol. Ensuite, c'est aller se cacher à un endroit. S'ils sont 2, ils doivent d'abord essayer de se retrouver et de rester ensemble puis de se cacher en attendant. - A.Casse: Il faut rester ensemble ou il faut se séparer? - Gal D.Trinquand: A priori, il vaut mieux rester ensemble. - A.Casse: Instinctivement, j'aurais pensé l'inverse.
C'est bien de le dire. - Gal D.Trinquand: Psychologiquement, en équipe, ça se passe mieux que quand on est seul. - G.Malbrunot: C'est une petite équipe de 2. - Gal D.Trinquand: Ils ont des appareils qui leur permettent d'être repérés, des systèmes électroniques.
A partir de ce moment-là, les équipes cherchent et envoient des commandos spécialisés. "Search and rescue", c'est une vraie mission en soi. Ils sont toujours en alerte, avec toutes les sorties qu'il y a.
Il faut aller le plus vite possible. C'est une course contre la montre. - A.Casse: Il faut éviter d'être pris dans un piège.
Pour sauver 2 hommes, c'est peut-être la vie de plusieurs soldats qui sera mise en péril. C'est aussi l'équilibre qu'on est en train de décider, là, maintenant. J'insiste sur l'action d'Axios, média très renseigné.
Un des journalistes nous dit qu'un des 2 pilotes a été localisé. Il s'agit maintenant de le secourir. On est en train de vérifier s'il est, oui ou non, secouru.
On n'a pas d'informations concernant le 2e. - V.Crouzet: C'est une source israélienne.
Ca date d'il y a quelques minutes. Il faut que les posées des 2 éjectés soient conjointes. Il y a un système qui permet à des systèmes interrogatoires dans le ciel, comme Hercules 530, qui pose des questions très codées.
Il y a des codes d'identification pilote qui permettent de déterminer s'ils sont bien IFF. Il y a un code IFF, ami ou ennemi, "friend" or "foe". Ca a été la difficulté au moment de la récupération de l'équipage.
M.Buchet, merci d'être avec nous. - M.Buchet: L'éjection est automatique pour le 2e membre de l'équipage.
Dans le cas qui nous occupe, sur un tir d'un système de défense sol-air, je pense qu'ils n'ont pas eu beaucoup de temps pour prendre cette décision. Tout dépend des dommages qu'ils ont eus sur l'avion. Une fois que la poignée est actionnée, les 2 sièges partent de manière séquencée, assez rapprochée.
Ils arrivent sur la zone en bas de manière assez proche. Ils partent de manière séquencée pour ne pas se rentrer dedans à la sortie de l'avion. Il y a un décalage.
L'un part à gauche et l'autre à droite. Quand l'éjection se passe à haute altitude, ce qui est certainement le cas ici, le pilote reste avec le siège pendant un certain temps, de manière à rejoindre une altitude où l'air va devenir respirable. Sur le siège, une petite bouteille d'oxygène permet de pouvoir survivre le temps que le siège descende.
Quand on est à cette limite, le siège et le pilote se séparent. Vous avez vu cette image qui circule où on voyait le siège au sol avec un petit parachute qui servait à stabiliser le siège. Quand le siège et le pilote se séparent, le pilote a son propre parachute qui l'emmène au sol.
Là, il y a déjà une phase de vulnérabilité assez grande. Toute la période pendant laquelle le pilote est sous voile...
En général, l'équipage ne tombe pas très loin. Ensuite commence la phase au sol, qui est très critique. - A.Casse: La phase où vous devez vous cacher.
Comment vous faites ensuite pour communiquer avec votre armée? - M.Buchet: Il y a des procédures définies au sol.
Les pilotes les apprennent par coeur. Ce sont des procédures qui permettent de se signaler et de communiquer avec les gens qui vont venir les chercher. Ca permet aussi de donner notre position.
C'est très précis. L'objectif est de ne pas être repéré par l'ennemi. En général, au sol, on a un peu étudié l'environnement et on dit ce qu'on va faire.
Quand on est au sol, on exécute ce plan. On a une radio et une façon de donner notre position, qui est extrêmement précise. - A.Casse: On apprend à le faire à deux?
C'est la question qu'on se posait: est-ce que les 2 pilotes sont ensemble en ce moment? Est-ce qu'ils essayent de se cacher ensemble? Ca aussi, on apprend à le faire à plusieurs? - M.Buchet: Quand on est pilote de chasse, en général, on apprend déjà à le faire tout seul.
Quand on est 2, les principes sont globalement les mêmes. Etre à 2, c'est plus rassurant. Mais être tout seul, c'est plus facile.
Une décision va être prise en fonction de s'ils arrivent à communiquer ou pas, s'ils arrivent à se rapprocher. Ils ne seront pas très loin, mais comme c'est une région montagneuse, ça va être difficile de progresser. Mais on est entraîné à le faire tout seul.
Le 2e peut être blessé ou avoir été tué dans l'incident. On peut éventuellement se retrouver tout seul. On sait le faire tout seul. - A.Casse: Je vais poser une question qui peut sembler naïve.
Selon le média Axios, un seul des 2 pilotes a été localisé en vue d'être secouru, Et on verra si les Américains arrivent à le faire, ce qui veut dire qu'ils n'ont pas de nouvelles du 2e pilote? On ignore s'ils se sont séparés volontairement ou pas, si l'un a survécu et pas l'autre. On peut d'ores et déjà considérer...
On se demandait s'ils avaient été capturés. On peut considérer qu'ils ne le sont pas? - G.Malbrunot: A priori, non, ils n'ont pas été capturés.
Mais il faut aller vite. Même si c'est une région montagneuse...
C'est une région, le Sud-Ouest, où les forces iraniennes sont quand même présentes. Il y a une course contre la montre pour éviter de se faire repérer et que les premiers arrivés soient les camarades américains pour venir les récupérer, et non pas les Iraniens, ceux qui les pourchassent. - A.Casse: Il y a des conséquences pour les opérations.
Les Israéliens disent arrêter les bombardements dans l'attente de retrouver ces 2 pilotes américains. Cette information vous surprend? - G.Malbrunot: Arrêter les bombardements partout?
Je ne pense pas que ça impacte les opérations... - A.Casse: Arrêter les opérations militaires.
C'est ce qui est dit. - G.Malbrunot: Ca paraît surprenant.
C'est un aléa de la guerre. - A.Casse: Parfois, il y a un écart entre le discours et les actes. - P.Allémonière: Je voudrais simplement rappeler que certains pilotes qui ont été abattus...
On a rappelé la Bosnie, ce n'est ni le même contexte ni les mêmes avions, mais le pilote s'était caché pendant 5 jours avant d'être récupéré. Ils le cherchaient activement. C'était montagneux aussi, mais il a réussi à se cacher. - A.Casse: Il y a des histoires de pilotes qui se cachaient grâce aux habitants aussi. - P.Allémonière: Pas lui.
Les habitants, il faut toujours y faire attention. J'ai interviewé un pilote américain qui appartenait aux forces d'élite et qui avait été abattu avec son hélicoptère. Il avait réussi, en Afghanistan, à être récupéré jusqu'à un village.
Mais c'était la loi afghane. Quand les Afghans recueillent quelqu'un dans les villages, même entourés de talibans, ils ne rendent pas celui qu'ils accueillent. C'est particulier. - A.Casse: On y voit plus clair maintenant qu'au début de l'émission.
On sait d'ores et déjà qu'ils n'ont pas été capturés, qu'il s'agit toujours de secourir, toujours selon le média Axios. Quelle est la particularité de cette action de sauvetage au sol? - V.Crouzet: Il faut localiser la zone où se trouvent les pilotes.
Ce qui est préoccupant, c'est l'information selon laquelle ils n'auraient récupéré qu'un seul membre d'équipage. Cela signifie que l'autre est peut-être capturé ou mort au moment de l'éjection. Rappelez-vous des propos de D.Trump sur J.McCain, qu'il qualifiait de loser parce qu'il avait été capturé pendant la guerre du Vietnam.
Il avait passé 6 ans dans les geôles nord-vietnamiennes. Je ne sais pas comment il va qualifier le pilote américain qui a été capturé ou pas. La grande difficulté, c'est l'opération d'extraction au sol.
C'est le positionnement d'un hélicoptère de manoeuvre, un Black Hawk ou autre, avec, en appui feu, un hélicoptère de combat ou des avions de chasse, des chasseurs-bombardiers pour nettoyer la zone et, éventuellement nettoyer les axes iraniens qui pourraient venir en renfort. C'est extrêmement dangereux. On ne risque pas de perdre un équipage mais une dizaine d'hommes.
Il y a des commandos de l'armée de l'air américaine qui sont spécialement entraînés, comme les nôtres, pour l'extraction des équipages en difficulté. - A.Casse: Qu'est-ce qui fait qu'on décide d'y aller ou pas? - Gal D.Trinquand: On décide d'y aller à partir du moment où des pilotes sont éjectés.
Le problème, c'est la localisation. Il y a aussi l'identification de la zone. Est-ce qu'il y a beaucoup de monde, des villageois?
A ce moment-là, on met en place le dispositif qui va les prendre. J'ai vécu une opération comme celle-là en Bosnie-Herzégovine. Un pilote britannique s'était fait abattre et s'était éjecté.
Il y avait des forces spéciales britanniques qui, par hasard, étaient dans le coin. Ce sont les forces spéciales françaises qui sont venues de Sarajevo avec 2 hélicoptères en rase-mottes pour aller les chercher. Sur la zone, c'est compliqué.
Vous êtes obligé de rester pendant un moment en stationnaire pour récupérer les gens. Vous êtes extrêmement vulnérable au moment où les hélicoptères ne bougent pas. Les hélicoptères en question ont été tirés, mais ils ont récupéré les forces spéciales britanniques et le pilote.
Un des forces spéciales est mort par la suite. Il avait pris une balle dans la tête. C'était les Français qui étaient allés les chercher.
Mais ça se déclenche immédiatement. On nous avait appelés, à l'époque. "Qu'est-ce qu'on peut faire?" Paris nous avait dit d'y aller.
C'est extrêmement rapide. Dès que vous avez des opérations en l'air, vous avez toujours des opérations "search and rescue" qui sont prêtes et qui sont dans les parages, voire en l'air, prêtes à intervenir. - A.Casse: Il y a quand même le risque d'un engrenage et que ça devienne un piège.
Comment évaluer ce risque? - Gal D.Trinquand: C'est là où je disais qu'il faut évaluer les forces autour.
Là, une décision est prise. Soit on envoie des renforts, soit vous y allez parce que vous pouvez y aller rapidement, soit ça devient trop dangereux et il faut dégager. Il y a ce calcul qui est fait.
Ca veut dire que l'équipe "search and rescue" n'est pas seule. Elle est dans un dispositif complet dans lequel vous avez des avions de chasse qui peuvent être "taskés" pour tracer la zone. - A.Casse: C'est arrivé ce matin, vers 3h du matin.
Il est plus de 18h. Comment expliquer ce délai? - Gal D.Trinquand: C'est le délai des médias.
Ils se demandent toujours pourquoi ils ne l'ont pas su au moment où il est tombé. - A.Casse: Mais vous nous dites qu'il faut aller très vite. - Gal D.Trinquand: Je ne dis pas qu'ils ne sont pas allés vite.
On a l'information plus tard. Si Axios donne des informations, c'est que c'est terminé. - A.Casse: Ca veut dire qu'il est peut-être déjà secouru?
Avec toutes les précautions qu'il faut prendre, bien sûr. Ce qu'on commente actuellement, ça percute le discours triomphaliste de D.Trump qui disait mettre l'Iran à genoux.
Il avait parlé de les renvoyer à l'âge de pierre. Ce discours est maintenant percuté. - G.Malbrunot: Il l'était déjà avant.
On était plutôt face à une espèce d'aveuglement. D.Trump nous a déclaré que les forces armées iraniennes avaient été vaincues, que la marine avait été vaincue, que le régime avait changé, etc.
Mais tout en nous disant que les combats et les violences allaient durer encore 2 ou 3 semaines. Personne ne croit plus à ce que D.Trump dit.
En revanche, ce qu'on a vu, c'est que l'Iran garde en main 2 atouts considérables: le nucléaire et la maîtrise du détroit d'Ormuz. Les Iraniens se rendent compte, au bout de 4 semaines, 5 semaines de guerre, que le nucléaire ne leur a jamais vraiment servi. Ca n'a jamais été une force de dissuasion.
En revanche, la maîtrise du détroit d'Ormuz rend folle la moitié de la planète. Le discours de D.Trump, au contraire...
Il faut souhaiter que ces 2 pilotes soient sauvés et secourus. Sinon, D.Trump est dans une impasse totale.
Il a fixé un ultimatum le 6 avril aux Iraniens. Il leur a dit: "Vous débloquez Ormuz, sinon, je vous rentre dedans, je détruis les centrales électriques..." Pour l'instant, ils ont détruit un pont, des cibles d'infrastructures.
On a appris que l'Iran disposait encore de la moitié de ses rampes de lancement de missiles, de milliers de drones. Il faut souhaiter que cette opération réussisse. Aujourd'hui, D.Trump est dans une impasse.
C'est une impasse dont il pourrait sortir en allant dans une espèce de fuite en avant, dans une opération au sol. E.Macron a raison de dire qu'on ne va pas libérer militairement le détroit d'Ormuz.
C'est d'ailleurs pour ça qu'il s'est fait rappeler à l'ordre. Mais il a raison. Tous les experts disent que dès qu'il y a des forces sur Kharg, les Iraniens vont miner et que ces forces vont être prises pour cible.
Cet élément ajoute au risque d'escalade qui était à venir. Les Etats-Unis sont dans une impasse et les Iraniens l'ont bien compris. - A.Casse: Vous parlez de cette escalade en cours, mais en même temps, il y a un début d'ouverture.
Revenons au détroit d'Ormuz. Pour la 1re fois, un porte-conteneurs d'un grand groupe européen, en l'occurrence français, appartenant à R.Saadé, franco-libanais, a pu passer le détroit d'Ormuz. - G.Malbrunot: C'est un signal qui a été adressé par les Iraniens.
Le cargo a négocié avec la marine iranienne, seul, en face à face, ou via un intermédiaire. L'Iran a accepté, pour la 1re fois, de laisser passer un navire français. Vous avez vu la position française d'E.Macron qui disait que c'était irréaliste de penser qu'on allait libérer militairement Ormuz.
Cette position a été matérialisée aux Nations unies par un refus français de voter une résolution présentée par un certain nombre de pays, notamment arabes du Golfe. La France était avec la Russie et la Chine. L'Iran, dans un souci de diviser ses ennemis, a dit aux Français: "Vous allez pouvoir passer." L'exercice de joute verbale entre E.Macron et D.Trump a rehaussé la cote d'E.Macron en Iran.
On est dans la gestion froide par l'Iran du détroit d'Ormuz. Les pays qui ne sont pas ennemis, et nous ne le sommes pas, aujourd'hui...
Ca ne veut pas dire qu'on ne le sera pas demain. En Iran, R.Saadé est connu.
Tout cela a concouru... - A.Casse: Quand on met tout ça bout à bout, la volonté de l'Iran de capturer 2 pilotes américains, ce détroit d'Ormuz partiellement ouvert pour diviser les alliés entre eux...
J'ai l'impression qu'on assiste à une partie d'échecs géante et que, pour l'instant, il n'y a que l'Iran qui joue. - P.Allémonière: On voit la subtilité iranienne.
Les Iraniens n'utilisent pas que la force. On a sous-estimé leur force militaire. On a cru que c'était un simple pays qui menait une guerre asymétrique avec des petits drones.
On découvre aujourd'hui qu'ils ont encore des milliers de missiles, contrairement à ce qu'on pensait. On sous-estime, sur le plan militaire, la force iranienne, mais on sous-estime aussi la force diplomatique. Les Iraniens ne sont pas seuls dans le jeu.
Ils laissent passer un navire français, et c'est astucieux. C'est de la division. C'est casser une unité qui pourrait apparaître.
D.Trump et les Israéliens sont à part, mais le reste de la population européenne...
Ils appuient sur le jeton français. R.Saadé connaît très bien le monde arabe.
Les armateurs sont presque des grands connaisseurs de la géopolitique internationale. Ils ne cessent de connaître tous leurs interlocuteurs. On voit l'astuce de l'Iran, comment la diplomatie iranienne est fine, à l'inverse de la diplomatie américaine, qui ne s'appuie que sur la force, aujourd'hui, en tout cas. - A.Casse: On se demande si la guerre n'a pas renforcé le régime iranien au lieu de l'affaiblir. - Une foule compacte en plein coeur de Téhéran et des visages marqués par le deuil.
Jour de funérailles de plusieurs commandants des Gardiens de la révolution iranienne, éliminés lors de frappes israéliennes. Voilà les scènes que le régime des mollahs veut mettre en avant. - Nous devenons plus forts chaque jour qui passe. ils peuvent tout se permettre.
Il n'y a rien qu'ils puissent faire. Le peuple est derrière son dirigeant. Il n'abandonnera ni son leader ni son pays.
Ses ennemis se bercent d'illusions. Nous allons l'affaiblir. - Sérénité affichée.
Le président iranien et son ministre des Affaires étrangères s'offrent un bain de foule dans les rues de Téhéran. Images retransmises à la télévision d'Etat. - On ressent vraiment de l'admiration pour ces gens qui, avec tant d'enthousiasme, font de grandes choses pour leur pays. - Le régime veut montrer qu'il tient bon.
Cela passe par la diffusion de vidéos de propagande. Voilà la dernière en date, générée par IA. Des parachutistes américains débarquent sur le sol iranien et des cercueils les attendent.
Dissuader l'ennemi, mais aussi minimiser les pertes subies. - Les sites que vous croyez avoir ciblés sont insignifiants. Notre protection militaire stratégique se déroule dans des endroits dont vous ignorez l'existence et que vous ne pourrez jamais atteindre.
Nous allons vous épargner cette peine. Ne comptez pas notre équipement stratégique. Vous vous tromperez certainement et n'arriverez à rien. - Malgré plus de 12 000 frappes israélo-américaines sur son sol, l'Iran continue de répliquer, comme ici, au Koweït, où un drone a touché cette raffinerie.
Surtout, Téhéran renforce son contrôle du détroit d'Ormuz. Avant la guerre, les bateaux passaient surtout au large d'Oman. Désormais, ils longent les côtes iraniennes en payant un droit de passage.
Très peu y sont autorisés. Une mainmise reconnue par D.Trump la semaine dernière. - D.Trump: Nous avons intercepté 99 % de leurs missiles.
Le 1 % restant est inacceptable. Ca veut dire qu'il a touché la coque d'un navire qui coûte 1 milliard de dollars. - Téhéran est malgré tout fragilisé.
Nombre de ses responsables militaires ont été tués. Pour ne pas perdre la face, le régime a fait la chasse aux espions. A la télévision, ils diffusent les aveux de ceux qu'ils présentent comme des traîtres. - On nous a dit d'entrer en scène après le début des frappes israélo-américaines. - Si une frappe manquait sa cible, nous devions envoyer une vidéo de l'impact et le renvoyer en disant que ça n'avait pas marché. "Frappez à nouveau.
Il faut être plus précis." - La survie du régime passe par la répression de la contestation. Arrestations violentes dans les rues ou tirs à balles réelles en direction des fenêtres d'immeuble où des Iraniens ont crié "mort à Khamenei".
Un climat de terreur dans la population qu'un journaliste sur place a pu documenter. - En ce moment, on entend juste les partisans du régime hurler dans leurs mégaphones. On a une voisine comme ça.
Tous les soirs, elle scande fort le nom du Guide suprême depuis sa fenêtre. Nous, si on sort, le régime va nous tuer et nous massacrer. C'est trop dangereux de protester. - Mercredi, le président iranien s'est adressé directement au peuple américain.
Dans une lettre rédigée en anglais, il s'interroge sur les intérêts que les citoyens tirent de cette guerre, comme une tentative d'influencer l'opinion publique, la seule à pouvoir faire pression sur D.Trump. - A.Casse: Question. - Gal D.Trinquand: Oui.
Semer la division. Il y a un autre sujet, la liberté de naviguer dans le détroit d'Ormuz. Les Américains avaient demandé à Bahreïn de proposer une résolution au Conseil de sécurité qui présentait la possibilité de l'ouverture sous le chapitre 7, avec utilisation de la force.
C'était une façon de valider la future éventuelle opération américaine là-bas. Ca a été refusé par la France. Ca a été refusé par les Russes et les Chinois également.
Il y a une résolution proposée, sans l'utilisation de la violence. Ca rappelle les accords sur la liberté de naviguer. Ca peut être voté par les 5 permanents.
Ca nécessite de faire pression sur les Iraniens et d'avoir une résolution, c'est très bien. Si vous ne l'appliquez pas, ça sert à rien. Ca veut dire: "Messieurs les Iraniens, il le faut.
On est favorables à cette résolution et on va s'y plier." Les Français, les Américains, les Britanniques, tous l'ont votée. "On va aider, mais il nous faut des contreparties".
Il y a eu une réunion au Royaume-Uni hier sur "qu'est-ce qu'on fait par rapport au passage". Ca rejoint ce qu'a dit le président...
On ne prendra pas le détroit par la force. C'est une solution diplomatique qui est recherchée. - A.Casse: Si on reprend le fil de l'histoire, on est dans de la trivialité...
D.Trump revient sur l'épisode de la claque de B.Macron à E.Macron.
Il s'en moque. E.Macron a déjà entendu les moqueries de D.Trump, mais c'est la première fois qu'il répond aussi fermement. - G.Malbrunot: Un certain nombre de ses conseillers nous l'avaient dit avant le déclenchement de la guerre, qu'elle ne ferait pas tomber le régime et qu'elle remettra pas dans la rue des opposants.
C'est la raison pour laquelle il y était opposé. Il faudrait savoir si E.Macron a la conviction que, juste avant le déclenchement de la guerre, un accord était sur la table à Genève.
E.Macron sait qu'il y a un volet diplomatique avec le Pakistan, l'Arabie saoudite, l'Iran et les Etats-Unis, qui échangent indirectement sur comment réguler le trafic dans le détroit d'Ormuz. Il y aurait la création d'un consortium international pour répartir les responsabilités.
C'est ce qui est en train de se jouer. Ca va arriver? Je n'en sais rien.
Ca paraît un peu compliqué. Un certain nombre d'acteurs, en particulier l'Arabie saoudite, le Pakistan, la Turquie et d'autres, souhaitent que ce détroit soit rouvert de manière diplomatique et non pas...
Il n'y a pas d'autre option. L'autre option, c'est l'option terrestre. Immédiatement, l'Iran va miner tout le détroit.
Les soldats américains qui vont débarquer à Kharg risquent d'être la cible... - A.Casse: On a parlé de la voie militaire, de la voie diplomatique.
On va parler des renseignements. Au début de la guerre, il y avait l'idée d'arriver à un changement de régime. On en est encore à cette phase?
J'entends G.Malbrunot soupirer. L'option d'armer l'opposition est définitivement enterrée? - V.Crouzet: On a beaucoup trop regardé la première phase, le ciblage et l'identification des cibles par les services de renseignements.
Dans le monde anglo-saxon, les services de renseignements, on parle d'intelligence. Ca sert à diviser le régime iranien, trouver des relais à l'étranger pour apporter ses soutiens financiers, politiques et diplomatiques, préparer un soutien opérationnel à un soulèvement populaire, protéger les manifestants du système répressif. Ca aurait pu être le cas.
On n'avait pas encore d'unité prépositionnée à Téhéran pour protéger les manifestants en janvier. Je ne suis pas certain que des Américains soient particulièrement équipés à Téhéran pour ça. Les Israéliens peuvent le faire. - A.Casse: Ils le font peut-être? - V.Crouzet: On ne sait pas.
Ils ne le revendiquent pas. - A.Casse: L'autre otage dont on ne parle pas, c'est cette journaliste américaine, prise en otage.
Elle s'appelait S.Kittleson. Vous la connaissiez? - G.Malbrunot: Je la rencontrais à Bagdad quand j'y allais.
Elle était très courageuse et passionnée. Elle est devenue une cible dans cette guerre entre l'Iran et les Etats-Unis. La mouvance des groupes armés...
Un citoyen américain, journaliste a fortiori, est évidemment une cible. Sa libération va être compliquée. - A.Casse: Comment pourrait-elle être libérée? - G.Malbrunot: Ses ravisseurs vont demander l'arrêt des exécutions de leurs dirigeants par les Etats-Unis.
Ca me paraît évident. C'est une otage. Il y a 2 ans, il y a une otage israélo-russe a été détenue par cette mouvance, le Kataëb Hezbollah.
Elle a été libérée au bout de 2 ans et demi. On est dans un contexte de guerre. C'est plus compliqué.
On devait s'y attendre. Ces milices sont décapitées, quelques-unes l'ont été, par les Américains et les Israéliens. On prend un otage.
J'avais rencontré un chef d'une de ces milices en 2019 avec qui j'avais eu une conversation très intéressante. Il m'avait raconté qu'il avait été en prison sous les Américains, qu'il était sorti après, qu'il était allé voir son ancien commandant, qui lui avait dit: "Vous avez été prisonnier américain. Ils vous ont retourné.
Je ne veux plus de vous". Il est allé voir en Iran et on l'a recruté. Il m'a donné des renseignements intéressants.
Il m'a raccompagné et m'a dit: "Vous êtes arrivé à 5h20 du matin à l'aéroport de Bagdad?" Je lui ai dit qu'il était bien renseigné. Il m'a dit que s'il y avait une guerre entre l'Iran et les Etats-Unis, les soldats américains seraient pris en otage. - A.Casse: Quel est le plus dur dans les premiers jours de captivité?
Je pense à votre expérience personnelle. Vous avez été otage en Irak 124 jours. - G.Malbrunot: Le plus dur, c'est accepter de basculer dans le monde de la captivité.
Elle est bien, cette fille. Elle était très discrète. Elle parle arabe.
Elle connaît le terrain. Elle est aussi consciente des risques qu'elle court. - A.Casse: On est préparé à ça?
Ils vous avaient menacé de vous tuer. - G.Malbrunot: Oui.
Il y a des vidéos de chantage. Tôt ou tard, on aura une vidéo où ces ravisseurs vont demander...
Ils vont lui faire dire que D.Trump doit arrêter d'exécuter les chefs des milices. On est dans de la guerre psychologique.
Un otage mort est un otage sans valeur. - P.Allémonière: C'est une des milices les plus redoutables qui a pris notre consoeur.
Ils sont excessivement durs, très intransigeants, très alignés sur l'Iran. Les Américains, en général, dans les négociations, eux aussi sont très durs. Ils ne sont pas comme nous, à négocier contre de l'argent des otages.
C'est plutôt à monter des opérations de récupération. On parle pas de récupération de pilotes mais d'opération de récupération d'otages. Ils en ont mené avec nous quand on avait des otages en Somalie.
On n'en est qu'au début. Ils ont une position excessivement dure et très intransigeante vis-à-vis des preneurs d'otages. - A.Casse: On va s'intéresser aux conséquences économiques mondiales.
On a pris quelques exemples. Au Kenya, il y a des pénuries de carburant. En Thaïlande, la climatisation est bloquée à 26 degrés.
En Inde, les files d'attente s'allongent aux stations-services. Au Royaume-Uni, on réfléchit à baisser la vitesse à 70 km/h. Le patron de l'Agence internationale de l'énergie dit qu'on vit "la pire crise de notre histoire". "Ce sera pire que les crises de 73, 79 et 2022 réunies." - En Inde, des centaines de scooters à l'arrêt.
Des files d'attente interminables devant les stations-services. Face à la pénurie d'essence, la colère monte. Pour les habitants, la pire crise gazière et pétrolière depuis des décennies et une contestation qui s'organise. - Filmer ces files d'attente, tous ces gens qui font la queue, ceux qui ne peuvent pas aller travailler, seront-ils payés? - Seulement 300 bouteilles de gaz ont été distribuées aujourd'hui.
On nous demande de rentrer chez nous. - Avec l'Inde, c'est toute l'Asie qui panique depuis plusieurs semaines car une grande partie du continent est totalement dépendant aux hydrocarbures du Moyen-Orient. Près de 90 % du GNL et plus de 80 % du pétrole qui transitent par le détroit d'Ormuz sont destinés à l'Asie.
La course contre la montre a commencé. - L'Asie du Sud-Est est en train de revoir sa consommation d'énergie avant qu'il ne soit trop tard. - Les économies asiatiques sont contraintes de recourir à des mesures extrêmes comme les Philippines. - A Manille, et dans tout l'archipel, télétravail et semaine de 4 jours imposés aux fonctionnaires pour limiter les déplacements.
L'état d'urgence énergétique a aussi été décrété par le président, qui annonce seulement 45 jours de réserve. - Si j'ai déclaré l'état d'urgence énergétique, c'est pour donner au gouvernement davantage de possibilités d'action en cas de besoin. - D'autres pays, comme la Birmanie ou le Sri Lanka, ont aussi instauré des jours fériés et des restrictions de circulation.
La Chine, de son côté, s'en sort mieux grâce à d'importantes réserves stratégiques et son investissement dans les énergies renouvelables et véhicules électriques. Un choc pétrolier qui n'épargne pas non plus le reste du monde. Dans une ambiance qui rappelle le covid, allocutions solennelles de dirigeants. - Si vous prenez la route, ne prenez pas plus de carburant que nécessaire.
Faites le plein comme d'habitude. Pensez aux autres membres de votre communauté, à ceux qui travaillent dans les zones rurales et dans les secteurs essentiels. Dans les semaines à venir même si vous le pouvez, privilégiez le train, le bus ou le tramway pour aller travailler. - Des recommandations faites par l'Agence internationale de l'énergie, pas encore appliquées de manière coordonnée.
En Europe, à chaque pays sa réponse à la crise. C'est sans doute l'Espagne qui frappe le plus fort en annonçant un plan d'aide de 5 milliards d'euros. - Le premier axe de ce plan, c'est une réduction drastique de la fiscalité sur l'énergie.
Ainsi, nous allons réduire les taxes sur l'électricité de 60 %. Nous allons aussi accorder une aide directe de 20 centimes par litre de carburant à tous les transporteurs, agriculteurs, éleveurs et pêcheurs de notre pays. - Il y a une semaine, la France a aussi annoncé la mise en place d'aides ciblées pour les secteurs professionnels les plus touchés.
Mais pour plusieurs spécialistes du climat, c'est tout un modèle énergétique qu'il faut changer. - Il faut décarboner la mobilité, éviter que la mobilité soit dépendante du pétrole. Ca passe par l'électrification des voitures, mais pas que.
Ca passe aussi par les transports en commun, beaucoup de bus. - Selon l'Agence internationale de l'énergie, la crise pourrait encore s'aggraver ce mois-ci et devenir l'un des pires chocs pétroliers de l'histoire. - A.Casse: Il y a un vent de panique mondial? - Gal D.Trinquand: Oui.
Mais je concours pas complètement à ça. On parlait de la crise de 73. Notre information a complètement été modifiée depuis 50 ans.
Le Golfe, le détroit d'Ormuz...
Notre dépendance européenne vis-à-vis des carburants du Golfe, c'est 3 %. Maintenant, tout est mondial. Le prix augmente car les marchés sont mondiaux.
Ca ne diminue pas le volume de carburant qui arrive chez nous. Il y a un problème de prix parce que c'est mondial. En volume, ça ne nous touche pas.
Ce qui me frappe, c'est les produits fabriqués dans le Golfe persique qu'on n'avait pas identifiés. L'hélium, ça a été une découverte pour moi. Il est essentiel pour la fabrication...
L'aluminium...
C'est là où on voit le chemin parcouru par toutes ces monarchies qui ont investi l'argent qu'elles gagnaient dans le pétrole, dans d'autres industries. On disait que le Golfe, c'était le pétrole et le gaz. C'est aussi beaucoup d'autres choses.
Il y avait aussi les engrais. Pour l'Ukraine, on disait que les engrais venaient de Russie et d'Ukraine. Sur les carburants, l'absence de pétrole à la pompe à essence, j'y crois pas trop.
Nos volumes viennent d'ailleurs, à 90 %. Très peu de choses du golfe Persique. - A.Casse: On passe à vos questions.
Question. On en revient à nos pilotes américains, qui ont dû s'éjecter. - V.Crouzet: Ils passent par une fréquence hertzienne très précise, utilisée par les pilotes et les interrogatoires aériens.
Ils vont diffuser ça par une borne hertzienne extrêmement précise. Ca peut quand même être intercepté. Les Russes ont la capacité, s'ils viennent en soutien des Iraniens sur cette affaire, d'intercepter quasiment toutes les fréquences hertziennes. - Gal D.Trinquand: Il y a des codes qui permettent de vérifier que la balise est entre les mains du pilote et pas de quelqu'un d'autre.
Il n'y a que le pilote qui a ces codes. - A.Casse: On avait les informations du média Axios, comme quoi l'un des 2 pilotes a été localisé et secouru.
L'autre est recherché. On a toujours un temps de retard. C'est a priori une bonne nouvelle pour les Américains d'avoir réussi à les retrouver? - Gal D.Trinquand: Bien sûr.
Dans la précipitation des informations...
Il faudrait communiquer l'information quand on a l'information sur le 2e. Il n'est forcément pas très loin. C'est pas très bon de dire qu'on a récupéré le premier.
Il y a une autre hypothèse, qu'il soit mort par le tir sur l'avion ou dans sa descente. On ne révèle pas la nouvelle. Il faut prévenir la famille... - A.Casse: Le média a été renseigné par une source israélienne.
C'est surprenant. - G.Malbrunot: C'est souvent le cas. - A.Casse: Question. - G.Malbrunot: Ceux qui doivent y retourner.
Ils doivent passer dans le détroit d'Ormuz pour aller en Asie. Ca fait une proportion importante. - P.Allémonière: Pour l'instant, les 2 grands armateurs ont complètement détourné leur trafic par le cap de Bonne-Espérance. - A.Casse: Question. - P.Allémonière: Non.
Le régime iranien cherche à dissocier une unité qui pourrait se mettre en place. Il y a une tentative mise en place par Oman qui cherche à négocier avec les Iraniens la sortie des engrais. Ca se fait avec l'ONU dans la boucle.
On a plusieurs tentatives. On a l'opération européenne, avec la France qui joue son rôle, parce qu'elle parle à l'Iran. On a la tentative turque, pakistanaise et chinoise.
Les Chinois jouent un rôle important. Oman essaie de faire sortir les engrais vitaux pour la population africaine et pour nous. - A.Casse: Question. - G.Malbrunot: E.Macron parle au président M.Pezeshkian, mais c'est un président presque nu.
Il n'est pas aux commandes. Ce sont les Gardiens de la révolution, les durs, qui sont aux commandes. Ca montre la limite de notre dialogue avec l'Iran.
C'était pareil avant. On n'a jamais pu instaurer un dialogue avec le Guide suprême, Khamenei, parce qu'il ne voyait jamais les journalistes. Ca pose des problèmes sur la négociation d'otages, a fortiori, pendant une période de guerre. - A.Casse: Le nouveau Guide suprême est invisible.
Quel est l'interlocuteur? - G.Malbrunot: C'est M.Pezeshkian, qui n'a pas beaucoup de pouvoir, le président du Parlement.
Il y a les services de renseignements. Ils ont les contacts pour négocier des libérations et des échanges de prisonniers. Le contact est difficile avec ce pouvoir iranien éclaté et au sommet duquel il y a Khamenei, qui est planqué, et avec lequel on n'a pas de contact. - A.Casse: Question. - V.Crouzet: Une arme de poing, la plupart du temps, qu'il porte sur la poitrine.
J'espère qu'ils n'auront pas à s'en servir. Ca signifie qu'ils sont impliqués dans un engagement avec des tirs ennemis. C'est plus d'ordre psychologique pour les pilotes. - Gal D.Trinquand: Le soutien psychologique est très important.
Imaginez-vous un pilote à 10 000 pieds... - A.Casse: Le premier choc est physique. - Gal D.Trinquand: Il se retrouve au sol dans un environnement qui n'a rien à voir, où il ne sait pas où il est tombé.
Il y a beaucoup d'éléments psychologiques. L'arme peut être utile. - V.Crouzet: Un poignard de combat, aussi. - P.Allémonière: Ils savent que toute une équipe est en route pour tenter de les récupérer. - A.Casse: Il y a toute une formation psychologique.
Ils n'ont pas été choisis par hasard. Merci à vous. Tout de suite, "C à vous".
Bonsoir. - M.Bouhafsi: Les Français craignent une pénurie d'essence, une flambée des prix du carburant et une hausse des taux immobiliers.
R.Lescure est notre invité pour répondre à toutes les questions qui inquiètent nos citoyens au premier jour des vacances de printemps. Un fléau: la multiplication des injections médicales
Georges Naturel