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interviewNathalie Arthaud· 27 janvier 2023 16 min

Sud Radio 23 janvier : les travailleurs peuvent faire reculer le gouvernement comme en '95

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

bonjour Nathalie Arthaud bonjour la réforme des retraites les nouvelles mobilisations annoncées la hausse des prix les milliardaires ou à la gauche le PS en crise quelques-unes des questions que nous allons aborder ce matin commençons donc par la réforme des retraites qui est présentée en conseil des ministres ce matin quel est votre position vous précisément au milieu du concert de protestation et bien je fais partie de ce bien sûr qui s'oppose qui protestent j'étais dans la rue jeudi 19 je le serai encore mercredi la prochaine puisqu'il y a aussi des actions dans l'éducation nationale puis dans beaucoup de secteurs et bien sûr le 31 voilà je j'ai participé à cette manifestation à Paris qui était impressionnante mais on a vu que c'était des manifestations impressionnantes aussi dans les petites villes il y avait des grévistes dans tous les secteurs les gros bataillons du public qu'on connaît mais aussi dans le privé aussi dans le privé et que dans des petites entreprises il y avait parfois un grévistes ou deux ou en groupe voilà c'est unanime du côté du monde du travail on en veut pas de cette réforme alors le ministre du Travail Olivier vous avez vu annonce que les petites pensions vont augmenter avec une pension minimale à 1200 euros brut est-ce que c'est une avancée ça non non sûrement pas vous savez je tiens d'abord à dire que moi j'ai fait la campagne présidentielle en disant qu'avec moins de 2000 euros par mois on s'était indigne on avait du mal à vivre aujourd'hui vous avez vu avec les prix qui ont grimpé vous avez vu que c'est plus 12% pour l'alimentaire le nombre de de personnes qui doivent aller au restaurant du coeur là pour pour se nourrir est en train d'exploser et et il nous parle de 1200 euros il faudrait qu'on applaudisse mais qu'est-ce que c'est que ça il y avait des petites retraites qui jusqu'à présent étaient à moins de 1000 euros bien sûr mais c'est le scandale mais c'est le scandale mais alors quoi quelques miettes et on devrait applaudir mais non c'est c'est pas admissible ça quelqu'un qui aurait travaillé au SMIC toute sa vie une carrière complète 1200 euros à la retraite c'est-à-dire une misère mais franchement qu'est-ce que c'est que cette société c'est quoi cette société moi ça me révolte mais même ce chiffre là me révolte il croit quoi il croit il croit nous faire une fleur mais qu'est-ce que c'est du mépris ça c'est du mépris donc votre contestation va au-delà donc du recul de l'âge de départ c'est c'est général alors sur sur les salaires revendications pour les salaires et pour les pensions également là je crois que ça reflète le sentiment de millions de de femmes et d'hommes dans le pays c'est que il y a jamais d'argent pour les travailleurs c'est c'est bien simple il y a jamais d'argent pour les salaires il y a jamais d'argent pour les hôpitaux il y a jamais d'argent pour les retraites il y a jamais d'argent pour aller transport enfin tout ce qui est utile tout ce qui correspond à nos besoins dans notre vie quotidienne il n'y a jamais d'argent par contre alors là les milliards on les voit on les voit c'est en veux-tu en voilà c'est c'est incroyable quand même on a appris là que sur les deux dernières années les milliardaires français avaient vu leur fortune augmenter de 200 milliards 200 milliards rien que la moitié des bénéfices de Total permettrait de couvrir le trou des caisses de retraite le la moitié un des bénéfices annuels permettrait de couvrir le trou des retraites vous vous rendez compte 80 milliards pour les actionnaires du sol qui a 40 enfin on n'a jamais vu autant d'argent dans la société alors dernièrement on a vu le gouvernement ils ont fait l'annonce et passer un petit peu inaperçu mais la loi de programmation militaire 100 milliards 100 milliards de plus 100 milliards de plus alors qui finance on se pose la question de qui finance là vous comprenions à chaque fois quand il s'agit d'améliorer les conditions de vie les conditions de travail des salariés là il y a pas d'argent voilà donc c'est c'est face à cela que je pense ses réactions est-ce que je tiens à dire c'est qu'il y avait des millions de femmes et d'hommes bon qui ont manifesté sans doute plus encore en grève et que pour un certain nombre c'était une façon de marquer le coup mais là ce qu'on réalise c'est que il y a une pression qui est faite aujourd'hui sur le gouvernement il y a de la fibrilité du côté du gouvernement il commence à même avoir des frondeurs des députés qui disent pas cette cette attaque donc vous voyez que cette pression là on a réussi à l'imposer et bien il faut la faire monter d'un cran parce que moi je crois que là clairement on peut le faire reculer mais alors on va vous répondre que on a amélioré des choses pour les Français les plus modestes et les femmes aux carrières hachées ce sont les arguments du gouvernement il y a quand même des améliorations par rapport à la situation précédente non ce qui est dingue c'est y compris tous ces mensonges autour de la pénibilité voilà on va et les carrières longues mais en réalité ils seront décalés de deux ans eux aussi au lieu de pouvoir partir aujourd'hui comme c'est possible pour un certain nombre de carrières longues à 60 ans ils pourront partir à 62 ans ça sera plutôt que ceux qui vivent partiront à 64 ans mais ce sera plus tard qu'aujourd'hui c'est là qu'il y a l'escroquerie et le mensonge incroyable et puis je tiens aussi à dire que la pénibilité ce n'est pas l'exception c'est la règle en fait c'est la règle c'est-à-dire la pénibilité dans tous les métiers vous travaillez en supermarché vous travaillez dans une usine agroalimentaire vous êtes en horaire décalé vous vous êtes vous travaillez dans la dans la sécurité vous êtes debout tous les jours à la porte du magasin c'est pas pénible tout ça bien sûr que c'est pénible et je dis je vous dirai je dirais que c'est pas que les métiers physiques ils sont pénibles il y a aussi beaucoup de métiers de bureau beaucoup de d'employés qui sont sous pression permanente du chiffre de la rentabilité il y a une pression morale oui la pénibilité c'est la règle aujourd'hui donc je sais bien qu'il y a des métiers de passion des métiers gratifiants ou certains se voient travailler jusqu'à 66 67 ans ok mais c'est pas la majorité oui le travail est de plus en plus pénible parce que c'est les cadences c'est la pression etc etc alors pour nous ouvrière qu'est-ce que vous répondez à ceux qui vous disent quand on regarde chez nos voisins européens ils travaillent plus tard que nous et que l'espérance de vie a augmenté et que si on veut maintenir notre système il faut mais il faut travailler un peu plus longtemps sinon et la dette qui est explosera et puis dans un et puis je reviendrai aussi sur les milliardaires dans un instant mais sur sur cet argument bah c'est l'argument classique c'est-à-dire qu'il y a de moins en moins d'actifs de plus en plus d'inactif mais les actifs actuels vous avez vu comment ils arrivent à entretenir de plus en plus de millionnaires de plus en plus de milliardaires qui sont eux-mêmes encore plus riches donc si nous parvenons au nombre d'actifs que nous sommes à entretenir de plus en plus de grands bourgeois ça veut dire qu'on peut payer les retraites ça veut dire qu'on peut payer des retraites dignes voyez le problème ce n'est pas c'est pas une question mathématique c'est une question politique et vous savez d'ailleurs c'est pas écrit dans le marbre que ce soit que les retraites sont forcément payées par les cotisations non ça peut être aussi bien sûr qu'on peut prendre sur les profits bien sûr qu'on peut prendre sur les dividendes à propos des riches et des millionnaires bon il y a évidemment de la bulle mais que si on va trop les presser il investiront plus en France et que tout sera détenu en France par des fonds de pension etc et d'autres pays qui nous exploiteront il y aura plus de travail en France quoi vous vous rendez compte c'est car on parle de 42 milliardaires les taxés ne serait-ce que de 2% on ne parlerait plus de déficit des retraites voilà donc c'est 40 dollars et on nous dit oui mais les 42 c'est 42 ils vont ils peuvent partir ils peuvent faire leur loi ben voyez moi ça me fait penser à une minorité qui bloque on a beaucoup parlé des blocages de cette minorité qui bloque le pays etc bah moi je pense que ce sont ces 42 là qui bloquent effectivement tout le progrès qui bloque c'est les milliardaires voilà ils en veulent tellement toujours et encore que oui il bloque tout progrès pour l'ensemble de la société c'est pas une minorité qui doit faire sa loi et qui doit capter toutes les richesses produites par le monde du travail et ça voilà il faut se battre contre ça Nathalie Arthaud applaudir du coup les 200 millionnaires qui veulent payer plus d'impôts la semaine dernière à Davos et qui disent qu'il faut s'attaquer à l'extrême richesse pour une fois non mais moi je ça ça me fait toujours sourire parce que oui il faut quand même toujours bien réaliser que cet argent il vient de l'exploitation quotidienne donc la première des choses qu'il pourrait faire c'est bon âmes c'est d'augmenter les salaires c'est d'embaucher cette soulager ceux qui travaillent aujourd'hui dans des conditions de plus en plus dures c'est voilà d'améliorer la condition ouvrière mais ça il le feront pas vous voyez et le franc pas parce que précisément ce système capitaliste il a organisé comme ça il est organisé pour pressurer les les travailleurs il est basé sur l'exploitation en fait donc d'un côté l'exploitation est de plus en plus dure ils en retirent de plus en plus d'argent et après ils disent ah bah oui on veut bien payer un petit peu d'impôt alors d'ailleurs c'est un double discours parce qu'à la fois ils peuvent faire des grandes déclarations comme ça et en même temps il continue de faire pression sur tous les états pour obtenir des baisses d'impôts pour obtenir des des exonérations d'un côté de l'autre etc etc et c'est ce qui fait qu'il y a y compris plus d'argent pour les hôpitaux pour de sport pour pour l'école donc voilà c'est il y a un rapport de force permanent à établir avec cette minorité du grand patronat avec ce grand patronat qui aujourd'hui écrase toute la société puisque vous êtes toujours prof vous-même est-ce que vous êtes satisfaite d'ailleurs au passage de votre Ministre de l'Éducation pas peine non pas vraiment mais il y a aucune raison d'être d'être satisfait puisque de toute façon il continue la même politique les difficultés qu'on avait bon les salaires vous savez n'ont pas été réévalués on a beaucoup beaucoup perdu avec le gel du point d'indice on est comme tous les autres salariés confrontés à la même inflation à la même flambée des prix et les salaires augmentent pas de la même façon par ailleurs c'est pareil on cherche la mule et les effectifs par classe augmentent alors que il faudrait que ça soit exactement l'inverse donc toutes les les difficultés que l'on avait et que Blanquer a aggravé avec toutes ses réformes mais on continue de les avoir aujourd'hui d'ailleurs il y aura des mobilisations tout ça dans la rue avec les enseignants à la fois de porter de dire il y en a marre il y en a marre pour nous pour nos salaires nos conditions de travail mais aussi voilà de de continuer cette agitation qu'il faut faire parce que sur les retraites on doit pas lâcher il faut continuer effectivement la mobilisation les manifester puisque mercredi vous hésiterez avec les enseignants cet après-midi avec les boulangers les artisans commerçants qui eux donc bataille contre la hausse des prix de l'énergie est-ce que vous seriez prêt à les manifester avec eux je pourrais je pourrais le faire parce que moi je pense que les précisément les boulangers ils sont confrontés au même problème que tous les travailleurs c'est-à-dire à la loi des plus puissants voilà alors là c'est c'est plus puissant comment dire ceux qui tiennent les reines ce sont les spéculateurs des spéculateurs qui effectivement profite des menaces de pénurie sur le marché de l'électricité pour leur présenter et leur imposer en fait des prix incroyables incroyables et là vous voyez j'ai pas vu le gouvernement dire on interdit des factures multipliées par 10 ou je ne sais trop quoi alors c'est encore les boulangers qui vont se retrouver de voir sortir un quart un quart du du surcoût donc c'est pas du tout euh c'est pas du tout à la hauteur et moi je comprends tout à fait qu'il soit qu'il soit dans la rue aujourd'hui vous voyez c'est toujours pareil c'est est-ce que on doit toujours se plier devant la loi du plus fort devant la loi du plus riche du plus puissant et bien non alors moi je les comprends je les soutiens je pense que c'est spéculateurs il faut les arrêter il faut mettre sur la table rendre publique leur les comptabilités de tous ces fournisseurs c'est redistributeur la de l'énergie combien de profils font le gouvernement lui-même a parlé des profiteurs de guerre lui-même Emmanuel Macron Elisabeth borne ils ont utilisé ces mots-là les profiteurs de crise les profiteurs de guerre et alors ils font quoi qu'on ne sait profiteurs de crise et de guerre [Musique] ne soyez pas aussi méchant mais qu'est-ce que mais contraignons-les imposons leur de de de de mettre tout ça sur la table Nathalie Artaud vous êtes à gauche de la gauche si je ah c'est ça comment vous voyez l'avenir de la gauche et du Parti socialiste en particulier qui est en pleine crise moi je me sens pas à gauche de la gauche moi je non dans le camp des travailleurs dans le camp des travailleurs oui mais c'est parce que alors forcément à gauche alors à gauche qui sont dans le camp des travailleurs des gens qui votent rassemblement national je pense que mais parce que je dis dans le camp des travailleurs parce que je pense que les perspectives c'est que les travailleurs en effet expriment leur intérêts se battent pour leurs intérêts c'est ce qu'on fait précisément aujourd'hui dans les entreprises avec la grève ou dans la rue avec les manifestations c'est cette pression là et c'est de prendre conscience du poids du rôle que nous avons dans la société ils ne peuvent rien des travailleurs est-ce qu'il s'en occupe encore aujourd'hui moi je crois que que cette politique là de de bon de vouloir sans cesse comment dire vous n'avez pas de mots bah écoute parce que j'ai écouté j'ai l'impression qu'on a plus rien à dire on a vu Hollande on avait eu Jospin on avait eu Mitterrand ils ont tous finalement céder face au grand patronat bon ils ont tous fait la une politique anti ouvrière on parle des retraites mais vous voyez les retraites la réforme Touraine ça a été extrêmement dur c'est les 43 ans donc ils ont tous rajouté leurs petites leurs petites pierres à à l'édifice contre les travailleurs donc moi je me sens rien de commun avec eux je les ai combattus vous voyez donc et moi ma perspective c'est pas de dire qu'il faut faire avec le grand patronat avec ce système capitaliste la perspective il faut faire une grande alliance à gauche Natalie Arthaud Jean-Luc Mélenchon c'est effectivement dans la rue et dans les grèves il faut il faut que chaque salarié chaque travailleur puisse dire ce qu'il a sur le cœur comment il voit cette société comme celle aujourd'hui on va de crise en crise où il y a ou les spéculateurs font la loi où il domine ou finalement on ne parle que que de guerre économique de suprématie et donc qui découle sur ses guerres sur cette menace de guerre permanente c'est cette société là que l'on veut ou une société où les travailleurs les travailleurs et bien profite des richesses du du des des fruits de leur travail et réorganise la société et bien comme elle devrait l'être c'est-à-dire pour d'abord que les classes populaires elles puissent vivre dignement merci Nathalie Arthaud porte-parole de Lutte ouvrière qui était l'invité ce matin de Sud Radio