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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 27 avril 2023 25 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileÉducation & rechercheTravail & emploiÉconomie & entreprises

L'immigration n'est pas "un sujet clivant", affirme le député européen François-Xavier Bellamy

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:34OuverteRéponse partielle

    Cette méthode vous semble-t-elle être la bonne pour apaiser le pays après les trois mois du conflit sur les retraites ?

  • 1:50RelanceRéponse directe

    Quand vous dites le vide de la politique française, vous parlez aussi de vous ?

  • 2:45OuverteRéponse directe

    Revenons sur le fond de ce qu'elle a annoncé, notamment le report du projet de loi sur l'immigration à l'automne prochain.

  • 3:44FerméeRéponse partielle

    Qui va vous suivre le Rassemblement National ?

  • 5:37RelanceRéponse directe

    Qu'est-ce que vous voulez qu'elle fasse ? Le cœur de ce texte.

  • 6:16RelanceRéponse directe

    Ce n'est pas le cœur du texte, c'est une disposition du texte pour les métiers en tension, vous le savez.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:41Invité politiqueFait
    « on a le sentiment qu'elle n'y croit plus, qu'elle n'y croit pas, que ceux qui l'écoutent n'y croient pas non plus, que les commentateurs n'y croient pas non plus, que finalement plus personne n'y croit, même son gouvernement, l'opposition n'y croit plus. »
  • 1:25Invité politiqueFait
    « Qu'est-ce que ça veut dire un pacte social pour repenser le travail ? Qu'est-ce que ça veut dire une border force ? »
  • 3:23Invité politiqueFait
    « Le vrai problème de Mme Borne aujourd'hui sur le sujet migratoire, c'est sa propre majorité. Ça n'est pas les Républicains. »
  • 3:33Invité politiqueFait
    « nous sommes prêts, nous avons des lignes claires. Et d'ailleurs, Olivier Marlex l'a annoncé dès hier, puisque Mme Borne veut nous faire porter le chapeau, nous allons déposer notre propre texte. »
  • 3:52Invité politiqueFait
    « Le président de la République dit lundi dernier, nous allons protéger les frontières de l'Europe contre l'immigration illégale. Le mercredi, sa majorité fait une croisade contre la proposition que nous défendions avec la majorité des États membres de l'Union européenne. »
  • 4:20Invité politiqueFait
    « la proposition de faire en sorte que l'Union européenne puisse contribuer à financer des infrastructures physiques aux frontières extérieures de l'Union. Dans certains pays qui sont limitrophes de pays tiers, il faut construire des murs, pas partout, mais dans certains endroits, c'est nécessaire de construire des murs. »
  • 4:35Invité politiqueFait
    « Que disent les élus macronistes ? Ils disent que cette proposition est ignoble, je les cite. Pour le dire autrement que protéger l'Europe face à l'immigration illégale, c'est ignoble. »
  • 4:52Invité politiqueChiffre
    « 32 députés de leur propre groupe ont voté avec nous pour cette proposition. »
  • 5:59Invité politiqueChiffre
    « Le dernier sondage du CSA dit que 82% des Français, y compris les électeurs de gauche, sont favorables à faciliter les expulsions. »
  • 6:11Invité politiqueFait
    « Notre problème dans ce texte, nous l'avons dit depuis le début, c'est que le cœur de ce texte, en réalité, consiste à créer une nouvelle filière d'immigration illégale. »
  • 6:20Invité politiqueFait
    « C'est créer un titre de séjour pour les métiers en tension. »
  • 12:47Invité politiqueFait
    « nous maltraitons nos professeurs. Depuis bien trop longtemps et toutes les familles politiques qui ont gouverné ont leur responsabilité là-dedans. »
  • 12:59Invité politiqueFait
    « Quand on commençait comme prof dans les années 80, on commençait avec l'équivalent de 2 SMIC. Aujourd'hui, 1,2 SMIC. »
  • 13:10Invité politiqueFait
    « Un professeur qui commençait dans les années 80 pour acheter un appartement de 80 m² à Paris, il avait besoin, c'est Marianne qui avait fait cette étude, de 8 ans de salaire. Aujourd'hui, 40 ans de salaire. »
  • 14:52Invité politiqueFait
    « Nous sommes le pays qui a le système scolaire le plus inégalitaire de tous les CDE. »
  • 15:41Invité politiqueChiffre
    « 40% des élèves du secteur privé étaient de milieux sociaux très favorisés. Seuls 18% des élèves du privé sont issus de milieux défavorisés, alors que c'est quasiment 50% dans le public. »

Temps de parole

  • François-Xavier Bellamy75 %
  • Locuteur non identifié11 %
  • Présentateur11 %
  • Locuteur non identifié 22 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin un eurodéputé, vice-président exécutif du Parti des Républicains. Vos questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. François-Xavier Bellamy, bonjour. Bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro. Vous avez écouté hier l'intervention de la Première Ministre dévoilant le plan d'action de l'exécutif pour les semaines, les mois à venir. Avant d'entrer avec vous dans les détails, un mot sur la méthode qui consiste pour Emmanuel Macron à revenir sur le terrain, pour Elisabeth Borne à détailler une feuille de route.

Cette méthode vous semble-t-elle être la bonne pour apaiser le pays après les trois mois du conflit sur les retraites ?

0:41
François-Xavier Bellamy

Vous savez, ce qui m'a frappé dans l'intervention d'Elisabeth Borne hier, c'est qu'au fond, on a le sentiment qu'elle n'y croit plus, qu'elle n'y croit pas, que ceux qui l'écoutent n'y croient pas non plus, que les commentateurs n'y croient pas non plus, que finalement plus personne n'y croit, même son gouvernement, l'opposition n'y croit plus.

Et en réalité, le moment que nous vivons, et pour être très honnête, bien au-delà de la personnalité d'Elisabeth Borne, le symptôme du vide que la politique traverse aujourd'hui, de ce vide sidéral où plus personne ne dit rien, quel étrange mélange d'annonce qui a été faite hier entre des choses qui paraissent complètement décalées, d'autres parfaitement incompréhensibles par le commun des mortels. Qu'est-ce que ça veut dire un pacte social pour repenser le travail ? Qu'est-ce que ça veut dire une border force ? Et puis des choses qui paraissent totalement anecdotiques au regard des défis que le pays traverse aujourd'hui.

Le comité interministériel du vélo, voilà, on fera du vélo jusqu'à l'effondrement du pays. Ou alors la fête de la nature, enfin voilà, on a le sentiment d'un gigantesque artifice. Et cet artifice nous laisse devant le vide que la politique française est devenue.

1:50
Locuteur non identifié

Mais quand vous dites le vide de la politique française, vous parlez aussi de vous. Enfin je veux dire vous, pas vous, personnellement François-Xavier Bellamy, mais enfin votre parti. On peut étendre le vide à tout le monde, il faut balayer devant sa porte.

2:00
François-Xavier Bellamy

C'est pour ça que je dis que ça dépasse la personnalité d'Elisabeth Borne et même la situation de la majorité. Regardez, tout le monde dit Marine Le Pen monte dans les sondages en ne disant rien. Et finalement, personne ne dit vraiment rien. Et nous, nous avons aussi évidemment à nous reconstruire. Je le dis avec beaucoup de clarté et je n'ai aucun problème à l'assumer. Notre travail de reconstruction, il est devant nous, mais il devient vraiment une urgence dans la mesure où justement il est absolument essentiel de rendre au pays l'alternative dont il a besoin. Ça fait des années qu'on le dit, mais là on le touche du doigt.

Et finalement, ce qui manque à notre pays, que le pouvoir soit impopulaire, que le président de la République en exercice rencontre des difficultés, c'est d'une certaine manière une loi inéluctable de la démocratie. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, on a le sentiment qu'il n'y a pas d'alternative, ce qui rend la situation extrêmement inquiétante en effet.

2:45
Locuteur non identifié

Alors revenons quand même sur le fond de ce qu'elle a annoncé, ou de ce qu'elle a, la principale annonce ayant été le report du projet de loi sur l'immigration à l'automne prochain. Faute de majorité, dit-elle, et la Première ministre vous reproche clairement à vous, au LR, vos hésitations, vos divisions sur le sujet. Vous qui pourtant trouvez que le sujet de l'immigration est un sujet absolument crucial et urgent. Donc s'il n'est pas présenté ce printemps, ce projet de loi, c'est parce qu'elle n'est pas sûre de le faire voter à cause de vos voix de LR que vous refassiez ce que vous avez fait sur les retraites.

3:14
François-Xavier Bellamy

C'est évidemment absolument faux. D'abord, chose incroyable, la principale annonce, c'est un report, ce qui dit beaucoup de la situation, mais c'est évidemment faux. Le vrai problème de Mme Borne aujourd'hui sur le sujet migratoire, c'est sa propre majorité. Ça n'est pas les Républicains. Et nous l'avons dit avec beaucoup de clarté, nous sommes prêts, nous avons des lignes claires. Et d'ailleurs, Olivier Marlex l'a annoncé dès hier, puisque Mme Borne veut nous faire porter le chapeau, nous allons déposer notre propre texte. Et nous verrons bien qui nous suit dans la majorité du président de la République aujourd'hui.

3:44
Locuteur non identifié

Qui va vous suivre le rassemblement national ?

3:47
François-Xavier Bellamy

Le problème, je vais vous dire une chose. Écoutez ce que dit le président de la République, regardez ce que font ces élus. Je le vois au Parlement à Bruxelles. Le président de la République dit lundi dernier, nous allons protéger les frontières de l'Europe contre l'immigration illégale. Le mercredi, sa majorité fait une croisade contre la proposition que nous défendions avec la majorité des États membres de l'Union européenne, dont des gouvernements socialistes, des gouvernements libéraux, dont des ministres écologistes, la proposition de faire en sorte que l'Union européenne puisse contribuer à financer des infrastructures physiques aux frontières extérieures de l'Union.

Dans certains pays qui sont limitrophes de pays tiers, il faut construire des murs, pas partout, mais dans certains endroits, c'est nécessaire de construire des murs. Pensez à la frontière de la Grèce, de la Bulgarie avec la Turquie. Pensez à la frontière de la Finlande qui est en train de mettre des murs. Ce sont des écologistes qui ont fait ça avec la Russie. Pardon, pardon, pardon, c'est très important. Que disent les élus macronistes ? Ils disent que cette proposition est ignoble, je les cite. Pour le dire autrement que protéger l'Europe face à l'immigration illégale, c'est ignoble. Et ils ont fait une croisade, ils ont été désavoués par leur propre groupe politique.

32 députés de leur propre groupe ont voté avec nous pour cette proposition. Donc évidemment que Mme Borne ne peut pas porter un texte sur l'immigration aujourd'hui. Pourquoi ? Parce que toute l'aile gauche de sa majorité, qui constitue en fait le cœur de son équation politique, toute cette aile gauche ne veut pas protéger l'Europe et la France contre l'immigration illégale. Ce n'est pas les républicains qui bloquent, c'est la majorité du président de la République qui veut empêcher la France de se protéger contre l'immigration illégale. Êtes-vous fiables ? On peut se poser la question.

5:20
Présentateur

Mais on verra très bien ce qui va se passer quand nous déposerons notre propre texte. Parce que le texte du gouvernement vise à durcir les règles sur l'immigration, à faciliter les expulsions, bref, à faire tout ce que vous demandez et pourtant vous hésitez à le voter. Non, non, non, Nicolas Demorand. Non, non, non, juste une question. Non, non, pardon, Nicolas Demorand. Qu'est-ce que vous voulez qu'elle fasse ? Le cœur de ce texte. Est-ce que vous voulez qu'elle passe par le 49-3, quitte à fracturer encore plus le pays ? Quel est le chemin, le scénario ? Qu'est-ce que vous imaginez ?

5:46
François-Xavier Bellamy

Il n'y a aucun problème pour faciliter les expulsions. Nous, évidemment, nous soutiendrons cette ligne. Et ce n'est pas seulement nous, c'est les Français. Quand Elisabeth Borne dit que c'est un sujet clivant, l'immigration, mais pas du tout. Le dernier sondage du CSA dit que 82% des Français, y compris les électeurs de gauche, sont favorables à faciliter les expulsions. Donc il n'y a aucun sujet avec ça. Notre problème dans ce texte, nous l'avons dit depuis le début, c'est que le cœur de ce texte, en réalité, consiste à créer une nouvelle filière d'immigration illégale.

6:16
Locuteur non identifié

Ce n'est pas le cœur du texte, c'est une disposition du texte pour les métiers en tension, vous le savez.

6:20
François-Xavier Bellamy

C'est créer un titre de séjour pour les métiers en tension. Dominique Seul le disait tout à l'heure à ce micro. Aujourd'hui, l'un des principaux problèmes de l'économie française, c'est les difficultés de recrutement. Donc tous les métiers sont en tension. Et si on part de ce principe-là, oui, c'est une certitude. Demain, on récompense l'illégalité en faisant que ceux qui rentrent sur le sol français puissent plus facilement bénéficier d'un titre de séjour.

6:40
Locuteur non identifié

Et c'est ce que demandent les chefs d'entreprise, François-Xavier Bell, à discuter avec le patron du MEDEF. Lui-même dit qu'il faut, on a besoin aujourd'hui, de main-d'œuvre étrangère pour avoir des postes que les Français ne veulent pas faire. C'est vraiment, pour le coup, il n'y a pas d'idéologie là-dedans.

6:54
François-Xavier Bellamy

Je suis en désaccord absolu avec le patron du MEDEF sur ce point. Si c'est en tous les cas le discours qu'il tient, je crois que sa ligne est un peu plus compliquée que cela. Mais c'est absolument certain que recourir à une main-d'œuvre étrangère pour pallier nos difficultés de recrutement. C'est une double démission. C'est une démission devant la nécessité de réparer notre modèle social. Car aujourd'hui, notre modèle social désincite au travail. Et c'est ça qu'il faut affronter. Il faut faire en sorte qu'on puisse faire que les Français, qui sont aujourd'hui éloignés de l'emploi, soient incités à y revenir. Et malheureusement, ce n'est pas assez le cas. Le deuxième sujet...

7:28
Locuteur non identifié

Il a annoncé hier le RSA sous condition.

7:31
François-Xavier Bellamy

Mais il faut aller beaucoup plus loin que ça. Et là encore, nous, nous sommes au rendez-vous s'il le faut. Non pas pour rentrer dans une coalition qui n'aurait aucun sens, mais pour faire en sorte que demain, des textes essentiels pour la France avancent. Sur la question de la réforme de l'assurance chômage, que le RN combat d'ailleurs, nous, nous sommes prêts à la soutenir si elle se fait sur des bases courageuses. Il faut faire en sorte que le travail paye mieux dans ce pays et qu'on soit incité à aller travailler.

Et, pardon, mais faire venir de la main-d'œuvre étrangère pour pallier nos difficultés de recrutement, c'est démissionner devant l'incroyable fracture culturelle que notre pays est en train de connaître, devant les tensions qui traversent la société. Ne pas regarder cela en face, refuser que l'Europe puisse se protéger face à l'immigration illégale et décider au contraire de récompenser l'immigration illégale, inciter à la violation de nos propres lois et de nos propres frontières, c'est demain alimenter tout ce qui fera les tensions et les fractures de la société française.

8:19
Présentateur

François-Xavier Bellamy sur l'immigration, comme Éric Ciotti, vous demandez un référendum. Mais Gérard Larcher, président du Sénat, lui n'en veut pas, il se dit prêt à réengager le débat sur l'immigration avec le gouvernement. Une fois de plus, les LR, c'est quel numéro de téléphone ? C'est quoi le 06 ? Même sur l'immigration, vous n'êtes pas d'accord ?

8:38
François-Xavier Bellamy

Mais si, si, bien sûr, moi je suis d'accord avec Gérard Larcher pour dire qu'il faut travailler avec le gouvernement pour faire en sorte qu'il aboutisse enfin à un texte solide. La France en a besoin, et pardon, mais c'est une urgence. Quand la Première ministre nous dit « on va reporter le sujet », c'est pas comme si la question n'était pas importante, c'est pas comme si le sujet n'était pas attendu par les Français, peut-être plus qu'une fête de la nature et un comité interministériel du vélo. Regardez ce qui se passe à Mayotte en ce moment. Mayotte, un département français qui est la preuve de toutes les fragilités françaises. Ce qui arrive à Mayotte, c'est ce qui arrive à la France.

C'est notre impuissance publique, notre incapacité à faire respecter nos frontières. Et c'est toutes les conséquences de cette impuissance en termes de violence, en termes de délitement des services publics. Donc oui, il faut agir d'urgence sur le sujet migratoire. Et nous, nous disons que nous sommes gaullistes, cette réforme, si le Parlement n'a pas de majorité pour la faire, nous ne voyons pas d'objection, si le gouvernement ne veut pas aboutir à cela, à ce que nous puissions passer par un référendum. En tous les cas, tout, sauf un nouvel artifice de communication comme une convention citoyenne. Parce que ces conventions citoyennes ne sont pas l'expression de la volonté populaire.

9:40
Locuteur non identifié

Beaucoup de gens le demandent, une convention citoyenne sur l'immigration, des centaines de personnes tirées au sort, qui ensuite sont formées et débattent avec sérénité.

9:50
François-Xavier Bellamy

Je ne sais pas vous, mais on ne doit pas croiser les mêmes personnes. Moi, je rencontre peu de gens qui me disent « Vivement une convention citoyenne ! »

9:55
Locuteur non identifié

La réalité, c'est que la convention citoyenne sur la fin de vie a été réussie ? Sur la méthode, je ne parle pas du résultat final.

10:02
François-Xavier Bellamy

Moi, je respecte le travail de ceux qui en ont fait partie et qui se sont engagés de manière certainement très loyale et très investie dans ce travail. Mais la vérité, c'est qu'à la fin, cette procédure n'est en rien démocratique. Elle contourne nos institutions, car c'est à notre Parlement de faire la loi. Elle contourne le débat démocratique par le caractère très opaque de la façon dont s'organisent les débats. Vous prenez cent personnes, vous les tirez au sort. D'abord, qu'est-ce que ça veut dire ? Quand le président de la République multiplie les conventions citoyennes, il dit en réalité que le Parlement n'est pas représentatif. Il dit qu'il faut passer à côté de nos institutions.

C'était la même chose avec le CNR, qu'on s'étonne ensuite que les Français n'aillent plus voter si on leur dit qu'en fait la loi sera faite par des gens qu'on tirera au sort. Et ils inventent cela en dehors de tout cadre institutionnel. Et puis le deuxième point, c'est qu'à la fin, la manière dont le débat s'organise peut produire des résultats qui soient très éloignés de ce que les Français désirent regarder.

10:58
Locuteur non identifié

75% sont pour aller plus loin sur la question de la fin de vie. Vous m'avez cité les sondages sur l'immigration, je vous cite les sondages sur la fin de vie, les gens de l'éléphant, ils vont dans le même sens.

11:08
François-Xavier Bellamy

La Convention citoyenne sur le climat, est-ce que vous considérez qu'elle a abouti à des réformes que les Français demandent majoritairement ? Tellement pas qu'il a été impossible de les mettre en œuvre. Le but était de mettre un terme au problème des gilets jaunes en faisant en sorte que les Français participent. À la fin, on s'est retrouvé avec des propositions tellement radicales du point de vue environnemental qu'il était impossible de les faire appliquer. Et c'est normal d'ailleurs, parce que c'est aussi la négation, pardon de venir à un peu de philosophie, mais c'est aussi la négation du principe de la politique. La politique, ça consiste à traiter le tout et pas les sujets séparément.

Si vous mettez des gens dans une pièce en leur demandant de réfléchir au climat, ils vont évidemment produire des solutions qui ne concernent que le climat. Mais la politique, c'est aussi prendre en compte le social, c'est aussi prendre en compte l'économie, c'est prendre en compte la souveraineté, la géopolitique. Et quand on fait une politique environnementale, il faut traiter tout ça à la fois. Et le problème des conventions citoyennes, c'est de séparer les sujets. De la même manière que sur l'immigration, il faut que le Parlement se saisisse de la question.

Et si le Parlement n'est pas capable de s'en saisir, soyons fidèles à l'esprit de la Constitution, alors pourquoi pas, en effet, passer par un référendum. Je crois qu'en tous les cas, refuser un référendum sur cette question, symboliquement, c'est très grave. Parce que ça veut dire qu'on refuse aux Français le droit de décider de leur destin sur le sujet de la maîtrise de leurs frontières.

12:16
Présentateur

François-Xavier Bellamy, parlons d'éducation et d'abord du salaire des profs. Vous-même avez été enseignant, selon un document du ministère de l'Éducation nationale. Consulté par France Info, les salaires vont augmenter de 5,5% en moyenne à la rentrée prochaine. C'est une véritable augmentation, mais qui ne va pas jusqu'au 10% promis par Emmanuel Macron. Qu'en pensez-vous ? Est-ce que l'État endetté n'a aujourd'hui pas les moyens d'aller jusqu'à 10% ? Ou est-ce qu'il aurait fallu faire cet effort ?

12:45
François-Xavier Bellamy

D'abord, commençons par dire qu'aujourd'hui, nous maltraitons nos professeurs. Depuis bien trop longtemps et toutes les familles politiques qui ont gouverné ont leur responsabilité là-dedans. Quand on commençait comme prof dans les années 80, on commençait avec l'équivalent de 2 SMIC. Aujourd'hui, 1,2 SMIC. Un professeur qui commençait dans les années 80 pour acheter un appartement de 80 m² à Paris, il avait besoin, c'est Marianne qui avait fait cette étude, de 8 ans de salaire. Aujourd'hui, 40 ans de salaire.

Et la vérité, c'est que cette faiblesse de la rémunération qui est aussi visible dans les comparaisons internationales, elle va avec le déclassement du métier enseignant, elle va avec le mépris que, d'une certaine manière, les autorités pendant trop longtemps, les gouvernements successifs, mais aussi la société française peut-être, a témoigné envers ceux qui ont pourtant la mission la plus fondamentale, celle de préparer notre avenir. On parle tellement peu d'école.

Et au-delà de la question du salaire des profs, moi je voudrais dire à tous les professeurs qui exercent le métier que j'ai exercé pendant 10 ans et que j'espère retrouver bientôt, je voudrais leur dire à quel point, aujourd'hui, ils doivent être l'objet d'une reconnaissance de la nation pour le travail qu'ils font envers et contre tout dans un sentiment parfois d'absurdité, de découragement qui atteint des sommets. Quand on pense que cette augmentation, pardon, mais là il y a une vraie violence, elle est en partie conditionnée à l'adhésion à un pacte qui va faire que les professeurs vont travailler plus. Dans quel métier ? Dans quel métier ?

On dit aux gens, vous êtes beaucoup moins payé que la moyenne, il faut un rattrapage salarial, mais on le fera à condition que vous fassiez des tâches supplémentaires.

14:15
Locuteur non identifié

Donc vous êtes opposé à cette partie de l'augmentation, il y a le socle qui sera de 5,5, et ensuite le pacte.

14:22
François-Xavier Bellamy

Non mais d'abord, le pacte, pardon, mais c'est un nouvel épisode de l'absurdistant administratif français. Alors vous allez devoir signer un pacte, mais vous pourrez signer un demi-pacte, disait le ministre il y a quelques semaines, peut-être un pacte et demi, enfin tout ça n'a aucun sens. Est-ce qu'il faut que l'éducation privée,

14:41
Locuteur non identifié

comme le demande le ministre, participe davantage à la mixité sociale ?

14:45
François-Xavier Bellamy

Aujourd'hui, l'une des injustices les plus criantes dans notre pays qui devrait nous empêcher de dormir, c'est l'injustice éducative. Nous sommes le pays qui a le système scolaire le plus inégalitaire de tous les CDE. Et le ministre, d'une certaine manière, a raison de s'attaquer à cette question, mais il le fait par le mauvais bout. La vérité, c'est que ce que propose Papandiaï, c'est, puisque l'enseignement public est en échec manifeste, de répartir cet échec, plutôt que de faire en sorte qu'on reconstruise cet enseignement public pour que plus personne n'ait envie de le fuir.

Quand Papandiaï parle de contournement scolaire, qu'il dénonce le contournement scolaire, rendez-vous compte l'incroyable aveu d'échec que ça représente pour un ministre de l'Éducation nationale, de dénoncer le fait que des parents soient prêts à tout. En effet, c'est le cas aujourd'hui pour éviter l'enseignement public à leurs enfants. Ce que vous dites sur le public est juste.

15:34
Locuteur non identifié

Ce que vous dites sur le public, il faut le revaloriser. Et c'est juste. La question se pose aussi pour le privé. Quand on voit les statistiques du ministère de l'Éducation, à la rentrée 2021, 40% des élèves du secteur privé étaient de milieux sociaux très favorisés. Seuls 18% des élèves du privé sont issus de milieux défavorisés, alors que c'est quasiment 50% dans le public. Est-ce que c'est normal ?

15:52
François-Xavier Bellamy

Non, c'est totalement anormal. C'est une injustice majeure. Et d'ailleurs, moi, je reproche beaucoup au privé de s'asseoir de façon si facile et si paresseuse sur la rente que représente pour lui la faillite de l'enseignement public. Disons-le d'ailleurs, le privé ne se porte pas partout beaucoup mieux en réalité. Mais la vérité, c'est que...

16:09
Locuteur non identifié

Et parfois, c'est mieux le public que le privé, il faut le dire. Et il y a des parents qui vont dans le privé et qui reviennent dans le public.

16:15
François-Xavier Bellamy

Mais parfois, mais en tous les cas, ce que je voudrais dire, c'est que Papenia, il s'y prend à l'envers. La vraie question, quand vous voyez que l'enseignement public est tellement en faillite que les gens sont prêts à tout pour le fuir, ça n'est pas d'essayer de faire en sorte que le privé s'effondre aussi, mais c'est de faire en sorte de reconstruire l'enseignement public. Et là, de ce point de vue-là, il y a quelque chose effectivement de dramatique dans le fait qu'on poursuit une logique qui a fait la preuve de son échec.

C'est, pardon de le dire, tous les camps politiques ont leurs responsabilités, mais c'est la gauche aussi, et peut-être la gauche d'abord, qui a expliqué que ce qu'il fallait pour faire en sorte de résorber l'injustice éducative, c'était retirer l'héritage aux héritiers plutôt que de le transmettre aussi aux déshérités. Et je crois que le sujet majeur, ça a été mon premier cri dans le débat public, j'avais publié un livre qui s'appelait Les déshérités, c'était une sorte de réponse à Bourdieu 50 ans après. Le sujet majeur, ça n'est pas de contester l'héritage, mais c'est de le transmettre à nouveau.

17:04
Présentateur

On passe au standard d'Inter où nous attend Elodie, que je salue. Bonjour, bienvenue Elodie.

17:10
Locuteur non identifié

Oui, bonjour. Merci de prendre ma question. Je trouve qu'on n'entend pas beaucoup la droite sur les conséquences humaines du dérèglement et du réchauffement climatique. Et par rapport à l'immigration, qui semble être un sujet qui tient à cœur à M. Bellamy, que répond M. Bellamy aux réfugiés climatiques qui quittent leur pays car il n'est plus viable à cause du dérèglement climatique et dont on sait que ces mouvements de population vont augmenter dans les prochaines années.

17:33
Présentateur

Merci. Merci Elodie. Merci pour cette question. François-Xavier Bellamy vous répond.

17:37
François-Xavier Bellamy

Merci Elodie. Moi, je ne me résigne pas à une espèce de fatalité qui voudrait que les mouvements de population, comme vous le dites, soient inéluctables. Parce que je crois que le premier droit des gens, ce n'est pas de venir en Europe. Le premier droit d'une personne humaine, c'est d'abord de pouvoir vivre chez elle. Et nous avons beaucoup à faire pour lutter d'abord contre le réchauffement climatique en faisant en sorte que nous puissions mettre en œuvre enfin des politiques sérieuses qui permettent de décarboner pas seulement notre pays, pas seulement l'Europe, mais le monde entier.

On a fait un pas très important la semaine dernière au Parlement à Strasbourg en votant pour la barrière écologique que nous avions promise dans notre campagne européenne pour le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières qui va créer un prix du carbone pour ceux qui importent sur le marché européen. C'est la perspective de voir demain la Chine, par exemple, l'Asie, les États-Unis contraints de décarboner leur production. Et ça, vous voyez, c'est des sujets concrets sur lesquels on avance parce que vous avez raison de le dire, le climat c'est un enjeu global.

Mais je ne crois pas qu'on puisse se dire que demain, il faut baisser les bras et se résigner au fait que des gens vont être contraints de quitter leur pays parce que quitter son pays c'est d'abord un exil et que personne ne peut le souhaiter.

18:39
Présentateur

Gauthier sur l'application d'Inter. Je ne crois plus ce que vous dites, M. Bellamy. Vous avez manqué de courage en ne soutenant pas la réforme des retraites alors que c'était dans votre programme lors des dernières élections.

18:51
François-Xavier Bellamy

Réponse ? Moi, j'ai soutenu la réforme des retraites comme notre famille politique depuis le début de ce débat. On nous l'a d'ailleurs assez reproché et je me serais attendu à ce que des auditeurs d'Inter puissent aussi nous le reprocher. On a soutenu cette réforme des retraites parce qu'on a besoin, en effet, de retrouver notre prospérité, parce qu'on a besoin de faire en sorte que la France demain puisse recommencer à produire ce dont elle a besoin. C'est aussi d'ailleurs un enjeu environnemental et ça correspond à ce que disait Elodie à l'instant. On a soutenu cette réforme des retraites depuis le début.

Il se trouve effectivement que le débat a été très mal engagé, que le gouvernement a choisi un texte qui était assez déloyal, qui ne permettait pas d'avoir un vrai débat sur le sujet du travail et qu'une minorité dans notre famille politique a choisi de s'y opposer. C'était une minorité. La majorité sénatoriale l'a soutenu. À l'Assemblée nationale, une majorité du groupe l'a soutenu. Moi, je respecte toutes les opinions. Nous sommes un parti, nous ne sommes pas une caserne. Mais je crois qu'on peut dire au terme de cette séquence que les Républicains auront été fidèles à leurs convictions, non pas pour soutenir le gouvernement mais pour défendre cette réforme.

19:53
Locuteur non identifié

Franchement, en général, vous n'êtes pas langue de bois quand vous avez 20 personnes de votre groupe de 60 qui votent la motion de censure.

20:01
François-Xavier Bellamy

Mais d'abord, encore une fois, si vous prenez le Parlement dans son ensemble, cette réforme n'aurait pas pu être votée sans le groupe LR au Sénat. Vous ne pouvez pas dire que vous avez été fidèle,

20:08
Locuteur non identifié

vous avez été totalement divisé.

20:10
François-Xavier Bellamy

Sans le groupe LR au Sénat. Et deuxièmement, à la fin, et encore une fois, on nous l'a beaucoup reproché. Combien de gens nous ont reproché d'avoir permis que cette réforme puisse aller jusqu'à son terme ? Moi, je voudrais dire simplement que ce dont nous pouvons être fiers, c'est d'avoir fait en sorte que cette réforme soit ajustée sur des sujets sur lesquels elle devait pouvoir être améliorée, sur la question des carrières longues, sur la question du travail des femmes. Il y avait des inégalités majeures dans la version initiale de cette réforme. Elle est encore très imparfaite. Et surtout, maintenant, il faut qu'elle soit complétée parce que le sujet, ce n'est pas seulement les retraites.

Le sujet, c'est le taux d'activité des Français qui est aujourd'hui trop bas. Le sujet majeur, c'est le début de la vie professionnelle et donc, c'est l'éducation.

20:49
Présentateur

Allez, au standard, Olivier, pour une question plus politique, je crois. Olivier, bonjour.

20:53
Locuteur non identifié

Oui, bonjour. Ma question est simple. C'est à savoir quel avenir pensez-vous pour les Républicains au sein de l'Assemblée nationale entre le gros groupe la NUPES, le Rassemblement National, Renaissance et ce petit groupe, j'allais dire ce petit village gaulois des Républicains qui ne sont pas toujours d'accord entre eux. Donc, quel avenir voyez-vous pour ce groupe politique, pour votre groupe politique, une disparition, des dissensions ou un développement ?

21:26
Présentateur

Merci Olivier pour cette question. J'ajoute celle de Gauthier qui est vinaigrée. Vous allez devenir comme le PS, deux points inexistants. Ça, c'est sur l'application. François-Xavier Bellamy.

21:36
François-Xavier Bellamy

Non, c'est effectivement ce qui menace la droite en France. Je ne conteste pas du tout que nous soyez dans une situation critique et puisque vous me demandiez de ne pas être langue de bois, je ne crois jamais été. Je dis ce que je pense. Je pense qu'aujourd'hui, nous avons un immense travail de refondation à faire. Ça ne veut pas dire que pour l'instant, pour répondre à la question que vous posiez, nous ne puissions pas être utiles. Le groupe Les Républicains, depuis le début de ce mandat à l'Assemblée nationale, il a déjà obtenu des victoires très importantes.

Prenez par exemple la commission d'enquête sur la souveraineté énergétique de la France, cette commission parlementaire dont on a tellement parlé. Je crois que dans le chaos parlementaire de ce début de quinquennat, ça aura été l'un des moments les plus importants pour le débat démocratique en France qui a permis, grâce à Raphaël Schellenberger, grâce au groupe Les Républicains, d'y voir plus clair sur les erreurs qui ont été commises majeures en termes d'énergie et ces erreurs, les comprendre, c'est aussi se donner les moyens de les éviter à l'avenir.

22:28
Locuteur non identifié

François-Xavier Bellamy ont célébré aussi dimanche dernier les 10 ans du mariage pour tous, l'occasion pour un certain nombre de responsables politiques de droite de regretter leur opposition à ce texte. Gérald Darmanin, Christophe Béchut, Sébastien Lecordu, Catherine Vautrin, Jean-François Copé ont tous dit ces derniers jours qu'on regrette, on s'est trompé en s'opposant au mariage pour tous, pas vous.

22:47
François-Xavier Bellamy

Moi, je ne suis pas girouette de profession, voilà, chacun a le droit de changer d'avis, mais je crois que sur un sujet aussi important, les engagements qu'on prend, ils ont nécessairement un peu de densité et de consistance ou alors on se marie avec le grand vide que la politique risque de devenir si elle est seulement l'effet de combat de circonstances et de positionnement tactique qui se joue dans l'instant.

23:08
Locuteur non identifié

Pourquoi vous êtes toujours opposé 10 ans après au mariage pour tous ?

23:10
François-Xavier Bellamy

Moi, je disais à ce moment-là, comme beaucoup de Français d'ailleurs, que ce qui nous inquiétait, c'était la naissance d'un nouveau modèle de société qui impliquait en réalité bien au-delà de la question du mariage, le sujet, c'était bien au-delà la question de la PMA, la question de la GPA.

Je constate que l'agenda se déroule puisque la PMA, elle a été adoptée, que la GPA aujourd'hui, elle est en discussion et Roanne Binet qui était rapporteur du projet de loi, si bien sûr que si, elle est en discussion au Parlement européen où la Commission européenne propose un projet de reconnaissance mutuelle de la parentalité qui imposera à tous les États membres de l'Union européenne de reconnaître la GPA dans leurs droits. Et Roanne Binet le disait qui était rapporteur du projet de loi Taubira il y a dix ans, que la société était encore en train de mûrir sur la GPA mais que ça allait finir par arriver. Il le disait il y a quelques jours chez vos confrères de France Info.

Moi, je suis en désaccord avec cette idée. Je ne crois pas qu'il y ait une sorte de sens de l'histoire qui se déroule et crie d'avance. Et je pense que la GPA, typiquement, est une faute contre les droits fondamentaux, contre les droits des femmes en particulier. Et je lutterai contre la GPA et je n'ai pas l'intention de m'en excuser.

24:12
Locuteur non identifié

Oui, mais enfin, la GPA, ce n'est pas la question. Je vous ai posé la question du mariage pour tous. Vous avez l'impression qu'il y a eu un changement civilisationnel que vous craignez en dix ans, là, avec le mariage pour tous ?

24:23
François-Xavier Bellamy

Non, mais d'abord... Non, je vous pose la question.

24:24
Locuteur non identifié

C'est intéressant. Il n'y a pas de jugement.

24:26
François-Xavier Bellamy

On a souvent caricaturé des gens qui s'y étaient opposés de manière paisible et je crois raisonnable en disant qu'ils annonçaient une sorte d'apocalypse. Personne n'annonçait l'apocalypse. Ce que nous disions simplement, c'est que ce modèle global de société, qui n'est pas d'ailleurs du tout qui n'a d'une certaine manière rien à voir avec la question des couples homosexuels, ce n'est même pas la question. Le sujet, c'est la technicisation de la procréation et l'artificialisation de la filiation. C'est ça qui est en train de se dessiner.

On a le droit de défendre ce modèle de société, mais on a le droit aussi de s'y opposer parce que je crois, de fait, qu'il n'est pas en réalité la clé de la société juste que nous espérons pour demain.

25:01
Présentateur

Rosy, sur l'application, dernière question, réponse rapide. Allez-vous à nouveau être tête de liste LR aux Européennes l'an prochain ?

25:08
François-Xavier Bellamy

Eh bien, on verra. Merci, Rosy, de vous préoccuper de mon sort. Ça dépendra de la décision de notre famille politique. Pour moi, le plus important, ce n'est pas qui sera tête de liste, c'est d'abord un sujet collectif. Le plus important, c'est quelles lignes nous défendrons dans cette élection. Et je crois qu'il faut y travailler dès maintenant et puis quelle sera l'équipe qui la portera d'une manière beaucoup plus globale. Merci, François-Xavier. Merci à vous.