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ChroniqueRMC (sur YouTube)· 18 mars 2022 4 minComplaisantActualité / polémiqueÉducation & rechercheTravail & emploi

Vénétitay : "Avec son discours, Macron fait peut-être une croix sur le vote des profs"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 30 %Défensif 70 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00inconnuChiffre
    « un enseignant travaille 42h53 par semaine. Ce sont les chiffres du ministère de l'Éducation nationale. »
  • 3:00inconnuFait
    « faire des nouvelles tâches et être payé pour ça, ça n'a rien de complètement disruptif. Ça s'appelle payer les gens, tout simplement. »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Vous avez écouté les propositions d'Emmanuel Macron hier. En gros, il vous dit qu'il va falloir travailler plus si vous voulez gagner plus. Oui, avec un slogan qu'on a déjà entendu de la part d'autres ministres ou d'autres présidents de la République.

Maintenant, c'est un discours qui méconnaît complètement la réalité de ce qu'on fait. Peut-être qu'en faisant ainsi, finalement, Emmanuel Macron fait une croix sur le vote des profs, puisque finalement, on sait qu'aujourd'hui, en termes de temps de travail, un enseignant travaille 42h53 par semaine. Ce sont les chiffres du ministère de l'Éducation nationale.

Et là, vous comprenez tout, c'est-à-dire les heures de cours ? Les heures de préparation, les heures de correction des copies ? Les heures de correction, les conseils de classe.

Moi, par exemple, la semaine prochaine, j'ai quatre conseils de classe. Et donc, quand on regarde ce temps de travail sur une semaine, ça fait 42h53. Donc, quand on entend Emmanuel Macron nous dire « vous allez travailler plus », déjà, on se demande un peu où on va mettre ce temps de travail supplémentaire.

Et puis, l'espèce de donnant-donnant, finalement, je vous augmente si vous travaillez plus. Ce n'est pas une revalorisation. Je veux dire, faire des nouvelles tâches et être payé pour ça, ça n'a rien de complètement disruptif.

Ça s'appelle payer les gens, tout simplement. Dans les différentes tâches qu'il évoque, il y a notamment l'idée de faire des remplacements, d'avoir davantage participé à la question des devoirs faits à l'école. Tout ça, ça vous paraît acceptable, au-delà de la question du salaire ou de la mission ?

La question qu'il faut se poser, c'est est-ce que ça a un intérêt pédagogique ? Par exemple, le remplacer du jour au lendemain un collègue qui ne serait pas là. Moi, c'est comme si on me disait ce matin, écoutez, cet après-midi ou lundi, vous allez remplacer votre collègue de sciences économiques et sociales dans la classe de seconde 13.

Sachant que vous êtes prof de quoi ? Moi, je suis prof de sciences économiques et sociales. Donc, c'est comme si on me disait, cet après-midi ou lundi, vous remplacez votre collègue absente.

Qu'est-ce que ça veut dire d'un point de vue pédagogique ? Ça veut dire, je vais me retrouver dans une classe que je ne connais pas, ou je ne sais pas où ils en sont dans le programme, où finalement, on me demande d'improviser quelque chose. Alors oui, ça permet de dire, regardez, il y a un prof devant la classe.

Enfin, on ne vous demande pas d'aller enseigner des maths. Non, mais en même temps, moi, c'est une classe que je ne connais pas. Et finalement, est-ce que c'est d'un point de vue pédagogique, ça va être bien ce que je fais pour les élèves ?

Mais ça ne veut pas d'un point de vue pédagogique, c'est mieux de les laisser avec une heure de trou ? Non, mais d'un point de vue pédagogique, par exemple, on peut recruter des enseignants pour pouvoir assurer les remplaçants. Mais en quoi ils seront plus adaptés à la classe que vous ?

Par exemple, les remplaçants...

Ils ne sont pas plus adaptés, ils arriveront eux aussi dans une classe qui a déjà eu des heures de cours ? Bien évidemment, mais là, les remplaçants...

Non, mais si je reprends votre argument, je veux dire...

Parce qu'en fait, la proposition d'Emmanuel Macron, c'est de dire on va faire des remplacements à l'interne, quasiment du jour pour le lendemain, en disant vous allez prendre une classe au piège. Parce que c'est souvent du jour pour le lendemain qu'on apprend qu'une collègue a la grippe, par exemple. Alors ça, c'est autre chose.

Ça, c'est des remplacements de moyenne ou de longue durée pour lesquels il faut plus de remplaçants et sur lesquels il faut tout simplement recruter des gens supplémentaires. Et de ce point de vue-là...

En fait, pardon, je ne comprends pas en quoi est-ce que vous ne seriez pas adapté à pouvoir quand même aller prêter main-forte s'il y a un collègue absent ? C'est-à-dire que moi, si on demande cet après-midi d'aller dans une classe, je veux dire, techniquement, je peux le faire. Après, est-ce que je vais faire un cours qui va apporter quelque chose aux élèves ?

Mais encore une fois, est-ce que c'est mieux pour eux d'avoir une heure de trop ? Et donc, je vais terminer le raisonnement en disant que ces absences de courte durée, comme ça d'un jour, par exemple, ma collègue qui est absente cet après-midi ou lundi parce qu'elle est en formation, c'est peut-être mieux qu'elle leur donne du travail en disant « Voilà le travail que vous allez faire dans la continuité du cours, l'exercice qui est en lien avec le cours. » On le corrige à mon retour, c'est au lendemain, plutôt que de dire « On va improviser quelque chose par quelqu'un qui est en train de faire. » C'est-à-dire, honnêtement, dans n'importe quelle entreprise, dans n'importe quel job, il y a des moments où il faut pouvoir remplacer les collègues absents.

Justement, vous parlez d'entreprise. Moi, je vous parle d'éducation nationale. Et je vous dis que quand il y a des collègues qui sont malades, alors ça, c'est des qui sont absents, par exemple, une semaine, deux semaines, etc.

Là, il nous faut des remplaçants. Quand il y a un collègue qui est absent une demi-journée ou une journée, finalement, on sait très bien donner du travail aux élèves comme il le faut.