Projet de loi "pouvoir d'achat", redevance TV... Macron, le grand enfumage d'été
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Questions et réponses
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- 1:22OuverteRéponse partielle
Commençons par le vote à l'Assemblée du projet de loi pouvoir d'achat.
- 2:57OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'on peut retenir des débats sur ce projet de loi ?
- 6:57OuverteRéponse directe
Ce consensus Renaissance-LR-RN est-il une bonne chose pour la cohésion de l'opposition ?
- 8:25OuverteRéponse directe
La déconjugalisation de l'AAH était réclamée par l'opposition, pourquoi ce revirement ?
- 10:05OuverteRéponse directe
Ce retour de la conflictualité est-il une bonne chose pour la cohésion de l'opposition ?
- 22:22OuverteRéponse directe
Pourquoi ce revirement de la Macronie sur la déconjugalisation de l'AAH ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:05InvitéChiffre
« notamment la revalorisation de 4% des retraites et de certaines prestations sociales »
- 3:10InvitéChiffre
« le plafonnement de la hausse des loyers à 3,5% en France hexagonale, 2,5% en Outre-mer et 1,5% en Corse »
- 3:20InvitéChiffre
« l'augmentation des APL de 3,5% »
- 4:10InvitéChiffre
« la possibilité pour les salariés de bénéficier d'une prime dite de partage de la valeur exonérée de cotisation sociale, une prime qui peut aller jusqu'à 3 000 euros et même jusqu'à 6 000 euros en cas d'intéressement »
- 4:36InvitéFait
« la majorité des députés, c'est-à-dire une sorte de coalition LR, RN, LREM, a dit non à la revalorisation du SMIC qui était réclamée »
- 5:23InvitéFait
« Non également à la taxation des super profits, des profits des grosses entreprises qui bénéficient de l'aubaine, en fait de l'inflation, notamment dans le secteur de l'énergie »
- 10:14InvitéChiffre
« Il indique que 71% des Français attendent de leurs députés d'opposition, qu'ils négocient des compromis, tandis que 28% préfèrent une opposition ferme et franche »
- 22:55PrésentateurChiffre
« la suppression de la redevance audiovisuelle a été adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale par 170 voix contre 57 »
- 27:48PrésentateurChiffre
« C'est aussi un manque à gagner d'environ 3 milliards d'euros »
- 32:18PrésentateurChiffre
« 66% des Français estiment que c'est une mesure efficace pour améliorer le pouvoir d'achat »
- 38:14InvitéChiffre
« faire gagner 4 centimes de pouvoir d'achat aux Français moyens. »
- 38:58InvitéChiffre
« pour gagner 3 francs 6 à chaque fois. »
Temps de parole
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Bonjour à toutes et à tous, merci de regarder ce nouvel épisode de notre rendez-vous d'actualité hebdomadaire estival, le fond de l'info. Pour ceux qui regardent ce module pour la première fois, il s'agit d'une revue d'actualité à laquelle je convie deux invités chroniqueurs, car aux médias, on continue le suivi de l'actualité pendant l'été. On rappelle que notre média ne vit que des abonnements et des dons de celles et ceux qui l'aiment, donc de vous, abonnez-vous, soutenez-nous. Aujourd'hui, j'ai à mes côtés mon collègue et camarade Théophile, enfin moi, bonjour Théophile. Salut Nadia.
Mais aussi Yazid Harifi, militant activiste social et sociétaire du Média et tout nouveau président du conseil de surveillance de notre coopérative. Bonjour Yazid. Nous voici partis pour plusieurs dizaines de minutes de décryptage de l'actualité. Aujourd'hui, nous évoquerons surtout l'actualité parlementaire à travers plusieurs dossiers. Le vote à l'Assemblée nationale dans la nuit du 21-22 juillet du projet de loi pouvoir d'achat porté par le gouvernement. La disposition sur la déconjugalisation de l'allocation adulte handicapé qui s'intègre dans ce fameux projet de loi. Mais aussi la validation par les députés de la suppression de la redevance audiovisuelle.
Promesse de campagne d'Emmanuel Macron qui pose de nombreuses questions et notamment celle de l'indépendance et de la pérennité des financements des médias publics. Théophile Yazid, commençons par le vote à l'Assemblée du projet de loi pouvoir d'achat. Et cette séquence où l'on voit la députée Nups Rachel Keke qui s'indigne devant le blocage de tous les amendements de la gauche.
Madame la Présidente, j'aimerais savoir dans cette salle qui a déjà touché 900 euros, 1000 euros, personne.
Qu'est-ce qu'on peut retenir des débats sur ce projet de loi ?
Ce projet de loi est déclinant en un certain nombre de mesures phares, notamment la revalorisation de 4% des retraites et de certaines prestations sociales, le plafonnement de la hausse des loyers à 3,5% en France hexagonale, 2,5% en Outre-mer et 1,5% en Corse. On parle également de l'augmentation des APL de 3,5%.
Il y a également ce que certains analystes ont parlé de bombes climatiques, c'est-à-dire la hausse du plafonnement de l'émission des gaz à effet de serre pour sécuriser les approvisionnements énergétiques avec la guerre en Ukraine, la mise en place d'un terminal méthanier flottant au port du Havre, la possibilité aussi d'importer du gaz de schiste américain sans études d'impact environnemental préalable. On évoque également le retour des centrales à charbon, etc. Bref, il n'y a pas de super nouvelles sur le front climatique et environnemental.
Alors le cœur nucléaire de cette loi pouvoir d'achat, c'est ce qu'on a appelé la prime Macron, la possibilité pour les salariés de bénéficier d'une prime dite de partage de la valeur exonérée de cotisation sociale, une prime qui peut aller jusqu'à 3 000 euros et même jusqu'à 6 000 euros en cas d'intéressement des entreprises qui pratiquent l'intéressement des salariés par rapport aux bénéfices que ces entreprises peuvent faire. Bien entendu, il faut rappeler que la prime Macron n'est pas exigible à l'employeur, c'est l'employeur qui a toute l'attitude pour vous la donner ou pour ne pas vous la donner.
Et en fait, il y a un certain nombre d'amendements, notamment provenant de la NUPES, qui ont été retoqués. Alors la majorité des députés, c'est-à-dire une sorte de coalition LR, RN, LREM, a dit non à la revalorisation du SMIC qui était réclamée. On a vu donc Rachel Kéké qui s'en plaignait vivement, non au gel des loyers, qui était également réclamée.
Ils ont évoqué la possibilité d'augmenter les loyers de 3,5%, mais il y a de fortes chances que les propriétaires comprennent ça comme une sorte d'augmentation automatique des loyers de 3,5%, alors que les gens ont déjà d'énormes problèmes d'argent et que la majorité des propriétaires de logements locatifs sont des multipropriétaires qui n'ont pas d'urgence particulière pendant cette période vraiment de tension sur ce qu'on appelle le pouvoir d'achat.
Non également à la taxation des super profits, des profits des grosses entreprises qui bénéficient de l'aubaine, en fait de l'inflation, notamment dans le secteur de l'énergie, et également aussi un peu dans le secteur de la grande distribution. Dans d'autres secteurs, il y a des entreprises qui gagnent beaucoup d'argent. On se souvient qu'il y a quelques semaines, on nous expliquait que les milliardaires français, leur revenu avait beaucoup augmenté cette année encore, ces 12 derniers mois, mais bref. On peut évoquer cette loi comme une sorte de corpus très cohérent et très idéologique. C'est un régime d'incitation et non d'obligation.
C'est une sorte de logique de la baisse du salaire socialisé. À chaque opportunité, en fait, le gouvernement Macron essaye de baisser la part socialisée du salaire, ce qui est dans une logique néolibérale évidente. Il y a aussi une sorte de logique d'adaptation aux réalités, entre guillemets, via la baisse du niveau d'exigence écologique, avec la fameuse bombe climatique qui a été balancée aux Français à l'occasion de cette loi pouvoir d'achat et de cette situation de hausse des prix de l'énergie. En gros, l'écologie, c'est la première victime de la situation internationale.
Voilà, c'était un peu l'articulation, en fait, de ce projet de loi pouvoir d'achat qui va continuer son chemin parlementaire et qui va être, selon toute évidence, enterriné dans les semaines qui viennent.
Tu l'as sommairement évoqué, Théophile. On a assisté à un consensus renaissance LR et Rennes, avec une Marine Le Pen qui a voté contre l'amendement visant à obtenir une hausse du SMIC, alors même qu'en 2017, elle s'indignait du fait que le SMIC soit gelé.
En fait, en voyant un petit peu les résultats des votes sur les différents amendements et puis sur le texte, ça m'a rappelé une vidéo que j'avais vue de Mélenchon où il prenait la parole, je crois que c'était en 2014, c'était à l'époque du parti de gauche, et il disait un truc qui m'avait beaucoup marqué et qui, en fait, est en train de s'avérer être vrai. Il disait, à la fin, il n'y aura plus que Le Pen et nous. Et c'est exactement ce qui est en train de se produire, c'est qu'en fait, ce qui s'est passé pendant les élections législatives amène le parti qui n'est plus majoritaire, LREM devenu Renaissance, dans une espèce de course à l'échalote, va aller le plus à droite possible, en vérité.
Et ce qui va se matérialiser, je pense, dans les semaines à venir et les années à venir, c'est une espèce de grande coalition du parti de l'ordre qui, cette fois-ci, ira du Modem et UDI jusqu'à, on ne sait pas trop où, potentiellement jusqu'à ORN et peut-être même un peu plus à droite que l'ORN. Et donc, c'est intéressant de voir un petit peu les recompositions qui sont en train de se matérialiser et de se rendre compte que finalement, la seule structure qui aujourd'hui défend tant soit peu les intérêts des salariés, les intérêts climatiques aussi, qui sont les nôtres, c'est la NUP, quoi. La NUP, c'est le seul qui me semble être aujourd'hui mobilisé sur ces sujets-là.
Les débats sur ce projet de loi ont illustré ce que le journaliste Abel Mestre au Du Monde a appelé le retour de la conflictualité avec une opposition NUP, faisant feu de tout bois, c'est ce que tu disais, Yazid, du moins en partie. L'exemple du député Adrien Clouet qui a proposé un amendement sur la prime en fumage est à cet égard assez parlant.
Maintenant, près de 500 ans, et l'ordonnance de Villers-Cotteret, il y a un principe fondamental de nos textes légaux et notamment des textes de loi, c'est le fait de les écrire dans un langage qui est compréhensible par tout le monde, raison pour laquelle, à l'époque, nous avons remplacé le latin par le français. La prime qui est évoquée ici dans cet article ne partage pas la valeur, cela pour plusieurs raisons. D'abord, car seul le salaire partage la valeur.
Ensuite, car une prime ne touche pas à la valeur, elle touche par définition même au sur-profit, c'est-à-dire au profit supplémentaire à celui qui était normalement emmagasiné, et donc ne peut en aucun cas et jamais répartir de la valeur. Enfin, en dernier point, ce texte dans son ensemble opérant une réduction du pouvoir d'achat, il n'y a donc pas ici de valorisation du travail ou de rémunération de la population par cet article 1.
Ceci étant, dans un souci constructif de co-construction et de concertation, pour reprendre des termes beaucoup utilisés ici, nous vous proposons ici simplement, de manière formelle, de renommer l'article pour être peut-être plus cohérent avec son contenu en l'intitulant prime en fumage. Ce qui nous paraît avoir ce qui fait concorder le fond et la forme, et ce qui assure une fidélité entre l'intitulé et le contenu.
Alors Théophile Yazid, ce fameux retour de la conflictualité, est-ce une bonne chose pour la cohésion de l'opposition ?
Alors, moi j'ai regardé un sondage, un sondage BVA pour RTL et Orange, que je trouve assez parlant. Il indique que 71% des Français attendent de leurs députés d'opposition, qu'ils négocient des compromis, tandis que 28% préfèrent une opposition ferme et franche sur la base des programmes de ces partis d'opposition. Alors, ce sondage est réalisé dans une période de faible conflictualité dans la rue, c'est l'été, les gens sont en vacances, ils sirotent leur cocktail. Je pense que dans une situation de tension plus élevée, notamment sur des thématiques comme la réforme des retraites, le nombre de personnes souhaitant une opposition plus ferme va augmenter.
Mais de fait, les électorats où on trouve plus de personnes qui sont partisanes d'une opposition ferme sont les personnes de 25 à 49 ans. Donc, les 18 à 24 ans et les plus âgés sont, disons, plus allés en négocie. Et il y a aussi les électeurs France Insoumise et RN qui souhaitent une opposition plus forte, alors que les bases LREM, PLR, PS et EELV sont plutôt favorables à un esprit de négociation et de compromis.
Alors, au-delà des allégeances politiques, je pense qu'il est important de se rendre compte que c'est l'électorat populaire, c'est l'électorat qui n'a pas le temps d'attendre, qui se rend bien compte qu'on est en train de le dépouiller, qui est favorable à une opposition plus ferme et plus vigoureuse. Parce que, finalement, ce qui met ensemble les électorats FI et RN, beaucoup de commentateurs malveillants évoquent les extrêmes qui se rejoignent, mais en réalité, non. Ce sont les classes populaires, ce sont les gens qui vivent avec, justement, le SMIC, avec un peu plus du SMIC, avec…
Ce sont et les classes populaires et, disons, les classes diplômées déclassées, qui, en réalité, font partie des classes populaires, qui n'en peuvent plus de ce système, qui demandent, qui attendent de leurs élus qui s'opposent au détricotage du service public, à tous ceux à qu'on peut assister aujourd'hui.
Et ça veut dire qu'en réalité, la NUPES est fondée sur une sorte d'agglomérat sociologique assez fragile, vu qu'il y a des classes plutôt, disons, installées, aisées, qui votent peut-être PS, ELV, qui ont des attentes climatiques fortes et donc qui vont, par exemple, être furieuses, parce que la loi pouvoir d'achat, en fait, s'assoit sur toutes les urgences climatiques, mais qui n'ont pas forcément d'urgence sociale, qui leur donne envie d'un renversement de table. Et je pense que c'est une vraie fragilité. Je ne sais pas comment la NUPES s'en sortira.
Surtout qu'on a remarqué qu'une majorité de députés PS NUPES s'est abstenue, contrairement aux élus PCF et ELV.
De toute façon, ça, c'était quelque chose de prévisible. On savait très bien vers quoi on se dirigeait avec cette coalition qui regroupe des personnes qui, effectivement, partagent. Alors, à la fois, ont des origines sociologiques et proviennent d'horizons sociaux qui sont très différents, mais aussi, en termes politiques, sont idéologiquement pas compatibles. Donc là, moi, je trouvais que la NUPES, en tant que structure, était intéressante dans la mesure où elle venait acter la centralité de la France insoumise, en fait, dans la gauche, en fait, électorale au sens large. C'est ça qui était intéressant.
C'est cette idée que, contrairement à ce qui a pu se passer dans les anciens cartels des gauches, des anciennes coalitions de gauche, cette fois-ci, le rôle central serait celui de la France insoumise, donc la structure la plus, entre guillemets, la plus radicale de toutes. Maintenant, on se rend compte que ça ne va pas être aussi facile que ça dans la mesure où les forces de rappel sont telles qu'en fait, il y a plein de sujets sur lesquels on va avoir des conflits majeurs qui vont se concrétiser.
Et je ne suis pas certain que les dispositifs qui ont été mis en place, l'intergroupe, parce qu'ils ont chacun un groupe parlementaire, je ne suis pas certain que ça suffise, en fait, à compenser les divergences idéologiques. Donc, il va falloir faire preuve d'intelligence stratégique majeure pour réussir à trouver le moyen de collaborer sans que tout ça, ça explose en plein vol. Ça me paraîtrait vraiment un sacré exploit qui a réussi à tenir tous ensemble.
En plus, on a vraiment l'impression qu'au sein du Parti Socialiste, il y a des élus qui sont arrimés à la NUPES pour ne pas disparaître, parce que l'État dans lequel le Parti Socialiste était après la déroute de Anne Hidalgo était tel qu'ils étaient quasiment obligés de s'allier avec un pôle de gauche plus radical pour espérer exister. En plus, ils ont une sorte de prime Mélenchon, si on peut dire, puisque le nombre de sièges potentiels qu'ils auraient pu avoir a été augmenté pour les attirer dans la NUPES. Et il est vraiment intéressant d'observer l'attitude qu'ils auront désormais.
Je pense qu'une partie des députés PS va prendre acte du désir de radicalité d'une partie importante de la base de gauche et s'adapter au temps nouveau. Mais je pense que certains essaieront de caricaturer leurs alliés pour mieux s'en distancier, en espérant qu'une certaine forme de gauche raisonnable entre guillemets réémergera, en espérant également peut-être que la Macronie se casse la gueule pour pouvoir récupérer une partie des sociodémocrates de base qui étaient parties chez Macron. Mais je pense que ce serait s'illusionner parce qu'on va vers une sorte justement de radicalisation des rapports sociaux. On parle beaucoup de la radicalité de la France insoumise au sein de la NUPES.
Mais quand on regarde l'attitude des députés macronistes, il y a une députée macroniste qui a carrément dit à une députée ELV qu'elle n'avait aucune intention de négocier avec la gauche. Quand on voit cette attitude, et de manière générale, les positionnements fermes et forts des différents députés, on se rend bien compte qu'il y a une accélération de l'histoire. Et donc, il n'y a plus de place pour des gens qui tremblent de la main avant de signer. Et ça, je ne suis pas sûr que un certain nombre de députés du PS sont revenus de cette manière de faire la politique, sont revenus de leur hégémonie sur le spectre de la gauche.
Et je pense que c'est ça qui pourrait demain créer vraiment des soucis et des difficultés. Parce qu'effectivement, la NUPES, c'est une opportunité, c'est une vraie chance, c'est aussi un vrai moyen de stopper ou au moins d'essayer d'endiguer la progression phénoménale du RN. Et si la NUPES éclate, le RN devient quasiment sûr pour sûr le prochain parti au pouvoir. Il ne faut pas se pleurer.
Il y a toutefois un aspect positif de ce round législatif, c'est la déconjugalisation de l'allocation adulte handicapé qui avait été réclamée en vain par l'opposition lors de la dernière législature. Pourquoi ce revirement de la Macronie, Yazid ?
Je pense que c'est un peu comme sur d'autres sujets, c'est la confrontation à l'évidence qui fait qu'à un moment donné, sur certains sujets... Et je pense qu'il y a aussi les témoignages télévisés de... Comment s'appelle la jeune femme ? C'était Dolores, c'était une jeune femme qui s'appelle Dolores, qui a échangé sur France Bleue avant les élections législatives avec Elisabeth Borne, qui... En fait, Elisabeth Borne avait été infâme, elle avait été vraiment odieuse avec Dolores. Dolores exprimait son désarroi en raison de la conjugalisation de cette allocation.
Elle expliquait que sans son conjoint, elle serait à la rue, parce que l'un plus l'autre avait atteint un certain plafond de revenus qui faisait que Dolores n'avait plus le droit à l'avocation adulte handicapée et était à la merci de son conjoint. Et Elisabeth Borne lui demandait en gros d'aller bosser. On peut d'ailleurs regarder ces images qui avaient fait le buzz. Oui, bonjour à vous tous. Bonjour madame la première ministre. Voilà, je me permets de vous appeler pour savoir si l'État compte faire quelque chose pour les personnes qui sont handicapées. Malheureusement, j'ai eu un très grave accident. Je me retrouve en fauteuil, je ne peux plus travailler. J'ai fait la demande d'AH.
Et dans la mesure où mon époux touche 1810 euros par mois, malgré qu'on ait un noyé de 2000 euros sur Nice, on me dit que je n'ai droit à rien parce qu'on déplace les plafonds à tous les deux. Ça fait que je n'ai rien. Si je n'ai pas mon époux aujourd'hui, je serais dans la rue. Merci Dolores, on comprend votre émotion. Vous qui demandez donc l'adlocation d'adultes handicapés, mais il y a ce problème de plafond. C'est toujours compliqué parce qu'il y a ces barèmes, il y a ces critères, Elisabeth Borne, et quand on est un peu en dessous, un peu au-dessus, on n'est pas éligible. Et ça, ça crée des situations de détresse comme Dolores l'exprime.
Alors moi, j'entends votre émotion Dolores, et je pense qu'il faut absolument qu'on puisse vous trouver une solution. D'abord, en tant que personne handicapée, vous avez droit à des aides pour votre vie courante, pour que vous puissiez continuer à vivre normalement, à vous déplacer par exemple. Ça, vous le savez Dolores. Il y a des aides qui ne sont pas du tout sous condition de ressources. Et puis ensuite, il y a la façon dont on peut vous accompagner pour que vous puissiez peut-être reprendre une activité professionnelle. J'imagine que c'est quelque chose que vous pourriez souhaiter. Et là, il y a des structures dont c'est la responsabilité. Dolores ? Oui, je vous écoute.
J'adore quand Madame le Premier ministre dit de reprendre une vie professionnelle. Vous savez, quand vous arrivez au fauteuil... Excusez-moi, Amie. Elisabeth Borne, on se rappelle que dans la période avant les législatives et entre les deux tours des législatives, elle a été vendue par les médias les plus complaisants vis-à-vis de la Macronie comme une personnalité de gauche. Et une personnalité de gauche qui sort ce genre de propos, ça fait gros. Et donc, je pense que pour sa propre perception d'elle-même, Elisabeth Borne était obligée finalement de reculer sur cette conjugalisation de l'allocation adulte handicapé. Ils ont profité de la loi sur le pouvoir d'achat pour donner au moins ça.
Parce qu'en gros, ils n'ont quasiment rien concédé. Et bon, là, on peut quand même s'interroger sur... En fait, les députés macronistes détestent qu'on les traite de playmobiles. Mais dans les faits, tous ensemble, comme des playmobiles, ils ont voté contre la déconjugalisation quand c'était une proposition de loi venant de l'opposition. Et tous ensemble, quasiment, sauf une personne, comme des playmobiles, ils ont voté pour la déconjugalisation quand c'est devenu à la mode macroniste. Et franchement, je trouve que ça ne donne pas une image super valorisante de la démocratie parlementaire, tout cela.
En termes de maturité démocratique, je pense qu'en France, on est effectivement très très bas. On est très très bas. Il va falloir arriver jusqu'au stade où on se rend compte que l'origine du mal, c'est l'élection du président au suffrage universel, qui en fait dénature complètement le débat parlementaire. en faisant de fait de l'Assemblée nationale, soit une chambre d'enregistrement des désirs du président, soit le jour où il présentera des textes qui sont trop éloignés des désidérateurs de la droite, ce sera un endroit où, en fait, ce sera le pugilat permanent et il ne se votera rien. Donc là, je pense que c'est vraiment ça le problème qui se pose à nous.
C'est qu'à un moment donné, on va se retrouver dans une situation où, clairement, il va falloir revenir là-dessus. Il va falloir revenir sur ce qui semblait être, a priori, même De Gaulle était convaincu que cette élection du président au suffrage universel, c'est une grande avancée démocratique. Moi, je crois, au contraire, que c'est probablement la principale raison pour laquelle on est en train, en France, de régresser en termes de conception du débat démocratique à une vitesse absolument incroyable.
D'ailleurs, sur le sujet de la déconjugalisation de l'AAH, on avait tourné deux matinales. Une première, l'Isala, notre consoeur et camarade, avaient réalisé un reportage. Vous l'avez donné la parole à un couple qui, justement, racontait les difficultés au quotidien parce que tributaire de cette politique qui est clairement anti-féministe pour le coup puisque la femme dépend des revenus de l'homme. Et nous avions aussi reçu Odile Morin, militante anti-validisme. Toujours sur le terrain législatif, la suppression de la redevance audiovisuelle a été adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale par 170 voix contre 57.
En gros, la NUPS qui était contre face à la quasi-totalité du spectre politique qui était pauvre.
Je vais être un peu perfide, mais on constate que sur ce sujet, qui est un sujet important, nous, aux médias, nous sommes hostiles à la fin de la redevance audiovisuelle parce que nous savons ce qui est derrière cette fin de la redevance audiovisuelle et on va le développer. Mais il est quand même assez frappant qu'il y ait plus d'unanimité sur ce sujet-là que sur des sujets comme la question de la loi pouvoir d'achat, de la revalorisation du SMIC, etc. Et c'est ce genre de réflexe qui finalement affaiblit la gauche. C'est-à-dire les intérêts de la bourgeoisie de gauche, de la bourgeoisie culturelle, sont finalement défendus de manière unanime par le PS, le PCF, la France insoumise, ELV.
Mais quand il s'agit des intérêts d'une base populaire plus évidente, ça tremble un peu côté PS, ça chipote, etc. C'est juste une petite parenthèse pour montrer que, de fait, vu du bas du pays, vu de ceux qui gagnent le SMIC, vu de ceux qui vivent avec le RSA, ça peut être irritant que le centre-gauche NUPES soit plus prompt à défendre et à défendre même de manière convaincue sur les réseaux sociaux et dans les médias la redevance audiovisuelle que la question de la hausse du SMIC, la question de la taxation des super-profits de guerre, bref, de guerre en Ukraine, en tout cas pas de guerre ici, des super-profits de crise. C'était une petite parenthèse.
Maintenant, on peut entrer dans le dur de la question de la redevance audiovisuelle. Alors, je donne l'avis d'un journaliste. De fait, le service public de l'audiovisuel n'est pas satisfaisant aujourd'hui. Il n'est pas satisfaisant parce qu'en fait, on rappelle que l'émission du service public, historiquement, c'est informer, éduquer et puis divertir dans le sens du service public. Et on a souvent l'impression que pour ce qui est du divertissement, le divertissement du service public n'est pas extrêmement différent du divertissement des médias privés. C'est un divertissement qui est orchestré par souvent des animateurs surpayés avec un mieux-disant culturel inexistant.
Et puis, pour la question maintenant de l'information, il y a un vrai problème, c'est-à-dire que les biais que l'on peut voir dans les médias des milliardaires, c'est-à-dire les biais pro-néolibéralisme, pro-Macron et LR, en gros, et la lame de fond, disons, l'eupiniste, la lupénisation des esprits qui est entretenue par les médias des milliardaires, notamment ceux de Vincent Boularet, mais pas que, eh bien, on a l'impression que c'est la même lame de fond que l'on retrouve sur France Culture, sur France Inter et sur le service public à la télévision. Ça, c'est un fait.
Maintenant, la disparition de la redevance audiovisuelle, c'est un coup porté au service public et donc, c'est une sorte de service rendu aux médias des milliardaires qui avaient déjà été aidés par Nicolas Sarkozy au moment où il avait décidé d'enlever la publicité sur la télévision publique à certaines heures qui avaient effectivement fait les affaires de TF1, c'est-à-dire de la famille Bouygues et de M6. Bon, aujourd'hui, cette disparition de la redevance audiovisuelle qui a été mal préparée puisqu'on voit que c'est par une sorte d'amendement écrit sur un bout de table qu'on essaye de trouver des compensations, eh bien, je pense que c'est, de facto, c'est une mauvaise nouvelle.
C'est une mauvaise nouvelle parce que ça va créer un rapport de force encore plus favorable aux médias des milliardaires et c'est aussi l'occasion d'interpeller les citoyens sur la nécessité absolue désormais de soutenir les médias indépendants et les médias indépendants comme le nôtre qui, en réalité, vont être presque bientôt quasiment les seuls remparts à la doxa néolibérale, à la doxa pro-patronale et à la doxa raciste d'une certaine manière parce que, finalement, le rempart, c'est la division des classes populaires sur des bases ethniques, ethnico-religieuses. Ça a toujours été comme ça. C'est la démocratie dans le tiers monde.
C'est une démocratie tribale et pour, effectivement, diviser les classes les plus populaires qui sont de plus en plus nombreuses, le racisme est une arme du patronat procédant. Et donc, je pense que, malgré toutes les critiques qu'on peut faire au service public de l'audiovisuel, ce n'est pas une bonne nouvelle.
C'est aussi un manque à gagner d'environ 3 milliards d'euros. Yazid.
Pour un gain en termes de pouvoir d'achat qui est quand même infinitésimal, on parle de quelques dizaines d'euros par mois, c'est vraiment pas sur ça que ça va se jouer au niveau des fins de mois pour les gens qui sont vraiment en difficulté. Donc, c'est quand même cher payé. Les gens qui étaient en difficulté ne payaient pas la redevance audiovisuelle puisque... C'est pas vraiment une classe intermédiaire. Je ne sais pas. Les gens qui sont vraiment concernés par cette suppression de la taxe, enfin, de la redevance audiovisuelle, au final, le gain en termes de pouvoir d'achat pour eux, il est vraiment... Il est minime, quoi.
Donc, clairement, pour moi, sur ce sujet comme sur d'autres, d'ailleurs, la crise, l'augmentation de l'inflation, etc., ce sont vraiment des prétextes, quoi, pour faire avancer l'agenda néolibéral d'une manière qui... En franchissant des seuils sur lesquels il va être compliqué de revenir. Et donc, concrètement, sur cette histoire de financement de l'audiovisuel public, là, on va être confronté à une accélération d'une dynamique qui est déjà à l'heure, comme tu le dis, depuis un certain temps.
C'est-à-dire l'alignement de la pratique dans l'audiovisuel public sur les pratiques du privé avec les rémunérations délirantes d'un certain nombre d'animateurs qu'on connaît, les Nagui, les Laurent Ruquier, etc., avec une pratique du divertissement qui, effectivement, ne semble pas du tout cohérente avec ce qu'on attend du service public. D'ailleurs, en fait, un truc sur lequel moi, je pense que c'est intéressant d'insister, c'est la rencontre un peu étrange qu'il y a entre le divertissement et l'information sur certains qui sont d'ailleurs... qui est d'ailleurs une pratique qui vient du service public.
Leurs émissions où on a voulu, tu sais, faire du Michel Rocard et puis du Marilyn Monson et... L'infotainment. Exactement. Avec un gain pour le débat démocratique qui n'est pas forcément formidable. Mais en réalité, cet infotainment qui, aujourd'hui, drive, pour utiliser un anglicisme, les audiences jeunes. On pense notamment à TPMP sur...
Oui, c'est un part-est aussi, le quotidien.
Le quotidien. Bon, effectivement, l'infotainment a été porté par le service public et a été récupéré avec joie par les médias des milliardaires. Exactement. Et là, pour le coup, si tu peux... Moi, je ne suis pas certain qu'on parlait tout à l'heure de débat démocratique, d'élection du président de la Souris-Universaire. Là, pour le coup, avec cette suppression de la redevance et la dynamique globale sur laquelle on est engagé dans le visuel public, on est mal barré, quoi. En plus, donc, sur un bout de table, les députés macronistes ont dit, ne vous inquiétez pas, il y aura une fraction de la TVA qui sera affectée à la redevance audiovisuelle.
Mais ça veut dire qu'en fait, on va prendre de l'argent quelque part puisque la TVA est déjà utilisée à 100%. Et on va donc mettre en concurrence l'audiovisuel public avec d'autres urgences. Et donc, progressivement, cette fraction de la TVA sera amenée à baisser. et en plus, c'est surtout des mesures qui tendent à empêcher que cette disposition soit retoquée par le conseil constitutionnel qui pourrait effectivement faire valoir la question de l'indépendance du service public. Donc, on dit, OK, ce sera une fois par an, cette subvention sera apportée pour éviter que ce soit saucissonné et que le pouvoir puisse faire du chantage aux entreprises de services publics audiovisuels.
Mais globalement, on va arriver là puisqu'il n'y aura pas eu en fait, il y aura une diminution des recettes forcément puisqu'il faut bien savoir où 3 milliards sur la TVA, c'est énorme. Et finalement, ce sera aussi une manière de contraindre les personnes les plus fragilisées à participer au financement de l'audiovisuel public alors que jusqu'à présent, il fallait disposer d'un poste de télévision, il fallait être dans les classes intermédiaires moyennes ou supérieures pour pouvoir payer la redevance.
Aujourd'hui, finalement, tout le monde va y passer et on va mettre en concurrence l'audiovisuel public avec l'hôpital public, avec l'école publique en disant cette fois-ci, si on n'utilise pas la TVA, on aurait bien pu utiliser la TVA messieurs et dames pour telle urgence, mais bon, ça passe à l'audiovisuel public, sachant que les Français sont a priori un peu défavorables à la redevance. On voit bien dans quel jeu on va être entraîné.
Oui, effectivement, 66% des Français estiment que c'est une mesure efficace pour améliorer le pouvoir d'achat.
Oui, c'est-à-dire que vraiment, en plus, on a l'impression que c'est ça qui va changer la donne. alors même qu'en 2021, on a battu le record historique des distributions des dividendes en France et qu'en 2022, on va battre le record de 2021 dans un contexte d'accélération. On a l'impression que c'est un peu la fin du monde. Pourtant, les grandes entreprises et les plus gros patrimoines ne se sont jamais aussi bien portés et on va aller toucher la redevance audiovisuelle qui fait un gain pour ceux qui sont concernés de quelques dizaines d'euros. Même pas. C'est 10, 10, 12 euros par mois. Vraiment. La recette macroniste pour soutenir le pouvoir d'achat, elle est quand même incroyable.
C'est-à-dire qu'on a d'un côté la spoliation de l'État, l'organisation de la pénurie de l'État et de l'autre, on en parlait un peu tout à l'heure, les primes discrétionnaires, les patrons qui vont distribuer des pourvois. Exonérés de cotisations sociales, exonérés d'impôts, donc aucun impact sur les comptes publics, aucun impact positif. C'est quand même assez déprimant cette histoire.
Oui,
surtout comme tu faisais remarquer Théophile, la compensation, il s'agira donc d'une allocation d'une fraction de la TVA qui est l'impôt le plus injuste puisque tout le monde est redevable de la TVA sans égard aux revenus des uns et des autres.
En plus, quelque part, la redevance audiovisuelle avec tous les défauts qu'on peut trouver à l'audiovisuel public, elle est diffusée dans le pays puisqu'il y a de nombreuses sociétés de production, donc des TPE, des PME qui vivent de la commande des chaînes de télévision publique, de l'audiovisuel public. En fait, ces sociétés de production qui embauchent de nombreux intermittents du spectacle, de nombreux travailleurs, en fait, elles vont être fragilisées.
La redevance audiovisuelle permet également à la langue française, à la francophonie, alors peut-être que c'est suranné de parler de la francophonie et de la diversité linguistique et culturelle, elle permet à la langue française de s'épanouir parce que les programmes de fiction, les programmes d'information en français sont diffusés dans le monde entier, notamment grâce à la redevance audiovisuelle. Il ne faut pas sous-estimer, disons, l'intérêt que représente un certain nombre de mesures, de dispositions, de dispositifs, de soutien de la production culturelle qui ont été construits en France et qui, finalement, modèrent la voracité du marché par un certain nombre de dispositions.
Et là, aujourd'hui, effectivement, la majorité des Français est plutôt favorable à cette disparition de la redevance audiovisuelle, mais il n'est pas question ici de critiquer cette majorité des Français parce que ça signifie ce que ça signifie. Ça signifie que les médias publics ont été incapables de montrer qu'ils pouvaient agir dans le sens du bien commun.
Ils ont créé une sorte de gros doute sur leur utilité et je pense que les journalistes qui, en ce moment, tweetent frénétiquement, les journalistes du service public qui tweetent frénétiquement sur le mauvais sort que leur ont jeté les députés de la majorité LR et puis aussi RN devraient même s'interroger sur leur pratique du métier parce que pourquoi voudrait-il que des ouvriers de la métallurgie, de la sidérurgie, de toute cette France qui a vu ces emplois délocalisés, pourquoi voudrait-il que toutes ces personnes se solidarisent dans l'audiovisuel public qui n'a pas bien raconté toute cette dépossession, qui n'a pas été aux côtés des luttes et de celles et ceux qui luttent, en tout cas au point qu'on pouvait l'imaginer, mais qui a toujours disons promu les intérêts spécifiques des pouvoirs successifs et aussi d'une forme de bourgeoisie culturelle, certes, qui vit un peu elle aussi de la commande publique et de la cassette publique, mais qui en vit bien et qui s'est finalement assez peu intéressée au sort de celles et ceux qui étaient un peu moins protégés des rudesses de la mondialisation.
Et donc, il faut vraiment se poser des questions, il faut se poser des questions. Alors, je ne sais pas si nos confrères de l'audiovisuel public sont capables de prendre cette hauteur-là et de se poser ces questions-là, mais je pense que si on demande à un Français s'il est content de voir sa redevance financer les émissions d'investigation des services publics comme celle d'Élise du UC, je pense que la réponse sera oui. Mais si on lui demande s'il est content de financer autre chose, notamment les fameuses matinales de France Culture et même de France Inter, je ne suis pas sûr qu'il dise oui.
Parce qu'effectivement, c'est l'avant-garde du macronisme et du service public d'audiovisuel, du macronisme de gauche, entre guillemets.
On peut entendre même d'ailleurs des Françaises et des Français dire que pourquoi je paierais cette redevance alors que je suis insultée au quotidien par des politiques qui sont reçues dans ces émissions financées par cette redevance. On l'entend, ça.
Et puis pour les figures un peu visibles de l'audiovisuel public, je parle des figures les plus odieuses. C'est un peu l'arrosant arrosé. Ça fait 30 ans qu'on nous explique sur différents plateaux, Léa Salamé, Laurent Coquillet, etc. Dominique Seux. On nous explique que l'État est trop gros, qu'on n'a plus les moyens, que l'État ne peut pas tout, etc. Et là, du coup, effectivement, ils finissent eux-mêmes par être touchés par cette espèce de discours qui s'est imposé de manière totalement hégémonique, selon lequel on ne peut pas gagner en pouvoir d'achat autrement qu'en baissant la dépense publique. On n'en sort plus.
D'ailleurs, à cet égard, je fais une parenthèse, le débat qu'il y a eu, enfin, le pseudo-débat qu'il y a eu entre Le Pen et Macron, c'est littéralement la course à l'échalote de qui va organiser le plus vite possible la réduction de la dépense publique pour faire gagner 4 centimes de pouvoir d'achat aux Français moyens. Donc, bon, effectivement, c'est un peu l'arrosoir à arroser. C'est assez cocasse pour eux parce qu'effectivement, derrière, il y a beaucoup de gens qu'on ne voit pas à la télé, qui travaillent effectivement à la régie, à la production de tout ce contenu et qui se retrouvent victimes de quelque chose qu'ils n'ont jamais défendu. C'est ça qui est un peu dramatique.
Il ne faut pas oublier tous les localiers, tous ceux qui travaillent pour les locales de Radio France, tous ceux qui sont sur le planning de Radio France qui sont et qui font partie des personnes les plus paupérisées dans les services publics qui, un coup, tu te retrouves dans l'Est, l'autre coup, dans l'Ouest pour gagner 3 francs 6 à chaque fois. Effectivement, ce sont des travailleurs de services publics, ce sont des journalistes qui, au quotidien, racontent la France dans ses différents territoires et qui ont déjà été pressurisés par la logique qui est à l'œuvre aujourd'hui.
Et donc, bon, il ne faut pas oublier, il ne faut pas considérer que le service public de l'information, ce n'est que Léa Salamé et les autres figures multi-casquettes de l'audiovisuel public. Ce n'est pas que les intellectuels organiques du Capital.
Yasi, Théophile, merci. En tout cas, une chose est sûre, vous l'avez rappelé, il sera plus qu'urgent de soutenir les médias indépendants. On vous rappelle qu'il y a une campagne d'amonnement en cours. Nous avons besoin de 5000 nouvelles souscriptions pour soutenir la nouvelle saison qui se prépare. On vous remercie d'être aussi nombreuses et nombreux à regarder le fond de l'info.
A très vite. de l'info.