Soulèvements de la Terre : "Une suspension de forme, mais pas un rejet sur le fond", selon Prisca Thévenot
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Le 6-9 8h22 sur France Inter, on accueille notre invitée Priska Thévenot, secrétaire d'Etat à la Jeunesse et au Service National Universel. Bonjour. Bonjour. Vous venez à l'occasion de la Journée Internationale de la Jeunesse, on va y venir. Mais avant ça, question d'actualité, le Conseil d'Etat a suspendu hier en référé la dissolution du mouvement écologiste des soulèvements de la terre, décrété en juin dernier par le gouvernement. C'est un camouflet pour le gouvernement, disent les soutiens de ce collectif, vous êtes d'accord ?
Alors, je vais bien évidemment vous répondre, mais avant, j'aimerais revenir sur une autre actualité, celle qui a eu lieu cette nuit. Effectivement, le principal du collège Pierre-Simon de la Place à Lisieux a été retrouvé sans vie dans son établissement, effectivement, Stéphane Vittel. Donc, j'adresse tout mon soutien, bien évidemment, à sa femme, sa famille, à l'ensemble de ses collègues, les élèves également et les parents d'élèves qui sont effectivement touchés par ce drame. Une enquête est en cours.
On va revenir sur les soulèvements de la terre, mais un petit instant, sur cette affaire justement, vous avez des éléments précis, parce que les circonstances sont très suspectes. On parle de pistes criminelles.
Pas d'éléments à ce stade, mais effectivement, une enquête est en cours. Très rapidement, hier, Gabriel Atta, ministre de l'Éducation nationale, a prévenu de ce drame. Maintenant, je pense que tout l'enjeu est de laisser l'enquête se mener pour que toute la lumière soit faite, aussi bien pour sa famille, mais également pour l'ensemble du corps enseignant et des élèves qui vont, d'ici quelques semaines, reprendre le chemin de l'école. Je reviens donc au soulèvement de la terre. Camouflé pour le gouvernement, dit le collectif ? Écoutez, le collectif, effectivement, peut emprunter les termes qu'il souhaite et je les laisse libres du choix des mots.
Moi, ce que j'ai envie de vous dire aujourd'hui, c'est que dans le respect de nos institutions, on doit être en capacité d'entendre cette décision, mais également de la comprendre. Parce que depuis hier soir, je lis beaucoup de choses, beaucoup de choses très rapides sur cette décision. Il s'agit bien évidemment d'une suspension de formes, mais pas d'un rejet sur le fond. Et donc ça, je pense que c'est important de pouvoir remettre des cadres sur cette décision.
Ensuite, pour revenir sur le sujet des soulèvements de la terre, puisque c'est un sujet important, non pas pour les soulèvements de la terre en lui-même, mais pour le sujet qu'ils sont en train de défendre, le réchauffement climatique, sous couvert de désobéissance civile. J'aimerais juste te rappeler ce qu'est la désobéissance civile. La désobéissance civile, c'est une forme d'acte de résistance non violente dans des cas de non-état de droit. Est-ce qu'en France, on est dans un non-état de droit ? Je ne crois pas. On va même dire que je suis sûre que non.
Est-ce qu'aller saccager des propriétés, aller effectivement violenter, comme on a pu le voir sur les manifestations de Sainte-Soligne, ce sont des actes non violents ? Alors, je vous arrête juste un instant.
L'objectif entre la manifestation de Sainte-Soligne au départ des manifestants, manifestation interdite, on le rappelle, c'était d'aller déposer un drapeau dans une bassine, une retenue d'eau en construction. Excusez-moi, pas de créer a priori des violences. En tout cas, c'est ce que nous disait aussi notre invité il y a un instant.
Oui, c'est ce qu'on a beaucoup dit. Et finalement, ce n'est pas ce qui a été fait. Et ce n'est pas simplement sur la suite de provocations d'un tel ou d'une telle. Nombreux sont ceux qui sont arrivés, pas avec des sacs à dos vides à Sainte-Soligne. Donc, je pense qu'il faut pouvoir aussi regarder les choses telles qu'elles sont. Maintenant, ce dont on peut parler, et je pense qu'il peut aussi intéresser largement, et qui intéresse largement notre jeunesse, nos jeunes, c'est le sujet de la lutte contre le réchauffement climatique. Sujet hautement important, et sujet dont n'a pas le monopole un certain nombre de militants. Je dois le dire de façon très claire.
Est-ce que déverser des sauts de peinture sur un Van Gogh ? Est-ce que saccager des voitures ? Est-ce qu'empêcher la libre circulation sur des routes permet de lutter contre le réchauffement climatique ?
Là, on parle d'autres collectifs, c'est pas les...
Non, mais de façon plus générale. C'est pour ça que je vous dis, encore une fois, le sujet du réchauffement climatique n'est pas à l'apanage d'un petit nombre. Au contraire, ça doit être le combat de tous et de toutes. Eh bien, moi, ce que je dis aujourd'hui, c'est que nous avons, en France, des endroits où nous pouvons mener des débats, des réflexions, et décider d'actions communes pour lutter ensemble sur ce grand défi qui est le nôtre.
Nous l'avons fait depuis 2017 avec le président de la République et la majorité présidentielle, avec un certain nombre de lois, la loi AGEC, la loi Climat et Résilience, mais également en Europe, avec la taxe sur les frontières, la taxe aux frontières qui a été menée par Stéphane Séjourné et la délégation parlementaire au Parlement européen. Donc, nous avançons en français, en européen, sur ces sujets. Encore une fois, nous devons pouvoir continuer à non pas en faire un sujet de querelle polémique, mais bien un sujet de combat politique.
Et sur l'enjeu du climat, je pense que plus que jamais, nous avons à agir aussi en responsabilité vis-à-vis des générations à venir, en leur expliquant que tout ne peut pas être sujet à querelle. Tout ne peut pas être sujet à querelle.
La plus haute juridiction administrative, le Conseil d'État, je vous lis ce qu'ils disent. Alors, vous dites qu'ils ont tranché sur la forme. Effectivement, on attend une décision de fond à l'automne. Cependant, ce que disent les conseillers d'État, c'est qu'il existe un doute sérieux quant à la qualification de provocation à des agissements violents à l'encontre des personnes et des biens, retenus par le décret de dissolution. Ça veut dire que le gouvernement a parlé de violence, d'incitation à la violence, et que les conseillers d'État ne sont pas certains que ce soit le cas.
Vous avez employé beaucoup de conditionnels, de scie, etc. Je vous redis encore une fois, dans le respect de nos institutions, je ne suis pas là pour venir remettre en cause une décision. Je leur explique simplement qu'il s'agit d'une suspension sur la forme et qu'aucune conclusion n'a été émise sur le fond, puisque vous l'avez très justement dit, cette décision-là arrivera dans quelques semaines.
Les soulèvements de la terre sur leur site, ils se présentent, je cite leur site, ils ne sont pas tous jeunes effectivement, mais ils se présentent sur leur site comme des jeunes révoltés. Est-ce qu'en dissolvant l'organisation, le gouvernement ne se coupe pas de sa jeunesse dans un sens ?
Alors déjà, on va rappeler quelque chose, c'est que la jeunesse n'est pas dans son entièreté et son intégralité représentée par les soulèvements de la terre. Personnellement, ils ne sont pas tous jeunes, mais néanmoins, ils se présentent comme ça. Voilà. En revanche, ce qu'on peut dire, et vous avez tout à fait raison, le sujet de l'urgence climatique mobilise l'entièreté de notre jeunesse. Pas que, mais l'entièreté de notre jeunesse. Et ça, nous devons pouvoir l'entendre. Et nous devons pouvoir aussi regarder de façon très claire que notre jeunesse est mobilisée sur ces sujets de façon non violente, mais tout autant déterminée.
Et nous le voyons tous les jours dans des émissions, sur le terrain, mais nous le voyons aussi, et là, j'en prends ma part, au sein des services que nous mettons en place, notamment le service national universel, qui permet d'appréhender ces sujets de façon très concrète, mais aussi de savoir comment agir auprès d'associations, auprès de collectifs, et puis dans son quotidien.
Et vous faites un déplacement sur ce thème aujourd'hui, on en reparlera, mais vous avez dans votre portefeuille, si j'ose dire, 12 millions de jeunes entre 15 et 29 ans en France. Vous avez l'impression qu'avec cette jeunesse, aujourd'hui, le dialogue, il est fluide ?
Ça ne serait vous mentir que de dire que tout roule. On va être très clair, les semaines qui viennent de se passer, les mois qui viennent de se dérouler, et puis les crises successives que notre pays a connues, a montré que notre jeunesse plurielle, diverse, était chamboulée, parfois doutée, souvent était très engagée. Mais elle dit quelque chose, cette jeunesse. Elle dit qu'en réalité, ce qu'il se passe aujourd'hui, face aux défis qui sont les nôtres en France, mais aussi les enjeux que nous devons porter au-delà de notre propre frontière, ils n'ont pas simplement envie d'être des spectateurs de tout cela. Ils ont envie d'être des acteurs.
Des acteurs du monde dans lequel ils grandissent, dans lequel ils veulent s'émanciper. Et donc pour ça, il faut qu'on soit aussi en capacité, nous, Français, de leur donner ces moyens de s'émanciper. Et c'est pour ça que l'enjeu de l'engagement aujourd'hui, mais l'enjeu de l'engagement non pas pour faire des batailles polémiques, mais bien de l'action politique, l'action du quotidien qui fait avancer les choses, nous devons pouvoir l'accompagner et l'encourager.
Vous allez aujourd'hui, vous à la Courneuve en Seine-Saint-Denis, à l'association Unicité auprès des jeunes qui sont en service civique. Le message, c'est quoi ? C'est que les jeunes de Seine-Saint-Denis ne sont pas tous des émeutiers qui ont participé et qui auraient participé aux émeutes en juillet ?
Vous savez, moi je suis une jeune, enfin une ancienne, pardonnez-moi, de Seine-Saint-Denis, et j'ai jamais eu l'impression qu'on se définissait comme des émeutiers. Attendez, je pense que le pire serait de considérer que les jeunes de Seine-Saint-Denis sont des émeutiers, les jeunes de je ne sais trop où encore seraient autre chose, etc. Les jeunes sont les jeunes, dans une pluralité, une diversité, que nous devons apprécier et respecter.
Et je pense que d'autant plus, aujourd'hui, alors qu'on vient d'expliquer, que je viens de rappeler que nous avons eu la crise de Covid, la guerre qui revient sur notre continent, que nous avons eu les émeutes, que nous sommes aussi en capacité de regarder et d'appréhender, que nous avons un certain nombre de défis collectifs à relever, nous devons pas seulement aller parler à ces jeunes, mais surtout les écouter. S'instaurer à nouveau les liens du dialogue. Pas pour convaincre, mais souvent pour débattre, pour confronter. Et c'est la raison pour laquelle, dès l'instant où j'ai été nommée, j'ai été sur le terrain très rapidement.
J'ai été à Annecy, j'ai été dans le Val-de-Marne, j'ai été dans l'Essonne, et effectivement, tout à l'heure, je vais en Seine-Saint-Denis à la Courneuve. Encore une fois, je pense que l'enjeu aujourd'hui, c'est de renouer le dialogue.
Sur la question de ces émeutes, justement, on rappelle une semaine d'émeutes après la mort de Naël, qui a été tuée lors d'un contrôle policier, par un policier à Nanterre le 27 juin dernier. Il y a eu des violences policières. Trois fonctionnaires encore, qui ont été mis en examen cette semaine à Marseille pour des violences avec armes, ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Ils auraient pu causer la mort d'un père de famille de 27 ans par un tir de LBD. On pense aussi à Eddy, qui a été amputé d'une partie de son crâne. Et puis, il y a eu plus largement 31 enquêtes qui ont été confiées à la police, des polices.
Vous reconnaissez qu'il y a eu des violences policières à l'égard des jeunes ?
Est-ce qu'il y a des violences dans notre société ? La réponse est oui. On vient effectivement de citer un certain nombre de choses avant cela, notamment dans le cadre des émeutes. Est-ce que le corps de nos forces de l'ordre, de l'institution des forces de l'ordre, est hermétique à ces violences ? Non. Il peut y avoir des violences au sein des forces de l'ordre. Et ça, nous devons pouvoir le dire, c'est dit. Et quand un policier commet une faute, il doit pouvoir être entendu et sanctionné si cette faute est avérée.
Par contre, et j'insiste sur ça, il est de notre responsabilité collective de ne pas se servir de cas individuels, qui sont effectivement à montrer, à pointer, à dénoncer, et à condamner, si ce doit être le cas, pour se servir de prétexte, pour remettre en cause toute une institution. Dans le cadre de notre pays, plus que jamais, avec les défis qui sont les nôtres, nous devons respecter et défendre ces institutions.
Donc ce que vous dites, c'est qu'un individuel n'est pas
de violence systématique, policière, à l'égard ? Absolument pas. Il n'y a pas de violence systématique, systémique, ou je ne sais quel autre qualificatif encore. Je le dis de façon très claire, ça serait trop facile de dire ils sont tous ainsi, ils sont tous comme ça. Et je peux vous le dire aussi, c'est comme ça aussi qu'à l'inverse, on nous disait, nous les jeunes des quartiers, on était tous comme ça. Ce n'est pas vrai. Et la nuance aujourd'hui est importante. Je pense que nous devons prendre le temps de pouvoir accepter que les débats se font de façon un peu plus longue, un peu plus approfondie, pour peut-être aller au cœur des sujets et trouver des solutions ensemble.
Alors Prisca Tévenot, dans ce cadre-là, justement, comment est-ce qu'on renoue le dialogue ? Comment est-ce qu'on ramène vers l'ordre républicain ? Vous parliez par exemple du service national universel qui fait partie de vos missions. 40 000 personnes cette année, est-ce que vous allez le rendre obligatoire comme le promettait le président de la République ?
Effectivement, le service national universel, c'est une promesse du président de la République et c'est surtout une promesse pour faire nation. À l'heure où notre pays est fracturé, à l'heure où nous avons des divisions, des doutes qui existent, et des combats que nous devrions mener ensemble et qui finalement nous opposent plus que nous unissent, nous devons trouver un socle commun pendant lequel, effectivement, nous apprenons à refaire collectif. Nous apprenons à rejouer ensemble. Et le service national universel le promet. Et donc, c'est pour ça que je souhaite que ce service national universel soit le socle commun, un passage républicain obligé pour l'ensemble d'une génération.
À quelle échéance ? Il faut déjà qu'on poursuive la montée en compétences, la montée en puissance. Elle se fait assez rapidement, de façon très claire. Plus de 90 000 jeunes maintenant qui ont été mis au service national universel depuis 2019. Nous allons continuer. et je pense vraiment que l'enjeu, ce n'est pas de savoir exactement quand, ça va arriver et ça va arriver très prochainement, mais c'est plutôt de s'assurer que cela est bien fait. Parce qu'il s'agit bien évidemment, encore une fois, de nos jeunes.
Il y a des questions à ce sujet-là, notamment de la part des syndicats enseignants qui craignent que ce temps soit pris 12 jours sur le temps scolaire, alors que les programmes sont chargés, alors qu'on manque déjà de profs.
Est-ce que vous pouvez les rassurer aujourd'hui ? Oui, déjà, le service national universel est sur du temps hors scolaire. Mais c'est vrai que nous avons lancé aussi cette capacité à regarder la nécessité de l'engagement au sein du temps scolaire. Il y a l'éducation morale et civique qui est déjà au programme que nous devons renforcer, que nous allons renforcer, mais il y a aussi cette capacité à s'engager tout au long de sa scolarité. Nous lançons à partir de cette rentrée scolaire les lycées et classes engagées qui permet de construire un projet pédagogique donc sur toute une année sur un sujet d'engagement avec effectivement le séjour de cohésion.
Donc il n'est pas question de venir remplacer, de venir accaparer du temps scolaire, mais bien dans une continuité, de parcours en fait, de parcours pour l'étudiant. Mais ça se rajoute au poids du programme, à l'ensemble du programme quand même. Encore une fois, tous ces sujets-là ne doivent pas s'opposer. Ne doivent absolument pas s'opposer. Tout se construit en concertation, en bonne intelligence. Dès la semaine suivante, la nomination de Gabriel Attal à l'éducation nationale, il a réuni l'ensemble des recteurs pour échanger sur sa feuille de route.
J'ai pu également afficher les ambitions qui étaient les nôtres dans le cadre du service national universel, mais également dans le cadre du système lycée et classe engagée. L'ensemble des recteurs se sentent mobilisés et se sont sentis mobilisés sur ces dispositifs-là. Encore une fois, il ne s'agit pas d'avancer de façon complètement fermée et obtue, mais bien d'avancer en cohésion. Nous voulons créer un socle commun d'engagement pour apprendre à faire nation. Il ne s'agit pas d'avancer sans embarquer tout le monde. Prisca Thévenot,
tout autre sujet. Votre collègue Sabrina Agresti-Roubach, secrétaire d'État à la Ville, a été recadrée par Matignon après avoir donné un entretien dans le journal du dimanche. Les députés ont reçu pour consigne dans la majorité désormais de ne plus parler à ce journal, dont la rédaction est maintenant dirigée par Geoffroy Lejeune, qui est proche de l'extrême droite. Vous allez la suivre, vous, cette consigne ? Alors déjà, je ne suis plus députée. Vous n'êtes plus députée. Je ne suis plus députée.
Mais de façon très claire, aujourd'hui, je suis avec vous, chez vous. Rien de précis concernant les ministres, je précise. Non, non, mais bien évidemment. Ce que je dis, c'est qu'effectivement, j'étais comme ça en tant que porte-parole de En Marche, et puis ensuite en tant que porte-parole du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale en tant que députée. Je ne suis pas pour la politique de la chaise vide. Pour autant, à la place du premier rang, je préfère celle du contradicteur, surtout dans des journaux d'opinion qui ont effectivement la tonalité que nous avons pu voir le week-end dernier.
Mais vous savez, quand je dis que je ne suis pas pour la politique de la chaise vide, ce n'est pas simplement dans les médias, en réalité. Et je pense que c'est ça aussi que nous devons pouvoir réentendre.
Pardon, mais je n'ai pas bien compris votre réponse, Presque-Athévenot. Si vous proposez une interview, si vous demandez une interview, vous répondez ou pas ? Je n'irai pas.
Vous n'irai pas ? J'attends de voir quelle est la ligne politique. Nous avons déjà eu une première idée la semaine dernière. Voyons ce qui se passe ce week-end et les semaines à venir. Mon entrain, ma précipitation n'est pas d'aller courir dans tel ou tel journal ou dans tel ou tel micro. Mon entrain et ma précipitation, c'est plutôt d'aller parler avec tout le monde et surtout de dialoguer, de remettre en place les instances de dialogue.
Et c'est d'ailleurs pour ça, juste après vous, je vais aller à la Courneuve, comme vous l'avez dit tout à l'heure, pour échanger avec des jeunes, des parents, des associations et pouvoir les entendre sur leurs défis, leurs problématiques, mais aussi peut-être leur succès. Parce qu'on n'en parle pas assez, mais notre France est riche de jeunes qui ont plein de succès et qu'il faudrait pouvoir mettre en avant.
Alors Priscateveno, le prochain enjeu électoral pour la majorité, c'est le renouvellement partiel du Sénat, c'est en septembre prochain, le 24 septembre. Vous craignez qu'il y ait un vote sanction de la part des grands électeurs, des élus locaux qui se sentent parfois, eux aussi, un petit peu abandonnés ?
Vous savez, un vote ne doit pas être vu comme une sanction, mais plutôt comme une parole donnée de la part des Français à sa classe politique sur son ambition de politique sur la forme et sur le fond. Et ça, je pense que c'est comme ça qu'on doit appréhender un vote qui va avoir lieu. Donc laissons ce vote qui va se faire effectivement le 24 septembre prochain. C'est un vote sur les grands électeurs, mais quand bien même ce n'est pas un suffrage universel direct, l'ensemble des Français doivent pouvoir se l'approprier comme il se doit.
Et le chef de l'État promet une initiative politique d'ampleur, là je cite Emmanuel Macron à la fin du mois pour essayer de réunir autour d'un projet clair et simple, dit-il. Vous en attendez quoi, vous ?
J'en attends de faire ce qu'on a commencé à faire déjà depuis les dernières élections présidentielles et législatives. Vous savez, là je reprends la casquette que j'ai laissée à ma suppléante pour quelques temps à l'Assemblée nationale. On a beaucoup dit que cette Assemblée nationale ne fonctionnerait pas. Parce qu'il n'y a pas de majorité ? Parce qu'il n'y a pas de majorité absolue, parce qu'il y a une majorité relative, on l'appellera comme on voudra, mais les faits sont là. Force est de constater que cette Assemblée, elle a fonctionné. Elle a fonctionné au regard des attentes des Français.
Il a failli employer un certain nombre de fois le 49-3 quand même.
Sur les textes budgétaires, mais c'est peut-être aussi bien de rappeler comment fonctionnent en réalité les majorités relatives et comment fonctionnent les majorités tout court, aussi bien dans des conseils municipaux, départementaux, régionaux et donc à l'Assemblée nationale. Quelle opposition va voter le texte budgétaire d'une majorité ? Ça serait acquiescer le projet, le programme de cette majorité. Donc je pense que ça, on est en capacité de le dire aujourd'hui et de le comprendre.
En revanche, sur l'ensemble des autres textes, et on en a voté des textes, des textes avec l'UDI, avec Europe Écologie Les Verts, avec le Parti Socialiste, j'étais à la manœuvre d'ailleurs sur un certain nombre de textes, nous avons réussi à voter à l'unanimité. Alors ça n'a pas fait les grands journaux, ça n'a pas fait les 20 heures, mais ça a existé.
Priska Thévenot, secrétaire d'État à la Jeunesse et au Service National Universel, merci d'être venue sur France Inter ce matin. Merci à vous.
Prisca Thevenot