Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique - 07/05
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Bruno Le Maire est notre invité aujourd'hui sur BFM TV. Monsieur Le Maire, Philippe Godin détaillait à l'instant le menu royal à Londres. C'est la quiche qui est à l'honneur pour célébrer le couronnement du roi et de la reine, roi Charles, la reine Camilla. Est-ce que vous avez regardé ce couronnement hier ? Non, je ne l'ai pas regardé. Mais pourquoi ? Vous n'étiez pas curieux de voir ce qui allait se passer ?
Non, je ne suis pas spécialement curieux. Je suis très respectueux de la monarchie britannique et des institutions britanniques. Mais je ne vais pas vous mentir, je n'y porte pas un intérêt majeur. Donc je n'ai pas regardé le couronnement.
Alors Charles III devait faire sa première visite d'État en France. Elle a été annulée pour des raisons de protestation sociale dans notre pays. Est-ce qu'à votre connaissance, une nouvelle date a été fixée ? Président de la République avait parlé initialement de début de l'été, tout début de l'été.
Non, je ne sais pas s'il y a de nouvelles dates. Le roi Charles sera évidemment le bienvenu en France. De manière plus générale, je pense que l'amélioration depuis quelques mois des relations entre la Grande-Bretagne et la France est une excellente chose. Excellente chose pour nos deux pays et une excellente chose pour la construction européenne. Je rappelle que la Grande-Bretagne est une puissance dotée, une puissance stratégique. Et donc dans le temps que nous traversons, notamment face à la guerre en Ukraine, avoir France et Grande-Bretagne qui travaillent bien ensemble, je pense que c'est une excellente nouvelle pour nos deux nations et une excellente nouvelle pour l'Europe.
J'évoquais il y a quelques instants, Benjamin, le contexte social en France.
Absolument, et Matinu a donc invité les syndicats à se rendre auprès de la Première Ministre pour négocier les 16 et 17 mai. On a appris hier que la CGT se rendrait à ces négociations. C'est une bonne nouvelle, vous vous en félicitez ?
Oui, c'est un signal très positif. Je pense que c'est un signal de responsabilité de la part des syndicats, de la CGT et de tous les autres syndicats. Et j'espère que ça va nous permettre d'engager des discussions sur ce que sont aujourd'hui les préoccupations premières des Français. Le pouvoir d'achat, l'inflation, la question des rémunérations et des salaires qui est évidemment centrale. Il y a eu des augmentations salariales de l'ordre de 5% en 2022. Les entreprises devraient faire la même chose en 2023, de l'ordre de 5%. Moi j'appelle toutes les entreprises qui le peuvent, qui ont les marges de manœuvre à continuer d'augmenter les salaires comme elles l'ont fait.
Vous avez vu que la CGT continue à demander le retrait de la réforme des retraites. Oui, mais ça fait partie des positions connues de la CGT. Je vois aussi qu'ils ont ouvert la voie sur d'autres sujets, notamment la meilleure rémunération des salariés. Je pense que c'est une bonne thématique. Nous avons les instruments qui sont disponibles, qui sont utilisés. Je rappelle par exemple que la prime Macron, elle a été utilisée par plus de 7 millions de salariés qui en ont bénéficié en 2022 pour un montant moyen de 730 euros.
Et les organisations syndicales, je le rappelle aussi, sont tombées d'accord sur un paquet de rémunération comprenant l'intéressement, la participation, la prime défiscalisée qui va permettre de toucher plus d'un million de salariés supplémentaires parce que ce paquet va être disponible notamment pour les PME qui aujourd'hui ont le moins de dispositifs de partage de la valeur. La mise en œuvre rapide par voie législative de ce paquet pour la rémunération des salariés est une excellente nouvelle.
Il y a des freins à l'embauche aussi. Le président de la République au cours d'un déplacement était interpellé par un chef d'entreprise d'une TPE qui disait « je voudrais y recruter, je ne peux pas, ça me coûte trop cher. Si vous enlevez toutes les charges sur cette première embauche, je vais recruter des gens. » Et le président lui avait dit « chiche ». On en est où de ce chiche ? Est-ce que c'est une piste qui est intéressante, qui est concrète ?
Nous avons déjà transformé les allègements de charges, qui étaient des crédits d'impôts, en allègements de charges définitifs, notamment sur les bas salaires. Donc nous avons aujourd'hui des niveaux de charges qui sont extrêmement faibles sur les bas salaires, au moins jusqu'à 2,6 SMIC. Donc quand on voit aujourd'hui des tensions de recrutement dans un certain nombre de secteurs, je ne pense pas qu'aller encore plus loin dans la baisse des charges soit nécessaire. Par ailleurs, c'est très coûteux pour les finances publiques.
En revanche, qu'on fasse vraiment le nécessaire pour qu'entre les besoins des entreprises et la formation des jeunes, la formation des salariés, y ait une meilleure adéquation, c'est ce qu'a proposé le président de la République sur le lycée professionnel. En revalorisant le lycée professionnel, c'est une clé indispensable. C'est ce que nous avons fait aussi avec l'apprentissage. Je rappelle que nous avons réussi à faire de l'apprentissage, enfin, pour la première fois depuis des décennies, la voie royale d'accès à l'emploi, avec près d'un million de jeunes apprentis. Je pense que c'est ça, aujourd'hui, la vraie question.
Faire en sorte que les formations, les qualifications correspondent aux besoins de nos entreprises, de nos PME, de nos TPE et des secteurs qui ont des difficultés à recruter. Pauline ?
Pour revenir sur les syndicats qui reviennent à la table des négociations, à vous entendre, vous dites que vous avez le sentiment d'avoir gagné, déjà, en quelque sorte, puisqu'ils passent à autre chose. C'est comme ça que vous vivez ce moment ?
Je n'aime pas tellement la rhétorique de la victoire, parce qu'elle suppose aussi une rhétorique de la défaite. Il y a pour moi un seul gagnant dans cette réforme des retraites, c'est le travail, c'est la nation française qui va pouvoir produire davantage de richesses, être plus prospère et garantir son régime de retraite par répartition. préserver et financer la solidarité française. La solidarité, c'est ce qui tient la nation française ensemble. Mais il faut pouvoir se la payer. C'est ça le sens de la réforme des retraites.
Mais pour continuer à avancer, il y avait un enjeu assez lourd qui était de savoir si vous auriez la capacité à renégocier, à dialoguer avec les syndicats.
Oui, mais c'est pour ça que j'accueille vraiment avec beaucoup d'enthousiasme ce geste des syndicats. Renouer le dialogue, se remettre à discuter. Et discuter d'ailleurs dans la forme qu'a choisie la Première Ministre, qui me paraît la bonne forme, c'est-à-dire syndicat par syndicat, pour voir c'est quoi ce qui vous intéresse, c'est quoi ce qui vous procure. Vous êtes au contact des salariés, vous êtes au contact des travailleurs. Sur quoi est-ce que vous voulez que nous discutions ? Je pense que c'est la bonne méthode, la bonne approche, celle qui pourra donner des résultats.
Alors justement, Bruno Le Maire, parmi les demandes des syndicats, il y a la question de ce qu'on appelle la conditionnalité des aides publiques, c'est-à-dire quels critères doivent remplir les entreprises pour pouvoir bénéficier de ces aides. Est-ce que le ministre de l'Économie et des Finances dit « ça c'est une bonne idée, on pourrait regarder, ou au contraire, impossible, ça ferait des usines à gaz, pas question de remettre en cause ce qui est une sorte de pilier de votre politique depuis six ans, à savoir refuser qu'il y ait précisément cette conditionnalité ? »
La conditionnalité, je suis toujours réservé. Pourquoi ? Parce que dans le fond, ça risque de bloquer le développement des entreprises, leur création d'emplois, la création de richesses pour tous les Français. En revanche, qu'on s'assure, après avoir donné un avantage fiscal, ou donné un avantage financier d'entreprise, qu'effectivement ça a donné des résultats. Alors qu'après, on corrige, si on voit que ça ne donne pas les bons résultats,
on corrige les... Donc déjà sur ce point-là, c'est plutôt non. C'est-à-dire que la CFDT dit « il faut qu'on regarde cette question de la conditionnalité des aides » et là vous dites « pas une bonne idée ».
Je vous donne la position du ministre de l'Économie et des Finances qui est constante depuis six ans. Pourquoi est-ce qu'elle est constante ? Parce qu'elle donne des résultats. Que la réforme fiscale que nous avons faite en 2017, nous avons allégé la fiscalité sur le capital, nous avons baissé le niveau d'impôt chez les sociétés de 33,3 à 25%. Les résultats sont là. La croissance de la France est solide. Les résultats économiques depuis six ans sont de très bons résultats économiques. Nous avons créé plus d'un million, deux d'emplois au cours des six dernières années. Nous avons un niveau de croissance qui se tient malgré la crise. Vous avez un taux de chômage des jeunes qui était de 25%.
Il est tombé aux alentours de 16%. Vous êtes trop jeune, Benjamin Duhamel, pour vous en souvenir. Mais quand j'avais votre âge, on parlait matin, midi et soir du chômage des jeunes, de ces fameux 25%. Pendant des décennies, la France a été scotchée à ce taux de 25% de taux de chômage des jeunes. On a développé, j'en parlais, l'apprentissage. On a développé des lycées professionnels. On a fait une réforme de l'assurance chômage qui invite à retourner sur le marché du travail.
Donc tous ces résultats ont été faits sans conditionnalité. Et c'est ce qui a fait leur efficacité. Le chômage des seniors, il reste à des taux extrêmement élevés par opposition aux chiffres que vous avancez pour celui des jeunes.
Bien sûr, mais c'est le prochain combat. D'ailleurs, c'est un combat qui a été souligné à plusieurs reprises par la CGT. Moi, je me souviens de discussions très constructives avec le précédécesseur de l'actuel secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, qui me disait qu'il y a un sujet très important, c'est le taux de chômage des seniors. À quel point on dégage les seniors des entreprises et à quel point c'est révoltant. Je partageais son sentiment de révolte. Et je considère qu'aujourd'hui, nous devons faire de cet accès des seniors à l'emploi ou de ce maintien des seniors dans l'emploi une des priorités.
Ça veut dire que l'inscription de l'index senior dans le projet de loi travail qui va arriver, puisqu'il a été retoqué du projet de loi rectificatif de la sécurité sociale par le Conseil constitutionnel, ça veut dire que c'est une priorité pour vous ? Il doit absolument figurer là-dedans ?
Je considère que garder l'expérience, le savoir-faire, j'ai même la sagesse des salariés de plus de 52 ou 55 ans dans l'entreprise, c'est une priorité nationale. Je n'aime pas trop ce terme de senior, parce qu'on a l'impression immédiatement qu'on parle de personnes qui sont très âgées, pas du tout. C'est des personnes qui ont de l'expérience, du savoir-faire, qui doivent le transmettre aux générations qui viennent dans l'entreprise, se priver de ses compétences. C'est une faute économique et c'est une faute sociale.
Donc il faudra cet index dans la loi travail à venir ?
Je souhaite, en tout cas, que, comme ministre de l'économie, on fasse tout pour ne pas se priver des compétences, des personnes de plus de 50 ans qui sont précieuses pour notre économie, précieuses pour nos artisans, précieuses pour nos commerçants, précieuses pour nos entreprises.
Monsieur le maire, il y a un contexte social que vous connaissez par cœur, on ne va pas le redétailler ici. Demain, c'est le 8 mai. Le président de la République va se rendre d'abord sur les Champs-Elysées, puis à Lyon pour les commémorations et les hommages. Il y aura des mesures de sécurité, on va y revenir, qui seront prises. Plusieurs manifestations ont été interdites ces dernières semaines. Et ces dernières heures, plusieurs responsables syndicaux de forces ouvrières, puis de la CGT, disais-je les sites, Jean Moulin, référence au 8 mai, n'aurait pas interdit les manifestations.
Vous êtes d'accord avec ça ? Non, je ne sais pas trop quand on fait parler les grandes figures de l'histoire à leur place. Laissons Jean Moulin là où il est, c'est-à-dire dans le panthéon de notre histoire nationale, un homme d'un courage extrême, une capacité de résistance et d'illustration de ce que peut être la grandeur de la France portée au plus haut, et ne parlons pas à sa place. La réalité, c'est que le 8 mai 1945, c'est un moment d'union nationale. Et ça doit rester un moment d'union nationale. La liberté de manifester, elle est totale dans notre pays. La liberté de manifester n'exclut pas le respect de la commémoration de la capitulation de l'Allemagne nazie le 8 mai 1945.
Oui, sauf que, M. le maire, s'est arrêté de préfectoraux interdisant de manifester, il y en aura effectivement demain pour le 8 mai. Il y en a eu aussi d'autres, ce n'étaient pas des commémorations, c'étaient des déplacements du président de la République. Parfois, ils ont été annulés par le tribunal administratif. Ça pouvait donner l'impression, au fond, que le président était empêché, qu'il ne pouvait pas se déplacer sans avoir ce type de manifestation et cette nécessité de demander au préfet d'interdire les manifestations.
Quand on regarde les semaines passées, j'ai le sentiment qu'il n'y a pas eu beaucoup de limites à la liberté de manifester dans notre pays. Des manifestations, nous en avons eu. Nous en avons eu beaucoup. Que nous protégions le 8 mai 1945 pour respecter la mémoire de ce moment historique, ça me paraît sage.
Il n'y a pas d'empêchement du président de la République dans ses déplacements ? Non, il n'y a pas d'empêchement.
On est obligé d'envisager ce type de dispositifs. Le président de la République a fait le choix courageux d'aller au contact de nos compatriotes, le plus souvent possible. Évidemment, parfois, certains manifestent, parfois bruyamment. Ce que je souhaite, c'est que tous ceux qui ont quelque chose à dire au président de la République, puisqu'il a le courage de se déplacer, d'aller à la rencontre des Français, le disent sereinement. On peut être en désaccord avec nous, mais ce n'est pas la peine de faire du bruit, ce n'est pas la peine de taper dans des casseroles, ça empêche le dialogue.
Je me suis rendu, il y a quelques semaines, dans la Somme, dans une entreprise formidable, qui s'appelle InnovaFeed, qui fait des protéines d'insectes pour remplacer les protéines animales. Il y avait des manifestants à la sortie de l'usine. Je leur ai proposé de discuter avec eux plutôt que de taper dans leurs casseroles. Ce n'est pas en tapant dans les casseroles qu'on va trouver des solutions aux problèmes du pays. C'est en discutant ensemble. Ils ont refusé. Donc je regrette que certains s'enferment dans le bruit au lieu d'aller dans la direction du dialogue.
Justement, puisque vous parlez de ceux qui font du bruit, revenons sur les arrêtés pris par les préfets récemment, notamment lors des déplacements du président de la République. Il y a un arrêté qui a fait beaucoup parler, qui interdisait, je cite, les personnes munies d'un dispositif sonore portatif. Ça, c'est quoi ? Ça peut être une casserole. Voilà, exactement. Mais vous avez dit un peu moins simplement.
C'est un dispositif culinaire, un portatif, la casserole.
Est-ce que ça, c'est du zèle ou est-ce que c'est une précaution nécessaire ?
Je le redis, on ne va pas passer trop de temps sur les arrêtés, les casseroles, les gens qui tapent dans leurs casseroles, ils abîment leurs casseroles et parfois ils cassent aussi les cuillères en bois sur leurs casseroles. Je dis très simplement qu'une nation avance dans et par le dialogue et que le bruit, l'agitation perpétuelle ne mènent nulle part, ne font progresser personne et certainement pas le pays.
Dans la gestion de ces manifestations, monsieur le maire, la France a été pointée du doigt à plusieurs reprises par des pays amis pour sa gestion de ces manifestations, pour la violence employée par ces forces de sécurité. Est-ce que vous entendez ces critiques ? Est-ce qu'elles vous semblent constructives et objectives ?
Ça me laisse stupéfait et pantois, ces critiques. Quand je vois ce que subissent nos forces de l'ordre, ce que subissent nos policiers et policières, quand je vois l'image de ce policier transformé en torche vivante, parce qu'un certain nombre de manifestants n'ont celui-là que pour casser, que pour blesser ou que pour tuer. Je vais vous dire, je n'ai aucune hésitation à dire que mon cœur est du côté de ces policiers et policières qui nous protègent et qui sont prises à partie de manière d'une violence inacceptable par des manifestants qui n'ont pas leur place dans ces manifestations.
Je vous fais écouter un témoignage, monsieur le ministre, celui de Rémi Buisin, il est journaliste, il couvre ses manifestations. Voici ce qu'il raconte sur BFM TV.
Alors là, on est sur la place de la Nation, on est un petit peu avant 19h, donc il y a une charge policière où en gros, moi, je me retrouve à prendre le bouclier dans la tête au niveau de la lèvre, je tombe au sol et à ce moment-là, j'ai souvenir de prendre un coup de pied dans mon casque qui amortit largement le choc. Donc heureusement, du coup, je ne suis pas particulièrement blessé au niveau du visage et par contre, je prends un coup de matraque au niveau de l'épaule qui me fait un peu mal ce soir.
Comment vous réagissez à ces images, à ce témoignage ? Et si, à un moment donné, il y a un débordement ou un autre, il y a l'inspection générale de la police nationale qui fait toutes les enquêtes nécessaires et qui sanctionne ceux qui doivent être sanctionnés. Mais je suis, je le redis... Et ça vous choque, ces images ? Je suis... On n'est pas là pour exprimer des sentiments. Nous sommes là pour défendre un état de droit. Et je suis stupéfait de ce renversement de valeur.
Mais là, pardonnez-moi, monsieur le ministre, mais le policier ne défend pas un état de droit. Mais dans ce cas-là, bien sûr... Ça ne fait pas spécialement une généralité. Mais c'est une scène qui peut être considérée comme choquante.
Mais si vous avez un débordement, si vous avez un acte qui est déplacé de la part de ceux qui disposent du monopole de la force légitime, ils seront sanctionnés. C'est le cas, nous sommes dans un état de droit. Vous ne pouvez pas dire « ça me choque ». Non, Benjamin Duhamel, je vais vous dire. J'attends les résultats de l'enquête. Moi, ce qui me choque, c'est ce renversement de valeur qui fait que les personnes qui sont chargées au péril de leur vie de garantir notre sécurité sont systématiquement mises en cause. Nous avons besoin de respect pour les forces de l'ordre et nous avons besoin de respect de l'ordre tout court. C'est là aussi ce qui garantira l'unité de la nation. Pauline ?
Parler de l'état de droit, cette semaine, un courrier a été dévoilé. C'est celui de la contrôleur générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonneau, ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Et dans ce courrier, elle a dénoncé un recours massif par les forces de l'ordre à des interpellations et des gardes à vue préventives. Elle évoque même une instrumentalisation des gardes à vue à des fins répressives. Est-ce que vous pensez, comme votre collègue Gérald Darmanin, qu'en disant cela, elle excède ses compétences ?
Gérald Darmanin est ministre de l'Intérieur, donc je crois ce que dit et ce qu'affirme Gérald Darmanin sur les sujets de sécurité intérieure. Je rappelle aussi, pour revenir à ces manifestations, à ces débordements, que ce qui me choque, pour reprendre le terme de Benjamin Duhamel, c'est que dans cette liberté de manifester, où il y a des gens qui sont contre la réforme des retraites, ils ont le droit de venir manifester, bien entendu. Les syndicats sont libres de manifester.
Toutes ces personnes-là soient empêchées dans l'exercice de leur liberté démocratique par des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes qui sont venues, je le redis, que pour troubler l'ordre public, casser du flic et interdire aux manifestants de manifester librement et en sécurité. Et c'est cela qui doit être combattu. Et je suis très inquiet de voir dans notre démocratie ce renversement de valeur qui fait qu'au lieu de voir le cœur du problème, on essaye systématiquement de créer des polémiques inutiles par rapport aux personnes
qui garantissent notre sécule. Alors, précisément, pour éviter les scènes que l'on vient de voir, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin et le garde des Sceaux, ont dit cette semaine vouloir réfléchir à une nouvelle loi anti-casseur qui se rajouterait donc à celle votée en 2019. Est-ce que c'est une bonne idée ? Est-ce que vous y êtes favorable ? Rappelons pour ceux qui nous regardent que dans la précédente loi, la mesure d'interdiction préventive de manifester avait été écartée par le Conseil constitutionnel. Est-ce qu'à partir du moment où cela avait été écarté, on peut vraiment faire plus que ce qui est déjà dans la loi ?
C'est au garde des Sceaux et au ministre de l'Intérieur d'apprécier ce qui est nécessaire en matière de maintien de l'ordre. Si jamais vous les interrogez sur l'économie, sur les finances, sur l'établissement des finances publiques, je pense que Gérald Darmanin et Eric Dippon-Moretti feraient la même chose, ils iraient demander au ministre de l'économie Je fais confiance au ministre de l'Intérieur et au garde des Sceaux, mais c'est à eux de juger si une loi est nécessaire ou pas. Je suis incapable de vous dire si elle est nécessaire ou non.
Monsieur le maire, le Conseil constitutionnel, toujours lui, a rejeté la deuxième version du référendum d'initiative partagée. Ce dispositif, en fait, il n'a jamais débouché sur rien, de concret. Est-ce qu'il a encore une raison d'être ?
Est-ce que ce n'est pas de la poudre aux yeux ? Non, je pense qu'il a une raison d'être, simplement, il faut qu'il soit justifié. Et là, en la matière, le Conseil constitutionnel a établi de manière très claire que sur la réforme des retraites, un référendum d'initiative partagée n'était pas justifié. La loi a donc été promulguée. Elle a été validée par le Conseil constitutionnel. L'important maintenant, c'est qu'elle s'applique. Parce que tous ces débats sur le RIB, sur le Conseil constitutionnel, sur les recours, sur la proposition de loi de Charles de Courson, nous empêchent de voir l'essentiel. L'essentiel, c'est l'équilibre des comptes du régime de retraite par répartition en 2030.
Ce qui fait que vous et moi, nous aurons notre retraite garantie, tous ceux qui nous écoutent également, sans avoir à baisser les pensions des retraités ou à augmenter les cotisations des salariés, c'est-à-dire à baisser leur pouvoir d'achat. C'est quand même ça le sujet essentiel.
Oui, alors pardonnez-moi, on va rester tout de même sur ce qui va se passer le 8 juin, puisque vous y avez fait allusion. Le groupe Liot, à l'Assemblée, va profiter de sa niche parlementaire pour déposer une proposition de loi visant à ramener l'âge de départ à la retraite. Donc à 62 ans, est-ce que vous pourrez compter sur les Républicains qui vous ont tant fait défaut sur toute cette première partie à l'Assemblée nationale, sur cette réforme si importante pour reprendre votre expression ?
Vous pouvez toujours parier sur la cohérence politique des Républicains, je le souhaite. Je rappelle qu'ils ont toujours défendu le report de l'âge légal de départ à la retraite à 64. L'IAT, c'était même 65 ans. Donc par souci de cohérence, j'espère qu'ils nous soutiendront. Mais vous le dites dans un sourire, M. Le Maire, ce qui veut dire que vous en goûtez. Oui, parce que la cohérence n'est pas toujours la vertu la mieux partagée en politique. Mais je souhaite que tous ceux qui, parmi les Républicains, sincèrement estiment que ce report de l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans est nécessaire, puissent faire opposition
à cette proposition. Mais si cette loi était adoptée le 8 juin, quelles conséquences est-ce que le gouvernement pourrait en tirer ? Est-ce qu'il pourrait dire qu'il y a eu ce vote à l'Assemblée, donc on décide de suspendre la réforme des retraites ? Tout ça est de l'artifice.
Tout ça est de l'artifice. Pourquoi ? Et je pense que la France et nos compatriotes ont suffisamment de difficultés sur le pouvoir d'achat, sur la rémunération, sur leur vie quotidienne, sur les questions de sécurité dont nous venons de parler, pour qu'on ne perde pas de temps avec des artifices. On sait parfaitement que même si elle était votée, elle irait au Sénat. Et comme le Sénat a voté notre réforme des retraites, cette proposition de loi serait rejetée. Est-ce que vous pensez vraiment qu'on a du temps à perdre avec ces artifices législatifs ? Je ne crois pas.
Les opposants vous disent que si une majorité s'exprime à l'Assemblée nationale contre la retraite à 64 ans, ce serait absurde que le gouvernement n'entende pas ce message.
C'est les mêmes qui n'ont pas entendu que le Sénat, majoritairement, a adopté la réforme des retraites et le régime de retraite. Et dans le système parlementaire, l'Assemblée nationale a le dernier mot. Non, mais on peut passer des semaines et des mois à piétiner. On peut passer des semaines et des mois dans l'immobilisme, dans la controverse, dans la querelle inutile. On peut aussi, et c'est le cœur de mon engagement politique, se dire qu'aujourd'hui, il faut réindustrialiser le pays, qu'aujourd'hui, les États-Unis sont en train d'attirer les investissements pour l'industrie verte chez eux et qu'il faut répliquer.
C'est ce que nous allons faire la semaine prochaine avec le président de la République. On peut se dire qu'il faut faire passer désormais le chômage des jeunes de 25 à 16 et maintenant de 16 à 10. Ça, ce sont de vrais combats. Ça, ce sont des combats nécessaires. C'est des diversions. C'est une diversion. Mais c'est de la perte de temps. Et nous avons mieux à faire. Et je pense que le Parlement a mieux à faire que de perdre du temps.
Quand je vois certains députés, Stéphane Vogetta et un député socialiste qui prennent une initiative sur proposition d'ailleurs du gouvernement de réguler les influenceurs, d'adopter une proposition de loi sur de la porte et que cette proposition de loi est adoptée, c'est deux parlementaires qui pourtant viennent de camps différents, ont fait avancer la régulation sur les influenceurs. Ils ont fait tout simplement avancer la France. Donc moi, j'invite chacun à faire avancer la France plutôt que la faire piétiner.
Sur cette proposition de loi, tout le monde n'est quand même pas aussi serein que vous au sein de la majorité. Il y en a certains qui s'inquiètent vraiment beaucoup, quitte à dire franchement, il faut qu'on fasse tout pour empêcher qu'elle soit votée, sinon ça aura un effet délétère, quitte à, pourquoi pas, devoir faire de l'obstruction, qui est ce que vous aviez justement reproché à LFI lors du débat sur les retraites. Vous leur dites quoi ? Vous perdez vos nerfs ? Ou est-ce qu'ils ont quand même
raison de s'inquiéter ? Notre majorité a raison de se mobiliser pour ne pas faire passer cette proposition de loi. Je rappelle que cette proposition de loi est portée par
un député
qui lui-même avait défendu en son temps le report de l'âge légal à 64 ans. Donc toutes ces contradictions, toutes ces incohérences ne mènent le pays nulle part. La France a besoin de décisions fermes, claires, lisibles. Et dans les décisions claires, fermes et lisibles qui sont nécessaires, il y a une nécessité que tous ensemble nous travaillions davantage, comme l'ont fait tous les autres pays européens, pour garantir notre prospérité, des emplois et l'avenir de nos enfants.
Encore un mot parce que c'est très important. Vous parlez de faire avancer le pays, mais le pays est en partie bloqué. Ce matin, la présidente de l'Assemblée nationale, Mme Braun-Pivet, estime qu'il est temps, je la cite, de réformer les institutions. Est-ce que vous partagez cet avis ?
Je ne partage pas l'avis sur le blocage du pays. Pas du tout. Je vois des entrepreneurs qui se battent tous les jours. Je vois des salariés qui se battent tous les jours. Je vois des ouvriers dans les usines. Je vois des ingénieurs. Je vois des créateurs de richesses. Nous avons un pays, je vois des créateurs de start-up qui sont totalement mobilisés. Mais enfin, regardons la réalité du pays. Oui, mais il y a une autre réalité, M. Le Maire, c'est que le texte de l'immigration que vous souhaitiez porter dans votre majorité et reporter ce médié parce qu'il ne passerait pas. La réalité du pays, c'est qu'il y a des gens
qui se battent tous les jours. Ce sera compliqué. C'est une réalité aussi, M. le ministre. Il y a un blocage politique qui empêche l'exécutif.
Je ne suis absolument pas d'accord avec cette analyse. Les chiffres de croissance du premier trimestre viennent de tomber. 0,2. Ils sont positifs. La croissance de 2023 sera positive. Mais ça ne tombe pas du ciel. Ça vient du travail des gens. des entrepreneurs, des chefs d'entreprise, des salariés, des ouvriers, des ingénieurs. Je veux leur rendre hommage et je veux leur dire aussi que je serai toujours avec eux, derrière eux et en soutien de leur travail. Et que cette idée que la France pourrait être bloquée aujourd'hui à l'arrêt est une idée qui est tout simplement fausse.
Elle n'est pas à l'arrêt. Vous parlez de la réforme des institutions. Quand Yael Brunpivet ce matin dit, il est temps de réformer les institutions. Est-ce que c'est vraiment la priorité absolue
de ceux qui sur le terrain vous parlent ? Je ne crois pas que ce soit la priorité. Je pense qu'Yael Brunpivet a parfaitement raison de dire que le moment venu, je l'ai défendu depuis dix ans, nous aurons besoin d'une réforme des institutions pour aller vers plus de simplicité, pour aller vers une réduction du nombre de parlementaires, pour aller aussi vers une revalorisation du statut et du mandat de parlementaires, pour une transformation du Conseil constitutionnel. Je l'ai proposé à plusieurs reprises avec des modalités de désignation différentes des membres du Conseil constitutionnel. Tout cela, ça fait à peu près dix ans que je le défends. Donc je partage l'avis d'Yael Brunpivet.
Mais la priorité, comme le dit très bien Benjamin Duhamel aujourd'hui, des gens que je rencontre, c'est que le pays bosse, le pays crée des emplois, le pays fonctionne et le pays avance.
Nous allons dans quelques instants nous intéresser évidemment de très près à la lutte contre l'inflation, mesures qui sont prises aux lois que vous défendez et que vous allez défendre. Avant ça, et pour conclure cette partie-là, le Rassemblement national progresse, M. le maire, progresse dans des proportions qui conduit certains instituts de sondage à donner Marine Le Pen gagnante d'une potentielle élection présidentielle désormais. Je voudrais vous montrer les chiffres que vous connaissez sans doute très bien. Ils viennent de l'heure de votre circonscription. Le Rassemblement national, sur vos terres, M. le ministre, a progressé dans des proportions extrêmement importantes, atteignant 29%.
On va voir les chiffres apparaître à l'antenne. Quelle est la responsabilité, non pas de Bruno Le Maire individuellement, mais de votre majorité et de la politique que vous conduisez depuis des années pour avoir le Rassemblement national à des niveaux si hauts aujourd'hui ?
J'ai été élu trois fois dans cette circonscription, la première circonscription du département de l'heure, avec à chaque fois un Rassemblement national qui a progressé. J'ai tenu parole, j'ai toujours dit que je ne ferais que trois mandats, je n'ai pas voulu faire un quatrième mandat. Le Rassemblement national, candidat du Rassemblement national a gagné lors des dernières élections législatives. Parce que vous n'étiez pas candidat ? Non, je ne dirais pas ça. Je dirais simplement c'est un constat. Elle a gagné. Pourquoi est-ce que le Rassemblement national a progressé dans notre pays ? Parce que vous avez eu des décennies de délocalisation industrielle.
On a commencé à les renverser parce qu'on n'a pas souvent fait attention à la paupérisation d'une partie de la population française. Nous apportons une réponse avec de l'emploi, une meilleure rémunération du travail. Donc nous apportons avec le Président de la République les réponses aux préoccupations de nos compatriotes. Et je ne crois pas que si nous nous mobilisons, si nous continuons avec la même fermeté, Marine Le Pen ou le Rassemblement national puissent gagner les prochaines élections présidentielles de 2027. C'est une question de détermination.
Répondre aux inquiétudes de nos compatriotes sur le sentiment de déclassement, sur la réindustrialisation, sur la création d'emplois industriels, sur l'ouverture d'usines, c'est une réponse qui permettra de faire pièce aux solutions de Marine Le Pen. Être très ferme, comme je l'ai été tout à l'heure, et comme Gérald Darmanin sur les questions de sécurité, de délinquance, c'est une réponse aussi au risque de voir le Rassemblement national monter. Et je termine en soulignant à quel point le Rassemblement national depuis 10 ans sur tous les grands sujets a eu faux. Et si nous avions eu le Rassemblement national au pouvoir aujourd'hui, nous avions été du côté de la Russie contre l'Ukraine.
Nous aurions en matière de pouvoir d'achat non pas mis en place un bouclier tarifaire sur l'électricité, sur le gaz, mais une baisse de TVA qui aurait fini dans la poche des distributeurs et qui n'aurait absolument pas protégé nos compatriotes contre l'inflation. Nous aurons été soignés à l'hydrochloroquine et pas... Hydrochloroquine. Hydrochloroquine. On prononcerait mieux que moi. Et pas avec des mesures sanitaires plus efficaces comme celles que nous avons su prendre. Monsieur le maire. Et nous serions sortis de l'euro alors même que face à la crise du Covid, l'euro a été notre meilleure protection. Juste un mot,
vous parlez de la politique économique que vous menez. Est-ce que vous souhaiteriez mener la politique du gouvernement ? Matignon, ça vous tente ou pas ?
Non, ce qui me tente c'est de rester là où je suis. Je pense l'avoir dit depuis à peu près
six ans. Si le président vous propose en disant voilà, Monsieur le ministre, la France a besoin de vous à la tête du gouvernement, c'est difficile de refuser, non ? Non, je pense que la France elle a besoin de stabilité. Donc il n'y a pas besoin de remédiements ?
Donc Elisabeth Borne
reste longtemps à Matignon et ça peut durer ?
Elisabeth Borne est une très bonne première ministre et je travaille très bien avec elle.
Et ça peut durer longtemps comme ça ?
Si c'est une très bonne première ministre et que les ministres travaillent très bien avec elle sous l'autorité du président de la République pour ceux qui me concernent c'est-à-dire le secteur de l'économie et les finances qui est déjà un secteur suffisamment large je suis à outre de la stabilité. Je le suis depuis six ans donc je m'en rappelle beaucoup sur le sujet. Le remaniement c'est le président de la République qui le décide avec la première ministre et c'est à lui de juger les ministres certainement pas à un de ses ministres.
Dans un instant nous nous pencherons l'augment sur le sujet de l'inflation. Avant ça trois photos vont apparaître derrière moi Monsieur Le Maire elles sont toutes liées à une question d'actualité vous allez pouvoir en choisir deux. Vous allez voir des poulets vous allez voir des trains et le pape en doudoune. Quelle première photo choisissez-vous ? Le pape en doudoune. C'est une fausse photo. Oui c'est une fausse photo. Je vais préciser pour nos téléspectateurs c'est une fausse photo qui a été créée par une intelligence artificielle. Leur développement avec un accès au grand public inquiète certains chercheurs.
Est-ce qu'il faut ralentir ce développement voire le stopper pour un temps selon vous comme le propose par exemple Elon Musk ?
Non je pense j'ai beaucoup de discussions aujourd'hui avec les acteurs de l'intelligence artificielle avec des scientifiques des ingénieurs des industriels je pense que c'est aujourd'hui l'une des plus grandes questions politiques qui se posent aux démocraties et celles qu'il va falloir prendre à bras-le-corps dans les semaines qui viennent. Mais avant de s'exprimer il faut écouter ceux qui savent consulter pour éviter de dire trop de bêtises. Je considère d'abord que la France a des atouts considérables dans ce domaine. elle a probablement parmi les meilleurs scientifiques et les meilleurs ingénieurs de l'intelligence artificielle.
Ça doit nous aider à faire des propositions à garantir le stockage des données leur protection pour qu'on ne laisse pas filer toutes les données qui permettent de nourrir l'intelligence artificielle sur des bases que nous ne contrôlons pas. Donc la première chose à faire c'est investir innover dans l'IA c'est la stratégie IA que nous avons mis en place avec le président de la République. La deuxième chose c'est effectivement réguler. Vous ne pouvez pas avoir une révolution de cette importance une révolution technologique qui menace des dizaines voire des centaines de milliers d'emplois qui menace notre rapport à la vérité et qui, pour vous dire le fond de ma pensée, menace nos démocraties.
Est-ce que c'est comparable à l'apparition d'Internet par exemple ? Je pense que c'est une révolution parfaitement comparable mais dont l'usage menace encore davantage le bon fonctionnement de nos démocraties en risquant d'abolir définitivement la frontière entre le vrai et le faux entre le bien et le mal. Donc une régulation est indispensable. Ça veut dire un traité par exemple ? Ça peut être un traité international sur l'IA. Ça peut être je pense une des propositions intéressantes à porter. Je pense que l'Europe qui a toujours été en pointe sur cette question du respect de la démocratie et du bon usage de l'IA devrait faire des propositions sur l'IA en la matière.
Peut-être une fois encore sous forme d'un traité international. Mais nous devons nous Européens à la fois innover, protéger nos données et proposer une régulation qui soit efficace.
Monsieur le ministre, il y a deux photos. Laquelle choisissez-vous ? Des poulets ou des trains ? Il n'y a jamais de lien entre les photos.
Non, je cherche le lien entre les poulets et les trains. En tout cas, le train, je vais prendre ça comme deuxième photo parce que je considère que le plan train, le plan ferroviaire que nous avons annoncé avec la Première Ministre est absolument décisif. Je ne sais pas si c'est sur ce sujet.
J'ai une question très précise monsieur le ministre, c'est que l'Allemagne lance un ticket unique qui donne accès aux bus, aux métros, aux trains locaux et régionaux pour 49 euros par mois. Il y a des expériences similaires en Espagne. En Autriche, c'est un peu plus de 1000 euros à l'année pour utiliser sans limite tous les transports en commun. À quand un billet similaire en France ?
Quand nous aurons financé nos investissements. C'est très bien le billet à tarif unique. C'est intéressant. Ça a été utilisé en Allemagne. Regardez le coût que ça représente. Nous, nous avons besoin d'investir dans la rénovation des vieilles lignes et dans la création de nouvelles lignes. Donc, je ne suis pas sûr que ce soit compatible avec un billet à tarif unique. L'argument est écologique chez nos voisins européens. Oui, mais Clément Beaune l'a parfaitement dit. On n'a pas observé en Allemagne, lorsqu'il y a eu un billet à tarif unique, ce qu'on appelle un report modal, c'est-à-dire un report vers l'utilisation du train. Donc, c'est très coûteux.
Il n'y a pas forcément de report vers l'utilisation du train. Et comme ministre des Finances, ça me prive de ressources dont j'ai impérativement besoin pour financer l'investissement dans le ferroviaire. Je crois profondément dans l'investissement dans le ferroviaire. Mais tout n'est pas possible. On ne peut pas à la fois dégager 100 milliards d'euros pour le ferroviaire et dans le même temps dire que ce sera quasiment gratuit pour tout le monde.
Est-ce que vous comprenez que pour les Français, ça puisse sembler absurde à un moment où on dit qu'il faut privilégier les transports publics et notamment le train à l'avion ou à la voiture d'avoir par exemple en France des billets de TGV aussi chers et inabordables pour beaucoup de nos compétences.
Bien sûr, nous en parlons très régulièrement avec le président de la SNCF qui immédiatement vous dira que c'est les péages qui sont trop chers. Donc on fasse le maximum pour que les billets soient les moins coûteux possibles. Il y a des offres qui sont proposées, il y a des Ouigo, il y a des tarifications particulières. Oui, on fasse en sorte que de plus en plus on puisse réduire le coût du train. Oui, que nous allions vers un billet à tarif unique avec un coût pour les finances publiques extrêmement élevé qui nous privera des investissements nécessaires dans le ferroviaire. Je ne pense pas qu'au moment où je vous parle ce soit la bonne option.
Dans beaucoup de zones rurales en France, il n'y a pas de train, il n'y a pas de bus, les Français sont obligés d'utiliser leurs voitures. Et je vais, pour reprendre une expression chère à Benjamin Duhamel, question simple, M. le maire, pourquoi est-ce que les prix à la pompe sont-ils toujours aussi hauts en France ? Pourquoi ils n'ont pas baissé alors que le prix du baril, lui, a significativement baissé ?
Il y a des raisons structurelles que chacun connaît. Nous avons une fiscalité qui est élevée sur les énergies fossiles en France. C'est aussi ce qui permettra de financer la transition écologique et une priorité absolue. Ensuite, je voudrais m'assurer, mais je le vois la semaine prochaine, que les distributeurs jouent bien le jeu sur les tarifs de carburant. Nous aurons la semaine prochaine une rencontre avec tous les distributeurs qui ont parfaitement joué le jeu du trimestre anti-inflation sur les prix alimentaires. je voudrais regarder ce qu'il en est sur les marges.
Vous avez déjà une idée, monsieur le ministre, parce que les taxes ne sont pas flottantes. Elles sont indexées au prix, elles évoluent de façon fixe avec lui, donc il y a bien quelqu'un qui continue de gagner de l'argent
alors qu'elles ont baissé. Avant de mettre qui que ce soit en cause, je préfère avoir des chiffres précis. J'ai demandé à la DGCCRF de faire une évaluation de ces chiffres. Nous regardions quels sont les marges. Je vais ensuite en discuter avec les distributeurs et puis essayer d'apporter des solutions. Est-ce que les prix vont baisser ?
Est-ce que vous pouvez dire
aux Français qui nous regardent que les prix vont baisser ? Je ne prends pas d'engagement avant d'avoir vu les distributeurs puis sur les prix alimentaires, les industriels la semaine d'après. Je pense qu'il est de meilleure politique de dialoguer avec les responsables économiques puis de dire aux Français où nous en sommes
plutôt que d'inverser les choses. Sur la question du trimestre anti-inflation, vous l'avez dit, vous allez voir les distributeurs jeudi. Est-ce qu'ils sont sur la même ligne que vous sur le fait de prolonger ce trimestre anti-inflation ? Vous dites qu'ils ont plutôt joué le jeu. Est-ce qu'ils continueront à jouer le jeu dans les mois qui viennent ? D'abord, les distributeurs
ont joué le jeu. Quand vous regardez les prix du trimestre anti-inflation, sur chacun des produits, les prix ont baissé de 5 à 7 %. Donc, c'est un succès. Et j'en remercie les distributeurs. Deux, on sait bien que les prix alimentaires continuent à rester très élevés et donc, il est impératif de prolonger l'opération au-delà du 15 juin. Pas sous quelle forme. Ce sera à eux de le déterminer. Je vais en parler avec eux la semaine prochaine. Mais c'est impératif de prolonger l'opération au-delà du 15 juin. Enfin, troisième chose, il faut casser la spirale des prix alimentaires d'ici l'automne. C'est insupportable pour nos compatriotes.
Et je sais que toutes ces opérations, elles permettent de limiter la casse. Mais ça ne suffit pas. Il faut casser la spirale des prix alimentaires d'ici l'automne. Ce qui suppose avoir non seulement les distributeurs à bord, mais aussi les grands industriels que je verrai la semaine d'après pour leur demander mais les prix baissent, les prix du fret baissent, les prix de gros baissent. Il faut que vous répercutiez cette baisse sur les prix à la consommation parce que c'est insupportable pour nos compatriotes. Notre objectif commun, industriel, pouvoir public, distributeur, doit être de casser l'inflation sur les prix alimentaires à l'automne.
Les distributeurs, ils dénoncent l'opacité totale des industriels sur ces prix justement. Vous pouvez les contraindre ?
Déjà, on a tous les chiffres pour apporter justement des éléments de transparence. Toujours plus simple quand on a des chiffres sur lesquels nous sommes d'accord. Est-ce que ça, c'est acceptable ? Est-ce que ça, ça n'est pas acceptable ? Ça permet de faire progresser les choses. Il y a un dernier élément qu'il faut garder présent à l'esprit puisque vous aviez les poulets en photographie, c'est qu'il ne faut pas que ça pénalise nos agriculteurs. C'est aussi toute la difficulté de l'exercice. C'est pour ça d'ailleurs qu'il n'y a pas de solution simple et des solutions fortes, des solutions claires.
Mais tous ceux qui vous disent il n'y a qu'un faucon sont tous ceux qui ne se confrontent pas à la réalité. Nous devons à la fois faire baisser les prix, réduire les marges des grands industriels lorsque les prix de gros baissent et que les prix du fret baissent et protéger les revenus de nos producteurs agricoles.
Si je ne me trompe pas, vous avez rencontré le gouverneur de la Banque de France en fin de semaine, enfin vendredi. Il a notamment été question des conditions d'emprunt en France. Pour dire la chose très clairement, elles sont au-delà de contraignantes, elles sont même quasiment impossibles pour l'immense majorité des Français. Est-ce que vous avez avancé sur ce sujet ? Qu'est-il ressorti
de cet échange ? Nous avançons. On a eu un échange très technique sur un certain nombre d'assouplissements. Je présenterai les résultats de ces discussions. Je pense qu'il est là aussi préférable de ne pas les mettre sur la place publique tant que ces discussions n'ont pas abouti le 13 juin lors de la réunion du Haut Conseil de Stabilité Financière où nous préciserons si les assouplissements sont possibles. Nous devons aussi parler...
Vous souhaitez que les Français puissent à nouveau acheter, puissent à nouveau investir dans leur résidence principale ?
Je souhaite évidemment que les Français puissent avoir accès au crédit de la manière la plus souple possible. Mais nous devons aussi tenir compte d'une réalité. C'est que les taux d'intérêt ont fortement augmenté. Donc forcément, ça limite l'accès d'un certain nombre de nos compatriotes au crédit et notamment au crédit immobilier.
Bruno Le Maire, dans l'affaire du Fonds Marianne lancé par Marlène Schiappa en 2021, le PNF, le Parquet National Financiers, a ouvert une information judiciaire pour détournement de fonds publics. Rappelons que ce fonds avait été créé après l'assassinat de Samuel Paty pour subventionner des associations luttant contre le séparatisme pour les valeurs de la République et que donc précisément la gestion de ce fonds a fait l'objet de signalements à la justice. Est-ce que Marlène Schiappa peut rester au gouvernement ?
Bien sûr. Il y a une enquête en cours. C'est l'enquête en cours qui déterminera ce qui s'est passé. C'est parfaitement légitime qu'il y ait une enquête sur l'utilisation de ces fonds. Attendons les résultats de l'enquête. Et là aussi, n'oublions pas dans cette vie politique où la querelle, le bruit, la controverse trop souvent décrypse les sujets de fonds que le vrai sujet c'est l'assassinat de Samuel Paty. Et que ce qui doit nous préoccuper aujourd'hui...
C'est aussi un sujet si des fonds ont été mal utilisés alors s'ils étaient censés lutter précisément contre ce qui a causé
l'assassinat de Samuel Paty. Bien sûr qu'il faut vérifier la bonne utilisation de ces fonds. Mais n'oublions pas qu'un enseignant a été assassiné parce qu'il avait fait son travail et son devoir. Et n'oublions pas que la progression de l'islam politique dans notre pays, celui qui ne respecte aucune des règles de la République, aucun des éléments clés de notre culture doit rester un sujet de préoccupation pour nous tous.
L'ordre du jour du Conseil des ministres mercredi.
Mercredi avec la présentation d'un texte de loi sur le numérique visant à sécuriser et réguler l'espace numérique. Il y a un des volets qui concerne l'accès des mineurs à la pornographie. Est-ce que vous pouvez nous dire concrètement comment vous allez faire pour mieux protéger les mineurs de cela sachant que ce qu'on a bien vu c'est que jusqu'à présent rien n'a vraiment fonctionné ?
Il y a des systèmes d'alertes beaucoup plus performants qui vont être mis en place par cette proposition que défendra Jean-Noël Barreau mercredi prochain. Ça vaut pour les sites pornographiques avec des autorisations pour les mineurs et des contrôles pour les mineurs qui seront beaucoup plus stricts. Ça vaut aussi pour tous les sites d'arnaques. Vous aurez un signalement sur tous les sites dont nous savons que ce sont des sites d'arnaques. Le signalement sera automatique, plus visible, plus efficace. Jean-Noël Barreau présentera tout ça la semaine prochaine. mais de manière plus générale, le numérique ne peut pas être le Far West.
L'ordre public économique s'applique à la vie économique des entreprises. Il s'applique aussi au numérique. C'est plus difficile bien entendu mais c'est un engagement de tous les jours qui appelle des solutions techniques et scientifiques beaucoup plus fortes. C'est celle que présentera Jean-Noël Barreau mercredi prochain.
Vous avez fait allusion à l'instant aux conclusions de la DGCCRF sur 50 sites d'influenceurs 30 infractions relevées ce qui est colossal que vous avez jugé d'ailleurs inacceptable. Vous voulez donc passer au name and shame. Magali Berda qui elle-même est une influenceuse elle dénonce cette volonté elle vous reproche à vous directement ce qu'elle estime être une campagne de cyber harcèlement dont elle serait victime. Elle vous dit je ne suis pas un putching ball elle vous demande de nommer d'ailleurs sur ces 30 infractions celle qui potentiellement la concernerait parce qu'elle estime être victime a priori de violences en raison de cela. Qu'est-ce que vous lui dites ? Je dis simplement
que le ministre de l'économie et des finances ne cible personne en particulier mais il est le garant de l'ordre public économique.
Les influenceurs sont des créateurs d'emplois des créateurs de valeurs ils sont pour la plupart extraordinairement imaginatifs créatifs ils apportent beaucoup à l'économie française et puis il y a un certain nombre de petits malins qui eux trafiquent utilisent mal leur rôle et le rôle qui devrait être le leur trompe le consommateur je leur dis une chose très simple la fête est finie la fête est finie on ne trompe pas le consommateur on n'abuse pas des arnaques certains d'ailleurs allant encore beaucoup plus loin donc nous repérerons nous traquerons tous ceux qui trichent nous donnerons leur nom parce que c'est bon que ces dons soient connus et soient publics et nous appliquerons les sanctions qui sont prévues par la loi la fête est finie pour tous ceux qui pensent qu'on peut tricher librement sur le net
dans cette bataille là vous avez un soutien peut-être inattendu c'est le rappeur Booba qui lui dénonce ce qu'il appelle les influx voleurs depuis de nombreux mois je ne sais pas si vous avez vu sa réaction à vos propos Bruno Le Maire on va les dilater comme jamais dit le rappeur Booba je vois que ça vous fait sourire vous avez échangé avec lui ?
non jamais mais bon très bien s'il me soutient dans mon combat avec des mots qu'il a choisis je pense par hasard
alors justement il fait allusion à votre dernier roman Pauline
absolument fugue américaine il y a un passage auquel fait allusion Booba justement dans son tweet qui a provoqué un torrent de réactions au fond c'est surtout le timing qui choque est-ce que vous le comprenez ? vous comprenez que ça puisse choquer dans ce moment-là ?
ce qui est intéressant c'est le nombre de fois où vous deux avez utilisé le mot choquer comme si la vie politique devait être faite d'emportements d'emballements de systématiquement il peut y avoir la deuxième fois il peut y avoir
des indignations aussi dans la vie politique
indignations comme vous voulez ce que je crois c'est qu'un ministre doit garder sa liberté d'écrire s'il le souhaite sa liberté de faire du sport s'il le souhaite sa liberté d'avoir les lignes de fuite qu'il souhaite moi j'invite simplement chacun à lire ce livre tous ceux qui s'intéressent à la musique à la culture européenne à cette tragédie qui a été le XXe siècle qui s'intéresse aux villes aux paysages à la sensualité de Cuba ou au régime autoritaire soviétique trouveront là-dedans le récit d'une aventure d'une aventure humaine d'une aventure musicale et je souhaite que chacun juge
en lisant mais monsieur le maire ce qui est intéressant c'est que cet extrait dont parlait Pauline et dont parle Booba a aussi des conséquences politiques regardez ces quelques références des députés quand vous prenez la parole à l'Assemblée nationale
La question s'adresse à monsieur le ministre de l'économie des finances et de la souveraineté industrielle et numérique qui n'est pas là qui lui est en train d'écrire la suite de son roman J'ai un peu l'impression que parfois vous créez les crises que vous venez d'éteindre après et malgré cette réponse que je ne qualifierais pas de dilatoire si je puis dire
Voilà ça montre que cela nuit à votre crédibilité ou est-ce que ça vous amuse ces références peut-être à votre livre
ça me fait plutôt sourire et je vais vous dire ça fait six ans que je suis ministre de l'économie et des finances J'ai eu à affronter la crise du Covid la plus grave depuis 1929 Est-ce que nous avons bien protégé nos industries nos emplois notre économie ? C'est la seule réponse qui m'intéresse Est-ce que la croissance aujourd'hui est positive ou négative ? Est-ce que nous créons des emplois ou est-ce que nous en détruisons ?
Mais vous voyez que c'est utilisé par vos adversaires politiques Bien sûr
mais ça fait partie du combat politique mais s'agissant de littérature je ne vais être jugé que sur mon livre Lisez Fugue américaine Et s'agissant de la politique je ne vais être jugé que sur les résultats de l'économie française je l'ai dit au début d'émission ils sont solides ne mélangeons pas tout
Vous avez été lu alors en tout cas à minima ce passage par un prix Goncourt Nicolas Mathieu qui a proposé sur son fil Instagram une réécriture du passage en question Est-ce que vous l'avez lu sa réécriture ? Et comment est-ce que
vous accueillez ça ?
Je ne l'ai pas lu mais je trouve que c'est un grand honneur d'avoir un passage de son livre qui est réécrit par un prix Goncourt et en revanche je vais envoyer le livre à Nicolas Mathieu pour qu'il puisse le lire dans son intégralité C'est comme vous allez dire pour qu'il puisse le réécrire en intégralité Et d'ailleurs Nicolas Mathieu qui vous a réécrit 10 lignes le livre fait 473 pages Donc j'invite une fois encore chacun à se plonger dans un roman dans lequel on parle surtout de musique de génie de faiblesse des êtres humains certains qui tombent d'autres qui se relèvent d'autres qui ne se relèvent pas C'est un livre qui est construit comme une fugue c'est-à-dire en mettant en parallèle des destins très différents celui du plus grand pianiste du XXe siècle à mes yeux Vladimir Horowitz celui de personnage moins connu et plus faible c'est d'abord un livre profondément humain et c'est une aventure
Et c'est votre cinquième c'est le cinquième ouvrage que vous écrivez depuis que vous êtes à Bercy est-ce que vous pouvez nous dire tout simplement très concrètement quand est-ce que vous écrivez ?
Très concrètement j'écris très tôt le matin quand j'écris un livre
C'est le cinquième en six ans
Oui mais c'est des livres qui sont mûris qui sont réfléchis ce livre sur Vladimir Horowitz c'est dix ans de travail cinq années de recherche sur Vladimir Horowitz puis cinq années d'écriture et lorsque j'écris il faut simplement se lever à cinq heures écrire dans l'heure et demie ou les deux heures qui sont disponibles avant que la journée commence utiliser ses week-ends utiliser ses vacances c'est comme ça que vous arrivez à écrire
Et vous l'avez envoyé au Président ? Il paraît que ça l'agace que vous publiez des livres
Je l'ai envoyé au Président de la République je l'ai envoyé à l'après-midi je l'ai envoyé à un certain nombre d'amis ils lisent ils jugent et quand je vois les retours ils apprécient Et vous en avez parlé avec le Président de la République de ce livre ? Avec le Président de la République je parle des sujets qui nous concernent directement l'économie l'emploi le projet de loi Industrie Verte ça me paraît priori
Donc ceux qui disent que ça l'agace le fait que vous ayez sorti ce livre que vous ayez fait la promotion du livre dans un moment de crise sociale est-ce que c'est des médisances ou est-ce qu'il y a un peu de vrai ? C'est la vie politique
il y a du bruit il y a des rumeurs il y a de l'agitation souterraine ça ne l'agace pas Et puis il y a ce que vous faites au quotidien le mérite d'avoir 20 années d'assurance politique qui t'aille reçois d'avoir été 3 ans ministre de l'agriculture plus de 6 ans maintenant ministre de l'économie et des finances c'est que je prends tout ça avec énormément de détachement ça ne m'intéresse pas beaucoup donc j'avance j'écris quand je ressens le besoin d'écrire et pour le reste je me consacre à 100% à ma tâche de ministre
de l'économie et des finances je n'écoute pas le reste par ailleurs ça fait une bonne promo je ne sais pas comment on démarre le livre mais j'imagine que votre éditeur doit être content on verra
vous en parlerai Antoine Gallimard le moment venu je dis simplement que je suis devenu très imperméable au bruit de la ville
donc vous continuerez à écrire des scènes comme ça érotiques dans vos prochains livres
je suis devenu très imperméable au bruit de la ville et au bruit de la cour ils vous éloignent de ce qui est l'essentiel l'essentiel c'est votre travail de ministre de l'économie et des finances que vous faites pour les français et puis vos passions personnelles c'est bon d'avoir des ministres qui ont des passions personnelles
merci beaucoup monsieur le ministre
d'avoir été notre invité sur BFM TV
merci à tous les deux de m'avoir accompagné merci à tous les deux
de m'avoir accompagné de m'avoir accompagné
Bruno Le Maire