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interviewC à vous (sur YouTube)· 19 mars 2026 9 min

La bataille de Paris, enjeu national - L’édito de Patrick Cohen

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

- C.Ferrari: Ce soir, on le cuisine, le poulpe. On va faire des tacos avec avocat, oignons pickle, mayonnaise chipotle et marinade. - B.Chameroy: Je vous dirai lundi, mais le poulpe a parlé. - A.-E.Lemoine: A tout à l'heure pour le dîner.

Tout de suite, L'Edito de Patrick. - P.Cohen: La fièvre monte, à 3 jours du 2d tour de l'élection municipale. - P.Cohen: Avec une incertitude jamais vue depuis 25 ans, avec la prise de Paris par la gauche de B.Delanoë.

La bascule aura-t-elle lieu dimanche dans l'autre sens? Au premier tour, E.Grégoire, pour la gauche et les écologistes, a plus de 12 points d'avance sur son adversaire LR, R.Dati.

Un écart qui semblait difficile à rattraper jusqu'à ce que P.-Y.Bournazel ne fasse alliance avec R.Dati, contraint et forcé par les appareils.

Il a quitté dans la foulée la vie politique parisienne. Plus encore avec le désistement de la candidate zemmouriste S.Knafo, qui appelle ses électeurs à chasser la gauche de l'hôtel de ville.

R.Dati se retrouve seule candidate de droite, de "toutes les droites", disent les adversaires de Zemmour à Macron. E.Grégoire, qui a refusé de fusionner avec LFI, demeure dans le viseur de S.Chikirou.

D'où le choix du candidat socialiste, pour mobiliser la gauche derrière, de dramatiser l'enjeu: brandir l'épouvantail de l'extrême droite et accuser le président de la République d'avoir mis ses mains dans la tambouille parisienne. - E.Grégoire: Vous croyez que S.Knafo s'est retirée pour rien?

C'est le pacte du diable, d'envoyer le signal qu'en toutes circonstances, l'union des droites est plus importante que tout. Le message, c'est: "Je me retire à Paris pour laisser gagner la droite et vous nous soutiendrez dans la dynamique d'union des droites sur le plan national en 2027." E.Macron est intervenu, et beaucoup de vos confrères nous l'ont relayé, pour faire en sorte que l'extrême droite se retire au profit de sa candidate. - P.Cohen: E.Grégoire, sur franceinfo, qui n'apporte pas d'éléments tangibles pour prouver ses accusations.

Le président a-t-il aidé au retrait? "Absurde", affirme l'intéressé 2 heures plus tard en arrivant à un sommet à Bruxelles. - E.Macron: Ces propos n'ont aucun sens.

Ils déshonorent un peu la personne qui les dit, un peu à l'emporte-pièce. C'est pas sérieux. Je ne connais pas madame Knafo personnellement.

Je n'interviens pas dans ces municipales. La discussion que nous avons montre que j'ai largement autre chose à faire. - P.Cohen: Autant on ne sait pas pour S.Knafo, autant on sait qu'E.Macron a traité le cas Bournazel, au moins avec un coup de fil à E.Philippe, pour lui faire faire ce qu'il jurait de ne pas faire: une fusion avec R.Dati, dont l'entrée au ministère ne facilitait pas sa campagne pour Paris.

R.Dati s'était déjà défendue d'avoir conclu un pacte secret avec l'extrême droite. - R.Dati: Vous dites qu'il y a des accords secrets.

Pourquoi vous mentez? Quel accord secret? J'ai dit à madame Knafo que je ne ferai pas d'alliance avec elle.

J'ai pas d'accord secret. Tout est sur la table. Vous faites un front républicain?

Renaissance, l'UDI, l'UDR? Où est l'accord? Je ne suis pas responsable de tous ceux qui souhaitent votre départ. - P.Cohen: Enfin, l'outsider de ce 2d tour, S.Chikirou, a alterné les coups hier soir dans ce débat, fustigeant le bilan de la majorité sortante, mais disant aussi ne pas souhaiter le succès de R.Dati. - S.Chikirou: Je ne veux pas d'une maire des riches après qu'on ait eu un président des riches.

On va bientôt se débarrasser d'E.Macron. Je dis aux Parisiens: ne nous remettez pas pour des années de macronisme de droite à Paris!

On est à un an de se débarrasser du macronisme. - P.Cohen: Débat suivi par 750 000 téléspectateurs.

La prise de position de M.Le Pen, appelant à faire barrage à E.Grégoire.

La cheffe de file du RN l'a fait de sa propre initiative. On ne lui avait rien demandé. Dans la foulée de ce qu'avait dit J.Bardella mardi...

En apparence, c'est un coup de pouce à R.Dati, mais en pleine controverse sur le thème "dis-moi qui te soutient, je te dirai qui tu es", c'est comme si M.Le Pen avait voulu donner raison au candidat socialiste dans une sorte de baiser de la mort à sa rivale de droite.

Un sondage Ifop pour "Paris Match" donne une très légère avance à E.Grégoire, 46 %, face à 44 % pour R.Dati.

Tout indique que ça pourrait se jouer à quelques milliers de voix. - A.-E.Lemoine: On a vu, en plein sommet de Bruxelles, E.Macron obligé de démentir fermement s'occuper de la municipale à Paris.

S.Chikirou s'en mêle. Le scrutin devient-il un enjeu qui dépasse la municipale? - J.Viard: Moi, je ne suis pas parisien.

Je m'intéresse de savoir si le Front national va passer à Marseille. - A.-E.Lemoine: Le Rassemblement national. - J.Viard: Pardon. 30 % des gens ont voté pour des listes minoritaires au premier tour et changent.

A un moment, il y a la culture de gauche ou la culture de droite. On se demande qui peut gagner la ville. Il y a toujours à peu près 30 % de gens qui dépassent leur vote.

En plus, là, les votes dans les secteurs n'ont pas été les mêmes que dans les villes à Paris, Lyon et Marseille. Le sondage ne me surprend pas tellement. Pour le moment, c'est le pronostic que j'aurais fait.

Mais je ne suis pas pronostiqueur. Je pense que des gens vont venir de l'ultragauche vers le candidat socialiste. Du fait que Bournazel et C.Beaune ne soient pas là, des gens vont venir...

Ca veut dire que la Macronie de gauche n'est pas derrière R.Dati. Il y a aussi la question de la moralité, du procès qu'elle risque d'avoir...

Ca pèse. L'affaire a l'air ouverte. - P.Cohen: Si on veut se lancer dans les pronostics, il y a beaucoup d'inconnues.

Le vote Bournazel, le vote Knafo, le vote Chikirou, qui sera forcément réduit par rapport au premier tour, la mobilisation de l'électorat de gauche, la mobilisation ou la surmobilisation de l'électorat de droite...

Beaucoup d'inconnues, on le dit par précaution. - J.Viard: Le problème, c'est qu'au soir du premier tour, LFI, puis le RN, ont pris le récit en mains tout de suite.

Ils ont d'ailleurs annoncé des succès quasiment à 20h05. Tout le débat s'est cristallisé comme s'il y avait une montée des extrêmes. C'est faux.

Il y a des reconductions, mais les gens votent pour reconduire leur maire. Toulon, je connais bien...

Même là, c'est pas sûr que le RN l'emporte. Mais ils ont pris le récit. "Ils ont gagné!" Ils ont gagné Roubaix et Saint-Denis, ce n'est pas rien, mais pareil pour l'extrême droite. - A.-E.Lemoine: Il faudrait se méfier de ces récits qui voudraient réduire la France qu'en métropole? - J.Viard: Trump maîtrise le récit depuis qu'il est élu.

Le propre du populiste est d'avoir compris la société médiatique. On n'est plus un peuple. On est une foule avec un leader qui fait discours, qui fait spectacle, et on court derrière. - A.-E.Lemoine: Donc les partis essaient de se positionner pour 2027? - J.Viard: Se positionner pour tout!

Ils voulaient prendre des villes...

Bien sûr, 2027! Le propre du populisme, c'est la maîtrise médiatique. Les vieux partis continuent à faire de la politique à l'ancienne.

Il n'y a plus de classes sociales structurées en peuple. Il faut entraîner les gens...

E.Macron était un populiste démocratique. Il est arrivé avec des copains, il a fait le buzz, il a avancé...

C'est la même chose.