Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewyoutube.com· 11 octobre 2018 26 min

Face à Face - Nicolas Dupont-Aignan 11/10/2018

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:16
Présentateur

Bonjour à tous. Cette fois, il a décidé que ce serait lui le premier de cordée tête de liste aux européennes avec l'idée d'un large rassemblement de la droite à l'extrême droite. Plus tabou depuis la dernière présidentielle quand il se ralliait à Marine Le Pen au second tour, mais en rang derrière lui seulement. Pour l'instant, ça patine un peu, même si les sondages sont plutôt cléments à son égard. On en parle avec Nicolas Dupont-Aignan, mon invité d'en face à face. Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour Monsieur.

Présidente de Boula France, députée de l'Essonne, tête de liste donc aux européennes, Mais seul, finalement, contrairement à ce large rassemblement que vous souhaiteriez autour de vous ?

0:59
Nicolas Dupont-Aignan

Pourquoi seul ? On a eu un congrès magnifique le 23 novembre.

1:04
Présentateur

Au-delà de votre parti qui était...

1:06
Nicolas Dupont-Aignan

Oui, des anciens alliés des Républicains, le CNI, Bruno Nord, Jean-Frédéric Poisson, le MPF, déjà des gens qui auparavant étaient alliés aux Républicains m'ont rejoint, travaillent avec moi, et puis des ralliements du côté du Rassemblement National, des premiers ralliements. Moi, je ne me sens pas du tout seul. Au contraire, on est en train de lancer une nouvelle démarche. Cette démarche, d'ailleurs, je l'avais initiée au second tour de la présidentielle. Je l'ai confortée après avec le fameux Rassemblement des amoureux de la France. Et comme toute démarche nouvelle, ça prend du temps. Mais moi, je suis très confiant parce que nos électeurs...

Mais il n'y a pas de blocage pour l'instant, c'est juste que ça prend du temps... Mais laissez-le le temps faire. Nos électeurs, vous savez, qu'ils soient républicains, qu'ils soient debout la France, qu'ils soient chrétiens démocrates, qu'ils soient Rassemblement National, ils ont commencé à comprendre que si on n'est pas uni, on n'y arrivera jamais. Et au second tour de la présidentielle, j'ai voulu casser ce tabou créé par François Mitterrand, qui veut que la gauche puisse être unie et la droite, jamais. Et ça, ça va faire son chemin. L'union, c'est une aspiration de la base. Et aux Européennes, il faut commencer. Donc, moi, je lance le mouvement.

Et compte tenu de la situation de l'Europe, je pense qu'une personnalité nationale doit conduire une liste européenne pour qu'il y ait une alternative à Macron. Maintenant, c'est le début. On n'est qu'à huit mois. Laissez du temps au temps.

2:29
Présentateur

Alors, on en parlait justement, mais puisque vous parlez de la droite, vous aviez écrit le mois dernier une lettre à Laurent Wauquiez pour l'appeler à une liste commune derrière vous. Pour le coup, puisque vous vous êtes déclaré. Il vous a répondu cette semaine, c'est une fin de non recevoir.

2:43
Nicolas Dupont-Aignan

Oui, mais Laurent Wauquiez doit à un moment choisir.

2:47
Présentateur

Il a choisi pour le coup.

2:48
Nicolas Dupont-Aignan

Oui, mais il a choisi le contraire de ce qu'il dit. C'est ça qui est étonnant. Moi, je respecte toutes les opinions. Vous savez, Jacques Ruef disait sous De Gaulle, soyez libéral, soyez socialiste, mais ne soyez pas menteur. Je ne comprends pas comment Laurent Wauquiez peut écrire un livre sur l'Europe, tout changé, qui reprend beaucoup des thèses que je défends depuis un certain temps, avec Philippe Séguin, avec Pasqua, avec Villiers. Et j'étais agréablement surpris. Et puis, j'en ai parlé avec lui. Il veut revoir les travailleurs détachés, il veut revoir des frontières.

Et puis, en même temps, il nous dit maintenant qu'il faut faire alliance avec Barnier, Léonetti, Raffarin, tous ceux qui ont signé tous ces mauvais traités qu'il critique.

3:31
Présentateur

Donc, c'est un mentor, selon vous ?

3:33
Nicolas Dupont-Aignan

En tout cas, il est ambigu. Il n'est pas cohérent. Et d'ailleurs, ça se voit dans les sondages. On ne peut pas dire une chose et faire le contraire. On ne peut pas courir tous les lièvres à la fois. Donc, moi, j'ai été clair, j'ai dit à Laurent Wauquiez, sur l'Europe, si vous êtes conforme à ce que vous écrivez, vous ne pouvez pas faire alliance avec des centristes qui ont créé cette mauvaise Europe. Il m'a répondu, mais il n'est pas propriétaire des voix. Et les électeurs jugeront. Et je sais qu'il y a beaucoup de Républicains, en tout cas, ils m'écrivent, des électeurs, parfois des élus locaux. J'enverrai cet après-midi à Lyon. Des élus locaux qui... Les conseils régionaux, LR ?

On va voir, mais certains, oui, qui me disent, si c'est pour suivre Léonetti, Barnier, qui ont mis l'Europe dans le mur, qui sont responsables de l'immigration massive, de l'insécurité, de la faillite de nos agriculteurs, des travailleurs détachés, il y a un moment, on ne pourra pas voter pour cette liste. Et donc, moi, je les appelle à me rejoindre, parce qu'on va présenter, au-delà de la liste et du bonhomme, un projet européen nouveau. Il ne s'agit pas de critiquer l'Union européenne, il s'agit de reconstruire une Europe qui marche.

4:45
Présentateur

Et c'est ça qui m'intéresse. Et vous n'en veux pas aussi, les électeurs de droite, d'avoir fait perdre François Fillon, entre guillemets, à la présidentielle ?

4:50
Nicolas Dupont-Aignan

Écoutez, ce n'est pas moi qui ai fait perdre François Fillon, je pense que... C'est une critique qui revient, quand même. Une petite critique, mais vous savez, il y a beaucoup d'électeurs de François Fillon qui m'ont rejoint. Donc, c'est peut-être parce qu'ils voulaient autre chose.

5:03
Présentateur

Vous n'avez pas réussi jusque-là à rallier des ténors, des républicains, pas non plus du Rassemblement national.

5:09
Nicolas Dupont-Aignan

Mais écoutez, les ténors...

5:12
Présentateur

Non, mais ça vous intéresse quand même, ça sera un bon signe pour vous.

5:15
Nicolas Dupont-Aignan

Bien évidemment, mais moi, vous savez, ce qui compte, c'est la cohérence des idées et c'est la démarche de fond. Moi, je suis convaincu que les électeurs, les cadres, qui n'ont pas de lien partisan, j'allais dire, qui ne mangent pas dans les partis politiques, qui ne vivent pas des partis politiques, ils savent que ma démarche est la bonne. Union pour gagner. Et ces gens-là, ce sont eux qui vont faire le mouvement. Vous savez, je n'ai jamais cru que ça viendrait du sommet.

5:43
Présentateur

Vous auriez vu que Marine Le Pen...

5:45
Nicolas Dupont-Aignan

Si Marine Le Pen m'avait dit, bravo Nicolas, tu m'as soutenu loyalement, j'ai été d'une loyauté parfaite, le second tour, même après le débat, je n'ai rien dit. Tu m'as soutenu loyalement, je ne suis pas candidate, parce qu'elle n'est pas candidate, je n'ai pas de tête de liste. Je te soutiens, je pense que beaucoup d'électeurs du Rassemblement national l'auraient été ravis.

6:06
Présentateur

– Et pourquoi elle ne vous soutient pas alors ?

6:08
Nicolas Dupont-Aignan

– Eh bien, de poser lui la question. Moi, je crois qu'en vérité, il y a des logiques de boutique que je gêne, parce que ces logiques de boutique, c'est ce qui tue la politique française. Et moi, je crois au contraire qu'il faut pulvériser ces logiques de boutique pour répondre à l'attente des électeurs. Vous savez, Marine Le Pen n'est pas propriétaire des voix du Front National, Laurent Wauquiez n'est pas propriétaire des voix des Républicains, et moi-même, je ne suis pas propriétaire des voix de Boulafrance. Une élection, c'est un projet des personnalités et des électeurs.

Eh bien, moi, je veux qu'on bouleverse le jeu à droite, parce que sinon, la droite va regarder passer les trains en permanence, et ce qu'on a vécu avec Macron, on le revivra avec d'autres. Donc, je pense qu'il y a un moment où il faut mettre les pieds dans le plat. Et en plus, ils ne sont pas candidats. C'est-à-dire qu'on me reproche de diviser quelque chose qui n'existe pas. Et c'est là où ils sont incohérents. – Mais c'est encore votre allié, aujourd'hui, Marine Le Pen ? – Marine Le Pen cherche des candidats, je suis candidat. Donc, je ne fais concurrence à personne.

7:11
Présentateur

– Vous direz que c'est encore votre allié, aujourd'hui, Marine Le Pen ?

7:14
Nicolas Dupont-Aignan

– J'en suis convaincu des intérêts convergents, parce que j'en suis convaincu la conscience que cette Europe ne marche pas. Simplement, je pense aller un peu au-delà, et vous allez voir ma campagne, parce que je ne vais pas continuer à dire que ça ne marche pas. Les Français, ils le savent. Ce qui m'intéresse, et ce qui, je pense, intéressera les Français, c'est de savoir ce que je propose de nouveau à l'élection européenne pour remettre l'Europe en marche, si je puis dire, ce n'est pas le bon terme en marche, mais pour remettre l'Europe sur ses rails.

Parce qu'il ne s'agit pas d'être anti-européen, il s'agit d'avoir une Europe qui marche et qui respecte la France, mais qui soit utile aux Européens. Et là, vous allez voir que j'ai des idées, je pense, avec les miens, originales.

7:59
Présentateur

– On va en parler justement. Marine Le Pen, vous l'avez dit, elle n'a pas choisi sa tête de liste, mais elle fait déjà campagne en Europe. Qu'est-ce que vous avez pensé de cette image, où elle s'affiche avec Mathéo Sédénier ?

8:08
Nicolas Dupont-Aignan

– Oui, moi je dis bravo, très bien, et je l'ai dit. Moi je ne suis pas concurrent, elle n'est pas candidate. Je suis, au contraire, je trouve ça très bien. Moi-même, j'ai été à Bruxelles…

8:18
Présentateur

– Mais vous auriez souhaité le rencontrer vous-même ?

8:20
Nicolas Dupont-Aignan

– Mais je vais sans doute le rencontrer aussi. C'est très bien. Mais moi je ne suis pas dans une démarche de boutique. Je dis qu'il y a une révolution en Europe. On le voit bien, c'est un instant historique d'ailleurs, Marine Le Pen l'a dit.

8:33
Présentateur

– Oui, elle dit, on écrit l'histoire avec un grand H. – Et bien c'est formidable.

8:36
Nicolas Dupont-Aignan

– Est-ce que ce n'est pas quand même un peu beaucoup au présomptueux ? – Non, il y a une révolution en Europe. On voit bien que l'Europe de Macron et de Merkel ne marche pas. Un million d'immigrés ou deux millions en plus, l'insécurité. On voit bien que les travailleurs détachés, ça crée une concurrence déloyale pour nos artisans. On voit bien que nos agriculteurs sont en train de crever. Et malheureusement au sens propre, parce qu'il y a des suicides tous les jours. Donc ça ne peut pas continuer. Et ce qui est intéressant, c'est que pour la première fois, et j'insiste là-dessus, le Parlement européen va servir à quelque chose.

C'est-à-dire que pour la première fois, il y a l'occasion d'avoir une majorité euro-réaliste, euro-sceptique, diront les critiques. – Les journalistes ? – Non, mais chacun son opinion. Euro-sceptique sur cette Union européenne, mais euro-réaliste. Parce que ce qui compte, c'est ce qu'on n'a pas réussi à faire jusqu'à maintenant. Et c'est pourquoi on a échoué au second tour. Moi je vais vous dire pourquoi on a échoué au second tour. Soyons un peu francs. Parce que les Français étaient d'accord avec notre critique de l'Union européenne, mais ils n'ont pas senti que le projet que proposait Marine Le Pen et que je soutenais était capable de changer les choses. Ça leur a fait peur.

Et donc moi je pense qu'en politique, mais c'est comme dans la vie, un chef d'entreprise qui ne vend pas un produit, il s'interroge. Un salarié qui est licencié, il s'interroge. Pourquoi on a échoué ? Moi je veux qu'on tire les leçons de l'échec du second tour. Et c'est pourquoi j'ai beaucoup bossé avec Jean-Frédéric Poisson, avec Bruno Nord, avec Véronique Besse, avec Bernard Monod qui vient du Front National. J'ai beaucoup bossé pour qu'on ait un projet plus crédible sur l'Europe. Qu'est-ce qu'on garde de l'Europe qui marche ? Qu'est-ce qu'on ne garde pas ? Qu'est-ce qu'on change ?

10:21
Présentateur

C'est ça qui est important. Vous parlez de Bernard Monod, vous êtes vanté ces derniers jours d'avoir été rejoint par des conseillers régionaux, FN, Rassemblement National. Certains cadres de ce même parti vous accusent de faire les poubelles.

10:34
Nicolas Dupont-Aignan

Alors moi j'ai très clair. S'ils estiment que le Front National est une poubelle, c'est leur propre parti, moi je ne le crois pas. Et moi je vais vous dire, j'ai rencontré au Rassemblement National des cadres de grande qualité. Et je n'ai jamais compris comment on pouvait insulter ses propres cadres. Valérie Lopi, qui est une femme enseignante de ZEP, qui est conseillère régionale dans les Bouches-du-Rhône, une femme remarquable qui m'a rejoint, que mettait en valeur il y a quelques mois Marine Le Pen. Pourquoi la traiter de déchet ? C'est honteux. Donc je ne rentrerai pas là-dedans. Ça ne grandit personne. Et d'ailleurs Marine Le Pen n'a rien dit. C'est M.

Racheline, je crois, qui a eu son propos.

11:13
Présentateur

Je vais avoir séparé directement. Mais pourquoi c'est versibé à orchestrer finalement l'arrivée, le ralliement de Rassemblement National chez vous ?

11:20
Nicolas Dupont-Aignan

Parce que ces gens-là ont compris une chose et ça me réjouit. Mais vous comprenez que ça peut créer des tensions quand même. Mais peut-être. Mais je vais vous donner un exemple. Sylvie Godine et Philippe Loiseau, deux députés européens, ne quittent pas le Front National. Ils sont attachés à leur parti. Mais ils disent, Dupont-Aignan nous a soutenus loyalement, on n'a pas de tête de liste. On veut l'Union, pourquoi on ne le soutient pas ? Et ils se font assassiner. Je veux dire que toute démarche d'Union bouscule les apparatchiks. Et je suis convaincu qu'à un moment Marine Le Pen va évoluer. En tout cas, moi, j'aurais toujours la main tendue. Parce que je suis convaincu.

11:58
Présentateur

Parce que là, on vous sent comme un début de guerre quand même entre vous et le Rassemblement National.

12:01
Nicolas Dupont-Aignan

Moi, je ne rentrerai pas là-dedans, ça ne m'intéresse pas. Mais vous le sentez quand même aussi ou pas ? Je sens un petit énervement passager lié au fait que chez eux, il y a des militants des cadres de grande valeur qui soutiennent ma démarche. Mais qui ne veulent pas abandonner le Rassemblement National. Et moi, je n'ai jamais cherché à débaucher quiconque. Je crois, pour l'avenir, à une coalition. D'ailleurs, en Italie, M. Salvini, il n'a pas dit Salvini tout seul. M. Salvini, il a travaillé avec le mouvement 5 étoiles. En Autriche, il y a une coalition.

Moi, je sais, et je sais que les électeurs le savent aussi, qu'on arrivera à créer une alternative à Emmanuel Macron que si on travaille dans un esprit de coalition.

12:45
Présentateur

Ça, c'est votre souhait, mais quand on regarde aujourd'hui les mots des lieutenants de Marine Le Pen, pathétiques, malhonnêtes, méprisants, c'est tout à votre égard. Le vrai Nicolas Dupont-Aignan prie en flagrant délit d'hypocrisie. Qu'est-ce que vous leur répondez une bonne fois pour toutes ?

12:57
Nicolas Dupont-Aignan

Rien. Ça m'indiffère. Vous savez ce que disait le général de Gaulle ? Bien faire et laisser braire. Et je vais vous dire, il y a ces paroles un peu violentes de gens qui m'ont adoré au moment du second tour, mais ce qui compte, c'est leur cadre, leurs militants qui m'écrivent tous les jours en me disant « Vous avez raison, tenez bon ». Et le Rassemblement national, s'il s'enferme dans une logique partisane, étroite, de rejet des siens, échouera. Et moi, je suis là parce que je veux mener à la victoire le camp patriote. Et j'en ai marre des échecs et des victoires de gens minoritaires. Macron a gagné alors qu'il est minoritaire. Hollande a gagné parce qu'on s'est divisé.

Et je suis convaincu qu'à l'avenir, on peut s'entendre sur un programme commun minimum. Pas sur tout, parce qu'on n'est pas pareil. Les Républicains qui…

13:54
Présentateur

En attendant, vous comptez, vous vous réjouissez de ces électeurs du Rassemblement national qui vous rejoignent.

13:58
Nicolas Dupont-Aignan

Oui, mais ils ne me rejoignent pas obligatoirement, ils me soutiennent. Ce n'est pas la même chose.

14:01
Présentateur

C'est votre stratégie quand même de vider de ces électeurs ?

14:04
Nicolas Dupont-Aignan

De ne pas vider. De ne pas les récupérer. De ne pas vider, coaliser. Une coalition. Parce que je regarde l'Europe et je vois qu'en Europe, il y a des pays qui s'en sortent. Salvini et Di Maio ont bloqué les flux migratoires. Orban a été réélu très largement.

14:20
Présentateur

L'Autriche a changé. On va en parler. Il y en a une qui tient ce discours déjà depuis quelques années. C'est Marion Maréchal. Oui. Vous êtes ici à Lyon. Vous n'êtes pas sans savoir qu'elle a ouvert une école. Vous allez la rencontrer ?

14:32
Nicolas Dupont-Aignan

En tout cas, je l'ai déjà rencontrée au mois de juin. Elle s'est retirée de la politique. Mais c'est une femme intelligente qui a compris, j'en suis convaincu, qu'il faut aller à terme vers une grande coalition.

14:44
Présentateur

Vous continuez à entretenir des relations ?

14:46
Nicolas Dupont-Aignan

Oui, mais comme avec Marine, comme avec les autres. Rien ne me fera dévier de mon objectif. Pas les petites polémiques. Union, union, union. Mais union sur un programme sérieux. Est-ce que ton école vous intéresse ? Oui, je pense que c'est bien cette école.

15:01
Présentateur

Vous allez la visiter ? Vous êtes à Lyon ? On verra.

15:06
Nicolas Dupont-Aignan

Il y a un programme ? Ça dure 24 heures votre journée ? On verra. En tout cas, je ne suis pas là pour faire de la publicité sur... Je ne veux pas, comment dire, Marion Maréchal a choisi une démarche hors politique. Je ne veux pas l'instrumentaliser politique. Mais elle vous a proposé de la rencontrer ? Pas aujourd'hui, parce qu'elle n'est pas à Lyon. Mais nous nous voyons sans avoir besoin de le dire sur tous les toits. Et encore une fois, elle a une démarche qui est la sienne, je la respecte. Et je ne cherche pas à la récupérer ou à l'instrumentaliser. Je ne me permettrai pas.

15:35
Présentateur

Mais vous allez visiter son école.

15:36
Nicolas Dupont-Aignan

Un jour, j'aimerais visiter son école.

15:38
Présentateur

Qu'est-ce que vous pensez de la situation politique au Brésil, avec l'extrême droite largement en tête à la présidentielle, quasiment élue au premier tour ?

15:47
Nicolas Dupont-Aignan

Je vais vous dire, quand on laisse pourrir les problèmes, insécurité absolument incroyable.

15:51
Présentateur

Il y a un parallèle à faire avec ce qui se passe en Europe, selon vous ?

15:54
Nicolas Dupont-Aignan

Heureusement, on n'est pas dans la situation du Brésil. Parce que si je disais que la France est le Brésil, ça serait malhonnête. Mais je suis convaincu que quand on laisse pourrir les problèmes, peut arriver le pire. Et pour moi, ce n'est pas ma tasse de thé. Les déclarations de cet homme sont inquiétantes et ne sont pas réjouissantes. Et c'est pourquoi j'ai toujours pensé qu'il fallait une voix patriotique, j'allais dire intelligente, c'est peut-être prétentieux, mais modérée, en tout cas constructive. Et le peuple français est un vieux peuple sage qui ne se jettera jamais dans les bras d'un borsalino, je ne sais même plus comment il s'appelle.

Le peuple français, il ne veut plus du système qui le fracasse, qui le tue, mais il ne veut pas aller vers l'aventure incertaine.

16:38
Présentateur

Vous avez de la modération.

16:39
Nicolas Dupont-Aignan

Est-ce que vous trouvez que... Je crois qu'il faut une rupture sage, parce que nous avons un vieux peuple français qui en a tellement vu. Il veut changer de système, mais il ne veut pas partir dans le décor. Et c'est ça que je propose.

16:52
Présentateur

Est-ce que vous trouvez que ce qui se passe, la situation politique en Autriche, en Italie, c'est modéré, selon vous ? Oui, ce n'est pas du tout la même chose.

16:58
Nicolas Dupont-Aignan

Je crois qu'il faut éviter les mots... En Hongrie ? En Hongrie, ce n'est pas du tout la même chose qu'au Brésil. On veut mettre tout le monde dans le même sac, et on lance le mot d'extrême droite. Oui, alors il y a extrême droite, populisme, populaire. Orban est populaire, plus que Macron. Salvini est ultra populaire. Est-ce qu'il est d'extrême droite ? Non, franchement. Borsalino me paraît...

17:23
Présentateur

Mais donc c'est ça, ce monde auquel vous inspirez, c'est que dans chaque pays, il y a un...

17:27
Nicolas Dupont-Aignan

Non, je pense que chaque pays a sa voix. Un Poutine en Russie... Attendez, il y a deux choses. Chaque pays a sa voix. Moi, je n'aime pas les déclarations humiliantes, xénophobes, homophobes. Je déteste ça. Je suis gaulliste, républicain. Et je considère que si on ne présente pas aux Français une voix patriotique, sérieuse, avec un beau projet...

17:50
Présentateur

Vous pensez avec ces gens-là que vous voulez vous allier en Europe ?

17:53
Nicolas Dupont-Aignan

Excusez-moi, Salvini n'est pas homophobe, Salvini n'est pas extrémiste, Salvini n'a pas fait les déclarations du futur président brésilien. Rien à voir. Et on met tout le monde dans le même sac, sous le vocat de populiste. Eh bien moi, je dis populaire.

Et si on s'occupait du peuple, si on le respectait le peuple, c'est-à-dire que si on traitait les problèmes d'insécurité, d'immigration, de bas salaire, et pour ça, il faut résoudre le problème européen, c'est-à-dire qu'il faut renégocier les traités, il faut avoir le courage de rétablir les frontières nationales, de faire payer les travailleurs détachés, les charges sociales françaises, d'avoir une politique agricole commune, je vais aller voir les agriculteurs dans mon déplacement à Lyon. Donc ça veut dire qu'à un moment, il faut traiter les problèmes, c'est ce que je veux. C'est tout. Donc changer l'Europe. Si on ne change pas l'Europe...

18:37
Présentateur

Pour parler de ce camp qui veut changer l'Europe, ce camp eurosceptique aujourd'hui, est-ce qu'il n'y a pas quand même un problème quand on prône une Europe plus forte, et en même temps qu'on laissait de la dévoyer de l'intérieur, quand on ne vote aucun texte, par exemple, pour renforcer les frontières autour de l'Europe, ces choses-là ? Mais il faut, je vais vous dire,

18:52
Nicolas Dupont-Aignan

il faut voter des fonds de texte pour les frontières nationales, rétablir les frontières nationales, ce qui n'interdit pas un blocus méditerranéen, fait comme je le propose, sous le forme d'une agence méditerranéenne, ce que je vais proposer, où les pays du Sud, Espagne, Italie, France, Malte, Chypre, travaillerait ensemble, mais sans aller demander l'autorisation à Mme Merkel, qui fait n'importe quoi, ou à Bruxelles, je vais proposer une Europe révolutionnaire. Et vous verrez mon programme, notre programme, qu'on est en train d'élaborer, on a déjà sorti un manifeste, qui est sur Internet, que j'ai envoyé à Mme Le Pen, que j'ai envoyé à M.

Wauquiez, ça ne les intéresse pas, tant pis, mais ça va intéresser leurs électeurs. Et on va proposer des solutions. Parce que le problème des souverainistes, jusqu'à maintenant, je vais vous dire, c'est que c'est critique ou Frexit. Et je pense que les Français, les critiques qui les connaissent, ils ont compris que c'était une arnaque. Ils ont voté non en 2005. Ça fait quand même, quoi, 13 ans. Ce qu'ils veulent, c'est des solutions. Et moi, je compte beaucoup sur cette campagne pour proposer aux Français des solutions pour que l'Europe soit fréquentable. Vous maîtrisez bien les sujets européens ?

Je n'ai pas la prétention de dire que je les maîtrise bien, mais en tout cas, c'est là-dessus que j'ai quitté l'UMP. J'ai travaillé avec Philippe Séguin. J'ai été l'un des premiers, avec Philippe Séguin, Jean-Pierre Chevènement, Philippe de Villiers, à dire l'élection présidentielle française ne sert plus à rien parce que nos dirigeants de droite et de gauche ont signé à Bruxelles des traités qui leur lient les mains.

20:31
Présentateur

Mais il a deux représentants français à Bruxelles. Mais il faut, bien évidemment... Il n'y a pas souvent quand même des contre-vérités qui sont dites sur le fonctionnement de l'Union européenne.

20:40
Nicolas Dupont-Aignan

Alors, oui et non. Parfois, vous avez raison.

20:43
Présentateur

Parce qu'il ne pourrait pas y avoir de décision qui s'imposerait à la France si la France mettait son veto.

20:48
Nicolas Dupont-Aignan

Vous avez raison là-dessus. On ne le dit pas assez. Vous avez tout à fait raison. Et c'est pourquoi il faut aller à Bruxelles à un moment, dire stop. Et c'est aussi pourquoi il faut changer les traités, les corriger, les renégocier pour, par exemple, sur l'affaire de l'immigration, contrôler nos frontières nationales. Ce qui n'interdit pas d'avoir une action Frontex intelligente et un plan de développement de l'Afrique. Moi, je veux qu'on sorte du débat caricatural, binaire, stupide. Soit on part au milieu de l'océan Atlantique. Mais pour parler de caricature, quand même.

21:21
Présentateur

Soit on est à... Pour parler de caricature, quand même. Comment s'est passé votre vol Clermont-Ferrand-Paris la semaine dernière ? Parce que vous en êtes un peu ému sur les réseaux sociaux de cet avion d'une compagnie bulgare, inconnue, vous dites. Absence de garantie de sécurité, on marche sur la tête.

21:38
Nicolas Dupont-Aignan

Je trouve scandaleux que quand vous achetez un billet Air France, un prix fou, vous rentrez de Clermont-Ferrand. Quand vous arrivez, on vous met dans un avion bulgare. Mais vous vous inquiétez

21:47
Présentateur

pour votre sécurité parce que c'est un avion bulgare ? Oui, parce que... Parce que vous savez que les normes de sécurité en Europe sont fixées par une agence européenne et qu'elles sont contrôlées par la Direction Générale de l'Aviation Civile en France.

21:59
Nicolas Dupont-Aignan

Je peux vous dire quelque chose. C'est que les hôtesses ne parlaient pas le français. Ce qui est totalement contraire aux questions de sécurité. Puisqu'il est obligé dans la réglementation que les hôtesses parlent la langue des gens qu'ils transportent. Et que s'il y avait un accident, ils ne pourraient même pas s'adresser aux passagers. Et j'estime qu'Air France fait du dumping social en ne payant pas les charges de travailleurs et que c'est ce qui provoque la colère des Européens parce que je n'interdis pas à un bulgare de venir travailler en France, mais je veux qu'il paye les charges sociales françaises. Et c'est cette Europe de la concurrence déloyale que je conteste.

Je veux remettre de la loyauté de la concurrence. Et j'ai eu raison de m'émouvoir. C'est du vol quand on fait payer une prestation et qu'on se fait du beurre sur le dumping social et qu'on n'alimente pas la sécurité sociale française.

22:52
Présentateur

Un tout autre sujet. Est-ce que vous êtes ému également sur les propos du pape François sur l'avortement et celles qui procèdent à assimiler à des tueurs à gages ?

23:01
Nicolas Dupont-Aignan

Le pape est dans son rôle. C'est une conscience. Un homme politique est dans son autre rôle qui est de voter des lois. Et moi, j'estime que les femmes doivent avoir le droit à l'interruption de grossesse. Et c'est un droit des femmes fondamental. Donc, je suis en désaccord avec la position du pape, mais je respecte le pape dans ce qu'il peut dire. Il le dit comme autorité religieuse.

23:26
Présentateur

Pour parole du Rassemblement national, dire que c'est un has-been, un ringard.

23:30
Nicolas Dupont-Aignan

Est-ce que vous emploiez ? Moi, je n'en emploie pas ces mots parce que, justement, je n'ai pas le même fonctionnement que M. Chenu.

23:36
Présentateur

Qu'est-ce qui vous dérange chez le Rassemblement national dans ces ténèbres, dans ces porte-paroles ?

23:40
Nicolas Dupont-Aignan

Ce sont les mots, souvent ? Vous regrettez ? Là, en tout cas, je ne vois pas l'intérêt d'insulter le pape. Je ne vois pas l'intérêt. Je respecte le pape comme toutes les grandes autorités religieuses. Et je considère qu'un homme politique qui veut être un homme d'État ne doit pas sombrer, ne doit pas s'abaisser. Je vais vous dire, ce n'est pas la question du Rassemblement national ou l'autre. C'est pareil pour vous, entre nous. Je veux dire, pour les médias, on est happés vers le bas, tous. Parce que faire du sensationnel, se faire remarquer, on a tous eu la tentation de ça. Et je pense que les Français sont lassés de tout ça.

Et que la crédibilité de la politique comme des médias reviendra s'il y a un moment où on se donne une certaine rigueur d'expression. Parce que ce sont des choses graves. Voilà. Donc je ne suis pas d'accord avec le pape sur ce point. Pour autant, je respecte le pape qui défend ses convictions religieuses et qui pose un problème. Et qui est un problème où l'avortement ne peut pas devenir une contraception. On peut avoir le droit des femmes, respecter la loi, mais éviter quand même que ça devienne une contraception.

24:40
Présentateur

Une dernière question, Nicolas Dupont-Aignan. On apprend dans le Canard Enchaîné cette semaine que l'un de vos soutiens, grand donateur, Charles Gave, exilé à Londres depuis 1981, fait le forcing pour que sa fille soit en position éligible sur votre liste. Est-ce qu'elle l'aura ?

24:54
Nicolas Dupont-Aignan

Alors, c'est totalement faux. M. Gave est un expatrié qui a gagné son argent à l'étranger et qui a rapatrié en France, qui est revenu en France, qui est déclaré en France.

25:06
Présentateur

Est-ce que sa fille aura une place à l'église sur votre liste ? Je n'en sais rien encore.

25:09
Nicolas Dupont-Aignan

Mais vous voyez, comme quoi on salit les gens. Je vous pose la question. Non, mais moi je vous le dis. Ce monsieur est un monsieur qui est domicilié fiscalement en France, qui a gagné de l'argent à l'étranger et qui a ramené son argent en France. Ils ne sont pas si nombreux. Les soutiens de M. Macron en général, c'est l'inverse. Ils ont gagné leur argent en France et ils sont partis à l'étranger.

25:28
Présentateur

Donc sa fille sera éventuellement sur votre liste. Je n'en sais rien encore. Merci beaucoup, Nicolas Dupont-Uniand, d'avoir été invité de Face à Face. Très bonne semaine à vous sur TLM.