L'invité Politique du mercredi 2 avril 2025 : Henri Guaino
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse partielle
Ce que notre invité dit de cette mise en place du Libération Day ?
- 0:18OuverteRéponse directe
Est-ce que vous faites partie des voix inquiètes de cette nouvelle donne commerciale, de ces droits de douane imposés par Donald Trump ?
- 0:51OuverteRéponse directe
Vous avez connu directement en 2008 ?
- 2:07RelanceRéponse directe
Je voudrais me pencher sur la décision de la Cour d'appel de Paris hier.
- 2:22OuverteRéponse directe
Est-ce que vous aviez critiqué cette décision d'exécution provisoire de sa peine d'inéligibilité ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous espérez que le Parlement adopte la proposition de loi d'Éric Ciotti ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:31Invité politiqueFait
« Nous passons d'une ère de l'idéologie du libre-échange sans limite à une ère de protectionnisme. »
- 1:10Invité politiqueFait
« Les Etats-Unis sont protectionnistes depuis toujours, enfin depuis toujours, en tout cas au moins depuis la Grande Dépression. »
- 1:18Invité politiqueFait
« Ils ont des règles de marché public, vous savez, le Buy American Act, par exemple, qui n'ont cessé d'étendre et n'ont jamais supprimé. »
- 2:30Invité politiqueFait
« J'ai effectivement critiqué cette décision comme beaucoup de gens. »
- 2:44Invité politiqueFait
« beaucoup de juristes aussi ont critiqué cette décision qui a été motivée, mais dont les motivations paraissent quand même très discutables. »
- 3:11Invité politiqueFait
« Et la décision, d'ailleurs, disait clairement que c'était pour empêcher Mme Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle. »
- 3:33Invité politiqueFait
« quant à la mise en cause de l'ordre public, quant à la réitération, là, c'était lunaire. »
- 4:25Invité politiqueFait
« Je rappelle d'ailleurs que le tribunal, on découvre petit à petit l'ensemble du jugement et de ses motivations, puisqu'il est très long et qu'on n'a publié que des extraits ou des comptes rendus de séances. »
- 4:37Invité politiqueFait
« mais on découvre que le tribunal n'a pas appliqué, pour l'essentiel, la loi Sapene 2. »
- 6:02Invité politiqueFait
« Oui, oui, je salue le retour de la diplomatie et de la discussion. »
- 6:05Invité politiqueFait
« Nous n'avons aucun moyen de pression et de coercition sur l'Algérie. »
- 6:09Invité politiqueFait
« Je rappelle que le principal allié de l'Algérie, c'est la Russie, et que nous sommes très fâchés avec la Russie. »
Temps de parole
- Invité politique82 %
- Présentateur18 %
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Je suis curieux de savoir ce que notre invité dit de cette mise en place du Libération Day. Il connaît très bien la chose de l'État, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, essayiste, évidemment. Bonjour Henri Guénaud. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin. Est-ce que vous faites partie des voix inquiètes de cette nouvelle donne commerciale, de ces droits de douane imposés par Donald Trump à l'ensemble de ses anciens alliés économiques ?
Je pense que ça ne sert à rien d'être inquiet ou réjoui. C'est un fait. D'abord, c'est un fait que le monde change. Nous passons d'une ère de l'idéologie du libre-échange sans limite à une ère de protectionnisme. Le monde se fracture, il se fracture politiquement et il se fracture aussi économiquement. D'ailleurs, on voit ce phénomène s'amplifier, notamment depuis la crise financière.
Vous avez connu directement en 2008 ?
L'essentiel, qui a donné un coup d'arrêt d'ailleurs à la croissance très forte des échanges internationaux, et l'essentiel des échanges ont commencé à se concentrer dans les zones ou les grandes régions économiques et qui prennent le pas sur les échanges entre les grandes zones économiques ou les grandes régions. Les Etats-Unis sont protectionnistes depuis toujours, enfin depuis toujours, en tout cas au moins depuis la Grande Dépression. Ils ont des règles de marché public, vous savez, le Buy American Act, par exemple, qui n'ont cessé d'étendre et n'ont jamais supprimé, qui n'ont cessé d'étendre dans le temps, parce que le protectionnisme, ce n'est pas seulement les droits de douane.
Les droits de douane, c'est difficile à manier. C'est difficile à manier quand il s'agit de relocaliser des productions ou de créer de nouvelles productions, parce qu'il faut gérer le temps entre la production nationale qui se développe domestiquement et puis la hausse du prix des produits importés, qui tant qu'il n'y a pas de substituts nationaux, pèsent le pouvoir d'achat. Donc la transition est très dure. Et ce n'est peut-être pas la meilleure arme du protectionnisme, d'ailleurs, même pour les Etats-Unis aujourd'hui, ni pour l'Europe. Alors, pardon, excusez-moi de vous interrompre, mais vous parliez de gérer le temps,
je vais gérer le nôtre qui est quand même contraint. Je voudrais me pencher maintenant sur la décision de la Cour d'appel, en tout cas la décision, la communication de la Cour d'appel de Paris hier, qui dit, dans un communiqué de presse, nous rendrons une décision quant à l'appel de Mme Le Pen d'ici à l'été 2026. Ce que l'on comprend, c'est donc bien avant la prochaine élection présidentielle. Est-ce que vous aviez, vous, plutôt critiqué cette décision d'exécution provisoire de sa peine d'inéligibilité ? Est-ce que vous saluez cette annonce de la Cour d'appel ?
J'ai effectivement critiqué cette décision comme beaucoup de gens. Moi, je ne suis pas le porte-parole du RN, et beaucoup de gens et beaucoup de juristes aussi ont critiqué cette décision qui a été motivée, mais dont les motivations paraissent quand même très discutables. En tout cas, il y avait un malaise vis-à-vis de cette décision qui créait une situation sans commune mesure avec les raisons pour lesquelles le tribunal a pu décider de cette peine complémentaire, qui perturbait le processus électoral.
Et la décision, d'ailleurs, disait clairement que c'était pour empêcher Mme Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle, dès lors qu'elle était condamnée en première instance, c'était un trouble à l'ordre public que de la laisser... Avec la motivation qui était liée au risque de récidive. Il y avait deux motivations, ça c'était l'ordre public, mais qui était du point où il n'avait pas de fondement juridique. C'est l'interprétation que faisait le tribunal, et il a le droit de la faire, quant à la mise en cause de l'ordre public, quant à la réitération, là, c'était lunaire.
C'était lunaire parce que vous imaginez que le RN, sous la loupe de la justice et de l'opinion, allait dans les mois qui viennent remettre en place un système... Est-ce que vous espérez, M. Guénaud,
que le Parlement adopte la proposition de loi d'Éric Ciotti et de son groupe,
qui vise à mettre fin à l'exécution provisoire ? Moi, je comprends cette réaction, mais je suis totalement opposé à ce que nous fassions des lois dans l'hystérie du moment, ou la fièvre du moment. Il faut arrêter. Il y a un vrai problème avec la peine d'inéligibilité, mais qui est ancienne, qui ne date pas du tout de la loi Sapene 2. Je rappelle d'ailleurs que le tribunal, on découvre petit à petit l'ensemble du jugement et de ses motivations, puisqu'il est très long et qu'on n'a publié que des extraits ou des comptes rendus de séances, mais on découvre que le tribunal n'a pas appliqué, pour l'essentiel, la loi Sapene 2.
Et donc, cette loi n'est pas appliquée, selon le tribunal, parce que les faits remontent, pour l'essentiel, à une période antérieure.
Il n'y a que neuf mois qui sont couverts par la loi Sapene 2,
dans les faits qui sont reprochés à Mme Le Pen et à secrétaire. Donc, elle n'a pas appliqué, apparemment, l'inéligibilité de façon automatique, obligatoire, comme c'est prévu par la loi Sapene 2, mais il a décidé, mais ça existait avant. Alain Juppé avait été condamné pour être inéligible, et bien d'autres, bien d'autres, et M. Emmanueli avait été inéligible. Donc, il a décidé, le tribunal, d'appliquer l'inéligibilité. Donc, il y a deux problèmes. Il y a le problème particulier de l'exécution provisoire qui bouleversait le calendrier, qui ne permettait pas à Mme Le Pen, si on gardait le calendrier normal, d'être candidate à la présidentielle. Et puis, il y a la question de l'inéligibilité.
Vous ne pouvez pas la poser aujourd'hui. Maintenant, il faut, sur la justice, sur les lois, il faut un débat serein, approfondi, sur ce que nous voulons, public aussi, et réfléchir. On ne ferait pas des lois dans l'urgence de la précipitation.
M. Guénon, alors pardonnez-moi, moi je précipite un peu les choses, je suis obligé, très rapidement, on pourrait prendre du temps, mais l'Algérie, la France reprennent le dialogue. Est-ce que vous saluez cette reprise de dialogue entre le président Tebboune et le président Macron ?
Oui, oui, je salue le retour de la diplomatie et de la discussion. Nous verrons bien où ça mène, parce qu'il n'y a pas le choix, parce que nous n'avons aucun moyen de pression et de coercition sur l'Algérie. Je rappelle que le principal allié de l'Algérie, c'est la Russie, et que nous sommes très fâchés avec la Russie, que derrière la Russie, il y a la Chine, que l'Algérie, ça n'est pas la Colombie face aux Etats-Unis, l'Algérie face à la France. Nous n'avons pas de moyens vraiment de pression et de coercition. Donc, oui, j'espère qu'il en sortira quelque chose, et en tout cas que ça sortira déjà M. Boilem sans salle de prison. Il n'y a pas d'autre voie que la diplomatie.
Dans ces cas-là, les ultimatums publics, on peut en faire derrière le rideau, mais publics, ne peuvent conduire qu'à un blocage complet.
Merci beaucoup M. Guénod d'avoir été avec nous ce matin sur LCI.