L'invité de Bourdin Direct : Marlène Schiappa - 20/04
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Questions et réponses
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- 0:12OuverteRéponse directe
Marlène Schiappa, bonjour.
- 0:24OuverteRéponse directe
Allègement des mesures de restrictions sanitaires.
- 1:11OuverteRéponse directe
Vous avez hâte de partir en Corse ?
- 1:36OuverteRéponse directe
Ça veut dire quoi ?
- 2:09OuverteRéponse directe
Donc, c'est la mise en place d'un pass sanitaire ?
- 2:38OuverteRéponse partielle
C'est-à-dire qu'un jour, grâce à cette application, on pourra entrer dans un restaurant ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:48Invité politiqueFait
« Le Premier ministre a donné un rendez-vous à la mi-mai. »
- 1:03Invité politiqueFait
« Sous le respect d'un protocole sanitaire. »
- 1:45Invité politiqueFait
« On est obligé de fournir un test. »
- 1:58Invité politiqueFait
« Quand on est sur une île, les clusters peuvent avoir des conséquences très graves. »
- 2:13Invité politiqueFait
« C'est une possibilité qui est proposée, qui est offerte. »
- 3:07Invité politiqueFait
« Au ministère de l'Intérieur, nous sommes très vigilants, notamment à la question de l'utilisation des fichiers. »
- 3:45Invité politiqueFait
« Je crois profondément à la question de la redistribution et de la solidarité financière. »
- 4:27Invité politiqueFait
« L'impôt sur le revenu, de façon proportionnelle au revenu de chaque personne, permet justement à chacun de contribuer. »
- 5:07Invité politiqueFait
« Les personnes qui sont demandeurs d'emploi ont leur droit encore prolongé jusqu'à mi-mai. »
- 5:40Invité politiqueFait
« Je partage évidemment la colère des policiers vis-à-vis des agressions dont ils sont victimes, et ce, quasiment tous les jours. »
- 6:36Invité politiqueFait
« La justice est indépendante. »
- 7:21Invité politiquePromesse
« Oui, bien sûr. D'ici la fin du quinquennat. »
- 7:29Invité politiqueFait
« Il y a 2 000 policiers qui vont être particulièrement affectés à la protection des personnes en civil. »
- 10:50Invité politiqueFait
« La lutte contre le trafic de drogue, c'est la priorité du ministère de l'Intérieur. »
- 10:57Invité politiqueFait
« On n'a jamais autant démantelé de trafic de drogue que depuis ces derniers mois. »
Temps de parole
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Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct.
Jean-Jacques Bourdin. Marlène Schiappa, bonjour.
Bonjour M. Bourdin.
Ministre déléguée à la citoyenneté. Confirmation. Allègement des mesures de restrictions sanitaires. Le 15 mai, nous allons pouvoir nous installer sur une terrasse de bar ou de restaurant pour, je ne sais pas, boire une bière.
C'est mon vœu le plus cher.
Oui, vous irez.
J'espère, si les mesures le permettent. Il faut encore que nous consolidions un certain nombre de retours. Vous savez que la situation sanitaire évolue parfois vivement d'une semaine sur l'autre et de quinzaine en quinzaine. Et donc le Premier ministre a donné un rendez-vous à la mi-mai. J'espère que ce rendez-vous sera le rendez-vous.
Je lisais, le ministre de la Santé confirme ce rendez-vous ce matin du 15 mai avec cet allègement. Et ces terrasse ouvertes le 15 mai.
Sous le respect d'un protocole sanitaire.
Évidemment, sous le respect d'un protocole sanitaire. J'imagine que vous avez hâte de partir en Corse, Marlène Schiappa.
Oui, absolument.
Alors, pour partir en Corse, il faut produire un test PCR. Moins de 72 heures. Exactement. C'est bien cela. Mais, on va aussi pouvoir, avec une application TousAntiCovid, certifier ce test et la vaccination. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que pour aller en Corse ou en Outre-mer, on va être obligé de fournir cela. On est obligé de fournir cela. On est bien d'accord.
On est obligé de fournir un test. Moi, je me suis rendue en Corse la semaine dernière pour soutenir la vaccination, puisque la Corse du Sud est championne de la vaccination en France. Et j'ai, comme tout le monde, fait ce test PCR. Et comme tout le monde, je l'ai présenté pour pouvoir prendre l'avion. C'est normal, parce que quand on est sur une île, les clusters peuvent avoir des conséquences très graves. Donc, c'est tout à fait normal que les personnes qui arrivent sur cette île certifient du fait qu'elles ne sont pas porteuses.
Donc, c'est la mise en place d'un pass sanitaire, d'une forme de pass sanitaire.
Oui, c'est une possibilité. C'est une possibilité qui est proposée, qui est offerte. L'idée, c'est de simplifier les papiers et de pouvoir l'avoir de façon dématérialisée et numérique. Et mon collègue Cédric O a beaucoup travaillé sur cette question pour simplifier justement ces démarches via cette application.
C'est-à-dire qu'un jour, grâce à cette application, papier ou sur son smartphone, nous pourrons entrer dans un restaurant ou aller au spectacle aussi.
Alors, ça, c'est en débat. Je ne veux pas vous dire oui ou non maintenant et faire comme si vous faisiez des amours.
Vous y seriez favorable ou pas ?
Moi, je suis favorable à tout ce qui va nous permettre de reprendre une vie la plus normale possible.
Donc, pourquoi pas ?
Pourquoi pas ? Je pense que tout peut être regardé. Ensuite, je ne suis pas décisionnaire, je ne suis pas médecin ni ministre de la Santé. Je pense qu'il est important que toutes les décisions soient vraiment prises en examinant l'ensemble des paramètres, en respectant également les libertés de chacun. On sait que le numérique pose un certain nombre de questions. Au ministère de l'Intérieur, nous sommes très vigilants, notamment à la question de l'utilisation des fichiers. Et donc, toutes ces questions qui sont soulevées, des réponses doivent y être apportées. Et je sais que l'ensemble de mes collègues, ils travaillent.
Avant de parler de sécurité, je voudrais vous poser une question. À qui profite la crise ? Cette crise, je regarde les chiffres. Le CAC 40 qui bat des records, on n'a jamais vu ça. Les plus riches qui sont encore plus riches dans tous les pays du monde. Et même le FMI parle d'une redevance, d'une taxe spéciale sur les profits des plus riches. Mais rien au gouvernement français. Emmanuel Macron n'en parle pas. Le Premier ministre n'en parle pas. Vous en parlez, vous, Marlène Schiappa ? Ce serait utile, cette taxe ?
Moi, je vais vous dire quelque chose. Je crois profondément à la question de la redistribution et de la solidarité financière. Et cette redistribution et cette solidarité financière, elle existe en France sous le fondement de l'impôt. On parle souvent de l'impôt de façon négative. Et évidemment, je sais que c'est très impopulaire de défendre l'impôt. Mais l'impôt, en France, permet justement à chacun de contribuer en façon proportionnelle à ses revenus.
Voilà un impôt spécial, une taxe spéciale sur les profits des plus riches.
Pourquoi pas ? L'idée, je ne suis pas non plus ministre de l'économie, mais l'idée, à mon humble avis, ce n'est pas de créer de nouvelles taxes ou de nouveaux impôts. Donc vous dites non. Non, ce que je dis, c'est qu'en fait, on a déjà des niveaux d'impôt qui sont importants. Et l'impôt sur le revenu, de façon proportionnelle au revenu de chaque personne, permet justement à chacun de contribuer de la même manière que l'ISF, qui a été transformée sur une taxe sur la fortune immobilière, et qui permet aux plus fortunés d'être solidaires. C'est ça, juste pour conclure, c'est vraiment ça qui nous permet d'avoir mis en place le coût à qui l'en faut.
Mais pourquoi refuser une taxe spéciale, une redevance spéciale sur les profits des plus riches ?
Ni je refuse, ni je refuse pas. Les profits de la crise ? Oui, ce n'est pas du tout dans mes prérogatives, si je vous dis oui ou non. Je vous dis simplement que je crois à la redistribution. Et je pense qu'il y a beaucoup de gens, par exemple, Elisabeth Borne, la ministre du Travail, a annoncé que les personnes qui sont demandeurs d'emploi ont leur droit encore prolongé jusqu'à mi-mai. Ça, c'est important, et ça, c'est une redistribution très concrète qui va leur permettre de continuer à toucher de l'argent, et heureusement.
Parlons sécurité, mais auparavant, j'aimerais revenir sur ce qui s'est passé au tribunal. Viri Chatillon, les policiers brûlés, cinq condamnations, huit acquittements. Les policiers ne comprennent pas. Incompréhension et colère de la police. Vous aussi, vous éprouvez de l'incompréhension et de la colère, Marlène Schiappa.
Moi, je partage évidemment la colère des policiers vis-à-vis des agressions dont ils sont victimes, et ce, quasiment tous les jours. Je me suis rendue il y a quelques semaines dans le service du ministère de l'Intérieur qui fait l'assistance psychologique pour les policiers et pour leurs familles. Parce que je vais vous dire que dans le cadre du Beauvau de la sécurité, j'ai animé auprès de Gérald Darmanin une table ronde avec les familles. Et les enfants des policiers disent des choses bouleversantes.
Il y a une adolescente qui m'a dit que quand elle croise sa mère en uniforme dans la rue, elle ne va pas lui dire bonjour et lui faire un bisou, parce qu'elle ne veut pas qu'on sache que sa mère est policière. Il y a un jeune garçon qui m'a dit qu'il ne disait pas à l'école que son père est policier, parce que dans sa précédente école, quand il l'a dit, il a été tabassé. Et personne ne l'a soutenu. Donc moi, je crois qu'il faut voir en face la réalité de la vie difficile des forces de l'ordre, des policiers, des gendarmes, aussi des pompiers, par ailleurs, qui parfois sont victimes de ces agressions. Et mieux les soutenir, c'est ce que fait Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur.
Oui, mieux les soutenir. Dans tous les cas, la justice ne semble pas trop les soutenir. C'est ce que regrettent les policiers.
Oui, la justice est indépendante. Et c'est pour ce quoi nous renforçons la loi, notamment pour faire en sorte qu'on ne puisse plus afficher, comme ça a été le cas récemment, afficher des photos ou des coordonnées de policiers dans l'espace public ou sur les réseaux sociaux. Là, le projet de loi pour conforter les principes républicains et le projet de loi sur la sécurité globale apportent des réponses très concrètes à cela.
La sécurité est un sujet central. L'un des sujets centraux de la prochaine présidentielle. Emmanuel Macron s'en est bien rendu compte. On parle beaucoup de sécurité. Il était à Montpellier hier. Aujourd'hui, il y aura des annonces sur des places de prison. À Montpellier, il a parlé de policiers et gendarmes. 10 000, jusqu'à 10 000 policiers et gendarmes. Nouveaux, nouvelle création de postes sur le quinquennat. On en est à 6 200. Il en reste 3 800. En un an, 3 800 créations de postes ?
Oui, bien sûr. D'ici la fin du quinquennat. Et d'ailleurs, je veux dire que parmi ces 10 000 policiers, il y a 2 000 policiers qui vont être particulièrement affectés à la protection des personnes en civil et notamment la protection des femmes pour renforcer la lutte contre le harcèlement de rue et qu'ils puissent intervenir. J'étais dans le métro sur la ligne 4 cette semaine avec cette brigade de la sûreté qui est très engagée et qui permet justement en civil de faire des flagrants délits sur le harcèlement de rue, les outrages sexistes, parfois les agressions sexuelles, et soit de verbaliser, soit d'interpeller et de prendre des plaintes.
Oui, le métro, c'est un transport relou, si je comprends bien Marlène Schiappa. J'y reviens dans un instant, mais j'ai remarqué lors de cette visite, tout le monde l'a remarqué, les propos de cette mère de famille qui tout à coup a interpellé le président de la République et qui lui a dit « Mon fils m'a demandé si le prénom Pierre existait réellement. » Ce qui montre, montre l'absence de mixité sociale. On le sait, ce n'est pas nouveau Marlène Schiappa. Ça fait 30 ans qu'on en parle.
Mais à l'âge de 6-7 ans, vous avez des enfants qui n'ont jamais rencontré un Pierre de leur vie et vous avez aussi des enfants qui, à l'âge de 6-7 ans, n'ont jamais rencontré un Mohamed de leur vie ou une Fatima. Et je pense que cette mixité sociale, cette mère, elle dit tout dans cette phrase. Elle a parfaitement raison du besoin qu'on a de se mélanger et de se rencontrer parce que très souvent, on observe que si on regarde les votes extrêmes ou les votes de peur ou les expressions de la peur face à l'immigration, ils existent aussi souvent dans des quartiers où il n'y a pas forcément d'immigration massive.
Et donc, on voit bien que cette peur, elle peut être battue en brèche dès lors qu'on se rencontre et qu'on s'écoute.
Vous faites quoi ?
On fait énormément de choses.
Pour lutter contre ce manque de mixité sociale ?
Plusieurs choses. D'abord, en ce qui concerne la politique de la ville, il y a une action très forte impulsée par Nadia Hay, qui est la ministre en charge de ces questions, qui vient d'annoncer aujourd'hui qu'elle débloque 10 millions d'euros pour les quartiers populaires et pour justement leur permettre d'avoir une éducation. Mais on débloque de l'argent,
ça fait 30 ans que j'entends dire ça. On débloque de l'argent, on débloque de l'argent.
C'est vrai, vous avez raison, je ne devrais pas commencer par ça. Et on se retrouve avec cette mère de famille, franchement. On débloque de l'argent pour quoi faire ? Oui, j'ai raison. Oui, vous avez raison. C'est pour ça que je vais reprendre dans le bon sens. On débloque de l'argent pour faire, par exemple, des cités éducatives. Une cité éducative, c'est un endroit qui, dans un quartier populaire, fédère l'ensemble des acteurs et vous permet, par exemple, d'aider des enfants. J'étais à Grigny avec le Premier ministre pour découvrir cela, d'aider des enfants, des jeunes à manier les nouvelles technologies. Ça, ça aide la mixité.
Parce que quand vous êtes une personne des classes moyennes et que vous habissez dans un quartier populaire, vous laissez votre enfant dans l'école et dans les activités du quartier si vous constatez que ce sont des activités dites de bon niveau dans lesquelles vous vous retrouvez. C'est ça qui est la vérité. La vérité, c'est que les gens ne mettent pas leurs enfants dans les écoles de quartier et dans les activités de quartier quand ils appartiennent aux classes moyennes ou supérieures parce qu'ils estiment qu'elles ne sont pas de bon niveau.
Mais dans certains quartiers, on se sent enfermé quand on y vit. Vous le savez bien, Marlène Chepin. Enfermé, par exemple, dans la lutte contre... Dans la lutte... Dans la lutte... Dans les trafics de stupéfiants. Donc, la lutte contre le trafic de stupéfiants. J'ai entendu le président de la République qui veut un grand débat sur la consommation de drogue. Encore un grand débat. Il n'y a que des grands débats, finalement. Vous êtes les champions des grands débats. Un grand débat, Marlène Schiappa.
C'est vrai qu'on débat. Et merci de rendre grâce au gouvernement de vous consulter et de vous traiter. Oui, mais d'accord. Enfin, débattre, c'est bien. On débat, mais on agit...
Il faut que ça aboutisse à quelque chose. Ça va aboutir à quoi, ce grand débat ?
Alors, d'abord, il y a des actions qui sont menées. Vous savez que la lutte contre le trafic de drogue, c'est la priorité du ministère de l'Intérieur. Il y a eu plus de 1 000 opérations anti-stupéfiants réalisées ces dernières semaines. Le président de la République et le ministre de l'Intérieur ont créé l'OFAST, qui est un office qui est spécialisé dans la question de la lutte contre les trafics de drogue. On n'a jamais autant démantelé de trafic de drogue que depuis ces derniers mois. Donc là, on agit concrètement parce que le trafic de drogue imile les quartiers populaires. On parlait de mixité tout à l'heure.
Quand vous savez que votre enfant va aller dans un collège où il y a des trafics de drogue, vous le changez de collège en général, vous prenez des dispositions ou vous déménagez. Donc ça contribue aussi à renforcer cette mixité sociale qu'on évoquait. Quant au grand débat, moi j'observe que le président de la République d'abord s'est exprimé fermement contre la dépénalisation du cannabis et je m'en réjouis.
Donc il n'y a plus de débat là.
Il n'y a plus de débat sur la dépénalisation. C'est l'expression du président de la République et ensuite le débat, ce n'est pas un débat est-ce que c'est bien ou mal de prendre de la drogue. Le débat, c'est un débat sur quels sont par exemple les effets du trafic de drogue. Qu'est-ce que vit une famille qui a un petit garçon de 12 ans à qui on propose d'aller faire le chouf pour gagner sa vie et d'être engrigadé. Oui, 200 euros par jour. Exactement. Qu'est-ce qu'on lui propose ? Nous, dans la stratégie de prévention de la délinquance, on a proposé des travaux alternatifs payés à la journée qui s'appellent les tapages.
200 euros par jour ?
Non, ce n'est pas 200 euros par jour mais ça permet...
C'est 20 euros par jour ?
Ça dépend, il y a des montants par horaire.
Est-ce que vous pensez que le gamin va préférer ses travaux à 20 euros par jour plutôt que d'aller faire le guet pour 200 euros ?
Je pense que dans la vie, c'est à nous justement de montrer quelles sont les valeurs et je pense que les enfants, on ne doit pas leur faire choisir ce qui est seulement le plus lucratif mais un, ce qui est légal, accessoirement, parce que respecter la loi, ça n'est pas une option et je pense que c'est le rôle des familles.
Mais ce que je ne comprends pas, c'est un grand débat alors que vous n'ouvrirez pas le débat sur la dépénalisation. Je ne comprends pas très bien.
Non mais chacun peut s'exprimer.
C'est-à-dire qu'un grand débat mais les décisions sont déjà prises avant le débat. Même chose pour la laïcité peut-être. Je vais en parler de la laïcité, Marlène Schiappa. Mais un mot sur les quartiers sans relou. Oui. Pourquoi sans relou ? Pour faire jeune ?
Alors, le projet de base, c'est que d'ailleurs, cette appellation un peu rigolote de clin d'œil de quartier sans relou, de QSR... C'est de la com, ça ? Oui, bien sûr. L'appellation, c'est de la com. Mais le fond, ça n'est pas de la com. On a toutes les peines du monde à expliquer aux gens ce qu'on est en train de faire. Qu'est-ce que je suis en train de faire ? 1. De créer un baromètre avec une cartographie des quartiers dans lesquels et des endroits, des rues dans lesquels nous avons le plus de remontées de verbalisation pour le harcèlement de rue. 2. Une formation. 100% des policiers et des gendarmes vont être formés spécifiquement aux questions de harcèlement de rue.
Vous savez qu'on a mis 3023 amendes pour harcèlement de rue depuis la promulgation de la loi. C'est beaucoup. À l'époque de la loi, en 2018, les gens disaient « Marlène Schiappa, à l'époque, déjà, me disait « Fais de la com ». Sauf que cette loi, elle a été votée à l'unanimité et cette loi, elle a produit des résultats puisqu'à 3023 reprises, il y a eu un policier qui a verbalisé un fait de harcèlement de rue.
Et pour aller plus loin, nous allons déployer les 2000 policiers dont je parlais tout à l'heure qui seront notamment en civil et chargés aussi dans les transports en commun mais aux abords des gares, dans les rues, dans les quartiers que nous aurons identifiés comme zone rouge du harcèlement de rue qui seront déployés pour enfin permettre aux femmes de circuler librement sans être entravés et sans être poursuivis par ces hordes d'hommes.
Bien. La laïcité. Là encore, vous lancez aujourd'hui les états généraux de la laïcité. Encore un débat. Un de plus. Les états généraux alors qu'une loi vient d'être votée en première lecture à l'Assemblée nationale. Je ne comprends plus très bien la Marlène Schiappa. À quoi servent vos états généraux de la laïcité ?
Alors, d'abord, j'observe que quand on est contre un... parce que vous reprenez si je peux marier les arguments d'une partie de l'opposition. Mais oui, c'est bien. Oui, je vais vous répondre.
Quand j'ai quelqu'un de l'opposition face à moi, je reprends les arguments de la majorité. Très bien, j'en suis très heureuse. C'est vrai. Mais c'est normal. C'est normal.
Je vais vous répondre sur ce sujet. La question des états généraux de la laïcité. Pour moi, la laïcité, il n'y a pas de moment où ce ne serait pas le moment de parler de la laïcité. C'est tout le temps le moment de parler de la laïcité. Vous vous souvenez quand j'ai lancé le Grenelle des violences conjugales, on me disait la même chose. On me disait « Pourquoi une écoute ? C'est de la com'. Ça ne va mener à rien. » Résultat, l'année qui a suivi, on a eu plus de 150 nouvelles mesures, de lois. Et surtout, on a eu des résultats puisqu'on est pour la première fois passé sous la barre symbolique des 100 femmes assassinées par leurs conjoints.
C'est toujours évidemment trop, mais ça produit des résultats. Ces états généraux de la laïcité, ils vont nous permettre d'échanger. Nous serons au CNAM tout à l'heure avec des intellectuels de haut niveau avec des ministres, Amélise Monchalin et Sarah El Haïri qui sont aussi très engagés et je les remercie pour leur engagement en faveur de la question de la laïcité. Cette question de la laïcité, elle est assez inflammable. Et moi, je voudrais sortir des invectives, des réseaux sociaux, des caricatures des uns et des autres ou des moments où on se coupe la parole et permettre justement à chacun sur les territoires de faire vivre. Vous dites sortir de la tenaille
entre les identitaires d'extrême droite et les indigénistes d'Europe écologie et les verts. Ce qui n'a pas plu d'ailleurs au verre. Mais tant pis,
moi ce qui ne me plaît pas c'est ce que ne font pas plutôt les verts sur la question de la laïcité. Ce qui ne me plaît pas c'est que l'Europe écologie et les verts financent le CCIF à Grenoble, financent une mosquée radicale de Méligourus à Strasbourg. Ils sont complices
du communautarisme ?
Écoutez, ils sont évidemment complices du communautarisme. Ils financent une mosquée, ils veulent. C'est fini là ! C'est fini ! Pardon, ils ont subi, la maire de Strasbourg a subi la question de A à Z. Il y a eu une lâcheté terrible de la part d'Europe écologie et les verts. À aucun moment, nous n'avons eu le débat de fond. On ne sait toujours pas pourquoi, à l'heure où je vous parle, on ne sait toujours pas pourquoi Europe écologie et les verts a voulu financer cette mosquée. Rien n'a été assumé, c'est finalement l'association elle-même qui a retiré sa demande de subvention.
Donc pour revenir à la question de base, oui, la laïcité, elle est trop souvent dévoyée et moi je refuse d'être prise en tenaille entre d'un côté des identitaires d'extrême droite qui considère que la laïcité c'est en fait juste contre les musulmans et point. Et à l'extrême opposée, l'extrême gauche est une partie qui est assez effectivement indigéniste et qui est complaisante avec l'islamisme radical. La laïcité, c'est un principe qui doit nous rassembler. C'est le plus beau principe de la République française.
Alors est-ce que pour vous, la laïcité, c'est le respect de la liberté religieuse tant qu'elle ne trouble pas l'ordre public ?
Absolument. C'est ça.
C'est la définition de la laïcité.
Elle est définie dans la loi de 1905. D'ailleurs, la loi
qui est extrêmement bien faite, cette loi de 1905, il faut appliquer.
Absolument. Cette loi, rien que la loi.
Sauf que vous l'avez complétée.
D'un côté, vous avez un principe de séparation, de séparation des églises et de l'État. C'est ce que disait Victor Hugo. L'État chez lui, l'Église chez elle. Et d'un autre côté, vous avez un principe de liberté, de liberté de conscience, de liberté de culte, le droit de croire ou de ne pas croire sans être inquiété pour cela.
Bien. On a beaucoup parlé, je vais vous parler du financement des actions contre le séparatisme parce que vous lancez, je crois, une action. Mais avant d'en parler, je voudrais revenir sur Strasbourg et ses associations cultuelles d'islam, de l'islam. Il y a une charte d'adhésion aux valeurs de la République. Pourquoi est-ce que ces associations qui ne signent pas cette charte d'adhésion ne sont pas dissoutes ? Explique-moi.
Alors, plusieurs choses. D'abord, il y a effectivement cette charte qui a été voulue...
Ne se tutoie pas, j'ai dit ça à part.
Non, non, mais tout va bien. Que les choses soient claires. Personne ne t'est offensif.
Parce que l'on ne sait jamais sur les réseaux sociaux. Vous savez, ça va très vite.
Écoutez, on va continuer.
Oui, allez-y.
Il y a effectivement cette charte qui est signée par les fédérations de l'islam. Il y a deux fédérations qui ont refusé de signer cette charte. Et donc, avec Gérald Darmanin, nous avons adressé une circulaire et des instructions très claires aux préfets pour leur demander de ne plus travailler avec ces fédérations.
Mais est-ce qu'elles seront dissoutes ?
Si elles n'adhèrent pas
aux lois de la République ?
Il y a beaucoup d'associations qui n'adhèrent pas aux valeurs ou aux lois de la République qui ne sont pas dissoutes pour autant. Je pense à des associations, par exemple, qui luttent contre le mariage pour tous, des associations qui luttent contre le droit à l'IVG ou des associations royalistes qui luttent contre la République. Elles ne sont pas dissoutes. On dissout une association quand il y a des menaces graves de troubles à l'ordre public. C'était le cas, par exemple, du CCIF. C'était le cas de Baraka City.
C'était le cas du collectif de fête Cherk Yassine qui ont toutes été dissoutes par la volonté du président de la République et du Premier ministre et du ministre de l'Intérieur en Conseil des ministres. Donc là, nous agissons très clairement. S'il est démontré que Milligorus présente des menaces avérées à l'ordre public, le ministre de l'Intérieur entamera la dissolution. À ce stade, ce n'est pas le cas.
Alors, vous allez financer des actions contre le séparatisme ?
Oui, je lance un fonds qui s'appellera le Fonds Marianne pour la République et c'est un fonds qui vise à financer des personnes et des associations qui vont porter des discours pour promouvoir les valeurs de la République et pour lutter contre les discours séparatistes, notamment sur les réseaux sociaux et sur les plateformes en ligne. J'étais hier avec Cédric O, mon collègue chargé du numérique. Nous avons réuni les représentants de Twitter, Facebook, Google, Quante, TikTok, les grandes plateformes et les grands réseaux sociaux et les directions du ministère de l'Intérieur pour mieux lutter contre ces contenus terroristes et qui font l'apologie du terrorisme. Mais ça n'est pas suffisant.
de les supprimer. Il faut aussi leur apporter la contradiction, démentir les fausses nouvelles, les fake news, comme on dit, qui circulent trop souvent sur les réseaux sociaux et qui font le lit de l'islamisme radical. Donc ce fonds, il sera doté de 2,5 millions d'euros. Je veux dire qu'avec 2,5 millions d'euros, on peut faire beaucoup de choses pour défendre les valeurs de la République.
Oui, à Strasbourg, d'ailleurs, des professeurs ont été menacés par des négationnistes turcs parce qu'ils enseignent le génocide arménien.
C'est évidemment un scandale et j'adresse tout mon soutien à ces professeurs. La liberté d'expression, elle est fondamentale. La liberté d'enseigner aussi. Moi, je crois que professeurs, on a souvent dit que c'était le plus beau métier du monde que d'enseigner. Je pense qu'ils et elles ont besoin de tout notre soutien et qu'on les défende dans ces cas-là face à ces discours séparatistes et obscurantistes qui s'en prennent au savoir, à la science parce qu'ils veulent maintenir les gens dans l'obscurantisme. C'est ça notre combat. C'est le combat pour les Lumières.
Merci Marlène Schiappa. 8h54 RMC et BFM TV.