P.J. — Garde à vue | P.J. – LA COLLECTION OFFICIELLE EN DVD — SAISON 3 – ÉPISODE 28 – DVD N° 7
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Temps de parole
- Invité50 %
- ?20 %
- Invité 27 %
- Invité 35 %
- Invité 45 %
- Invité 54 %
- Invité 63 %
- Invité 72 %
- Invité 82 %
≈ 121,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Apparemment, c'est un accident de... Tant qu
'a
de la vie
? Dans
sa chambre, elle est sonnée grave.
Elle
vit là ? Oui, avec le mari, mais lui, il n
'est
pas là. Le dos, c'est bizarre, non
? Ça
dépend, elle a pu se retourner pour éviter l'huile.
Ça
va
? Ça
va
? Oui,
ça va passer.
Vous
voulez une photo
?
Pardon. On a le voisin du dessus, André Balazuc.
C
'est lui qui a appelé police secours.
Monsieur
Balazuc
? On
vous les suivait à l'hôpital.
Vous
nous rappelez des cartons de ses esprits
?
Ils s'engueulent tout le temps. Son mari, il la tape, elle crie, il la tape plus fort pour qu'elle se taise. Et c'est comme ça chez eux. Mais là, c'était pas la même chose. Des cris de douleur, enfin, c'était terrible, quoi. Comme un animal. Alors moi, j'ai appelé police secours.
Vous
pourriez venir déposer à la PJ
? À
la police
?
Disons dans une heure. Merci, monsieur. Bonjour, police judiciaire.
Ça
va mieux
? Ma
belle fille,
elle
va pas mourir.
Ça,
on sait pas encore, madame. Vous étiez où quand ça s
'est
passé
?
À la toilette.
J
'ai entendu qu'elle crie. Après, elle était sur la terre. L'hôpital, ils voulaient guérir.
Vous
cuisiniez ensemble
? Oui. Vous
faisiez quoi avec de l'huile
?
Des bénis au miel.
Vous
allez me montrer exactement ce que vous avez vu. Je vous suis.
Elle
cuisinait, et vous, vous arriviez d'où
?
Donc, vous l'avez enjambée
? Vous
êtes obligés pour arriver jusqu'au réchaud.
Je
lis ton truc.
Un
peu plus colté, mais enfin, c'est ce que j'en dis. Je sais, j
'ai
dormi chez une copine.
Au
3 gourmets
?
Je veux pas te prendre trop de temps. Non, je vais commander des sushis. Là-haut, à 13h.
Je
te promets, aujourd'hui, je t'achète de la moussara. Bon, au revoir, madame.
Je
vais voir pour votre affaire. Entre voisins, c'est normal qu'on s'entraide.
Vous
êtes riaçant
?
Ben, voyons. Bonjour.
Bonjour. Bonjour. Il y a
ça pour vous. Allez, encore une panne de rasoir. Voilà. Tiens, pour toi. Ben, justement,
la
financière vous envoie un plaignant.
Il
est à côté, vous allez vous en occuper. Auré a déjà son dossier, il t
'a
son bureau, il vous attend. Et dites-le honnêtement, j'aimerais bien que vous n'adoptiez pas le look par rasier depuis 3 jours.
On
n'est pas chez les artistes. Ton père a appelé.
Mon
père
? Il
a dit qu'il passerait ce matin. Ah bon, mais quand
? Ouais,
je sais pas.
Mais
non, ça a pas l'air de te faire plaisir.
Si,
si. Il sert de l'intérieur. Alors finalement, vous allez le garder
? Vous
vous rendez compte
? Dans
4 mois, il aura déjà des doigts. Formidable.
Et
le père
? Paul,
il est toujours en prison et pour un bon bout de temps. Ça, je sais.
Vous
allez lui dire qu'il est de lui ?
Je
crois pas, non. Ça vaut peut-être mieux finalement. Oh merde
!
Qu'est-ce qu'il se passe ? Saurin est où
? Elle
est sur un accident avec Fournier. Oh merde ! Rappelez-moi tout de suite la direction du personnel et la DPJ. Vite, vite, dans mon bureau
!
Nadine, vous me préparez 3 cafés, s'il vous plaît
?
Ben non, vous avez vu, ça urge.
Oui. Ici
la PJ Saint-Martin.
La
direction du personnel pour le commissaire Meurton.
Ouais,
bon, ben j'attends. Super aimé, poubelle.
J
'ai déjà expliqué 10 fois à vos collègues de la financière qui m'ont envoyé à vous. Tout est là-dedans. Expliquez-nous au moins en deux mots. Elle nous a pris combien, votre employé
? Pour
l'instant, il s'agit de 500 000 francs en 3 ans, mais c'est probablement plus. 500 000 francs
? T
'as fait
?
Non, non, surtout pas, merci. Comment elle s'y prenait
?
C 'est simple, elle payait certaines factures en liquide et puis après elle se faisait des chèques. Par exemple
? Elle
achetait 500 francs de timbre qu'elle payait en liquide.
Puis
elle marquait sur le talon du chèque de la compta, timbre, 500 francs, mais elle, elle se faisait un chèque de 5 000 francs à son nom, vous comprenez
?
Tout ça,
ça
passait inaperçu dans la compta ? C'est elle qui s'occupait des comptes. Moi, j'avais entièrement confiance. Non, ça on se dit bien. Comment vous êtes tombé dessus
?
Elle est partie en vacances. Normalement, on
prend
tous nos vacances au même moment. La boîte ferme pendant un mois. Et là, vous n
'avez
pas fermé ? Si, mais ma soeur est tombée malade, je suis resté à
Paris.
Une affaire s'est présentée, vu la conjoncture,
je
n'allais pas la refuser.
Donc
j'ai ouvert la boîte. Sans elle ? Sans elle. Et donc,
hier
je suis allé chez un fournisseur, on a discuté un peu, et c'est comme ça que
je
me suis aperçu qu
'elle
le payait en liquide.
C
'est pas normal ? Ben non, on ne paye jamais en liquide, sauf des petites sommes. Alors j'ai regardé les comptes comme ça, au cas où, c'était un bordel.
D
'abord, j'ai pensé qu'elle était incompétente.
En
fait, elle est très compétente. Oui.
Enfin,
c'est tellement stupide aussi. Elle ne pouvait pas ne pas se faire prendre.
Elle
sait que vous savez
?
Non, elle est encore en congé. La boîte rouvre demain, elle rentre donc demain. Enfin, normalement.
Bon. On
va essayer d'aller l'accueillir chez elle. Mais avant tout, quelques renseignements sur son identité.
Hein ? Fournier
monte avec elle
? Bon,
merci Nadine. Entrez. Bonjour, commissaire. Dites pour la brûler, on vient d'appuyer l'hôpital pour voir si on pouvait interroger la victime. Et le médecin nous signale des traces de coups sur les épaules et le visage.
Il
s'agit peut-être d'une tentative d'homicide. Le mari a disparu. D'après un voisin, il la battait. En tous les cas, le voisin a entendu des bruits de dispute et des cris assez souvent.
Ouais,
ouais.
On
a posté un bleu auquel le mari rentrerait.
Vous
pouvez nous laisser, Fournier.
Je
t'attends pour l'audition.
Ça
va
? C
'est pas trop dur
? Vous
avez déjà vu des grands brûlés, commissaire
?
Attendez, serein, vous avez bien reçu le courrier de la médecine de travail
? Non. Comment
ça, non
?
Je dors pas chez moi depuis trois jours. Ah.
Bon,
alors voilà le double
qui
m
'a
adressé la preuve.
D
'après l'expertise,
vos
chances de regagner plus de cinq dixièmes à l'œil droit sont minimes.
Alors
là, DPJ, vos réformes
? C
'est une mesure... Habituelle.
Et
on peut
pas... Ils
nous donnent le choix entre la révocation avec 65% de votre salaire, naturellement,
et
une mutation au service des archives
ou
au bureau du personnel. Aux archives.
Je
peux réfléchir au moins ? Bien sûr. Si vous avez besoin d'en parler, je suis là, serein. Tout à fait. Il t'a dit quoi, le patron
?
Je suis réformée. Et tu peux pas récupérer
? L
'écollement du Vitré, irréversible.
Il
m'envoie aux archives ou au bureau du personnel. Écoute, on va faire l'audition. Elle pitira voir Porey, il
est
délégué syndical.
Elle
pourra peut
-être
te trouver mieux.
Tu
te sens d'affaire
?
Mais ça va, je marche pas encore avec une canne blanche.
Alors,
vous appelez Madame Mersin Mursen.
Vous
êtes née le 21 juillet 1941 à Diyar...
A
Diyarşkir, en Turquie. Voilà, et vous êtes de nationalité turque. Kurde, née dans le Kurdistan. Oui, vous êtes Kurde de Turquie, donc. Kurde
!
Bien, dans l'appartement, si j'ai bien compris, vous habitez avec votre fils et votre belle-fille, c'est ça ? Elle va mieux ?
L
'hôpital va la guérir
?
Non, elle a des blessures très graves. Elle est profondément brûlée, principalement dans le dos. Madame Mursen. Madame Mursen.
Vous
étiez seule dans l'appartement avec votre belle-fille au moment de l'accident
? Oui.
Votre fils, il était où
?
C'est quoi son prénom
?
Turgut. Il est où, Turgut
? Alors,
madame Mursen, si vous ne nous dites pas où il est, on va lancer un avis de recherche sur votre fils, et s'il est arrêté par d'autres policiers, ça risque dommage de se passer pour lui. Qu'est-ce qui se passe mal ? Il peut être expulsé.
C
'est pas géantique de nous traiter comme ça ? Est
-ce
que ça vaudrait mieux, non
? Qu
'est-ce qui s'est passé
? Votre
fils l
'a
frappé ?
Il
ne s'entendait plus avec elle
? C
'est prison là-bas, pour nos pays. Deux ans ! Tiens, si vous voulez bien retirer vos bijoux.
Il
est 11h30, vous êtes en garde à vue à partir de maintenant. Allez. Bonjour.
Je
ne
veux
pas qu
'on
s'asseye
? C
'est ta raison,
il
va m'envoyer sur les roses. Non, il adore rendre service. Précaution maximum, vous la laissez monotter et vous la montez à la cuisine. Ah non, je vais avoir besoin de toi. Oui.
Comment
faire un terreau sans toi
?
Ok, j'arrive.
T
'es une gueule, tu traces plus
? Ça
repose la peau un peu. Serre-toi. Histoire d'hygiène
?
Oui, c'est ça.
J
'ai de la mousse à raso, les tiens. Ah, merci.
C
'est sûr, les archives. Mais c'est pas possible de faire lever la mesure administrative.
Ça,
j'ai peur que ce soit galère.
Par
contre,
pour
le job, je peux peut-être faire quelque chose.
Je
ne serai pas dans un bureau. Ok. Bah écoute, j'appelle un pote et je te tiens en courant, d'accord
?
Asseyez-vous. Merci.
C
'est bon, merci.
Bon,
on y va.
Rien
dans ce frigo. Dites, je peux avoir une cigarette
?
Madame, vous êtes mise en cause dans le cadre d'une enquête sur un abus de confiance et faux en écriture.
Un
abus de confiance ? Oui. On est une plainte de votre employeur.
Vous
vous occupez de la comptabilité, c'est ça
? Oui. Vous
n'avez rien remarqué
? Non. À
l'ordre de Sandrine Petit, signé par vous, par procuration S Petit, le 10 avril. C'est bien votre écriture ? C'était une avance sur mon salaire. J'avais remplacé le frigo et la voiture était empannée, j'ai remboursé.
Et
celui-là
? Le
3 mai, 5600 francs. C'est aussi une avance sur le salaire
? Je
ne comprends pas. Quelqu'un a dû se tromper, quelqu'un dans l'entreprise. Malheureusement, cette erreur s'est produite une centaine de fois et cependant 3 ans. Alors 500 000 francs, c'est un peu gros pour une erreur. 500 000 francs
? Alors
c'est à la banque, je ne
sais
pas moi. Vous savez bien que non, madame.
Je
ne comprends pas, ce n
'est
pas moi, je vous jure. Je ne sais pas. Certainement, quelqu'un a versé de l'argent sur mon compte pour me nuire. Qui ? Ça, je n'en sais rien moi. C'est à vous de le trouver. Parce que 500 000 francs, c'est quand même une somme. 500 000 francs en plus sur votre compte et vous apercevez de rien. Vous gagnez combien, madame Petit ? C'est vrai, c'est incompréhensible. C'est...
Ce
doit être une machination.
Vous
voulez dire que quelqu'un aurait falsifié votre écriture pour verser des chèques sur votre compte
? Oui,
quelqu'un qui m'en veut, je ne vois que ça.
Écoutez,
on ne
va
pas y arriver comme ça. Madame Petit,
nous
avons un dossier complet avec
les
photocopies de vos chèques, ce que vous faisiez à vous-même, les talons des chèques que vous faisiez pour la compta et qui ne correspondent pas,
et
les relevés de votre banque,
et
c'est votre écriture.
Alors,
si ce n'est pas vous, expliquez-nous. Désolée, madame Petit, mais nous allons devoir vous mettre en garde à vue.
En
garde à vue, ça veut dire que vous allez me garder ? Oui.
Il
est 12h30,
votre
garde à vue commence maintenant.
Voyez,
s'il vous plaît, me remettre
vos
bijoux et votre ceinture.
Vous
voulez voir un médecin
?
Non. Vous voulez dire quelqu'un, votre mari ? Non, surtout pas. Pour pas qu'il sache,
je
vous en supplie.
Je
lui expliquerai quand tout sera terminé. Vous lui expliquerez quoi
? Tout. L
'erreur judiciaire. Florence.
Tiens,
voilà les clés des menottes.
Fouille
d'accord.
Et
tu remettras les menottes. Maud, ça va
? J
'ai vu votre amie à l'hôpital. Elle va me suivre pendant la grossesse. Elle m'a dit qu'elle était confiante. C'est cool. J'ai un peu la trouille pour lui. Dites, c'est moi qui m'occupe de la collecte pour le mariage du collier. Mais bon, comme vous partez, je... Je viens de parler à mon pote. Tu t'y connais en informatique
?
Pas franchement, non. Il y aurait peut-être un plan. Traque de la délinquance sur Internet. Faut voir. Bon, c
'est
un peu administratif comme boulot, mais t
'es
en rapport avec les mineurs, la crime, les stups. Puis en plus, c'est super bien placé. T'es à la préf. Merci, Alain. Oh, de rien. Ça sert à ça, les syndicats. Tiens, place un numéro. Tu l'appelles de ma part
?
Ah, au fait,
t'as pas
ta carte, toi
? Ça
peut s'arranger
? Non,
je déconne.
C
'est quoi, le cadeau
? Ça
va dépendre de la collecte.
Une
croisière sur le Nil, ce serait classe, mais bon, pour le moment, c'est pas gagné.
Et
500 balles, mais vous avez gagné au loto, quoi.
Je
connais 100 balles, ils méritent pas plus. T'exagères, il y est pour rien. Le patron, tu le sais très bien.
Il
faudrait mieux me défendre, merde.
Je vais
pas crever dans un bureau.
T
'as imagine que t'es à sortir ton arme et à tirer. Arrête, ça tire combien de fois dans sa vie, un flic
? 0
,05 fois, mais imagine que ça tombe sur toi. Un mec, t'agresses sur la droite et tu le vois pas. Tu vas expliquer quoi ? Excusez-moi, je l'ai pas vu. Maud,
t
'es un danger pour toi et pour les autres, et tu le sais très bien. Oui, et toi, t'es un con. J'ai besoin de prendre l'air.
J
'ai envoyé un bleu chez le voisin du Mursen. Tu le réceptionnes, s'il arrive, merci.
Tu
m'avais pas dit que tu montais
? J
'avais des rayonnages à acheter au salon.
Et
puis je voulais voir ma fille.
C
'est vrai que moi, j'ai pas trop le temps de descendre.
Tiens,
tu veux pas un beignet ? Ils sont super bons. Merci.
Plus
de sucre,
la
ligne.
Si
je veux me présenter au bureau de la section. Tu sais que
Jeannot
va être responsable au syndicat.
Ah,
non, je savais pas, non.
C
'est bien.
T
'as pensé à ce qu'il t'a demandé
?
J'y ai pensé, ouais.
Mais
j'ai pas eu trop le temps, là. Faut bien que tu comprennes, Chloé. Ce que te demande Jeannot, c'est comme si c'était moi qui te le demandais.
Tu
vas pas refuser de travailler pour ton père.
Mais
c'est pas ça. Ça prend deux secondes, ce truc. Papa.
T
'as changé, toi, hein
?
C'est l'étale qui t'a mis des idées dans la tête. Mais c'est pas ça.
En
plus, il est par Italie, il est français.
T
'obéis plus à la famille.
C
'était sacré avant ta famille. Quand ta mère va savoir ça, c
'est
la peine que tu vas lui faire. Bon. Dis, attends ton Jean que je lui envoie sa liste. Quand
?
Bientôt.
Avec
des renseignements précis sur chacun des flics.
Qu
'on sache qui est de notre bord, c'est très
important, tu
comprends
?
Mais papa, tu te rends pas compte ? Moi, je travaille avec eux. Justement.
Papa,
je peux pas le faire.
Tu
veux pas le faire.
Tu
veux pas le faire.
C
'est ton dernier mot
? T
'es sûr
? Alors,
c
'est
faux-vail. Elle grandit, votre fille, non
? Une
fille
? C'est
pas de fille, moi.
C
'est bien votre portefeuille
? Oui. C'est
bien votre commande
?
Oui. Ni à l'évidence ne sert à rien, Madame Petit.
Il
faudrait changer votre système de défense, vous savez. 18 francs 50. Donnez tout.
C
'est pas moi. Comment faut vous l'expliquer que vous vous trompez
? Qu
'est
-ce
qui va m'arriver maintenant ? J'ai une famille, moi, des enfants.
On
gagnerait tous du temps. Parce que vous croyez que moi, je perds pas mon temps.
Je
risque quoi, moi
? Ça
dépend.
La
prison
? Peut
-être un peu.
Il
peut y avoir aussi conciliation.
De
toute façon, c'est pas moi.
Pourquoi
tu mets tes menottes devant
?
Hein
?
C'est plus pratique.
Ah
bah, essaye de les sortir en plaquant un mec. Accroche-toi.
En
plus, c'est pas réglementaire.
On
déjeune
?
C'est que là, j'ai pas trop faim.
T
'es au régime
? Non,
non, mais j'ai deux, trois trucs à faire. Des trucs administratifs. Ah
! Vous
êtes là, Léonetti
? Alors,
vous en êtes où avec la comptable ? Elle s'obtine dans son silence. On n'avance pas. Alors, on la laisse mijoter. On y en a vu. Ah ouais, bon. Eh bien, vous allez vous rendre à la brasserie Florent. L'histoire de griver le rire. Enfin, vous verrez ça avec le patron de la brasserie. Je peux pas. J'ai rendez-vous. Les impôts. Et t'as...
Vous
foutez de ma gueule, vous
? Non,
non, mais... Je peux appeler pour repousser. Eh
bien,
ils vous répondront pas. Parce qu'après-midi et deux heures, c'est fermé, les impôts. Lieutenant. Justement, j'ai rendez-vous avec une fille qui a accepté de rester. Alors,
je
peux pas. Vous pouvez faire un lapin ? Bon, ben, vous allez quand même donner son numéro de téléphone. Je l'appellerai, puis je la préviendrai. Non, non, je la préviens, moi.
Allez,
je t'accompagne. C'est ça, oui.
Je
vous rappelle que nous sommes ouverts de 9h à 19h sans interruption. Allez, hoste, t
'as
la brasserie.
Ça
fait une heure qu
'ils
vous attendent.
T
'as pas ton portable
? Ça
passe pas ici, tu l'appelleras du resto.
Qui ? La
fille des impôts.
Enzo ? Ben,
t'étais où
? Ouais,
mais j'ai besoin de te voir, moi.
Ouais,
mais tu dois venir maintenant. Tout à l'heure, alors. Ok, je t'attendrai devant l'écluse.
Ça
va, Mathieu
?
Oui, pourquoi
? Non,
non, comme ça.
Dis,
je
t
'ai pas vue pour la collègue du taulier, toi. Non.
C
'est pour son mariage. À part toi, j'ai tout le monde. Ah bon, mais il faut donner quoi ? Ben, ce que tu veux, y'a pas de limite. Moi, j'ai donné 1000 balles. 1000 balles
? C
'est l'usage. Maintenant, vous faites comme vous le sentez, mais moi, c'est assez mal vu.
Ouais,
mais bon, moi, je suis là depuis qu'un an, quoi. Le taulier, je le connais pas vraiment. Mais Chloé, il te charrie, regarde, il a donné 200 balles.
Bon, ben,
je te donne tout à l'heure, je vais retirer de l'argent. Lieutenant, on vous attend. Oui, oui, j'arrive, j'arrive. Mathieu, vous faites une audition avec moi.
Oh,
ben, merci, Lieutenant. Merci de quoi
? Ben,
de vous proposer, on travaille pas tellement ensemble d'habitude.
Ben,
je peux pas faire autrement, on est en sous-effectif.
Ben,
Mathieu, Mathieu. Mathieu, je plaisante. Je plaisante, faut pas tout prendre au sérieux comme ça.
Ah,
ben, c'est pas trop tôt. Capitaine Fournier, police judiciaire. Venez par ici. Lieutenant Léonetti.
Ils
font comme si ils allaient aux toilettes.
Mais
comme par ici, il y
a
une sortie de service du personnel qui donne dans la rue, ils se tirent sans payer.
Vous
n'auriez pas une table juste à côté d'eux
? Ben,
vous ne présurez pas à rester ici pour les coincer ? Ah, ben, nous, il nous faut un flag, hein. Ah oui, un flag en délit. Marguerite, vous restez en faction ici, et vous laissez sortir personne.
Bon,
ben, on
va
gâter.
C
'est eux, là. Vous voyez, on dirait un couple tout à fait bien. Non, excusez-moi.
Là,
vous serez beaucoup mieux. Madame, excusez-moi.
C
'est réservé. Je vous offre quelque chose ? Oui, on va prendre la carte. On va manger.
Il
faut bien donner le change.
Puis
on va prendre un chassagne d'Auber. 97
?
82.
Ah,
nous n'en avons plus. Est-ce que je pourrais avoir une autre bouteille de chassagne d'Auber 82
? Bien
sûr, monsieur.
Je
croyais que vous n'en aviez plus. J'ai dû me tromper.
Un
autre d'Auber 82. Bien sûr, monsieur. Gonflé, vous ?
Non,
juste un peu enrobé.
Vous
permettez
? Puis
j'ai une décédale.
Je
croyais que
tu
n'avais pas faim. Là, ça serait péché.
Ça
ne marche nulle part, ton machin.
T
'en es où avec Mathilde
?
Excuse-moi, j'ai un coup de fil à demi. Patron
? Oui
?
Où
est-ce que je peux téléphoner, s'il vous plaît ? Désolé, en panne.
Qu'est-ce que tu
disais
? Je
te demandais où tu en étais avec Mathilde. Ah, Mathilde ? Ben, nulle part.
Je
n
'ai
même pas été au rendez-vous l'autre jour.
Tu
es parti aller, tu t'es pris une veste, c'est ça ? Pas du
tout. Putain,
il
est
où le problème ? Elle est bien, cette fille, en plus, si
tu
lui plais.
Tu
la trouves bien, toi
? Pour
apatouir
?
T'attends quoi ? Qu'elle se mette à genoux ? Qu'elle te supplie
? Bon,
on commande.
Lieutenant ?
Ah oui.
Merci
beaucoup. Tenez. Mathieu, le dossier.
Venez.
Asseyez-vous. Êtes-vous enfin disposé à assumer les conséquences de vos actes
? C
'était des heures sup.
J
'étais payée pour des heures sup. Ça lui évitait de déclarer l'URSSAF.
Pourquoi
vous ne l'avez pas dit avant
? C
'était un arrangement entre nous, maintenant, puisqu'il m'attaque. J'ai fait des milliers d'heures sup pour lui, sans compter celles qui n'étaient même pas payées.
C'est
très intéressant ça, Madame Petit. Mais alors
?
Expliquez-nous, pourquoi est-ce qu'il porte plainte
? Il
se venge.
De
quoi
? J
'ai eu une aventure avec lui. Quand
? Oh,
il y
a
8 ans, avant de rencontrer mon mari. Évidemment, il ne vous l'a pas dit. Non, mais je ne vois pas ce que ça change. Ah ben
! Madame
Petit, si votre patron avait commis des indélicatesses sur le paiement de vos heures sup, croyez-vous qu'il irait de lui-même risquer de se faire pincer
? Voyons.
Vous avez acheté le 15 avril 1996 une maison de campagne de 255 000 francs cash. Or, vous gagnez 12 000 francs par mois. Votre époux, sensiblement moins. Vous avez à Paris un loyer de 6 500 francs. J'ai eu un héritage.
Ah
bon
? C
'est bizarre, ça. On n'a pas vu de traces de frais de droits de succession dans vos comptes.
Ça
vous amuse, hein, de détruire une famille
? Ça
vous amuse de vous acharner sur moi ? Vous avez des chiffres ? Vous croyez tout savoir ? Eh
ben,
vous ne savez rien de ma vie ! Effectivement, Madame Petit, je ne sais pas grand-chose de votre vie.
Mais
ce que je sais me suffit pour vous accuser
d
'abus de confiance et de faux en écriture.
Vous
vous enfermez dans un système dangereux, là.
Je
vais informer votre mari et interroger vos voisins.
Non ! Je
suis désolé, Madame, il faut bien qu'on y arrive.
Mais
pourquoi ?
A
moins que vous ne soyez disposée à parler. Mais c'est faux ! Tout est faux
! Dites
-moi, Nadine, c'est qui, lui
?
Un témoin sur l'affaire Mursen. Fournier est à la brasserie, Saurin est parti prendre l'air. Il n
'y a
plus personne, ici. Et qu'est
-ce que
ça
le
fait, Saurin
?
Vous voyez,
il
est pourré.
Il
fait quoi, pourré
? Il
est en audition. Donc, il n
'y a
personne, quoi. Mais qu'est
-ce
que je viens de vous dire, là ? Ouais, bon. Monsieur, monsieur, vous ne
pouvez
pas rester là, je regrette. Vous allez devoir patienter ici un moment, parce qu'on est en sous-effectif. Mais c'est que je suis assez pressé. Moi, vous pouvez m'interroger, vous. Non, mais je ne connais rien à votre affaire, moi, monsieur. Oui, mais il
m'en
faut que tu en passes dans 15 minutes. Je ne serai pas sorti, dans 15 minutes. Enfin, j'avais peur que non. Bon, attendez. Bon, vous allez me passer la DPJ, on ne
va
pas continuer à fonctionner comme ça. Dites-moi, vous avez la télé, ici
? Vous
avez la DPJ. Franchement, deux, marre, si vous savez, j
'ai...
Quand on aime, on compte pas.
Ah, t
'as pas marre de vivre à l'hôtel
? Moi,
je pourrais pas,
hein. T
'es sûr
? Tu
veux pas venir vivre à la maison
? Non,
non, je te remercie, ça va.
Tu
veux pas de nouvelles de Marie
?
Pas un mot, c'est comme si notre histoire avait jamais existé.
Pas
un bon truc.
Ah,
Fournier, vous pouvez vous occuper de monsieur, là, parce qu'aujourd'hui, c'est...
Vous
avez des nouvelles de madame Mursel ? Ce matin, ça allait pas fort.
Bernard, tu t'occupes de nos clients ? Une six
gentille petite dame, hein. Et puis, joli avec ça, hein. Tu fais l'interrogatoire, hein. Entrez, asseyez-vous.
Alors,
vous vous appelez monsieur Balazuc
?
André. Français.
Un
menuisier français. J'étais à la poubelle après un accident de travail. C'est anormal, vous
?
Bien. Vous déclarez avoir entendu souvent monsieur et madame Mursel se disputer. J'imagine. Enfin, je sais pas.
J
'entendais des trucs. Et puis, de toute façon, chez eux, ça gueule tout le temps. Alors, c'est culturel.
Et
vous entendiez des trucs comme des bruits de coups ou des bruits de vaisselle cassée
?
De coups. Plutôt de coups.
Et
vous n'êtes jamais intervenu
? Elle
appelait pas au secours. Et puis, ça avait changé là, ces derniers temps. Il était pas souvent chez lui.
Il
voulait divorcer.
Vous
étiez vraiment intime
?
Non, non.
Non,
j'ai entendu. Ils en discutaient. Entre eux. En français
? Ils
se parlaient en français, entre eux
? Non, mais
c'était facile à deviner. Ils gueulent, elles pleurent, ils claquent la porte. C'est classique. Vous qui savez tout, vous sauriez pas par hasard s'il était chez lui au moment de
l
'accident
?
Ah non, ça. Alors là, je saurais pas dire. Mais je sais qu'il avait une maîtresse.
Ah. Et
vous savez qui
?
Tchéracase. Sophie Tchéracase. Infirmière à l'hôpital Saint-Louis. Ah bon
? Oui,
ben il y avait son nom sur leur boîte à lettres quand ils vivaient ensemble.
Ils
habitaient tous les trois. Oui.
Vous
pouvez m'écrire son nom, s'il vous plaît
?
Hein
?
Florence,
vous
me trouvez l'adresse de cette jeune fille,
infirmière
à Saint-Louis. D
'accord. C
'est pour ça que sa femme,
elle
voulait quitter la France.
Elle
vous l'a dit
? Vous
étiez vraiment proche.
Je
sais plus comment je l'ai su.
Essayez
de vous rappeler, monsieur Balazu, que votre témoignage est très important.
Ben
il y a deux jours, elle est venue chez moi pour vendre des choses. Pour payer
son
billet d'avion pour rentrer. Des choses
? Oui.
Sa télé. Alors comme la mienne était foutue.
Et
vous l'a apporté quand, cette télé
?
Hier soir.
Elle
vous l'a vendue combien
? Elle
me l'a donnée.
Enfin, pas
chère.
Je
croyais qu'elle avait besoin de l'argent de la télé pour payer son voyage. Ben oui. Mille francs.
Un
billet pour la Turquie, ça coûte le double. Oui, enfin, elle en voulait deux mille, mais je lui ai donné que la moitié.
Et
vous avez gardé la télé ? Ah oui.
Ah
oui, mais le front d'économie
c
'est toujours ça de pris. Monsieur Balazuc,
est
-ce que quelqu'un vous a vu chez vous au moment de l'accident
? Comment,
mais vous n'allez pas m'accuser maintenant, non ? Pour mille balles.
C
'est bon.
Sora
est rentrée
?
Ah non, pas encore.
Vous
m'accompagnez sur une interpellation.
Luc, vous
vous occupez de monsieur. Mademoiselle Tchéracat. Oui. Police judiciaire, nous cherchons monsieur Turgut Mursen. Est-ce qu'il est chez vous
?
Turgut
? Monsieur
Mursen.
Vous
voulez voir Turgut
? Police
judiciaire.
Je
suis Turgut. Votre femme est à l'hôpital.
L
'hôpital ?
Oui,
monsieur.
C
'est grave
? Oui,
monsieur. Elle n
'est
pas morte
?
Non, monsieur, si vous voulez bien nous suivre, nous avons quelques questions à vous poser.
J
'arrive.
T
'as le femme
? T
'es pas divorcée ?
Je
suis 150.
Pourquoi
maintenant
? Je
sais pas.
Pourquoi
t'as pas envie
? Ah
si,
si. Ça
fait des mois que j'en ai envie, moi.
Tu
veux plus ?
Tu
veux que je ferme un peu les rideaux
?
Ah ouais, ouais, je veux. Ouais. Ah patron, pour mon affaire,
vous avez... Ah, j'ai pas
le moment.
Les
nouvelles de Sauron ? Ah non.
J
'ai demandé qu'on nous envoie quelqu'un en urgence. Pour le moment, c'est tout ce que je peux faire. Merci, Florence Seyra.
Vous
vous appelez Mursen. Turgut Mursen.
L
'OFPRA vous a accordé le statut de réfugié politique. Oui.
Est
-ce que vous êtes connu des services de police
? Non. Vous
savez que vous êtes entendu dans le cadre d'une enquête concernant l'accident dont a été victime votre femme
?
Oui.
Comment
elle va
?
À l'hôpital ? Mal.
M.
Mursen, vous étiez où à 10h ce matin
? Je
vis pas là. Comment elle va à l'hôpital
? Vous
étiez où ce matin à 10h
? Au
café. Quel café ? Café Atlantique, dans rue des Petits Hôtels.
Oui,
oui, vérifie. Café Atlantique, rue des Petits Hôtels. Les Mugheurs, je jure, je suis là-bas.
Florence, tu
vas au café Atlantique, rue des Petits Hôtels, et tu vérifies si ce matin à 10h, un certain M. Turgut Mursen était présent.
Vous
étiez seul
? Je
suis avec Sophie. Chiracatze
?
Oui.
T
'as entendu
? Merci.
Sophie Chiracatze, oui. Belle femme. Donc ce matin à 10h, vous étiez au café Atlantique...
Café
Atlantique, rue des Petits Hôtels. Sophie Chiracatze, oui. Je jure, je suis là-bas.
L
'enfant qu'elle porte êtes-vous
?
Oui,
on
va se marier.
Votre femme est au courant ? Oui. Qu
'est-ce qu'elle a à l'hôpital
? Elle
était d'accord pour divorcer
?
Oui. Elle ne peut pas faire un enfant,
alors... Vous,
vous étiez d'accord pour qu'elle retourne au pays
? Elle
dit ça, mais elle ne fait pas.
Et
vous êtes d'accord
? Oui. Pourquoi
vous ne lui avez pas payé son billet de retour
? Je
suis d'accord, mais après divorce.
Vous
avez vu votre femme quand pour la dernière fois
? Je
ne sais pas.
Une
semaine.
Un
voisin dit vous avoir entendu il y a deux jours. Oui, je viens voir ma mère.
Et
vous êtes disputé avec votre femme.
Pourquoi ? Elle
jalouse. Elle crie quand je viens.
Votre
mère vous a appelé ce matin
?
Oui. Elle téléphone tous les jours.
Qu
'est
-ce
qu
'elle
vous a dit
? Que
femme veut partir. Mais moi, ce matin, je ne
suis
pas là. Je suis au café avec Sophie. Je jure, je suis là-bas.
L
'hôpital,
c
'est grave.
On
ne sait pas s'il survivra.
Je
ne savais pas que c'était aussi géométrique. Merde, déjà
?
Bon, il
faut
y aller.
On
va à la douche
? Toi
d'abord.
Je
t'aime. Plus fort que tout le monde l'entende. Bon, excuse-moi, je t'aime fort.
Non,
pas toi et péremptoire. Turgut Mursenet a vu ce matin par deux témoins dans son café.
Alors,
on cuisine la mère
? Ouais,
ben, on libère le fils. Et comme je n
'ai
personne,
on
interroge la mère tous les deux.
Bon,
on reprend.
D
'accord, votre fils n'était pas là.
Vous
allez nous raconter ce qui s
'est
vraiment passé. J'ai dit déjà,
je
ne suis pas là. Je reviens, je ne sais pas comment, mais la bassine tombe sur elle. Mais malheureusement, il y
a
des traces de coups sur le visage et des brûlures sur le dos.
On
a du mal à vous croire.
Les
tâches sur votre chemise de nuit, c'est de
l
'huile, non
?
Saloperie
!
Forcément, il y a partout.
Non,
non, ça, c
'est
des éclaboussures, des petites tâches comme ça.
Ça
veut dire que vous étiez plus proche que vous ne le dites.
C
'est quand je reviens des toilettes.
Donc,
vous étiez à côté d'elle quand ça s'est passé.
Oui,
je reviens juste
quand
ça arrive. Vous reconnaissez donc avoir été présente
au
moment des faits
? C
'est quoi, des faits
?
Au moment où ça s'est passé.
Pourquoi
vous ne nous l'avez pas dit
? J
'ai peur. On croit que c'est moi. Madame Mursen, vous avez des bonnes raisons de vous disputer avec votre belle-fille
?
Non.
Regardez, les
traces, là. Comme si la bassine avait dérapé.
Qu
'est-ce qui s
'est
passé ? Vous vous êtes disputée avec votre belle-fille
? Vous
avez fait un faux mouvement, la bassine est tombée, elle s'est renversée sur elle
? Vous
vous êtes disputée toutes les deux
? Les
beignets, c'était quoi
? Pour
une fête. Une fête pour qui
?
Non, c'est comme ça. Je donne aux voisins. Madame Mursen, vous ne vous entendez pas avec vos voisins. Vous faites trop de bruit. Non, moi, je pense que vous avez préparé ces beignets juste pour pouvoir lui jeter l'huile, Madame Mursen.
C
'est elle qui veut. Elle prépare tout. C'est elle qui veut me mettre l'huile. Moi, je me défends. Votre belle-fille allait partir. Elle n'avait aucune raison de vouloir vous ébouillanter.
Bon,
on ne va quand même pas passer la nuit, là, non ? On va la déchirer immédiatement. On vous emmène devant le juge, Madame Mursen. Non, non, non.
Madame
Mursen, moi,
je
sais que c'est vous qui avez préparé ces beignets ce matin pour pouvoir ébouillanter votre belle-fille. Alors, vous allez me raconter ce qui s'est passé, hein
?
Je ne sais pas.
Je
ne sais pas que ça...
Comment
vous avez fait
?
La bassine qui tombe sur elle...
Je
déclare
avoir renversé sciemment une
bassine
d
'huile
bouillante sur
ma belle-fille.
Pourquoi ? Oui ? Dites
-nous pourquoi.
Pour
la télé. 1000 francs.
Je
regarde tous les jours la télé. Je regarde les émissions. Vous voulez dire que vous avez ébouillanté votre belle-fille parce qu
'elle
avait vendu votre télé ?
Je
lui ai dit pas vendre. Je peux pas dormir sans télé. Je pense qu
'elle
fait rien à la maison. Même pas possible donner un enfant.
Et
les traces de coups sur le visage, sur les épaules
? C
'est parce qu'elle gueule
!
On est en sous-effectif et on a un trop plein d'affaires. J'ai dû confier les enfants à ma soeur, ça va être long. Tenez, mettez la table là.
Ma
femme est où
?
Monsieur Petit, votre femme n'est pas ici comme témoin. Ah bon
?
Elle est où alors
?
Asseyez-vous. Monsieur Petit, j'ai le regret de vous informer que votre femme est mise en cause dans une affaire d'abus de confiance et de fou en écriture. Va nous chercher trois cafés, s'il
te
plaît. Qu 'est
-ce
que ça veut dire ? Elle est soupçonnée d'avoir détourné 500 000 francs de son entreprise.
Elle
est en garde à vue.
En
garde à vue ? Mais ça veut dire qu'elle va pas rentrer cet après-midi
? Je
ne crois pas, non. Ce soir, elle va rentrer ce soir ? Ce soir non plus. Mais elle va quand même pas dormir en prison, c'est une erreur. Elle va sortir, forcément.
On
a un café. Monsieur Petit,
il
va falloir que vous nous aidiez.
Que
vous l'aidiez elle.
Vous
n'étiez pas au courant
? Ah
non, enfin, j'aurais jamais accepté. 500 000 francs, vous êtes sûr ? 500 000 francs en trois ans.
Enfin, c
'est pas possible. Pourquoi elle aurait fait ça ? On est heureux ? Ça, il faudra lui demander.
Et
tout cet argent qui tombait du ciel, vous ne vous êtes pas interrogé
? On
a des comptes séparés. Je vous jure que je savais rien. Oui, enfin, vous n'étiez quand même pas très regardant. Quand elle faisait un extra, elle disait qu
'elle
faisait des heures suples.
Quand
on vient avec quelqu'un, en tout cas moi, ça repose sur la confiance et je mets pas en doute ce qu'elle dit. Sinon, 100 000 francs, c'est pas possible. Ils sont où
? Vous
avez acheté une maison de campagne, non
?
Molinon, oui.
On
l'aime beaucoup, on y va souvent. Cette maison, elle est aussi à votre nom
?
Oui.
Ben,
c'est Sandrine qui a insisté.
On
ne dit pas que vous êtes complice, mais il est vrai que vous profitez des irrégularités de votre femme.
Ah
non, mais je savais rien, moi.
Vous
allez pas nous mettre tous les deux en garde à vue.
Je
vais quand même parler en prison.
Si
vous êtes solvable,
on
devrait pouvoir vous éviter ça. Solvable
? Oui,
c'est la caisse. Mais qu
'est
-ce qu'il y a encore ?
Le
patron de la brasserie, Florent, je veux absolument vous parler. Votre homme, le lieutenant, vous savez le gros, il m'a dit de vous donner ça. C'est la note de ce midi. Ah, 1 200 francs. Ah oui, c'est la preuve de la gribellerie. Merci. Ah non,
non,
non, non. La note de ce que vous avez arrêté n'était que de 700 francs, elle. Elle avait plaisanté, là. Trois homards pour deux, là, une plaisanterie, ça. Bah, il a dit que c'était la République qui payait. Non,
non,
mais il plaisantait, la République, elle payait pas. Et puis d'abord, ça m'étonnerait que ce soit leur note, parce qu'ils sont en régime tous les deux. Allez, désolé, monsieur. Désolé, Paul.
Mais
t'aurais pu téléphoner
? J
'ai essayé, mais le portable de Vincent.
J
'avais l'air malin, moi, toute seule devant mon plat de sushi avec nos quatre baguettes.
Excuse
-moi.
Tu
m'arrêtes d'être puni. Faut pas m'appeler comme ça. Dionnetti.
Ça
va
? Vous
avez bien déjeuné
? Oui.
Ah, quand même, 1200 balles.
La
prochaine fois, je vous les ferai payer. Tiens, puisque vous avez faim,
j
'ai justement une vingtaine de cantines scolaires à vérifier. Hein ?
C
'est pour vous, ça. Des travaux, j'achie parmentier.
Vous
allez vous régaler, mon vieux. Oh, excusez-moi, vous étiez en train de... Bonjour. Bonjour. Bonjour.
Je
vous rappelle que vous avez une audition. Sandrine Petit, ça vous dit quelque chose
?
Allez.
Tu
me caches à tout le monde. Mathilde
! Ça
va pas, Mathieu ?
Ça
risquait rien, j'étais là. Et s'il avait fait quoi que ce soit, j'aurais fait ce qu'il fallait. Maintenant, si vous avez pas confiance en moi, vous êtes pas obligés de travailler avec moi. Sortez, Mathieu. On réglera ça plus tard. Bon,
la
maison, Molinon, c'est ça
?
Oui.
Elle
est avouée à votre mari, n'est-ce pas
?
Bah oui. Donc, il peut être considéré comme complice. Et dans le droit français, il risque la même peine que vous. Enfin, il a rien fait.
Parce
que vous ? Non, moi non plus. Écoutez, madame, nous avons deux solutions. Ou bien vous continuez à nier, on est obligé d'impliquer votre mari.
Ça
veut dire préventive et placement de vos enfants au foyer. Oh non !
Vous
vous avouez.
Et
vous le mettez hors de cause.
On
peut même essayer de vous éviter la prison ferme.
si
vous acceptez de réparer votre faute.
Ça
veut dire rembourser ? Oui.
Qu
'est-ce qu'il a dit, mon mari
? Tout
le monde va me détester maintenant.
On
n'est pas ici pour vous juger. Bon.
J
'ai un compte au Luxembourg, il y a 100 000 francs dessus. C'est un compte à numéro. Bon, 100 000 francs et puis
? Il
y a un salon en cuir, on l'a payé 35 000.
Il
y
a
aussi le vin, j'ai acheté du vin pour mon mari. 10 caisses de 12, ça fait 120 bouteilles à 125 francs.
On
est loin du compte, là.
Il
y
a
aussi un tapis, un Shiraz à 20 000.
Et
la maison, 250 000, non
? Ah
non, pas Moulinon, c
'est
à la maison, pas question de la vendre. Écoutez, on l'a arrangé à notre goût, on a fait plein de travaux nous-mêmes. Non, je rembourserai. Je rembourserai 10 000 francs par mois s'il le faut. D'après vos revenus, si vous retrouvez du travail, vous ne pourriez guère rembourser plus de 3 000 francs par mois. Ça fait quoi ? 10 ans d'emboursement
? Je
ne vendrai pas, Moulinon. Cette maison, c'est notre rêve.
On
va se débrouiller. Désolé, mais si vous voulez vous en sortir,
il
va falloir renoncer à vos rêves. J'ai tout, là
? Plus
250. Et 250, là
?
Et tout le monde a donné
? Ouais,
sauf Chloé. Bah alors ?
Bah,
j'ai pas été au distributeur.
Enfin,
si, j'ai été, mais j'ai tout dépensé. Pas grave, tu donneras de main. Il est pas dans les parages, le patron
?
Non. Je te rappelle, là-dessus. Ciao. Dis-moi, t'as appelé, mon pote
?
Je vais le faire. Dépêche-toi, parce qu
'il
se couche avec les poules à la préfin.
Alors,
ça donne quoi
? Bah, pour
la croisière sur le Nil, c'est bon, mais à condition qu'il le fasse tout seul, son biais de l'os.
Simone
peut payer sa part.
Bonjour. Bonjour. Je
suis le capitaine Meunier. Je remplace un officier réformé.
C
'est moi, la réformée.
C'est
désolé,
hein ?
Capitaine Fournier, le lieutenant Lionetti, le
lieutenant
Porret,
Chloé
Mathieu et Nadine, notre standardiste. Bonjour. Bienvenue. Merci.
Qu
'est-ce que c'est
?
Ma démission.
Allez,
reprenez ça. Non.
Vous
savez que c'est irrévocable
? Vous
êtes sûre de ne pas vouloir en discuter avec moi ? Sûr, oui.
Bon,
ben, vous faites ce que vous voulez.
Mais
je vais vous dire ce que j'en pense. J'en pense que c'est une belle connerie.
Il faut
savoir lâcher un peu, Saurin. Merci, commissaire, vous êtes gentil. Depuis que j
'ai
l'âge de marcher, moi, je joue aux gendarmes et aux voleurs.
J
'ai toujours été le gendarme.
Mais
qu'est-ce que vous allez faire
?
Je ne sais rien faire. C'est terrible, mais même voleur, je ne saurais pas, alors.
Écoutez,
prenez un mois pour réfléchir. Merci, commissaire, ma décision est prise.
Je
suis désolée de ce qui vous arrive.
Mais
les coups durs, soit ils vous cassent, soit on en sort grandit et j'espère que vous en sortirez.
On
appellera de nous.
Merci. Merci.