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Podcast / conversationFrance Inter (sur YouTube)· 4 novembre 2024 13 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiSolidarités & familleÉconomie & entreprisesJustice

François Ruffin : "Les préjugés de Sarah Saldmann sont ancrés dans les classes populaires"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:54OuverteRéponse directe

    Le cannabis est-il moins dangereux que l'alcool et le tabac ?

  • 2:10OuverteRéponse directe

    Que peut-on répondre à ceux qui disent 'la drogue, c'est de la merde' ?

  • 3:56OuverteRéponse directe

    N'avez-vous pas peur des caricatures en jouant ces contrastes ?

  • 4:38OuverteRéponse partielle

    À qui ressemble Sarah Salman ? Qui représente-t-elle en France ?

  • 5:14RelanceRéponse partielle

    Est-ce que la droite se résume à Sarah Salman ?

  • 7:36RelanceRéponse partielle

    Y a-t-il quelque chose de démagogique dans ce film ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:34PrésentateurFait
    « Malgré plus de 50 ans de prohibition et de chasse aux trafiquants, nous sommes devenus les champions d'Europe de la consommation de cannabis. »
  • 0:44PrésentateurChiffre
    « 5 millions d'usagers annuels, 1 million de fumeurs quotidiens avec des mineurs deux fois plus atteints que la moyenne européenne. »
  • 1:00PrésentateurFait
    « Mai 2021, après un an et demi de travail, plus de 200 auditions et une consultation citoyenne de 250 000 personnes, les députés de la mission d'information sur le cannabis concluent à la nécessité d'une légalisation encadrée et régulée. »
  • 1:31PrésentateurChiffre
    « Le budget alloué aux forces de l'ordre pour la lutte anti-drogue, qui a doublé en 10 ans pour dépasser le milliard d'euros. »
  • 1:53PrésentateurFait
    « Le prédécesseur de Bruno Rotaillot, Gérald Darmanin, évoquait la légalisation comme une lâcheté intellectuelle. »
  • 2:15PrésentateurFait
    « Le cannabis est chez l'adulte moins dangereux que l'alcool et le tabac. C'est un fait médical. »
  • 5:14InvitéFait
    « C'est ça la droite ? Prendre une Sarah Salman qui trépigne à l'idée de pouvoir s'offrir une montre à 54 000 euros. »
  • 6:43Invité politiqueFait
    « Ça produit de la colère, parce que quand les gens entendent qu'il y a des vestes à 2980 euros, qu'il y a des sacs à 20 000 euros, qu'il y a des montres à 50 000. »
  • 9:21Invité politiqueFait
    « La définition du populisme dans le dictionnaire, c'est courant littéraire s'appliquant à décrire avec réalisme la vie des gens du peuple. »
  • 10:51Invité politiqueFait
    « Je ne peux pas être humaniste ici, ne pas être là-bas, à Gaza. Et que, pour moi, il y a une vie vaut une vie. »

Temps de parole

  • François Ruffin45 %
  • Invité30 %
  • Présentateur22 %
  • Présentateur 23 %

4,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

L'édito politique Patrick Cohen face au ravage du trafic de drogue, Bruno Retailleau annonce un nouvel arsenal législatif. Pour durcir encore la réponse sécuritaire, discours souvent entendu d'une guerre sans merci à mener contre les trafics et les narcotrafiquants. Mais ce qui est stupéfiant dans cette politique anti-stupéfiante, c'est qu'aucun ministre de l'intérieur jamais ne s'interroge sur les échecs de ses prédécesseurs. Chacun espère que la volonté, les moyens, la fermeté, les coups de menton lui permettront de faire mieux jusqu'à ce que le suivant constate que la situation est pire, les trafics toujours plus florissants et plus violents. Or, le constat d'échec tient en deux phrases.

Malgré plus de 50 ans de prohibition et de chasse aux trafiquants, nous sommes devenus les champions d'Europe de la consommation de cannabis. 5 millions d'usagers annuels, 1 million de fumeurs quotidiens avec des mineurs deux fois plus atteints que la moyenne européenne. Échecs sécuritaires, échecs judiciaires, échecs de santé publique. Et vous pensez, Patrick, que la France devrait réfléchir à la légalisation du cannabis ? Déjà fait, les réflexions ont eu lieu.

Mai 2021, après un an et demi de travail, plus de 200 auditions et une consultation citoyenne de 250 000 personnes, les députés de la mission d'information sur le cannabis concluent à la nécessité d'une légalisation encadrée et régulée. Janvier 2023, le Conseil économique, social et environnemental aboutit au même constat et aux mêmes conclusions. La prohibition nourrit les trafics et la criminalité. Les policiers, épuisés, découragés par une guerre sans fin, ont le sentiment de vider la mer avec une cuillère. Le budget alloué aux forces de l'ordre pour la lutte anti-drogue, qui a doublé en 10 ans pour dépasser le milliard d'euros, serait mieux utilisé à des politiques de prévention.

Idées radicalement contre-intuitives, c'est en la légalisant que les jeunes seraient mieux protégés de la drogue. Trop contre-intuitives, peut-être ? Oui, sûrement pour les ministres de l'Intérieur, dont la première hantise est de se faire traiter de laxiste. Le prédécesseur de Bruno Rotaillot, Gérald Darmanin, évoquait la légalisation comme une lâcheté intellectuelle. Il citait aussi ce slogan vieux de presque 40 ans inventé par le photographe et réalisateur Jean-Marie Perrier pour une série de spots télé. « La drogue, c'est de la merde. » Alors, disait Darmanin, on ne va pas légaliser cette merde. Mais que peut-on lui répondre ?

Que le cannabis est chez l'adulte moins dangereux que l'alcool et le tabac. C'est un fait médical. Il est moins mortel et rend moins dépendant. Ce qui n'est pas vrai chez les adolescents, c'est là qu'il y a péril. D'où l'idée que l'État prenne le contrôle de la vente de cannabis plutôt que de la laisser au dealer. Le temps me manque pour évoquer les exemples étrangers, Canada, Allemagne. Pas tous probants, pas tous transposables. Personne ne prétend un effet magique sur la consommation, la criminalité, la violence. Mais en France, ce débat est toujours refermé avant d'avoir été mené. Et une citation pour finir.

Une devise chadoc signée Jacques Rouxel qui convient parfaitement aux politiques anti-drogue. « Il vaut mieux pomper d'arrache-pied même s'il ne se passe rien que de risquer qu'il se passe quelque chose de pire en ne pompons pas. » Patrick Corrède, Sonia De Villers, votre invitée ce matin, est députée de la Somme et co-réalisateur du film « Au boulot » qui sort mercredi.

3:04
Invité

Alors, vous affrontez une jeune femme avocate, Sarah Salman, sur le plateau des grosses têtes de RMC.

3:09
François Ruffin

Les grandes gueules.

3:10
Invité

Les grandes gueules. Ah oui, c'est vrai, les grandes gueules. Pas les grosses têtes, c'est vrai, ça c'est RTL. Elle n'a pas de mots assez durs, cette Sarah Salman, pour déglinguer les assistés, ces fainéants qui ne bougent pas leur cul du canapé, qui préfèrent se faire rincer aux aloques. Plutôt que de travailler chiche, vous lui proposez de l'emmener auprès des gens qui bossent dur, pour pas un rond, qui en bave et qui souvent en sont fiers. Bonjour François Ruffin. Bonjour. A l'écran, vous jouez les contrastes.

D'un palace parisien à manger des crocs que monsieur à la truffe, le lendemain en usine de poisson à emballer du macro fumé ou à courir derrière un livreur de colis, Vous passez d'une soirée privée dans une boutique de l'avenue Montaigne, avec des clientes refaites au collagène, flûte de champagne à la main, au quotidien d'un agriculteur qui sort son troupeau de vaches les deux pieds dans la boue. Vous n'auriez pas peur des caricatures ?

3:58
François Ruffin

Non mais j'ai un plaisir à ça. Non mais j'ai un plaisir. Vous savez, on fait un film. Et moi je fais un film d'abord pour les rires, pour les larmes. J'espère que vous avez eu tout ça, pour de l'émotion. J'y vais pour offrir de la joie. Et en particulier, dans le temps de morosité que traverse le pays, voire dans le temps de dépression, vous savez. Et je pense que venir apporter dans ce temps-là un objet, qui est un objet politique aussi, mais un objet de fantaisie. Vous savez, c'est Bobby Lapointe qui chantait « J'ai fantaisie de mettre dans ma vie un petit brin de fantaisie. Youpi, youpi ».

Donc moi si je fais des films, c'est d'abord pour mettre dans ma vie un petit brin de fantaisie et pour en mettre dans la vie du spectateur aussi.

4:34
Invité

Mais à qui elle ressemble cette jeune femme avocate couverte de bijoux qui passe sa vie entre les plateaux télé, les boutiques de luxe où elle dépense des sonnes folles ? Elle incarne qui ? Elle représente qui en France ?

4:45
François Ruffin

Vous savez, autant on peut regarder Sarah Salman comme étant folklorique, ça c'est une chose, autant les préjugés de Sarah Salman, je les prends très au sérieux. Ces préjugés sur les gens qui prennent des abrées maladies sont des feignants, les chômeurs c'est des assistés qui ne veulent pas leur ver derrière du canapé, et ainsi de suite. Si jamais ce n'était que les préjugés de Sarah Salman, on serait tranquille, même si c'était les préjugés de la grande bourgeoisie. Mais aujourd'hui ce sont des préjugés qui sont très ancrés dans les classes populaires elles-mêmes. Quand on est amené à mener campagne en terre ouvrière, c'est presque ce à quoi on doit se confronter.

5:14
Invité

Donc c'est ça la droite ? Prendre une Sarah Salman qui trépigne à l'idée de pouvoir s'offrir une montre à 54 000 euros, c'est ça la droite aujourd'hui ?

5:21
François Ruffin

Ce n'est pas seulement la droite, vous savez d'abord c'est elle, c'est la grande bourgeoisie, certes d'une part, mais c'est quelque chose qui peut être poreux, bien au-delà dans la société. Et donc déminer les préjugés de Sarah Salman, ça contribue aussi à déminer les préjugés auprès du reste du pays. Ensuite, vous savez moi je dirais presque que c'est Sarah Salman qui m'a choisi. Parce que quoi ? Parce que vous aviez proposé à d'autres gens ? Oui, dès que je suis entré comme député à l'Assemblée Nationale, j'ai déposé des amendements vie ma vie, je disais au ministre de l'Education, commencez par aller dans un collège REP, je disais au ministre de la Santé, commencez par aller en ESPAD,

5:52
Invité

je disais au ministre de la Justice, commencez...

5:54
François Ruffin

Voilà, je disais au ministre de la Justice, commencez par aller en prison, comme stagiaire toujours. Mais la première qui a mordu à l'hameçon, c'est Sarah Salman. Et évidemment...

6:03
Invité

Donc vous prenez une bête médiatique qui est déjà, parce qu'il faut que les gens le sachent, chroniqueuse chez l'EGGDRMC, qui est aussi régulièrement chez Hanouna, pratiquement sociétaire chez CNews, c'est ça ? Donc c'est une bête médiatique, c'est quelqu'un qui court derrière les caméras.

6:18
François Ruffin

Oui, et donc on l'amène devant une autre caméra et on la fait bouger. Bon, mais je dirais que ce n'est pas le sujet. Le sujet qu'on a depuis le début avec mon collègue Gilles Perret, on avait le film avant Sarah Salman, c'était notre France. Notre France humaine et fraternelle. Vous savez...

6:33
Invité

Le sujet c'est de faire peut-être se parler de France qui ne se parle plus, qui ne se rencontre plus, qui n'ont jamais même l'occasion d'échanger. Et ça produit quoi ? Le sujet c'est quand même de faire tomber ces préjugés à elle.

6:42
François Ruffin

Ben oui, et ça produit quoi ? Ça produit de la colère, parce que quand les gens entendent qu'il y a des vestes à 2980 euros, qu'il y a des sacs à 20 000 euros, qu'il y a des montres à 50 000, voire que le croque-monsieur est à 54 euros, ça suscite de la colère chez les gens qui travaillent de manière ordinaire. Mais ça suscite évidemment quelque chose qui est de l'ordre de la revanche sociale. C'est Louisa, l'auxiliaire de vie, qui fait nettoyer les toilettes à Sarah Salman. C'est, on la voit porter des seaux d'alimentation pour vaches. Bon ben voilà, il y a quelque chose. Et il y a autre chose qui est de l'ordre de la revanche sociale.

Les gens qui pour moi sont les héros du film, Louisa, Nathalie, Sylvain, Ilyas, Mohamed, ce sont des gens qui sont parlés, qui sont parlés par les politiques, qui sont parlés par les médias, mais qui en général ne parlent pas, qui n'ont pas de droit de réponse. Et là pour une fois, on a quelqu'un qui descend de son plateau de télé ou de son plateau radio, qui descend de son pied des salles, se met d'égal à égal et ça offre un droit de réponse.

7:33
Invité

Et dans ce renversement carnavalesque, parce qu'il y a de ça.

7:36
François Ruffin

Mais j'espère bien qu'il y a de la farce, qu'il y a du carnaval, qu'il y a de la joie.

7:38
Invité

Non mais il y a de ça, parce que là vous êtes là, vous vous frottez les mains, vous voyez la Sarah Salman avec sa montre très chère et ses bracelets en brillant qui nettoient les chiottes à quatre pattes. Il n'y a pas quelque chose de fantastiquement démagogique ?

7:52
François Ruffin

Non, ce n'est pas démagogique, vous savez.

7:54
Invité

Non mais vous ne proposez rien en même temps, François Ruffin, dans ce film.

7:57
François Ruffin

Vous savez ce que je propose ? Alors vous voulez que je vous dise tout ce que je propose pour le travail. Je pense simplement que dans notre pays, les Français, tous les habitants de notre pays doivent pouvoir vivre de leur travail, bien en vivre et non pas en survivre. Et bien le vivre. Et ça pose la question aussi de la déclaration des droits de l'homme qui dit que les distinctions sociales ne peuvent reposer que sur l'utilité commune. Comment ça se fait que dans notre pays, on a des chroniqueurs télé, des conseillères d'influenceurs qui peuvent imaginer se payer en effet des sacs à 20 000 euros pendant qu'on a des auxiliaires de vie qui galèrent simplement pour leur survie.

Maintenant, je le redis, nous on fait un film, d'accord ? On fait un film et vous savez, on a cette conviction avec Gilles Perret que l'émotion est un moteur. Émotion, ça veut dire mise en mouvement. Le cinéma, c'est l'art du mouvement. Et donc, dans un temps, je le redis, de dépression comme le nôtre, si on parvient à donner aux gens, comme dirait Johnny, l'envie d'avoir envie, c'est déjà pas mal.

8:48
Invité

Ce que je veux dire, c'est que la Sarah Salzman, ses préjugés, ils ne tiennent pas trois secondes. Elle pleure, nous aussi, parce que c'est vrai qu'il y a plein d'émotions, il y a des personnages fantastiques dans ce film. Ses préjugés, ils ne tiennent pas deux secondes. Pourquoi ? Parce qu'en réalité, elle n'a aucune espèce de culture politique. Moi, ma question, c'est est-ce que vous n'allez pas droit à la facilité, à une facilité un peu démagogique, voire un peu populiste ? Parce que l'ultra-lidéralisme...

9:13
François Ruffin

La définition du populisme dans le dictionnaire, c'est courant littéraire s'appliquant à décrire avec réalisme la vie des gens du peuple. Et je pense que... Donc vous le revendique, je suis populiste. Je revendique en tout cas cette manière d'être populiste, c'est-à-dire de décrire avec réalisme la vie des gens du peuple. Et vous avez des films documentaires qui mettent en héros un cariste, un manutentionnaire, un ouvrier de l'industrie agroalimentaire, une auxiliaire de vie, ils sont rares. Donc moi, il y a quelque chose qui est de l'ordre d'un manifeste politique dans ce film.

9:40
Invité

Alors justement, parlons de politique. Le libéralisme, l'ultra-libéralisme, si vous voulez. Ce n'est pas seulement du grand n'importe quoi de gens obsédés à l'idée de s'offrir une montre à 54 000 balles, d'accord ? Et complètement inculte. C'est aussi une doctrine dûment argumentée, dûment documentée. Est-ce que vous ne cédez pas à la facilité en la faisant venir elle en usine, plutôt que n'importe qui d'autre, qui chiffre du chômage, chiffre des inégalités sociales à l'appui, va vous démontrer par A plus B qu'il faut supprimer l'impôt, libérer l'investissement, prendre des mesures...

10:18
François Ruffin

Madame de Villeur, j'ai des tas d'endroits pour faire des discours. J'ai la tribune de l'Assemblée nationale, j'ai les médias éventuellement. Là, je fais un film, d'accord ? Et qu'est-ce que c'est l'objet d'un film ? C'est de venir montrer aux gens que peut-être qu'ils vont être plus mis en mouvement, non pas en se bagarrant contre l'ultracapitalisme, contre le néolibéralisme, contre la précarité en général, mais en leur montrant des voix, des visages de Louisa, de Nathalie, de Sylvain, et que ça leur donne envie de se bagarrer pour eux. Alors pourquoi vous vous êtes... Et je vous le dis, pour moi il y a quelque chose qui est de l'ordre d'un manifeste politique, pourquoi ?

10:47
Invité

Pourquoi vous vous êtes fâchés avec Sarah Salman ? Pourquoi est-ce qu'elle disparaît du film ?

10:51
François Ruffin

On s'est fâchés avec Sarah Salman parce que je lui disais que je ne peux pas être humaniste, ici, ne pas être là-bas, à Gaza. Et que, pour moi, il y a une vie vaut une vie, les larmes d'une mère palestinienne valent les marques. Voilà. L'arme d'une mère israélienne.

11:02
Invité

Alors ça c'est donc, à dix minutes de la fin du film, votre personnage disparaît. Mais oui, mais il disparaît au film. Motif dit hors champ par Gilles Perret, votre co-réalisateur, ce qu'elle dit de Gaza est absolument atroce. Et moi ce que je ne comprends pas, c'est quel lien il y a entre Gaza et ses préjugés sur la cistana et la fainéantise.

11:23
François Ruffin

Mais c'est peut-être une manière de voir les choses de haut avec un manque d'empathie. Et donc là, on rétablit de l'empathie ici. Mais moi je le redis, je fais aussi un film qui est un manifeste politique en quel sens ? En le sens que je considère que la gauche doit remettre au cœur la question du travail, d'un travail qui est valorisé, qui permet aux gens d'en vivre. Et enfin, la volonté d'avoir...

11:41
Invité

Sarah Salman est discrédité dans le film pour ses positions sur Gaza et sur la politique israélienne. En fait, elle a la place dans le film de se justifier sur tout, mais pas là-dessus parce qu'en fait elle a disparu. Donc vous diffusez seulement trois extraits de trois secondes de ses propos sur CNews et elle n'est plus là pour s'expliquer.

11:58
François Ruffin

Parce que le sujet pour vous c'est Sarah Salman, mais pour moi ça n'est pas Sarah Salman, pour Gilles ça n'est pas Sarah Salman. Et pour les 15 000 spectateurs qui ont vu le film aujourd'hui, le sujet c'est Nathalie, Sylvain et Louisa qu'on ne voit jamais dans ce plateau de radio ici sur France Inter et qu'on ne voit jamais ailleurs non plus. Le sujet c'est eux. Le sujet c'est comment ça se fait que... Voilà, faire rentrer à l'écran et montrer en grand à l'écran des gens qui sont grands tous les jours. Rendre extraordinaires les vies des gens dont on dit ordinaire, dont Emmanuel Macron disait qu'ils ne sont rien alors qu'ils font tout.

12:27
Invité

Ça sort mercredi au cinéma. Merci François Ruffin.

12:30
Présentateur

Et merci Sonia De Villers.