Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 28 septembre 2025 18 min

Condamnation de Nicolas Sarkozy : "Cette exécution provisoire est la négation de notre État de droit", selon Edwige Diaz, vice-présidente du RN

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Edwige Diaz, on va évoquer dans quelques secondes les premières pistes de Sébastien Lecornu, la réponse avec vous du Rassemblement National, les propositions que vous faites aussi. Avant cela, l'actualité de ces dernières heures, c'est Nicolas Sarkozy, l'ex-président qui réagit à nouveau à sa condamnation à de la prison ferme, et aussi ses menaces contre la justice, menaces de mort, menaces d'agression pour les juges qui ont rendu leurs décisions. Est-ce que vous dites, stop, il faut que chacun retrouve ses esprits ?

0:34
Edwige Diaz

Moi déjà, je vais vous dire que je condamne toutes les personnes qui ont menacé les juges. Je considère que dans notre état de droit, la violence n'a pas sa place. Les juges peuvent être politisés, en tout cas celles qui ont rendu cette décision, mais pour autant, personne ne mérite d'être menacé de mort, donc je condamne avec la plus grande fermeté ces agissements.

0:58
Présentateur

Est-ce que quand même, vous venez de dire juges politisés, on peut entendre dans votre parti des juges qui veulent se payer les politiques, ça c'est Sébastien Chenu qui le disait, est-ce qu'en disant cela, vous n'attisez pas aussi quelque part, non pas cette violence, mais au moins un ressentiment qui peut conduire à une forme de violence ?

1:17
Edwige Diaz

Non, parce que je crois que tout le monde sait qu'une partie des juges, des magistrats sont politisés. De toute façon, ils le disent eux-mêmes quand ils écrivent par exemple des communiqués de presse pour appeler à faire barrage au Rassemblement National. De fait, ils sortent de leur neutralité, de leur impartialité, et ils prennent une position politique, donc on ne trahit aucun secret. Après, moi je fais bien la différence entre des juges qui décident de révéler leurs opinions politiques, et l'immense majorité des juges qui fait son travail dans la plus grande impartialité, avec beaucoup de respect, et qui se contentent d'être la bouche de la loi.

1:52
Locuteur non identifié

Mais, Edith Diaz, quand vous dites par exemple, les juges veulent se payer des politiques, c'est Sébastien Chenu qui avait ses propos, quand vous dites les juges sont politisés, c'est Marine Le Pen, qu'est-ce que vous dites aux Français aujourd'hui ?

2:04
Edwige Diaz

Vous ne faites plus confiance en la justice, les Français ne doivent plus faire confiance dans leur justice ? Non, non, on n'a pas dit les juges sont politisés, on a dit des juges, ça veut dire pas tous les juges, ça revient à ce que je viens de vous dire. Mais vous dénoncez la République des juges, enfin vous avez des mots de transport. Non, non, mais là c'est caricatural, je dis voilà, il y a une partie de la magistrature qui est politisée, qui le dit elle-même en signant des communiqués de presse pour appeler à faire barrage au Rassemblement National.

Après je vais vous dire, regardez, hier j'étais sur ma circonscription en Gironde, sur le marché de Saint-André-de-Cubzac, et bien en fait les gens sont venus me parler, ils m'ont dit, c'est quand même pas normal ce qui se passe, cette exécution provisoire, et bien c'est la négation du second degré de juridiction, et donc c'est par là même la négation de notre état de droit.

Et vous voyez, j'ai été retrouver des chiffres, il y a quelques, en 2008 c'était deux Français sur trois qui avaient confiance en la justice, l'année dernière c'est un Français sur deux seulement qui a confiance en la justice, et donc en fait je pense que la politisation d'une partie de la magistrature, et bien jette quelque part le discrédit sur l'ensemble de la profession, et je le dis, beaucoup d'entre eux font leur travail avec beaucoup de responsabilités.

3:06
Présentateur

Je peux, Edwige Diaz, aussi vous donner un chiffre, neuf condamnés sur dix à une peine au-delà de cinq ans de prison ont une exécution provisoire de leur peine. Ça ne devrait pas être le cas pour les politiques.

3:20
Edwige Diaz

Non, alors je ne dis pas du tout que les politiques doivent être au-dessus des lois, mais je dis aussi qu'ils ne doivent pas être en dessous des lois. Et c'est vrai que beaucoup de personnes m'ont posé la question, enfin se posent la question, et je l'ai entendu hier sur ma circonscription, c'est est-ce qu'il n'y a pas une justice spéciale pour Nicolas Sarkozy ? Je pense quand même vraiment que l'exécution provisoire, et là en plus qu'on envoie M. Sarkozy directement en prison, c'est vraiment une atteinte à la présomption d'innocence, et quand même les gens se disent, mais est-ce qu'il n'y a pas une volonté d'humiliation derrière, puisqu'en plus on sait que M.

Sarkozy va faire appel, peut-être que son innocence sera reconnue, mais du coup on envoie quand même l'image désastreuse d'un président de la République qui va finir en prison, et c'est quand même l'image de la France qui est abîmée. Alors qu'est-ce qu'on fait ? Vous siégez au Parlement, est-ce qu'il faut revenir par exemple sur ce principe de l'exécution provisoire ?

Bah écoutez, c'est un débat qui pourra peut-être avoir lieu, puisque voilà, c'est un sujet extrêmement complexe, donc on ne peut pas répondre sur un plateau comme ça, mais voilà, je pense que dès lors qu'il y a des conséquences dramatiques, vous voyez, sur Marine Le Pen, là elle a été condamnée à une peine d'inéligibilité avec exécution provisoire, et en fait, quelque part, on prive le peuple français de s'exprimer. Si les gens ont envie de voter pour Marine Le Pen, et bien c'est eux qui doivent avoir le dernier mot, et ce n'est pas des magistrats politisés qui ont envie de se payer Marine Le Pen, qui doivent l'interdire, qui doivent interdire aux Français de voter pour elle.

Donc il y a une question...

4:42
Présentateur

Donc tous les magistrats qui jugent les politiques sont politisés en fait ?

4:45
Edwige Diaz

Non, ce n'est pas ce que je vous ai dit, je peux vous répéter pour la quatrième fois. Non, mais c'est ce qu'on va comprendre en vous écoutant. Non, non, je vous ai dit des juges qui assument, qui signent des communiqués de presse, et je ne veux pas jeter le discrédit sur l'ensemble de la profession qui réalise son travail avec impartialité et neutralité.

5:01
Locuteur non identifié

On va revenir bien sûr maintenant dans le détail sur le contexte politique et budgétaire. Alors vous avez bien sûr suivi les premières annonces du Premier ministre sur la question du budget, sur la construction du budget, et votre parti, le Rassemblement National, a réagi très vivement à ces premières annonces. Je cite par exemple Jean-Philippe Tanguy ce matin dans la tribune dimanche, qui nous dit « Monsieur Lecornu est le ventriloque d'un scénario écrit par d'autres ». Pourquoi ce durcissement, Edwige Diaz ?

5:30
Edwige Diaz

Non, mais parce qu'en fait, nous ne sommes pas dupes. Monsieur Lecornu a été nommé parce qu'il est prochissime d'Emmanuel Macron, c'est peut-être le dernier macroniste qui reste autour d'Emmanuel Macron, et donc nous ne nous ferons pas avoir par ces déclarations. Donc nous attendons très précisément son discours de politique générale, et ensuite nous verrons la déclinaison de ses intentions, et nous espérons qu'il changera et qu'il reprendra les propositions du Rassemblement National, qui sont cohérentes, qui sont constantes, et que nous matérialisons par écrit chaque année à l'occasion de la présentation de notre contre-budget.

6:06
Locuteur non identifié

Mais pour le moment, un budget de désendettement, pas de taxes Zuckman, pas de retour de l'ISF, pas non plus de suspension de la réforme des retraites, et en même temps un petit geste sur l'aide médicale d'État, ça ce n'est pas de nature à vous satisfaire ?

6:19
Edwige Diaz

Bon, qu'il n'y ait pas d'augmentation des impôts, avec Marine Le Pen nous l'avons dit, c'était notre ligne rouge. La France fait partie des pays les plus taxés du monde, que ce soit les contribuables ou que ce soit les entreprises, donc il existe dans notre pays une asphyxie fiscale, et une question de consentement à l'impôt, mais surtout à la dépense publique. Oui, les Français estiment que leur argent est mal dépensé, et même ils se posent la question, où passe notre argent ?

6:46
Présentateur

Mais pardon, on ne comprend pas du coup ce qui ne vous satisfait pas dans cette interview de Sébastien Lecornu ?

6:51
Edwige Diaz

En fait, on ne va pas se payer de mots, c'est ce que je veux vous dire.

6:55
Présentateur

Il pose des bases, et ensuite il dit, on peut discuter et négocier.

6:58
Edwige Diaz

Eh bien, tant mieux, discutons, c'est pour cette raison que nous ne serons pas comme la France Insoumise, que nous ne le censurerons pas a priori, mais nous allons voir si tout ceci reste des paroles en l'air, comme on y a été habitué avec Emmanuel Macron, ou alors avec les prédécesseurs de M. Lecornu. Et puis, pardon, sur l'aide médicale d'État, nous ne voulons pas des petits aménagements, l'aide médicale d'État, nous voulons la transformer en aide médicale d'urgence.

Parce que là, aujourd'hui, l'aide médicale d'État, vous vous rendez compte, qu'il y a dans notre pays des Français qui n'arrivent plus à se soigner, parce qu'ils n'en ont plus les moyens, donc ils renoncent à avoir une bonne santé. Et en parallèle, quand vous êtes un clandestin, c'est-à-dire quand vous arrivez illégalement sur le territoire national, vous avez le droit à une immense palette de soins, et donc du coup, ça constitue une injustice sociale.

7:42
Présentateur

Aide médicale d'urgence qui ferait économiser combien par rapport à ce que coûte l'aide médicale d'État actuellement ? C'est 1,1 milliard d'euros ?

7:49
Edwige Diaz

Oui, en fait, c'est ce qui est budgétisé, mais au final, ça coûte beaucoup plus.

7:51
Présentateur

Ce que nous disait Sébastien Chenu, il y a quelques mois sur ce plateau, sur ce même sujet, il disait, ce sera sans doute quelques millions d'euros d'économie, quelques centaines de millions d'euros d'économie. Oui, oui, c'est ça.

8:02
Edwige Diaz

Écoutez, je pense que c'est très marginal, oui. Alors, mais je ne vous dis pas que toutes nos mesures d'économie reposent sur l'aide médicale d'État. Je vous dis que la transformation de l'aide médicale d'État en aide médicale d'urgence, c'est une partie de l'ensemble. Mais oui, bien sûr, déjà, au nom de la justice sociale et de la justice en matière de santé, il est normal que les Français soient soignés en priorité dans leur pays. Et donc, oui, il faut réduire la palette de soins. En clair, il faut, si quelqu'un, évidemment, est sur le point de mourir ou a une maladie grave, évidemment qu'on va le soigner.

Vous n'avez jamais entendu l'inverse dans la bouche d'aucun représentant du Rassemblement National. Mais nous considérons qu'il n'est pas normal que les étrangers en situation irrégulière bénéficient d'autant de soins alors que les Français en manquent.

8:44
Locuteur non identifié

Si on suit votre raisonnement, vous posez une sorte d'ultimatum au Premier ministre. En gros, c'est la rupture ou la censure, si je vous écoute bien. Mais qu'est-ce qui, concrètement, constituerait à vos yeux une rupture ? Donnez-nous, par exemple, une seule mesure que vous demandez au Premier ministre.

8:59
Edwige Diaz

Alors, juste, le budget, c'est un ensemble. Donc, je vais vous en donner plusieurs, si vous me permettez. L'augmentation des impôts, c'est non. La désindexation des pensions de retraite sur l'inflation, c'est non. L'augmentation des charges sur les entreprises, ça n'est pas possible non plus. Et, en parallèle, il faut que cette absence d'augmentation d'impôts soit compensée par une diminution des dépenses. En fait, c'est un équilibre, c'est une opération obligatoire si l'on veut faire baisser la dette et la rembourser. Donc, les économies, nous en avons proposé un certain nombre. Je vais vous les rappeler.

Des économies sur l'immigration, sur la contribution de la France au budget de l'Union européenne, sur l'aide au développement, sur les énergies intervitantes, sur les agences d'État. Vous voyez, en fait, toute une série de mesures qui n'ont pas été appliquées, qui n'ont jamais été appliquées.

9:40
Présentateur

C'est un catalogue, ce n'est pas extrêmement précis.

9:42
Edwige Diaz

Si, mais après, je sais que nous n'avons pas beaucoup de temps. Donc, je suis obligée de faire synthétique.

9:48
Présentateur

Vous parlez, par exemple, souvent de l'ADEME, dont on sait que le budget de fonctionnement n'est pas celui que vous évoquez. C'est 4 milliards, mais c'est seulement quelques centaines de millions d'euros de budget de fonctionnement.

9:57
Edwige Diaz

Vous voyez, je suis arrivée avec le contre-budget du Rassemblement national, qui est disponible sur notre site Internet. Et en annexe, vous avez toute la liste des agences d'État que nous voulons rationaliser, fusionner, faire disparaître, etc. Et il faut aussi qu'on se pose la question de l'utilité de ces agences. Parce que nous, nous ne sommes pas pour supprimer des agences, pour les supprimer. Mais en fait, si elles ne servent à rien, si elles ne se réunissent pas, si elles sont coûteuses, et si elles servent, il faut le dire, il y a beaucoup d'agences qui servent à recaser les ministres qui ont été remerciés, ou des députés qui ont été battus. Je peux vous en donner un certain nombre.

Emmanuel Wargon à la Commission de Régulation de l'énergie. Bérangère Couillard au Conseil à l'égalité. Et Clément Beaune au commissariat au plan. Donc en fait, il y en a beaucoup, vous voyez, des agences.

10:42
Locuteur non identifié

Il faut aussi traîner tout ce que vous venez de citer.

10:43
Edwige Diaz

Je dis qu'il faut faire un audit. Je dis qu'il faut faire un audit. Si les agences sont utiles, eh bien, gardons-les. Mais si elles sont inutiles, qu'elles ne se réunissent pas, qu'elles coûtent cher, qu'elles font doublon, par exemple, avec un ministère, pourquoi on les garde ?

10:53
Présentateur

Ces audits, ils existent déjà. Edwige Diaz, Mathilde Sirot, parlait d'un rapport sénatorial. 540 millions d'euros.

10:59
Edwige Diaz

Oui, ils audits, d'accord. Mais enfin, du coup, qu'est-ce qu'on a fait de ces audits ? Voilà, à un moment donné, il faut que le Premier ministre se saisisse de cette question et que s'il est établi que telle ou telle agence ne sert à rien, eh bien, oui, il faut envisager sa suppression. Pour l'instant, ça n'est pas fait. Je le regrette.

11:14
Locuteur non identifié

Edwige Diaz, vous êtes toujours avec nous, député de Gironde, vice-présidente du RN. Alors, vous nous disiez à l'instant que le Premier ministre ne devait surtout pas, donc on pensait par une augmentation de la fiscalité. Pour autant, dans votre parti, dans votre groupe à l'Assemblée, vous avez des propositions de réformes concernant la fiscalité et vous proposez, par exemple, l'impôt sur la fortune financière, un IFI, qui n'est pas l'ISF et qui n'est pas non plus l'IFI qui est en ce moment en vigueur et c'est une manière pour vous de protéger, quelque part, l'immobilier et les propriétaires.

Mais est-ce qu'au final, ce n'est pas contre-productif et au détriment des entreprises ou des investisseurs ? Non, pas du tout.

12:03
Edwige Diaz

Je ne vois pas pourquoi vous dites cela. Nous, ciblez les actifs financiers. Oui, c'est ça, en fait, la spéculation, pour le dire autrement.

12:10
Présentateur

C'est quoi la spéculation ?

12:11
Edwige Diaz

La spéculation, c'est quand vous enrichissez peut-être anormalement ou alors que vous bénéficiez d'une situation conjoncturelle qui vous fait engranger des super-profits, par exemple. Je pense quand il y a eu les profiteurs de crise, les profiteurs de guerre.

12:28
Présentateur

Il y a eu une taxe sur les super-profits ?

12:30
Edwige Diaz

Oui, mais du coup, elle n'est pas suffisante. Nous, nous souhaitons l'augmenter. Précisément, elle pourrait rapporter 8 milliards d'euros.

12:36
Présentateur

Elle viserait qui, cette taxe ?

12:37
Edwige Diaz

Je vous le dis, elle vise en fait

12:39
Présentateur

tous les acteurs de la spéculation.

12:42
Edwige Diaz

En fait, nous, ce que nous voulons, c'est protéger l'enracinement. C'est pour ça qu'avec notre...

12:47
Présentateur

On va être extrêmement concret. Quelqu'un qui a un compte en bourse, qui place de l'argent, ça peut parfois s'élever à quelques dizaines, quelques centaines de milliers d'euros. Pour vous, vous considérez que c'est quelqu'un qui fait de la spéculation potentiellement ?

13:00
Edwige Diaz

En fait, oui, nous nous souhaitons investir dans l'économie réelle. C'est-à-dire que...

13:04
Présentateur

Ce n'est pas l'économie réelle, la bourse ?

13:06
Edwige Diaz

En tout cas, ça dépend. Ça dépend de quelle entreprise, ça dépend dans quelle mesure, ça dépend dans quel calendrier. Tout ça est très particulier. C'est pour ça que c'est très long à développer sur le plateau. Mais en gros, ce que je veux vous dire, c'est que typiquement, on pourrait surtaxer les rachats d'actions. Voilà, donc là, c'est quand une entreprise va racher ses propres actions au moment où elle est particulièrement cotée en bourse. En fait, pour que vous compreniez bien et pour que les personnes qui nous entendent comprennent, nous, nous souhaitons protéger le patrimoine. Nous souhaitons protéger l'enracinement. Nous souhaitons plus taxer la spéculation.

En fait, quand on ne veut pas rajouter des impôts...

13:39
Présentateur

Investir en bourse, c'est peut-être déraciné. Attendez, attendez, attendez, juste, je vais finir...

13:42
Edwige Diaz

Non, mais voilà, l'enracinement, c'est quand vous investissez dans une TPE, dans une PME, quand vous investissez dans l'immobilier. Ça, vous voyez, c'est l'enracinement. Parce que nous, ce que nous souhaitons pas... En fait, nous, ce que nous souhaitons, c'est opérer un rééquilibrage fiscal. Et d'ailleurs, la taxe que nous souhaitons mettre, donc l'impôt sur la fortune financière, ce n'est pas un impôt pour alimenter le tonneau des Danaïs de la dépense publique. Vous voyez, en fait, c'est de l'argent que nous voulons diriger vers la politique familiale, par exemple. Et en fait, ça rejoint ce que je vous disais tout à l'heure sur la question du consentement à la dépense.

14:12
Présentateur

Pardonnez-moi de vous interrompre, mais on a du mal à en comprendre les contours. Parce que vous nous dites, ça pourrait concerner des entreprises, ça pourrait concerner peut-être des particuliers. Et vous nous dites, finalement, investir en bourse, c'est spéculer.

14:23
Edwige Diaz

Mais je vous dis, ça dépend sur quelle entreprise et à quel moment. Je vous ai dit tout à l'heure qu'il y avait une question de conjoncture. Donc, si vous investissez dans telle entreprise à un moment parce qu'il y a une guerre, parce qu'il y a une crise ou quelque chose comme ça, oui, ça peut faire partie de la spéculation.

14:35
Présentateur

Donc, par exemple, ceux qui ont gagné de l'argent en investissant sur Dassault au moment des tensions en Ukraine, les actions Dassault, Safran, et les entreprises françaises ont beaucoup augmenté.

14:43
Edwige Diaz

Ça dépend à combien elles ont augmenté. Vous voyez, en fait, c'est très technique. Donc, il faudra adapter en fonction de la croissance des actions. C'est ce que je vous dis, voilà, en fonction de la conjoncture. Nous souhaitons opérer un rééquilibrage fiscal, détaxer l'enracinement, la proximité, le patrimoine, l'investissement dans les TPE, PME. Et nous voulons en parallèle, eh bien, voilà, taxer les super profits, les rachats d'actions, les surdividendes, tout ce qui fait partie de la spéculation. Voilà, j'essaie de vous le résumer de manière synthétique pour que tout le monde comprenne à votre antenne. Sur le plan parlementaire et politique,

15:17
Locuteur non identifié

Edwige Diaz, le Premier ministre, semble vouloir laisser beaucoup de place à la négociation à l'Assemblée nationale où vous siégez. Et pourtant, du fait de votre attitude avec votre groupe, il semblerait que les députés du bloc central n'attendent plus grand-chose de votre part. On écoute Mathieu Lefèvre, qui était à votre place hier matin. Le Rassemblement national ne veut pas un budget. Il veut des élections pour le pays, voire la démission du président de la République. Il y a une forme de parallèle entre les extrêmes, qui, dans le fond, rêvent plus de chaos institutionnel que d'offrir au pays la stabilité dont il a besoin. Mais le chaos institutionnel, ce serait une folie pour le pays.

Le chaos pour le pays. Est-ce que vous assumez de vouloir précipiter les échéances à la fois législatives et présidentielles,

16:00
Edwige Diaz

Edwige Diaz ? Pour répondre à M. Lefèvre, les artisans, les architectes du chaos et du désordre, c'est quand même les Macronis, c'est-à-dire la famille politique à laquelle M. Lefèvre appartient. C'est quand même son parti politique qui, l'année dernière, au moment des élections législatives, s'est accoquiné avec la branche la plus radicale de l'extrême-gauche, c'est-à-dire la France insoumise, le nouveau parti anticapitaliste, les écologistes... Et la raison sur le fond, quand vous voulez des législatives et une présidentielle ? Oui, parce qu'en fait, ce sont les seuls moyens, le seul moyen de sortir de ce blocage qui a été organisé par M.

Lefèvre, c'est-à-dire les macronistes et leurs amis des LR et de la France insoumise et du Parti Socialiste. En fait, ce sont eux qui ont bloqué, qui ont tordu le bras à nos institutions, à notre constitution, pour empêcher Jordan Bardella de devenir Premier ministre.

16:51
Présentateur

Et si les législatives ne vous donnent pas de majorité, et ne donnent de majorité à personne, ce sera rebelote ? Il faudra refaire des législatives ?

16:56
Edwige Diaz

Alors, je vais vous dire pourquoi je pense que ça n'arrivera pas. Je pense que ça n'arrivera pas parce que, déjà, dans une démocratie, un retour aux urnes est toujours sain. Les Français se sont rendus compte qu'ils ont été trompés l'année dernière. C'est-à-dire que l'année dernière, on leur a dit si le Rassemblement national remporte la majorité absolue à l'Assemblée, eh bien, ça sera la plus de sauterelle dans le pays. Bon, on voit que la paralysie, que l'effondrement économique, que la perte du pouvoir d'achat, que l'exaspération des Français, c'est le fruit de ces alliances contre nature, de ces alliances de la honte.

Donc, je pense que les Français ne se feront pas avoir une deuxième fois. Et en parallèle, juste, je rajoute, le Rassemblement national et le parti politique préféré des Français, Marine Le Pen a fait ses preuves, Jordan Bardella a fait ses preuves, et nous aussi, les parlementaires. Donc, je dis aux Français, merci de nous faire de plus en plus confiance chaque jour.

17:38
Présentateur

Merci à vous, Edwige Diaz, députée Rassemblement national de Girondé et vice-présidente du RN, d'avoir été avec nous ce matin sur France Info. Merci. Mathilde Ciro, restez avec nous sur France Info.