"Macron n'en a rien à faire de nos revendications" : Thomas Gibert
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] Sud Radio, le grand matin weekend 7h10h, Maxime Liedo. Il est 7h46 sur Sud Radio et on vous explique ce matin pourquoi la confédération paysane syndicat agricole majeur n'a pas voulu petit déjeuner hier avec le président de la République. Bonjour Thomas Gilbert.
Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Porte-parole de la Confédération paysane.
Mais c'est vrai que c'est étonnant. Qu'est-ce qui s'est passé hier matin ? On s'attendait à on s'attendait à ce que vous vous dirigiez vers le petit-déjeuner traditionnel avec le président de la République avant l'ouverture de salon.
Vous n'y êtes pas allé. Pourquoi ? Pourquoi l'avoir boycotté au dernier moment ?
Oh non, c'était pas au dernier moment. On l'a on l'a déjà annoncé il y a une dizaine de jours et on l'a annoncé suite à après l'avoir rencontré euh à deux reprises. Et en fait, on s'est rendu compte que monsieur Macron n'avait aucune intention de répondre à nos revendications, aux revendications du monde agricole qui ont été porté pendant plusieurs semaines cet hiver, notamment sur la question de l'abattage total pour la gestion de la crise de la dermatose nodulaire contagieuse, mais également aucune réponse sur la question du revenu.
En fait, on s'est rendu compte qu'il en avait un peu rien à faire du monde agricole à vrai dire et que tout ce qu'il cherchait à sauvegarder, c'était son petit show présidentiel annuel. Et nous clairement, on avait pas envie de cautionner de cautionner cette mascarade et on avait pas envie non plus d'entendre un mensonge du président de la République qui, je le rappelle, il y a 2 ans nous avait promis euh les prix planchés en agriculture qui selon nous auraient permis réellement de de vraies avancées sur le revenu et clairement ça c'est resté des paroles en l'air quoi. Mais Thomas Gilbert, est-ce que en prenant cette décision vous vous ne vous coupez pas mine de rien d'un d'un moyen de pression ? par exemple la coordination rurale qui est un peu votre votre adversaire syndical d'une certaine manière avait elle aussi ce syndicat avait lui aussi prévu de votre côté le petit-déjeuner avec le président de la République et finalement a accepté d'y aller est-ce que vous ne vous tirez pas une balle d' pied en finalement refusant directement d'aller mettre la pression lors d'une conversation avec le président de la République ?
Bah non, au contraire, nous c'est il y avait vraiment un objectif fort de montrer aussi la responsabilité du président dans la dans la crise actuelle. Et ça, il faut vraiment qu'il s'en rende compte. Et moi, je trouve que euh d'être dans la demi-mesure, le le message n'est clairement pas clair.
D'ailleurs, personne n'a bien compris euh s'il boycottait, s'il boycottait pas. Donc, vous parlez la coordination rurale, pour eux, ils étaient dans la demi-mesure. C'était c'était vraiment une erreur stratégique, une erreur de communication.
Bah clairement, puisque la situation est quand même suffisamment grave. pour signifier au président de la République que ses responsabilités. Et après nous euh nous on ne boycotte pas le salon, on est présent toute la semaine, on a énormément de rendez-vous politiques pendant toute la semaine et c'est à ce moment-là que nous développerons notre blédoyer aux élus, aux institutions, aux organisations agricoles pour faire avancer nos idées.
Et ça c'est ça qui est important dans le salon. Thomas Gilbert, vous êtes porte-parole de la Confédération paysane. Vous l'avez évoqué au début de notre conversation.
Parmi les volontés ou les raisons de boycotter ce face- à faceace avec le président de la République lors du petit-déjeuner annuel à l'ouverture du salon de l'agriculture, il y avait notamment la gestion de la crise de la dermatose nodulaire. Est-ce qu'il n'y a pas eu tout simplement quelques excès de votre part ou en tout cas une volonté désormais de faire un mé à coule pas ? parce que la ministre de l'agriculture l'a annoncé il y a il y a quelques jours.
Ça y est, il n'y a plus aucun cas en France de dermatose nodulaire, juste encore un foyer sous surveillance, je crois, du côté du sud-ouest. Ça veut dire que la technique était la bonne. Est-ce que c'est une raison suffisante ça pour pour le boycotte que vous développez ?
Non, désolé mais clairement un salon sans vache, c'est quelque chose d'historique et pour nous c'est la preuve de l'échec cuisant de la politique sanitaire qui a été portée par le gouvernement. Et clairement la la nous on craint énormément, il y a d'énormes risques de résurgence de la maladie à partir du printemps lorsque les vecteurs qui transmettent la maladie vont se réveiller au printemps avec le la montée des chaleurs. Et clairement nous on est extrêmement inquiet parce que la la politique sanitaire n'a pas ch bougé d'un Yota euh et donc on va on a très très peur de se on a très peur de se retrouver avec encore une fois des drames comme on a vécu cet hiver et ça c'est pas possible.
Je suis désolé mais la gestion elle est toujours pas du tout acceptée par le monde agricole. On est pas du tout dans l'excès. Et il faut bien se rendre compte de la souffrance des éleveurs que quand on quand on voit cette gestion de la crise de cette crise sanitaire et et et ça ne changera pas.
Le fait que l'hiver épuer les les vecteurs n'est pas suffisamment sécurisant pour nous et on lâchera pas là-dessus. Donc pour vous euh Thomas Gemer, il n'y a pas même un bon point à donner que ce soit à la ministre de l'agriculture Annie Genevar ou même au gouvernement et même si je crois que toute la profession, tous les visiteurs et tous ceux qui aiment l'agriculture et qui aiment aller se rendre un rendez-vous aussi important que euh que le salon de l'agriculture et ici à Sud Radio, Dieu sait qu'on aime ce ce rendez-vous. Mais c'est vrai que on peut estimer que l'absence de Bovin, aussi regrettable soit-elle, participe, on va dire, à la prudence qu'il fallait dans un tel moment épidémique.
Jamais on aurait pardonné au gouvernement qu'à nouveau qu'à nouveau une épidémie soit déclenchée à cause du salon. La prudence, elle vient de de la peur que nous avons de la gestion sanitaire puisque je le rendez-vous que nous avons eu avec Emmanuel Macron était uniquement sur la sa volonté de nous faire changer d'avis pour faire amener des vaches au salon de l'agriculture. Donc excusez-moi, c'est un peu fort de café de dire ça.
Et aujourd'hui nous tout ce qu'on remarque c'est que Emmanuel Macron se retrouve en tête à tête avec les dirigeants de la LSA pour l'inauguration du salon et ça montre bien aussi il y avait aussi les jeunes agricultur Oui mais non les jeunes agriculteurs c'est la FNSA et donc on se rend bien compte de la cette cogestion qui est insupportable et qui nous a mis clairement dans le mur depuis des décennies c'est eux c'est c'est eux les responsables de cette crise et aujourd'hui on est bien on est bien présent aussi au salon de l'agriculture pour montrer du doigt cette cette ce fonctionnement qui est complètement catastrophique pour le monde agricole. H et Thomas Gilbert, vous si vous deviez avoir une petite liste de courses d'une certaine manière une petite liste voilà d'objectifs à remplir durant ce salon de l'agriculture, quel est-il ? Vous venez de le dire, sensibiliser tous ceux qui viennent et une partie de la classe politique qui viendra euh sur les différents stands où vous êtes euh sur on va dire la réalité de la situation.
Qu'est-ce que vous avez d'autre comme exigence, comme volonté durant cette édition ? Ben nous clairement pendant ce salon de l'agriculture, on a voulu mettre en avant nos propositions politiques pour le revenu agricole puisque on sait très bien que en l'âme de fond les crises successives, les colères successives, elles sont issues de cette difficulté à sortir un revenu de décent de nos productions, à vivre dignement de notre métier et pour nous c'est intimement lié au fait que les prix soient beaucoup trop bas et donc on a besoin de protection sur le marché économique. qu'on a besoin de régulation du marché euh pour pouvoir avoir des prix rémunérateurs pour aussi permettre de sortir aussi de ce modèle agroindustriel qui surutilise la mécanisation, surutilise les pesticides au détriment en premier lieu de la santé des paysans et des paysanes puisque c'est et c'est nous qui utilisons les pesticides mais également des salariés agricoles mais aussi de l'ensemble des citoyens et des citoyennes.
Donc aujourd'hui, on est là pour proposer une le une régulation, une protection de des prix pour pouvoir enfin vivre dignement de notre métier et donc faire partager ou en tout cas expliquer à tous ceux qui viendront sur vos stands ou qui vous rencontreront votre vision de l'agriculture. Merci beaucoup Thomas d'avoir été avec nous, porte-parole de la Confédération paysane et on a attendu on a entendu en tout cas ce matin votre volonté de ne pas participer aux différents aux différentes écul en tout cas aux différentes éléments de de conversation du président de la République pour ne pas participer à ce que vous appelez à une mauvaise comédie. Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio.
Emmanuel Macron