Journaliste de gauche, mais chroniqueur sur BFMTV : comment survivre ?
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 41 %Défensif 29 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 19:16OuverteRéponse directe
Comment penses-tu être devenu un des chroniqueurs de gauche les plus en vue de cet univers médiatique ?
- 24:05OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est la rémunération ou l'envie de porter une voix dissidente qui te fait venir sur ces plateaux ?
- 27:13OuverteRéponse directe
Vous l'apprenez à quel moment, vous avez la liste des sujets ?
- 28:22OuverteRéponse directe
Vous n'avez jamais eu le sentiment de vous dire : est-ce que je suis légitime pour parler de tous les sujets ?
- 32:21OuverteRéponse directe
Est-ce que tu considères que les chaînes d'info sont structurellement favorables à la droite et à l'extrême droite ?
- 36:38OuverteRéponse directe
Est-ce que la sociologie des chroniqueurs est très bourgeoise et très blanche ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 19:25InvitéFait
« Les plus en vue, je ne suis pas sûr que ce soit tout à fait le cas et tout à fait la réalité. »
- 20:46InvitéFait
« C'était en face de Barbara Lefebvre qui maintenant officie sur les grandes gueules sur RMC. »
- 21:14InvitéFait
« CNews, d'ailleurs, au départ, c'est assez intéressant. Ça s'appelait e-télé quand ça a été créé et c'était censé être un peu le pendant de gauche de BFM. »
- 24:03InvitéChiffre
« On est à peu près dans cette fourchette-là ? Oui, brute. »
- 30:55InvitéFait
« merci en fait de tenir cette parole-là à la télé ou d'essayer de la tenir, je n'y arrive pas tout le temps »
- 31:40InvitéFait
« ma thèse, enfin ce que je dois dire de plus important, c'est dans ma première phrase »
- 37:21InvitéFait
« hélas, c'est un travers que l'on retrouve dans beaucoup d'endroits de la société à commencer par la politique représentative »
- 37:49InvitéFait
« il a été débarqué »
- 39:17InvitéFait
« tu pourrais poser aussi la question de la femme et des femmes présentes sur ces plateaux et des rôles auxquels elles sont assignées »
Temps de parole
- Invité41 %
- Invité 229 %
- Présentateur16 %
- Invité 33 %
- Invité 43 %
- Invité 52 %
- Invité 62 %
≈ 1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Salut à toutes et à tous et merci de regarder le sixième opus de l'œil de Moumou, la chronique média de Mourad Guichard. Mourad Guichard est un journaliste indépendant qui regarde notre paysage audiovisuel de manière tranchante et scrute les grandes et les petites dérives de ce paf. N'hésitez pas à faire connaître cette chronique autour de vous, à partager le lien de la vidéo YouTube et à faire connaître ce nouveau rendez-vous du média. Salut Mourad. Bonjour à toutes et à tous, bonjour à toi Théo. Aujourd'hui, comme la semaine dernière, nous aurons un invité sur le plateau dans la rubrique Au Microscope.
Il s'agit du journaliste Pablo Pio-Vivien, journaliste rédacteur en chef de la revue Regards. Pablo Pio-Vivien est à la fois animateur d'un média indépendant, engagé à gauche et intervenant régulier dans des médias mainstream comme la chaîne d'information continue BFM et comme France 2 aussi dans le cadre de l'émission Quelle époque de Léa Salamé. Pourquoi il y va ? Comment ça se passe ? Peut-on vraiment y porter une parole différente ? On évoquera ces sujets, mais commençons par les top et flop.
Et tu voulais commencer par une mise au point. Oui, donc j'évoquais la semaine dernière la présence de la sœur de Xavier Dupont-de-Ligonnès, l'homme le plus recherché de France sur le plateau de Quelle Époque avec Léa Salamé. Et j'avais traité le sujet avec ironie, mais j'avais péché, c'est vrai, par omission, parce qu'en fait, elle avait un narratif au présent qui avait induit en erreur un certain nombre d'internautes, c'est ce qui m'avait alerté, mais elle parlait effectivement du fait qu'elle avait eu à l'époque des faits son frère quelques jours après les événements.
Et en fait, ça donnait l'impression, comme c'était un narratif au présent, qu'en fait, elle l'avait eu quelques jours avant et donc ça avait planté un certain nombre de téléspectateurs. Et donc, je ne l'ai pas précisé à ce moment-là et c'est une erreur de ma part. Et à partir du moment où je ne suis pas bien compris, c'est que je me suis mal exprimé. Et donc, mea culpa.
Et ton premier top nous emmène au quotidien, l'émission quotidien.
Oui, alors l'émission quotidien de Yann Barthès, on y retrouve dans plusieurs autres émissions, on y retrouve Eleonore Schmitt. C'est à elle que je veux adresser mon top. C'est la représentante de l'Union étudiante de Sciences Po, avec cette fameuse polémique qu'il y a eu à Sciences Po, comme quoi une étudiante provocatrice aurait été sortie ou du moins interdite d'entrer à une réunion sur Gaza parce qu'elle serait juive, parce qu'elle serait sioniste et ainsi de suite. Ça a été débunké depuis, je ne vais pas y revenir. Mais je vais d'abord vous demander effectivement de regarder ce passage de Paul Gassnier sur Le Quotidien qui ne sait rien mais va tout nous dire. Je vous laisse regarder.
Des étudiants juifs auraient été interdits d'entrer dans l'amphi pour débattre. Une des élèves aurait été même traitée de sioniste, comme si sioniste était une insulte. Aujourd'hui, Juliette Pellerin, Adrien Hacot et Théo Palfrey sont retournés devant l'école. Juliette a pu discuter avec l'élève qui aurait été traitée de sioniste et qui n'a pas pu entrer dans l'amphi. Quand j'ai essayé de rentrer dans l'amphi-théâtre, trois personnes sont venues devant moi et m'ont dit « Toi, tu ne rentres pas, tu ne rentreras pas ». Et je leur ai demandé pourquoi plusieurs fois, ils m'ont dit « On n'a pas à t'expliquer, tu ne rentreras pas ».
Et en fait, derrière moi, c'est ce qu'on m'a dit après, quelqu'un a crié « Elle, tu ne la laisses pas rentrer, c'est une sioniste ». Alors, notez que dans ce petit reportage, y compris l'intéressé ne confirme pas que ses propos ont été tenus. Donc, il arrive avec des espèces d'acrobaties à essayer de faire mousser une information qui n'en est pas une. Et je trouve ça un tout petit peu extraordinaire. Et voyez comment, par la suite, Eleanor Schmitt, la fameuse représentante de l'Union étudiante de Sciences Po, va réussir à tenir tête à des gens qui sont à la fois vindicatifs et hautains, des espèces de boomers de plateau télé. Je vous laisse écouter.
« Notre organisation étudiante a une position très claire le soir du 7 octobre, où effectivement, on a dénoncé ce qui s'était passé. On dénonce des crimes de guerre qui se sont déroulés. » « Crime de guerre, mais pas crime terroriste. » « Terroriste ou pas terroriste ? » « Est-ce que vous pouvez me laisser parler ? » « Je parle avec les termes du droit international. » « Ce sont des crimes de guerre. »
« Je vous demande très, très, très, très, très. » « Nous avons dénoncé ça. » « Terroriste ou pas terroriste ? » « Je vous dis, ce sont des crimes de guerre. » « Nous l'avons dénoncé dès le 7 octobre. » « C'est une réponse. Vous nous avez répondu. » « Je vous réponds et je reviens à mon point. » « Pas terroriste. » « On a donc entendu. » « Que ce n'était absolument pas, justement, une réunion du Hamas qui s'est déroulée ce jour-là. » « Et en fait, aujourd'hui, on ne peut pas criminaliser comme cela est fait. » « Est-ce qu'il y en aura d'autres ? » « Il y aura d'autres mobilisations comme ça. » « On ne peut pas criminaliser le Hamas ? »
« Non, j'allais dire, on ne peut pas criminaliser, aujourd'hui, la mobilisation étudiante qui est faite, justement, pour le cesser le feu, pour la paix. » « Et je pense que c'est une cause qui est juste. »
« Ton deuxième top nous emmène à France Info. »
« Oui, alors, c'est Alix Bouyaguet, qui se retrouve face à Aymeric Caron. » « Et j'ai trouvé, à propos de Rima Hassan... » « C'est qui, Alix Bouyaguet ? » « Alors, c'est une journaliste qui est officie sur France Info. » « Et elle est face au député LFI Aymeric Caron, qui est interrogé sur la présence de Rima Hassan, donc la militante pro-Palestine, qui est présente, je crois, en septième place sur la liste LFI pour les européennes. » « Et voici comment il va lui répondre, je trouve ça extrêmement intéressant, on en parle juste après. » « En septième position sur votre liste figure Rima Hassan, c'est une franco-palestinienne.
» « Elle a déclenché une polémique récemment, en essayant que le Hamas a mené une action légitime le 7 octobre contre Israël. » « Non, non, non, je tiens à corriger cette... » « Il y a eu effectivement, il y a une polémique, il y a des propos... » « Il y a une vidéo qui tourne, qui a été issue... »
« En tout cas, dit que ce sont des propos révoltants. »
« Forcément, ceux que vous venez de dire, ils sont révoltants. » « Sauf qu'elle ne les a jamais tenus, ces propos. » « Alors, ce que je trouve intéressant, c'est qu'en fait, Rima Hassan, vous l'aurez sans doute remarqué, depuis plusieurs semaines, est au cœur de polémiques, de choses complètement, parfois un peu délirantes, qui ne collent pas toujours à la vérité. » Et là, j'ai trouvé qu'Emerick Caron avait réussi déjà, d'une part, à répondre à Alix Bouillaguet, mais surtout à rétablir certaines vérités. Et je trouve qu'en ce moment, ça fait du bien d'avoir comme ça un petit peu de transparence. Et je tiens à remercier Jean-Paul Barrastier, un internaute qui m'a alerté sur cet extrait.
Et ton troisième top, toujours, il tourne autour de Rima Hassan. Oui, parce que la question de l'antisémitisme, de la Palestine, de Gaza, en ce moment, occupe quasiment 60 à 70% des temps d'antenne. C'est absolument extraordinaire. Et donc là, on retrouve, alors, Rima Hassan toujours, on la retrouve face à Gilles Bornstein, notre confrère toujours de France Info, qui là est un peu parti en live avec des questions perfides. Mais Rima Hassan, malgré, pardon de le dire comme ça, mais malgré son jeune âge et son expérience assez récente de la confrontation avec les médias, s'en est plutôt bien tiré. Le génocide, c'était la solution finale, détruire tous les Juifs de la surface du monde.
Vous pensez qu'Israël veut détruire tous les Palestiniens de la surface du monde ? Non, mais alors, il faut bien comprendre que la définition du génocide, elle n'est pas caractérisée selon le nombre de personnes qu'on est en train de tuer. C'est Gilles Devers qui explique très bien ça. Il dit que c'est un génocide par destruction du groupe social, c'est-à-dire détruire tout ce qui peut maintenir, si vous voulez, le palestinien en vie. Et aujourd'hui, il faut le dire, on est dans des cas de famine avérés qui sont de plus en plus gravissimes. On a également des grandes difficultés à faire arriver l'aide humanitaire à Gaza.
Donc je crois qu'effectivement, on est dans une mécanique, une politique génocidaire de la part d'Israël à l'égard des Palestiniens. Et pour moi, c'est très important de le dire, elle s'inscrit dans un nettoyage ethnique qui a commencé il y a 75 ans. Et je le rappelle, moi, mes grands-parents ont vécu la Nakba. La Nakba, ce n'est rien d'autre que un nettoyage ethnique. Est-ce que vous n'avez pas l'impression d'être un peu instrumentalisé par les Insoumis pour ce que vous êtes, pour aller chercher les votes des jeunes de banlieue ? Non mais je crois que vous êtes... Pardon, mais votre question, elle est un tout petit peu déplacée.
Et pour ton quatrième top, tu voudrais féliciter la rédaction de France Inter.
Oui, une fois n'est pas coutume. Un petit coup de chapeau à France Inter, parce qu'ils ont fait un reportage sur les manipulateurs, les propagandistes, on peut les appeler comme ça. Voilà, israélien ou franco-israélien, à l'instar de Julien Balloul, qui, en fait, on va voir la copie de ce reportage, la copie d'écran de ce reportage, qui, en fait, sont des gens qui se font passer de manière régulière. Donc je pense à Julien Balloul, qui se font passer pour des gens de la société civile, qui donnent leur avis, qui vont essayer d'apporter la contradiction.
En fait, on apprend dans cet article qu'ils sont de manière récurrente en lien avec les autorités israéliennes, donc avec le gouvernement de Netanyahou, et qu'ils reçoivent les éléments de langage qui vont ensuite distiller et donc qui font partie de la propagande guerrière de Netanyahou, qui vise évidemment à justifier le génocide en cours actuellement à Gaza. Donc ça fait du bien d'avoir ce genre de recadrage de la part d'un média comme France Inter, en l'occurrence, qui invite parfois des gens qui sont légèrement borderline sur ces questions.
Et des tops, on passe au flop avec Pujadas.
Alors là, c'est tout à fait gravissime. C'est une espèce de séquence où ils vont essayer de justifier, donc sur LCA, ils vont tenter de justifier le fait que, est-ce qu'on peut parler vraiment de famine actuellement, alors qu'on sait que les convois se multiplient, sont parfois même empêchés de passer à Gaza. Et donc, ils vont trouver une espèce de formulation, prendre des exemples de deux enfants qui sont décédés, selon eux, à cause de maladies et non pas à cause de la famine. Et ils vont montrer des étals garnis avec des chocolats, des bonbons, des fruits, des gâteaux. Et ça permettrait de justifier le fait qu'on ne peut pas actuellement parler de famine.
Ils vont y revenir tout au long de cette séquence. Et ça vient de qui ? Depuis Pujadas, qui avait dit, je vous le rappelle, le 11 septembre 2001. Waouh, c'est génial en voyant les avions se cracher sur les tours du World Trade Center. Je vous laisse écouter cet extrait. Gaza est en état de famine. Là, on franchit un nouveau seuil. Famine, ça évoque le Soudan, ça évoque la Somalie, ça évoque des milliers, des dizaines, parfois des centaines de milliers de morts. Il y a 10 à 15 ans dans un cas, 7 à 8 ans dans l'autre. Donc, c'est un nouveau seuil. Alors, famine, le mot est directement utilisé par le chef de la diplomatie européenne, Joseph Borrell. On va l'entendre dans une seconde.
Le mot est utilisé par Ursula von der Leyen. Le mot est utilisé par des agences de l'ONU. Donc, est-ce qu'il est temps de tirer la sonnette d'alarme parce qu'on est effectivement en situation de famine ? Ou bien est-ce qu'il y a exagération ? Ou bien est-ce qu'il y a, notamment dans les images qui sont mises en avant, une forme de manipulation ? Nous avons voulu nous faire, vous permettre de vous faire votre opinion. Voici les indispensables avec Quentin Berichel. Deux séquences. La première, la voici. Elle a été diffusée il y a tout juste deux semaines par l'agence de presse palestinienne Sanad et reprise par le compte X de Kogat.
C'est l'organe humanitaire du ministère israélien de la Défense. On y voit un marché dans la ville de Rafa avec des étals, vous le voyez, plutôt bien fournis en fruits et légumes, en épices, en boîtes de conserve. Cela paraît assez éloigné des alertes de familles décrites par les organisations internationales et notamment l'ONU.
Et un de tes poteaux, c'est Frédéric Aziza. Tu ne lui lâches décidément pas la veste.
Alors ce n'est pas moi, sur le coup, ce n'est pas moi. Simplement, je me dis qu'au fil des chroniques, au fil des semaines, c'est une chronique hebdomadaire, au fil des semaines, je pointe assez régulièrement à Aziza qui a cette espèce d'obsession totale et absolue de faire qualifier la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon d'antisémite. Eh bien, je suis tombé par hasard sur une vidéo, un montage vidéo.
Je ne sais pas qui est à l'origine, mais je le remercie ou je la remercie pour vous montrer à quel point c'est une obsession, à quel point c'est récurrent et à quel point ça devrait quand même poser question aux responsables de Radio-J de savoir si c'est toujours un journaliste ou alors un militant communautaire. Je vous laisse écouter.
Mélenchon, c'est quoi ? C'est un antisémite ? Et Mélenchon, c'est un antisémite ? Éric Dupont-Moretti ? Mélenchon, il est antisémite ? Mélenchon, c'est quoi ?
Mélenchon, c'est quoi ?
Le parcours de Mélenchon, comment vous le jugez ? Est-ce que vous considérez qu'il est antisémite ? Mélenchon, c'est un antisémite. Les exemples, je veux dire... Mélenchon, obsession antisémite chez Jean-Luc Mélenchon. LFI, c'est le nouveau parti antisémite. Ça veut dire que LFI est un parti raciste-antisémite ?
LFI, c'est le parti antisémite, le nouveau...
On a le nouveau parti anticapitaliste, le nouveau parti antisémite.
LFI, c'est le nouveau parti antisémite. Mélenchon, c'est un antisémite à l'insu de son plein gré ou un antisémite tout court ?
Mélenchon, c'est quoi ? C'est un antisémite à l'insu de son plein gré ou c'est un antisémite tout court ? Mais quand même, Mélenchon, antisémite.
Je viens de vous répondre.
À l'insu de son plein gré, antisémite tout court ? Mélenchon, c'est quoi ? C'est un parcours à la DA, à la Dorio ? C'est un antisémite à l'insu de son plein gré ou un antisémite tout court ? Mélenchon, une ordure antisémite. Oui. Comment vous le dites ? Mélenchon est une ordure antisémite. Est-ce que le procès en antisémitisme fait des gens avec Mélenchon est, pour vous, justifié ? Oui, c'est un antisémite. Oui. Mais dites-le. Je vous le dis. Non, mais je n'ai pas compris le sens de votre réponse. Enfin, c'est surtout un militant anti-Mélenchon. Alors, ça, je pense que c'est sa religion numéro un, effectivement.
Alors, tu voulais aussi évoquer l'état des lycées en région parisienne. Oui, parce qu'on sait, par exemple, des syndicats comme CGT Éducation ou par l'AFCP, l'Association de parents d'élèves, on sait très bien dans quel état se trouve un certain nombre de lycées en région parisienne. Eh bien, il s'est trouvé sur BFM un certain Jam ou James Chéron, qui est vice-président à la région en charge des lycées, qui est venu dire, vous allez écouter, c'est absolument extraordinaire, et sans contradiction particulière, qu'en fait, il n'est absolument pas au courant du dossier, qu'on lui fait remonter des informations comme quoi tous les lycées sont nickels, que tout va bien.
Si on pointe la vétusté des lycées, c'est évidemment une stratégie, devinez de qui ? De LFI. Je vous laisse écouter. L'état de l'établissement tel qu'il est décrit dans cette vidéo ne correspond pas à la réalité de cet établissement. Je voudrais dire que nous avons, depuis quelques mois maintenant, un phénomène sur les réseaux sociaux qui s'apparente à de la manipulation politique. Ça a été théorisé par un député LFI qui s'appelle Louis Boyard, qui est député du Val-de-Marne, et qui explique, on le voit dans une vidéo, qui explique que LFI veut créer la panique en utilisant les réseaux sociaux. C'est ce qu'ils essayent de faire ici. Il ne faut pas tomber dans ce piège.
Il ne faut pas tomber dans ce piège parce qu'il y a des travaux à faire dans des établissements et il faut pouvoir conserver la lumière sur les établissements qui nécessitent notre intervention et ne pas détourner notre attention sur des établissements qui ne nécessitent pas un tel brouhaha médiatique.
Ah, si LFI n'existait pas, il aurait fallu le créer. Absolument. Alors, il y a aussi Pascal Praud qui revient souvent dans tes flops et cette fois-ci, il y est encore.
Oui, absolument. Alors, la semaine dernière, il avait été épinglé par l'ARCOM. Il avait été sanctionné pour avoir fait un parallèle entre à la fois l'immigration qui serait pléthorique et les punaises de lits. Voilà, il a été condamné. Et là, sur l'affaire Aya Nakamura, donc vous savez, cette fameuse chanteuse qui est la chanteuse francophone la plus écoutée au monde et qui est potentiellement, parce qu'on n'a encore aucune preuve tangible, qui serait susceptible de venir chanter du Edith Piaf pour la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques à Paris.
Eh bien, il a eu une espèce de mea culpa léger en disant que peut-être si on lui rentre dedans, c'est pour des raisons racistes qui seraient donc pas très bien dans une émission où depuis des semaines et des semaines tombent des poubelles entières de déchets sur la tête d'Aya Nakamura qui sont évidemment des propos essentiellement racistes. Donc, je vous laisse juste écouter la manière dont il présente la chose avec son petit sourire en coin. Regardez. Vous voyez, ça m'ennuie quand même
qu'elle soit huée. Oui, je vous le dis. J'espère qu'elle n'est pas huée pour des mauvaises raisons. Vous me suivez ? Je vous suis très bien. Bon, on peut ne pas aimer Aya Nakamura, mais on peut ne pas l'aimer aussi pour de bonnes raisons.
Ne pas aimer, pourquoi pas, ses paroles. C'est la banderole qui a été déployée par des identitaires. La banderole raciste, disons-le. Disons-le exactement. Je trouve que cette jeune femme est victime de racisme. Ah oui, c'est clair. Bien évidemment. Et alors, c'est tellement incroyable qu'il condamne le racisme sur CNews, Pascal Praud condamnant le racisme ou des propos racistes sur CNews, qu'y compris sa collègue et camarade Charlotte Dornelas, qui est notre Jeanne d'Arc orléanaise préférée, lui est rentrée dedans. Il s'est pris une véritable chasse de sa part. Je vous laisse écouter. Et juste après, on y revient.
Est-ce qu'on peut accepter qu'un artiste soit aimé par certains, détesté par certains ? Oui ! Bon ben voilà. Je suis parfaitement d'accord avec vous. Arrêtons de réaliser tous les débats. C'est insupportable. Oui, mais pourquoi ? C'est Marion Maréchelle qui le dit. Elle ne parle pas en français. Non, non. Elle ne chante pas en français. Vous venez de dire que vous aviez découvert l'expression. C'est vrai qu'elle n'est pas courante en français. Oui, mais vous voyez bien ce qu'il y a derrière cette phrase. La banderole, c'est une chose.
Vous voyez bien ce qu'il y a derrière cette phrase. C'est pour ça que la critique a existé.
C'est pour ça aussi qu'elle est choisie parce qu'elle est adorée partout dans le monde, vous le dites.
Alors c'est assez sec. Mais, mais, heureusement, Pascal Praud peut se consoler car il a reçu le soutien appuyé de Françoise de Goua dans un tweet qui dit « Disons-le, c'est très bien ce que dit Pascal Praud. Pas la peine de vouloir sonder les cœurs et les reins. Et pourquoi il le dit ? Peut-être juste parce qu'il le pense tout simplement. » Donc, on apprend grâce à Françoise de Goua notamment que Pascal Praud ne serait pas raciste et condamnerait tous les racismes. Alors, tu as un coup de cœur cette semaine, Momo. Oui, alors, c'est France Musique. Je ne parle pas beaucoup de radio ici. C'est l'antenne de France Musique en général.
Et puis, une émission qui s'appelle En Piste qui est présentée depuis dix ans maintenant. Ils fêtent leur dixième saison par Émilie Munera et Rodolphe Bruno Boulmi. Alors, cette émission, c'est la seule, c'est très étonnant, mais c'est comme ça. C'est la seule émission de critique de disques qui évolue sur la bande FM. Plus aucune radio généraliste, en fait, ne consacre de temps d'antenne à la musique classique. Je trouve ça extrêmement dommage. Donc, je voulais les féliciter. Alors, si vous avez dans l'idée que France Musique, c'est... nous venons d'écouter l'impromptu numéro 4 en 6 bémol majeur par Alfred Brendel. Nous allons maintenant écouter... Non, on n'en est plus là du tout.
Stéphane Grand et Marc Wanchet ont pris, il y a quelques années de ça, les rênes de France Musique et c'est devenu vraiment une émission du matin jusqu'au soir absolument passionnante. Je vous invite simplement à écouter une fois du matin, donc, de la matinale de France Musique qui, pour moi, est la meilleure, absolument la meilleure au niveau national de Jean-Baptiste Urbain jusqu'au soir très tard. je vous invite à écouter et vous serez satisfait ou remboursé naturellement. Remboursé par... Par mes soins, par mes soins, je vous enverrai un superbe gobelet le média en récompense et en compensation.
C'est noté, enregistré. C'est désormais le temps de recevoir sur ce plateau Pablo Pio Vivien, rédacteur en chef de la revue et du site d'info Regards et intervenant régulier, les mauvaises langues diront caution de gauche, sur des plateaux mainstream. Salut Pablo, nous aimerions que tu nous prennes par la main et que tu nous racontes, que tu racontes à celles et ceux qui regardent cette émission comment fonctionne une grande chaîne d'info comme BFM ou une grande émission de services publics comme Quelle Époque et pour qu'on voit quel est l'intérêt d'y aller, quelles sont les marges de manœuvre qu'on y a et quelles sont les mécaniques qui se mettent en place.
Première question, comment penses-tu être devenu un des chroniqueurs de gauche les plus en vue de cet univers impétoyable et très, très, très droitier quand même ?
Les plus en vue, je ne suis pas sûr que ce soit tout à fait le cas et tout à fait la réalité. En fait, moi, c'était il y a six ans. Franchement, c'est assez drôle la façon dont ça a commencé ma présence sur ces plateaux télé. C'est que j'étais très ami et collègue de Pierre Jacquemin qui, à l'époque, était rédacteur en chef de Regards. Il venait de quitter le cabinet de Miriam El Khomri et il avait écrit un livre qui s'appelait « Ils ont trahi la gauche » et où il défonçait, en gros, le gouvernement et Miriam El Khomri et la loi travail de Miriam El Khomri. Et donc, à ce titre, il intervenait sur les plateaux pour, en gros, vendre son bouquin.
Comme il parlait bien, il était plutôt sympathique, etc., et sûrement qu'il passait bien à la télé. Ils l'ont rappelé, en gros, pour parler un peu d'autre chose et puis poursuivre un peu la mobilisation contre la loi travail en tant que chroniqueur de gauche, en gros. Il faisait ça gratuitement. À l'époque, c'était vraiment des invitations comme ça, au coup par coup. Et un jour, il ne pouvait pas venir et il a dit « Vous n'avez qu'à prendre mon collègue qui est journaliste à Regards, le tester. » Et c'était à l'époque sur CNews. Et donc, j'ai fait comme ça mon premier plateau un jour où il était rentré chez sa mère ou je ne sais pas quoi à Limoges.
Et donc, c'est comme ça que la première fois j'ai fait un plateau, c'était en face de Barbara Lefebvre qui maintenant officie sur les grandes gueules sur RMC. Ça a été particulièrement dur. Franchement, je ne m'attendais pas. Je n'avais même pas encore parlé. Je n'avais jamais parlé publiquement. Et en fait, elle a commencé par me pointer du doigt et à moitié à m'insulter en présupposant ce que j'allais dire. Et puis, ils m'ont réinvité sur CNews. À l'époque, CNews, entre parenthèses, c'était il y a six ans. Ce n'était pas la chaîne que c'était aujourd'hui. CNews, d'ailleurs, au départ, c'est assez intéressant.
Ça s'appelait e-télé quand ça a été créé et c'était censé être un peu le pendant de gauche de BFM qui, à l'époque, était très droitier et qu'on disait même BFM. C'était le groupe canal. C'était le groupe canal, effectivement. Et puis après, il y a la dérive qu'on connaît de CNews. Donc, j'ai été invité comme ça sur CNews. Et puis après, j'ai commencé à être invité aussi sur LCI. À l'époque, je n'étais pas payé. Donc, t'es invité. Il t'appelait comme ça parfois au dernier moment, parfois avec un peu d'avance, etc. Et j'ai fait, notamment, j'ai suivi tous les gilets jaunes. J'étais sur LCI à l'époque, tous les samedis. J'allais de 14h à 18h commenter les gilets jaunes.
C'était assez drôle parce qu'il n'y avait pas d'image. Enfin, on ne me voyait pas à l'écran parce qu'ils filmaient, en gros, les poubelles qui brûlaient sur les ronds-points. Et moi, je commentais, en fait. J'étais face, à l'époque, à des gens plutôt de droite ou d'extrême droite qui disaient que c'était vraiment scandaleux. Et moi, j'essayais de défendre cette mobilisation et de dire que c'était bien, en fait, qu'il y ait des gens qui se mobilisent et qui disent merde au système tel qu'il fonctionnait. Et puis, il y a un moment, ils m'ont appelé sur BFM. Ça, c'était il y a 3 ou 4 ans, mais de la même façon, comme ça, au coup par coup, en fait, en fonction des sujets.
Dès qu'on parlait un peu de gauche ou de trucs dans lesquels il fallait qu'ils aient un regard d'un type de gauche ou bien sur la stratégie politique des partis politiques, parce que quand même, à la base, moi, c'est ça, c'est là que j'étais le plus pertinent, ou bien sur des sujets de mobilisation sociale, etc., ils m'invitaient. Et puis, il y a 3 ans, j'ai commencé, ils m'ont proposé de faire un truc qui s'appelle Face à Duhamel. Donc, c'est face à Alain Duhamel. Il a 12 ou 13 minutes tous les jours, du lundi au jeudi, face à quelqu'un. Et ça, c'est un truc qui est rémunéré sur BFM. Donc, ils ont commencé à, c'est là que j'ai commencé à rentrer dans les rémunérations, à être pigé.
Donc, c'est des piges comme on a dans différents journaux. Et puis, ils m'ont appelé après pour d'autres émissions et notamment pour l'émission de 22h à minuit qui est aussi pigé. Et voilà, ça s'est fait petit à petit, comme ça. Donc, maintenant, quand je vais sur BFM, à certains horaires, je le sais en fait d'une semaine sur l'autre. Par exemple, je vais tous les lundis soirs de 22h à minuit dans l'émission de juillet jusqu'à minuit. Dans cette émission, je suis pigé et je suis un chroniqueur autour du plateau. On est souvent trois ou quatre.
Le plus souvent, je suis avec Roselyne Bachelot, par exemple, qui est un peu ma co-débatrice, qui fait la même chose que moi et qui est, j'imagine, pigé aussi. Alors, Laurent Geoffrin, sur France Inter, évoquait, quand il a quitté CNews, en disant qu'il ne les retournerait plus pour X raisons, il avait évoqué, sans rentrer dans l'État, il avait évoqué à peu près 200 euros par intervention. On est à peu près dans cette fourchette-là ? Oui, brute. D'accord.
Alors, est-ce que c'est à la fois, alors ça peut être les deux, mais ça peut être, est-ce que c'est plutôt la rémunération qui vous fait venir ou c'est plutôt l'envie de, alors d'abord qu'on parle de votre titre, évidemment, regarde, mais aussi l'envie de porter une voix dissidente ?
Il est de mon capitaine, c'est vrai que moi, je suis rédacteur en chef de regard, c'est quand même ça mon boulot principal, c'est d'ailleurs comme ça qu'ils me définissent sur les plateaux de BFM ou les différents plateaux que je fais, c'est-à-dire que ça me situe, c'est comme ça, mon identité, elle est là, c'est pas chroniqueur BFM ou intervenant parfois, enfin ça arrivait trois fois sur le plateau de Léa Salamé ou sur France 5 dans C'est Ce Soir, je suis rédacteur en chef de regard. Après, c'est sûr que ça, à regard, on n'a pas des salaires mirobolants très loin de là, je ne vais pas vous dire combien je gagne, mais ce n'est vraiment pas beaucoup.
Non mais en fait, en vrai, je pourrais le dire, je gagne en dessous du SMIC en gros à regard, c'est un choix délibéré parce que comme j'ai déjà expliqué, moi, même si je ne gagne vraiment pas beaucoup d'argent parce que là, à la fin du mois, en gros, j'ai entre, franchement, je vais être transparent, j'ai entre 1600 et 1800 en fonction de mes piges euros nets, en fonction de mes piges sur BFM TV parce que ça dépend, vous savez, il y a des mois où j'en fais un peu moins, des mois où j'en fais un peu plus. Donc, ce n'est pas énorme pour vivre à Paris.
Après, moi, je l'ai déjà dit, moi, je suis un bourgeois, c'est-à-dire que j'ai fait des études, j'ai un mec qui gagne de l'argent et en gros, qui participe, en fait, à me permettre de vivre à l'accent. À votre liberté. Voilà, parce que 1800 balles à Paris, c'est compliqué de vivre même lorsqu'on n'a pas d'enfants comme moi. Mais dans la mesure où j'ai ce mec qui remplit globalement le frigidaire, voilà, je vis assez correctement. Donc, je n'en aurais pas vraiment, vraiment besoin même si quand même, si je commence à passer à 800 balles par mois sans BFM, ça va commencer à devenir un peu compliqué de finir le mois. Donc, ce n'est pas ça.
Après, moi, j'y vais effectivement pour porter une parole de gauche. C'est-à-dire que j'estime que c'est un endroit qui est suffisamment sain et c'est important de le dire, de l'exprimer comme ça qui est suffisamment sain pour que je puisse m'exprimer comme je veux. On parle de BFM. On parle de BFM, exactement, parce que c'est là que je vais le plus souvent. Jamais en 3 ou 4 ans où j'y vais plusieurs fois par semaine, on m'a dit tu ne dis pas ça, ni en amont, ni après, ni en aval. On ne m'a jamais restreint sur quoi que ce soit. Alors, effectivement, je ne suis pas maître des sujets.
C'est-à-dire que ce n'est pas moi qui fais le bandeau, ce n'est pas moi qui dis ce soir on va parler de ça plutôt que de ça. Quand on me dit tu ne vas pas parler de Pierre Palmade parce qu'on va passer deux heures sur Pierre Palmade, je ne suis pas responsable de ça, même si je pense qu'il y a des choses très intéressantes à dire sur ce qui s'est passé autour de Pierre Palmade, notamment lié au chemsexe. En fait, j'arrive toujours à m'en sortir et à essayer de trouver, même lorsqu'on parle de faits divers, ce n'est pas le truc qui a priori m'intéresserait le plus.
J'essaye en tout cas toujours d'essayer de trouver un angle qui puisse me permettre moi de dire quelque chose que je considère comme étant intéressant pour le téléspectateur. Pertinent. Vous l'apprenez à quel moment, vous avez à quel moment la liste des sujets ? Dans la journée, par exemple, quand c'est de 22h à minuit, c'est entre 14h et 16h, c'est-à-dire j'ai 6h ou 7h pour préparer mes sujets parce qu'en fait, je reste deux heures sur le plateau donc comme les sujets, ça dure entre 10 et 25 minutes, il y a souvent 3 ou 4 sujets, même si parfois, il y a des sujets qui reviennent dans les deux heures. Mais voilà, ils me préviennent 6h avant, ce qui donne largement le temps.
En plus, c'est des sujets que je traite souvent à regard par ailleurs donc ce n'est pas des sujets où je débarque. Je veux dire, on va me dire, oui, Bruno Le Maire, par exemple, veut faire 20 ou 30 milliards d'économies. Je ne débarque pas sur le sujet genre à 14h. C'est des sujets que j'ai déjà traités avec des économistes, notamment des économistes atterrés via regard.
Il n'y a pas un risque, on en parle ici de manière assez régulière, il n'y a pas un risque de toutologie, c'est-à-dire de pouvoir avoir cette impression qu'on peut aborder tous les sujets en connaissant parfaitement chacun des sujets alors qu'en fait, on est plutôt spécialisé, j'imagine que vous l'êtes, spécialisé dans une chronique, une rubrique particulière, ça peut être la politique, la société. Vous n'avez pas ce sentiment, vous n'avez jamais eu ce sentiment de vous dire est-ce que je suis légitime pour parler de tous les sujets ? Oui, ou dans l'autre sens, est-ce que je ne suis pas un imposteur ?
Oui, c'est tout à fait juste et je pense que, surtout dans ma situation, je pense que ce ne serait pas normal en fait que de ne pas l'avoir. Après, encore une fois, j'essaye de ne... Moi, par exemple, je fais partie des gens qui le plus souvent essayent de citer mes sources. C'est-à-dire que quand on me dit moi, je ne suis pas effectivement par exemple un économiste spécialiste de la réforme des retraites comme par exemple peut l'être Michael Zemmour. Donc, d'ailleurs, ce qui rend souvent Michael Zemmour beaucoup, beaucoup, beaucoup plus efficace que moi lorsqu'il s'agit de traiter des sujets de l'assurance chômage ou de la réforme des retraites que moi. En revanche, je lis Michael Zemmour.
Et je prends des notes quand j'entends parler à la radio, quand il sort une note ou je ne sais pas quoi, je prends des notes et après, j'arrive et je dis bon ben voilà ce qu'a dit Michael Zemmour. Après, j'ai une autre façon de le dire. C'est-à-dire que Michael Zemmour, il est universitaire, il a ses mots pour le dire, etc. Et il est plutôt habitué à des interviews. Moi, ce n'est pas des interviews. Moi, je suis dans un cadre de débat. C'est-à-dire qu'en gros, dès que j'ouvre la bouche, j'ai mon camarade de droite en face de moi qui me saute à la gorge et qui, j'ai à peine dit deux phrases, qu'il remet en question ma légitimité à dire les choses. Mais surtout, il dit exactement le contraire.
Et là, moi, mon boulot, en gros, c'est de réussir en utilisant d'autres outils que Michael Zemmour où lui, c'est le raisonnement, la science économique, etc. Moi, mes outils, c'est aussi l'émotion. C'est aussi, c'est plein d'autres choses en fait, que je vais essayer de convoquer pour porter le point, enfin, tenir en gros mon débat. Et après, je ne sais pas si c'est efficace. Ça, c'est une question que je me pose en permanence. Est-ce que je ne suis pas genre la caution de gauche ? Bon, être la caution de gauche, encore, ça va. Mais est-ce que je ne suis pas un clown, en gros ? Est-ce que je ne ridiculise pas ce que j'estime être ma famille politique, c'est-à-dire la gauche au sens large ?
C'est une question que je me pose souvent.
Et en même temps, je me dis, bon, ça reste quand même, si on prend les trois chaînes d'information en continu que sont, ou les quatre, France Info, LCI, CNews et BFM, si on dit, bon, ça, c'est dégueulasse, genre, tous ces gens, ils font n'importe quoi, etc., et qu'on n'y va pas, ça pose quand même un vrai problème démocratique, en fait, parce que les gens, moi, il y a des gens dans la rue, tout à l'heure, Théo a dit que j'étais genre le plus en vue, je ne suis pas le plus en vue, mais par contre, il y a des gens qui me reconnaissent et qui sont de gauche et qui sont honnêtement de gauche et qui me disent mais merci, merci en fait de tenir cette parole-là à la télé ou d'essayer de la tenir, je n'y arrive pas tout le temps, franchement, parfois, je suis là, il y a trop de gens, il y a trop d'adversité, il y a trop de, les débats sont trop violents et genre, je vois, je bats un peu en retraite et j'apprends, parce que ça s'apprend aussi, je vois parfois des gens qui débarquent sur le plateau et qui sont vraiment des gens brillants, des gens intelligents et des gens de gauche et qui, parce que genre, un plateau télé, c'est particulier, genre, t'as les lumières, t'as les machins, t'as tout un espèce de décorum, etc., il faut aller très très vite, t'as genre 10 secondes avant que la personne d'extrême droite en face de toi te coupe la parole, donc c'est, moi par exemple, maintenant je sais, genre, ma thèse, enfin ce que je dois dire de plus important, c'est dans ma première phrase, tu vois, là vous me laissez parler, je ne pourrais jamais m'arrêter, mais je sais que sur BFM, si je n'ai pas dit dans ma première phrase la chose la plus importante, je n'aurai sûrement jamais l'occasion de le dire dans l'émission, mais ça c'est des mécaniques en fait que tu apprends au fur et à mesure, donc là-dedans, j'ai l'impression d'être un minimum efficace, après, franchement, moi j'attends toujours le moment où sur BFM comme sur d'autres chaînes ou je ne sais pas quoi, on dira, bon ben on a trouvé plus efficace, on a trouvé plus télégénique, on a trouvé plus intelligent, et je comprendrais, parce que j'ai mes défauts, j'ai mes peurs, j'ai mes machins, j'ai mes limites aussi dans cet exercice.
Globalement, est-ce que tu considères que c'est une scénographie qui est structurellement favorable à la droite et à l'extrême droite, est-ce que, quelque part, les chaînes d'info ne portent pas l'agenda de l'extrême droite, même si elles ne disent pas exactement la même chose, mais dans la manière de poser l'agenda, elles facilitent la tâche à ceux qui capitalisent sur un certain nombre de thèmes ?
Ben, c'est-à-dire, je lis, j'écoute Mourad, l'œil de Momo, je lis, en fait, tout ce qui se fait en matière de critique des médias, que ce soit à Écrimet, que ce soit à Arrêt sur image, que ce soit, je ne sais pas moi, Samuel Gontier sur Télérama. Voilà. Je comprends, en fait, ce que nous essayons, en fait, collectivement de faire. Et c'est important, en fait, que cette critique des médias existe. Après, moi, vraiment, je ne suis pas à l'intérieur de la rédaction de BFMTV. C'est-à-dire que, pour être tout à fait clair, vous avez les plateaux au rez-de-chaussée. Moi, je vais sur les plateaux. Et puis, la rédaction, elle est au premier étage ou au deuxième étage, dans les étages.
Et moi, je n'y vais jamais. Je ne vais pas les conférences de rédaction de BFMTV. Je ne participe pas au choix des sujets. En revanche, comme ça fait trois ans, j'ai lié des amitiés, en fait, avec des journalistes, avec des techniciens, etc. Et je sais que, comme dans toute rédaction, à BFMTV, il y a des débats, il y a des conflits apaisés, enfin, le plus apaisé possible, j'espère, sur quel sujet on va mettre en avant, quel sujet on va mettre en avant, genre, pourquoi est-ce qu'on a mis hier tel sujet en avant ? Est-ce qu'aujourd'hui, on va refaire la même bêtise ? On va reprendre ce sujet, etc. Enfin, je veux dire, c'est des endroits, en fait, qui vivent.
Il ne faut pas imaginer, en fait, que c'est monolithique, que c'est Patrick Drahi et maintenant, Rodolphe Saadé, puisque ça a changé de propriétaire, que c'est eux qui dessinent l'unitorial. Absolument pas. Il y a des débats, comme partout. Mais c'est les chefs qui tranchent. D'accord. Déjà, les chefs, ce n'est pas les propriétaires. Ça, c'est la première chose. Ils sont nommés par les propriétaires. Ils sont nommés par les propriétaires, mais ça, c'est vrai dans toute entreprise. Ils ont quand même de l'attitude. Et puis, ça reste. Parfois, j'entends des gens qui font des critiques des médias en oubliant que ce sont quand même des professionnels.
En tout cas, sur CNews, je mets un peu à part parce que j'ai l'impression qu'aujourd'hui, tout est devenu un peu compliqué, mais je pense que mon raisonnement est même vrai pour CNews, même si c'est une chaîne où je valide totalement toutes les critiques qui sont faites à cette chaîne. Mais sur BFM, c'est vraiment des professionnels.
C'est-à-dire que c'est des gens qui essayent de réfléchir, qui ont une éthique de journaliste, qui ont un rapport à l'information qui n'est pas forcément le nôtre dans nos médias, en fait, qui sont indépendants, qui sont dits indépendants des puissances de l'argent, mais eux, lorsqu'ils traitent un sujet, lorsqu'ils choisissent de traiter un sujet, ils se disent tiens, qu'est-ce qu'on va mettre en avant ? Est-ce qu'on met en avant ça ? Est-ce qu'on met en avant ci ? Et d'ailleurs, ce que tu fais en fait, Mourad, en mettant les tops et les flops, c'est très intéressant, c'est très important en fait, de faire ce travail-là, mais il faut faire attention.
C'est que tu mets en avant en fait, une petite partie de ce qui est dit sur BFM. Et moi, j'entends, je vois en fait les polémiques qui sont générées par des plateaux où en gros, on donne 5 minutes pour Hitler et 5 minutes pour les Juifs. Et je trouve insupportable quand les plateaux sont composés de cette façon-là. En revanche, c'est pas que ça BFM. BFM, c'est aussi, et les chaînes d'information en continu en général, il y a d'autres choses qui se disent, il y a des reportages qui sont faits, il y a des gens qui sont sur le terrain, qui sont sur le terrain en Ukraine, qui sont sur le terrain en Israël et en Palestine et en Cisjordanie.
Il y a des gens, il y a par exemple un truc, c'est une fois ou deux fois par semaine parfois, une séquence de reportages qui est quand même à 21h, c'est-à-dire une chaîne d'un moment de grosse audience qui s'appelle Ligne Rouge et les journalistes de Ligne Rouge, je peux vous dire que c'est des vrais professionnels et des sujets, pour en avoir regardé quelques-uns, mais c'est vraiment des sujets de qualité. C'est-à-dire que c'est pas parce que genre à 18h20 ou à 22h15, oui, effectivement, ils ont fait un plateau où je me dis à un plateau comme ça, pourquoi est-ce qu'ils ont invité ces personnes-là ?
Et là, je partage à mon avis les mêmes critiques que vous que c'est pour l'ensemble de la journée et qu'il faut jeter en gros le bébé avec l'eau du bien, même si encore une fois, toutes les critiques faites à l'égard de BFM comme d'autres chaînes de télévision sont tout à fait légitimes et c'est important que dans le cadre de notre démocratie, on en parle.
Oui, Pablo, ma dernière question, c'est sur la sociologie des chroniqueurs parce qu'il y a des invités, il y a des chroniqueurs, il y a des gens qui viennent gratuitement et des gens qui sont payés pour cela et j'ai l'impression de loin que finalement, tous les profils disons, issus du monde ouvrier ou bien issus même des minorités ethniques sont très peu représentés parmi les chroniqueurs. On peut les accepter parmi des invités mais finalement, le monde des chroniqueurs reste très bourgeois et très blanc. Est-ce que je me trompe ?
Non, je ne pense pas que tu te trompes. Après, je n'ai pas fait d'études genre très resserrées et très précises sur le sujet mais c'est vrai que globalement, je te rejoins complètement là-dessus. Hélas, c'est un travers que l'on retrouve dans beaucoup d'endroits de la société à commencer par la politique représentative. Aujourd'hui, franchement, quand tu regardes même à gauche le nombre d'ouvriers qui sont élus dans ce que j'appelle ma famille politique ou le nombre de gens issus des minorités, ils restent très minoritaires. trop minoritaires à mon sens.
Est-ce qu'il était un chroniqueur en VQOMC ? Il a été débarqué ?
Exactement. Alors après, je ne sais pas s'il a été débarqué du fait de son positionnement politique. Pourquoi il a été débarqué ? Il a été débarqué. Non mais si c'est pour des raisons de racisme, des raisons d'anti-ouvriérisme ou si c'est pour des raisons de positionnement politique que d'ailleurs, en passant, je valide totalement Révolution permanente. Mais ce n'est pas le sujet. Mais peut-être que c'était ça, peut-être que c'était son positionnement politique. Il y a des personnes racisées dans les grandes gueules pour le coup. D'ailleurs, il y en a sûrement plus qu'ailleurs dans les grandes gueules sur RMC.
C'est plus facile de percer en tant que chroniqueur quand on est à rebours. C'est-à-dire que si vous êtes noir ou arabe et que vous développez la pensée printemps républicain, vous allez monter plus vite.
Oui, je ne sais pas. Encore une fois, franchement, le cas par exemple des grandes gueules d'RMC, c'est assez intéressant. Je ne dis pas que je suis raccord avec beaucoup des gens qui sont chroniqueurs sur ce plateau mais pour le coup, il y a une diversité représentée sur le plateau qui n'est pas inintéressante.
Après, on peut critiquer le ton, on peut dire ouais, ils disent n'importe quoi, blablabla, tout ce qu'on veut et je donnerai sûrement raison aux gens qui portent ce genre de critique mais il y a quand même, il y a certains endroits de la télé, tu vois, et là, en tout cas, c'est la radio RMC mais où il y a un minimum de représentations étudiées mais après, tu as raison mais pour le coup, hélas, le racisme ou l'anti-ouvriarisme, il est structurel dans notre société c'est-à-dire que les paroles de ces... J'aime même pas dire minorité parce qu'on n'est même plus sur des minorités.
Tu pourrais poser aussi la question de la femme et des femmes présentes sur ces plateaux et des rôles auxquels elles sont assignées. C'est vrai qu'il y a plein de questions mais encore une fois, c'est pas spécifique à la télévision. Je pense que tu prends les entreprises du CAC 40, tu prends globalement le monde de l'entreprise, tu prends la politique, tu prends plein d'endroits et là, tous les travers que tu pointes du doigt à juste raison, on les retrouve aussi.
Merci Pablo. Juste avant de terminer, Moura, tu avais des petits remerciements.
Oui, comme à l'accoutumée. Maintenant, je trouve ça très sympa et très juste parce que c'est des gens qui font vivre le débat notamment sur les réseaux sociaux. Je voulais cette semaine alors saluer, alors un nom très dur à prononcer, Chantung 31 qui s'appelle aussi chrétien, V. Vatsaria, Dujac, Johan, Omar 75, Petit Chat Rouge, Jean-Jeanval, Anarlov, Bembelli, Natalia G. Gonzales, La Gisquer, Silvio Gessel, Insoumiac 59, Isab Sénécal, Did 123, Manou 44, Zabou Villon, Sam Boulanger, Jacques Chirac avec deux œufs, Carolina Thibou, Agathe Énervé, Vernaïf, Zora, Stéphane K. de Bretagne et Néna B.
Ici On Lutte et j'avais juste deux autres remerciements très, alors pour le coup, par rapport à leur production qui est très particulière, c'est à la fois Ulysse, U pardon, L-Y-2-S et Caisse de Grève avec un S qui produisent, qui font des montages absolument incroyables qui servent d'ailleurs, qui sont souvent retweetés, rebalancés parce que c'est d'une qualité extraordinaire et je tenais à les remercier en particulier. Merci Mourad
et merci à vous d'avoir regardé L'œil de Moumou sur le Média, sur le canal 350 de la Freebox, sur Youtube ou sur notre site internet Le Média, votre Média, on vous le rappelle, ne vit que des abonnements de soutien et des dons de celles et ceux qui le regardent et l'aiment si vous le pouvez, donc allez sur le média tv.fr slash soutien et donnez-nous de la force, donnez-vous de la force, restez connectés au Média. Sous-titrage ST' 501