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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 13 mars 2026 57 minContradictoireActualité / polémiqueLogementEurope & internationalSolidarités & familleInstitutions & élections

Emmanuel Grégoire et la "Gauche Unie" face aux questions du Média

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 67 %Attaque 19 %Défensif 14 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Le logement est une question majeure pour les Parisiens. Qu'avez-vous fait pendant votre mandat et que n'avez-vous pas réussi à faire ?

  • 1:58OuverteRéponse directe

    Quelles solutions concrètes proposez-vous pour lutter contre la saturation du logement social ?

  • 5:14FerméeRéponse directe

    Comment financer 60 000 logements sans augmenter la dette de la ville ?

  • 7:20FerméeRéponse directe

    Comment faire : flécher les dépenses ou augmenter les recettes ?

  • 14:34OuverteRéponse directe

    Avez-vous une solution concrète pour les sans-abri et mineurs isolés ?

  • 21:07OuverteRéponse directe

    Comment rendre l'accès à la propriété abordable pour la classe moyenne ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:30PrésentateurChiffre
    « À Paris, près de 290 000 ménages attendent un logement social, mais environ 9 000 ont été attribués seulement en 2024, ce qui montre qu'il y a une saturation. »
  • 1:43PrésentateurChiffre
    « 180 000 logements locatifs classiques ont disparu entre 1982 et 2021. »
  • 2:27Invité politiqueChiffre
    « La gauche à Paris a produit depuis 2001 130 000 logements sociaux. »
  • 2:41Invité politiqueChiffre
    « On a doublé le taux SRU pour atteindre les 25%. »
  • 4:45Invité politiqueChiffre
    « Il y a 1,4 million de logements à Paris. Il y en a 300 000 qui sont vacants. »
  • 6:06Invité politiqueChiffre
    « La ville de Paris consacre autour de 800 millions d'euros pour le logement. »
  • 17:42Invité politiqueFait
    « Ce sont des jeunes qui arrivent, qui disent qu'ils sont mineurs, qui n'ont pas forcément les papiers pour le démontrer. Parfois, ils ne savent même pas trop s'ils le sont. »
  • 22:56Invité politiqueChiffre
    « Le prix du mètre carré à Paris, c'est 10 000 euros. Le BRS, c'est de l'accession à la propriété à 5 000. »
  • 24:47Invité politiqueChiffre
    « Vous avez 60% des logements qui sont possédés par des gens qui possèdent plus de 5 biens. »
  • 29:29Invité politiquePromesse
    « Notre union qui est le vote efficace pour battre Rachida Dati soit le plus haut possible au premier tour. »
  • 31:41Invité politiquePromesse
    « nous on est concentré sur l'objectif que notre union qui est le vote efficace pour battre Rachida Dati soit le plus haut possible au premier tour »
  • 32:04Invité politiqueFait
    « avec Sophia Chiquirou c'est impossible parce que fondamentalement elle ne le souhaite pas »
  • 35:47Invité politiqueFait
    « Mme Dati à Paris c'est la tronçonneuse de Javier Milei contre les services publics parisiens »
  • 35:55Invité politiqueFait
    « c'est pas simplement zéro logement social en plus c'est la vente des logements sociaux »
  • 41:37Invité politiqueFait
    « le logement c'est majeur pour les raisons qu'on a évoqué »
  • 42:25Invité politiqueChiffre
    « il y a des arrondissements où il y a deux fois moins de policiers nationaux par rapport à il y a 20 ans »
  • 44:05Invité politiquePromesse
    « dans le programme de la gauche unie la question des récépissés des contrôles au faciès »
  • 44:14Invité politiqueChiffre
    « il y a un certain nombre de jeunes des quartiers populaires qui se retrouvent avec 15, 20, 30 000 euros de dette alors qu'ils commencent leur vie professionnelle »
  • 48:52Invité politiqueFait
    « les socialistes n'ont pas voté ce budget »
  • 50:33Invité politiqueFait
    « le risque est majeur que le pays bascule à l'extrême droite »
  • 54:50Invité politiqueFait
    « cette candidate de la FI à Strasbourg et elle était en plus avec ses enfants »
  • 55:02Invité politiqueFait
    « on voit une montée de l'extrême droite »
  • 55:05Invité politiqueFait
    « on se pensait protégés de tout ça »
  • 55:15Invité politiqueFait
    « des candidats de Saracnafo qui font ouvertement campagne, qui font du porte à porte »
  • 55:29Invité politiqueFait
    « que les antiracistes deviennent les racistes, les antifascistes deviennent les fascistes »

Temps de parole

  • Invité politique59 %
  • Emmanuel Grégoire23 %
  • Présentateur8 %
  • Présentateur 27 %

0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour tout le monde et bienvenue dans Face aux Indés, notre émission politique aux médias où on le reçoit des candidats et candidates aux élections et qui permet de faire le tour du fond et de la forme. Vous nous regardez sur Youtube, Free ou Molotov et maintenant aussi sur Orange. La prochaine étape, la TNT francilienne et pour ce faire on a toujours besoin de votre soutien sur soutenez.lemediatv.fr.

Vous le savez, le premier tour des élections municipales a lieu ce dimanche et pour l'occasion, aujourd'hui nous recevons Emmanuel Grégoire, candidat à la mairie de Paris et membre du Parti Socialiste, tête de la liste gauche unie et Laurent Sorel, co-listier, conseiller de Paris et membre de l'après. C'est parti pour Face aux Indés. Avant de commencer cette émission, pour respecter le temps de parole, nous avons lancé des invitations aux principaux candidats sauf à l'extrême droite. Donc merci à celles et ceux qui ont joué le jeu du pluralisme et sont venus sur notre plateau. Bonjour messieurs. Bonjour.

Alors on va commencer tout de suite avec le thème du logement, question majeure pour les parisiens, parisiennes et franciliens. Messieurs, vous êtes candidat à la mairie de Paris, mais vous venez aussi de faire cinq ans en tant que conseiller de Paris dans la majorité d'Anne Hidalgo. Et ça peut être l'occasion aussi de faire un bilan de ce mandat. On le sait, la crise du logement s'est aggravée ces dernières années. Et pour en parler, je vais passer la parole à mon camarade Amine. Oui, bonjour Emmanuel, bonjour Laurent. Laurent, vous avez été conseiller de Paris. Emmanuel, vous étiez premier adjoint pendant la période où la crise du logement s'est justement renforcée.

À Paris, près de 290 000 ménages attendent un logement social, mais environ 9 000 ont été attribués seulement en 2024, ce qui montre qu'il y a une saturation. Le parc locatif privé s'est fortement contracté. 180 000 logements locatifs classiques ont disparu entre 1982 et 2021. Il y a une véritable pénurie. Vous avez d'ailleurs articulé votre clip de campagne sur le risque d'aggravation de cette crise du logement si Rachida Dati arrive au pouvoir à la tête de la mairie de Paris. Qu'est-ce qu'on peut faire concrètement pour lutter contre cette saturation ? Et qu'est-ce que vous n'avez pas réussi à faire pendant cette période où Anne Hidalgo était à la tête de la mairie de Paris ?

2:09
Invité politique

C'est un sujet majeur parce qu'effectivement le logement c'est pour chacune et chacun l'essentiel de la vie quotidienne et le principal poste de dépense en matière de pouvoir d'achat. Donc là où il y a la crise du logement, il y a la crise de la vie tout court, nous avons fait énormément. Je vais y revenir et nous allons faire plus sur des nouveaux enjeux et des nouveaux sujets. La première chose c'est que la gauche à Paris a produit depuis 2001 130 000 logements sociaux. C'est quasiment un effort unique au monde en si peu de temps et chaque opportunité y a été consacrée en matière d'aménagement, etc. 130 000 logements, on a doublé le taux SRU pour atteindre les 25%.

On a essayé, c'est un vrai défi, de rééquilibrer. Enfin c'est très compliqué parce qu'il y a des endroits très denses où il n'y a pas de réserve foncière. Il y en a et principalement les réserves foncières sont situées dans la zone du périphérique, dans la zone des maréchaux. Et donc on a créé des logements dans ces zones-là qui sont des endroits qui comptent déjà beaucoup de logements sociaux. On prenait le 13e, le 19e, on est à près de 50% de logements sociaux. Cet effort aujourd'hui, il permet à 700 000 Parisiens d'habiter à Paris et pour l'immense majorité d'entre eux, ils ne pourraient pas continuer à le faire.

Donc ça, l'outil du logement social, il est essentiel et il est très protecteur parce que c'est un moyen juridique de sortir une partie du stock de logement de la logique de marché. C'est une logique régulée par des lois, par l'État, parce qu'on applique en l'occurrence des lois. Mais il faut aller beaucoup plus loin et là, on s'est beaucoup battu ces dernières années. On s'est beaucoup battu avec l'ensemble de la majorité, avec Daniel Simonnet à l'Assemblée, Yann Brossat au Sénat. Pourquoi ? Pour tout simplement que les villes disposent d'outils sur le plan juridique pour mieux réguler le marché du logement. Parce qu'à côté du logement social, en réalité, le marché, il n'est pas régulé.

Mais historiquement, il n'était pas régulé. Ça a conduit à ce que vous évoquez, c'est-à-dire des comportements spéculatifs qui vont là où c'est le plus rentable. Et à cet égard, à Paris, parce que c'est une ville extrêmement attractive sur le plan touristique slash économique, eh bien, c'est du meublé touristique, c'est une dérive tertiaire vers des bureaux, etc. Et on s'est battu pendant dix ans pour obtenir de nouveaux outils pour mieux réguler cela, que nous avons retranscrits dans le plan local d'urbanisme bioclimatique qui a été voté il y a un an maintenant. Et nous disposons d'outils beaucoup plus ambitieux. Et c'est vraiment l'originalité de notre programme logement.

C'est qu'à côté du levier logement social que nous allons continuer à développer, on a un objectif de 30 000 logements sociaux, nous devons maintenant renforcer la régulation. C'est lutter d'abord contre la vacance des logements. Vous avez évoqué le chiffre de moins 180 000 stocks disponibles. Ça arrive à un total de 1 sur 5. Il y a 1,4 million de logements à Paris. Il y en a 300 000 qui sont vacants. C'est-à-dire qu'ils sont soit des meublés touristiques, soit des résidences secondaires, soit tout simplement vides parce qu'il y a des gens tellement riches qu'ils n'ont pas à se préoccuper en fait de savoir s'il y a des gens dedans. Ce qui les intéresse, c'est plutôt un produit d'épargne.

Et puis l'augmentation des valeurs immobilières fait que ça a de l'attrait. Et donc tout notre programme, son originalité, c'est qu'à côté de la création de logements sociaux, on va venir puissamment réguler le logement, le marché privé.

5:08
Présentateur

Laurent, dans le programme de la gauche unie à Paris, il y a une promesse de 60 000 logements, si je ne me trompe pas. Mais vous précisez également dans ce même programme, sans augmenter la dette de la ville, comment on fait pour faire des dépenses de cette envergure sans augmenter la dette ?

5:24
Emmanuel Grégoire

Alors il y a un vrai défi pour ce qui est de la ville de Paris. D'abord, il y a une responsabilité, c'est que quand on fait campagne sur les marchés, en porte à porte, la première revendication, la première demande, c'est le logement. On est tous concernés, toutes et toutes concernées. Quand on vit à Paris, on a toujours l'impression d'avoir cette épée de Damoclès au-dessus de la tête, le propriétaire qui vous donne congé, et puis on est obligé de passer de l'autre côté du périph. Et ça, la ville de Paris et la gauche unie ont une responsabilité de répondre à ce besoin urgent des Parisiens. Alors évidemment, ça demande de mettre des moyens.

Aujourd'hui, la ville de Paris consacre autour de 800 millions d'euros pour le logement. Un peu plus, il y a quelques années, c'était autour de 400-450 millions. Donc il y a une volonté affirmée de la ville de Paris de mettre des moyens, c'est beaucoup plus aujourd'hui que ne le fait l'État, par exemple, nationalement. Ce qui montre l'ambition, il faut faire évidemment encore plus. Et pour ça, il faudra évidemment réfléchir à toutes les marges de manœuvre budgétaire qui pourront être dégagées.

Parce que les Parisiens et les Parisiennes regarderont les promesses qu'on leur aura faites et sauront nous rappeler ce qu'on leur aura promis quand on sera en responsabilité, nous l'espérons, parce que nous aurons gagné et que nous devrons assumer des promesses qui seront faites. C'est-à-dire 30 000 logements sociaux, 30 000 plus 30 000 logements publics en tout. Donc ça fait 60 000 avec 40 % de logements comme objectif en tout, ce qui est quand même ambitieux pour une ville comme Paris.

7:15
Présentateur

Comment on fait du coup ? On flèche les dépenses ou on augmente les recettes ?

7:20
Invité politique

Alors, il faut faire les deux. Il faut rappeler quelques règles parce qu'elles sont importantes dans le débat public. Vous avez observé que nos adversaires, ils expliquent que la ville de Paris est en faillite. Les mots ne sont jamais assez durs. C'est totalement faux pour une raison légale, d'abord. C'est qu'une collectivité, elle a des obligations sur le plan financier. La première, c'est que c'est interdit de faire du déficit. C'est interdit. La deuxième chose, c'est que chaque euro de dette ne peut être consacré qu'à de l'investissement, principe que ne s'applique pas l'État. L'État, il utilise de la dette pour financer son fonctionnement.

Et la troisième, c'est là la plus importante sur la trajectoire budgétaire, c'est qu'on est même obligé d'avoir des excédents budgétaires qui couvrent le remboursement de la dette. Bref, la loi oblige les collectivités à avoir une structure financière assez saine. Et quand on entend la droite, Rachida Dati, qui par ailleurs sort d'un gouvernement qui a ruiné le pays, et ruiné le pays selon un mécanisme assez simple, c'est en baissant ses recettes. Et on le connaît, c'est le prix des réformes fiscales qui ont permis aux plus riches de le devenir plus encore. Eh bien, nous avons la capacité d'investir à travers des excédents budgétaires. Donc, c'est à la fois savoir dégager des économies.

Des économies, c'est le train de vie de l'hôtel de ville. J'ai pris des engagements forts en la matière. C'est des économies sur l'énergie. C'est partout où c'est possible, essayer d'être le plus efficace possible. C'est aussi augmenter un peu les recettes. On a notamment un gros travail à faire sur la redevance d'occupation du domaine public. C'est un sujet sur lequel, on le sait, on peut sans doute mettre plus la contribution des gens qui utilisent Paris par son image et par ses monuments, son histoire, etc. Pour valoriser des marques, eh bien, on peut en tirer des revenus supplémentaires.

Et ça, ça nous permet de dégager des sommes, des excédents budgétaires qui seront consacrés à des politiques sociales. La droite, quand elle fait le procès de la dette, elle fait le procès, en réalité, de politiques de gauche qui utilisent le levier de la dette pour faire des politiques d'investissement redistributif. Ces investissements, ils vont massivement dans les quartiers populaires. Ils vont très massivement dans le logement. Et ça, c'est ça de la valeur. Moi, c'est toujours deux chiffres. La dette de Paris, sous les demandes d'Anna Hidalgo, on va simplifier, elle a augmenté de 5 milliards d'euros, à peu près. Les gens disent c'est beaucoup. Mais en fait, on n'en sait rien. Ça dépend.

5 milliards, c'est beaucoup. Si on ne peut pas le rembourser, ce n'est pas beaucoup. Si on peut le rembourser, ce n'est pas. Pareil, de comparer la situation sur un niveau de dette, sur un ménage, quand il a des très hauts revenus et quand il a des faibles revenus. En même temps qu'on a augmenté la dette de 5 milliards d'euros, la valeur des actifs, c'est-à-dire la propriété collective de la ville de Paris, s'est passée de 24 à 47 milliards d'euros. Sur un principe simple, c'est que comme la dette, elle sert à de l'investissement, nous achetons principalement de l'immobilier. Alors, c'est des crèches, c'est des bibliothèques, ce n'est pas des outils spéculatifs.

Mais ça a de la valeur, c'est de la valeur collective. Et en réalité, parce que nous avons emprunté à des taux très bas, il était beaucoup plus intelligent de le faire par le levier de la dette. Il y avait le choix. C'était soit faire des économies drastiques sur des segments du service public pour financer les investissements, soit baisser drastiquement les investissements.

Or, quand moi, je discute avec d'autres grandes villes dans le monde qui ont les mêmes problèmes et les mêmes objectifs, je pense à l'exemple de New York ou de Londres, ils ont pris tellement de retard qu'aujourd'hui, ils sont face à des prix de l'immobilier beaucoup plus élevés qu'à Paris, qui rend quasiment impossible ou extrêmement onéreux le fait de réinjecter de la puissance publique, notamment sur le sujet du logement. Heureusement que la gauche l'a fait depuis 2001 et qu'on part avec un acquis assez sérieux d'avoir atteint, qui était l'objectif qu'on s'était fixé collectivement, les 25% de logements sociaux.

Mais on va continuer à le faire parce que le reste, c'est de la poudre de perlimpinpin. Quand on veut pouvoir loger ceux qui font fonctionner cette ville, c'est-à-dire dans la mixité des métiers qui sont ceux d'une ville comme Paris, c'est les fonctionnaires de catégorie C, c'est tous les salariés à faible revenu, il n'existe pas de monde qui leur permet d'accéder au marché privé. Ce n'est pas vrai, ce n'est plus vrai et ça ne le sera plus parce que les prix de l'immobilier reculent rarement. Et quand ils reculent, c'est généralement sous l'effet de crise économique dont les effets sont beaucoup plus graves que le maigre bénéfice sur le logement qu'on en obtient.

Donc nous, on est déterminés à protéger la mixité sociale, la diversité sociale de Paris. C'est, je le crois, un enjeu philosophique et politique parce que nous sommes la gauche, mais c'est aussi un enjeu sur le sujet de l'attractivité économique parce que plus vous éloignez les lieux d'habitation des bassins d'emploi, plus vous créez des grands déséquilibres qui mettent en tension la capacité à recruter, à fidéliser. Et donc, nous, cette politique de protection. Paris, c'est Manhattan. Quand on compare à peu près à ce qu'on dit Paris, New York, Paris, c'est Manhattan. Qu'on ait réussi, la gauche, à protéger Paris de la voracité du marché est, je le dis, exceptionnel au plan mondial.

Par contre, aujourd'hui, on voit que le combat n'est pas fini, qu'il s'intensifie parce que la financiarisation du marché du logement, la financiarisation et l'attractivité de Paris fait que c'est un ennemi permanent qu'il faut réguler. Et il faut pour ça et des outils législatifs, des outils juridiques, mais aussi de l'argent public parce que c'est comme ça qu'on arrive à réguler et pas autrement.

12:25
Présentateur

Nous, ça fait plusieurs années qu'on documente la crise du logement aux médias. Par exemple, tous les soirs, il y a l'association Utopia 56 qui palie le rôle de l'État et tente de trouver des solutions pour les sans-abri et exilés à la rue. Les mineurs isolés ne sont pas en restant de ce phénomène. Ils avaient manifesté en août dernier. J'aimerais vous montrer un extrait du reportage qu'on avait fait.

12:43
Invité

Nos enfants qui sont en danger, on pourrait être très stressés, violés et nous sommes encore les jeunes. Alors nous voulons un logement, nous voulons un logement, que le préfet fasse quelque chose pour nous. Je suis encore jeune, donc je ne peux pas perdre ma vie dans des dépressions. Pour un jeune comme moi, ce n'est pas vraiment facile. Donc nous voulons vraiment un logement. Regardez ces enfants, regardez tous ces enfants qui sont, qui tombent par terre. Ce n'est pas facile. Et je ne peux pas continuer de dormir à la rue comme ça. Être violés pour un jeune comme moi, ce n'est pas facile. Donc nous voulons vraiment un logement et pour nos enfants aussi. Et c'est très important.

C'est ce que nous vous demandons. Dans quelques mois, dans quelques semaines, c'est les rentrées. Et on ne peut pas rester chaque jour d'être ici à 18h pour aller dormir à 21h. Et le lendemain pour réveiller à 8h pour aller à l'école. Vous avez quel âge, vous ? Moi, j'ai 14 ans. Donc là, vous avez 14 ans. Vous allez à l'école. Et le soir, vous devez venir tous les soirs à Hôtel de Ville pour savoir si vous aurez un logement ou pas pour la nuit. Oui, oui. Et c'est déjà arrivé que vous n'en ayez pas et vous deviez dormir dans la rue ? Bien sûr, on est resté 2 à 3 jours d'ailleurs à la gare. Si tu arrives rétard, tu n'as pas de place. Si tu arrives rétard, il n'y a pas de place.

On est ici, on dort d'ailleurs. On dort d'ailleurs. S'il fait froid, il fait chaud, il plaît ou non, on dort d'ailleurs. Ah, madame, c'est difficile. C'est difficile. C'est difficile, c'est fatigué. Tout le monde demande comment vous faites. Madame, c'est difficile. On est fatigué. On est fatigué. Nous sommes des filles.

14:24
Présentateur

Les logements d'urgence du 115 sont pleins, on l'a vu. Le nombre de sans-abri, d'exilés et de mineurs à la russe multiplient. Là, on a un problème qui est concret devant nous, qu'on vient de voir. Est-ce que vous avez une solution concrète à apporter ?

14:37
Invité politique

Oui, on en a une et c'est d'ailleurs un engagement fort de cette campagne. C'est, je crois, d'ailleurs bien identifié dans le reportage. C'est une compétence de l'État, l'hébergement d'urgence, à l'exception des femmes isolées avec enfants de moins de 3 ans, où là, c'est une compétence des départements. La ville est un département. D'abord, dire que la ville, elle fait beaucoup plus que ce qu'elle devrait au regard du droit, puisqu'on était monté jusqu'à 2000 prises en charge dans des conditions qui ne sont pas parfaites, puisque c'est principalement l'hébergement de grandes capacités dans des gymnases, mais parce qu'on est confronté à ça toujours.

D'abord, dire que là, ils sont devant l'hôtel de ville. J'ai beaucoup d'admiration pour Utopia 56, qu'une association que je connais bien. Ce sont des gens très engagés et ils passent un temps de dingue à accompagner les personnes en difficulté. D'abord, il y a deux sujets. La saturation du 115, mais ce n'est pas le seul problème, parce qu'il y a aussi des gens qui ne sont même pas éligibles au 115. Je pense en particulier à la situation de ce qu'on appelle les jeunes en recours de reconnaissance de minorité. Ils sont quelques centaines à Paris, dans un secteur qui est plutôt localisé désormais, Quai de Seine, Cité des Arts, Bourdon et Henri IV.

Il y a des profils qui sont éligibles au 115, mais le 115 n'a pas assez de place. Donc, il y a un problème de dimensionnement. Il y a ceux qui ne sont pas éligibles et que l'État ne veut pas prendre en charge. Les jeunes en recours, mais je pourrais citer aussi le cas des primo-arrivants, qui sont principalement concentrés sur l'axe entre Colonel Fabien et Barbès Rochechoir, quasiment par segment de nationalité, qui sont pour beaucoup d'entre eux des gens qui ont passé plusieurs mois, parfois plusieurs années d'exil pour arriver quelque part en Europe, parce qu'ils ne viennent pas forcément à Paris. Certains veulent venir en France, d'autres veulent aller en Angleterre, etc.

On a pris un engagement qui est très fort, qui est de créer un plan d'urgence complémentaire de celui de l'État, dimensionné à 4000 places dans la mandature. On ne peut pas faire ça d'un coup de baguette magique. Avec un engagement précis, zéro enfant à la rue à partir de l'hiver 2026. Ça va demander des moyens très importants. On a choisi de le faire pour deux raisons. La première, c'est qu'on ne peut pas s'exonérer moralement de cette situation sous le prétexte que ce n'est pas notre compétence légale, parce qu'ils sont sous nos fenêtres. Et la raison pour laquelle Utopia 56 vient chez nous, la ville, c'est parce que d'abord, nous, on ne fait pas appel à la police pour les virer.

Et deuxièmement, on ne fait pas d'expulsion, de libération de bâtiments occupés sans plan de mise à l'abri. Est-ce que vous dénoncez aussi quand la police les vire ? Oui, oui, parce que nous, on a une doctrine. Le préfet de région la connaît parfaitement. Le préfet de police aussi. Et d'ailleurs, c'est plutôt quand le gouvernement s'en mêle que c'est compliqué. Pas d'expulsion sans plan de mise à l'abri, qui ne sont pas parfaits, etc. Mais en tout cas, on n'expulse pas. Nous, on ne demande pas l'expulsion, la réquisition de la force publique. Et les associations le savent. Et je redis notre gratitude et notre admiration. Mais on a besoin de compléter l'offre. Il faut plus de place.

Et avec Daniel Simonnet, notamment, notre collègue de l'après, j'ai porté une proposition de loi qu'on a réussi à faire adopter en première lecture, que de changer ce statut des jeunes en recours. C'est-à-dire qu'il faut comprendre, ce sont des jeunes qui arrivent, qui disent qu'ils sont mineurs, qui n'ont pas forcément les papiers pour le démontrer. Parfois, ils ne savent même pas trop s'ils le sont. Il y a toujours des doutes, etc. Mais quand il y a une non reconnaissance de minorité, ils sont des statuts de nini. C'est-à-dire ni mineurs, ni, en fait, éligibles à l'hébergement de droits communs.

Et donc, j'ai fait une proposition de loi qui a été votée en première lecture, qui fait bénéficier de la présomption de minorité, ces jeunes, de façon à ce qu'on puisse les prendre en charge. Et comme je essaie de mettre en cohérence ce que je dis et ce que je fais, quand je serai maire, nous mettrons à l'abri ces jeunes. Ça supposera évidemment de développer de grandes capacités d'accueil. Laurent, tu voulais réagir.

18:18
Emmanuel Grégoire

Oui, sur ce, je voulais quand même saluer tous ces collectifs qui sont en soutien et qui portent ces revendications. Parce qu'en réalité, on parle aujourd'hui des mineurs isolés parce qu'il y a eu notamment la création du collectif des jeunes du parc de Belleville qui a mené des bagarres et qui continue à mener des bagarres et qui a visibilisé ces jeunes qui étaient souvent invisibles. J'étais souvent à leur côté. Je fais partie de ces élus qui ne portent pas l'écharpe uniquement pour faire des inaugurations. Je la porte aussi en soutien aux luttes et j'étais souvent devant l'hôtel de ville.

18:53
Présentateur

Vous avez occupé la gaieté l'irique aussi.

18:54
Emmanuel Grégoire

Oui, j'étais à la gaieté l'irique. J'ai pris quelques petits coups des policiers et j'ai vu cette violence qui s'abat sur ces jeunes. Et aujourd'hui, le défi devant lequel se retrouve la ville, c'est de répondre face à l'inaction de l'État parce qu'en réalité, l'État laisse ces jeunes à l'abandon. Il n'y a pas de prise en charge souvent au niveau scolarité. Au niveau transport, il n'y a rien. Donc ça, c'est la région. Et la responsabilité de la ville, évidemment, c'est de dénoncer l'inaction de l'État. Mais c'est aussi d'agir quand l'État ne fait pas. Et j'ai vu les choses évoluer durant cette mandature où j'ai souvent parlé au sein de l'hémicycle pour défendre ces collectifs.

Et je vois aujourd'hui, et j'en suis ravi, qu'il y a des engagements qui sont pris sur les 4000 places d'hébergement d'urgence, sur le fait qu'on ne veut aucun enfant à la rue. Ça veut dire que la ville sera comptable de ça. Et nous, évidemment, à l'après, avec Daniel Simonnet, nous serons vigilants. Nous sommes des partenaires vigilants, tu le sais. Vigilants et exigeants. Et on l'était avant. On n'était d'ailleurs pas dans la majorité. Et on l'est aujourd'hui dans le programme. Et on le sera demain, quand on l'espère, la gauche unie gagnera. Et il y a effectivement les mineurs isolés. Mais il y a toutes ces familles qui se retrouvent à la rue.

Nombre de fois, on était aux côtés du Topia 56 et des familles, devant la mairie du 20e, devant la mairie du 19e, devant la mairie du 18e, devant la mairie du 14e. Il y a une responsabilité à avoir par rapport à ça. Il y a évidemment les primo-arrivants aussi. La ville de Paris prend sa part aujourd'hui. Elle le prend davantage, notamment parce qu'elle a été un peu poussée au cul, j'ai envie de dire, par ces collectifs qui sont mobilisés et qui le seront aussi demain.

20:56
Présentateur

C'est par cette pression-là que peut-être que vous contribuez aussi à faire bouger le programme sur le logement. Mais je voulais parler aussi de la classe moyenne. On a l'impression qu'il n'y a plus grand monde qui arrive à acheter à Paris. C'est aussi le cas de la classe moyenne qui s'éloigne de plus en plus de Paris, de la petite couronne aussi qui devient très chère, qui s'éloigne aussi potentiellement de sa vie sociale, de son travail, etc. Comment on fait pour rendre l'accès à la propriété abordable ? Et est-ce que c'est dans vos objectifs ? Oui, mais c'est clairement

21:36
Invité politique

sur des modes particuliers. Pourquoi ? D'abord, la gentrification de la métropole est un phénomène historique. Historique, c'est même l'histoire de notre métropole, de son hyper-centre attractif, de son activité économique. Moi, je ne suis pas parisien, je suis né en Seine-Saint-Denis, pas très loin d'ici, comme on dit, dont on est là maintenant. Et cette histoire, je la connais bien, y compris qui s'est accélérée dans les années 50, 60, dans les grands programmes de construction de logements périurbains, là où le foncier était moins cher. Paris, ce n'est pas une ville de propriétaires depuis longtemps. 70% des gens sont locataires.

C'est une atypie de Paris par rapport à plein d'autres endroits de France, même par rapport à certaines grandes villes. C'est une ville qui, depuis longtemps, du fait de ses prix de l'immobilier, est une ville principalement de locataires. Donc quand même, notre combat premier, c'est celui du logement social, de la régulation du marché, du marché locatif. Dans l'accession à la propriété, évidemment, il y a à Paris des gens qui réussissent très bien leur vie, qui gagnent, mais même à Paris, quand vous êtes dans les deux déciles les mieux rémunérés, si vous n'avez pas un pécule d'héritage ou que ce soit ou donation, etc., on ne peut plus accéder à la propriété. C'est devenu tellement cher.

Donc là, on a un outil qui marche très bien, sur lequel on a beaucoup de demandes, qui est ce qu'on appelle le bail réel solidaire. Le BRS, c'est de l'accession à la propriété à moitié prix de marché. Le prix du mètre carré à Paris, c'est 10 000 euros. Le BRS, c'est de l'accession à la propriété à 5 000. Comment on arrive à monter ça ? On fait des modèles un peu complexes où on va acheter sur une très très longue durée et la personne qui va acheter va acheter un droit d'usage sur l'appartement et quand il va le revendre, il y a des mécanismes antispéculatifs dans lesquels la puissance publique récupère sa part d'intéressement.

C'est le seul moyen aujourd'hui, si on dit les choses, pour des classes moyennes d'accéder à la propriété. Alors, ce n'est pas un outil spéculatif parce qu'on ne peut pas faire des culbutes immobilières, pardon d'utiliser le mot, sur ce type de choses. Mais ça permet à des gens qui ont mis de l'argent un peu de côté, qui ont un peu d'épad, d'acheter un appartement et d'en avoir l'usage toute leur vie sans avoir à débourser 10 000 euros du mètre carré avec des prix qui sont très variables à Paris en fonction des quartiers.

Mais même dans les quartiers populaires aujourd'hui, sauf les biens vraiment abîmés, vous arrivez sur des appartements qui sont à 7 000, 8 000 euros du mètre carré en prix d'entrée, ce qui est déjà extrêmement cher. Donc, l'accès à la propriété, d'abord, redire que la cohérence des politiques de logement ne peut pas se construire uniquement à l'intérieur de Paris. On a besoin de les réfléchir et de les discuter à l'échelle du Grand Paris dans une ville notamment Paris qui est déjà extrêmement dense par rapport aux villes de la Première et de la Deuxième Couronne. Et deuxièmement, on a besoin d'utiliser tous les leviers d'action.

C'est la régulation du marché locatif et ce qu'on appelle l'accession sociale à la propriété.

24:28
Présentateur

Est-ce qu'il n'y a pas aussi une question de s'attaquer à la concentration des logements par une petite main de propriétaire ? Ça, ça ne concerne pas que Paris, mais c'est un vrai problème en France. C'est plus grave encore à Paris. Sur le Grand Paris, je pense que tu avais une question

24:42
Invité politique

sur l'hyperconcentration, on partage totalement votre avis. Vous avez 60% des logements qui sont possédés par des gens qui possèdent plus de 5 biens. Donc, on a une hyperconcentration capitalistique du logement. C'est vraiment sa financiarisation. Nous, on a plein d'idées. On porte loin de demande, mais c'est du législatif. Ce n'est pas la main des maires. On est dans le plaidoyer et je conseille à la gauche de gagner les élections nationales un jour si on veut toucher fondamentalement à ces rapports de force. En attendant, ce qu'on fait, nous, c'est utiliser le cadre légal, négocier pour essayer d'obtenir des avancées législatives pour freiner les mécanismes spéculatifs.

C'est la question de la fiscalité des logements vides. On a maintenant obtenu une réforme de la fiscalité des logements vides pour pouvoir augmenter considérablement et les obliger à remettre les appartements sur le marché. C'est la question de la lutte contre la fraude. Les fraudes, elles sont multiples, notamment pour contourner l'encadrement des loyers. Par exemple, qu'un outil qui marche bien, ils trouvent toujours des failles qui sont souvent à la limite de la fraude, voire explicitement de la fraude. Mais c'est par exemple le recours abusif aux baux civils, aux bails civils au lieu du bail d'habitation. C'est une fraude.

Et donc, on va créer une brigade de protection du logement qui sera là pour protéger les locataires qui pourront saisir cette brigade pour les protéger contre les mécanismes qu'on connaît bien, les fraudes aux bails, la question des ventes à la découpe frauduleuse et du non-respect des locataires, des faux congés pour vente. C'est vous faites croire que vous allez récupérer l'appartement pour votre usage propre qui est un motif qui permet de résilier un bail d'habitation. Et en fait, vous vous rendez compte quelques mois après, c'était juste pour virer le locataire et pouvoir vendre le bien vite parce que ça se vend beaucoup plus cher vite.

Bref, on a toute une armada d'outils complémentaires et nous allons intensifier les contrôles et les sanctions.

26:26
Emmanuel Grégoire

Je voulais rajouter une chose parce que sur cette question d'accession à la propriété, donc c'est effectivement un bail réel solidaire, c'est un outil intéressant et c'est très bien que la ville le permette. Après, moi, je fais partie de ces gens, je ne sais pas si je suis classe moyenne ou pas, mais qui, de toute façon, pour moi, l'accession à la propriété, ce n'est même pas une hypothèse. Donc moi, c'est la location et la location, la question de l'encadrement des loyers, la question du rôle et de la brigade de protection du logement est absolument indispensable. Il y a deux ans, je cherchais un logement dans le privé.

Quand je faisais la queue dans l'escalier, je regardais un peu les autres en disant est-ce que moi, j'ai ma chance ou pas. Ça, c'est le destin de beaucoup de Parisiennes et de Parisiens aujourd'hui. Et oui, donc, il y a une autre question qu'il ne faut pas oublier, c'est la question de la discrimination parce que je voyais que je n'avais pas forcément la tête du logement comme parfois je n'ai pas la tête de l'emploi non plus ou parfois quand j'étais plus jeune face à la police, je n'ai pas non plus la tête de la France, certains pourraient dire. Donc il y a aussi cette question-là et sur ça, la ville effectivement va mettre en place un certain nombre d'outils.

Notamment, il faut que cette brigade elle intègre les questions de discrimination parce que nous sommes un certain nombre à savoir ce que c'est de chercher un logement et de se dire est-ce que vraiment mon nom ou ma couleur de peau ou ma religion supposée ne sera pas un obstacle de plus en plus de je n'ai pas le bon mes parents ne sont pas assez riches voilà je n'ai pas mon salaire ne le permet pas enfin voilà on connaît toutes ces questions-là ça c'est des questions très concrètes c'est ça que les gens sur les marchés c'est sur ça qu'ils nous interpellent c'est sur ça qu'on a le plus de demandes aujourd'hui et de gens qui s'inquiètent parce qu'ils disent moi j'aime Paris j'aimerais bien continuer à vivre à Paris mais je crois que Paris ne veut pas le moins donc comment faire en sorte justement pour rendre Paris à ses habitants

28:19
Présentateur

c'est des outils pour un peu désempouvoirer les propriétaires et du rapport de français c'est exactement ça on ne sait pas faire plaisir à la droite je te laisse la parole à Mim oui on a parlé assez longuement j'espère en tout cas de votre programme sur le logement cette émission est tournée quelques jours avant le premier tour elle sort la veille du premier tour des élections municipales on voulait évidemment vous poser la question sur la stratégie adoptée par la liste de la gauche unie pour les municipales c'est sur le fond là sur notre discussion on a étudié vos propositions on a étudié celle de Sophia Shikigu qui était venue sur le plateau du Média il y a deux semaines on a l'impression qu'il n'y a pas une grosse différence entre vos programmes

29:09
Invité politique

heureusement d'ailleurs heureusement que dans les confrontations idéologiques il y a des nuances mais que les grandes différences et moi je ne confonds pas les concurrents et les adversaires dans cette élection nous n'avons qu'une seule adversaire c'est Rachida Dati parce qu'aujourd'hui les conditions sont ainsi faites que ce sera notre union qui l'emportera ou Rachida Dati allié arithmétiquement sans doute allié avec Sarah Knafo et donc nous on est évidemment on a fait une large union avec Laurent il l'a rappelé tout à l'heure pendant des années avec Daniel avant Laurent on n'a pas été ensemble on en était ensemble il y a longtemps et on a fait le choix au delà de nos nuances et de nos différences on ne sera pas d'accord sur tout mais enfin il s'agit de protéger Paris contre une menace existentielle celle de l'alliance de la droite extrême et de l'extrême droite et que cet enjeu il justifie quand même de mettre à plat les nuances pour se concentrer sur l'essentiel avec Sofia Shikiru ce n'est pas possible parce que la discussion s'est très mal engagée elle a commencé sa campagne en expliquant qu'il ne fallait plus qu'il y ait de maire socialiste à Paris et je comprends que je concentre à peu près l'essentiel du courroux de ses expressions médiatiques à tel point que j'ai fini par penser que j'étais son adversaire plutôt que l'extrême droite ou Rachida Dati et moi j'ai passé ma campagne dans les sollicitations des journalistes alors alliance pas alliance on essaie de dépasser ça et de dire c'est un enjeu municipal c'est un projet pour les municipales et dans lequel on essaie de se refuser à ce qu'il y ait un parasitage sur les enjeux présidentiels nationaux qui sont évidemment très lourds et aucun d'entre nous n'y est indifférent puisqu'on est tous des militants politiques mais simplement dans l'ordre des choses à Paris on doit protéger cette ville des menaces et la principale des menaces c'est celle elle est de deux ordres elle rejoint le sujet du logement c'est de laisser le marché faire ce qu'il veut et avec les effets de ségrégation et d'éviction que ça va provoquer partout et le deuxième il est plus lourd pour notre pays comme pour notre ville c'est évidemment l'imprégnation des idées de l'extrême droite dans ce qu'on appelait historiquement la droite républicaine qui a montré des fragilités morales et politiques majeures dans ces derniers mois et je le crains peut-être plus encore à Paris qu'à d'autres endroits et donc à cet égard nous on est concentré sur l'objectif que notre union qui est le vote efficace pour battre Rachida Dati soit le plus haut possible au premier tour et nous donne suffisamment de force pour aborder le second tour et après c'est la magie de la démocratie

31:49
Présentateur

justement pour le second tour s'il faut faire front contre Rachida Dati contre cette menace dont vous parlez vous faites front avec Bournazel Macroniste ou avec Chiquirou et Lévi

31:59
Invité politique

moi je l'ai dit clairement et vraiment je peux le redire ni l'un ni l'autre pourquoi ? parce qu'avec Sophia Chiquirou c'est impossible parce que fondamentalement elle ne le souhaite pas Jean-Luc Mélenchon ne le souhaite pas ils ont passé le meeting à me cogner dessus

32:11
Présentateur

est-ce que dans leur dernier meeting ils appellent à une fusion technique mais pardon

32:16
Invité politique

ça n'existe pas les fusions techniques ça n'a pas de sens puisque le principe d'une fusion technique c'est pour obtenir une majorité politique une fusion technique n'a de chance ou n'a d'intérêt que si elle donne une majorité politique donc ça veut dire faire un accord politique c'est un argument qui n'a aucun sens sur le plan politique et juridique et pardonnez-moi mais on ne peut pas appeler à un accord technique tout en insultant la force et deuxième chose il y a quelques différences de fond et avec Laurent on n'aura pas forcément exactement le même avis surtout sur ce point mais le deuxième c'est la question de l'écologie l'écologie elle est au coeur de notre modèle de notre projet municipal y compris pour protéger d'abord les classes populaires les protéger contre la pollution parce que c'est les classes populaires qui meurent le plus de la pollution deuxième chose on le voit dans l'instabilité géopolitique mondiale nous devons sortir nos économies de la dépendance aux énergies fossiles et tout ce que nous faisons à Paris en ce sens qui privilégie les vélos les transports en commun et la marche à pied plutôt que les voitures avec du pétrole dedans et du pétrole on n'en a pas donc on est toujours soumis le choc de pouvoir d'achat que va entraîner la crise internationale dans laquelle on est on le connait c'est d'abord ça se voit sur les prix à la pompe et deuxièmement ça se verra sur les factures de gaz or nous le gaz on consomme moins d'essence que d'autres endroits dans le monde en France et à Paris mais du gaz on en a encore beaucoup besoin pour chauffer les appartements et ceux qui vont se prendre la facture dans un mois dans deux mois dans trois mois ce sont évidemment ceux dont le pouvoir d'achat est le plus serré et donc les classes populaires qui vont ressentir douloureusement ce choc là et donc on a des visions qui sont différentes permettez-moi de nous concentrer sur l'objectif de premier tour donnez-nous de la force faites ce que vous voulez au national il y a d'autres enjeux il y aura d'autres élections des présidentielles des législatives tout ça mais à Paris à Paris donnez-nous de la force pour protéger et nous avons réussi à réunir une union dans lequel il y a les socialistes les communistes les écologistes l'après place publique c'est des nuances de gauche mais ce sont exactement ce qui fait la force de la gauche quand elle veut protéger l'essentiel et en l'occurrence l'essentiel est menacé

34:24
Présentateur

le rouge vous voit sourire depuis tout à l'heure est-ce que vous voulez réagir sur cette question parce qu'on rappelle que vous avez été lui aussi aux côtés de la France insoumise aux dernières élections

34:32
Emmanuel Grégoire

j'étais même à la France insoumise figurez-vous non mais moi dans ce débat je parle je vais partir des gens c'est-à-dire il y a deux jours j'ai en tête cette personne qui est dans une cité du 20ème qui me raconte ses difficultés qui se retrouvait déjà le 8 du mois à découvert qui se demandait comment elle allait pouvoir remplir le frigo payer les charges et la crainte que ces gens-là ont c'est qu'est-ce qu'ils vont devenir si Dati prend la ville et c'est pour ça que moi je ne me trompe pas d'adversaire c'est-à-dire je n'ai pas d'adversaire à gauche j'en ai jamais eu et je pense qu'il faudrait parfois que Sophia Chikero se rappelle qu'on a un adversaire en commun cet adversaire contre lequel on manifeste souvent dans la rue avec les militants de la France insoumise et cet adversaire c'est Rachida Dati qui a déjà sur ses listes des colistiers comme Max Wazini qui compare les musulmans à des chiens et qui n'exclut pas parce que bon elle bégaye quand on lui parle de Sarah Knafo mais en tout cas côté Sarah Knafo c'est très clair qu'elle veut se débarrasser de la gauche à Paris qu'elle veut s'allier avec Mme Dati et là Mme Dati à Paris c'est la tronçonneuse de Javier Milei contre les services publics parisiens c'est la vente des logements sociaux c'est pas simplement zéro logement social en plus c'est la vente des logements sociaux c'est l'eau et le pain sec pour les associations parisiennes c'est ça concrètement qui va se passer à Paris si Rachida Dati se retrouve maire de Paris et c'est pour ça qu'aujourd'hui moi j'ai une obsession c'est de faire en sorte que la liste de la gauche unie se retrouve le plus haut possible au soir du premier tour pour que cette dynamique la porte vers la victoire au soir du deuxième tour c'est comme ça que je vois les choses et pas par des calculs politiciens j'ai aucun compte à régler avec personne moi ce que je veux justement c'est améliorer la vie des gens et je pense que pour ça dans les conditions dans lesquelles on est aujourd'hui ça passe par la victoire de la liste de la gauche unie avec Emmanuel Grégoire qui est à ma gauche cette fois-ci en toute chose non pas en toute chose pardon

36:47
Présentateur

vous avez dénoncé tout à l'heure la présidentialisation et le parasitage par la présidentielle des débats pour les élections à Paris c'est souvent le cas Anne Hidalgo était candidate aux présidentielles Jacques Chirac a été maire de Paris pendant longtemps mais il y a aussi quelque chose qu'on a vu historiquement avec la gauche c'est disons les échanges assez violents les insultes les désaccords assumés et consommés sur la place publique et ensuite on se met autour d'une table et on discute et on fait le NFP de nulle part c'était assez inattendu à l'époque aussi du nouveau front populaire est-ce que s'il y a un discours de premier tour et un discours de second tour les deux côtés

37:30
Invité politique

moi j'essaie quand même de cohérent dans ma vie entre ce que je dis et ce que je fais donc on a dit des choses et ça a été réciproque etc et entre guillemets ne perdons pas de temps là-dessus vous avez raison la gauche elle est partagée d'abord par des sensibilités idéologiques de culture de gouvernement différentes et c'est à dire vrai aussi vieux que le monde ou aussi vieux que la gauche et cette tension là parfois elle est rédhibitoire et elle est très destructrice sur la capacité de la gauche à transformer la société et des fois il y a des moments de synthèse historique etc notamment une synthèse que vous vous rappelez sur le NFP quel a été l'élément déclencheur de cette dynamique qui permet de se remonter d'autres choses la menace de l'extrême droite à Paris il n'y a pas de menace de l'extrême droite

38:15
Présentateur

ah bah Knafo

38:15
Invité politique

est très loin du second tour maintenant elle va être au second tour probablement mais elle n'est pas en capacité d'être maire de Paris c'est différent et d'ailleurs vraiment je veux encore retenir cette différence parce qu'on dit oui Paris c'est un territoire d'expérimentation de la gauche enfin la sociologie électorale de Paris n'a rien à voir avec la sociologie électorale du pays profond et ce serait une erreur grave sur le plan de l'analyse politique de penser qu'on peut calquer les situations entre les grandes villes et la France dans sa grande diversité et aujourd'hui dans ses grandes fractures politiques donc aujourd'hui on a une adversaire c'est Rachida Dati la question c'est Rachida Dati ce sont ses complaisances ses compromissions avec l'extrême droite et d'ailleurs c'est pas nouveau de la part d'une partie de la droite ça fait déjà très très longtemps qu'il y a parfois des zones de troublés plus l'extrême droite est forte malheureusement plus les compromissions de la droite sont permanentes et graves à tel point d'ailleurs qu'on s'inquiète est-ce que c'est réversible dans les échéances nationales mais sur le plan local moi voilà on a un message collectivement qui est un message d'efficacité en ne nous trompant pas d'échéances moi je me belle pas de la présidentielle c'est pas mon sujet comme citoyen je m'y intéresserais le temps venu mais aujourd'hui on est concentré sur l'échéance municipale et je pense que toutes les voix qui nous manqueront au soir du premier tour maximiseront les chances de Rachida Dati d'être élu maire de Paris et donc je le dis avec d'abord respect et nuance de la diversité de la gauche qui s'apprête à voter pour nous parce que cette gauche parisienne elle a une histoire complexe riche s'il y a bien un territoire qui est riche des complexités de la gauche c'est Paris c'est une ville du mouvement social de l'engagement d'une radicalité qui est aussi au coeur du modèle parisien et de sa capacité à bousculer les choses et à faire avancer les choses et donc on veut être les porteurs ou les garants de cela ça veut pas dire qu'on est d'accord sur tout probablement qu'on ne l'est pas encore et qu'on ne le sera pas dans l'exercice des responsabilités mais on n'oublie jamais l'essentiel et l'essentiel c'est quand même de protéger les plus vulnérables c'est de lutter contre les discriminations c'est de lutter contre le racisme et de garder de Paris l'image d'une terre d'émancipation de liberté et de protection

40:25
Présentateur

Vous parliez de Paris et du Grand Paris tout à l'heure parce que vous ne pouviez pas tout faire tout seul à l'échelle parisienne on voulait revenir aussi sur vos camarades dans les villes voisines avec lesquelles vous travaillez je suppose à Saint-Denis c'est Monsieur Annotin le maire et candidat aussi à refaire un mandat qui est donc au Parti Socialiste et lui il a misé vraiment sur une politique assez sécuritaire avec la multiplication des caméras de surveillance des effectifs de police municipale multipliés par trois il y a 20 millions d'euros d'investissement dans une politique répressive lui-même dit que c'est un préalable avant tout autre développement de politique publique est-ce que vous partagez sa conception de la municipalité ?

40:58
Invité politique

D'abord je pense qu'il ne faut pas juger à l'aune de sa propre expérience je connais bien Saint-Denis je peux vous dire que ce n'est pas comme Paris il n'y a pas les mêmes difficultés il n'y a pas les mêmes enjeux sociaux il n'y a pas les mêmes besoins et moi je ne vais pas donner des leçons à qui que ce soit sur sa compréhension des attentes de sa population je veux dire quand vous regardez les sondages des sondages qualitatifs sur Enco c'est quoi les sujets de préoccupation des gens ?

à Paris c'est toujours les mêmes sécurité et propreté ça revient toujours en tête depuis 50 ans depuis la loi de 75 qui a créé à peu près la ville de Paris de droit commun comme les autres avant c'était autre chose c'est une préfecture principalement la propreté et la sécurité c'est toujours dans le top là on a vu des sujets nouveaux émerger les deux sujets qui impriment beaucoup cette élection c'est le logement c'est majeur pour les raisons qu'on a évoqué la santé aussi qui n'est pas pourtant la santé au coeur du et à Paris on a une deuxième atipie c'est que Paris c'est la capitale et qu'à cet égard la police nationale y a toujours exercé historiquement et depuis Louis XIV et la création de la lune de l'annonce de police une compétence quasi exclusive et donc à Paris on avait moins ce rôle en matière de sécurité tranquillité publique mais même à Paris on le sait dans les quartiers on a une demande c'est lié à quoi ça ?

d'abord c'est lié au désengagement de l'état c'est à dire que ceux qui viennent sur les plateaux télé expliquer qu'il faut plus de sécurité pour Paris et qu'on va voir ce qu'on va voir avec la police municipale etc sont en réalité ceux qui ont organisé la décrue de la présence de policiers nationaux dans nos villes partout avec des baisses drastiques il y a des exemples il y a des arrondissements où il y a deux fois moins de policiers nationaux par rapport à il y a 20 ans vous ne retirez pas la moitié des policiers nationaux d'un arrondissement sans que ça se voit sur le terrain il n'y a plus de police de proximité et donc nous on veut redire ça et donc Mathieu je vais vous dire je lui fais confiance et je ne me mêle pas des campagnes des autres chacun essaie de répondre aux besoins qu'il ressent de sa population comme il le souhaite je vais vous donner l'autre exemple sur la vidéoprotection moi je suis ni pour ni contre il y a des cas où ça peut avoir un effet y compris de réassurance il y a des quartiers populaires dans lesquels on nous demande des caméras de vidéoprotection parce qu'il y a dans ces cas là d'abord nous on ne peut pas à Paris c'est la compétence exclusive du préfet de police on n'a pas le droit légalement d'installer mais moi je suis prêt à accompagner dès lors que c'est une demande des habitants des quartiers et il y a des endroits où je pense qu'on a déjà beaucoup et que c'est en l'occurrence il me semble manquer plus d'agents pour voir les images que de caméras pour enregistrer ce que font les gens plutôt mon sentiment dans la pratique assez détaillée que j'ai avec la préfecture de police de ces sujets

43:31
Emmanuel Grégoire

sur la question de Saint-Denis moi j'ai travaillé il y a quelques années dans une association à Saint-Denis et pour ce qui est des rapports avec la police disons que je suis plus du style à dire qu'il ne faut pas forcément plus de police mais mieux de police parce que je sais ce que ça veut dire les contrôles au faciès parce que je sais ce que ça veut dire malheureusement les violences policières et qu'aujourd'hui je suis ravi qu'il y ait dans le programme de la gauche unie la question des récépissés des contrôles au faciès et que aussi on aborde la question des amendes qui font que aujourd'hui il y a un certain nombre de jeunes des quartiers populaires qui se retrouvent avec 15, 20, 30 000 euros de dette alors qu'ils commencent leur vie professionnelle qu'ils commencent leur vie d'adulte tout court et ça c'est inadmissible et pour le coup sur ça je me retrouve tout à fait avec la liste de la gauche unie et sur le reste je vais rester de ce côté-ci du périph et je ne ferai pas plus de commentaires

44:35
Invité politique

on peut rajouter qu'on a une deuxième vision c'est qu'il n'y a pas de bonne politique de sécurité qui ne passe par des politiques de prévention et d'accompagnement social la spécificité de l'approche en matière de sécurité de la gauche c'est qu'on considère que tout ce qui concourt à aider à l'animation locale à l'insertion professionnelle est un moyen puissant ou peut-être le plus important pour lutter contre la délinquance c'est le préalable justement

44:58
Présentateur

monsieur Annotin il dit que la politique policière c'est le préalable donc c'est pour ça aussi que je vous ai posé la question

45:04
Invité politique

alors si je peux exprimer je ne sais pas ce qu'a dit Mathieu je le connais vraiment très bien mais je le demanderais mais en tout cas ce qui est sûr c'est que notre vision c'est qu'il faut pour être efficace en matière de sécurité avoir de puissants outils de prévention ça passe par les clubs de sport les clubs de loisirs le renforcement de l'école publique le soutien aux associations de proximité et à Paris on a des outils qui ne sont jamais parfaits mais qui ont montré leur efficacité en prévention des rixes avec le sujet de la médiation avec le sujet des clubs les clubs d'insertion les clubs de prévention les centres sociaux les centres d'animation c'est tout un arsenal qui je le dis est structurellement menacé par une victoire de la droite parce qu'ils pensent que c'est de l'argent donné à nos nos copains personne de ces acteurs n'est notre copain jamais heureusement d'ailleurs qu'il y a des gens qui sont chargés de veiller à ça c'est le cas du préfet de région nous on utilise des acteurs locaux souvent implantés dans les quartiers dans les rues qui sont des relais indispensables de l'action publique complémentaires de la police municipale complémentaires de l'action sociale puisqu'on est compris un département évidemment que la prévention que la médiation et que l'insertion sont des outils indispensables à la prévention de la délacance

46:14
Présentateur

parce que quand on dit sécurité je m'explique quand on dit sécurité on pense suite à police caméra etc la définition de la sécurité pour la gauche ça pourrait être la sécurité en termes pécuniers la sécurité de santé mentale la sécurité alimentaire la sécurité au niveau des soins donc voilà c'est aussi le travail sur la redéfinition de ce qu'est être la sécurité

46:31
Invité politique

exactement que nous on articule plutôt sur le concept de protection d'une certaine manière d'ailleurs c'est comment on soutient ceux qui en ont besoin dans l'ensemble des sujets que vous venez d'évoquer c'est effectivement du soutien alimentaire c'est du soutien scolaire c'est du soutien à la dépendance et à la solitude qui est un phénomène très préoccupant dans les grandes villes y compris dans la jeunesse et chez nos aînés mais effectivement c'est une vue plus sociale de la sécurité qu'une vue qu'une perspective strictement sécuritaire

47:02
Emmanuel Grégoire

j'aime bien utiliser le terme de tranquillité publique il me semble un peu plus adapté et un peu moins dans une logique de répression mais qui touche à quelque chose qui en fait qui est vital pour tout le monde c'est le pouvoir sortir de chez soi se promener dans la rue rentrer chez soi sans avoir peur de se faire agresser et ça ça ne passe pas uniquement et j'ai même envie de dire que parfois ça ne passe pas principalement par une logique de répression policière mais c'est toute une série de il faut qu'il y ait sur le territoire il faut qu'il y ait des gardiens dans les immeubles il faut qu'il y ait des écoles avec des professeurs il faut qu'il y ait la réussite scolaire il faut qu'il y ait des emplois c'est tout ça qui participe en fait du fait qu'on se sent en sécurité parce que on a les moyens de vivre au quotidien sans s'inquiéter de ce qui se passera à la fin du mois ou de ce qui peut nous arriver en se promenant dans la rue à 23h ou à 2h du matin

48:01
Présentateur

il faut regarder le média aussi ce sera peut-être un peu moins oxygène que de chez nous

48:04
Emmanuel Grégoire

ah oui non mais ça c'est la balle si on est sur CNews toute la journée on a peur de son nombre après

48:09
Présentateur

je voulais poser une petite question sur le budget étant donné que vous avez parlé de Rachida Datis ce qu'elle a fait au ministère de la culture il y a aussi ce budget 2026 qui a été voté dont beaucoup de collectivités locales et de maires dénoncent l'austérité vous me voyez venir est-ce que vous regrettez d'avoir voté ce budget non non d'abord j'ai pas voté ce budget

48:35
Invité politique

de ne pas avoir ce budget pardon parfait mais parce que c'est une confusion de langage qui est entretenue par nos amis de l'extrême gauche pardon je vais me faire taper encore à votre gauche allez encore 4 jours allez encore 4 jours et ça ira bon je n'ai pas voté ce budget et les socialistes n'ont pas voté ce budget il se trouve qu'on a voté le PLFSS mais sur le PLF en première lecture sur le projet de loi de finances on ne l'a pas voté et nous ne l'aurions jamais voté et nous l'avons même dénoncé

49:03
Présentateur

vous l'avez beaucoup amendé aussi

49:04
Invité politique

bien sûr on l'a énormément amendé moi j'ai passé plus de 120 heures en séance à l'automne sur les discussions budgétaires avec tant de collègues mais on ne l'a pas voté simplement le sujet c'était en ne le votant pas ça a déclenché le 49-3 et c'était évidemment celui de là du risque de voter la motion de censure et qu'il y ait une dissolution on a eu des débats on n'était pas tous d'accord mais on a eu en l'occurrence je pense un débat et une prise en compte importante c'est que et c'est peut-être pas moi d'ailleurs député parisien le plus concerné parce qu'on a des députés qui viennent de partout on est 67 députés dans le groupe maintenant il y avait une demande de stabilité du pays le pays n'en pouvait plus de la séquence budgétaire et on commençait à ressentir les blocages alors que le président de la république qui est un cynique absolu en ait joué et ait agité la menace de la dissolution pour nous mettre un peu pour nous tordre le bras évidemment on n'est pas naïf enfin on l'a fait aussi dans un certain nombre de garanties qu'on a obtenues contre la non-censure on a obtenu des choses qui aux yeux des électeurs de gauche pur et parfait ne peut jamais être suffisant puisque ce n'est pas un budget de gauche et ne sera jamais avec ce gouvernement et cette assemblée nationale mais on a essayé d'obtenir des garanties minimales mais ne pas prendre le risque de la dissolution pourquoi parce que le risque de la dissolution aujourd'hui je veux bien qu'on se raconte des trucs mais aujourd'hui le risque est majeur que le pays bascule à l'extrême droite et je ne crois pas qu'il soit dans l'intérêt des classes populaires de tous ceux qu'on est censé défendre que nous puissions prendre le risque que l'extrême droite arrive aux responsabilités c'est un choix difficile il est pour nous tous c'est ni la facilité de censurer systématiquement ni la complaisance de ne le faire jamais mais on a choisi cette ligne là après de longs débats internes mais je crois que c'est aussi ce que beaucoup attendait de nous parce qu'il fallait sortir un peu de l'ornière et quand même que le pays puisse continuer à avancer

51:04
Présentateur

le budget 2026

51:05
Emmanuel Grégoire

la richesse de cette liste c'est qu'il y a toute une série de choix qui ont été faits à ce moment-là si tu avais été

51:12
Invité politique

à ma place tu l'aurais voté l'ascenseur alors il se trouve

51:17
Emmanuel Grégoire

que je suis suppléant d'une députée de l'après Daniel Simonnet qui n'a pas eu le même vote que toi à l'Assemblée mais il se trouve que ce n'est pas la question qui est posée pour ces élections municipales et puis c'est ce qui fait toute la richesse de cette liste et qui montre qu'on a des divergences ou des nuances d'appréciation sur cette question mais qu'on peut se retrouver on peut se retrouver sur un même programme municipal et manifestement je crois que dimanche c'est pas pour les législatives ou les présidentielles qu'on va voter mais pour les municipales

51:47
Présentateur

On posait la question aussi parce qu'il y a Rachida Dati qui est une incarnation aussi de ce gouvernement Je vous ai assuré qu'à rien pour ce motif

51:54
Invité politique

il m'aurait été agréable de le censurer mais vous voyez comme quoi il faut toujours placer l'intérêt général au-dessus du reste

51:59
Présentateur

On a aussi posé cette question parce que le budget 2026 c'est forcément quelque chose qui touche concrètement après au budget des collectivités locales et donc si vous êtes élu vous aurez à gérer cette baisse de budget il y a des exemples l'Etat réduit son soutien à l'effort des collectivités en faveur de la transition écologique le fonds vert baisse de 313 millions d'euros en 2026 il y a aussi le gel du montant de la dotation globale de fonctionnement au niveau 2025

52:22
Invité politique

la ville de Paris touche zéro de tout ça la ville de Paris touche zéro de tout ça depuis longtemps parce que dans le même temps ils nous disent qu'on est en faillite ça fait bien longtemps qu'ils ont coupé ces fonds-là pour Paris c'est zéro la ville de Paris touche zéro euro de dotation c'est pas ce qui justifie la danse rancée on est dans un univers de contraintes et on s'apprête à prendre la responsabilité avec la nouvelle équipe qui se présente dans la continuité de l'action de la gauche mais avec aussi plein de nouveaux visages de nouvelles priorités de nouvelles cultures démocratiques aussi parce qu'on sent bien que la crise démocratique est profonde et nécessite aussi une approche différente de l'exercice des responsabilités ça va être dur ça va souffler très fort dans les voiles on le sait mais on s'est préparé à cela je pense que notre union symbolise ça aussi c'est la capacité à se mettre autour de la table à discuter je crois que Laurent on peut dire moi je prends pas de décision seule je les prends en échangeant en la maturant en écoutant mais après je sais aussi prendre des décisions et quand je les prends je les prends

53:20
Présentateur

on voulait finir sur une question parce que le débat politique actuel typiquement est un peu saturé par l'extrême droite il y a une ambiance politique qui est assez lourde vendredi dernier Jamila Hadoum une travailleuse sociale de 44 ans en 10ème position sur la liste et les filles à Strasbourg a été menacée au couteau par un individu dès qu'il a su qu'elle était de gauche l'homme lui interdisait de coller une affiche il y a une ambiance spécifiquement qui cible la gauche qui est assez violente est-ce que vous l'avez ressenti durant la campagne et comment on fait pour lutter contre ça

53:56
Invité politique

oui on l'a ressenti c'est alors pas malheureusement enfin pas heureusement aussi gravement que le cas que vous évoquez et dire ma solidarité pour toutes les personnalités publiques engagées qui se retrouvent évidemment menacées la pression de l'extrême droite est forte et même à Paris qui est un territoire plutôt protégé de cela d'habitude les copains nous disent sur le terrain c'est dur c'est dans certains arrondissements c'est dur la confrontation physique les provocations etc et ça doit appeler à la vigilance à la mobilisation et à la responsabilité il se passe quelque chose de grave on le sait on le voit et si Paris avec d'autres villes de France peut incarner quelque chose de la protection de la résistance et de la capacité à prévenir le pire et bien nous le ferons avec honneur et avec plaisir

54:47
Emmanuel Grégoire

Oui j'ai vu les images où elle expliquait ce qui lui est arrivé cette candidate de la FI à Strasbourg et elle était en plus avec ses enfants

54:56
Présentateur

c'est ça

54:57
Emmanuel Grégoire

donc enfin moi ça m'a terrifié mais c'est l'ambiance dans laquelle nous vivons on voit une montée de l'extrême droite nous sur Paris on se pensait protégés de tout ça on se retrouve même dans des arrondissements comme le 20ème avec des candidats de Saracnafo qui font ouvertement campagne qui font du porte à porte et on se retrouve confronté avec des moments de tension donc on se retrouve face à cette extrême droite qui monte qui prend confiance et avec ce renversement de valeur qui me fait froid dans le dos c'est à dire que les antiracistes deviennent les racistes les antifascistes deviennent les fascistes et ça moi c'est pas possible donc c'est la nécessité d'être unis dans la rue parce qu'il y a aussi ça cette question là ça se joue pas uniquement moi j'ai jamais été de ces militants qui pensent que tout se joue dans les élections évidemment là on est en campagne mais je passe plus de temps dans les mobilisations en soutien parce que je pense que c'est là aussi que ça se joue au plus près des habitants au plus près des collectifs militants et c'est là que se joue une partie essentielle de la résistance à cette extrême droite qui monte

56:05
Présentateur

on a fait le tour on a fait le tour merci beaucoup messieurs d'être venus sur le plateau merci Amine pour cette co-interview et merci à vous chez vous d'avoir suivi cette émission de Face aux Indés vous le savez vous êtes notre seule force pour garantir une info libre et indépendante alors rendez-vous sur soutenez.lemédiatv.fr à très vite