Futur gouvernement : "Tout ne pourra pas être prioritaire", alerte Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:14OuverteÉludée
Est-ce que le pays a les moyens de faire face à ces nouvelles dépenses ?
- 2:55OuverteRéponse directe
Donnez-nous un exemple.
- 3:48OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes aussi inquiet sur le niveau de la dette publique que l'est par exemple le gouverneur de la Banque de France ?
- 5:11OuverteRéponse directe
Vous avez une inquiétude, Pierre Moscovici ? Est-ce que vous voyez la France comme un futur mouton noir au sein de l'Europe ?
- 6:10OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous proposez ? Qu'est-ce qu'il faut mettre à la place ? Elle est encore d'actualité ou elle est complètement dépassée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26Locuteur non identifiéChiffre
« La France, je le rappelle, a déjà 2 800 milliards d'euros de dettes. »
- 1:16Invité politiqueChiffre
« le gouvernement de la Banque de France a annoncé ce matin 0,2 au deuxième trimestre après 0 au premier trimestre »
- 1:52Invité politiqueFait
« Tout ça, c'est vrai. Mais de l'autre côté, il y a des finances publiques qui doivent rester soutenables. »
- 3:07Invité politiqueFait
« la politique du logement. Voilà une politique qui est deux fois plus coûteuse en France qu'elle l'est dans nos pays partenaires européens, sans être pour autant plus efficace en termes de logement social. »
- 3:56Invité politiqueChiffre
« Nous avons une dette publique qui est à 113-115%. »
- 4:10Invité politiqueFait
« d'une part les taux d'intérêt remontent déjà et on sait qu'ils vont remonter. »
- 4:54Invité politiqueFait
« il faut avoir une dynamique de la dette qui est comparable à celle de nos voisins. »
- 6:31Invité politiquePromesse
« la France a prévu de réduire son déficit à 3 % et moins d'ici à 2027. »
- 7:00Invité politiqueFait
« La Cour avait aussi dit qu'il fallait que ce soit d'ici à 2027 de manière assez claire. »
Temps de parole
- Pierre Moscovici70 %
- Locuteur non identifié18 %
- Locuteur non identifié 212 %
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Bonsoir à tous et à toutes. Il fait beau ce soir, mais dans le paysage économique, les nuages s'accumulent, la croissance ralentit, l'inflation est de plus en plus forte et les taux d'intérêt remontent. Bonsoir Pierre Moscovici, premier président de la Cour des Comptes, président aussi du Haut Conseil des Finances Publiques. Les nuages s'accumulent donc et le prochain gouvernement, quel qu'il soit, a prévu beaucoup de dépenses, notamment pour protéger le pouvoir d'achat dont on parle beaucoup, pour financer l'immense transition écologique, des filles européennes également. La France, je le rappelle, a déjà 2 800 milliards d'euros de dettes.
Est-ce que le pays a les moyens de faire face à ces nouvelles dépenses ? Le moment des messages
de finances publiques n'est pas venu pour moi. D'abord parce qu'il n pas encore
de nouveau gouvernement en
place. Et puis parce que nous attendrons
davantage
d'informations sur les perspectives de finances publiques, sur les décisions à prendre. Mais le Haut Conseil réunissait hier des experts européens.
et
je retiens de nos travaux
plusieurs messages 1,
nous sommes tout de même dans une situation
qui se dégrade à l'échelle européenne et internationale la guerre en une graine a des conséquences l
'inflation monte elle était 7,5% dans la zone euro 5
%
en France, un peu plus faible même maintenant en substantiel la croissance ralentit, le gouvernement de la Banque de France a annoncé ce matin 0,2 au deuxième trimestre après 0 au premier trimestre et nous avons pendant la crise Covid, ne l'oublions pas accumuler 20 points de dette de plus. Donc, quand vous avez une telle conjoncture, vous devez être conscient qu'il y a d'un côté une montagne d'investissement à financer et il ne s'agit pas du tout de les nier. Il y des nécessités pour l'écologie, il y des nécessités pour
la
défense, il y des nécessités pour l'investissement dans l'innovation et dans la recherche, pour l'industrie. Tout ça, c'est vrai. Mais de l'autre côté, il y a des finances publiques qui doivent rester soutenables. Ce qui veut dire de manière très claire C'est pour ça que je ne connais pas encore bien l'épure, et personne ne la connaît, qu'il y a des choix à faire, qu'il y a des arbitrages à opérer, que tout ne pourra pas
être priorité. Pierre Moscovici, des choix à faire ou des réductions à opérer ? Des priorités, ça veut dire qu'il y aura d'une part des défenses nouvelles qui devront être financées, la Cour elle-même d'ailleurs en a présenté, par exemple nous avons fait un rapport sur le RSA,
il y a des besoins supplémentaires, si on veut mettre à niveau le RSA, et aussi les dépenses dans les EHPAD. Nous ne sommes pas contre des dépenses nouvelles, et j'ai cité aussi toute une série d'investissements. Oui, mais, mais, mais, il y a aussi, du coup, si on veut maîtriser la dépense, si on veut maîtriser la dette, des économies à faire ailleurs, et c'est pour ça que moi j'insiste beaucoup et de plus en plus sur la qualité de la dépense publique, pas uniquement sur sa quantité. Ce qui est tout à fait fondamental, c'est que nous soyons capables de procéder à des réformes
qui
permettent d'améliorer les politiques publiques, de faire en sorte qu'elles soient plus efficaces.
Donnez-nous un exemple. Ils
sont nombreux, en réalité, mais je vais donner un exemple, puisque vous m avez un, la politique du logement. Voilà une politique qui est deux fois plus coûteuse en France qu'elle l'est dans
nos pays
partenaires européens, sans être pour autant plus efficace en termes de logement social. Alors je ne dis pas qu'il faut du tout diviser par deux la politique du logement, Je dis aussi qu'il y un certain nombre de réformes. La Cour a produit 13 notes structurelles en amont de la campagne présidentielle où on va trouver toute une série de pistes justement pour faire bouger l'éducation, pour faire bouger la justice, pour faire bouger le ministère de l'Intérieur. Ce n pas forcément par le toujours plus budgétaire qu'on parvient à créer une meilleure administration. Il y a encore une fois des investissements qui devront être financés.
Il y a aussi des politiques qui devront être reformatées, repensées, réformées au bon sens du terme. On peut faire mieux
sans avoir plus. Est-ce que vous êtes aussi inquiet sur le niveau de la dette publique que l'est par exemple le gouverneur de la Banque de France ? Ça
fait longtemps que j'alerte sur ce point, ou que j'attire l'attention en tout cas. Nous avons une dette publique qui est à 113-115%. Elle est soutenable, est finançable, elle est finançable dans de bonnes conditions, les spreads français sont bons, mais
d'une part les taux d'intérêt remontent
déjà et on sait qu'ils vont remonter. et on voit bien le débat qui agite, les banquiers centraux, les pré-annonces sur une remontée des taux d'ici juillet, qui maintenant couvre à peu près tout le spectre, il a les faucons, il y a les colombes, y a tout le monde, avec Christine Lagarde elle-même l évoqué, ça
veut
dire que la charge d'intérêt peut augmenter fortement, et ça, ça a un impact. Une dette plus importante, ça réduit nos marges de manœuvre, justement pour financer des politiques nouvelles, pour financer des politiques de justice sociale, financer des politiques de sécurité, pour financer des politiques de préparation de l'avenir. Et donc, on a tout intérêt à contenir la dette. Et puis, la deuxième chose qu'il faut avoir en tête,
c'est qu'il
faut avoir une dynamique de la dette qui est comparable à celle de nos voisins. Si la dette française continue à s'accroître alors que les dettes européennes comparables, celles de l'Italie, de l'Espagne, du Portugal, de la Belgique, diminuaient, il pourrait y avoir un regard sur la France. Tout ça, encore une fois, ce sont des points de vigilance.
Vous avez une inquiétude, Pierre Moscovici ? Est-ce que vous voyez la France comme un futur mouton noir au sein de l'Europe ? France attaquée ? C'était un vrai débat il a quelques années.
Oui, mais nous n'en sommes vraiment pas là. Encore une fois, je le redis, notre dette est soutenable. Aujourd'hui, le niveau des taux d'intérêt est bas. Il va rester durablement bas, mais un peu moins bas. Et encore une fois, c'est en comparaison toujours qu'il faut se définir. Et c'est la raison pour laquelle je crois que, dans les choix qui vont être faits maintenant, Il faut intégrer ce paramètre. Le pouvoir d'achat, c'est central, c'est décisif et il va falloir répondre. Mais la dépense publique et les finances publiques, dont on a peu parlé finalement dans la campagne électorale qui vient de s'écouler, c'est un point qui ne peut pas être négligé.
Nous avons rendez-vous avec la maîtrise de la dette et la maîtrise de la dépense.
Surtout dans le cadre budgétaire européen qui est en discussion en ce moment.'est évidemment la fameuse règle notamment des 3% de déficit, 3% du produit intérieur brut. Beaucoup sont prêts à faire évoluer cette règle. Qu 'est-ce que vous proposez ? Qu'est-ce qu'il faut mettre à la place ? Elle est encore d'actualité ou elle est complètement dépassée ? Elle a explosé avec le Covid ?
Je pense qu'il n'y a pas aujourd'hui une grande volonté à l'échelle européenne pour toucher aux traités, à la lettre des traités, aux 3%, aux 60%.
Je
crois que les 3% ont une pertinence comme un objectif de moyen terme.'ailleurs, notez que
la France a
prévu de réduire son déficit
à 3 % et moins d'ici à 2027. C'est réaliste ? Non
seulement c'est réaliste, mais je crois que c'est nécessaire. Je pense que ça reste une valeur pertinente et que la plupart des pays de l'Union Européenne, avant la crise ukrainienne, étaient sur le chemin de parvenir à cela ou en tout cas d'avancer dans cette direction. La dette, c'est autre chose. On ne pas réduire la dette à 60%. Mais il faut inverser la courbe de la dette et le faire le plus vite possible. La Cour avait aussi dit qu'il fallait que ce soit d'ici à 2027 de manière assez claire.
sujet pour les prochains mois, pour les prochaines années merci Pierre Moscovici premier président de la cour des comptes, invité écho de France Info ce soir
Pierre Moscovici