Nicolas Poincaré : Pourquoi le virus touche-t-il des abattoirs ? - 19/05
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Nicolas, que se passe-t-il ? On a du mal à expliquer le phénomène, il y a beaucoup de contamination dans les abattoirs.
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Alors, on en est là, mais le constat d'abord : on appelle qu'une première contamination a été repérée en Australie en avril, puis aux Etats-Unis, en Allemagne, en Espagne et en France.
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Alors, comment explique-t-on ces contaminations ? D'abord, première question, est-ce que cela peut venir des animaux ?
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Quelles peuvent être les autres causes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« on appelle qu'une première contamination a été repérée en Australie en avril, puis aux Etats-Unis, en Allemagne, en Espagne et en France, donc un peu partout. »
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« 34 salariés contaminés dans un premier temps, puis après qu'on en ait testé 54, on vient encore d'en retrouver 20 autres, ça fait donc 54 salariés. »
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« En Bretagne, dans les Côtes d'Armor, on a trouvé six cas positifs à l'abattoir de Kerméret, et après des tests, on est arrivé à 69 personnes positives. »
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« Plusieurs dizaines d'abattoirs fermés, 25 000 salariés au chômage technique, 5 000 employés de ces abattoirs sont contaminés, il y a déjà 13 morts. »
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« dont 4 qui sont des contrôleurs qui venaient enquêter sur les causes des contaminations et qui ont été touchés à leur tour. »
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« moins 25% de capacité d'abattage pour la viande porcine, moins 10% pour la viande bovine. »
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« Dans le seul état de l'Iowa, 700 000 porcs par semaine sont abattus directement dans les fermes, parce qu'il n'y a plus d'abattoirs. »
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« on nous dit que non à ce stade, mais il y a pourtant un précédent lors de l'épidémie du MERS, le syndrome respiratoire du Moyen-Orient, c'était en 2012. »
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« En tout cas, aucune chaîne de transmission à partir de la viande ou à partir de la consommation de la viande n'a été repérée jusqu'à présent nulle part dans le monde. »
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« L'ANFES, l'Agence française de sécurité alimentaire, souligne aussi qu'il n'y a aucune preuve scientifique de contamination en mangeant ou en manipulant de la viande. »
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« Mais l'ANFES ajoute tout de même que ce risque ne peut pas être totalement exclu à ce stade. »
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« Quelles peuvent être les autres causes ? »
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« Alors, quelle est l'hypothèse la plus sérieuse ? En plus de la promiscuité, peut-être l'addition de trois autres facteurs. »
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Vous écoutez RMC. C'est l'heure de partir pour les abattoirs pour avoir des explications positives avec Nicolas Poincaré. Nicolas, que se passe-t-il ? On a du mal à expliquer le phénomène, il y a beaucoup de contamination dans les abattoirs, mais on le sait, le virus ne se propage pas si l'on mange de la viande. Que les choses soient très claires, d'autant plus que la viande est souvent cuite. Donc là, le virus meurt.
Alors, on en est là, mais le constat d'abord, si vous voulez bien, on appelle qu'une première contamination a été repérée en Australie en avril, puis aux Etats-Unis, en Allemagne, en Espagne et en France, donc un peu partout. En France, on a eu un abattoir touché en Vendée, et puis ces derniers jours, deux autres a fleuré les Aubray dans le Loiret, 34 salariés contaminés dans un premier temps, puis après qu'on en ait testé 54, on vient encore d'en retrouver 20 autres, ça fait donc 54 salariés. En Bretagne, dans les Côtes d'Armor, on a trouvé six cas positifs à l'abattoir de Kerméret, et après des tests, on est arrivé à 69 personnes positives.
L'usine, bien sûr, a été fermée, et tous les cas contacts sont testés. Bien, aux Etats-Unis, le phénomène est là plus frappant. Oui, plusieurs dizaines d'abattoirs fermés, 25 000 salariés au chômage technique, 5 000 employés de ces abattoirs sont contaminés, il y a déjà 13 morts, dont 4 qui sont des contrôleurs qui venaient enquêter sur les causes des contaminations et qui ont été touchés à leur tour. C'est toute la filière de la viande qui est impactée aux Etats-Unis, moins 25% de capacité d'abattage pour la viande porcine, moins 10% pour la viande bovine. Dans le seul état de l'Iowa, 700 000 porcs par semaine sont abattus directement dans les fermes, parce qu'il n'y a plus d'abattoirs.
En ce moment, oui. En ce moment même, 700 000 par semaine, je vous épargne les détails. Si ça continue, il y aura sans doute des pénuries de viande aux Etats-Unis.
Alors, comment explique-t-on ces contaminations ? D'abord, première question, est-ce que cela peut venir des animaux ?
Alors, non, on nous dit que non à ce stade, mais il y a pourtant un précédent lors de l'épidémie du MERS, le syndrome respiratoire du Moyen-Orient, c'était en 2012. Une étude avait montré que les abattoirs de Doha au Qatar avaient été un haut lieu de contamination. C'est bien les animaux qui y étaient abattus, en l'occurrence c'était des dromadaires, c'est bien les animaux qui avaient été des vecteurs de contamination vers l'homme. Mais ce n'est pas le cas du Covid-19. En tout cas, aucune chaîne de transmission à partir de la viande ou à partir de la consommation de la viande n'a été repérée jusqu'à présent nulle part dans le monde.
En France, l'ANFES, l'Agence française de sécurité alimentaire, souligne aussi qu'il n'y a aucune preuve scientifique de contamination en mangeant ou en manipulant de la viande. Mais l'ANFES ajoute tout de même que ce risque ne peut pas être totalement exclu à ce stade. Donc on est à peu près certain qu'il n'y ait pas danger, mais d'après l'ANFES, on n'est pas totalement certain. Alors, si ce n'est pas la manipulation de la viande, c'est quoi ?
Quelles peuvent être les autres causes ?
On parle de la promiscuité, la difficulté de respecter les distances. C'est un travail physique dans les abattoirs, pénible. On porte des lourdes charges, on transpire, on s'essouffle. On peut avoir du mal à garder son masque et à respirer avec. C'est l'explication qui est la plus souvent avancée par les représentants de la filière. Mais elle ne convainc pas tout le monde. L'épidémiologiste Antoine Flao a fait remarquer qu'il y a beaucoup d'autres secteurs où on travaille à la chaîne dans des conditions de promiscuité et de pénibilité. L'automobile, le bâtiment par exemple. Et on n'a pas vu ces cas dans les autres secteurs. Alors, quelle est l'hypothèse la plus sérieuse ?
En plus de la promiscuité, peut-être l'addition de trois autres facteurs. Le froid, l'humidité et une très forte ventilation. C'est ce qui caractérise les salles de découpe et de conservation de la viande. Des températures qui sont proches de zéro, une très forte humidité et une très grosse ventilation. Cela confirmerait que le virus peut se transmettre alors par des gouttelettes qui circulent dans l'air. Des gouttelettes dites aérosols. Pas seulement par les postillons d'une personne qui se trouve à moins d'un mètre de vous. Cette aire contaminée serait donc dans les chambres froides particulièrement redoutable.
Merci Nicolas Poincaré.