Eric Zemmour : "Le 25 avril au matin, je serai soit président de la République, soit chef de l’opposition"
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12 candidats, 12 entretiens, c'est ce que nous vous proposons avec Léa Salamé dans cette dernière ligne droite. Avant le premier tour, aujourd'hui amis auditeurs, c'est le candidat Reconquête que vous allez pouvoir interroger dans une grosse dizaine de minutes. Passez par le standard 0145 24 7000 ou par l'application de France Inter. Eric Zemmour, bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter, le menu de cet entretien commun à tous les candidats qui sont passés à ce micro. Trois questions sans filtre pour commencer, essayer de répondre le plus rapidement possible. Une interview programme et actualité dans la foulée.
Les auditeurs auront ensuite la parole et nous finirons par quelques questions plus personnelles.
Allez, on y va pour les trois questions rapides. Eric Zemmour, en meeting samedi, Emmanuel Macron définissait les termes de cette élection comme un combat, je cite, entre le progrès et le repli. Un combat entre le patriotisme et l'Europe d'un côté et les nationalistes de l'autre. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça, avec ces termes du débat ?
Pas du tout. Je pense que le débat est celui que j'ai posé. C'est-à-dire, quelle France voulons-nous dans les 10 ans, dans les 20 ans qui viennent ? Est-ce que nous voulons la France d'Emmanuel Macron ? C'est-à-dire la France d'un côté délestée de ses souverainetés et de sa souveraineté pour l'Europe, et de l'autre noyée dans une population islamique et venue d'Afrique. Est-ce que c'est cette France-là que nous voulons ? C'est cette France-là que nous prépare Emmanuel Macron ? Moi, je veux que la France reste française, je veux que la France reste la France. Et c'est tout le sens de mon combat. C'est ça le vrai clivage.
Ça veut dire quoi alors justement ?
Voilà justement, c'est votre slogan de campagne pour que la France reste la France. De quelle France parlez-vous ? C'est la France de 2022, c'est celle de Chirac, de Mitterrand, de Giscard, de Pompidou, de De Gaulle, je m'arrête là. De quelle France exactement ?
Écoutez, c'est très simple. Vous voyez, dans la France où j'ai grandi, à Montreuil, à Brancy, même dans le 18e arrondissement de Paris, je vous donne les endroits où j'ai grandi toute ma mentance. Donc la France de De Gaulle et de Pompidou. Attendez, attendez, attendez, laissez-moi finir ma phrase, c'est tout. C'était avant comme ça aussi, tel que je vous l'ai décrite. Il y avait des bistrots, il y avait des femmes en robe, il y avait des boucheries, il y avait des librairies. Là, aujourd'hui, dans tous ces endroits, il y a des kebabs, il y a des femmes voilées, il y a des cafés où les femmes ne rentrent pas, où les femmes se font insulter parce qu'elles mettent une jupe.
Il y a des boucheries halales à ne plus savoir qu'en faire. Voilà, il y a des hommes en djellaba qui se baladent. On ne parle même plus français, parfois, dans les boutiques. C'est ça, la France islamisée et africanisée. Et elle s'est répandue. Nous avons des enclaves étrangères ainsi qui se sont multipliées. Voilà, vous voyez, c'est simple. La France de mon enfance et la France d'Emmanuel Macron. Et la France de mon enfance, c'était la France, c'est pas seulement la France de Georges Pompidou, c'est pas de la nostalgie. C'était la France pendant des siècles.
C'est un peu de la nostalgie, c'est le refus du présent tel qu'il est.
Ah oui, mais si on refuse le présent tel qu'il est, si on refuse une France colonisée, oui, alors c'est le refus de la France telle qu'elle est. Si on refuse la France islamisée, oui, c'est le refus de la France telle qu'elle est. Et justement, il y a des millions de Français qui ne veulent pas de cette France et donc qui viennent à reconquête pour reconquérir leur France.
Éric Zemmour, vous venez de vivre votre première campagne politique, qui plus est une présidentielle. Qu'avez-vous appris sur le métier d'homme politique, sur la politique que vous ne saviez pas quand vous la commentiez ?
Plusieurs choses. À quel point les médias sont, j'allais dire manipulateurs, mais ça serait excessif. À quel point les médias schématisent et à quel point l'esprit d'une campagne caricature et schématise et rend la toute nuance difficile. Mais bon, c'est la vie. Sinon, ce que je ne savais pas aussi, et ce qui est tout à fait exaltant, c'est cette ferveur, cette chaleur qui se dégage, en tout cas dans ma campagne, puisque je ne le vois pas ailleurs, autour de ma venue, de mes idées, de nos idées. J'ai l'impression que, vous savez, il y a un vieux poncif qu'on reprend toujours quand on est journaliste. La présidentielle, c'est la rencontre entre un homme et un peuple.
Vous tombez dans les caricatures que vous dénonciez, vous êtes vraiment devenu un homme politique.
Justement, je vais vous dire, j'ai trouvé une formule plus précise sur ce que j'ai vécu, parce que ça, c'est un lieu commun, vous avez raison. Non, moi, je dirais, ça a été, en tout cas, vécu par moi, comme la rencontre entre ce que je croyais et ce qu'un peuple voyait. Vous voyez, ce n'est pas exactement la même chose. Et ça, ça m'a beaucoup appris. Vous savez, quand vous avez des gens qui vous accueillent partout en France et qui vous disent, ça fait 40 ans que j'attendais votre candidature, ça ne peut que vous émouvoir. On va le voir dimanche dans les urnes, s'ils vous suivent ou pas.
Alors, venons-en à l'Ukraine. Sur France Info lundi, vous parliez à propos de ce qu'on a découvert à Boucha le week-end dernier, d'un crime affreux, insupportable, ignoble. Sur France 2, mardi matin, vous ajoutiez à la condamnation de ces crimes l'affirmation suivante. Il faut être prudent, je vous cite, il faut être sûr que ces massacres soient le fait des troupes russes. Fin de citation. Vous avez des doutes, donc ? Vous n'en êtes pas certain ? Vous voyez, c'est une question ouverte. C'est typique.
J'ai voulu mettre de la nuance, de la complexité en disant... Vous n'aimait pas un doute ? Non, je dis simplement, non, je n'aimais même pas un doute. C'est même pas un doute. C'est simplement, attention, on a déjà vu des choses comme ça. Vous voyez, je pense que des journalistes auraient dû dire ce que j'ai dit. C'est-à-dire, faites attention, les images peuvent tromper. C'est tout. Maintenant, si c'est un fait, c'est évidemment condamnable aux dieux affreux infâmes.
Mais pourquoi mettre ce doute juste avant vous ? Il y avait Pierre Servan, il est suffisamment légitime. Il disait, tout montre que c'est les méthodes de l'armée russe, qu'elle a fait à Grossny, qu'elle a fait à Alep. Pourquoi, à l'une de ces massacres, émettre le doute ? Vous pourriez vous arrêter, ah, il faut une enquête internationale, mais ce que dit Emmanuel Macron... Vous ne dites pas ça, vous dites, il faut être prudent en laissant...
Vous avez raison, vous avez raison, il faut une enquête internationale. Non, non, mais ce n'est pas que je corrige. C'est que je vois que si on veut mettre un peu de nuance et de complexité, on n'a pas le droit d'en mettre.
C'est difficile de mettre des nuances et de complexité face à un massacre avec Zemmour.
Mais oui, bien sûr, mais bien sûr, mais on a déjà connu cela. Donc je dis simplement, il faut une enquête internationale. D'ailleurs, maintenant, tout le monde le dit, c'est très bien. Et donc, s'il y a enquête internationale, si on constate effectivement que ce sont les méthodes de l'armée russe, évidemment, c'est évidemment condamnable, affreux, infâme. Et d'ailleurs, comme je l'ai dit, ça salit, encore une fois, la nation russe. Mais accordez-moi, Léa Salamé, que j'avais dit depuis le début pourquoi j'étais hostile à cette guerre, depuis le début, pourquoi je disais qu'il fallait tout faire.
On ne va pas vous rappeler ce que vous disiez. Non, non, non, mais laissez-moi tout le dire.
Écoutez, vous savez très bien que, apparemment, le patron du contre-espionnage français s'est fait virer parce que, justement, lui aussi n'avait dit que jamais Poutine n'interviendrait. Il ne faut pas exagérer. J'étais loin d'être tout seul. Ce que je veux dire, c'est que moi-même, j'avais dit depuis le début, attention, les Russes sont d'une brutalité rare quand ils rentrent en guerre. J'avais expliqué que, battus par Napoléon, ils avaient été jusqu'à brûler leur capitale pour ne pas lui laisser. Depuis le début, je dis ça. Et c'est pour ça, d'ailleurs, que j'ai entendu l'édito de votre... Pierre Hasky. Pierre Hasky. La fin est très pertinente. La Russie ne va pas déménager.
Donc, il faudra trouver un accord général de paix en Europe. Et quant à Poutine, devra-t-il être jugé devant un tribunal pénal international ? Vous savez, je me méfie de ces propos-là. On ne va pas aller chercher le dirigeant d'une puissance nucléaire. Ce n'est pas vrai. Voilà. Ce n'est pas vrai. On peut se faire plaisir. On peut dire qu'il faut le juger et tout. Mais ce n'est pas vrai. On ne le fera pas.
Milosevic a été jugé. Vous me direz que ce n'était pas une puissance nucléaire. Mais Milosevic a été jugé à la fin.
Milosevic était un dirigeant d'un petit pays. On ne juge que les dirigeants des petits pays. C'est comme ça.
Face à ces exactions, les Etats-Unis, le Canada et l'Union européenne ont annoncé vouloir renforcer les sanctions contre la Russie, portant notamment sur les importations de charbon et de pétrole. Est-ce que vous y êtes favorable ou on ne fait rien ?
Écoutez, je pense qu'il faut faire attention à toutes ces sanctions qui vont défavoriser l'Europe et la France, et pas spécialement la Russie. Je pense qu'en l'occurrence, c'est surtout l'Allemagne d'ailleurs qui va être défavorisée, puisque c'est elle, comme l'a très bien dit Pierre Aski, qui était la plus dépendante au gaz russe. Mais qu'est-ce qui va se passer ? Nous allons devenir dépendants au gaz américain, au GPL. Et en plus, je suis très étonné que les écologistes soient aussi heureux de cela, parce que, si j'ai bien compris, le gaz américain est un gaz de schiste, et en plus il est transporté dans des conditions très...
Mais on fait quoi alors ? Quelle est votre proposition ? Si vous êtes élu président, et que les massacres et les exactions continuent au cœur de l'Europe, est-ce que vous avez des lignes rouges, ou est-ce que vous dites...
Moi, Aléa Salamé, je veux arrêter cette guerre au plus vite.
Mais comment, pardon, vous avez l'impression que Vladimir Poutine a envie d'arrêter cette guerre ?
Depuis le début, je dis, il y a un accord possible. J'ai lu, il y a 15 jours, 3 semaines, je ne sais plus, M. Maurice Gourdeau-Montagne, qui était le conseiller diplomatique de Jacques Chirac, qui rappelait que dès 2006, il avait proposé un accord aux Russes et aux Américains, où l'Ukraine ne serait pas rentrée dans l'OTAN, et aurait eu un sort de statut particulier, de neutralité, garantie par les Américains et les Russes. Les Russes avaient accepté, les Américains ont refusé. Mais c'était 2006, là on est en 2022. Non, non, Léa, parce que c'est important, il n'y aurait pas eu cette guerre.
Si les Américains n'avaient pas obstinément voulu faire rentrer la Géorgie et l'Ukraine dans l'OTAN, il n'y aurait pas eu cette guerre.
Éric Zemmour, c'est la faute des Américains, si Vladimir Poutine a envahi l'Ukraine,
il n'y aurait pas eu cette guerre. Vladimir Poutine est responsable de ces actes. Mais maintenant, il y a un contexte international.
Revenons à 2022, au Rassemblement National, on semble se réjouir que sur l'Ukraine, vous ayez servi de paratonnerre. C'est vous qui avez pris la foudre à la place de Marine Le Pen. C'est ce que dit Valrande Saint-Just. Comment expliquez-vous que vous ayez, au fond, beaucoup plus payé vos positions pro-Poutine et pro-Russe que Marine Le Pen ? Vous avez littéralement dévissé dans les sondages au moment de l'invasion russe. Pas elle.
C'est vrai que moi, je ne suis pas financé par les banques russes. Ça, vous avez raison. Et je n'ai jamais rencontré Vladimir Poutine. Je vais vous dire tout simplement, c'est de la sociologie. Moi, j'ai un électorat de Rassemblement des Droites. C'est-à-dire que nous avons des électeurs qui viennent du Rassemblement National et nous avons des électeurs qui viennent de François Fillon et de LR. Ces électeurs-là de François Fillon, comme pour Valérie Pécresse d'ailleurs...
Vous ont fait payer vos positions pro-Russe ?
Pas du tout. Parce que Mme Pécresse a perdu autant d'électeurs alors qu'elle n'avait pas les fameuses positions prétendument pro-Russe. Et elle a perdu autant. Parce que tout simplement, ces électeurs-là ont estimé qu'il fallait se rassembler derrière le président en temps de guerre. C'est tout. Et donc là maintenant, je pense que nous allons reparler de la France, nous allons reparler de la situation française, nous allons reparler de sécurité, nous allons parler de cette affaire de Jérémy Cohen dont j'ai parlé. Et je pense que ces électeurs-là de Fillon et de LR, d'ailleurs ils reviennent déjà, on le voit dans les études d'opinion. Voilà, c'est tout, c'est tout simple.
Mme Le Pen n'a pas le même électorat.
Deux questions rapidement sur la sécurité. Vous parlez de l'affaire Jérémy Cohen, l'enquête sur la mort de Jérémy Cohen, ce jeune homme de confession juif percuté par un tramway mi-février après avoir été agressé par une quinzaine d'individus. Pour l'instant, le procureur de Bobigny dit qu'on ne peut pas retenir le caractère antisémite. Emmanuel Macron a réagi hier, il demande que toute la transparence soit faite sur ce drame, mais dénonce des récupérations politiques. Qu'est-ce que ça vous inspire ?
Plusieurs choses. D'abord, je tiens à dire que le même parquet, moi je n'ai jamais dit que c'était absolument antisémite. De toute façon, c'est pas moins grave, si j'ose dire. C'est pas parce qu'un gamin est attaqué alors qu'il est handicapé juif, qu'il se balade dans la rue, il aurait pu ne pas être juif, il aurait eu le même sort, je me serais scandalisé et ému de la même façon. Quand même, c'est la moindre des choses, c'est une évidence. C'est la vie des petits français aujourd'hui qui est en danger constant dans tous ces quartiers. On ne se balade pas impunément à Bobigny.
Quand il parle d'instrumentalisation politique.
Alors, quand il parle d'instrumentalisation politique, moi je pense deux choses. La première, c'est que l'instrumentalisation politique, c'est la loi du silence. C'est que cette histoire-là a eu lieu le 16 février et que le parquet a fait silence depuis lors et qu'il a tout fait pour étouffer cette affaire. Mais elle est où la défaillance ? Attendez, et qu'il a fallu que ce pauvre père éploré m'écrive, parce qu'il était désespéré que personne ne parle de son affaire, et qu'il m'écrive, que je fasse un tweet pour que ça prenne ces proportions-là.
Mais j'entends, mais où a été la défaillance ? Parce que hier, vous disiez, c'est les médias, l'omerta des médias, les médias n'étaient pas au courant.
C'est les policiers qui ont failli ? C'est l'autorité judiciaire qui a failli ? L'enquête n'a pas donné l'ordre d'enquêter, manifestement, parce que ce ne sont pas les policiers qui ont trouvé qu'il y avait une bande de quinzaines de voyous qui ont attaqué ce jeune homme.
Je vous recommande la lecture du papier de votre journal Le Figaro ce matin, qui est très précis sur l'enquête et le circuit de la vidéo, et ne dit pas la même chose que ce que vous êtes en train de dire. Factuellement, je vous y renvoie, Éric Zemmour, pour qu'on soit d'accord sur les faits. C'est la famille qui a trouvé... Les sources policières sont citées très précisément, les dates sont données, la source de la vidéo, et son cheminement jusqu'au commissariat de Bobigny.
Très bien, c'est la famille qui a trouvé ces gens. Donc vous voyez, c'est simple, je suis désolé, il y a eu volonté d'étouffer cette affaire, si je ne l'avais pas révélé, personne n'en aurait parlé. Et moi je pense que la manipulation politique, c'est le silence. La manipulation politique, c'est le silence pour justement qu'on ne mette pas cette question sur le devant de la scène. Voilà, c'est toujours la même chose, c'est toujours la même méthode. C'est dans les rédactions et au parquet, on dit « Ah bah non, ça va faire monter les prétendus extrêmes, etc. » Écoutez, je connais ça de l'intérieur, je vous assure. Avez-vous lu le rapport du GIEC, ou le résumé en tout cas qui en a été tiré ?
Voilà, c'est ce que j'allais vous dire, le résumé. Oui, ou le résumé qui en a été tiré pour les décideurs. C'est un thèse du résumé. Oui, oui, vous l'avez lu. J'ai des équipes qui travaillent.
Le GIEC le dit clairement, le monde a trois ans pour pivoter vers la sobriété. Trois ans, c'est court. C'est court et c'est dans le prochain quinquennat. Que ferez-vous dans ces trois ans-là pour contribuer à éviter le pire, puisque le pire, c'est ce dont parle le GIEC ?
Écoutez, moi, j'ai l'impression que, justement, j'ai toute une batterie de mesures pour faire que la France participe à cet effort. D'abord, nous avons l'énergie nucléaire, je le répète à chaque fois. C'est quand même l'énergie la moins carbonée de toutes. Bon, c'est pas si mal. Donc, Emmanuel Macron a eu grand tort de la négliger pendant cinq ans, comme François Hollande, son prédécesseur, l'avait fait. Ça fait dix ans qu'on a négligé cette filière nucléaire et, désormais, Emmanuel Macron se réveille six mois avant l'échéance électorale. Donc, moi, je propose, depuis le début de cette campagne, la non-fermeture des douze réacteurs nucléaires prévus par Emmanuel Macron.
Il faut le dire, quand même. Je suis allé, Fessenheim. J'ai vu, je vous assure que cette usine, je ne sais pas comment on peut dire, ces réacteurs sont flambants neuves. Cette centrale. Cette centrale, sont flambants neuves. Donc, il faut construire 14 réacteurs nucléaires. Donc, il faut prolonger la durée de vie des réacteurs existants. Ça, c'est pour le nucléaire. Il y a d'autres mesures. Je vais éviter. Un, les circuits courts. Favoriser les circuits courts. Favoriser simplement la réindustrialisation, parce que ça évite les importations par tanker qui sont très mauvaises pour le climat.
Il y a aussi des mesures plus spécifiques de l'instauration d'une vraie filière de recyclage des plastiques. Le plastique est une plaie. C'est vraiment une catastrophe. Il y a un vrai plan forestier pour reboiser et pour le saccage des sols pollués, des mesures de sanction.
Vous voyez, il y a beaucoup de choses. J'entends vos mesures. Votre projet a été scruté, comme tous les autres projets, par les Shifters. Vous savez, cette association de bénévoles proche de Jean-Marc Jancovici, qui est plutôt favorable, même très favorable, au nucléaire. Et il juge votre projet écolo très éloigné des objectifs climatiques de la France, avec notamment votre proposition de faire rembourser 50% des frais de carburant par l'entreprise, qui est une mesure, ça vous fait marrer, mais qui est une mesure polluante.
C'est une mesure de justice sociale. Oui, mais moi je choisis la justice sociale aussi. Excusez-moi, c'est injuste que les gens qui prennent le métro se fassent rembourser 50% de leur abonnement, et pas les automobilistes, alors qu'ils sont 18 millions d'automobilistes. Je suis désolé, ils estiment aussi, si j'ai bien compris, que Jadot et Mélenchon ont les meilleurs programmes, alors qu'ils sont anti-nucléaires. Moi j'aimerais qu'on m'explique cette contradiction. Et par ailleurs, je voulais dire que j'arrête toutes les éoliennes.
Oui, ça on sait, on connaît votre combat.
Il est 8h39, et la parole justement aux auditeurs de France Inter. On commence avec vous Geneviève, bonjour et bienvenue.
Oui, bonjour, bonjour M. Zemmour. Bonjour Geneviève. Je suis retraitée par hasard française, j'ai juste une question à vous poser. Votre obsession sur les étrangers me pose quand même une question de manière plus générale. Dans la santé notamment, qui est un CG qui nous préoccupe depuis pas mal de temps et de manière plus aiguë aujourd'hui, il se trouve que, je crois, qu'il y a 800 médecins étrangers, à peu près en moyenne dans chaque département. Et je dirais qu'au niveau des personnels soignants, il n'y a pas que les médecins qui peuvent être étrangers, les soignants, infirmiers, enfin tout confondu.
Et dans les autres domaines du travail, notamment le bâtiment, les routes, les travaux publics, enfin les restaurants, etc. Votre solution qui tourne, qui est votre fond de commerce aussi à vous et à Marine Le Pen, me pose une question éthique. C'est-à-dire, et non seulement éthique, mais réaliste par rapport, ne serait-ce qu'au porte-monnaie, dont on est beaucoup guidés aujourd'hui. Qu'est-ce qu'on fait si vous renvoyez tout ce monde chez eux ?
Et qu'est-ce que vous ferez de tous ces postes libres qui, certes, créeraient du travail, mais en même temps, vous ne règlerez pas une question fondamentale et du travail et de la réalité et de la bienveillance que notre humanité se doit dans le pays des droits de l'homme.
Merci Geneviève, merci.
Vous devenez quand même paradoxe dans cette société.
Merci Geneviève pour cette question qui est un versant éthique, on l'a bien compris, mais un versant très pratique aussi. Ces médecins étrangers, ces autres étrangers qui travaillent en France, comment s'en priver et continuer à faire tourner à la fois l'économie et là, en l'occurrence, les hôpitaux et les services de santé ? C'est une question...
Ce n'est même pas une petite question. Bien sûr, vous avez tout à fait raison. D'abord, je ne renvoie pas les étrangers en situation régulière qui travaillent. C'est quand même première préalable. Je renvoie les délinquants étrangers, je renvoie les clandestins, je renvoie les fichés S étrangers. Ce n'est pas la même chose.
Deuxièmement, je tiens à dire que par exemple pour ces médecins étrangers, oui, nous avons fait venir beaucoup de médecins étrangers, mais c'est parce que nous avons subi les conséquences d'une politique imbécile depuis 40 ans, de numerus clausus étroits qui a empêché des jeunes français, pour parfois un demi-point, un quart de point, de réaliser leur rêve de médecin et pour faire venir ensuite des médecins venus de l'étranger, moins chers, alors que des petits français n'ont pas pu être médecins. Je trouve ça absolument scandaleux. Troisièmement, je voudrais tordre le cou à cette idée répandue que les étrangers font le travail que les français ne veulent pas faire.
Attendez, attendez, attendez, laissez-moi finir, laissez-moi finir. C'est vrai dans les métropoles, c'est-à-dire dans les restaurants, dans le bâtiment, oui, dans les métropoles. Mais dans les petites villes où je suis allé, vous savez, on ramasse aussi les poubelles. On travaille dans les restaurants et ce ne sont pas des étrangers, ce sont des français. Parce qu'il y a un problème de géographie. Dans les banlieues à proximité, il n'y a plus quasiment, il n'y a plus beaucoup de français de souche, il n'y a plus que des étrangers ou des immigrés. Et donc évidemment, ils prennent ces boulots-là.
Et dernière chose, dernière chose, et j'en ai fini sur cette question, le taux d'inactivité, le taux d'inactivité, je dis bien, des étrangers extra-européens est de 55%. C'est-à-dire qu'il y a 55% des étrangers extra-européens qui ne travaillent pas, qui sont au chômage ou inactifs.
François, au standard, François qui nous appelle du GERS, je crois. Bonjour, bienvenue. Oui, bonjour. On vous écoute, oui, on vous entend bien.
Ok. Non, je voulais demander, bonjour à vous, merci de prendre ma question, bonjour à M. Zemmour. Bonjour, monsieur. Je voudrais juste savoir, en cas de présence de Marine Le Pen au second tour, comme ça semble être probablement le cas, quelles seraient les attentes et qu'est-ce que M. Zemmour demanderait à Marine Le Pen pour la soutenir au second tour, comme je pense que ça sera le cas. Est-ce qu'on aura droit à un ticket Le Pen-Zemmour, comme on avait eu un ticket Le Pen-Dupont-Aignan, qui n'avait pas trop fait rêver en 2017 ? Est-ce qu'il y aura Zemmour à Matignon, Zemmour à Place Beauvau ?
Voilà, c'est en fait, j'aimerais que les choses soient claires, parce que les Français vont voter pour Marine Le Pen, certains. Et bien, peut-être qu'ils n'ont pas envie d'avoir Zemmour à Matignon ou à la Place Beauvau. Je pense qu'il faut que les choses soient claires et il faut qu'ils parlent franchement.
Cher monsieur, Eh bien, merci François pour cette question. Éric Zemmour, c'est promis, va vous parler clairement.
Je vais vous parler très clairement. Je ne suis pas du tout dans ces négociations et dans ces tractations, tout simplement parce que je suis convaincu que c'est moi qui serai au second tour. Je ne crois pas en ces sondages. Je pense que la dynamique politique est de mon côté. tous les éléments objectifs de la dynamique politique, c'est-à-dire les salles pleines, la ferveur, les audiences télévisées. La dynamique dans les sondages, c'est elle. Attendez, attendez. Ah oui, tout à fait, mais je vais vous permettre. Le nombre d'adhérents à mon parti, tout ça, c'est moi. Maintenant, effectivement, la dynamique dans les sondages, c'est elle.
Je pense que les sondages se sont toujours trompés depuis 1995. Je rappelle deux choses simples. En 1995, à une semaine du scrutin, les sondages donnent 10 points d'écart entre Chirac et Balladur. Ça finira à 1,5 point d'écart. Et en 2000, donc vous voyez, si à l'époque Nicolas Sarkozy était dans le camp de Balladur, il était furieux parce qu'il s'est dit, si jamais on s'était battu jusqu'au bout, on aurait pu changer complètement la donne. Et en 2019, les sondages promettaient entre 3 et 5 régions à Marine Le Pen. Elle n'en a eu aucune.
Il nous reste deux minutes. Vous avez dit hier soir à la télé que vous seriez candidat aux législatives. Si jamais vous n'arrivez pas au second tour, est-ce que vous feriez des listes communes aux législatives avec le Rassemblement National ?
Il y a d'abord, ma chère Léa Salamé, il n'y a pas de liste aux législatives comme aux européennes. C'est le scrutin uninominal. Donc, scrutin majoritaire. Donc, il y a des candidats. Ce que j'ai voulu dire... Des alliances, vous avez bien compris. Absolument. Ce que j'ai voulu dire, c'est qu'il y a, si vous voulez, je n'abandonnerai pas les gens de Reconquête. Je n'abandonnerai pas les gens qui me suivent. Et tout simplement pour une bonne raison, c'est que je serai au second tour. Et que donc, le 25 au matin, je serai soit président de la République, soit chef de l'opposition.
Ah, donc vous serez, si vous n'êtes pas au second tour, vous confirmez que vous serez candidat aux législatives.
Et je vous ai répondu, je serai au second tour. Et si jamais je ne suis pas président de la République, je serai chef de l'opposition. Et justement, je ferai enfin cette réconciliation des droites que personne ne veut faire. Ni Marine Le Pen, ni Mme Pécresse.
Donc, vous ne retournerez pas sur ces news de redevenir commentateur politique. Non, voilà. C'est sûr, c'est fini, vous avez basculé dans la politique, pas de machine arrière.
Allez, deux questions rapides pour finir. La première fois que vous vous êtes dit, je veux devenir président, c'était quand ?
Il n'y a pas eu de première fois, ça a été une lente maturation. Quand j'ai compris que, si vous voulez, les gens attendaient enfin un discours ferme et un discours décidé et qui ne se cachait pas derrière son petit doigt.
La femme qui a le plus marqué l'histoire de France ?
La femme qui a le plus marqué, Jeanne d'Arc.
Le plus grand homme, Napoléon ou De Gaulle ?
Napoléon est le plus grand génie de l'histoire de France. Et en plus, il est à une époque où la France est le pays le plus peuplé, le plus puissant, avec la meilleure armée d'Europe. Le général De Gaulle arrive dans un temps où nous avons eu la guerre 14, où nous avons eu la défaite de 40. C'est le plus grand sans doute politique français du XXe siècle, mais il n'a pas les moyens qu'avait Napoléon. D'ailleurs, il le dit lui-même. Votre plus grande erreur dans la campagne ? Je pense qu'il n'y a pas d'erreur, il y a simplement un choix stratégique de dire la vérité aux français et de parler de la France aux français. C'est ça mon choix.
J'ai choisi cela, j'ai pris les français pour des citoyens, pour des gens conscients de leur destin, de leur destin de français. Et je leur dis en face, pensez à vos enfants et à vos petits-enfants, quelle France allez-vous leur laisser ?
Merci Eric Zemmour.
Merci beaucoup d'avoir été au micro d'Inter ce matin.
Éric Zemmour