L'invité de Bourdin Direct : Marlène Schiappa - 07/06
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:45OuverteRéponse directe
La loi sera promulguée quand ?
- 1:37OuverteRéponse directe
Remboursement par la Sécurité sociale ?
- 1:57OuverteRéponse directe
Est-ce que la prochaine étape, c'est la légalisation de la GPA pour les couples d'hommes ?
- 2:49FerméeÉludée
La mère porteuse, les mères porteuses. Autorisation en France ?
- 3:26OuverteRéponse directe
Parlons des féminicides. Colmar, avant-hier, samedi.
- 4:45RelanceRéponse partielle
Pourquoi cet homme-là a pu approcher sa femme malgré l'interdiction ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:53Invité politiqueFait
« j'ai une pensée d'abord pour toutes les femmes qui attendent depuis 9 ans, depuis 9 ans, que la promesse de campagne de François Hollande soit tenue. »
- 1:05Invité politiqueFait
« Dans tous les autres pays qui ont fait la loi sur le mariage pour tous, ils ont décidé de faire également la PMA en même temps. »
- 1:20Invité politiquePromesse
« j'espère que la loi sera adoptée et promulguée d'ici l'été. »
- 1:39Invité politiqueFait
« Remboursement par la Sécurité sociale. »
- 2:02Invité politiqueFait
« En aucun cas. »
- 2:14Invité politiqueFait
« La GPA, elle ouvre la voie à une forme de marchandisation du corps des femmes. »
- 4:19Invité politiqueFait
« nous avons lancé le Grenelle des violences conjugales. »
- 5:01Invité politiqueChiffre
« Le bracelet anti-rapprochement, il a été multiplié par plus de 60% depuis qu'Éric Dupond-Moretti a donné l'instruction de les attribués. »
- 5:23Invité politiqueChiffre
« Il y a 1000 bracelets anti-rapprochement qui sont financés. »
- 5:35Invité politiqueChiffre
« Il y en a 78. »
- 7:13Invité politiqueChiffre
« Nous avons passé 4 lois en 4 ans, pour renforcer les droits. »
- 10:46Invité politiqueChiffre
« près de 70% de la population française connaît ce numéro. »
Temps de parole
- Invité politique75 %
- Présentateur24 %
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Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct. Jean-Jacques Bourdin. Marlène Schiappa, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous, ministre déléguée, auprès du ministre de l'Intérieur chargé de la Citoyenneté. Évidemment, nous allons parler de la PMA pour toutes les femmes, mais nous allons parler évidemment aussi des féminicides et d'autres sujets politiques, régionales, etc. Marlène Schiappa, la PMA légalisée en France pour toutes les femmes, couple de femmes ou femmes célibataires, projet de loi bioéthique qui revient à l'Assemblée nationale. La majorité va le voter, donc il sera voté. La loi sera promulguée quand ?
Alors, au plus vite, moi, je vais vous dire, j'ai une pensée d'abord pour toutes les femmes qui attendent depuis 9 ans, depuis 9 ans, que la promesse de campagne de François Hollande soit tenue. Président François Hollande n'avait pas tenu cette promesse de campagne, c'était, je crois, l'engagement 61 de son programme. Les femmes ont attendu en vain pendant 5 ans. Dans tous les autres pays qui ont fait la loi sur le mariage pour tous, ils ont décidé de faire également la PMA en même temps. Par manque de courage politique, François Hollande a reculé, et c'est le président Emmanuel Macron qui concrétise en ce moment cet engagement qui va ouvrir la PMA pour toutes les femmes.
Et donc, j'espère que la loi sera adoptée et promulguée d'ici l'été. Et le ministre en charge, Olivier Véran, a indiqué qu'il souhaitait que nous puissions avoir les premiers bébés PMA, entre guillemets, à partir de la rentrée.
À partir de la rentrée, les premiers bébés ?
Parce qu'il y a des femmes enceintes à partir de la rentrée.
Oui, des femmes enceintes. Remboursement par la Sécurité sociale ?
Absolument. Remboursement par la Sécurité sociale. Moi, j'y suis très attachée. D'ailleurs, je l'avais dit et annoncé sur votre plateau, il y a de cela maintenant un petit moment, parce qu'on ne peut pas créer de rupture d'égalité. La PMA, elle est remboursée pour les couples hétérosexuels. Elle doit aussi être remboursée pour les couples de même sexe.
Est-ce que la prochaine étape, c'est la légalisation de la GPA pour les couples d'hommes ?
En aucun cas. Je suis très opposée à la GPA. En aucun cas ? En aucun cas. Vous êtes formelle. Je suis absolument formelle. C'est ma position, et je sais que c'est également la position du président de la République et du gouvernement. La GPA, elle ouvre la voie à une forme de marchandisation du corps des femmes. Et moi, en tant que mère, vous savez que les questions de maternité me sont chères. J'ai présidé dix ans un réseau qui s'appelait Maman Travail. Je veux protéger les droits des femmes et les droits des mères. Je comprends vraiment le désir d'enfant des couples d'hommes. Je comprends très sincèrement.
Je pense que les enfants qui sont déjà existants, il faut qu'ils puissent avoir un état civil facilité. Mais néanmoins, je crois qu'il ne faut pas légaliser la GPA en France.
Et l'envie, le désir d'enfant des couples hétérosexuels qui n'arrivent pas à avoir d'enfant. Bien sûr. La mère porteuse, les mères porteuses. Autorisation en France ?
Non. Non, non. Non, non, il s'agit de...
Jamais.
Alors, ça dépend de quoi on parle. Soit ça, oui. Est-ce qu'on parle de GPA ? Est-ce qu'on parle de dons d'ovocytes ? Vous savez, derrière un certain nombre de concepts, on met des choses différentes. Qu'il y ait, par exemple, des dons d'ovocytes qui soient permis, ça, bien sûr. Mais la GPA, c'est-à-dire le fait, même pour un couple qui soit un couple de même sexe, de deux hommes ou un couple hétérosexuel, faire appel dans un autre pays... Oui, je dis non.
66% des Français sont favorables. Vous avez vu le sondage qui est paru ?
Mais ça peut m'arriver d'être minoritaire.
Bon, vous êtes minoritaire. Bien. Parlons d'autre chose. Parlons des féminicides. Colmar, avant-hier, samedi. Une femme de 48 ans est tuée par son mari. Elle est défenestrée, poussée dans le vide du huitième étage. Son conjoint était ivre. Il explique s'être disputé avec sa femme. Il avait interdiction d'approcher sa femme. Jugement du tribunal correctionnel de Colmar en 2019. Six mois de prison avec sursis pour violences aggravées sur sa femme. Il avait interdiction de l'approcher. Il a pu l'approcher sans aucun souci.
Pourquoi ?
La salle enquête, d'abord, devra le démontrer. Moi, vous savez, sur les violences conjugales et sur les féminicides, vous le savez, ça fait maintenant des dizaines d'années, moi, que je suis engagée et que j'alerte pour qu'il y ait un réveil de la société. Avec Édouard Philippe, quand j'étais auprès de lui, quand il était Premier ministre, nous avons lancé le Grenelle des violences conjugales. Et enfin, on s'est mis à parler de ces sujets.
Souvenez-vous au moment du meurtre d'Alexia Daval, quand j'ai dit que c'était un féminicide, sur les plateaux de télévision, vous aviez foule de commentateurs pour dire que ce mot n'existait pas, que j'en faisais trop sur ce sujet, que ce n'était pas si grave, les violences conjugales. Donc moi, d'abord, je veux me réjouir que la société se réveille. Ensuite, je dis qu'il y a, dans ces drames, une forme de détermination à tuer de la part de ces hommes et que c'est à ceux-là que les pouvoirs publics et les acteurs de ces rins...
Oui, mais cet homme-là, comme tant d'autres, n'avait pas le droit d'approcher son conjoint, sa femme, ou sa compagne.
Mais vous avez raison, et ça nous montre justement les limites des dispositifs. Nous, nous avons créé ou amplifié des dispositifs. Le bracelet anti-rapprochement, il a été multiplié par plus de 60% depuis qu'Éric Dupond-Moretti a donné l'instruction de les attribués.
Attendez, je vais y revenir, le bracelet anti-rapprochement, parce que là, les chiffres sont accablants. Ils sont accablants, vous allez être d'accord avec moi, Marlène Schiappa. Parlons-en. Combien y a-t-il de bracelets anti-rapprochement ? Combien ?
Il y a 1000 bracelets anti-rapprochement qui sont financés.
Qui sont financés. Combien d'hommes portent des bracelets anti-rapprochement en France ?
Alors, moi, je n'ai pas le chiffre exact, c'est un chiffre qui appartient à la justice. Moi, je l'ai. Il y en a vu 61. Il y en a 78. Il y en a plus. C'est-à-dire qu'il y a eu une augmentation, qui date de la fin de semaine.
C'est-à-dire qu'il y a 1000 bracelets disponibles, et 78 ou 80 ou 85 sont portés.
Jean-Jacques Bourdon, vous prêchez une convaincue. Moi, je vais vous dire, quand j'ai été nommée au gouvernement, j'avais sur le terrain plein d'associations qui me disaient, Madame la Ministre, on n'a pas assez de téléphones graves dangers. Et quand j'allais voir à la chancellerie, on me disait, on finance pléthore de téléphones graves dangers. Je disais, mais où sont-ils ? Et nous avions découvert à l'époque qu'ils étaient dans des placards et qu'ils n'étaient pas attribués. Pourquoi ? Parce qu'il faut une décision de justice pour attribuer ce téléphone grave danger. Donc, les bracelets, c'est la même chose. Ils sont dans les placards.
Les bracelets, le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, l'a dit très fermement. Ils n'ont pas vocation à rester dans des tiroirs. Il a adressé, il y a quelques semaines de cela, une circulaire en demandant que la justice attribue ces bracelets que nous avons créés et que nous avons fait financer. Mais le féminicide que vous mentionniez, comme certains autres, nous montre à quel point nous sommes, et je crois qu'il faut avoir la lucidité de le dire, le gouvernement fait tout ce qui est en son pouvoir, mais ne peut pas tout, tout seul.
Quand vous avez face à vous quelqu'un qui est déterminé... Mais où sont les failles ?
Je vais vous dire, on a...
La justice ?
Je vais vous dire, les violences conjugales, elles existent, d'après les anthropologues, depuis l'Antiquité. Il n'y a pas un seul pays au monde qui ait réussi à éradiquer les féminicides.
Sauf que l'Espagne a réussi à faire baisser de 40% les féminicides.
C'est vrai, mais M. Bourdin, l'Espagne a commencé en 2003. La France a commencé en 2017, avec Emmanuel Macron, et avec la grande cause du quinquennat pour l'égalité femmes-hommes, à faire des mesures politiques d'ampleur face aux violences conjugales. Vous n'entendiez pas, dans les précédents gouvernements, des lois, des mesures d'ampleur sur ce sujet. Nous avons passé 4 lois en 4 ans, pour renforcer les droits. L'emprise, la saisie des armes, avant cela n'existait pas. C'est un acquis du Grenelle des violences conjugales.
Maintenant, quand une femme dépose plainte, il y a une grille d'évaluation du danger des forces de l'ordre, avec 40 questions, parmi lesquelles, Madame, est-ce qu'à votre connaissance, il possède une arme ? Si la réponse est oui, les policiers et les gendarmes vont immédiatement procéder à la saisie des armes.
Donc on retire le port d'armes immédiatement.
Exactement, on prend les armes, parce que l'arme à feu, c'est le premier mode opératoire des féminicides en nombre. On dit souvent qu'elle est morte sous les coups de son conjoint. Souvent, et les policiers et les gendarmes le savent bien, c'est par arme à feu et par arme blanche.
Alors, est-ce qu'on retire le port d'armes à un homme menaçant sa conjointe ?
Absolument. Aujourd'hui ?
Oui, la loi le permet.
C'est la loi, et avec Gérald Darmanon, nous avons donné une circulaire pour le rendre obligatoire, et nous voulons aller plus loin. Nous avons proposé au premier ministre...
Attendez, c'est la loi, mais ce n'est pas encore obligatoire.
Alors, c'est la loi, et c'est obligatoire. La loi dit que les forces de l'ordre peuvent, et la circulaire dit que les forces de l'ordre doivent. Ah oui, d'accord. Et avec le ministre de l'Intérieur, nous avons donné cette instruction à la police et à la gendarmerie.
Non, mais il faut être précis dans ces...
Absolument. Vous avez raison. Et autre instruction, nous avons demandé que 100% des plaintes soient prises, qualifiées, transmises au parquet. Prises, ça veut dire que je ne veux pas de main courante pour des violences conjugales, ce sont des faits graves, il doit y avoir des dépôts de plaintes. Bien qualifiées, ça veut dire que même quand il y a des violences psychologiques, de l'emprise, des violences économiques, des viols conjugaux, cela doit être mentionné, et transmise au parquet parce qu'on ne veut plus, comme dans l'affaire, par exemple, de Julie Douybe, apprendre qu'il y a eu 7 plaintes et que certaines n'ont pas été transmises au parquet.
Bien sûr, bien sûr, Marlène Schiappa. Il n'empêche que les conjoints violents peuvent toujours approcher leur femme ou leur compagne. Toujours. Malheureusement, toujours, malgré tous les...
Jean-Jacques Bourdeur, moi, je ne veux pas faire de démagogie. Oui, mais moi non plus. Non, non, mais je ne dis pas que vous en faites, mais je ne veux pas... Moi, je m'appuie sur des faits. Je pourrais vous répondre, non, avec nous, il n'y aura plus de féminicide demain, etc. Pour être honnête, c'est la même chose que pour les faits de terrorisme. Quand vous avez face à vous quelqu'un qui est déterminé à tuer, à Mérignac. À Mérignac, moi, je suis allé voir là-bas avec les policiers, la police municipale. Cet homme, il a donné deux coups de fusil dans les genoux de son ex-compagne, de sa compagne, pour l'immobiliser. Elle s'est écroulée dans la rue. Il l'a immolée.
Elle est décédée du fait d'avoir inhalé, la fumée, exactement. Et ensuite, il est allé mettre le feu à la maison. Et il aurait même fait des photos de ce qu'il a fait. Vous avez là, face à vous, quelqu'un qui n'a pas peur d'être arrêté, qui n'a pas peur de faire la prison, et qui est déterminé à tuer. Et c'est extrêmement difficile pour les pouvoirs publics, et y compris pour les forces de l'ordre.
Et je veux rendre hommage aux forces de l'ordre parce que vous avez 400 fois par semaine des policiers, des gendarmes qui interviennent au péril de leur vie, comme à Amber, où trois gendarmes ont été tués, je veux avoir une pensée pour leur famille, en intervenant pour sauver une femme face à des violences conjugales.
Que dit l'enquête à propos de Mérignac ?
Alors nous, nous avons demandé un rapport d'inspection. L'enquête, c'est la procureure de la République qui est fondée à communiquer. Le rapport d'inspection, il nous sera remis à Matignon, au Premier ministre, au Gardesseau, au ministre de l'Intérieur, Égalité Femmes-Hommes et moi-même, le 9, c'est-à-dire demain. Et donc nous verrons les fonctions.
Vous ne savez rien du rapport ?
Pas encore, nous allons le découvrir lorsqu'il nous sera remis avec le Premier ministre.
Bon, il y a un numéro d'appel, le 39-19, il faut le rappeler. Pourquoi ? D'abord, combien d'appels ? Combien y a-t-il d'appels ? Je crois qu'en 2020, il y a eu 165 000 appels ?
Oui, alors deux choses sur le 39-19. Un, je vais vous répondre, mais vous savez que je ne suis plus en charge du numéro du 39-19. C'est ma collègue qui s'occupe de l'égalité entre les femmes et les hommes désormais. Mais sur le 39-19, je veux dire que moi, quand je suis arrivée, 8% de la population connaissait ce numéro. Après le Grenelle des violences conjugales, près de 70% de la population française connaît ce numéro. C'était la première mission que j'avais, c'était de faire connaître ce numéro. On voit que la parole se libère. Le surcroît d'appels à ce numéro de téléphone en est la démonstration. Il y a des faits qu'avant, on laissait passer, qu'on ne laisse plus passer maintenant.
Et je veux rendre hommage aux témoins, parce que vous avez de plus en plus de témoins à ce numéro, mais aussi à la plateforme arrêtonslesviolences.gouv.fr qui dépend du ministère de l'Intérieur. Vous avez 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, des policiers, des gendarmes et des psys qui répondent aux personnes victimes de ces violences.
Alors pourquoi 60% seulement des appels sont traités ?
Je pense qu'il faut qu'il y ait davantage de moyens pour le 39-19, mais je ne veux pas préempter l'édition de ma collègue.
60% des appels sont traités.
Mais moi, vous savez qu'année après année, j'ai constamment augmenté les moyens du 39-19. J'ai d'ailleurs écrit un livre dont j'ai reversé les droits totalement au 39-19, un livre chez Dallos, un guide juridique sur les droits des femmes face aux violences, pour justement montrer aussi mon soutien à ce numéro et à l'association Fédération Nationale Solidarité Femmes, qui mène un travail important pour gérer ce numéro de téléphone.
Marlène Chappat, lorsqu'Emmanuel Macron explique que les Français vivent un sentiment d'insécurité, est-ce que vous pensez franchement que les Français vivent un sentiment d'insécurité ou une insécurité tout court ?
Je pense que les Français vivent de l'insécurité tout court et qu'on peut aussi avoir un sentiment d'insécurité. J'y reviendrai. On l'a après. Exactement. Mais ce que je veux dire, c'est que le Président de la République, lorsqu'il a dit ça, a évoqué l'insécurité au sens général. Il a parlé d'insécurité économique avec la crise qui nous a frappés pendant ces 15 mois. Il a parlé d'une forme d'insécurité culturelle, d'insécurité pour l'avenir. Il n'opposait pas le sentiment d'insécurité à l'insécurité réelle. Mais je vais vous dire quelque chose.
Et pour être la personne qui a porté la loi contre le harcèlement de rue, quand on est une femme et qu'on prend le métro ou le RER à 21h et qu'on ne se sent pas en sécurité, eh bien même le simple sentiment d'insécurité, c'est déjà un fait important et grave. Parce qu'il nous oblige à avoir des stratégies d'évitement, à avoir peur, à vivre dans l'angoisse, à nous auto-censurer parfois. Et quand on a peur pour sa sécurité alors qu'on rentre chez soi, on n'est pas dans une bonne posture, par exemple quand on arrive au travail le lendemain, pour aller être conquérant, relever les épaules et demander une augmentation de salaire.
Alors qu'on vient de faire tout un trajet dans une posture de peur dans laquelle on a été obligé de se faire discrète et de se renfermer sur soi-même.
Emmanuel Macron qui part en France, il sera demain à Valence. Oui. Pourquoi ? Pour ne plus paraître arrogant et distant ? Est-ce que c'est une manière de... Mais non, comme j'y vais... C'est le sentiment d'une partie des Français, vous le savez bien, qui le considère arrogant et distant.
Dans ces cas-là, ils vont le rencontrer... Et méprisant. Eh bien, écoutez, ils vont le rencontrer et probablement changer d'avis parce que toute la politique menée par la Présidente de la République démontre le contraire. Et d'ailleurs, il nous est plutôt en général reproché de trop créer de consultations...
Démontre le contraire. Tout le monde n'est pas convaincu à Marlène Schiappa.
Eh bien, justement, c'est bien pour ça que le Président de la République va la rencontre des Français pour accompagner un certain nombre... Les Français sont en train de finir leur déclaration d'impôt. Vous avez 80% des Français qui ne paieront plus de taxes d'habitation grâce à la politique du Président Emmanuel Macron. Et je veux vous dire que ce dialogue direct avec les Français, c'est ce qui fait notre marque de fabrique. C'était la Grande Marche en 2016-2017. C'était ensuite le Grand Débat National. C'est maintenant le Tour de France. Le Président Emmanuel Macron est dans ce dialogue direct avec les Français. Il le poursuit et c'est tout à fait souhaitable.
Est-ce qu'il n'y a qu'une alternative politique en France ? Emmanuel Macron ou Marine Le Pen ?
Ça, ce sont les électeurs qui décideront.
Oui, oui. C'est évidemment. Ce sont les électeurs qui décideront. Moi, je me crois
à la démocratie. Il est important que chacun puisse se présenter.
Qu'en pensez-vous ? Il n'y a qu'une alternative ?
Emmanuel Macron ou Marine Le Pen ? Non, pas du tout. C'est pour ça qu'il y a d'autres candidats et on voit à mesure des élections. Mais au dernier deuxième tour, c'était un duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen et les sondages nous disent qu'a priori, c'est ce qui se décide.
Vous le souhaitez, ce duel ?
Moi, je souhaite personnellement qu'Emmanuel Macron se représente, qu'il soit réélu et qu'il puisse faire un deuxième quinquennat.
Et qu'il affronte Marine Le Pen ?
Non, moi, je souhaite que Mme Le Pen ne soit pas au deuxième tour pour la vitalité démocratique de mon pays. Vous laissez la place à qui ? J'aimerais qu'on puisse savoir...
Jean-Luc Mélenchon ?
Non. Vous savez, moi, je... Non ? Ah bon ? Pourquoi ? Sur un certain nombre de sujets, mais je vais vous répondre. Sur un certain nombre de sujets, par exemple, sur la laïcité, nous, nous avons une ligne très claire. Nous ne disons pas, comme M. Mélenchon, que les attentats seraient le fait de complotistes et qu'il y aurait une forme de manipulation puisqu'il a tenu hier des propos complotistes. Complotistes ? Mais bien sûr, Jean-Luc Mélenchon ne sent des propos complotistes, je le dis. Hier, M.
Mélenchon a dit à l'antenne d'une grande radio qu'il y avait, avant chaque élection présidentielle, qu'il y avait, comme par hasard, un attentat en mentionnant la responsabilité d'un « il » au pluriel, très vague et on a un mélange de paranoïa et d'autisme. Écrit d'avance, dit-il.
C'est écrit d'avance.
Oui, c'est honteux. Et d'ailleurs, il y a une condamnation unanime de la classe politique et de regarder les propos de Mme Latifa Imziaten. Vous voyez qui est Mme Latifa Imziaten. Bien sûr. Son fils simal.
Victime de Mera.
Exactement. A été tué par le terroriste M. Mélenchon. Et Jean-Luc Mélenchon se permet de dire que cela serait un complot, ça manque de respect aux familles des victimes. Et donc, pour revenir à mon propos, sur la laïcité. Moi, je ne crois pas comme Europe Écologie Les Verts qu'il faille financer le CCIF. Je ne crois pas comme le Rassemblement National qu'il faille interdire le voile ou la kippa dans l'espace public et verbaliser les gens qui portent une kippa dans la rue. C'est ce que M. Bardella a annoncé qu'il souhaitait faire hier. Et je ne crois pas comme Jean-Luc Mélenchon que les attentats islamistes soient dus à une forme de complot général de l'oligarchie.
Les régionales, est-ce que les listes La République En Marche doivent se retirer entre les deux tours s'il y a risque d'élection d'un candidat ou d'une candidate du Rassemblement National ?
Moi, je ne m'entame pas une démarche pour me retirer. Et vous voyez bien que nous avons mené une campagne forte en Ile-de-France. Nous avons d'énormes mobilisations, beaucoup de militants sur le terrain avec beaucoup d'enthousiasme autour de Laurent Saint-Martin en Ile-de-France. Vous ne vous retirerez pas parce qu'il n'y a pas
grand risque de voir le Rassemblement National l'emporter. Mais s'il y avait risque, enfin risque, ou possibilité pour être impartial ?
Moi, je suis très claire. Vous pouvez toujours compter sur la majorité présidentielle pour faire barrage au Rassemblement National. Nous l'avons prouvé dans un certain nombre d'autres régions. Je pense à la région PACA. Il y a un risque du Rassemblement National. Nous avons pris nos responsabilités. Nous verrons ce qu'il en est. En tout cas, en Ile-de-France, je souhaite que les listes de Laurent Saint-Martin fassent le score le plus haut possible pour que nous puissions affronter Valérie Pécresse, la présidente sortante. Vous dites merci
à Xavier Bertrand qui a appelé à faire barrage au Rassemblement National. C'est la moindre des choses. C'est une ministre qui a été élue députée.
Mais je ne vais quand même pas remercier Xavier Bertrand de prendre ses responsabilités. C'est la moindre des choses. C'est la moindre des choses quand on représente une force dite républicaine de faire barrage au Rassemblement National. Mais c'est vrai que ça nous change. Ça nous change de M. Guillaume Pelletier qui court après le Rassemblement National dans ses propositions. Ça nous change de Valérie Pécresse qui fait croire qu'elle serait Macron-compatible mais qui, en réalité, dans ses propositions, met un signe égal entre l'immigration et le terrorisme. C'est la course à l'échalote derrière le Rassemblement National.
Donc, c'est bien que nous ayons des personnes qui soient claires sur ce sujet.
Les États généraux de la justice, quand ? À la rentrée ? À l'automne ?
Ça appartient à Éric Dupond-Mouretti, le garde des Sceaux.
Mais avec les forces de l'ordre qui participeront.
Alors, oui, vous savez qu'il y a un dialogue et nous avons deux ministres qui travaillent très bien ensemble. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, Éric Dupond-Mouretti. Tout est merveilleux. Non, c'est pas que tout va bien. Non, tout va pas bien. Il y a beaucoup de problèmes dans notre pays et notamment sur ces questions-là. Mais justement, pour mettre une solution en face de ce problème, on a connu dans le passé des affrontements stériles entre police et justice. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Éric Dupond-Mouretti s'est rendu au Beauvau de la Sécurité. Il est venu pour échanger dans un dialogue franc avec notamment les syndicats de policiers.
Moi-même, j'ai organisé une table ronde du Beauvau de la Sécurité consacrée à la qualité de vie au travail, aux risques psychosociaux et à un sujet dur et important, la question du suicide des forces de l'ordre. Et précédemment, et je remercie le ministre de l'Intérieur de me l'avoir confié, j'ai proposé d'organiser un temps de travail sur les familles, les femmes, les maris des forces de l'ordre, les enfants qui vivent dans une angoisse profonde. Tout cela, c'est dans le cadre du Beauvau de la Sécurité.
Bien, Mila, vous allez, je crois savoir que vous êtes en relation permanente avec ses parents. Absolument. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous allez l'aider à s'accomplir dans la vie, je ne sais pas, l'accompagner ?
J'aide Mila depuis le début dans la mesure de mes possibilités. Vous êtes en dialogue
avec elle ?
Oui, bien sûr, avec sa famille. Elle m'a offert un portrait pour mon anniversaire parce que c'est une artiste également, Mila. Et voilà, moi je soutiens Mila dans le respect bien sûr de la séparation des pouvoirs dont je ne prononce pas sur le procès qui est en cours mais de façon empirique et je les ai dit à de nombreuses reprises, je soutiens cette jeune fille qui se trouve dans une situation terrible, qui doit vivre sous protection policière, qui est menacée de mort et qui est empêchée de s'accomplir dans la vie parce qu'elle a des hordes d'islamistes qui se sont ligués contre elle sur les réseaux sociaux pour avoir fait des blagues qu'on peut apprécier ou non.
C'est du sacrilège pour certains.
Ce n'est pas un sacrilège. Est-ce que ça mérite ? Vous voyez, je trouve que dans notre...
Je pose la question.
Je vous réponds.
Est-ce que vous pouvez comprendre qu'on soit choqués ?
Non, sûr que je comprends qu'on soit choqués. Mais de la même manière, je comprends qu'on soit parfois choqués par des unes de Charlie Hebdo. Mais M. Bourdin, moi je crois au dialogue, je crois à l'état de droit. Je pense que la réponse à tout ne peut pas être la menace de mort. Et je le déplore parce que j'en suis moi-même victime des centaines de fois par jour sur les réseaux sociaux. On est un responsable politique, on va prendre une position. Au lieu d'avoir comme réponse, je ne suis pas d'accord avec vous, et voilà pourquoi, et parlons-en, et peut-être qu'on va s'écouter, on a comme réponse des insultes, des injures, des menaces de mort immédiatement.
Je crois qu'il y a une dangerosité du débat public et où on va directement à la menace de mort. Et les réseaux sociaux ont une immense responsabilité. J'accuse Twitter de ne pas en faire assez contre la haine en ligne. Nous, nous avons renforcé les moyens de Pharos. Nous avons créé une unité de contre-discours républicain pour contrer les discours islamistes sur les réseaux sociaux. Il y a des réseaux sociaux qui avancent. Je pense à Facebook notamment qui fait un travail engagé sur ce sujet. Je le salue. Mais Twitter, trop souvent, n'est pas au rendez-vous.
Merci Marlène Schiappa d'être venue nous voir ce matin. RMC et BFM TV.