Alliances avec LFI, "pseudo-fronts antifascistes"... Le "8h30 franceinfo" de Raphaël Glucksmann
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Bonjour Raphaël Glucksmann. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour à tous les deux. Bonjour. Malgré les grandes déclarations des dernières semaines, des accords LFI-PS fleurissent partout en France, à Toulouse, Limoges, Brest, Nantes, Lyon, Avignon. Que s'est-il passé ? Ils se sont vendus pour un plat de lentilles, Raphaël Glucksmann ?
Vous savez, moi je pense que la politique c'est aussi une affaire de clarté, de clarté sur les principes, de clarté sur la stratégie, de clarté. Et que tout cela manque singulièrement de clarté. On ne peut pas dire il y a 15 jours que Jean-Luc Mélenchon tient des propos antisémites et ensuite constituer avec lui et son parti des pseudo-fronts antifascistes pour lutter contre la droite ou le centre-droit.
Vous ne croyez pas ces fronts antifascistes ?
Mais écoutez, qui pense sincèrement qu'il y a une menace fasciste au moment où nous parlons sur la ville de Toulouse, par exemple, quand M. Moudinck est candidat ? Je veux dire, les mots ont un sens. Et je crois que dans une période extrêmement troublée, où les démocraties sont attaquées, où l'extrême droite menace réellement de s'emparer du pays dans un an, eh bien on ne peut pas jouer avec ces mots-là. On ne peut pas jouer avec la politique. C'est une affaire bien trop sérieuse.
Et que donc, même quand c'est difficile, même quand ça requiert des sacrifices, et précisément quand c'est difficile et quand ça requiert des sacrifices, il faut avoir une colonne vertébrale et il faut avoir la nucrade. C'est pour ça qu'avec Place Publique, nous refusons toutes ces fusions, sans exception, avec la France insoumise. C'est pour cela que nous retirons nos candidats sur toutes les listes qui font la fusion et que nous avons une ligne claire partout en France.
Pourquoi ils ne vous écoutent pas à Toulouse, Limoges, Brest, Nantes, Lyon, Avignon ? Est-ce que vous vous sentez encore entendu à gauche ?
Moi je me sens totalement entendu par M. Payan, à Marseille, qui reste solide sur ses appuis, qui a la nuque raide et qui va affronter le Rassemblement National, qui va empêcher que la seconde ville de France bascule aux mains de l'extrême droite, sans se compromettre avec M. Delogu.
Il refuse l'alliance avec LFI à Marseille.
Ça c'est la politique au sens noble, au sens grand du terme. Moi je me sens en phase avec M. Grégoire, qui va combattre à Paris pour empêcher Mme Dati de s'emparer de la ville et pour faire en sorte que Paris reste une ville écologiste, démocrate, de gauche. Sans appeler Sophia Shikiru. Sans tomber dans le piège de Sophia Shikiru. Moi je me sens en phase avec Mme Aperet, à Rennes, qui refuse aussi la fusion avec la France insoumise, malgré les menaces qui pèsent sur Rennes. Moi je me sens en phase avec Mickaël Delafosse, qui mène un combat exemplaire...
À Montpellier.
Contre les insoumis à Montpellier. Et je me sens en phase avec cette ligne-là. Je me sens en phase avec notre maire, place publique, Hervé Guillard, à Saint-Brieuc, qui voit une menace de droite sur la ville, mais qui refuse de faire la fusion parce qu'on ne s'allie pas avec un parti qui tient des propos antisémites ou qui menace les principes même de la République, qui les foule au pied.
Pourquoi ces fusions alors, Raphaël Guzman ? Je vous demandais, est-ce qu'ils se sont vendus pour un plat de lentilles ? Comment vous expliquez ces fusions, malgré les déclarations répétées ces dernières semaines, les prises de distance officielles du Parti Socialiste avec la France insoumise ? Comment vous expliquez cette bascule ?
Moi je crois qu'il y a sans doute des gens de bonne foi qui se sont dit que c'était la seule manière de conserver leur ville. Je ne le pense pas. Je pense qu'en étant ferme, en étant solide, on crée des dynamiques politiques et des dynamiques électorales. Je ne crois pas moi à ces fusions. Je ne pense pas qu'elles soient éthiquement justes et je ne pense pas non plus qu'elles soient électoralement payantes. Parce qu'en réalité, il y a beaucoup, beaucoup d'électrices et d'électeurs de gauche qui sont légitimement, profondément, viscéralement choqués par les propos, par la manière de faire de la politique de la France insoumise et de Jean-Luc Mélenchon.
Et que donc, c'est un risque majeur qui est pris à la fois pour notre identité politique, l'identité politique des gens qui font ça, et même électoralement. Et donc, ce n'est pas simplement une position morale, si vous voulez. C'est une position profondément politique. Vous pensez que c'est aussi une situation stratégique ? Je pense que la seule manière, pour la gauche républicaine et démocrate, d'être la digue face à l'extrême droite, parce que ce sera ça l'enjeu des mois, des semaines, des années qui viennent, et la seule manière de reprendre le pouvoir, d'aspirer à à nouveau conduire le destin immense de la France, la seule manière, c'est la clarté.
La seule manière pour être crédible quand on défend la démocratie, quand on défend la République, c'est de ne pas s'allier à Jean-Luc Mélenchon et à ceux qui foulent au pied les principes républicains.
Ce n'est pas la ville. En tout cas, le premier secrétaire du PS, il assume ces accords. Écoutez Olivier Faure hier sur France 2.
En raison des déclarations de Jean-Luc Mélenchon, avec lesquelles je suis en profond des accords, il n'y a pas eu d'accord national avec la France insoumise. Maintenant, vous allez me parler de cinq villes. Il y a quasiment 35 000 communes en France. La question qui est posée, c'est de savoir comment les gens seront gouvernés dans leur ville. Pour ma part, je comprends parfaitement les choix qui sont faits.
Et vous déçoit Olivier Faure, Raphaël Glussmann ?
Vous savez, ce n'est pas ma manière de faire de la politique. Je vais vous répondre très franchement. Je ne pense pas que ce soit simplement des désaccords, les déclarations de Jean-Luc Mélenchon. Je ne pense pas qu'à gauche, on puisse jouer sur les noms à consonants juifs ou étrangères. Je ne pense pas qu'à gauche, on puisse traiter les sociodémocrates de petits bourgeois visqueux. Je ne pense pas qu'à gauche, on puisse faire de la brutalisation et de l'injure, une méthode politique.
Il y a une différence de valeur entre Olivier Faure et vous ? Une différence de perception de ce qui s'est passé avec Jean-Luc Mélenchon ces derniers jours ?
Il y a une différence de perception sur la nature de la rupture qui est la nôtre avec la France insoumise. Ce n'est pas juste des désaccords. On n'est pas dans une famille où on s'engueule à table et ensuite, à la fin, on se réconcilie au moment du dessert. Je ne crois pas à ça. Ce n'est plus la même famille. Nous n'appartenons pas à la même famille.
Ce n'est pas la famille de la gauche ?
Jean-Luc Mélenchon a quitté les rives de la gauche. Il a renié notre histoire. Il a renié notre rapport au monde. Il a renié notre rapport à la politique. Il a renié toutes les traditions. Vous savez, jouer sur les noms à consonants juifs, vous pensez sincèrement que c'est une tradition de gauche dans notre pays ? Vous pensez que c'est ça la gauche ? Non, la gauche, c'est l'antithèse de ça. Tous ceux dont nous sommes les héritiers, c'est l'antithèse de ça. Et ça, c'est une tradition qui ne vient vraiment pas de la gauche, qui vient même de l'opposé absolu de la gauche. Et donc, en fait, il faut acter les choses. Il ne faut pas avoir peur de trancher. La peur, Olivier Faure ?
Il ne faut pas avoir peur. Vous savez, moi, j'ai relu le discours merveilleux de Léon Blum sur le candiraton communiste. C'était peu de temps après la libération. Il s'adresse aux socialistes et il leur dit « Mais soyez fiers de ce que vous portez. Arrêtez d'avoir peur. » C'est ces mots « Arrêtez d'avoir peur de ce que diront de vous, les communistes, à ce moment-là. Arrêtez d'avoir peur de leurs attaques, de la polémique communiste, comme il le dit. Arrêtez d'avoir peur et soyez fiers de ce que vous êtes. » Et vous avez gagné le premier tour. Parce que ça, c'est un récit qui est imposé par les Insoumis. Une vague Insoumise. Mais sérieusement, regardez les chiffres.
Il y a une percée Insoumise quand même. Il y a une percée Insoumise. Mais penchez-vous sur les chiffres. Moi, je suis désolé. Je suis quelqu'un de très basique. Il y a un tableau. À Paris. À Paris. Sophia Chikirou. Nettement moins. 11%. Nettement moins qu'aux européennes. À Marseille. Sébastien Deslogu. Et je ne compare même pas avec la présidentielle de 2022 où Mélenchon avait complètement écrasé le jeu. À Marseille. Sébastien Deslogu. 11,94%. 10 points de moins qu'aux européennes. Vous appelez ça une percée ? C'est la même chose à Montpellier. C'est la même chose à Nantes. C'est la même chose partout. Il n'y a pas de percée Insoumise.
C'est un récit qui est imposé et qui est repris par des journalistes paresseux et intériorisés par des dirigeants politiques de gauche fatigués. Eh bien non. Non. Il n'y a pas de vent Insoumis qui souffle sur ce pays. Nous n'avons aucune raison d'avoir peur. Vous ne criez pas dans le désert, Raphaël Luxman ?
Vous ne criez pas dans le désert, là ?
Mais je ne crie absolument pas dans le désert. Vous avez vu ce que fait Benoît Payan à Marseille ? Mais vous avez vu le courage et la clairvoyance que cela suppose ? On va revenir à Marseille. Mais je ne suis absolument pas dans le désert. Je vais vous raconter sur la noblesse de l'engagement politique. Moi, j'étais à Limoges. J'étais à Limoges et j'ai discuté avec nos six candidats qui étaient en position éligible de place publique. Permettez-moi de vous interrompre. C'est très important. Aujourd'hui, tout le monde discrédite la politique. Et vous avez des gens qui allaient être élus et qui, tous, étaient d'accord pour se retirer.
C'est-à-dire perdre le fruit de leur engagement politique, perdre leur statut, perdre leur rôle, perdre leur mission pour leurs principes. Et c'est la même chose dans un nombre grand de lignes.
Vous ne vous sentez pas sur la gauche. À Limoges, vous êtes allé soutenir Thierry Miguel, candidat de l'Alliance PS, PCF, en communiste et place publique. Devant 700 personnes. Vous avez appelé à rompre définitivement avec Mélenchon et la fille en expliquant, je vous cite, « Il faut qu'on arrive à être clair sur notre refus d'Alliance. Elles sont éthiquement impossibles et politiquement catastrophiques. » Ça, c'était jeudi dernier. On est mardi matin. Votre candidat vient de conclure un accord avec le député LF. Damien Maudet, le candidat que vous souteniez concrètement. Qu'est-ce qui s'est passé ? Est-ce que votre ligne est tenable ?
Mais notre ligne est tenable. Elle est tenable dans beaucoup de villes. En fait, chacun est placé face à ses responsabilités dans cette situation. Et effectivement, les individus ne font pas les mêmes choix partout. Et donc, moi, ce que je vous expose, c'est mon choix. C'est ma manière de faire la politique. Et quand j'ai été à Limoges, je savais que ce serait difficile. Je savais les discussions qu'il y avait. Et vous savez, beaucoup de gens m'avaient dit, « Ne va pas à Limoges parce que la situation est très compliquée et qu'il y a la tentation d'une alliance avec les filles. » Et je me suis dit, précisément, il faut aller là où c'est difficile, là où ça se discute, là où ça se discute.
Vous n'ont pas écouté pour reprendre ce que dit Agathe,
vous trichez dans le désert. Raquel Garrido tweet, « La ligne Glucksmann est totalement défaite à Limoges. »
Mais la ligne Glucksmann, elle est aujourd'hui en plein combat à Marseille, face à l'extrême droite. Et il faut que Benoît Marseille, on vous parle aussi des autres villes de France. Regardez, à Paris, dans la ville où vous avez votre studio, ce que fait Emmanuel Grégoire, c'est la noblesse de la politique. Et il faut impérativement qu'il y ait une dynamique pour Emmanuel Grégoire et qu'il soit maire de Paris et qu'il gagne dans la dignité. Il n'y a pas que Paris et Marseille en France. On vous parle d'autres villes, là, Limoges, vraiment ? Je vous parle de Rennes, je vous parle de Montpellier.
Mais donc, on a un parti socialiste qui est coupé en deux. Est-ce qu'il ne faut pas que la rupture aille au bout ? Il faut trancher. Est-ce que c'est tenable, ce parti socialiste, avec deux ailes qui se divisent ?
Il faut aussi dire quelque chose. Pendant des années, la distance que vous mettiez face à la France insoumise catégorisait le fait que vous êtes très à gauche, pas à gauche. Par exemple, on a dit, c'est la droite du PS. Ceux qui ne veulent pas d'alliance avec la France insoumise. Mais en fait, ce n'est pas la France insoumise qui doit définir si vous êtes de gauche ou de droite. Ce n'est pas à Jean-Luc Mélenchon qui a quitté les rives de la gauche, en réalité, de décider qui est de gauche ou de droite. Et tous les effets de cadrage qui se multiplient dans la presse ou dans les discours politiques sont faux.
Et donc, est-ce que le PS doit aller au bout de cette rupture, vu qu'il y a deux PS qui ne sont pas d'accord entre eux, notamment sur ce positionnement-là ?
Vous savez, moi, je ne suis pas au parti socialiste, ça ne vous a pas échappé. Et nous, nous avons une ligne extrêmement claire et un cap très clair. Maintenant, moi, ce que je pense, c'est que la gauche, mon but est que la gauche revienne au pouvoir. Pour remettre de la solidarité dans la France. Pour faire en sorte que la transformation écologique soit assumée comme une politique nationale. Pour sauver la démocratie, pour lutter contre l'extrême droite et l'empêcher de prendre le pouvoir. Je pense que la seule voie pour la gauche républicaine et démocratique de le faire, c'est d'être dans la clarté.
Et qu'on ne peut pas aller combattre pour la démocratie et pour la République avec le boulet de Jean-Luc Mélenchon au pied. Je pense que ce n'est pas simplement de la morale ce que je fais, c'est de la politique. C'est une stratégie politique que je sais, que je crois, que j'espère, que je pense être gagnante. Mais pour ça, il faut faire preuve de courage dans des moments difficiles. Et vous savez, moi, je vais vous dire, c'est à chaque fois des choix personnels extrêmement compliqués. Moi, je pense par exemple à Jérôme Hausslander, qui est adjoint à la mairie de Clermont-Ferrand. C'est l'engagement de sa vie, c'est sa mission. Et là, il va y avoir une fusion. Et qu'est-ce qu'il fait ?
Eh bien, il se retire. Il perd sa mission, il perd son travail, il perd son salaire. Il le fait pourquoi ? Parce qu'en fait, il s'engage pour des principes et pour des idées. Et ces exemples-là, partout en France, eh bien, réenchanteront le rapport à la politique, feront en sorte que les électrices et les électeurs, les citoyennes et les citoyens, croient à nouveau dans la politique. Il faut montrer que nous sommes capables, que nous sommes assez cohérents, que nous sommes assez fermes et assez forts pour risquer des pertes, afin de pouvoir défendre nos principes et de pouvoir gagner.
Parce que le but, à la fin, ce sera ça, c'est de gagner. On va justement, dans un instant, s'interroger aussi sur les conséquences de ces municipales, sur la présidentielle. On va parler des écologistes aussi. Mais tout de suite, il est 8h47. Et c'est l'info en une minute avec Maureen Sunia.
Les prix du pétrole continuent d'augmenter à cause de la guerre au Moyen-Orient et après des attaques sur des installations énergétiques. Plus 5% ce matin, le baril dépasse de nouveau les 100 dollars. Les Etats-Unis pressent les membres de l'OTAN d'agir pour débloquer le détroit d'Hormuz. Nouveau conseil de sécurité cet après-midi à l'Elysée sur la situation en Iran et au Moyen-Orient. Cette guerre où un soldat français a déjà été tué, Arnaud Friand au Kurdistan irakien. Une cérémonie d'hommage national se déroule ce matin. Il faisait partie du 7e bataillon de chasseurs alpins de Vars en Isère.
Le candidat socialiste à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, réaffirme ce matin son intention de ne pas créer une alliance avec la France insoumise. Pas d'alliance non plus à Marseille où le socialiste Benoît Payan est en tête, mais talonné par Franck Alizio du Rassemblement National. Il y a eu le match allé avec une victoire 5-2 de Paris. Il y a ce soir le match retour face à Chelsea. Les Parisiens vont tenter de se qualifier pour les quarts de finale de la Ligue des champions de football. Rencontre à suivre dès 21h sur France Info. France Info. Le 8.30 France Info. Agathe Lambret, Paul Larouturou.
Avec Raphaël Glucksmann, député européen place publique, on parle aussi des écologistes, Paul.
Mais oui, parce qu'à Lyon, Strasbourg ou Grenoble, les écologistes aussi ont cédé à ces alliances. Monsieur Glucksmann, on écoute Marine Tondelier à votre place. Et monsieur Hollande, mais comme monsieur Glucksmann, ils n'ont pas le monopole des valeurs. Parce que pour se draper dans une posture confortable, au fond, ils ne veulent pas qu'on gagne. Ils veulent mettre les électeurs de gauche et écolo dans des situations où ils ne peuvent pas gagner. Voir, ils étaient dans les villes de gauche et ils ne vont plus l'être à cause de ce genre de déclaration de France. C'est quand même fou. Je ne parle pas sur les discours de Jean-Luc Mélenchon, mais sur certaines politiques publiques.
Des fois, on est plus proche que de la France insoumise. Dimanche soir sur TF1, Marine Tondelier était très dur avec vous en disant « Vous n'avez pas le monopole des valeurs, vous n'avez pas le monopole des valeurs en substance. » Est-ce que vous préférez la gauche qui perd ? Est-ce que vous êtes prêt à perdre des villes pour vos valeurs ?
Je veux la gauche qui gagne. Je veux même qu'on revienne au pouvoir en France. Et je vous dis que la seule manière de le faire, c'est d'être clair. Vous êtes des citoyens français, vous ne donnez pas les clés du pays dans une situation aussi difficile à des gens qui foulent au pied leurs principes, qui déclarent que « Oui, Jean-Luc Mélenchon fait des déclarations de simite, mais finalement c'est une virgule parce que le lendemain, on fait un accord pour une ville qui est menacée par le centre-droit. » Je veux dire, il y a une exigence de cohérence et de fermeté sur ces principes et ces convictions quand on fait de la politique.
Et moi, ce que je veux vous dire, c'est que ce n'est pas une question de morale. C'est ce que j'essaie d'expliquer.
On a compris, mais vous n'avez pas les mêmes attentes entre les écologistes et les socialistes ? Vous n'attendez pas autant des écologistes ?
Regardez ce que font les écologistes. Prenez par exemple à Strasbourg. Sérieusement. On nous explique qu'il faut faire un front antifasciste. Déjà, c'est quand même difficile de croire un front antifasciste quand il s'agit de centre-droit. Mais alors, à Strasbourg, la menace, c'est quoi ? C'est Mme Trottmann. C'est une social-démocrate, c'est une socialiste. Et ça, ça justifie une alliance avec un parti qui tient des propres antisémites, qui fout le pied des principes de la République, qui brutalise le débat public et qui s'oppose fermement au progrès de la construction européenne ou à la lutte contre les régimes autoritaires.
Non mais vraiment, vous pensez sincèrement que Mme Trottmann est une menace qui justifie de tels accords ? Non, en réalité, ce que cela veut dire, c'est qu'il y a une tentation de faire des fusions avec LFI, quelles que soient les situations.
Chez les écologistes ?
Quelles que soient les situations chez les écologistes.
Ils ne sont pas dans la rupture avec Jean-Luc Mélenchon ?
Absolument pas. La preuve...
Parce que Marine Tondelier a condamné les propos de Jean-Luc Mélenchon.
Quand on me demandait, mais pourquoi vous n'allez pas à la primaire ? Pourquoi vous n'allez pas à la primaire ? Pourquoi vous n'allez pas à la primaire ? Et je répondais, mais moi, je ne peux pas aller à une primaire avec des gens qui seront prêts à chaque élection à faire un accord avec la France insoumise, qui refusent d'acter la rupture avec la France insoumise. Oui, à chaque élection. Quand la menace identifiée qui justifie l'accord, c'est la social-démocratie de Mme Trottmann, vous vous rendez compte ? En réalité, il y a des gens qui ont fait le nouveau Front Populaire parce qu'il y avait la menace de l'extrême droite, la prise du pouvoir par Jordan Bardella, trois semaines après.
Parce que la menace était imminente de voir l'ensemble du pays contrôlé par l'extrême droite. Et il y en a d'autres, et il y en a d'autres, qui en fait font des alliances avec Jean-Luc Mélenchon à chaque élection, même quand la menace, c'est la social-démocratie. Et bien, moi, je vais vous dire, ce n'est pas mon rapport à la démocratie, ce n'est pas mon rapport à la politique, ce n'est pas non plus le rapport à la démocratie et à la politique. De nombreux candidats, de nombreux maires, qui font le choix de la clarté et qui, dimanche prochain, doivent gagner. Moi, je serai un militant de base pendant une semaine pour faire en sorte que M.
Payan gagne à Marseille, pour faire en sorte que Mme Apéret gagne à Rennes, pour faire en sorte que M. Grégoire gagne à Paris, pour faire en sorte que M. Guillard gagne à Saint-Brieuc, pour faire en sorte que M. Delafosse gagne à Montpellier et que nous puissions montrer que c'est dans la clarté qu'on construit nos victoires et que c'est une vérité ce dimanche et que ce sera une vérité ensuite pour la France.
Raphaël Glucksmann, de l'autre côté de l'échiquier politique, le candidat à Horizon Renaissance, Pierre-Yves Bournazel, a officiellement rallié, enfin sa liste a rallié, la candidate Les Républicains, Rachida Detti. On l'écoute hier soir sur France 2.
Que nous avons décidé de fusionner nos listes. Pourquoi ? Parce qu'une majorité de Parisiens attend le changement et l'alternance. Pour moi, ça s'arrête là. J'ai réalisé mon devoir.
Voilà, Pierre-Yves Bournazel qui fusionne sa liste avec celle de Rachida Detti, mais qui se retire lui-même personnellement. Qu'est-ce que vous pensez de sa démarche ?
Ce qu'il nous dit, en réalité, en se retirant, c'est qu'en fait, il a été contraint à cette alliance. Contraint par M. Philippe, contraint par M. Macron, le président de la République, contraint par les appareils politiques et que lui-même a fait campagne en expliquant le danger que représente Rachida Detti pour Paris. Et donc, moi, ce que je dis, et je lance un appel solennel aux électrices et aux électeurs parisiens, et en particulier aux électrices et aux électeurs centristes, eh bien, vous avez un candidat, M.
Grégoire, qui ne s'est compromis sur aucun des principes fondamentaux, qui a pris le risque de refuser l'alliance avec Mme Chikirou et qui va défendre un pari démocrate, solidaire, écologiste. Et il faut, et surtout, un pari de la probité, un pari de l'intégrité. Et il faut, il faut que M. Grégoire gagne. Et finalement, il offre, en refusant l'alliance, un choix extrêmement clair aux Parisiennes et aux Parisiens. Et si les électrices et les électeurs de M. Bournazel m'écoutent ce matin, je leur dis que voter en fonction de leur conviction, eh bien, franchement, c'est choisir cette clarté qu'incarne M. Grégoire.
Il est courageux, Pierre-Yves Bournazel ?
Mais je vais faire la fusion après avoir, à ce point, attaqué Mme Dati et souligner les risques que pose Mme Dati. C'est problématique. Se retirer, ça veut dire qu'en fait, il n'assume pas et il refuse d'assumer, d'endosser ce qui lui a été imposé par les appareils politiques. Alors, Edouard Philippe. Mais moi, ce que je vous dis, c'est qu'ensuite, les électrices et les électeurs sont libres. Et ils savent pourquoi ils n'ont pas voté pour Mme Dati. Et quels sont les problèmes de la candidature de Mme Dati. Et moi, je vous le dis, nous avons, avec M. Grégoire, la possibilité de conserver Paris à gauche, Paris dans la démocratie, dans la probité, Paris dans la clarté.
Et à Paris, à Marseille, Marine Tondelier, des écologistes qui étaient à votre place, dit, ok, mais vous prenez un énorme risque à Marseille que Stéphane Ravier gagne ou à Paris que Rachida Dati gagne, en partant sans LFI. Vous êtes conscient de ce risque-là ?
Mais moi, je ne pense pas que nous soyons juste des moralistes ou des poètes, voyez-vous. Quand on a une stratégie politique, elle est aussi fondée sur la raison, sur l'analyse de la carte politique, électorale. Et quand M. Payan décide de refuser, c'est à la fois une question de principe, mais c'est aussi une question d'efficacité électorale. Nous avons des électeurs et des électrices centristes, humanistes, démocrates, qui ne veulent pas que leur ville bascule dans l'extrémisme, qui ne veulent pas du Rassemblement national à la tête de la seconde ville de France,
ceux qui saurnaient être des vagues,
et qui choisiront de voter pour M. Payan, précisément parce qu'il est clair, précisément parce qu'il n'est pas contaminé par l'extrémisme lui-même, parce que lui, il a la nuque raide et qu'il défend les principes républicains dans la clarté. Et moi, je pense que ce sera électoralement payant. Justement, vous vous dites que les... Moi, je pense que nous devons, nous tous, nous transformer en militants de base de M. Payan, et de faire en sorte qu'il gagne les élections dimanche. Et que vous n'avez, de toute façon, qu'un seul choix, si vous voulez éviter que le Rassemblement national triomphe à Marseille, c'est le vote pour le printemps marseillais, c'est le vote pour M. Payan. Raphaël Lufan,
non, pardon, mais... Parce que vous dites que les élections d'aujourd'hui, les comportements d'aujourd'hui auront des conséquences aussi sur la présidentielle de demain. Vous appelez à la clarté. Aujourd'hui, je vous demande clairement, en cas de duel RN-LFI à la présidentielle, est-ce que vous votez RN ? Est-ce que vous votez LFI ? Est-ce que vous vous abstenez ?
Je vais vous dire une chose.
Ben si, c'est pour savoir...
Parce que c'est aussi important. Vous savez que vous avez une responsabilité, Mme Lambret ?
À vous poser cette question ?
Non, vous avez une responsabilité, les médias, de manière générale. Vous répétez, depuis dimanche, qu'il y a une vague insoumise. Ce qui est faux dans les faits. Je vous donne les faits. Actuellement, il y a une percée. Tout le monde reprend les éléments de l'anglais. Aujourd'hui, aujourd'hui...
LFI s'est emparé au premier tour de Saint-Denis, la plus grande victoire de France.
Le grand jeu des journalistes, c'est de vous dire, il y aura un duel entre Jean-Luc Mélenchon et Jordan Bardella. Vous savez quoi ? Il y a une majorité de Françaises et de Français qui refusent cette hypothèse. Mais si jamais il avait lieu... Pourquoi vous ne dites pas ? Arrêtez de nous placer dans une hypothèse qui n'existera pas. Regardez, là, il n'y a pas un duel et LFI RN. Il n'y a pas un duel et LFI RN. Donc vous refusez de répondre à cette question. Non, mais je refuse ce jeu. Moi, je ferai tout pour battre le Rassemblement National. Et nous serons la digue face au Rassemblement National.
Précisément parce que nous sommes clairs aujourd'hui et que nous sommes capables de prendre des risques. Pardonnez-moi de vous interrompre. Il faut qu'on pose la question
qui est importante et qui est liée aussi. Voici un extrait d'une vidéo du député François Ruffin. Qu'on écoute. Qu'on n'entend pas. Une fusion. Une fusion à Besançon. On retrouve là une tradition, une tradition de la gauche qui s'est se retrouvée dans les moments clés depuis un siècle. Avec chaque fois qu'il faut barrer la voie à la droite et à l'extrême droite. Il tweet en parodiant un multiplex de foot. Mais quel match fou fou fou dit-il des buts de partout ? Notre multipôle en direct de Besançon, Toulouse, Avignon, Lyon, Limoges, Grenoble, fusion 6, division 0. A que c'est bon la gauche qui se rassemble. Que lui répondez-vous à François Ruffin ?
Que ce n'est pas un jeu. Que ce n'est pas un jeu. Que la situation est grave. En fait, que les principes même de la démocratie sont attaqués. Qu'on est dans un monde qui requiert de nous du sérieux et de la clarté. Un monde dangereux. Qu'il y a la guerre au Moyen-Orient. Qu'il y a la guerre en Europe. Qu'il y a une offensive de Poutine et de Trump pour mettre à bas nos démocraties. Qu'en France, l'extrême droite est aux portes du pouvoir. Et que nous, ce que nous devons, c'est faire preuve de sérieux et de clarté. Et que nous ne serons la digue qui protégera la République et la démocratie que si nous sommes sérieux. Merci Raphaël Luxman. Que si nous sommes fermes. Et ça commence maintenant.
On a entendu votre message. Merci Raphaël Luxman d'avoir répondu aux questions de France Info. Merci Paul. Merci à demain. Pour rester avec nous et informer tout de suite avec Renaud Delis. Merci à tous.
Merci à tous.
Raphaël Glucksmann