La chronique de Roger Karoutchi du 21/07/26
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Que se passe-t-il entre l'Occident, le Proche-Orient et l'ensemble du monde ? Chacun est conscient depuis maintenant plusieurs années que le système international, que ce soit surtout d'ailleurs l'ONU ou les autres organismes, ça dérape. Ça dérape parce que ces organisations sont de plus en plus inféodées à des gens, à des États autoritaires, dictatoriaux, théocratiques, qui sont très opposés aux démocraties. Et on se rend compte que, évidemment, ça veut dire que, par exemple, sur le conflit du Proche-Orient, Israël est condamné à peu près toutes les semaines par l'ONU, pratiquement jamais le Hamas, jamais le Hezbollah, jamais les Houthis, jamais l'Iran, enfin bref.
Et on avait le sentiment que tout le monde suivait l'ONU. Or, qu'est-ce qui se passe depuis plusieurs mois ? On voit des États latino-américains qui basculent. Là encore, très récemment, la Colombie et le Pérou, après l'Argentine de Milaï. Et progressivement, tous ces États, qui étaient dirigés par une gauche palestiniste, si je puis dire, basculent et reviennent du côté de la démocratie et de la liberté, soutiennent les positions israéliennes ou, en tout cas, vont vers l'équilibre. Mieux, en Europe, la Slovénie. La Slovénie qui, il y a quelques semaines, disait pique-pendre d'Israël, reconnaissait l'État de Palestine, demandait à ce que le génocide à Gaza soit condamné et tout.
Changement de gouvernement, un gouvernement de droite. Le gouvernement de droite veut transférer l'ambassade de Slovénie à Jérusalem, annule la reconnaissance par la Slovénie de l'État de Palestine. Bref, on sent bien que ce qu'on nous a présenté comme une évolution inéluctable dans l'histoire n'est en réalité que l'expression de convictions politiques. La gauche a, quelque part, la volonté de s'en prendre aux anciens États colonisateurs, aux anciens États occidentaux et démocrates. La droite, elle, respecte ce qu'a été toujours la liberté, la démocratie, le respect des droits de l'homme dans l'ensemble du monde.
Et on voit bien qu'en réalité, le conflit au Proche-Orient est devenu le prétexte à la lutte mondiale entre, d'un côté, ceux qui sont d'inspiration démocratique et libérale, d'inspiration occidentale, et ceux qui voudraient créer un nouveau bloc, un nouvel ordre mondial tenu par les dictatures, les théocraties, les régimes autoritaires. D'un côté, l'axe du mal, entre guillemets, allant de la Chine à l'Iran et jusqu'à la Russie ou la Turquie. De l'autre côté, les États démocratiques et les États libéraux.
Manque de chance des États libéraux et des États démocratiques, surtout des États européens, sont tellement marqués par la volonté de la croissance économique et de la vie, et du mode de vie et du niveau de vie des populations, que ce sont des États faibles au niveau de la politique évangère, faibles dans les relations internationales, par crainte d'avoir des difficultés économiques. On le voit bien, l'Occident est prêt à se damner pour que le détroit d'Hormuz reste libre.
Et on voit bien qu'on va négocier avec les Mollahs en Iran, alors que, dans le fond, tout le monde en France reconnaît que c'est un régime dictatorial qui a tué 40 000 Iraniens en deux jours, et qui donc n'est pas un régime supportable. Quand est-ce que ça peut bouger ? Ça pourra bouger quand tu auras une prise de conscience que la démocratie et la liberté, ça a un prix. Qu'on ne peut pas avoir un sentiment ni quoi, ou comme on disait en 1939, faut-il mourir pour Danzig.
Il ne s'agit pas de mourir pour qui que ce soit, il s'agit simplement d'avoir la fermeté de ses convictions et la volonté, et la volonté de dire la démocratie et la liberté, ça peut être un axe fort, ce n'est pas forcément un axe de faiblesse face aux dictatures.